Disparue de la circulation ?

paulo-coelho

Juste perdue, depuis plusieurs mois en essayant de le cacher au maximum de ce qui est possible de faire. Pour cela j’essaie le positivisme au quotidien, autant dire que déjà c’est très dur parce que c’est contre nature de le faire pour moi qui suis tout l’inverse, mais tout le monde préfère les gens positifs, alors j’essaie de rentrer dans le rang. Puis à chaque fois qu’on a l’impression d’y arriver, le premier truc qui nous tombe sur la tête, on redescend plus rapidement dans la négativité. Comme tout ce qui est fragile, avec des fondations pas très solides. Mes bases de positivité se sont cassées la gueule dans un immense fracas, mardi. Les douleurs évidemment qui ne voleront la vedette à personne d’autre. Le stress de l’attente de mes épreuves partielles, mes conventions mal remplies ce qui va poser problème pour commencer mon stage comme prévu sûrement, le 2 janvier. Une appréhension du service où j’arrive. Pas pour la cancérologie elle-même, mais plutôt côté gestion de l’unité dans laquelle je serai stagiaire pendant 3 mois et demi. Une petite pique « comme vous faites QUE 20h », sans savoir pourquoi c’est ainsi et sans s’imaginer que pour moi c’est déjà beaucoup, mais je n’ai rien dit pour ne pas être désavantagée. Des souvenirs qui remontent trop vite à la surface, du style « oh tiens ça plairait à S., c’est bien son style ! », avoir le sourire en y pensant et le perdre aussitôt en se rappelant qu’il n’a plus eu envie de faire partie de ma vie, parce que la jalousie mal placée à fait des dégâts parce que je ne gérais plus celle de sa compagne, pour finir. 

J’ai vu mes petits bonheurs s’amenuiser en quantité et en qualité au fil de ce dernier mois, alors que décembre est le mois que je préfère, en dehors des mois printaniers et estivaux. Mais je suis très fatiguée physiquement, ne dors pas énormément et ne suis plus. Et mon moral et ces petits bâtons dans les roues ont atteint mon seuil d’angoisses au maximum. Pour certains, ce serait des bagatelles à gérer, pour d’autres, comme moi, tout prend des proportions qui font péter le peu de câbles qui restait. Sur fond de douleur constante, de la tête aux pieds, un ventre très douloureux au point que je ne sais plus quoi manger au final et que le bas-ventre est composé de castagnettes d’ovaires tout autant sensibles. 

J’en ai marre. J’en ai ma claque. J’en ai par-dessus la tête. J’ai des idées sombres. Je rêve de sérénité, de paix. J’ai désactivé mon compte fb depuis mardi, parce que je ne supportais plus de lire certaines choses. Parce que je ne pouvais rien apporter de bon et que le mauvais, c’est assez si je suis la seule à le subir. Se ranger dans un coin, le temps que ça passe. Le temps que mes neurones se remettent en mode « positivité », parce que paradoxalement, j’ai bien pu constater que je me sentais mieux moralement quand j’arrivais à voir le monde autrement. Alors ce n’est pas ce gros retour en arrière et ce ras le bol que je remets mes tentatives d’efforts en question, mais si en cas de chute, comme en ce moment, je suis encore plus mal, finalement, il vaudrait mieux qu’ils soient justement moins positifs, parce que déjà ça fait mal et puis je me donne l’impression de porter la poisse. 

La notion de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, n’est pas vraiment acquise, mais je continue d’y travailler…. 

Je suis très absente de la blogosphère depuis bien un mois, je devais sentir que ma positivité était en tellement petite quantité que je n’arriverais pas à essayer de la propager trop loin. J’espère que vous allez à peu près bien, pour tou(te)s celles et ceux qui me lisent en général. J’essaierai de venir voir certaines d’entre vous. 

Prenez soin de vous, notre corps et notre âme sont les essentiels de notre vie… Si l’un bat de l’aile, l’autre est solidaire et dégringole avec… Et après, qui ramassent les morceaux… Nous, encore… 

« the Sound of Silence », Simon and Garfunkel

Une chanson que j’écoute beaucoup et qui me touche depuis toujours… J’avais besoin de sortir tout ça, mais je reviens vite avec d’autres partages…

Défi Liste – Ce qui me rend heureuse

Notre fameuse colline qui rendait heureux petits et grands. Merci les années 80 pour cette fabuleuse mode vestimentaire ^^ Et sinon oui je tire déjà la langue sur les photos :p

Voilà ma participation au Défi Listes de Zenopia qui sait toujours amadouer mon côté listes, parce que c’est trop chouette les listes pour caser tout ce qu’on a dans la tête. Le thème est « ce qui me rend heureuse » sous forme de tag.

Quel plat simplissime (sauf des pâtes) aimes-tu particulièrement manger ?

Des frites et du poulet 

La chanson qui te met de bonne humeur ? 

« Ain’t got no, I got Life » Nina Simone 

 Le moment de la journée que tu préfères ?

Le soir, aux alentours de minuit, quand Marseille commence à s’endormir doucement. Je me mets sur mon balcon, prends un grand bol d’air, regarde partout et je me sens seule au monde au milieu du quasi silence. Je renifle aussi le boulanger qui prépare les petits pains du lendemain (pas à 10-15cts… comment passer à côté de ce clin d’oeil…)

Une des plus jolies surprises que l’on pourrait te faire ?

Juste qu’on ait envie de me voir et de passer du temps avec moi

Ton vêtement fétiche ?

Ce n’est pas vraiment un vêtement, c’est un châle qui appartenait à ma marraine, je le mets sur mes épaules et m’endors souvent dans sa chaleur rassurante

Le petit rien dans une journée qui pourrait te faire sourire ?

Echanger des sourires avec quelqu’un. Voir un enfant qui me regarde avec un grand sourire jusqu’aux oreilles

Un de tes souvenirs les plus heureux ? 

J’en ai beaucoup surtout quand j’étais petite. Mais celui qui me vient est avec mon papa auquel je pense beaucoup ce soir, une de ses soeurs s’est envolée cette après-midi et on aimerait parfois revenir en arrière pour se donner encore le temps de tout😦 . On avait une colline en face des immeubles du quartier où on habitait. Quand il y avait de la neige, on allait glisser du haut de la colline sur des morceaux de polystyrène et j’entends encore le rire de mon papa qui s’amusait autant que les enfants du quartier. J’avais 7-8 ans

Une fois où tu as pleuré de joie ?

Quand mes nièces sont nées

Une période de ta vie particulièrement cool ?

Toute mon enfance jusqu’à mes 10 ans

Un lieu que tu aimes / où tu te sens bien ?

L’océan. J’ai passé toutes mes vacances d’été à l’Ile d’Oléron et j’y ai beaucoup de souvenirs. Maintenant on va dans les Landes et c’est toujours un bonheur de retrouver les dunes, la plage à perte de vue et l’océan avec ses vagues grisantes

Ton plus grand bonheur du moment ?

Me glisser dans ma couette d’hiver toute douillette et savoir que je vais voir Soprano en concert au mois d’avril <3 

Le souvenir auquel tu penses et qui te fait sourire à tous les coups ? 

Mon frère a perdu 2 soirs de suite une dent de lait en mangeant des carambars au caramel. Ma nénette commence à perdre les siennes, du coup, c’est l’anecdote rigolote qui ressort régulièrement ces temps-çi. Il venait nous trouver la bouche pleine de caramel mais avec ses dents dans la main. Dans le thème « gourmandise de mon frère », il nous a fait le coup une fois, de mettre un bâtonnet d’esquimau en travers de sa bouche, sauf qu’il n’arrivait plus à le retirer et a déboulé complètement paniqué en disant « papa z’arrive pu à l’enlever » (bon en réalité, avec le truc coincé, c’était beaucoup moins compréhensible ce qu’il disait :p )

La mamie de la chambre 12

Son fameux lit blanc froid.. elle était tellement l’inverse…

Eté 2012. Une cure de kétamine. Une chambre double. Une petite mamie dans le lit à côté, couchée, les draps montés jusqu’au cou, raccrochée à une perfusion.

J’ai eu peur de la déranger, je suis restée très discrète les premières heures, lui demandant juste parfois si elle avait besoin de quelque chose. Puis au premier repas, ses enfants sont arrivés, pour lui donner à manger. Bien sûr, difficile de ne pas entendre ce qui se dit à côté quand on est avec quelqu’un dans une chambre et que la personne a de la visite. Je trouvais sa famille un peu raide avec elle. Ils ne savaient pas encore ce qu’elle avait, elle était justement là pour qu’on lui fasse une batterie d’examens tout en tentant de la soulager. « Il faut que tu bouges, reste assise dans le fauteuil, essaie de marcher avec le kiné dans le couloir, faut pas que tu restes toujours couchée. Mange ». Des paroles sans doutes remplies simplement d’inquiétude. Mais je regardais discrètement la petite mamie et voyais qu’elle ne disait rien ou très peu. La première fois j’ai cru qu’elle était juste fatiguée. La seconde fois, j’ai plutôt ressenti de l’exaspération et c’est là que leurs paroles m’ont semblé lourdes, en voyant sa réaction à elle. 

Et une fois ses enfants repartis, elle semblait plus sereine. Elle a commencé à me parler, elle m’a dit que je semblais seule, mais ce n’était pas de la solitude physique dont elle parlait, c’était celle impalpable qui est au fond de moi. J’étais entrée là le moral à 0, pas dans une période idéale pour que la kétamine arrive à m’aider. Perdue comme souvent au milieu de cette douleur sans nom. Et elle avait ressenti ça en me voyant naviguer dans notre chambre. Puis j’ai commencé à être mal à cause des perfusions, alors j’étais allongée sur mon lit. Je devais me reposer, j’étais un peu au bout du rouleau d’après les médecins tellement perspicaces…

Après le repas de midi, les infirmières la laissaient dans l’immense fauteuil qui était entre nos deux lits. Elle était tellement petite ma mamie qu’on ne la voyait presque pas, enfoncée dedans. L’unique moment serein auquel j’avais droit à ce moment là. Sa présence. Comme si elle veillait sur moi. Je m’allongeais au bord du lit pour être le plus près possible d’elle. Je crois qu’on se tenait compagnie chacune à notre façon. 

C’est ce jour là, que je me suis réveillée tout à côté d’elle, roulée en boule, en position foetale comme je dors toujours. Elle parlait, j’écoutais tout en restant allongée. Puis elle m’a parlé de ses mains qui étaient devenues plus douloureuses avec la maladie. Elles les touchaient, en me disant qu’elle avait toujours cru avoir de l’énergie dedans et que ça pouvait soulager, mais que ses enfants, petits enfants, se moquaient d’elle quand elle le disait. De mon côté, je pensais au reiki qui m’avait tant apporté. J’y croyais et je ne sais pas ce qui me faisait le plus de bien. Savoir qu’elle avait des mains qui servaient de canal d’énergie et l’empathie qui allait avec ou la voir s’illuminer quand elle en parlait. Sûrement les deux. Et j’ai accepté qu’elle me tienne les mains. Le canal d’énergie était bien actif, j’étais tellement bien que j’ai fermé les yeux, la laissant me serrer les mains, jouant avec mes doigts, comme une grand-mère aurait pu le faire avec sa petite fille pour la calmer. 

J’avais les larmes aux yeux, c’est le genre d’attention qui me touche profondément, parce qu’on me donne de l’énergie, du temps, de l’affection et c’est puissant en moi tout ça. Elle savait que j’avais Happy. Elle m’a dit « il ne faut pas l’abandonner, elle a besoin de vous ». Au-delà du mal-être et de la douleur qui apparemment étaient visibles, elle avait été au-delà et comprenait sans juger que parfois oui je voulais quitter la vie pour ne plus avoir jamais mal. Et ça m’a touchée doublement. 

Une de ses filles est arrivée, interrompant ce lien privilégié qui s’était tissé entre nos 4 mains réunies. Elle lui a dit « tu fais de nouveau tes trucs avec tes mains » avec un air qui m’a fait retourner dans mon lit, retrouvant le froid de mes propres mains. 

Elle ne savait pas encore que d’ici quelques mois, la maladie de sa maman serait irréversible, qu’elle se paralyserait au fur et à mesure pour ne plus pouvoir bouger un seul bout d’elle. J’étais dans la chambre quand les médecins étaient venus lui annoncer les résultats plus que mauvais des examens passés. Il se peut bien que je sois d’ailleurs la dernière à qui elle a pu transmettre son énergie, puisque sa famille n’y croyait pas… 

Le lendemain, ils l’ont changée de service pour la mettre en médecine. Je la vois encore partir en fauteuil roulant, se retournant autant qu’elle pouvait pour me voir, en me disant « vous avez noté le n° de la chambre ? vous viendrez me voir ? » Je me suis retrouvée avec un lit tout blanc à côté de moi, comme si elle n’était jamais passée par là, sauf dans mon coeur et entre mes mains. J’ai attendu quelques jours, le temps de mieux supporter la kétamine qui peut se montrer abominable quand il fait chaud. Jamais oublié son sourire en voyant ma petite trombine dans l’encadrement de la porte quand j’ai été lui montrer que j’étais loin de l’avoir oubliée. 

J’y pense beaucoup en ce moment à cette mamie, je ne sais pas pourquoi. Il faut dire que j’ai rencontré tant de monde durant ces 27 mois d’hospitalisation que tout est aussi décuplé dans ce genre de moments et de lieux et que le moindre petit truc peut me rappeler telle personne rencontrée à tel endroit. Ou alors c’est parce que j’aurais besoin qu’on me tienne les mains comme elle le faisait, pour m’insuffler un peu de vie, alors que finalement elle était en train de mourir et qu’elle est sans doute morte quelques mois après. 

Je suis sûre par contre que sa famille donnerait cher pour qu’elle leur tienne encore la main, quitte à ne pas croire en son énergie parce qu’ils n’étaient pas réceptifs et qu’on voyait que ça la peinait. Ils n’ont pas compris que c’était sa richesse à elle, peut-être la dernière chose qui lui restait encore tant qu’elle pouvait bouger ses doigts…

Merci pour tout, ma mamie de la chambre 12… Je ne vous oublie pas où que vous soyez… 

Se mettre dans une case pour exister

Quelque chose me marque depuis quelques mois. Le fait de mettre des étiquettes aux gens ne date pas d’hier et ça m’a toujours gênée. La personnalité d’un être humain est complexe et ne se résume certainement pas à un adjectif, surtout quand il est plus ou moins négatif et qu’on lui colle des attributs dont on ne sait rien, parce que certaines personnes ont une sacrée psychologie à deux balles, en plus d’étiqueter et elles mélangent tout. J’avoue éloigner loin de moi les gens qui se prêtent à ce fabuleux exercice avec moi. Mais depuis quelques mois, j’ai un souci qui s’associe plus ou moins à celui des fameuses étiquettes. C’est celui des cases où on place les gens pour leur donner une place dans ce Monde. J’y ai pensé le jour où j’ai refait mon CV pour ma recherche de stage, je souriais en me disant qu’il faudrait peut-être que j’indique si j’étais végane, écolo, bio, sans gluten, sans lactose, 0 déchet, minimaliste, féministe etc… , ou si j’étais tout le contraire. Je rigolais en moi-même pour réaliser d’un coup qu’en ce moment on n’était pas loin d’arriver à ça. A savoir être rien ou un tout bien défini. En gros, à pouvoir cocher une case ou à ne pas le faire. Et je ne veux pas être un machin qui entre dans une case, qui se définit par quelque chose en particulier.

Et si on imaginait que les gens puissent être aussi un peu de tout au lieu de les qualifier par un seul mot ? Se donner le droit d’être sans cases cochées mais avoir l’esprit suffisamment ouvert pour se dire qu’on est un peu de tout pour justement se mettre à la portée de tout le monde, essayer de comprendre les choix des autres et surtout le faire sans jugement ? Sans dire « non tu n’es pas ça, parce que… » Qu’est ce qu’on s’en fout de ne pas être dans une case précise… C’est tellement plus intéressant de pouvoir passer d’un monde à un autre, de toucher à tout. Du bout des doigts parfois quand on n’est pas convaincu(e) ou un peu plus fort quand c’est l’inverse. 

Je ne suis par exemple pas végane et ne le serai jamais parce que ce n’est pas mon état d’esprit. Je mange des animaux morts, alors vous comprenez qu’on est loin encore hum (ce qui ne m’empêche pas d’aimer les animaux, mais puisque les cases « aime les animaux » et « omnivore » ne peuvent pas bénéficier en même temps d’une petite croix, je ne suis pas crédible de me mettre dans la case « Aime les animaux ». C’est là que je veux en venir…) MAIS ce n’est pas parce que je ne le suis pas que je verrouille tout en moi. Il m’arrive de piquer des recettes par exemple et mon réflexe n’est pas de me dire « ah non, cette recette n’est pas pour moi, parce que je ne suis pas végane ». Ca marche avec le 0 déchet évidemment. Je ne serai jamais non plus complètement 0 déchet mais je fais attention à ce que je fais au maximum. Minimaliste, quand on voit ma pagaille, la case explose, je ne le suis pas aux yeux des autres, par contre j’ai ma propre notion du minimalisme et je l’utilise pour les besoins que j’en ai personnellement, mais je ne me déclare donc pas être dans la case « Minimaliste ». Je ne mange pas sans gluten ni sans lactose, parce que j’ai mes raisons, ce qui ne m’empêche pas de choisir des yaourts plutôt au soja et de goûter des aliments faits autrement qu’avec des gluten. Histoire d’élargir mes points de vue, mon esprit, tout simplement. Goûter à d’autres choses et ne pas me refermer sur mes propres convictions et être tentée sans doute de moi-même me mettre dans une case du coup. Et franchement, c’est ma richesse, parce que je me sens libre de naviguer entre tous ces mots. 

Quand on me demande dans quelle case (bien sûr que ce n’est pas tourné comme ça) je suis côté religion par exemple, ma réponse légitime me fait dire que je suis catholique parce que c’est ce qui m’a été donné lors de mon baptême, pourtant c’est sûrement dans cette religion que je me retrouve le moins. Je me sens davantage à ma place dans un temple qu’une église (à part pour les visiter ^^), ma médaille de baptême est rangée, par contre la croix huguenote que portait toujours sur elle, une personne chère à mon coeur dans ma famille et que mon parrain m’a donnée après son décès est à portée de main. L’islam a aussi sa place (sûrement encore davantage d’ailleurs depuis des mois), ainsi que le bouddhisme. 

Je respecte les choix de tout le monde en occultant les extrêmes par contre, parce que c’est ce qu’il y a de pire dans chacune des cases. Je prends ce dont j’ai besoin pour mon bien. Je suis une « sans case » qui essaie de s’adapter aux autres personnes, avec leurs convictions mais parfois les cases dans lesquelles ils se mettent (ou sont mis) rendent aussi hermétiques et c’est dommage. 

J’en suis venue à me dire que j’étais sans caractère pour virevolter d’une pseudo case à une autre, en ne sachant pas où planter la croix qui ferait de mon existence une case cochée. Mais en réalité je sais très bien ce que je veux et ne veux pas, au contraire. Et justement c’est ce qui représente celle que je suis, le mieux. Puiser en les autres ce qui me manque, m’en alimenter pour comprendre leur fonctionnement, les tolérer, les respecter sans jugement et grandir. Et c’est juste mon caractère. 

Comment percevez-vous tous ces mots qui peuplent de plus en plus le net, en ce moment ? Avez vous cette sensation de devoir se mettre dans des cases pour pouvoir se définir dans le monde actuel aussi ? Ou c’est peut-être un regard erroné que je pose sur tous ces mots qui sont peut-être un peu forts pour moi et ne me rendent pas objective ? 

Casé(e) ou pas en tout cas, gardez les yeux et les oreilles bien ouverts envers les autres cases, si déjà🙂 Histoire de ne pas s’enfermer dedans et ne plus être capable d’en ressortir. Et surtout ne pas oublier que les adjectifs se multiplient pour dire ce qu’on est et qu’on ne se cantonne pas un seul mot qui résume tout et rien de ce qu’on est. On est des milliers de petits mots et de petites cases à cocher, pas juste une qui définira qui nous sommes.  

Restez libres et uniques dans cette globalité que représente tous les êtres humains, chacun avec leur façon d’être. 

Concours Edilivre – 48h pour écrire

Ma première nouvelle pour ce concours dont le thème est « la différence » 

« Petit poussin »

Chaque jour, à la sortie de son travail, Lina s’asseyait dans le jardin qui jouxtait le cabinet d’architectes où elle avait obtenu un poste, 5 ans plus tôt. Elle se rendait chaque fois sur le même banc, près de l’aire de jeux pour les enfants. C’était son moment à elle, un temps où ses projets et ses rêves affluaient dans sa tête, pressés d’en sortir pour être réalisés. C’était là que quelques mois auparavant, elle avait fait des plans pour l’appartement qu’elle avait acheté avec Franck, son compagnon depuis qu’ils étaient tous les deux étudiants. Lina était heureuse, l’amour la transportait, elle s’épanouissait dans son travail et ils attendaient que leur premier bébé veuille bien pointer le bout de son petit nez. Comme tout le reste de leur petit nid d’amour, elle savait déjà où chaque meuble irait dans la pièce qui jusqu’à présent servait de chambre où ils recevaient famille et amis. Pinterest était le site de prédilection pour y trouver idées et inspiration. Elle notait dans un carnet réservé à cet effet chaque idée, chaque site ou magasin qui seraient utiles le jour où il faudrait tout acheter pour leur petit poussin comme ils l’avaient surnommé depuis qu’ils parlaient de lui en l’attendant impatiemment. Quand elle passait devant le rayon vêtements d’un magasin, elle lorgnait toujours sur les tailles naissance en préparant mentalement la tenue qu’elle aimerait que son bébé porte le premier jour où il serait dans ses bras. Un grand sourire s’affichait sur son visage à chaque fois qu’elle pensait à cet instant magique. Pour le moment, il aurait pu s’appeler Désiré, tant il prenait de temps à vouloir investir les lieux et sa nouvelle maison pour neuf mois : le ventre de Lina. Mais ils ne perdaient pas espoir et savaient que le premier enfant pouvait être lent à arriver, alors tous les week-ends, tel un rituel rempli d’espoir, ils se retrouvaient autour d’un chocolat chaud à parler de prénoms et prédire l’avenir à trois. Un enfant était bien la seule chose mais pas des moindres qui pouvait manquer à leur bonheur.

– « Si c’est une fille, on l’appellera Emma comme ma grand-mère, tu veux bien doudou ? disait-elle en le regardant avec des yeux auxquels Franck ne pouvaient pas résister.

– « Mais si c’est un garçon, ce sera Alexandre ! »

– « Ah non surtout pas, j’en ai connu un en primaire et il était insupportable ! » Franck soupirait à cette réponse et il continuait à chercher un prénom qui ne ferait penser à aucun camarade de classe terrible, dont elle se souvenait encore 25 ans après, au point d’en détester le prénom !

Sa tête était remplie d’idées et son cœur débordait d’amour pour ce petit être qu’elle porterait en elle d’ici peu et qui ferait grossir son ventre au point de ne plus en voir ses orteils, un jour. Et quand elle était installée sur le banc en face des toboggans, elle se projetait avec lui. Elle viendrait là le mercredi après-midi pour qu’il s’amuse avec les autres enfants.

Mais ce mercredi-là, assise sur son banc, elle regarde les enfants et pour la première fois, elle ne ressent pas de bonheur. Elle voit à travers un voile qui est en plus devenu flou, à cause de ses yeux remplis de larmes. Elle ne sort pas de son travail comme d’habitude, mais revient de l’hôpital, où elle passait des examens en service de gynécologie. C’est entre ces murs blancs aseptisés qu’on lui a jeté un vague « Les résultats ne sont pas bons, nous sommes désolés madame, vous êtes stérile » Lina avait tenté d’avoir des explications pour savoir d’où cela venait, ce qui avait causé cette incapacité à porter un petit être, mais le médecin était resté froid et distant, il était habitué à annoncer ce genre de nouvelles aux patientes, sans faire dans la dentelle. Alors qu’elle, avait l’impression que le ciel lui tombait sur la tête et que les nuages s’assombrissaient au fur et à mesure que les questions, les doutes et la culpabilité venaient à son esprit. Ses jambes s’étaient dérobées, une infirmière lui avait donné un verre d’eau avant qu’elle quitte ces murs qui la rendaient prisonnière d’elle-même en à peine quelques examens qui scellaient son destin à ne jamais être mère. Et elle avait finalement trouvé la force et le courage de se réfugier dans ce parc qui avait été témoin de ce rêve tant désiré et qui maintenant semblait se disséminer en millions de petites poussières. Le rêve de toute une vie venait de s’écraser en plein vol. Le crash avait eu lieu dans son ventre et son cœur.

Elle regarde les autres mères avec leur progéniture et soudain tout le poids de la différence s’abat sur ses épaules, l’écrasant encore davantage. Elle n’aura jamais le ventre plein, ne pourra jamais poser ses mains dessus de manière protectrice en disant « je t’attends petit poussin et t’aime déjà si fort ». Elle ne saura jamais ce qu’est un accouchement, ce que représente la première tétée, les premières fois en général. Elle vivra dorénavant avec un ventre qui est devenu lourd et inutile en à peine quelques minutes. Son ventre est mort et une partie d’elle-même s’est envolée en même temps. Elle est vide. Incomplète. Coupable aussi de se dire qu’elle n’est pas capable de porter un petit être. Mais qu’est-ce qu’il y a eu pour que ce soit le cas ? A-t-elle fait quelque chose de mal qui aurait détruit sa machine à faire des bébés ? Toute femme en est capable depuis la nuit des temps, non ? Alors pourquoi cette différence avec elle ? Voilà que le sentiment d’injustice prend le dessus sur toutes les autres émotions.

Elle pense à Franck qui attendait « petit poussin » autant qu’elle, qui était si fier de dire à ses copains :

– « Ce sera un petit gars et je le conduirai au foot le week-end ! Et si c’est une petite nénette, je serai le premier homme de sa vie ! »

Et si son amour à lui s’altérait à son égard ? S’il ne l’aimait plus à cause de cette différence entre elle et une autre femme qui, elle, pourrait lui donner cette joie d’être père ? Pire, s’il l’abandonnait parce qu’elle n’est pas capable d’être enceinte ? L’angoisse prend le dessus et se mélange au reste. Il faut encore trouver un moyen de lui dire cette vérité qui lui a arraché toutes les tripes au passage. Elle ne se verra plus jamais comme avant aux yeux des autres. Il sera nécessaire de prévenir les plus proches pour qu’ils n’en parlent plus à chaque diner de famille ou de sortie entre amis. Juste histoire de ne pas retourner le couteau dans la plaie inlassablement. Elle sait bien pour en avoir déjà fait les frais que les questions du style « alors, quand est-ce que vous le faites cet enfant ? », « il faut le faire avant 40 ans », « ben alors pas encore enceinte ?? » lui font déjà mal. Alors maintenant… Sans compter les copines, toutes mères déjà d’un ou de plusieurs enfants, qui lui disent quelques fois « tu ne sais pas ce que c’est, tu n’es pas mère ». Avant, elle reconnaissait qu’effectivement elle ne se prétendait pas savoir ce qui est bon pour les enfants, mais qu’elle écoutait juste son cœur et sa logique. Là les réponses risquent d’être encore plus acides si on lui fait cette remarque « Merci de remuer toujours là où ça fait mal et de faire remarquer cette différence de taille avec vous…»

Un petit garçon, la bouche remplie de chocolat mangé pour le goûter, la voyant pleurer vient près d’elle, avec l’innocence des enfants qu’elle aime tant :

– « Madame, pourquoi tu pleures, tu as bobo quelque part ?? »

Devant tant de sollicitude dans pareille situation et venant d’un petit garçon haut comme trois pommes, elle lui répond de ne pas s’inquiéter, qu’elle va bien et que c’est juste une poussière qui fait couler ses yeux. Puis elle part le plus vite possible, elle ressent le besoin de retrouver Franck et leur petit nid d’amour. Il l’attend, soucieux des résultats de la journée. Sans un mot, elle va vers lui et s’effondre en larmes dans ses bras protecteurs. Il a compris évidemment à demi-mots. En pleurant elle lui a dit « je n’entendrai jamais le mot maman… ». Malgré sa propre douleur de voir son rêve subitement s’évaporer, il fait tout pour la réconforter. Il lui explique qu’elle ne sera jamais différente à ses yeux, qu’il l’aime et que l’amour est capable de surmonter toutes les épreuves. Il lui chuchote dans l’oreille qu’il y a beaucoup d’enfants sans parents. Lina le serre encore plus fort, il faudra lui expliquer que ce manque et ce vide dans son ventre pour jamais, auront du mal à être comblés et qu’adopter n’est pas pareil. Elle ne répond ni oui, parce qu’elle aura besoin de temps, mais ne dit pas non. Elle a tant d’amour en elle qui brûle dans son cœur, se diffuse dans toute sa cage thoracique et traverse tout son être qu’il faudra trouver un moyen de tout évacuer si elle ne veut pas se consumer de l’intérieur. Elle pense à son ventre et tout s’est éteint en elle, comme si on avait soufflé sur la bougie de l’espoir d’être maman, qui vivait en elle jusqu’à présent. Elle ne portera jamais leur petit poussin, ne le sentira jamais bouger en elle. Elle s’est battue un jour pour sa propre vie dans la perspective d’en voir une autre grandir en elle. En vain.

Elle sera différente pour toujours par rapport aux autres femmes, techniquement parlant. La mécanique est brisée et irréparable, mais son âme est intacte et son cœur encore davantage, même si pour le moment, il est émietté et mis à rude épreuve. Son instinct maternel trouvera un moyen de s’épanouir et l’amour qu’elle destinait à ses propres enfants ne s’évanouira pas. Il lui faudra beaucoup de temps pour envisager de devenir maman de substitution, mais maman malgré tout.

Elle ne l’aura pas porté, cet enfant. Mais elle l’aimera de tout son cœur et sans différence. Pour ce soir, elle a besoin de se raccrocher à cette éventualité pour arriver à continuer le chemin. Avec Franck. Main dans la main.

Défi Listes – Mes meilleurs souvenirs de vacances

Vous pourrez même savoir quel genre de sandales j’avais aux pieds :p

Ma 1ère participation au défi listes de Zenopia, histoire de me replonger un peu dans cet été qui est passé très vite, entre les révisions chez moi, mes quelques sorties marseillaises, un petit séjour tout début de l’été chez mes parents où j’étais partie réviser un peu plus au calme aussi. Et mes 10 jours dans les Landes avec toute ma famille au grand complet.

Moments alsaciens / franc-comtois

Une escapade de deux jours au milieu de mes racines alsaciennes dans des villages que j’aime beaucoup, entourée de mes parents. Passé quelques jours chez eux et profiter de leur jardin au calme avec les oiseaux et les grenouilles qui me tenaient compagnie pendant que je révisais à l’ombre de mon pommier préféré. Profiter simplement de mes parents, de leur présence. 

Moments marseillais

Aller voir la mer pas loin et fixer l’horizon et surtout être tellement heureuse d’avoir pu marcher et avoir juste la sensation que je fais comme « avant » au moins le temps d’une sortie. Essayer d’aller marcher et sentir les pins, le soleil, l’iode. La chaleur du matin tellement plus agréable. Profiter de mon balcon le matin pour réviser tout en prenant l’air. Et le soir, m’y remettre pour regarder un film. Regarder par mon balcon quand les lumières commencent à s’éteindre (le côté positif d’être insomniaque). Me coucher enfin et ressentir un tout petit filet d’air frais qui passe. Sentir ma Happy jamais loin de jour comme nuit, dedans ou dehors. Marcher un peu dans le jardin près de chez moi et déballer mes cours sous un arbre. Retrouver l’envie de manger des salades de toutes sortes. Boire des infusions bien fraîches à toutes sortes de goûts. Voir mes fleurs qui ont l’air de se plaire depuis que je les ai plantées et qui poussent sans me tirer la gueule pour une fois🙂 (je n’ai pas la main verte)

Moments landais

Entendre mes nièces appeler « tatie t’es oùùù ?? » dès que j’étais hors de leur champ de vision. Les sentir contre moi lors de nombreux câlins intensifs et entendre une petite voix et voir un grand sourire et de grands yeux bien ouverts « tatie je t’aime très fort », tout en jouant avec mes cheveux. M’amuser avec autant que mon corps me le permettait. Profiter de la plage avec tout le monde. Les papotages le soir et les jeux entre « grands » :p (toute la famille est restée de grands enfants à mon grand bonheur). Les magnifiques couchers de soleil sur cet océan que j’affectionne tant. Voir les ombres de ceux que j’aime se confondre avec le soleil qui nous dit au revoir et auquel on dit « dors bien, mais reviens demain stp, pour qu’on puisse encore venir sur la plage ». Regarder la nature, que ce soit l’océan, la mer, les fleurs, les arbres et se dire « comment on peut protéger tout ça au maximum » et se dire qu’elle est si belle et qu’il faut en profiter. Le matin entendre tout le monde qui se réveille. Le soir, être la dernière sans doute à trouver le sommeil le nez dans les cours, mais savoir que tout le monde est là, en bonne santé.

Tout ça sont mes meilleurs souvenirs de mon été 2016. S’il fallait résumer, on pourrait dire que je suis heureuse quand je peux me retrouver dans la nature sous toutes ses formes et n’importe où et que l’amour me porte et que ce n’est pas la distance entre moi et mes proches qui éteint tout ça. Cette liste me permet de constater que j’arrive à me raccrocher à mes petits bonheurs du quotidien aussi, que j’essaie de percevoir dans la moindre des petites choses, parce qu’ils me sont devenus vitaux. Réellement.

Et comme il reste 10 jours de révision, qu’il fait encore chaud, je crois que la bibliothèque et son air plus frais pour réviser, vont faire partir de cette liste ^^

La fleur de la rentrée

Bougainvilliers, Jardin du 26ème centenaire, Marseille

La fleur coup de coeur de tous les étés depuis que je la connais. Des bougainvilliers (il me semble du moins, parce que oui, j’ai su un jour leur nom, puis un peu oublié) qui poussent le long des murs de pierres, du jardin près de chez moi, sous une sorte de tonnelle en bois où il fait bon pendant les grosses chaleurs. Pour le FlowerPower2016 organisé par Bernie, je vous souhaite un bon lundi. Qu’il soit de rentrée ou de vacances pour celles et ceux qui le sont seulement. 

Je retourne aux révisions. Le 22 septembre est jour d’épreuves écrites à Lyon et… je ne suis pas du tout prête…

PS : entretemps, j’ai lu chez Bernie que c’était #LundiSoleil maintenant, mais je vous envoie tout de même ces quelques fleurs, ça m’apprendra à avoir plusieurs trains de retard :p Et à lundi prochain, pour le orange qui sera la couleur de septembre, en espérant qu’on ait un été indien. 

Passez une bonne soirée.