Des combats qui me touchent

Liberté et sérénité viscérales

« à l’amitié qui était l’une des plus belles valeurs que je possédais après ma famille, mais qui s’étiole au fil des déceptions » Ptite Delph

Sans doute un trop plein de déceptions en tous genres, dans tous les domaines, plus particulièrement en amitié, qui amènent à ce besoin de sérénité et de liberté. Quitte à perdre du monde, je sais ce que je ne souhaite plus faire et être et au contraire ce que j’apprécie et recherche dans mes relations, autant IRL que « virtuelles ». 

J’aime ces personnes qui m’inspirent et qui me donnent l’impulsion de me dire « change de tête un peu, modifie ta garde-robe », qui m’encouragent et me forcent à bouger mon cul, sans le savoir. Qui me donnent envie de prendre un livre, de dessiner (même si je ne sais pas dessiner), d’aller voir tel endroit parce que les photos font rêver au point de vouloir aller les voir en vrai (bon je parle de Marseille, parce que pour le tour du monde, ce n’est pas pour demain ^^). 

J’aime les gens passionnés. Par tout ce qu’ils veulent, tant qu’ils arrivent à communiquer ce qui les animent dans chaque recoin de leur être parce que c’est comme un fil conducteur qui passe entre la personne qui donne et celle qui reçoit et au moment de la réception, j’aime ressentir ce petit coup dans la poitrine en me disant « putain c’était chouette comme c’était écrit, comme c’était dit », selon si je suis sur un blog ou une vidéo. Il y a des youtubeuses qui me font faire des petits bonds intérieurs quand je vois une de leur vidéo, parce que je sais que je vais passer de belles minutes avec elles (Natacha Birds est d’ailleurs à l’origine de ce post, parce que c’est en voyant sa dernière vidéo que je me suis dit à quel point j’avais besoin de retrouver ce calme intérieur qu’elle dégage elle-même, à travers ce qu’elle montre). 

J’aime ces êtres que je croise sur mon mur fb, par ici ou sur youtube, qui me donnent envie de sourire, de pleurer, de réfléchir, parce que je me sens vivante à travers les émotions ressenties. Avec lesquels je sens que ma cage thoracique s’ouvre en grand en faisant le plein d’oxygène en me disant « respire un grand coup, regarde comme la vie peut aussi être simple si on ne se la complique pas ».

J’aime la simplicité, le naturel, la facilité de communication sans devoir écrire un pavé. 

En parallèle, je ne supporte plus qu’on remette en question mes valeurs. Ni qu’on me prenne pour la naïve de service. Fb est assez cruel pour lire chez d’autres des choses et avoir une autre version quand ça nous concerne, ce qui a le don de blesser bien souvent et le réflexe de se dire « mais elle me prend pour qui ?? je ne suis pas aveugle encore ». Je ne veux plus me casser la tête. Je n’ai plus le courage de justifier et de décortiquer chaque mot qui sort de ma bouche (ou de mes doigts en l’occurrence). Je ne veux plus être là juste quand quelque chose cloche. Je suis du genre dans la vie réelle, à accourir chez les amis quand je sais que quelque chose ne va pas. Et ce, de jour comme de nuit. Quitte à me mettre moi-même en danger parce que je n’ai plus la même réactivité une fois certains comprimés pris le soir et que mes jambes me portent encore moins bien que dans la journée. Mais je ne veux pas juste être la personne qu’on contacte pour ça et en m’oubliant le reste du temps. 

Je n’accepte pas (plus) qu’on vienne troubler le peu de moral que j’ai avec des bêtises dignes d’une cour de récréation de maternelle non plus. Des caprices. Je n’accepte plus qu’on dégueulasse et gâche celle que je suis, ni qu’on lave son linge sale en public, sans avoir le courage de dire « merde » en privé.

J’ai un besoin viscéral de me protéger sinon je coulerai encore davantage et avec la tête à la surface de l’eau, je n’ai pas besoin qu’on m’appuie dessus pour m’aider. Je sais très bien perdre mon air toute seule…. en amitié, je recherche à ce qu’on m’aide à le retrouver au contraire. 

Ca n’enlèvera jamais rien au fait que je partage aussi les mauvais moments évidemment. Quand je sens que la personne vient me voir pour trouver du réconfort, du soutien, des conseils, mes oreilles et mes idées seront toujours présentes, parce que je prends les confidences comme des marques de confiance qui me sont précieuses. Je fais la différence entre les personnes qui m’usent par leurs conneries inutiles, qui se sentent viser au moindre mot et celles qui souffrent pour des choses dont je ne suis pas responsable sans arrêt non plus. On ne pourra jamais aider les personnes qui font sentir qu’elles ne veulent pas d’aide et qui malgré tout reprochent l’absence parce qu’au final on ne sait plus comment s’y prendre, alors on la ferme et on se dit qu’on n’est finalement pas assez bien, alors la personne n’a qu’à se débrouiller seule ou faire appel à des amis bien mieux. 

Merci à toutes celles qui arrivent à me faire sourire, qui parviennent à mettre du baume au coeur et de la joie dans mon quotidien, qui soulagent mes maux avec les mots, qui me font ouvrir cette fameuse cage thoracique pour y faire entrer de l’oxygène. Qui m’acceptent comme je suis aussi, même quand je ne peux pas être présente. Merci d’éclairer ma route. Plus on va mal et plus on prend conscience que c’est de tout ça dont j’ai besoin d’être entourée. Et que j’ai aussi envie de partager moi-même. Je préfère mettre des photos sur fb, partager des bêtises, plutôt que de me rendre furax parce qu’il s’est passé quelque chose qui a fait atteinte à mon oxygène justement…

J’en ai gros sur la patate en réalité pour beaucoup de choses…. 

Je vous embrasse bien fort…

Les projets des copinettes

Les états d’esprit du vendredi #3

Je reviens par ici après une pause, avec « les états d’esprit du vendredi », le joli RV de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de cette semaine.

Début : 21h28

Fatigue : beaucoup d’insomnies voire de nuits carrément blanches, du coup fatigue +++

Humeur :  très fluctuante, mais j’essaie de la stabiliser…

Estomac : un jour, je me transformerai en une frite géante. Depuis que j’ai un four, je découpe les patates plus vite que mon ombre, en frites et paf au four. Miam miam ! Ce soir, elles étaient accompagnées d’une simple salade verte sur laquelle j’ai versé le flacon de ciboulette (bon ok… je me transformerai en une patate ciboulottée un jour, parce que c’est aussi ma drogue !) Et puis RIP le mouton en chocolat blanc…. Adieu tu vas me manquer, tu étais super bon snif… 

Condition physique :  ouille… elle n’est pas brillante, je crois que le corps essaie de tenir le coup quand on a vraiment besoin de l’utiliser et au moment où on relâche tout, c’est la cata.

Esprit : inquiète et anxieuse d’un côté (mon stage me fera perdre le peu de cheveux que j’ai sur le crâne… et je rumine et cogite par rapport à certaines situations. Bref, il est assez encombré mais je fais aussi le ménage de printemps pour le libérer un peu…

Boulot : j’attends la réponse du centre d’ophtalmo où j’avais RV hier pour mon stage. Verdict dans 2 semaines.

Culture : j’ai initié mes parents à Shrek lol (bien sûr que si, c’est de la culture ^^). Côté lecture, je lis « Juste avant le bonheur » d’Agnès Ledig. Côté séries, je viens de finir « 13 Reasons why ». J’en reparlerai aussi parce qu’elle m’a marquée.

Penser à : reprendre un peu mon bullet journal que j’ai laissé autant à l’abandon que mon blog pendant que j’étais chez mes parents

Avis perso : je ne supporte plus de suivre l’actualité politique… ni le reste de l’actualité désastreuse d’ailleurs…

Message perso : tu ne sais pas ce que tu as perdu… 

Amitié : merci d’être là

Love : heu…. le néant… on entend les mouches voler et les poissons faire « glouglouglou »

Divers : il faudra que je remette des fleurs dans mes jardinières, que je trouve un nouveau pot pour mon petit avocatier qui grandit, faire pousser ciboulette et persil aussi. Mettre les mains dans la terre. J’adore ça. 

Courses : faites à mon retour, mercredi

Sortie : demain j’espère, au moins me dégourdir un peu les jambes, vers le Vieux-Port

Zic :

Soprano évidemment 🙂 J’ai été le voir en concert, j’en reparlerai davantage dans un prochain post, mais c’était un super moment passé avec ma petite belle-soeur ❤ 

Fin : 21h47

Les projets des copinettes

Défi Listes : Les petits plaisirs du Printemps

Madrague de Montredon. Au bord de la route pour aller à la plus petite calanque. Marseille. Mars 2017

Un peu en retard pour faire ce défi listes proposé par Cécile du blog Zenopia, mais il permettra de mettre un peu de couleurs sur mon blog. Et puis, le printemps est la saison qui me fait le plus de bien.

Mes petits plaisirs du printemps… 

  • Voir la nature qui se réveille de nouveau, les fleurs qui commencent à éclore, les bourgeons qui vont s’ouvrir
  • Les premières fois où on peut lâcher sa veste en laine et se retrouver en petit haut à longues manches et sentir le soleil assez chaud pour le ressentir à travers ses vêtements
  • La première fois qu’on est obligée de protéger son visage avec de la crème, à cause des premiers rayons de soleil plus chauds, quand on a tendance à griller illico
  • Les cuicuis des oiseaux au petit matin (le seul point positif des insomnies qui font dormir à l’aube…)
  • Les jours qui rallongent et voir le soleil se coucher de plus en plus tard
  • Profiter de mon balcon et attendre que les fleurs poussent et que les feuilles des arbres devant chez moi soient de nouveau bien présentes pour donne une source d’oxygène
  • Regarder les étoiles plus longtemps le soir et regarder Marseille s’éteindre, imaginer les vies qui se cachent derrière les lumières qui restent aussi tard que les miennes
  • Sentir l’odeur du printemps (oui il a une odeur)
  • Se dire qu’on va faire comme Dame Nature et se remettre à vivre un peu mieux, peut-être
  • Avoir la fenêtre ouverte pratiquement toute la journée et sentir l’air doux
  • Les couleurs qui donnent envie de tout prendre en photo, en s’extasiant devant les premières fleurs comme si on n’en avait pas vues depuis des lustres
  • Se dire que bientôt la couette d’hiver pourra bientôt laisser la place à quelque chose de plus léger
  • Et penser à changer de place ses vêtements dans l’armoire et avoir envie d’oublier les pulls

« Sois le bienvenu mon joli Printemps adoré, j’attends que tu t’installes pour de bon (si tu pouvais rattraper les orages prévus, la pluie et le mistral, ce serait bien, tu sais, parce que tous les w-e, c’est un peu la même rengaine et y en a marre et je n’ai pas de malabars -la vieille pub sortie de derrière les fagots- pour compenser ») ❤ )

Des blablas de toutes sortes

Perdre le Nord.

Parfois on perd le Nord, même devant l’horizon juste devant le nez (Plage des Catalans, Marseille, Mars 2017)

Je suis dans un gros bas depuis plusieurs jours, le temps n’a pas arrangé les douleurs déjà très fortes. Et puis le moral s’est cassé la gueule comme il sait si bien le faire. Jamais réellement de choses qui déclenchent, il suffit de peu pour me faire tomber dans une sorte de spirale où je sens que les épisodes dépressifs s’installent et que le rire s’est barré. Je ne suis décidemment plus la même personne depuis que la douleur s’est invitée dans mon corps et c’est dans ce genre de moments que je me rends compte à quel point ça me porte préjudice dans mes liens avec les autres. Je bougeais dans tous les sens, j’étais à l’écoute, toujours à me soucier des autres bien avant moi très souvent (trop…). Maintenant, je suis très fatiguée très vite. Mon écoute est là mais si on m’appelle au téléphone, je fatigue vite juste de le tenir et puis parler me coûte cher parfois. Sur mon pc, je dois être sûre de tenir un maximum de temps pour ne pas dire à la personne « excuse moi je n’arrive plus à écrire ». Ca fout moche. Mais c’est une énergie que je ne possède plus. Qui a été quelques fois à l’origine de coupures d’amitié parce qu’on ne comprenait pas que d’un coup je ne sois plus là justement. Je me suis souvent aussi dit que je n’étais plus aussi intéressante, ne pouvant plus bouger comme avant, ça réduit vite ce que qu’on peut faire avec moi. Je ne tiens pas assise très longtemps, ni debout d’ailleurs et je calcule tout. Les distances, le temps pour aller d’un endroit A à B et voir si du coup ce serait possible. S’il y a des escaliers trop nombreux. Bref, tout se calcule. Alors je sors seule, comme ça je ne dépends de personne et surtout je ne gâche pas la sortie de la personne qui pourrait m’accompagner.

Et puis il y a eu les premières déceptions amicales. Les plus précieuses se sont éteintes. Et ça continue. Je me remets en question sans cesse, parce que l’amitié a toujours été une valeur qui me tenait à coeur. J’ai une amie précieuse N. qui est là depuis des années avec laquelle je ne me suis jamais posée de question parce que c’est le genre d’amie que je peux ne pas voir pendant 3-4 mois à cause de sa vie à gérer, à cause de la mienne abracadabrante, mais quand on se voit, c’est comme si on reprenait les conversations qu’on avait arrêtées. Et ça a toujours été notre façon de fonctionner. C’est le style d’amie qui lorsque j’étais hospitalisée la dernière fois pendant une semaine, venait dès que son travail le permettait, quitte à venir le matin hors visite et à faire de l’oeil à l’infirmier en jouant l’innocente, en mode « oh je ne savais pas, excusez-moi ». Tout ça pour passer un moment avec moi, alors que j’avais du mal à reprendre mes esprits et que je n’étais pas fraîche. Chaque jour elle était là à différents moments de la journée. Dans ma chambre, quand elle venait seule. Et quand elle avait ses enfants, comme c’est le genre de service interdit au moins de 16 ans, on se retrouvait dehors. Les infirmières me laissaient sortir de ce secteur fermé, sous sa surveillance. Sans elle, je n’aurais pas eu du coup cette bouffée d’air. Malgré ses propres galères, malgré les difficultés pour venir. Et je n’ai jamais rien oublié de tout ce qu’on a traversé en bon et en mauvais. Des moments à rire, à piquer des fous rires, à draguer aussi accessoirement lorsque je pouvais encore faire du roller et que j’organisais des sorties tous les jeudis soirs avec le groupe soudé qu’on formait tous (le jeudi, c’était parce que des hockeyeurs en roller venaient s’entraîner où on était… j’avais le sens de l’organisation au moins…). Il y a eu des moments très durs aussi, de son côté, du mien.

Elle est mon pilier sans vraiment le savoir je pense même si elle sait que je tiens beaucoup à elle parce que je lui dis avec mes mots et que j’estime que c’est important de le dire. Et dans ma tête quand je doute de tout, je pense à elle et me dis qu’on est toujours debout, même si on ne se voit plus aussi souvent qu’avant, parce que je sais pourquoi et que ça n’a rien à voir avec celle que je suis devenue surtout. C’est juste la vie. 

Mais j’ai peur. 

Je me protège énormément de peur de souffrir. Depuis la perte de mon meilleur ami, ma confiance en les autres s’est aussi fait la malle. Je ne souhaite plus m’attacher. Ni me confier pour que mes faiblesses finissent par me retomber dessus. J’ai beaucoup de mal à tenter de me reconstruire un cercle social. Ce n’était pas évident quand j’allais à peu près bien, mais maintenant c’est encore pire. C’est valable pour l’amour aussi, mais j’avoue ne pas être assidue dans mes recherches et je ne sors pas assez pour qu’il tombe du ciel tout seul le pauvre. Je suis fatiguée juste d’envisager de faire bonne figure devant de nouvelles personnes et pourtant paradoxalement j’aurais besoin d’amitié. J’ai une famille qui m’aime ce qui est déjà tellement immense, qui sait que sans elle, je suis noyée. J’ai toujours été indépendante côté sentiments amicaux ou amoureux. Heureusement, parce que je souffrirais sans doute encore davantage de voir que je suis seule de ce côté là et que je n’arrive pas à me réparer de tous ces abandons, de toutes ces incompréhensions qui ont amenées à la rupture. Mais même en étant indépendant, on a tous besoin des uns et des autres je pense.

Depuis ces disparitions de ma vie (choisies par moi pour certaines donc je les vis mieux aussi), le moindre petit truc vient grossir la situation et fait exploser le minimum que j’arrive encore à supporter et à tolérer des gens. J’ai fait un truc ridicule la semaine dernière pour satisfaire quelqu’un et je me suis jurée que c’était la dernière fois qu’on me prenait pour une imbécile à ce point là. Mais je sais que je retomberai de nouveau dans le panneau. On reproduit les mêmes schémas tant qu’on n’arrive pas à changer. Et je me sens tellement absente comme amie, que ce que je peux faire, je tente de le faire, quitte à trouver la situation stupide (je suis conne en gros). Et je ne veux plus de ça. J’arrive à me dire que la remise en question ne se fait pas toujours juste dans un sens et que si la communication ne peut plus se faire, c’est parler dans le vide et je n’ai plus l’énergie pour ça non plus. Et quand mes idées noires sont là en plus, je me dis que je n’ai pas le temps de m’encombrer de stupidités parce que je ne sais jamais si une pulsion n’aura pas raison de moi pour de bon et qu’elle m’emportera bien loin de cette terre. Alors les moments où je tiens à peu près debout, je veux m’en imprégner pour m’aider à surmonter le reste, pour me ressourcer, pour tenter de me dire que la vie est aussi faite pour moi. Si on m’empoisonne ces rares moments de répit, en gros qu’est ce que je deviens, alors que l’amitié est là pour apporter du bonheur à mes yeux. 

Mais j’ai peur. De ne plus pouvoir faire jamais confiance. De ne plus jamais entendre « tu me manques, on se voit quand ? ». De ne plus arriver à rire avec quelqu’un. De ne plus savoir ce que c’est d’être serrée très fort dans des bras et de faire pareil. De ne plus pouvoir dire « je vais mal ». De ne plus être capable d’aimer assez fort pour créer une relation d’amitié. De me sentir morte de l’intérieur avec le coeur comme de la pierre, prête à tout verrouiller. De ne plus pouvoir proposer quelque chose à quelqu’un. De ne plus avoir personne à qui envoyer un mot pour dire « allez on fait ça ?? ». Ne plus trouver sur mon répertoire la moindre personne que je pourrais contacter juste pour dire « j’avais juste envie d’entendre ta voix, raconte moi ce que tu deviens ». De ne plus pouvoir mettre des mots qui montrent que l’amitié est précieuse. De ne plus être l’amie de personne. De ne plus compter au point qu’on puisse m’oublier. Au point qu’on ne sache pas si je suis en vie ou pas et le jour où j’ai réalisé qu’il y avait juste Happy pour le savoir physiquement parlant et que je pourrais rester longtemps éteinte seule, je pense que ça m’a finie comme pensée. J’ai tout simplement peur de ne plus croire en cette valeur qui m’appartenait et qui m’était chère. Peur de faire abstraction que l’amitié existe réellement. 

Tout n’est pas éteint tant que je me pose ce genre de questions, du moins je le suppose parce que je ne suis plus sûre de rien. Mais j’en suis au stade d’envier les personnes qui parlent de leurs soirées d’amitié, de leurs rires, de ces citations qui montrent à quel point l’amitié est une valeur chère au coeur de beaucoup, de ces groupes que je croise, de ces gens qui sont plusieurs sur une photo à profiter de la vie ensemble. Je ne veux pas que ce soit une souffrance qui vienne se rajouter à tout le reste déjà bien compliqué. Et pourtant c’est le cas. J’en souffre. Et la seule chose qui me fait tenir de ce côté là, ce sont ces amitiés de loin. Ces sms qui volent au-delà des kms. Ces mp de l’autre bout de la France. Ces rires derrière des écrans. Ces mots qui me soutiennent, qui croient en moi. Ces amies qui me connaissent réellement, qui savent mon fonctionnement et ne m’en veulent pas pour autant. Des  » tu me manques, reviens vite ». Je me dis que ce ne sont pas les visites qui m’étouffent, mais que ma boite postale, vocale et mail reçoivent de belles richesses en mots. Des petits instants piqués dans la journée pour faire l’andouille. Il m’arrive très souvent de pleurer derrière mon écran et de rire de quelque chose qu’on me dit parce que même sans le dire, l’amie sait que ça ne va pas, parce que je ne suis pas pareille que d’habitude et qu’elle essaie de transformer mes larmes en rires. 

Merci à ces personnes qui se reconnaîtront derrière leurs écrans, je le sais bien. Vu le contexte j’aime de moins en moins utiliser le mot « virtuel », parce qu’un écran ou un téléphone n’ont jamais pu apporter aucun soutien. Ce sont les utilisatrices qui sont capables de cette magie là. 

Et puis merci à N. même si elle ne lit pas mon blog. Et puis A. que j’ai retrouvée après une certaines absence que j’ai comprise et qui n’a rien changée c’est pareil, je regrette juste que la vie ait dû l’éloigner de Marseille, temporairement j’espère (pour elle surtout, je ne suis pas égoïste à ce point là, même si j’aimerais pouvoir partager des moments avec elle et sa ptite princesse). 

Il y a 2 ans, le 31 mars, j’ai perdu une copinette qui habitait Aix en Provence, on n’a pas eu le temps de se connaître en réalité, la fibro a eu raison d’elle, elle s’est suicidée, elle ne supportait plus la vie avec la douleur et tout ce qu’elle engendrait. Je n’arrête pas de penser à elle, elle me hante souvent, mais ce genre d’anniversaire empire toujours les choses… 

Dites à vos ami(e)s à quel point vous tenez à elles/eux. Une fois à ce stade là, 36 pieds sous terre, on ne pourra plus rien dire, plus rien entendre et les hommages ne serviront plus à rien, c’est pendant qu’on est vivant(e) qu’on a besoin de savoir ce qu’on représente pour les autres. C’est cru dit comme ça, mais c’est intentionnel. Je ne supporte plus ces longs discours une fois que la personne a fini par partir d’une manière ou d’une autre. Au paradis, le wifi ne fonctionne pas très bien pour pouvoir se connecter aux écrans des gens et lire ce qui se dit sur elles malheureusement. Mais il y a la vie pour le faire… 

Je reviens vite sur mon compte fb, je l’ai désactivé parce que je n’étais vraiment pas gaie dessus, déjà que j’essayais de camoufler le mal-être de ces derniers temps. Il y a eu une nuit de trop à lutter pour ne pas disparaître j’avoue… et il faut que je remonte la pente… De nouveau… et je suis éreintée….. Prenez soin de vous et des personnes que vous aimez…

Les projets des copinettes

Les états d’esprit du vendredi #2

On est vendredi et qui dit vendredi, dit « les états d’esprit du vendredi » (la phrase d’accroche qui tue, avec 3 fois le même mot dans une phrase, bravo Delph, ça commence bien !). Un RV auquel je prends vite goût, lancé par  Zenopia et Postman

 

heure de début : 18h15

fatigue : la fa quoi ? ah la fatigue ! Je ne connais pas… enfin si au contraire, j’ai plutôt du mal à la contrer parce que le sommeil s’est barré vers un temps meilleur qu’ici. Elles sont où les allumettes pour tenir les paupières ?

humeur :  des hauts, des bas, des changements qui peuvent être assez brutaux très rapidement

estomac : des palmitos et un genre de cappuccino un peu chocolaté

condition physique : les articulations qui font des castagnettes, la pluie pénètre jusqu’à la moelle et ça fait un mal de chien, en plus du reste.

esprit : beaucoup embrumé, rempli par des choses essentielles et par des choses ridicules alors j’essaie de combattre au moins ces dernières du mieux possible

boulot : encore une réponse négative pour un stage, c’était un cabinet médical avec plusieurs spécialistes. J’essaie d’écrire un peu, mais l’inspiration a rejoint le sommeil sous les tropiques

culture : j’ai revu le film « Wild » parce qu’une youtubeuse parlait du chemin de Compostelle et avait emmenée avec elle, le livre de l’auteure dont est tiré le film. La série « Slasher » a été dévorée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Et là je suis au dernier épisode (la série est en cours) de « Big Little Lies ». Côté lecture, je lis « Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle et j’aime bien même si je lis très très peu par souci de concentration et en parallèle, je relis un peu « les 4 accords toltèques » pour me rafraîchir la mémoire sur certaines choses essentielles…

penser à : ne pas que j’oublie le changement d’heure

avis perso : je suis en train de faire du tri, j’ai vidé des papiers qui dataient du XXème siècle, au moins (non j’exagère, mais pas loin) et j’aime avoir cette sensation de rangement, de vide (je n’en suis pas au minimalisme loin de là, mais je range surtout pour nettoyer ma tête en même temps)

message perso : c’est la dernière fois que j’ai fait un truc ridicule. Même par amitié. 

amitié : voir le message d’avant. Une déception de plus, donc remis en question (mais pas de trop quand même parce que j’estime ne pas mériter certains propos. Et sinon des rires avec des amies trop loin, des confidences et ça m’a permis de penser à autre chose.

love : j’ai fouiné sur l’appli Lovoo pour voir qui était près de chez moi… je n’ai pas eu le courage de parler à certains, c’est pas gagné

divers : la vie est déjà tellement compliquée qu’il vaut mieux arrêter de se casser la tête pour des gamineries. On a bien autre chose à gérer, à titre personnel, à titre national et mondial, alors la paix entre proches, purée au moins ça, merci…

courses : je les ai faites mardi heureusement, parce que je serais embêtée avec un bras, des sacs et un parapluie qui risque de s’envoler

sortie  : je verrai demain comment sera le temps déjà, ce qui à l’heure actuelle n’est pas gagné, il y a encore beaucoup de vent. Et selon mon état physique du coup. Tous les derniers dimanches du mois, ils ferment la Canebière à la circulation et elle devient piétonne avec des animations. Pas très fan des gros rassemblements, mais j’aime les clowns et les acrobaties en tous genres, du coup ça compensera peut-être… 

envie de : juste pouvoir marcher un peu sous le soleil, prendre des photos, les partager

zic : cette semaine j’ai pas mal écouté Ella Fitzgerald et cette chanson de Queen. J’adore Freddie Mercury et vous laisse donc avec lui pour ce vendredi, passez un bon w-e 🙂 

heure de fin : 18h45

PS : qui a volé l’onglet pour justifier le texte ??? il a disparu !!! 

Les projets des copinettes

Les états d’esprit du vendredi #1

Ma première participation aux états d’esprit, un rv hebdomadaire (le vendredi) proposé par Zenopia et Postman 

Début : 15h36

Fatigue : les nuits sont courtes et toujours du mal à récupérer. C’est le jeu ma pauvre Lucette.

Humeur :  elle a déjà été plus claire, mais j’essaie de mettre du gris, dans le noir

Estomac : il réclame des sushis 

Condition physique : prête pour les JO tellement je suis au top ^^ en fait je suis plutôt un château qui perd ses ruines les unes après les autres.

Esprit : quand le corps va mal, l’esprit a du mal à suivre, donc je tente de l’apaiser au moins lui… 

Boulot : je galère à retrouver un stage à cette période de l’année où beaucoup de stages sont déjà attribués et le quota des établissements déjà atteints, du coup c’est stressant.

Culture : « Juste la fin du monde », un film qui m’a beaucoup touchée par son intensité et la lourdeur de l’ambiance, en mode « va t-il le dire ou pas » jusqu’à la dernière minute, la question se pose. En série, je regarde « Transparent » qui concilie émotion et rires pour un père qui annonce qu’il est transsexuel. Ca me fait plaisir de voir que le sujet est mis en avant un peu davantage qu’avant, parce que je me doute que c’est encore bien tabou dans la tête de beaucoup et j’espère que ça ouvrira les esprits.

Penser à : prendre soin de mes fleurs, dehors, quand je me sentirai un peu plus d’attaque

Avis perso : on devrait dire aux personnes qu’on les aime pendant qu’elles sont encore en vie et ne pas faire d’éloges sur elles, une fois envolées. 

Message perso : merci… je sais que vous vous reconnaîtrez ❤ 

Amitié : virtuelle comme souvent ou des personnes qui sont bien trop loin de moi pour boire un café avec et rire comme des dingues. Partager le meilleur et le pire. 

Divers : j’ai découvert un site gratuit de retouches photos qui me donne envie d’arranger certaines de mes photos, exceptionnellement parce qu’en général j’aime telles qu’elles sortent de mon apn.

Courses : je m’étais promis de ne rien acheter à part les courses alimentaires et j’ai craqué sur 2 livres de poche. Pas merci les insomnies qui me font aller sur Instagram et voir certains livres défiler…

Sortie  : aller voir un peu la mer j’espère, ce w-e, mais pour l’instant ça semble compromis

Envie de : juste pouvoir marcher un peu et profiter du soleil. 

Zic : je suis tombée amoureuse de ce mec, découvert dans la série « Riverdale »

Fin : 15h53

Des combats qui me touchent

10 ans que mon corps est bancal

C’est là que j’ai perdu des bouts de ma mobilité, mais depuis on a gagné des palmiers, à la place -Mars 2017-)

6 ans que je suis sortie de l’anorexie complètement. 10 ans que la fibromyalgie s’est installée. Je n’ai jamais eu le temps finalement de vivre sereinement avec mon corps. Cette prison dans laquelle je survis plus que je ne vis. 

Il y a 10 ans, je faisais une balade vers la mer, il faisait un peu le même temps qu’en ce moment. Soleil et mistral. En quelques minutes, plus rien n’a été pareil, je ne ressentais plus mon visage, ne savais pas si je souriais ou faisais la tronche aux passants, je me suis assise pour me reposer parce que j’étais fatiguée. Restée un moment installée, pas pour profiter de l’embrun, parce que je n’étais pas maso à ce point, mais parce que je ne pouvais plus me relever, comme si mes jambes s’étaient échappées d’un seul coup (j’ai conservé l’angoisse de m’installer quelque part et de ne jamais pouvoir me remettre debout d’ailleurs). J’aurai mis du temps à pouvoir faire quelques pas et rentrer aussi vite que je pouvais chez moi. Mistral, manque de nourriture, fatigue. Tout était là pour que je ne sois pas bien, ce n’était pas la peine de chercher bien loin. Sauf que j’ai conservé une douleur au visage et puis dans le bras et quelques jours après, c’était la jambe et tout mon côté droit a commencé à ronchonner au final. Je me suis résolue à aller chez le médecin. Le visage, c’était une névralgie. Le reste, « ça ira mieux quand tu mangeras mieux, les muscles fatiguent ». Je suis restée plusieurs mois avec ces douleurs, à ne plus bouger autant qu’avant, à me mettre à dormir dans la journée alors que même hospitalisée, il fallait me convaincre de mettre mon corps au repos et là, je devenais larve. J’ai mis du temps à en parler à la psy et au thérapeute manuel qui me suivaient, jusqu’au moment où mon bras a commencé à se rétracter et à sentir que ma jambe droite n’avait vraiment plus la même mobilité et que mes muscles semblaient plus fainéants d’un côté que de l’autre. Et jusqu’à ce fameux jour où j’ai dit à la psy « est-ce que prendre du poids peut faire aussi mal physiquement ? » Et là elle m’a répondu que non, qu’au contraire, je devrais me sentir mieux avec quelques kilos en plus. Je mangeais davantage dans le but d’avoir moins mal et même si la tête suivait la prise de poids, pour moi c’était une sensation étrange de voir que finalement ça ne servait pas à grand chose. Même si je n’imagine pas maintenant l’état dans lequel je serais si j’avais encore 11 kgs de moins comme à l’époque. 

Retour chez le médecin après que le 1er épisode de « je-n’arrive-plus-à-me-relever » ait recommencé un peu plus longtemps au point de ne pas pouvoir bouger. Une IRM cérébrale et médullaire a suivi rapidement, parce qu’il pensait à une poussée de sclérose en plaques. Heureusement ma substance blanche se portait comme un charme (au moins une…). On passera sur les années de désert médical qu’on est beaucoup trop à connaître. 

En octobre 2009, 2 ans et demi après le 1er souci sur la plage, un neurologue du centre anti-douleurs de la Timone posait son diagnostic. Entretemps, j’avais progressé dans l’anorexie, fait beaucoup de séances de kiné. Mais je souffrais terriblement et plus je voyais mon poids augmenter, plus l’espoir de me sentir mieux dans mon corps était présent surtout. « Vous ne serez plus comme avant et tant que vous ne l’accepterez pas, rien ne fonctionnera ». Je suis restée sur ces mots-là, sans avoir d’outils pour savoir comment l’accepter justement. En février 2010, j’ai fait la 1ère tentative de suicide, il fallait déjà que la douleur s’arrête. La dernière phrase dont je me souviens avant de perdre connaissance, c’est le fait que je ne serais plus comme avant et que je ne l’avais pas acceptée, la preuve en était là. 

Il y a eu beaucoup de choses depuis ce moment là. J’ai perdu beaucoup de monde et énormément d’éléments qui faisaient celle que j’étais et à vrai dire, malgré la thérapie, les soins que j’ai eus, les outils, je n’arrive pas à me construire dans ce corps en miettes. Je suis devenue une personne que j’aurais détestée avoir en face de moi il y a 10 ans. Une algologue vue bien plus tard, dans le même service d’ailleurs, disait qu’accepter c’était comme renoncer et se résigner et qu’il ne fallait pas l’accepter dans ce sens là. Accepter la douleur pour mieux la gérer au quotidien oui. Accepter d’écouter ce que le corps raconte pour ne pas forcer, mais ne pas rester immobile non plus, sinon ça peut provoquer un déconditionnement physique. Moins on bouge, plus le mécanisme décline, un peu comme de la mécanique mal huilée et des boulons mal serrés qu’il faut sans cesse remettre en place si on ne veut pas voir sa carrosserie foutue.

Mon corps a tellement souffert de l’anorexie, puis de la reprise rapide de poids suite à une période de boulimie non vomitive. Il a été victime de coups. Pas ceux de quelqu’un, mais les miens, à cause du trouble borderline. Je l’ai détesté au point de vouloir le faire disparaître de la planète Terre pour rejoindre le Soleil et faire une pluie d’étoiles dans le ciel. Parfois je me suis réconciliée avec lui pour mieux m’en occuper. Il m’a fait perdre tous mes complexes, parce que je me dis qu’il est déjà bien cabossé et que je ne vais pas lui en vouloir pour ma peau d’orange sur mon petit cul et mes cuisses, quand même ! Il n’a plus reçu de coup, parce que ma main ne permet plus d’atteindre mon visage aussi rapidement… Il n’a plus eu faim plus de quelques heures… Il ne portera jamais la vie et juste pour ça, je le hais… Il me fait honte quand je suis dans la rue et qu’on m’écrase à moitié parce qu’on ne me voit pas ou que je gêne sur un trottoir… Il me fait douter de moi parce que c’est la première chose qu’on voit de moi et que l’image est décalée par rapport à des gestes que je souhaiterais faire… Il bouge difficilement, craque, se tord, s’enflamme et s’inflamme quand les articulations s’y mettent aussi, il m’empêche de dormir parce que dès que je veux me retourner, la douleur est là et me réveille.

C’est mon corps pourtant et je n’en aurai qu’un de toute ma vie. C’est mon corps de femme. Je ne m’étais jamais rendu compte que mon corps avait pris un coup de vieux avant l’âge, le jour de la femme… Ca me fait de belles jambes, c’est le cas de le dire, de m’en rendre compte, hein… Mais demander à ce qu’on respecte quelque chose qu’on a maltraité soi-même et qu’on arrive à haïr au point de vouloir l’éteindre pour toujours, ce n’est pas folichon comme conclusion pour un tel jour. Je vais me cacher très loin.

(et je ne trouve même pas de fin à ce post en plus… folichon jusqu’au bout, comme mon état du moment… je vais aller en prendre soin de ce corps qui fait malgré tout, de moi, une femme, avec ses droits, parce qu’aucune maladie et aucun handicap ne devraient nous les faire perdre…)

Bisous de la Cabossée au moral Dévalisé au milieu d’une Société Egarée (c’est pour la rime quoi ! … Ou pas)

Prenez soin de vous. Toujours. Parce que c’est tous les jours notre journée. Partout dans ce Monde. (« un jour j’irai vivre en Théorie, parce qu’en Théorie tout va bien…. »)

 

Les projets des copinettes

Apéros Cosmiques – « Drogue dure »

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Ma participation pour le grand retour des Apéros Cosmiques de la jolie Aileza

Mon addiction à lui est tellement terrible que plus d’une fois j’ai essayé de m’arracher de ses griffes, mais chaque sevrage est retourné au néant. Je n’ai aucune volonté pour me battre. Il est doux, m’ouvre les bras quand j’ai besoin de m’appuyer sur quelqu’un. Je sais que jamais je ne le dérangerai jamais, il m’est à portée de main à tout moment de la journée et de la nuit. Même si, lui, avec sa dose d’empathie, aimerait mieux me voir vers lui davantage la nuit.. mais il ne l’avoue pas ouvertement, restant très pudique, parlant peu mais s’exprimant pourtant si fort à sa manière. On dit même parfois qu’il prend en otage empêchant tout mouvement, même ceux de bonnes volontés. C’est dire la force de persuasion qu’il possède pour nous faire faiblir et nous faire retourner dans un cercle vicieux. Mais on est des warrior, alors même lorsqu’on se laisse tomber dedans, quelques heures après, on se relève et c’est ça qui compte. 

Entourés de nombreux abdominaux molletonnés contre lesquels on peut se caler pour regarder un film, une série, lire, il a toujours le geste de prévoir quelque chose de chaud à se mettre dessus pour se sentir tout de suite mieux. Que lui demander de plus ?! Rester chaud l’hiver, garder sa fraîcheur l’été, sentir « le propre » en l’ayant mis à sécher par temps de grand soleil, être recouvert de belles parures et de pouvoir y déposer ma drogue douce cette fois-çi. Ma Happy droguée aux câlins.

Drogue dure oui… mais je ne veux plus avoir de soins pour m’en sevrer parce que je n’ai pas trop d’effets néfastes, à part les cheveux ébouriffés le matin, des yeux tout petits, ça ne m’empêche pas d’être une nana sexy malgré tout, alors je vis avec mon addiction, ma drogue dure…. MON LIT ! Avec des draps bien propres et frais, des coussins, des oreillers, une couette bien moelleuse et chaude. 

Je vous laisse d’ailleurs pour aller le rejoindre. Sniffer un bout  d’oreiller et faire une overdose de coussins. TCHIN !

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Des combats qui me touchent

« Pourquoi avoir choisi ce domaine »

Entre ces murs, un chirurgien aux doigts d’or, son « papa Clavert » a redonné une seconde vie à mon petit frère en passant toute la nuit sur son corps qui n’avait pas encore 24h. Et où il est retourné cette fameuse période où une adorable Gisèle prenait soin de la grande soeur et qui pense à elle pour suivre son chemin finalement.

Une question qu’on entend souvent dans les entretiens d’embauche ou quand on cherche un stage. Quand les motivations sont liées à notre vécu, c’est parfois dur de formuler la réponse sans rien n’évoquer de personnel, du coup la réponse peut paraître bien plate à mes yeux, parce que je pense à des personnes qui ont croisé mon chemin au point de vouloir le changer au moins professionnellement à un moment de ma vie où j’ai voulu la quitter. Comment expliquer ça déjà ? Que j’ai voulu mourir de trop souffrir, que je me suis ratée et qu’il a fallu continuer. Je me suis inscrite à cette formation 3 mois après ce fameux jour. Pour me reconstruire de tout. Je me vois bien répondre « les anges n’ont pas voulu de moi, alors me voilà »… 

Et rajouter que j’ai rencontré une secrétaire formidable, à 13 ans. Mon petit frère était en réanimation, je n’avais pas le droit de passer la porte, j’étais dans la salle d’attente où il y avait aussi des casiers pour que les familles et les proches des personnes hospitalisées puissent mettre leurs affaires et revêtir leur blouse verte. Mon frère partageait sa « chambre » avec un jeune accidenté de la route qui était dans le coma, sa famille, ses amis, venaient le voir, ressortaient en pleurant. J’étais là à être assez grande pour comprendre la souffrance, mais pas à pouvoir foncer dedans physiquement. La leur. La notre. Il s’est réveillé pendant que j’étais là d’ailleurs. Fabien. C’est « marrant » de se rappeler de prénoms de personnes qu’on n’a jamais vues, mais avec lesquels on partage les drames à travers les proches dans cette salle qui m’accueillait. Et puis face à moi, il y avait un petit secrétariat avec Gisèle. Une adorable secrétaire médicale. Son sourire m’a maintenue, elle venait voir régulièrement si moi-même je n’avais besoin de rien. Je ne l’ai jamais oubliée. Elle a fait partie de ces personnes qui font dire « plus tard, je veux être là pour les autres ». A l’époque je voulais être infirmière en pédiatrie. Depuis que mon frère était né, c’était comme une évidence. La vie a pris un autre tournant, mais au fond de moi je suis restée la même, à vouloir être présente pour les autres. Même si j’ai été paradoxale, parce que mon mal-être plus tard m’a donné plutôt envie de me camoufler derrière un écran, face à des chiffres, loin des gens, d’où mon choix de la comptabilité pour tout mon parcours, du coup . Et j’essaie de pallier à ce rêve perdu de la meilleure façon possible. Avec mes moyens, mes limites, mais avec moi malgré tout. 

Et puis il y a ma propre expérience de l’autre côté. Certains rv ont été des angoisses parce que j’avais été mal accueillie et que je me disais (c’est con) « et ben… si le médecin est à la hauteur de la secrétaire, me voilà mal barrée, je suis tombée dans quel service… ». On est les premières bouilles que les patients voient, souvent (bon il y a eu des secrétaires sympas avec des médecins « compliqués » -j’essaie de rester polie…-, mais quand même, ça définit parfois tout un rv). Certaines secrétaires connaissent parfois aussi les patients au point de savoir à leur voix que quelque chose ne va pas, même si ce n’est pas dit clairement. Il m’est arrivé d’appeler et que le médecin dise « la secrétaire s’est rendu compte que ça n’allait pas ». Je répondais « ah bon ?? ». « Elles vous connaissent oui ». 

Des anecdotes qui peuvent paraître futile sans doute si on est forme, mais quand on est amenées à aller souvent à droite et à gauche côté médical, c’est important. 

Ce sont peut-être bien ces pensées là qui me font tenir en stage aussi, alors que je sens mon corps s’épuise, que le moral n’est pas là vraiment et que c’est un peu compliqué de trouver sa place pour différentes raisons. Mais même s’il fallait prendre un autre chemin, personne ne m’enlèvera les raisons qui font que j’ai fait ce choix.

« Quelles sont vos motivations pour travailler dans ce domaine et pourquoi ? »

« J’essaie de vivre pour mes projets parce que je sens la vie pas bien solide en moi. Et les personnes qui m’ont donné envie d’être là font partie de mon passé dans des moments pas roses, de mon présent d’un côté du bureau, mais je veux faire partie de mon futur de l’autre côté du bureau. » Humhum… je trouverai sans doute un moyen de dire ça autrement hein, je vous rassure… 

Aucune rencontre n’est anodine. Certains visages restent même figés dans les mémoires pour se faire avancer au maximum… Des épreuves qui se transforment en projets. Parfois on a envie de cracher tout ça aux tronches qui mettent des bâtons dans les roues.

Des combats qui me touchent

Petites infos sur mon blog et le trouble borderline

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Un petit post adressé à toutes les personnes qui tombent sur mon blog en cherchant des infos sur le trouble borderline. Il y a un post que j’avais écrit il y a quelques temps, où les commentaires font part de témoignages, que j’avoue ne pas valider tout le temps quand j’estime que ça va trop loin, surtout quand on parle d’autres personnes que soi-même… Du coup je tiens à rappeler des petites choses.

Je ne souhaite pas que mon blog devienne un forum. Je suis sûre qu’il y a des groupes facebook pour en parler en long, en large et en travers. Des forums sur doctissimo ou autres. J’apporte mon témoignage sur quelque chose qui me fait souffrir davantage par périodes selon comme je suis, mais n’ai aucune solution à donner et je sais qu’il peut y avoir aussi des débordements dans certains propos et ce n’est pas gérable pour moi.

De plus, je ne suis ni médecin, ni psychiatre, ni psychologue pour pouvoir être en mesure de dire si je pense que telle personne de votre entourage a une personnalité borderline. Et je n’approuve pas non plus qu’on en parle en public d’ailleurs, parce que je n’aimerais pas qu’on parle de mon « cas » sur un blog en ne le sachant pas… Par respect et par politesse. Selon comme le commentaire est tourné, il m’est arrivé de dire que j’étais joignable par mail, mais je n’ai pas l’énergie pour ça, pour le faire chaque jour et autant souffrir de ce trouble jusqu’au bout, soit je le fais pour tout le monde, soit pour personne. Et j’ai choisi la 2nde possibilité. On m’a tenue responsable d’une tentative de suicide dans un autre contexte, il y a quelques années et je n’ai pas oublié le fils de la personne au bout du fil qui gueulait que c’était de ma faute. En matière de responsabilités j’ai déjà bien assez à faire malheureusement avec moi toute seule…

Et puis ne voyez pas des personnalités borderline partout non plus… Il y a des personnes qui ont un caractère merdique il faut le reconnaître, ce qui ne veut pas dire qu’il y a ce trouble derrière. J’ai souvent dit que mon caractère était à l’opposé de ce que le trouble peut donner comme image. Mais il y en a qui n’ont aucun trouble, ils sont juste invivables de nature 😀 Et si le doute est vraiment là, incitez les à consulter… 

Et enfin, comme tout trouble et toute maladie, on est tous différents. Je ne me reconnais pas dans tout ce que cite le fameux site de l’Aapel que je n’approuve pas d’ailleurs à cause de ça, parce qu’il nous réduit finalement à une étiquette pas jolie-jolie… Et toutes les personnes borderline ne sont pas drogués, alcooliques, à coucher avec le 1er venu etc… On a chacun(e) notre façon de gérer le trouble, que ce soit dans ses symptômes, que dans sa façon de vivre avec, ou que dans son traitement aussi. 

Je suis incapable de donner des conseils à ce sujet. Je peux juste mettre des mots sur des maux que d’autres ne possèdent pas ou n’osent pas évoquer, mais ça s’arrête là. Et si on se reconnait dans mes mots justement, mon réflexe sera toujours de dire d’aller chercher de l’aide,  parce que je sais que seule, sans traitement médicamenteux et sans psychothérapie, je n’aurais pas pu dépasser certaines choses. 

Mon post ne se veut pas méchant, mais j’avoue que les derniers commentaires sur ce post en question ont pu me mettre mal à l’aise… et je vois bien dans les recherches qui sont faites que le trouble borderline ressort, du coup, avec un peu de chances, les personnes qui tomberont sur mon blog sauront mes propres limites du coup… Ce qui n’empêche pas évidemment de poser des questions si quelque chose n’est pas forcément clair ou si vous êtes directement concerné(e)s et que vous en souffrez, parce que le but initial est malgré tout de permettre aux gens de se sentir moins seul(e)s s’ils se retrouvent dans mes propos ou que ça permet de mieux comprendre ce mécanisme. Mais ce qui peut me gêner le plus, c’est que des tierces personnes soient au milieu de commentaires, alors qu’elles ne le savent pas et on ne peut pas dire qu’on parle d’elles en toute douceur parfois, surtout… c’est ça que je ne souhaite pas. Parce que vous n’aimeriez pas qu’on écrive que vous êtes invivables ou que la situation avec vous est ingérable dans une relation à cause de ce supposé trouble (si trouble il y a, encore, comme dit… parce que je pense qu’il peut avoir bon dos aussi le pauvre…)

Voilà… et bon courage aux personnes qui en souffrent et à leur entourage… Prenez soin de vous…