Je n’avais déjà plus beaucoup de mots…

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Paix

… Mais je n’en ai plus du tout à l’heure actuelle. Et au moment où j’écris, c’est Munich qui vient de perdre des vies. Marseille qui est visée pour la première fois, avec des personnes qui en rient, d’autres qui ont peur. Je fais partie de la catégorie qui parle en théorie mais en pratique c’est 0 pointé « ne surtout pas leur montrer qu’ils dégagent autant de psychoses et de peurs de toutes parts » Mon cerveau s’est comme bloqué et soit je suis continuellement en état d’angoisse et c’est devenu un sentiment tellement habituel que je ne me rends même plus compte de cet état ; soit je ne suis plus capable de gérer mes émotions et me protège comme je peux. Dans les deux cas, je suis à côté de la plaque, n’arrive plus à suivre, au point d’en devenir fataliste et de me sentir révoltée comme jamais. 

Si quelque chose doit arriver, ça arrivera. Cette phrase ne s’appliquant qu’à ma propre vie évidemment, c’est sans doute pour cette raison que j’ai un rapport à la peur qui est devenu bien spécial… Par contre, dès qu’il s’agit de mes proches, je ne tiens pas le même discours et c’est là que le mouvement de panique dans ma tête se met en marche. Ils auraient pu être à ce feu d’artifices, ils auraient pu lever les yeux vers ce ciel pour s’émerveiller de ces couleurs une dernière fois avant de les fermer pour toujours. En 1 seconde, on peut perdre ceux qu’on aime, sans raison. Parce que ça peut arriver pendant une maladie soudaine, un accident, mais là, quelle raison… à part cette haine qui déchire tout et qui fait s’entredéchirer les gens. L’absurdité de Daesh. L’absurdité de notre gouvernement à riposter et à se plaindre qu’ils renvoient la balle finalement, mais qu’est ce qu’ils croient aussi ? Pas un pour rattraper l’autre, parce que c’est allé tellement loin, que c’est comme une machine infernale qui a été lancée et elle va à une telle vitesse, qu’on ne peut plus l’arrêter. C’est au pays qui aura le plus grand nombre de morts innocentes ? En France ou dans n’importe quel pays, c’est pareil à mes yeux, on est sur le même bateau, parce que je suis touchée par Nice, par Munich ce soir, mais ce n’est pas pour autant que je ne pense pas à la Syrie qui perd tout autant d’innocents que nous (sûrement davantage et en plus dans le silence). On croirait à un mauvais jeu de cache-cache… « Si tu me touches, je te toucherai doublement, alors fais gaffe au moment où tu me trouveras »… Ou à un cercle vicieux infernal qui ne s’arrêtera jamais (j’ai prévenu que j’étais fataliste. Et pessimiste, même si ce n’est pas nouveau)

Au-delà de ces pertes, de ces pensées pour mes proches, il y a les amalgames terribles qu’on peut lire et percevoir entre les lignes. Cette famille musulmane qui veut se recueillir et se fait traiter comme de la merde, c’est quoi ? Les gens ne sont même plus capables de réaliser que 30 personnes d’origine musulmane sont mortes parmi les 84 et que ces familles pleurent aussi leurs proches et ont tout autant ce droit de recueillement et de respect pour le faire, sans recevoir en plus des insultes. Les gens mélangent tout et ne réalisent pas le mal qu’ils font. Et je n’ai pas envie de trouver l’excuse que c’est la douleur qui les fait parler, parce qu’ils sont kiffe kiffe à ce niveau là. Comment gérer la mort et la haine en même temps quand ça touche quelqu’un de près. Je me demande si la question s’est posée dans la tête de ces gens qui insultent…  Je suis peut-être fataliste concernant les attentats à venir encore, envers cet avenir sombre que je perçois dorénavant encore davantage, par contre, j’ai envie de croire que les amalgames sauteront un jour, parce que ce serait déjà un grand pas vers la Paix… 

Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez… C’est décousu, toutes mes pensées le sont de toute façon, depuis un certain temps, peu importe le sujet, mais j’ai besoin de me donner le droit de cracher ce que je ressens pour ne pas me renfermer comme une huître.

PS : un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog, pour différentes raisons que je ne dirai pas, mais je remercie les personnes qui m’ont contactée en mp ou par mail, pour me parler, suite à mon silence justement❤ 

 

Si un jour on ne voyait plus – Prévention glaucome

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Parfois je ne sais pas si on se rend compte de la chance qu’on a de voir, entendre, sentir, pouvoir toucher, avoir des papilles qui font péter les saveurs dans notre bouche. En somme, prendre le temps de savourer ce qu’offre chacun de nos sens. L’angoisse de ne plus voir aussi bien est parti d’une question récurrente qui touche ma maman à cause d’herpès dans l’oeil droit qui provoque kératite (inflammation de la cornée) et autres problèmes en -ite, signe d’inflammation. Evidemment que je ne le dis pas, mais j’angoisse à l’idée qu’elle ne puisse plus voir à force que l’herpès touche toutes les parties principales de l’oeil. 

Je savoure un peu plus, depuis que je vois la galère dans laquelle cela la met, d’avoir la chance de mettre mes lunettes, le matin, après avoir passé toute la nuit dans un flou provoqué par la myopie, depuis 30 ans maintenant. Sans doute que je me rends compte de ma chance de ne pas avoir de soucis aux yeux en dehors de ce défaut qui ne me gêne plus, il fait partie de moi. J’enfile mes lentilles après m’être préparée, mais juste quand je sors, pour pouvoir mettre mes lunettes de soleil, parce que mes yeux tout bleus sont fragiles comme tous les autres yeux. Et clairs encore davantage. Mais je vois.

5 ans que je n’avais pas vu un ophtalmo et comme j’ai des migraines et qu’il fallait changer ma monture de lunettes, mon rv était ce matin. J’y allais sereine parce que c’était une simple visite de contrôle… et je suis revenue angoissée. Il a suffi qu’on prenne la tension oculaire de mes yeux. 24 dans l’oeil gauche, 24,5 dans l’oeil droit. Beaucoup trop haute évidemment. L’ophtalmo qui me dit « il faut que je vous fasse un OCT pour voir s’il n’y a pas de glaucome » Il me met les résultats sous les yeux, que je ne voyais pas, parce que j’avais laissé mes lunettes sur son bureau et à part des couleurs et mon nerf optique en plein milieu de calculs savants et colorés, je ne voyais pas les chiffres qu’il me montrait, juste son doigt qui indiquait au moins l’endroit où il fallait que je « regarde ». Il m’a juste dit « vous êtes juste à la limite du glaucome au vu des résultats, il faudra que je vous revoie régulièrement ». Pour moi, le mot limite veut toujours dire qu’il est facile de traverser l’autre côté. Je lui ai demandé si j’allais sentir s’il se passait quelque chose au niveau de ma vue si ça venait à s’aggraver et il m’a répondu que non, que c’était justement ça le danger du glaucome, il n’y avait pas de symptômes (à moins d’avoir un glaucome qui arrive d’un coup et que je sentirais venir du coup), et que c’est pour ça qu’il faudrait que je sois surveillée pour voir si les résultats se modifient et qu’on puisse traiter à temps si le nerf optique venait à en subir les conséquences de ce liquide qu’on a dans les yeux et qui ne s’évacue pas bien, provoquant du coup une trop grosse pression sur le nerf. 

Je ne suis pas inquiète (du moins j’essaie de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide), même si j’ai complètement paniquée en sortant de là. Mon réflexe a été de penser à mes nièces que je ne souhaitais pas voir à travers un champ visuel réduit (ou inexistant… oui le moral m’avait définitivement quitté en sortant de là)😉 à ces livres que j’aurais du mal à lire avec leurs lignes trop petites d’un coup ; à toutes ces  photos que je prends et qui me permettent de m’évader, rare moment où je pense juste aux angles souhaités. Vu comme il l’a dit, j’ai ressenti une épée de Damoclès sur ma tête, à me dire qu’à chaque fois que j’aurais une migraine qui me donnait l’impression que mon oeil s’arrachait, j’angoisserais en pensant que c’est ça. Pour l’instant, même si les chiffres ont été affolants, une fois que j’ai vu clair pour les lire, parce que je suis très près du chiffre à ne pas dépasser, je me dis que cette pression n’avait pas réussi à atteindre cette limite et que mon reflet de l’âme que sont mes yeux, resteraient intacts encore un moment..

A chaque fois qu’on sent, voit, touche, goûte, entend, profitons à fond, c’est notre essentiel. Notre base et nos fondations et qu’en garder conscience permet de réaliser chaque jour la chance qu’on a de faire activer tous nos sens. J’en profite pour faire un peu de prévention du coup. Sur le Vieux-Port, il y avait en février, un bus qui informait les personnes qui en étaient touchées. Je m’étais dit que ça devait être terrible de perdre la vue à cause de ce machin là:/ N’hésitez pas à faire des contrôles réguliers pour surveiller vos yeux. Plus c’est pris tôt, plus les traitements peuvent être mis en place rapidement et je pense que ça peut éviter d’arriver dans des cas extrêmes (comprendre repousser au maximum la cécité partielle ou complète…). 

L’autre jour, le médecin m’a envoyée en service de médecine interne à la timone, pour qu’on me fasse une batterie d’examens pour voir si je ne « couve » aucune maladie auto-immune et/ou inflammatoire. Certaines douleurs articulaires ne devraient pas être liées à la fibro. J’attends une place. C’était une semaine remplie de questions, de moral à 0, parce que je suis très douloureuse, je n’assimile pas bien ce que je mange en plus, ce qui m’a valu 1.5kgs en moins en 10 jours, ce qui est énorme pour mon corps, surtout quand on ne sait pas à quoi c’est dû… Je ne sais pas où je vais, à tous niveaux, mais pour l’instant, c’est un mur que j’ai devant les yeux (et je le vois bien en plus…)

Bref… J’ai toujours été contre le fait qu’on me sédate avec un neuroleptique plus fort que le mien, habituel, mais ça fait 2x en quelques semaines qu’il vaut mieux me permettre de dormir d’un sommeil artificiel à tout moment de la journée et de la nuit, pour me donner un peu de répit côté corps et esprit… Ce qui explique mon absence partout, parce que le coeur n’y est pas et surtout je suis fatiguée avec l’envie de dormir à tout moment. Je reviens vite, mais ne rattraperai aucun retard ce coup-çi sur aucun blog. J’ai tendance à m’isoler beaucoup, à ne rien dire dans le « monde réel », quitte à me ranger dans un coin le temps que j’arrive à gérer les mauvaises passes sans emmerder personne, même si parfois j’aimerais pouvoir hurler tout ce mal être qui me ronge, certaines choses font que je me suis jurée de ne plus rien dire. Pas autant que j’ai pu le faire dans le passé, parce que ça s’est retourné contre moi finalement, alors que je pensais pouvoir faire confiance. 

Prenez soin de vous, de votre corps, de votre âme, on sera toujours seul(e)s face à eux quoiqu’il arrive…. A très vite…. 

(article programmé) (un jour, je serai enfin sereine…)

Face à Delphine de Vigan

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La bibliothèque l’Alcazar à Marseille avait organisé une rencontre avec Delphine de Vigan pour parler de son dernier livre « D’après une histoire vraie ». Un livre que j’avais beaucoup apprécié parce que justement, jusqu’au bout, je n’ai pas su dire où était la part de réalité et celle de fiction dans ce qu’elle écrivait. Ce qui donnait une magnifique dimension à son livre et ce qui a fait son succès aussi. L’anecdote la plus belle qu’elle ait racontée est celle d’une lectrice toulousaine, qui lui avait dit qu’elle n’aimait pas les livres de fiction, qu’elle ne lisait que des histoires vécues, des biographies. Elle avait demandé conseil à son libraire qui lui avait mis entre les mains « D’après une histoire vraie ». Vu le titre, cela ne pouvait que plaire à la lectrice du coup. Elle a commencé sa lecture puis au fil des pages, elle a commencé à douter de la véracité de certains faits et a compris que le livre mêlait réalité et fiction, mais a pourtant continué de le lire et au moment des dédicaces, elle a dit à Delphine de Vigan qu’elle l’avait réconciliée avec la fiction.

J’ai trouvé ça si touchant, parce que je me suis demandé quel auteur était capable de faire aimer un genre de livres à une personne alors qu’elle ne l’aime pas. Je ne lis jamais de livres de science-fiction parce que jamais accroché à ce style d’écriture et l’auteur qui pourrait me faire changer d’avis n’est apparemment pas né:) Du coup c’est magique quand c’est possible d’y parvenir.

Pendant 1h, elle a aussi évoqué « Rien ne s’oppose à la nuit » qui a donné naissance à « D’après une histoire vraie ». Pour moi l’un n’ira jamais sans l’autre de toute façon, c’est une suite évidente où elle nous mène en bateau et par le bout du nez. Pendant tout ce temps, je crois que j’ai été émue. De ses mots, de ses anecdotes, elle est tellement pudique que finalement on ne sait pas grand chose d’elle (wikipédia n’est pas bien bavard à son sujet par exemple), qu’à chaque révélation, c’est comme soulever un peu des parts de mystère de ce qu’elle représente en tant que femme et auteure, pour la découvrir un peu davantage.

Et surtout sans doute espérer découvrir où se cache le vrai et le faux de ce livre qui m’aura fait tourner en bourrique du début à la fin. Elle préfère laisser à chaque lecteur sa propre interprétation. Et j’ai réalisé après qu’elle l’ait dit que ce serait effectivement dommage de savoir où se cachent les faits réels et ceux qui sont fictifs. Ca détruirait une partie de la magie. Seuls certains de ses proches la connaissent si bien qu’ils savent la partie rendu réelle. Pareil ça m’a touchée, parce que je me suis dit qu’il fallait la connaître entièrement et en profondeur pour connaître ses vraies émotions déposées sur le papier, les faits et savoir ce qu’elle possède au plus profond d’elle-même suite à tout ce qui a pu se passer après la parution de « Rien ne s’oppose à la nuit ». 

Le moment des dédicaces est arrivé et plus je voyais la file d’attente diminuer, plus j’avais le coeur qui battait la chamade. Il n’y a qu’un livre que je n’ai pas lu d’elle, parce que je ne savais pas que l’adaptation ciné venait de son livre (No et moi) et autant je regarde les films après avoir lu les livres, autant je n’aime pas faire le contraire, surtout que je n’avais pas vraiment accroché à celui-çi. 

J’étais avec une de mes amies les plus proches et une de ses amies que je voyais pour la première fois (c’était la journée des belles rencontres:) ). Et c’était sympa de partager ce moment toutes les trois déjà et Delphine de Vigan, avant de la connaître à travers tous ses livres, je l’ai connue sous le pseudonyme Lou Delvig avec « Jours sans faim », où à travers le personnage de Laure, elle raconte son propre combat contre l’anorexie. Et j’avais besoin de la remercier de m’avoir accompagnée avec ce 1er livre, que je lisais dès que j’avais un coup de mou ou que je me sentais seule parce qu’elle me donnait espoir de voir le bout du tunnel même si elle était partie de très bas. Et de mon côté, je commençais à découvrir le monde psychiatrique et quelque part, ça me rassurait de savoir qu’elle était passée par ce qui m’attendrait quelques mois, quelques années plus tard. 

Elle est attentive à ce qu’on lui dit, prend le temps d’échanger et moi qui lui avais dit que j’étais toute intimidée, j’ai senti que j’aurais pourtant pu parler avec elle durant des heures. Avant cette rencontre, je la trouvais fascinante, touchante, émouvante, mystérieuse mais pourtant accessible, se confiant avec simplicité, naturel et pourtant avec tant de pudeur. Et le fait de la voir, de l’écouter, d’échanger quelques mots ne m’a que confortée dans ce que je percevais d’elle. L’image que j’avais d’elle était bien réelle, elle n’était pas fictive du tout, contrairement à ce livre qui a fait un tabac:) (mérité)

Elle a été un peu la confidente sourde et muette de l’anorexie qui me rongeait. Et je crois qu’on n’oublie pas les personnes qui ont fait partie de ce combat même si c’est très indirectement, comme c’était son cas. Elle ne savait pas qu’une autre Delphine pleurait sur son livre très souvent, parce qu’elle était perdue face à ce qui la faisait mourir à petit feu. Elle a réussi à faire aimer la fiction à une lectrice. Elle a su en 2001 me dire à travers « Jours sans faim » qu’on pouvait aller mieux côté anorexie et voir le bout du tunnel.

Et de votre côté, connaissez-vous Delphine de Vigan et quels livres avez-vous lus et lesquels vous ont le plus marqué ?

Ces plaisirs quotidiens qui font mon bonheur

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Source : Pinterest

A l’arrivée du printemps qui est ma saison préférée, mes plaisirs de chaque jour sont un peu plus nombreux que ceux en hiver où je tremble comme une feuille et en claquant des dents parce que j’ai froid (oui même à Marseille… pour que j’aie chaud, il faut au moins 28°C hihi). Malgré tout, il y a des moments bien compliqués à gérer côté douleur, moral et pour essayer de me tirer vers le haut, j’ai noté tout ce qui me faisait plaisir et me mettait le sourire et me provoquait un peu d’oxygène. Ce sont les plus petits plaisirs qui sont les meilleurs et ils font mon bonheur, même si parfois c’est juste 2mns parce que c’est souvent éphémère ce que je ressens. Mais chaque minute de bonheur est précieuse quand on ne va pas forcément très bien et si on rajoute 1mn par çi par là, à la fin de la journée, on prend conscience que finalement c’est loin d’être si mal qu’on ne le  pense.

J’aime quand je commence à pouvoir entrouvrir la fenêtre, la nuit, parce qu’il fait assez chaud. Mais quand ce n’est pas encore le cas, remonter ma couette jusqu’à mon nez sinon j’ai froid. La 1ère gorgée de coca qui descend dans ma gorge. Le soleil sur mes jambes quand je suis assise sur le balcon. Voir que mes fleurs plantées dans mes jardinières, s’ouvrent. Sentir la terre une fois arrosées. Croiser le regard de ma Happy le matin et me dire qu’elle sera encore là aujourd’hui pour m’accompagner. La sentir m’escalader pour les 1ers câlins du matin. Voir que quelqu’un que j’apprécie a publié une vidéo asmr et pouvoir l’écouter en me couchant. M’hydrater de la tête aux pieds et sentir que ma peau me remercie. Ecouter Marseille éteint la nuit et savourer le (presque) silence. Sentir l’iode qui vient titiller mes narines. Laver mes draps, les faire sécher dehors, les remettre le soir et me plonger dans la douce odeur de lessive et de l’air de dehors (bon ce n’est pas quotidien c’est vrai ^^). Découvrir une nouvelle chanson qui tournera en boucle. Tomber dans un livre et savourer les 1ères pages qui sont les meilleures (je n’ai pas une grande concentration pour lire beaucoup). Les 1ères gouttes chaudes qui dégoulinent sur mon corps pendant ma douche. Entendre des oiseaux chanter. Regarder la lune et les étoiles en pensant au Petit Prince et s’imaginer toutes sortes d’histoires. Lécher la spatule en bois après avoir versé le contenu de la casserole dans mon assiette. Manger le soir devant le replay de « Un dîner presque parfait ». Tomber sur un film et me réjouir de passer un bon moment devant. Pareil pour une série découverte. Manger du chocolat au lait avec des noisettes. Préparer des petits plats simples mais bons et surtout qui me font plaisir.

Ce sont des petites choses accessibles chez soi, à tout moment. La seule façon de le ressentir étant d’avoir conscience de chacun de nos gestes quand on les effectue. Evidemment que lorsque je peux sortir, faire plein de photos et travailler ma formation autant que possible, là c’est du luxe au-delà du bonheur, mais tout cela n’est pas quotidien et surtout pas forcément accessible tout le temps selon mon état, du coup, parfois pour ne pas trop sombrer, on se raccroche à tout ce qui est possible de croiser chez soi.

Quels sont vos plaisirs du quotidien qui font le votre, de bonheur ?

 

Instantanés Singuliers – avril 2016

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Mes petits petons – Jardin du 26ème centenaire, Marseille – Avril 2016

Pour les Instantanés Singuliers du mois d’avril, Marie avait proposé le thème « Transports en commun ». J’avais déjà pensé au bus qui me permet d’aller voir la mer et puis pour diverses raisons, je n’ai pas eu l’occasion de remonter dans ce bus et de prendre son intérieur en photo. Et puis en cherchant une autre idée, il a fallu reconnaître que j’avais cherché loin pour ce qui était très près de moi finalement. 

Quoi de mieux que nos petits petons pour nous transporter d’un point A à un point B. Ceux qui nous supportent toute la journée. Ceux qu’on juge beaucoup trop facilement « sont moches mes z’orteils ». Les miens, je les aime juste parce qu’ils me permettent de me tenir debout et que c’est le meilleur transport qu’on puisse avoir. Il ne pollue pas (enfin, à moins de transpirer à grosses gouttes et que vous retiriez vos souliers un peu trop brutalement -bon petit déj’ ou bon app’, si vous me lisez pendant ce temps là-), très écologique du coup, gratuit, pratique parce que dispo à tout moment et le plus gros point positif, on ne tombe pas en panne d’essence ! 

J’ai fait des kms avec les miens, c’est avec eux que j’ai découvert les rues marseillaises, gravi des collines, marché sur la plage et dans la mer, monté des escaliers (et qu’est ce qu’il y en a pfiou), fait des randos dans mon Alsace natale, flâné, cavalé pour prendre tout et n’importe quoi en photos. Bref, ce sont mes pieds, ils ne sont pas parfaits, ils me font mal, ne sont pas très stables, mais je suis debout et ça n’a pas de prix quand je peux les utiliser.

Et j’estime que c’est un transport en commun, dans le sens où vous imaginez le nombre de pieds qui passent avant les nôtres, avant ou après nous ? Ce nombre incalculable de petits petons qui avalent du bitume. On finira par user le sol à force de le piétiner. 

Voilà ma participation pour ce thème encore très original et si vous avez envie de participer vous aussi, le prochain rv est le 12 juin et votre participation à partager avec Marie. Le thème est « La pluie ». 

* Journée mondiale de la fibromyalgie * La douleur invisible

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23ème journée mondiale de la fibromyalgie, ce 12 mai. Une journée de plus pour essayer de faire comprendre ce qu’on vit, ce qu’on ressent. Pour faire le constat de ce qui avance et ce qui est à la traîne. Et au milieu, la recherche médicale qui avance, c’est certain. Beaucoup de protocoles n’existaient pas, il y a encore 3-4 ans et maintenant ils sont mis en place, de façon surveillée, parce qu’on est parfois encore cobayes pour certaines techniques, mais des chercheurs se sont penchés sur la maladie pour voir comment elle fonctionnait, quelles étaient ses faiblesses et tentent de faire renverser la vapeur. Solidifier la partie du cerveau qui n’est plus autant fonctionnelle qu’elle devrait l’être (comme c’est joliment dit, pour ne pas dire que cette zone nous emmerde…). Diminuer la zone-douleur qui est beaucoup trop bruyante et fait du coup des dégâts en envoyant de mauvais signaux au corps. Bref, ils cherchent. 

En parallèle, il y a les médecins qu’on est amenés à consulter, tels que les algologues, neurologues, rhumatologues et on trouve encore des professionnels qui ne s’informent pas et préfèrent se « débarrasser » des patientes avant de les démoraliser encore plus… Au milieu il y a les administrations. Une loi doit passer normalement pour qu’on soit reconnues et qu’on puisse bénéficier du 100%, mais combien de temps il faudra se battre encore pour que tout soit mis en place, en sachant que dans certaines régions, la fibromyalgie est déjà reconnue alors que dans d’autres régions, on doit évoquer la « dépression réactive suite à des douleurs chroniques » pour espérer voir nos soins remboursés. C’est toujours aussi logique de ce côté là, surtout que toutes les personnes fibromyalgiques ne sont pas dépressives.

Comment je vis avec depuis la dernière fois que j’en ai parlé… Les douleurs sont très fortes, avoisinant le seuil qui pourrait signifier « jette toi par la fenêtre » Autant dire que c’est violent parfois. Je gère mal la douleur, ce qu’elle implique dans ma vie personnelle, professionnelle (où je ne sais pas si j’ai réellement un avenir malgré toute la bonne volonté possible), sentimentale, sociale, parce que la douleur isole à tous les niveaux et c’est une autre souffrance à devoir surmonter aussi. Un avenir incertain, bancal, sans savoir s’il y aura des portes de secours et des plans B si les A flanchent. Vivre dans un climat d’angoisses sans arrêt (au-delà de ne pas savoir si l’état physique ne va pas se détériorer encore plus, et là c’est pareil, on doit apprendre à le gérer) 

C’est usant, épuisant. Et quand pour certaines personnes, l’entourage ne comprend pas, et qu’il faut justifier tout et n’importe quoi, en plus de le faire de manière plus officielle devant les administrations, on peut vite péter le peu de plombs qui nous restent… La douleur me fragilise physiquement mais aussi mentalement et parfois je n’ai plus le courage de me dire que oui, il faut encore trouver des moyens de voir le bout du tunnel et espérer savoir vivre avec les douleurs chroniques et la fatigue.

Je souhaite que durant cette journée, on réalise au moins notre quotidien, nos difficultés à se faire entendre. C’est sûr que dire « j’ai mal partout », ce n’est pas aussi facile que de dire « je me suis tordue la cheville ». C’est plus concret et on arrive mieux à imaginer les difficultés que rencontrera la personne. 

Le mot « douleur » a été assez fort pour me donner envie de quitter la vie pour ne plus souffrir. Mais il m’a permis aussi de découvrir d’autres univers inconnus à ma personnalité, mais que j’ai tenté d’approcher pour me guider dans ma quête de comprendre comment on gérait d’avoir mal partout 24h/24, 7 jours/7 et ce toute l’année. 

Bon courage à celles et ceux qui sont dans la tourmente des douleurs chroniques, fibromyalgie ou autres maladies du même style. C’est dur, mais c’est important de garder espoir….

Que cette journée soit douce et fasse bouger encore les mentalités pour nous comprendre et faire en sorte d’améliorer la qualité de vie pour beaucoup de personnes.

Mon papa, cet aquarelliste

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Mon chouchou...Un mois sans venir dans mon petit espace, j’essaie de me réapproprier les lieux en couleurs et en douceur. J’ai passé 10 jours chez mes parents et je me suis rincée les yeux avec les nouvelles aquarelles réalisées par mon papa. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je suis objective sur ce qu’il fait, je regarde souvent des vidéos sur la réalisation de peintures et me dis que mon papa a tout autant de talent, la différence c’est qu’il ne le montre pas. Don que je n’ai toujours pas hérité depuis le dernier post où je l’avais déjà mis à l’honneur par ici, en novembre 2014 (déjà ??? ça file…). Du coup je partage à nouveau ses toiles parce que je suis fière du chemin qu’il a parcouru depuis, autodidacte, ne lâchant jamais rien jusqu’à arriver à l’effet souhaité. C’est sa passion, il a les yeux qui brillent quand il en parle et ça me fait du bien de le voir ainsi. J’avais dit un jour que j’aimais les personnes qui étaient passionnées, quelque soit le domaine, c’est son cas. Le plus qu’il a, c’est que c’est mon papa <3 

Un autre temps...

Est-ce que vous avez ce don face à la peinture aussi ou comme moi, vous faites partie des personnes qui admirent plutôt en laissant tranquilles les pauvres pinceaux qui seraient maltraités en tombant entre mes mains ?:) J’espère que cette petite visite au coeur de sa passion vous aura plu en tout cas <3