Le coin lecture

« Juste avant le bonheur », Agnès LEDIG

Mon assistante photo était déconcentrée sur la photo, mais elle me charge de vous dire qu’elle prenait plaisir à se vautrer sur ce livre, quand je l’abandonnais sur mon lit

***** De quoi ça parle…

Julie a 20 ans, est caissière et élève seule son petit garçon de 3 ans, Lulu. Un jour, en acceptant la proposition d’un homme qui est revenu à sa caisse parce tel en était le destin et il devait être mis sur son chemin ce jour-là, la vie de Julie va changer du tout au tout. Elle connaîtra un certain drame aussi qui marquera sa vie, mais entourée par ses nouveaux amis, elle arrivera à surmonter à peu près cette épreuve pour se donner le droit de vivre en étant à nouveau heureuse un jour… L’amour permettra de l’accompagner aussi pour retrouver le chemin vers la vie, à laquelle elle donnera une 2ème chance. Vivre pour l’être cher disparu. Vivre pour elle et son bonheur. Vivre pour ceux qui l’aiment. Et au final, la douleur reste en filigrane, mais la vie redémarre. Il y a eu un avant, il y a un maintenant et il y aura un après.

 

***** Ce que j’en pense…

Je me suis beaucoup attachée à chacun des personnages qui donnent une vision de l’amitié, de l’entraide qui représente ma propre vision de voir les choses à ce niveau là. La confiance aussi qu’on a en certaines personnes qu’on rencontre sur notre route et avec lesquelles on peut se lâcher avec nos faiblesses pour en sortir plus fortes. Avancer dans la compréhension et le non jugement. Et puis c’est un livre qui donne espoir que la vie ne s’interrompt pas malgré les plus dures épreuves qu’on y vit et malgré des pertes dont on penserait ne jamais se relever tant c’est brutal et violent. La mort est présente, mais je n’ai jamais ressenti de lourdeur, je ne sais pas si c’est lié au fait qu’il y ait des touches d’humour qui font sourire au milieu des larmes qu’on peut lâcher, ou si c’est une façon d’appuyer davantage sur le deuil, faire en sorte de revoir la surface de l’eau tout en ne s’attardant pas sur le deuil sur de trop longues périodes qui pourraient peut-être déprimer. Là c’est bien équilibré entre le drame qui tombe dessus, les conséquences sur les différents personnages, et essayer de voir le bout du tunnel en ressortant parce que la lumière est au bout. Du coup ce n’est pas un livre où on passe son temps à pleurer avec le personnage principal, on a surtout envie de la tirer vers le haut, comme ses proches tentent à tout prix d’atteindre ce but. Et c’est ça qui reste imprimé, à la lecture du libre. De la légèreté, de la simplicité, malgré un drame épouvantable. Drame vécu par l’auteure elle-même d’ailleurs, donc elle sait de quoi elle parle, ce qui donne une autre dimension au livre. Quand le fictif rejoint la réalité… Un hymne à la vie, au bonheur, à l’espoir. Je crois au destin et au fait que les personnes qu on croise sur notre route à certains moments de nos vies ne sont pas des coïncidences, mais ce destin qu’on trace au fil de nos rencontres qui apportent toutes de l’eau à notre moulin, d’une façon ou d’une autre. Mais rien n’arrive par hasard… Un passage m’a rappelé ma propre expérience tellement forte avec un soignant qui n’a lui non plus pas croiser mon chemin de manière anodine et qui utilisait des exemples. Le destin me l’avait mis là à cet instant là, pour me donner les outils pour me relever au maximum. 

J’ai aimé cette écriture que je désirerais posséder moi-même. Les métaphores sont toujours bien trouvées pour faire comprendre des petites choses abstraites en les rendant plus concrètes pour les rendre accessibles à tout le monde. 

Je pense que pour certaines personnes ayant vécu ce drame, ce sera très superficiel par contre. L’auteure aurait pu creuser sur la souffrance qu’entraîne la perte d’un être cher aussi brutalement, mais elle a préféré jouer la carte de l’espoir, de la résurrection, de l’entraide, du réconfort, du soutien. Des valeurs qu’on perd parfois dans ce genre de moment parfois, par l’incompréhension, la peur de mal dire les choses, ne pas savoir quoi dire tout court. Mais il y a toujours au moins une personne qui arrive à faire voir le ciel plus bleu qu’il ne l’est et entraîne vers le tourbillon de la vie tout en douceur. Voire vers l’amour qui sait… il faudra lire le livre pour le découvrir si vous ne l’avez pas encore fait. Je vous souhaite une très belle lecture en tout cas. La mienne était longue, mais parce que j’ai du mal à lire en ce moment, sinon c’est le style de livre que je suis capable de dévorer en 3 jours. 

 

****** Quelques extraits…

« Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous d’abord, qui font gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par disparaître. Peu à peu, la surface redevient lisse et paisible, mais la grosse pierre est quand même au fond »

« Le temps passe et panse. La vie grouille et débrouille. Les braises incandescentes se consument doucement sous le tas épais de cendres froides et grises. Et puis, un jour, il y a un petit souffle, quelques brindilles, et le feu repart »

« Un bord de mer n’est jamais silencieux. La vie non plus, ni la vôtre, ni la mienne. Il y a les grains de sables exposés aux remous et ceux protégés en haut de la plage. Lesquels envier ? Ce n’est pas avec le sable d’en haut, sec et lisse, que l’on construit les châteaux de sable, c’est avec celui qui fraye avec les vagues, car ses particularités sont coalescentes. Vous arriverez à reconstruire votre château de cartes, parce que la tempête vous a rendue solide. Et ce château, vous le construirez avec des grains qui vous ressemblent, qui ont aussi connu les déferlantes de la vie, parce qu’avec eux, le ciment est solide »

 

PS : désolée pour cette « critique », je suis toujours autant douée pour raconter les livres humhum… mais il y a des livres qui me tiennent à coeur de vouloir partager, alors je le fais malgré tout, du mieux possible.