Archives pour la catégorie Le coin lecture

« Les petits soleils de chaque jour », Ondine KHAYAT

Approuvé par ma Happy, elle aime ce livre tout de rose vécu, avec des macarons

Clélie est en retraite, elle a 69 ans et a toujours travaillé dans une boulangerie dont la fille Teresa reprend la succession. Teresa a une fille de 9 ans, Colline, qui est malheureuse parce qu’elle vient d’apprendre le divorce de ses parents, alors que son père n’était pas déjà très présent dans sa vie. Elle ne mange plus, déprime. Clélie décide de l’emmener chez elle pendant les vacances d’été, pour un changement d’air radical. La petite fille va faire de surprenantes découvertes et de magnifiques rencontres qui chacune à sa façon va essayer de lui redonner le goût de vivre. 

* Ce que j’en ai pensé : j’ai passé un très bon moment entre tous ces personnages attachants. On découvre aussi l’hypersensibilité mélangée à une intelligence hors du commun de Colline et les conséquences que ses émotions cassées peuvent avoir dans sa jeune vie. C’est un apprentissage de la vie, un hymne à l’espoir que les nuages noirs d’un jour peuvent s’éclaircir ensuite, si on tombe sur notre chemin, sur des personnes qui nous aide à avancer. Sans pour autant édulcorer la vérité concernant la situation qu’elle vit. Le passé, les expériences, les doutes aussi et les souffrances de ses nouveaux amis plus âgés vont permettre d’en tirer des leçons pour Colline. Parfois on se demande qui aide qui, mais ce roman est peut-être justement fait pour rappeler qu’une relation entre deux êtres, amicale ou autre, est un échange. On donne et on reçoit. Et on apprend durant toute sa vie, de la vie, ce qui ouvre à des remises en questions, des pardons. 

* Le petit moins : le ton du livre est très léger malgré les thèmes abordés et je suis restée sur ma faim dans certains passages qui à mes yeux auraient pu être plus longs et détaillés pour que ça puisse éventuellement nous servir à nous lecteurs (concernant la méditation entre autres). J’aurais aimé passé davantage de temps à les connaître pour voir la complexité des personnages liée à leur vécu. 

* Conclusion : j’ai bien aimé ce livre, au point que les « petits bonheurs » sont devenus désormais les petits soleils quotidiens que je note ou mémorise. « Si on trouve ne serait-ce qu’un soleil, on pourra dire qu’on a passé une bonne journée » mais parfois il faut les provoquer aussi. Et Colline s’y emploie pour retrouver le goût de vivre et trouver un sens à sa nouvelle vie.

Vous l’avez lu ? Vous arrivés à trouver au moins un petit soleil quotidien ? Je vous souhaite d’en trouver un, pour éclairer votre route. 

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« Juste avant le bonheur », Agnès LEDIG

Mon assistante photo était déconcentrée sur la photo, mais elle me charge de vous dire qu’elle prenait plaisir à se vautrer sur ce livre, quand je l’abandonnais sur mon lit

***** De quoi ça parle…

Julie a 20 ans, est caissière et élève seule son petit garçon de 3 ans, Lulu. Un jour, en acceptant la proposition d’un homme qui est revenu à sa caisse parce tel en était le destin et il devait être mis sur son chemin ce jour-là, la vie de Julie va changer du tout au tout. Elle connaîtra un certain drame aussi qui marquera sa vie, mais entourée par ses nouveaux amis, elle arrivera à surmonter à peu près cette épreuve pour se donner le droit de vivre en étant à nouveau heureuse un jour… L’amour permettra de l’accompagner aussi pour retrouver le chemin vers la vie, à laquelle elle donnera une 2ème chance. Vivre pour l’être cher disparu. Vivre pour elle et son bonheur. Vivre pour ceux qui l’aiment. Et au final, la douleur reste en filigrane, mais la vie redémarre. Il y a eu un avant, il y a un maintenant et il y aura un après.

 

***** Ce que j’en pense…

Je me suis beaucoup attachée à chacun des personnages qui donnent une vision de l’amitié, de l’entraide qui représente ma propre vision de voir les choses à ce niveau là. La confiance aussi qu’on a en certaines personnes qu’on rencontre sur notre route et avec lesquelles on peut se lâcher avec nos faiblesses pour en sortir plus fortes. Avancer dans la compréhension et le non jugement. Et puis c’est un livre qui donne espoir que la vie ne s’interrompt pas malgré les plus dures épreuves qu’on y vit et malgré des pertes dont on penserait ne jamais se relever tant c’est brutal et violent. La mort est présente, mais je n’ai jamais ressenti de lourdeur, je ne sais pas si c’est lié au fait qu’il y ait des touches d’humour qui font sourire au milieu des larmes qu’on peut lâcher, ou si c’est une façon d’appuyer davantage sur le deuil, faire en sorte de revoir la surface de l’eau tout en ne s’attardant pas sur le deuil sur de trop longues périodes qui pourraient peut-être déprimer. Là c’est bien équilibré entre le drame qui tombe dessus, les conséquences sur les différents personnages, et essayer de voir le bout du tunnel en ressortant parce que la lumière est au bout. Du coup ce n’est pas un livre où on passe son temps à pleurer avec le personnage principal, on a surtout envie de la tirer vers le haut, comme ses proches tentent à tout prix d’atteindre ce but. Et c’est ça qui reste imprimé, à la lecture du libre. De la légèreté, de la simplicité, malgré un drame épouvantable. Drame vécu par l’auteure elle-même d’ailleurs, donc elle sait de quoi elle parle, ce qui donne une autre dimension au livre. Quand le fictif rejoint la réalité… Un hymne à la vie, au bonheur, à l’espoir. Je crois au destin et au fait que les personnes qu on croise sur notre route à certains moments de nos vies ne sont pas des coïncidences, mais ce destin qu’on trace au fil de nos rencontres qui apportent toutes de l’eau à notre moulin, d’une façon ou d’une autre. Mais rien n’arrive par hasard… Un passage m’a rappelé ma propre expérience tellement forte avec un soignant qui n’a lui non plus pas croiser mon chemin de manière anodine et qui utilisait des exemples. Le destin me l’avait mis là à cet instant là, pour me donner les outils pour me relever au maximum. 

J’ai aimé cette écriture que je désirerais posséder moi-même. Les métaphores sont toujours bien trouvées pour faire comprendre des petites choses abstraites en les rendant plus concrètes pour les rendre accessibles à tout le monde. 

Je pense que pour certaines personnes ayant vécu ce drame, ce sera très superficiel par contre. L’auteure aurait pu creuser sur la souffrance qu’entraîne la perte d’un être cher aussi brutalement, mais elle a préféré jouer la carte de l’espoir, de la résurrection, de l’entraide, du réconfort, du soutien. Des valeurs qu’on perd parfois dans ce genre de moment parfois, par l’incompréhension, la peur de mal dire les choses, ne pas savoir quoi dire tout court. Mais il y a toujours au moins une personne qui arrive à faire voir le ciel plus bleu qu’il ne l’est et entraîne vers le tourbillon de la vie tout en douceur. Voire vers l’amour qui sait… il faudra lire le livre pour le découvrir si vous ne l’avez pas encore fait. Je vous souhaite une très belle lecture en tout cas. La mienne était longue, mais parce que j’ai du mal à lire en ce moment, sinon c’est le style de livre que je suis capable de dévorer en 3 jours. 

 

****** Quelques extraits…

« Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous d’abord, qui font gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par disparaître. Peu à peu, la surface redevient lisse et paisible, mais la grosse pierre est quand même au fond »

« Le temps passe et panse. La vie grouille et débrouille. Les braises incandescentes se consument doucement sous le tas épais de cendres froides et grises. Et puis, un jour, il y a un petit souffle, quelques brindilles, et le feu repart »

« Un bord de mer n’est jamais silencieux. La vie non plus, ni la vôtre, ni la mienne. Il y a les grains de sables exposés aux remous et ceux protégés en haut de la plage. Lesquels envier ? Ce n’est pas avec le sable d’en haut, sec et lisse, que l’on construit les châteaux de sable, c’est avec celui qui fraye avec les vagues, car ses particularités sont coalescentes. Vous arriverez à reconstruire votre château de cartes, parce que la tempête vous a rendue solide. Et ce château, vous le construirez avec des grains qui vous ressemblent, qui ont aussi connu les déferlantes de la vie, parce qu’avec eux, le ciment est solide »

 

PS : désolée pour cette « critique », je suis toujours autant douée pour raconter les livres humhum… mais il y a des livres qui me tiennent à coeur de vouloir partager, alors je le fais malgré tout, du mieux possible. 

 

Face à Delphine de Vigan

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La bibliothèque l’Alcazar à Marseille avait organisé une rencontre avec Delphine de Vigan pour parler de son dernier livre « D’après une histoire vraie ». Un livre que j’avais beaucoup apprécié parce que justement, jusqu’au bout, je n’ai pas su dire où était la part de réalité et celle de fiction dans ce qu’elle écrivait. Ce qui donnait une magnifique dimension à son livre et ce qui a fait son succès aussi. L’anecdote la plus belle qu’elle ait racontée est celle d’une lectrice toulousaine, qui lui avait dit qu’elle n’aimait pas les livres de fiction, qu’elle ne lisait que des histoires vécues, des biographies. Elle avait demandé conseil à son libraire qui lui avait mis entre les mains « D’après une histoire vraie ». Vu le titre, cela ne pouvait que plaire à la lectrice du coup. Elle a commencé sa lecture puis au fil des pages, elle a commencé à douter de la véracité de certains faits et a compris que le livre mêlait réalité et fiction, mais a pourtant continué de le lire et au moment des dédicaces, elle a dit à Delphine de Vigan qu’elle l’avait réconciliée avec la fiction.

J’ai trouvé ça si touchant, parce que je me suis demandé quel auteur était capable de faire aimer un genre de livres à une personne alors qu’elle ne l’aime pas. Je ne lis jamais de livres de science-fiction parce que jamais accroché à ce style d’écriture et l’auteur qui pourrait me faire changer d’avis n’est apparemment pas né 🙂 Du coup c’est magique quand c’est possible d’y parvenir.

Pendant 1h, elle a aussi évoqué « Rien ne s’oppose à la nuit » qui a donné naissance à « D’après une histoire vraie ». Pour moi l’un n’ira jamais sans l’autre de toute façon, c’est une suite évidente où elle nous mène en bateau et par le bout du nez. Pendant tout ce temps, je crois que j’ai été émue. De ses mots, de ses anecdotes, elle est tellement pudique que finalement on ne sait pas grand chose d’elle (wikipédia n’est pas bien bavard à son sujet par exemple), qu’à chaque révélation, c’est comme soulever un peu des parts de mystère de ce qu’elle représente en tant que femme et auteure, pour la découvrir un peu davantage.

Et surtout sans doute espérer découvrir où se cache le vrai et le faux de ce livre qui m’aura fait tourner en bourrique du début à la fin. Elle préfère laisser à chaque lecteur sa propre interprétation. Et j’ai réalisé après qu’elle l’ait dit que ce serait effectivement dommage de savoir où se cachent les faits réels et ceux qui sont fictifs. Ca détruirait une partie de la magie. Seuls certains de ses proches la connaissent si bien qu’ils savent la partie rendu réelle. Pareil ça m’a touchée, parce que je me suis dit qu’il fallait la connaître entièrement et en profondeur pour connaître ses vraies émotions déposées sur le papier, les faits et savoir ce qu’elle possède au plus profond d’elle-même suite à tout ce qui a pu se passer après la parution de « Rien ne s’oppose à la nuit ». 

Le moment des dédicaces est arrivé et plus je voyais la file d’attente diminuer, plus j’avais le coeur qui battait la chamade. Il n’y a qu’un livre que je n’ai pas lu d’elle, parce que je ne savais pas que l’adaptation ciné venait de son livre (No et moi) et autant je regarde les films après avoir lu les livres, autant je n’aime pas faire le contraire, surtout que je n’avais pas vraiment accroché à celui-çi. 

J’étais avec une de mes amies les plus proches et une de ses amies que je voyais pour la première fois (c’était la journée des belles rencontres 🙂 ). Et c’était sympa de partager ce moment toutes les trois déjà et Delphine de Vigan, avant de la connaître à travers tous ses livres, je l’ai connue sous le pseudonyme Lou Delvig avec « Jours sans faim », où à travers le personnage de Laure, elle raconte son propre combat contre l’anorexie. Et j’avais besoin de la remercier de m’avoir accompagnée avec ce 1er livre, que je lisais dès que j’avais un coup de mou ou que je me sentais seule parce qu’elle me donnait espoir de voir le bout du tunnel même si elle était partie de très bas. Et de mon côté, je commençais à découvrir le monde psychiatrique et quelque part, ça me rassurait de savoir qu’elle était passée par ce qui m’attendrait quelques mois, quelques années plus tard. 

Elle est attentive à ce qu’on lui dit, prend le temps d’échanger et moi qui lui avais dit que j’étais toute intimidée, j’ai senti que j’aurais pourtant pu parler avec elle durant des heures. Avant cette rencontre, je la trouvais fascinante, touchante, émouvante, mystérieuse mais pourtant accessible, se confiant avec simplicité, naturel et pourtant avec tant de pudeur. Et le fait de la voir, de l’écouter, d’échanger quelques mots ne m’a que confortée dans ce que je percevais d’elle. L’image que j’avais d’elle était bien réelle, elle n’était pas fictive du tout, contrairement à ce livre qui a fait un tabac 🙂 (mérité)

Elle a été un peu la confidente sourde et muette de l’anorexie qui me rongeait. Et je crois qu’on n’oublie pas les personnes qui ont fait partie de ce combat même si c’est très indirectement, comme c’était son cas. Elle ne savait pas qu’une autre Delphine pleurait sur son livre très souvent, parce qu’elle était perdue face à ce qui la faisait mourir à petit feu. Elle a réussi à faire aimer la fiction à une lectrice. Elle a su en 2001 me dire à travers « Jours sans faim » qu’on pouvait aller mieux côté anorexie et voir le bout du tunnel.

Et de votre côté, connaissez-vous Delphine de Vigan et quels livres avez-vous lus et lesquels vous ont le plus marqué ?

Les premiers livres d’une vie

Mon plus vieux livre, aussi vieux que mon célèbre âne Cadichon

Un moment que je ne suis pas venue, de nouveau. Il y a eu la période pré-anniversaire qui n’a pas été facile à gérer, le 14 lui-même qui a fait ressortir les absents encore plus fort et qui a sonné comme du définitif et il fallait le gérer aussi… Puis j’ai eu mes parents, en profitant au maximum d’eux. Un corps déglingué à cause du temps plus tard et me revoilà… 

En nettoyant mon portable des photos inutiles, j’ai vu celles que j’avais prises chez mes parents, à Noël, de ce livre qui m’est tellement précieux et ça m’a rappelé que je comptais en parler ici. 

Du haut de mes 6 ans, c’était le premier livre que je recevais pour mon anniversaire justement. La même année, j’avais eu des Oui-Oui pour Noël et pareil, il fallait me traîner avec les livres que je ne quittais plus et qui sont toujours là aussi. Je vois encore ma tête en ouvrant le paquet de mon Ane Cadichon, c’était tellement l’ouverture des portes vers le monde des plus grands. Et puis ce n’était pas n’importe qui la Comtesse de Ségur, je la connaissais depuis un moment parce que ma maman me lisait les Malheurs de Sophie dans un grand livre qui est toujours là aussi. Je suis attachée à toutes ces choses qui ont fait mon enfance. Elle-même est précieuse, c’est d’elle que j’ai pu conserver mon âme d’enfant et c’est ma richesse intérieure quand le reste ne tourne plus rond. 

Je me souviens de l’impatience de commencer les premières lignes de mon nouveau copain Cadichon. La boule au ventre qui monte et descend remplie d’excitation avec la pensée qui va avec « hhhiiiiiiii je vais lire tout à l’heure, c’est super ! » et c’était une bulle qui se refermait sur moi dès que j’entrouvrais le livre pour découvrir toute seule les histoires de Cadichon. C’était mon monde et il y avait des barrières tout autour de moi. Je n’entendais et ne voyais plus rien et quand il a été fini, j’ai ressenti ce vide, comme s’il m’avait abandonné mon âne et que notre histoire à tous les deux s’arrêtaient là. 32 ans après, mon histoire avec lui n’est pas finie, parce qu’entretemps j’ai appris que les livres ne meurent jamais et que tout y est bien a(e)ncré et que je peux leur faire confiance, parce qu’ils sont bien là. 

J’ai toujours continué à lire. A me concentrer plus difficilement malgré les livres que je voudrais dévorer. Chez mes parents, j’avais une petite étagère près de mon lit avec les livres que j’affectionnais davantage. Parfois la nuit, quand des angoisses se réveillaient, je les regardais, ils étaient là, à veiller sur moi. Il y avait l’âne Cadichon de mon enfance qui veillait sur mon sommeil et mes rêves déjà pourris de l’époque. Il ne pouvait rien m’arriver, ils étaient là, bien présents. Et je me rendormais en leur compagnie. 

Avec le temps, il m’est arrivé de me demander si je lisais les bonnes choses, et pire « si je lisais bien ». Avec tous mes sens éveillés pour bien m’imprégner de tout. Avec ma mémoire d’enfer, je me suis rendu compte que ça bloquait tout en moi et que je n’arrivais plus à lire du coup. Et puis tout s’est débloqué quand on s’est intéressé à ce que j’aimais aussi lire, même si les goûts n’étaient pas identiques, j’ai compris qu’il n’y avait pas de lectures moins bonnes que d’autres. Mais que c’était un échange. Comme quand j’arrivais dans la cour de récré au cp, en disant « j’ai eu l’Ane Cadichon pour mon anniversaire, il est trop bien ». 

Bref, c’est tout décousu, mais je crois que les seuls messages de ce post sont la conservation de l’âme d’enfant pour surmonter le reste. J’en parlerai dans un autre post, elle mérite qu’on fasse en sorte de ne jamais oublier qu’on a tous été des enfants mais que beaucoup d’adultes l’ont oubliée. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est A. de St-Exupéry, mais je suis d’accord. Et puis le 2ème message est que peu importe ce qu’on lit, l’essentiel est juste de se faire du bien et de trouver du plaisir à travers les lignes qui nous transporteront pendant la durée du livre, voire encore après pour ceux qui marquent et laissent des traces. 

L’évasion et l’oubli de soi à travers l’encre et le papier. 

Quel a été le premier livre que vous avez lu, vers à peu près le même âge ? 

« L’empreinte de l’ange » Nancy HUSTON

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Résumé

Saffie, allemande de 20 ans, débarque à Paris, où elle répond à une petite annonce de Raphaël. Il est flûtiste renommé et cherche une bonne à tout faire. Il tombe sous le charme de Saffie, qui cache sous son visage impassible, un côté mystérieux qui l’attire. Au point d’en faire sa femme, même si l’amour n’est pas réciproque. Son côté lugubre disparaîtra peut-être en étant enceinte, comme il le pense, le jour où elle lui apprend la nouvelle… Mais çà ne fera qu’empirer son mal-être et la naissance d’Emil n’arrangera pas les choses. Puis la vie lui met sur son chemin, Andras, luthier juif hongrois, dont elle tombera amoureuse et illuminera sa vie en lui montrant la femme qu’elle est réellement. La mère qu’elle devient aussi. Raphaël est heureux de voir sa femme transformée et souriante, mais il pense que c’est grâce à lui et à son fils et ne se doute pas qu’un nouvel homme est entré dans la vie de son épouse, mais aussi du petit Emil, qui au fil des années, considérera davantage Andras comme son père. Haine, amour, être femme, être mère… tout se mélange dans un fond de guerre d’Algérie, de souvenirs de 2nde guerre mondiale et de politique. L’amour et la haine vont parfois ensemble, mais jusqu’à quel point on peut supporter la haine… 

Mon avis

Je me suis laissée aspirer par ce livre où on voit Saffie qui évolue en tant que femme, qui ose s’ouvrir à Andras comme elle ne l’aura jamais fait avec son mari finalement. Qui ose s’ouvrir au monde et aux confidences sur ce mystère qui fait celle qu’elle est, aussi, grâce à la confiance qu’il lui inspire. Ou sa capacité à lui faire vivre ses émotions plutôt. Je ne suis pas fan des livres où la guerre et la politique sont évoquées, mais là tout est bien dosé et on sent que Nancy Huston a privilégié l’histoire entre les 4 personnages principaux plutôt que d’écrire des tonnes justement sur le contexte historique de l’époque. Du coup, les passages où elle l’évoque pour remettre les choses dans leur contexte, passent comme une lettre à la poste et j’ai apprécié finalement ses touches historiques mises de côté, dans ce qui me sert de ciboulot ^^. J’ai bien aimé ses références aussi. Evidemment, en flûtiste qu’est Raphaël, pour illustrer sa passion, elle a réussi à parler de Rampal, le flûtiste de tous les temps à mes yeux et j’étais contente de voir son nom dans un roman (oui il ne m’en faut pas beaucoup, mais en même temps il mérite qu’on parle de lui :p )

L’amour et la haine vont de paire, mais parfois on ne se doute pas à quel point ils peuvent aller aussi loin dans les extrêmes… Comme si l’épanouissement de l’un devait être la fin de l’autre. Le dénouement est tragique pour l’un des personnages. Pour savoir de qui il s’agit et les circonstances, il faudra lire le livre ^^ La fin nous prouve que le temps peut aussi guérir de certaines rancoeurs… Du moins en apparence peut-être, mais au fond de soi, qu’en est il…

Parler d’un livre n’est pas quelque chose de facile pour moi :/ l’envie de partager mes lectures prend le dessus, mais je ressemble à un éléphant dans un magasin de porcelaine en train de raconter des romans à l’eau de rose d’Harlequin, quand je le fais. Mais j’espère que l’envie de découvrir ce livre sera présente, en tout cas 🙂

Nouveau livre commencé : « Fille noire, fille blanche » Joyce Carol Oates

« Prodige », Nancy HUSTON

Le dessin fait un peu peur je trouve, c’est dommage :/ ou alors c’est moi ???

J’ai découvert cette auteure franco-canadienne grâce à une amie et j’apprécie le rythme de ses livres. J’ai commencé « l’empreinte de l’ange » après celui-çi. La musique est souvent au coeur de ses livres, elle en parle, mais elle le fait transparaître aussi en prenant un certain rythme. Personnellement, la musique est souvent l’alliée de l’écriture (je n’écris jamais sans musique et la choisit, selon ce que je veux dire, parce qu’elle m’aide à poser les mots) donc elle ne pouvait que me plaire. Je ne suis pas douée pour raconter les livres (ni les films d’ailleurs), donc ne m’en voulez pas si ce n’est pas une critique digne de ce nom ^^. C’est avant tout le partage de ce que je lis que je veux faire passer et, pourquoi pas donner envie peut-être de tomber sur ces livres au détour d’une bibliothèque ou de la fnac 🙂 

 

 

C’est une polyphonie, comme style de livre. Les personnages parlent les uns après les autres en donnant leur point de vue sur la même situation qui est en train de se passer, comme un orchestre où les instruments se répondent. On y retrouve surtout 3 thèmes, la naissance, la mort et donc la musique qui semble comme relier les deux premiers sujets.  Lara est prof de piano, elle accouche prématurément d’une petite fille, Maya, qui, on ne le sait pas, survivra ou pas. Mais pendant toute la durée de son passage en couveuse, Lara racontera la vie qui attend sa petite fille à la sortie. Une vie qu’elle lui construit au milieu de la musique et du piano, de sa grand-mère Sofia, elle-même ancienne virtuose russe, les voisins et les secrets entre enfants. Une vie fondée, mais on ne sait pas où, dans le sens où on se demande parfois si la petite Maya n’est pas encore dans le service néonat, au lieu de gambader comme le lecteur est en train de le lire, pourtant. La réalité se mélange souvent à la fiction, mais on se laisse emportée par le tourbillon de la vie que destine Lara à sa fille, comme pour lui insuffler l’envie de se battre pour vivre et mener cette vie tant attendue. Robert, le père, lui, se sent délaissé, au milieu de ce duo fusionnel. Il décidera de partir, mais il restera présent constamment dans la vie de Lara et Maya malgré tout.

Mais dans ce livre, qu’est ce qui est réel et pas ? On voit Maya grandir, mais est-ce vrai ou juste le besoin d’une mère de se réfugier dans l’espoir que sa fille vivra… et du coup… Maya arrivera t-elle réellement à vivre…

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J’ai apprécié le rythme donné par l’écriture et les différents personnages dont on boit les paroles. Aimé aussi ce doute permanent de savoir si Maya a survécu ou pas. Si c’est réel ou fictif. Et jusqu’aux dernières pages, on ne le saura pas vraiment (sauf si j’ai raté des épisodes ^^). C’est un livre qui transpire d’amour en tout cas, de don de soi pour faire vivre certains et pour en faire vibrer d’autres, grâce à la musique, à la présence, aux rencontres faites. On s’attache à Maya qui est une petite fille remplie de vie, qui vit les choses simplement. On perçoit toujours des signes d’espoir chez elle, rien ne semble la perturber et elle nous entraîne dans son calme intérieur.

Je ne peux que le conseiller, il est rapide à lire en plus et j’ai trouvé que c’était une belle histoire. Entre amour en tous genres et mystères 🙂

Pour montrer la façon dont le ton est donné, à travers les personnages qui se succèdent à travers leurs pensées, dans une situation identique, au même moment.

Est-ce que vous l’avez lu ou connaissez Nancy Huston ?

« Entre mes mains le bonheur se faufile », Agnès MARTIN-LUGAND

Livre approuvé aussi par Happy

 

 

 

Depuis toute petite, Iris a une passion, la couture. Arrivée au moment où les chemins de vie professionnels se font, elle décide de passer un concours pour intégrer une école et continuer sur la voie de sa passion. Concours où elle n’est pas retenu… du moins, c’est ce qu’elle pensera durant des années… Ses parents ne l’entendent pas de cette façon, en gros, le monde de la couture n’est pas assez bien pour elle (ou pour eux :/). Iris a fini par faire des études pour travailler dans une banque (et surtout pour faire plaisir à ses parents) et commence à s’ennuyer dans sa vie avec son mari, médecin, qui passe plus de temps à l’hôpital qu’avec elle…

Un repas de famille et un frère qui ne saura pas garder un secret datant de l’adolescence d’Iris par rapport à sa passion, provoquera un cataclysme en elle et elle choisira de changer son destin S’en suivra une formation à Paris, où différents personnages lui apporteront ce qu’il lui manque pour être simplement heureuse et où on lui donnera l’opportunité de montrer ses talents de couture et de styliste … Elle revit grâce à sa passion et aux personnes qui lui montrent sa véritable valeur, notamment Marthe, directrice de l’école, qui devient son mentor et un autre personnage que je vous laisse découvrir, je ne veux pas tout dire non plus :p .

Mais tout n’est pas blanc dans cette nouvelle vie, et dans sa vie avec son mari qu’elle ne voit que le week-end, à cause de la distance qui les sépare la semaine. Il y a des ombres qu’elle finira par découvrir au fur et à mesure de son ascension dans le monde de la mode et des personnes auxquelles elle s’attache.

J’aime les gens passionnés, je les sens vivants au plus profond de leurs entrailles et çà a tendance à déteindre sur moi quand je croise ce genre de personnes. Elles donnent envie de les suivre, d’avoir soi-même quelque chose qui nous tient autant en haleine et qui simplement donne envie de vivre, d’avancer, de progresser et d’aller toujours de l’avant pour réaliser au maximum ses rêves. Ce livre est un exemple de la phrase « ton destin est entre tes mains ». Aller au-delà de ses angoisses, de la peur de se casser la figure si on tente, on dit souvent que le 1er pas est le plus difficile. Oser se lancer. Changer de vie, malgré les grincements de dents des personnes qui ne sont pas d’accord ou qui pire, ne croient pas en nous et en ce qu’on a envie de faire, parce qu’ils jugent que ce n’est pas assez bien, qu’on n’est pas à la hauteur ou que ce n’est pas fait pour nous.

Mais finalement, on est les mieux placés pour savoir ce qui est le mieux pour nous et souvent, à trop écouter les autres, on passe à côté de ses rêves et de leur réalisation. Faire fi de son passé partiellement ou parfois complètement pour s’aventurer dans le présent et se construire un futur qui nous correspond le mieux. C’est le destin d’Iris à la fin du livre. On la trouve fatiguée, lasse de son présent, au début du livre et on la retrouve malgré les montagnes russes et les épreuves qui se mettront en travers de sa route, à la fin, épanouie, maître de son destin, à tourner les pages qui la faisaient souffrir et qui l’enfermaient dans une vie qu’elle ne souhaitait pas. 

J’ai bien aimé ce livre, je m’attendais à quelque chose de plus compliqué à lire, je ne sais pas pourquoi. Mais il est simple à lire et à suivre (c’est à relever, parce que je suis dans une période où j’ai beaucoup de mal à me concentrer et pourtant, je n’ai pas décroché jusqu’à la fin). On s’attache aux personnages, il n’y a pas de passages à rallonge qui nous font demander où çà ira à cette allure.

On a envie de connaître la suite et la façon d’Iris de s’ouvrir au monde. Le livre s’est achevé en me disant qu’il fallait toujours tout faire pour accomplir les rêves qui nous animent et se faire confiance pour avancer, même si tout le monde dit le contraire. Au moins essayer pour ne pas avoir de regrets. Rien ne garantit que les rêves se réalisent toujours de la façon dont on l’aimerait, mais en contrepartie, on ne le saura jamais si on ne tente pas l’aventure. 

Est-ce que vous l’avez lu ? C’est aussi l’auteure de « Les gens heureux lisent et boivent du café » dont j’ai beaucoup entendu parler en bien. Et « La vie est facile ne t’inquiète pas » qui est la suite de ce dernier. N’hésitez pas à me dire en commentaire, si vous en avez lu l’un d’entre eux 🙂 C’est une auteure dont on n’a pas fini d’entendre parler, je sens.

Et surtout, vivez vos rêves et vos passions autant que possible….