Des combats qui me touchent

Une émétophobe au coeur de l’hiver

« L’hiver est tabou pour les émétophobes, mais on en viendra tous à bout !! Zen attitude ahemmmm » Crédit photo : pinterest

 

Pour rappel, l’émétophobie est la phobie de vomir. Je vis avec elle depuis 20 ans, sans avoir jamais pu vraiment m’en débarrasser. Il y a des endroits plus compliqués à gérer. Les lieux confinés où je ne suis pas sûre de pouvoir courir au cas où j’aurais besoin de vomir. La voiture où on ne peut pas s’arrêter n’importe où, le train pas accessible si on est à l’autre bout du wagon, alors que j’avance déjà en ayant l’impression d’avoir un coup dans l’aile, parce que je manque d’équilibre pour seulement marcher, alors imaginez, s’il fallait que je déguerpisse aux wc en 4ème vitesse. Bref, parfois je choisis la facilité (si on veut), je ne mange pas avant d’aller dans certains lieux. 

Mais l’hiver, cette phobie prend une autre dimension… J’entends à peine « cas importants de gastro » que j’ai déjà l’estomac retourné et au bord des lèvres, les intestins qui font des castagnettes entre eux, j’attrape chaud et je me désinfecterais bien à l’eau de javel à chaque fois que je viens de quelque part pour éradiquer chaque microbe susceptible de m’avoir contaminée. Je disparais de la circulation jusqu’à ce que l’épidémie soit passée. 

Et puis le nombre de fois où j’ai entendu depuis petite « j’avais froid aux pieds, ça m’est resté sur l’estomac d’avoir eu froid » Du coup, je mets double paire de chaussettes, suis habillée comme pour le Pôle Nord, pour éviter de prendre froid et que les aliments ne passent pas s’il ne faisait pas assez chaud en moi. 

Le pire étant que je suis malade si je vois quelqu’un vomir, même si aucune raison pour moi ne provoque, mais je suis à l’affut du moindre signe de mon estomac et comme j’ai souvent mal au ventre à cause de mes splendides intestins, je me bourre de spasfon, de vogalène, de menthe poivrée sur un sucre, je serais même prête à avaler la fiole complète, mais ça me reviendrait trop cher de faire ça à chaque repas…, je bois des tisanes après-repas, même si ledit repas ne s’est composé que de choses simples mais on ne sait jamais. 

Alors les repas de Noël… l’an dernier j’étais malade depuis le 22 décembre, je n’ai jamais mangé aussi peu à un Noël, la veille et le jour même. Juste le minimum. C’est moi qui ai mangé le moins et qui ai été malade comme un chien. Je fais attention en général de ne pas trop manger parce que comme dit j’ai vite mal et je suis vite remplie, mais c’est aussi pour éviter au maximum les risques de trop plein qui voudrait repartir. 

Je suis donc du genre à scruter toutes les dates de péremption et flique tout en mode « t’es sûr que ça ne sent pas un goût bizarre ?? »… « ben ça sent le poisson, en même temps, c’est du poisson donc c’est normal »… « oui mais quand même, non ?? »… En général je suis discrète, peu de monde le sait en réalité que j’ai cette phobie parce que je n’en suis pas fière, mais même en travaillant sur moi, je m’en dégage très peu. Chez moi à la limite, ça va, je suis seule, s’il m’arrive quoique se soit, il n’y aurait personne pour me voir cracher mes boyaux. 

Entre repas plus copieux que l’ordinaire, les épidémies de gastro, de grippe où les gens nous crachent dessus, le froid qui peut ralentir voire stopper la digestion, ça en fait des choses à surveiller dans la tête d’une émétophobe. Alors j’essaie de tourner ça en autodérision, parce que beaucoup me diraient « et puis ? qu’est ce que ça peut faire si tu vomis ?! »… ben je refuse de manger  pendant 3-4 jours et je perds vite du poids mais en reprends difficilement, du coup il faut aussi rester vigilante sur le fait que j’ai l’angoisse de me réalimenter, voire de me réhydrater tant que je sens que ce n’est pas rétabli. Sauf que le fait d’avoir l’estomac vide peut provoquer de violentes nausées, par manque de sucre aussi, et ça fait cercle vicieux. J’ai toujours eu peur de m’étouffer seule et c’est la honte de vomir devant quelqu’un, enfin à mes yeux, donc tout mélangé, ça peut vite devenir un jeu de piste sur les heures pour sortir l’estomac vide, prendre un repas qu’on connait pour se sentir rassurée, quitte à toujours manger la même chose pour avoir une sécurité. Ma grand-mère faisait pareil, elle avait aussi cette phobie et c’est l’un de ses héritages. Je l’ai toujours vue manger les mêmes aliments. « Je t’aimais très fort mamie, tu le sais pourtant, mais tu n’étais pas obligée de me léguer ce machin tellement nul ! Même si au fil des années, je pense à toi et me dis que c’était une souffrance pour toi aussi d’être sans arrêt en stress de ce qui passait dans ton bidou hein ».

Etre émétophobe, ce sont des stratagèmes à mettre en place. Avoir un petit sachet sur soi au cas où. Conserver l’attirail pharmaceutique de base, spasfon et vogalène. « Au cas où », comme quand on prend des affaires en trop pour partir en vacances et qu’on dit « je prends ça… au cas où ! »… Sortir rapidement des transports en commun si je sens que ce n’est pas folichon (déjà fait, alors que je me rendais à 3/4 d’heure d’où j’étais), j’ai déjà refusé de prendre certains médicaments parce que je vomis avec la plupart. De toute façon, il suffit que je jette un oeil sur la notice avec les effets indésirables, sans encore avoir avalé quoique se soit, que j’ai déjà la tête dans la cuvette, c’est dire le pouvoir du psychisme.

Je ne sais pas trop si on arrive à se rendre compte que comme toute phobie, il n’y a rien de rationnel dans tout cela, mais que ça génère de sacrées crises d’angoisse. Et que l’hiver est la saison que je déteste le plus juste pour ça. Tous ces microbes, tous ces festins à maltraiter tous ces estomacs. Tous ces aliments pourtant tellement tentants, même si les appareils digestifs ne prennent pas une autre dimension pour qu’il y ait davantage de place durant les fêtes. 

Avez-vous des phobies de ce style, qui vous posent problème dans le quotidien. Je ne parle pas des araignées ou des serpents, mais plutôt tout ce qui est émétophobie, phobie sociale, agoraphobie etc. Tous ces machins inexplicables et inexpliqués parfois qui viennent s’installer entre 2 neurones et qui font perdre l’air en produisant de formidables crises d’angoisse et ce, peu importe l’endroit et n’importe quand. 

J’ai mis intentionnellement des passages d’auto dérision pour me montrer à moi-même la « stupidité » de tout ça, pour essayer de rire d’une souffrance qui pourrait être effacée, mais ce n’est pas si simple et le fait d’en rire, ne remet pas en cause le handicap qu’on peut ressentir quand ça commence à agir sur nos quotidiens. Alors quelque soit la phobie que vous devez gérer chaque jour, je vous souhaite un bon courage et continuez de vous lancer des défis. J’en reparlerai à travers un autre post. 

Sinon, je vous souhaite un bon hiver… Eurk… N’oubliez pas vos gels hydroalcooliques, c’est mieux que rien et tenez une distance de sécurité entre les gens et vous, pour que les postillons ne puissent pas parvenir jusqu’à vous ^^

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Les projets des copinettes

Etats d’esprit du vendredi #21

Entre Vieux-Port et marché de Noël – Décembre 2017

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 12h47

Fatigue : j’ai sommeil tout le temps. Je me couche épuisée et me réveille de la même façon. Récupération 0

Humeur : fluctuante

Estomac : antidouleur (anti vraiment ?…) et soupe de carottes/navet/céleri/crème fraîche que j’ai faite hier soir.

Condition physique : …

Esprit : tristounet à la hauteur du temps de ces 2 derniers jours. Mais octobre et novembre sont passés, c’est déjà ça…

Culture : j’ai commencé « On regrettera plus tard » d’Agnès Ledig. Côté séries, la 2ème saison de Riverdale et j’ai passé un bon moment avec une colo un peu spéciale mais au top, avec le film « Sales gosses ». J’ai passé beaucoup de temps sur pinterest pour voyager un peu à travers l’Inde, le Pérou, l’Afrique du Sud, la Grèce. J’en fais une sorte de tableau d’inspiration avec des photos et des citations qui me parlent. Il sera accroché de façon à ce que je puisse le voir dès le réveil. 

Penser à : ne plus perdre mes 10 doigts (enfin 5 et encore, le froid provoque de sales douleurs dedans) pour des personnes qui s’en foutent et qui, pire, touchent des points très sensibles en retour. Mon énergie et mon temps iront là où je le juge utile (même si je me sens souvent inutile). Le but n’est pas de perdre des doigts en écrivant et en plus d’avoir un coup au moral. Personne n’en vaut la peine. 

Avis perso : si j’écris peu ce que je ressens sur mon blog, c’est parce que je ne me sens pas toujours à ma place dans la blogosphère avec ma négativité, même quand j’essaie d’être positive pour le coup. Je m’interdis de parler sur mon propre espace quand je juge que c’est trop négatif, noir.

Message perso : davantage un ressenti qu’un message encore moins perso du coup mais plus global. Facebook est l’endroit où parfois on est blessées, mais c’est avant tout l’endroit où je suis les copains/ copines d’enfance, de lycée, d’anciens collègues de travail, vous, les amis « réels », où je passe des moments à rire sur un groupe photo. Ca peut être inutile pour d’autres, de mon côté c’est là que je puise le soutien en tout cas.

Amitié : merci d’être là à essayer de me tirer vers le haut ❤ 

Compagne de route : laisse les boules et les guirlandes tranquilles, mais lorgne sur le chocolat et les biscuits. Qu’elle ne reçoit pas évidemment. Mais elle ne lâche pas, elle tente à chaque fois. Persévérante et remplie d’espoir, la minette 

Divers : je n’étais pas une fan comme d’autres de Johnny, mais j’avoue que son départ m’a touchée malgré tout, davantage que j’aurais pu le penser. Il m’a accompagnée avec certaines de ses chansons. Requiem pour un fou, je te promets, vivre pour le meilleur, l’envie, Laura.. Il a eu une sacrée carrière. Et j’aimais bien l’amour qui se dégageait de son couple.

Bon chemin vers les anges, Johnny et Jean d’O.

Courses : faites mercredi

Sortie : demain et après-demain si possible

Zic :  

 “Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.” Jean d’Ormesson
🙏
Fin : 13h18
Le coin lecture

« Les petits soleils de chaque jour », Ondine KHAYAT

Approuvé par ma Happy, elle aime ce livre tout de rose vécu, avec des macarons

Clélie est en retraite, elle a 69 ans et a toujours travaillé dans une boulangerie dont la fille Teresa reprend la succession. Teresa a une fille de 9 ans, Colline, qui est malheureuse parce qu’elle vient d’apprendre le divorce de ses parents, alors que son père n’était pas déjà très présent dans sa vie. Elle ne mange plus, déprime. Clélie décide de l’emmener chez elle pendant les vacances d’été, pour un changement d’air radical. La petite fille va faire de surprenantes découvertes et de magnifiques rencontres qui chacune à sa façon va essayer de lui redonner le goût de vivre. 

* Ce que j’en ai pensé : j’ai passé un très bon moment entre tous ces personnages attachants. On découvre aussi l’hypersensibilité mélangée à une intelligence hors du commun de Colline et les conséquences que ses émotions cassées peuvent avoir dans sa jeune vie. C’est un apprentissage de la vie, un hymne à l’espoir que les nuages noirs d’un jour peuvent s’éclaircir ensuite, si on tombe sur notre chemin, sur des personnes qui nous aide à avancer. Sans pour autant édulcorer la vérité concernant la situation qu’elle vit. Le passé, les expériences, les doutes aussi et les souffrances de ses nouveaux amis plus âgés vont permettre d’en tirer des leçons pour Colline. Parfois on se demande qui aide qui, mais ce roman est peut-être justement fait pour rappeler qu’une relation entre deux êtres, amicale ou autre, est un échange. On donne et on reçoit. Et on apprend durant toute sa vie, de la vie, ce qui ouvre à des remises en questions, des pardons. 

* Le petit moins : le ton du livre est très léger malgré les thèmes abordés et je suis restée sur ma faim dans certains passages qui à mes yeux auraient pu être plus longs et détaillés pour que ça puisse éventuellement nous servir à nous lecteurs (concernant la méditation entre autres). J’aurais aimé passé davantage de temps à les connaître pour voir la complexité des personnages liée à leur vécu. 

* Conclusion : j’ai bien aimé ce livre, au point que les « petits bonheurs » sont devenus désormais les petits soleils quotidiens que je note ou mémorise. « Si on trouve ne serait-ce qu’un soleil, on pourra dire qu’on a passé une bonne journée » mais parfois il faut les provoquer aussi. Et Colline s’y emploie pour retrouver le goût de vivre et trouver un sens à sa nouvelle vie.

Vous l’avez lu ? Vous arrivés à trouver au moins un petit soleil quotidien ? Je vous souhaite d’en trouver un, pour éclairer votre route. 

Mes petits et grands bonheurs

Le mystère de l’instant présent peut-être résolu

Un de mes instants présents capturé début novembre. Plage du Prado, Marseille, Nov. 2017

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec cette notion, parce que je suis plutôt énormément dans le passé et un petit peu dans le futur avec des difficultés à me projeter. Les seuls avec lesquels j’arrive sans doute le mieux à me persuader qu’il faut profiter de chaque moment, ce sont mes parents. Plus ils vieillissent, plus cette notion s’imprime à leur égard. Mais je m’employais avant à le faire à tous les niveaux déjà, parce que je sais aussi que c’est la clé pour savourer les bons moments du quotidien que je vole pour me permettre de voir le positif dans le négatif. Tout en n’ayant pas l’impression de le faire suffisamment pourtant. Je l’ai du moins compris ce soir-là, du moins d’octobre. 

J’étais allongée à cause des douleurs. Depuis mon lit, j’ai vue sur un bout du soleil qui se couche. Le ciel était rouge et les couleurs reflétaient dans mes vitres. Il suffisait que je me lève pour aller le voir sur mon balcon, sauf que j’étais mal en point. Au point où me déshabiller juste pour aller aux toilettes représente déjà un effort qui me donne la sensation que toutes mes articulations vont me lâcher en même temps et que mes muscles, mes tendons et mes ligaments vont s’arracher. Bref je me suis dit que le lendemain, le soleil se coucherait tout autant et que j’en profiterais à ce moment là. Et c’est là que j’ai pensé que bien sûr il se coucherait de nouveau, mais peut-être pas dans ce rouge vif s’il faisait moins beau. Et puis les nuages ne seraient pas placés de la même façon non plus. Et puis tous les couchers de soleil sont uniques, celui-là était magnifique encore un peu plus. Et j’ai eu un temps d’angoisse. J’allais le rater pour ne jamais le revoir, c’était nul… Le temps que je me relève et décrasse mes vieux os, le rouge avait un peu disparu, mais je suis restée là un moment avec mon appareil photo, à kidnapper cet instant présent justement, parce qu’il ne se renouvellerait pas et à essayer de faire en sorte que mes yeux mémorisent chaque détail. C’est ce soir-là que j’ai réalisé ce que signifiait réellement l’instant présent. Etre là, sans penser ni à demain, ni à hier. Quelques minutes éphémères où le temps semble s’arrêter.

Depuis, j’ai essayé de consolider cette sensation pour bien m’en imprégner parce que je sais qu’au stade où j’en suis, chaque détail de la vie compte pour que j’arrive à m’y accrocher (la dépression s’est de nouveau installée plus longuement et les idées noires aussi, c’était d’autant plus dur sûrement, en plus des douleurs, de me faire entendre cette notion de carpe diem maintenant). Puis à chaque sortie faite, même si elles n’ont pas été nombreuses, j’ai été attentive à tout ce qui avait autour de moi, en ayant en tête que si je revenais le lendemain, ce ne serait déjà plus pareil. La nature est le meilleur moyen de s’apercevoir de tout ça finalement. Les feuilles qui étaient là hier ne sont plus sur les arbres aujourd’hui. Certaines couleurs présentes quand il y a des nuages disparaissent quand le soleil est là et inversement et donc c’est important de voir les modifications. C’est devenu une obsession de me dire « est-ce que j’ai assez profité de ce que voyaient mes yeux et ce qu’enregistrait mon cerveau ? » J’ai été capable de m’angoisser pour certaines choses, en me voyant mal physiquement, en ayant la notion que chaque moment passait et qu’en même temps mon cerveau était lui-même un peu à la dérive et ça faisait un mélange douteux… C’est passé rapidement, mais la notion d’instant présent est davantage ancrée, même si parfois mon ras le bol de tout, la diminue, mais au lieu de m’angoisser de ne pas arriver à saisir ce temps là, j’accepte que souvent ces derniers temps, je suis à côté de la plaque pour tout et pour tout le monde et que je suis comme beaucoup, je fais de mon mieux. Et que j’ai un peu de mal à me relever, il faut bien le dire… c’était d’autant plus étrange que je comprenne mieux ce qu’on entendait par instant présent, comme si j’avais tenté de le faire en toute conscience et que finalement c’était mon subconscient qui m’avait permis d’y arriver quelque part, parce que rien n’est jamais acquis. Dans quelques jours, j’aurai perdu cette notion de nouveau et peut-être qu’en fait les angoisses ressenties étaient celles-çi. Ne plus parvenir à comprendre ce machin de carpe diem à la noix. Tout ça en faisant une overdose de pensées positives, en parallèle en plus. Mais ça j’essaierai de l’expliquer une fois, parce que je n’arrive pas à poser de mots réels sur cette overdose que je recherche pourtant (j’ai déjà dit que j’étais bizarre et paradoxale ??)

Je partage avec vous des instants présents que j’ai vécus pleinement si on ne compte pas les couchers de soleil. Les feuilles et leurs couleur ou leurs absences du jour au lendemain. La mer déchaînée un jour à cause du mistral et tellement éteinte des jours après par l’absence de vent. Happy qui me fait rire avec sa façon d’être. Profiter d’une émission télé ou d’un film pour juste me concentrer sur ça sans laisser divaguer mon esprit un peu partout. Regarder les nuages en se disant qu’en 39 ans que je vis, ils n’ont jamais eu une seule fois la même forme, la même couleur et la même composition entre eux et que c’est incroyable quand on y pense. Surveiller chaque étoile quitte à me geler sur mon balcon. Allumer la couverture qu’il y a dans mon lit avant de me coucher le soir, pour qu’elle le réchauffe pendant que je prends l’air une dernière fois et que je cours me blottir dans les draps tout de suite après. Essayer de capter le moindre regard dans la rue qui me permette de me raccrocher. Voir cet homme que j’ai tellement l’habitude de voir par terre, les yeux s’ouvrir en grand parce que je lui ai rapporté un sandwich et une bière. Voir ses compagnons de route sagement assis contre lui, se lever pour me faire des câlins (j’ai horreur quand un chien me lèche, mais ça faisait partie de l’instant présent… eurk…) comme s’ils comprenaient que leur papa était content. Voir et écouter cette guitariste mettre du soleil encore davantage sur le Vieux-Port, avec son talent qui fait du bien aux oreilles et être présente juste au moment où un vieux monsieur qui fait de la peinture avec ses doigts tremblants et un genre de raclette et qui a l’habitude d’être là, vienne lui apporter une de ses magnifiques peintures avec un grand sourire.

Rien que pour ça d’ailleurs, ce matin, j’étais contente de m’être fait violence autant physiquement que moralement pour aller voir le marché de Noël. Que je n’ai pas vu parce que j’étais fatiguée d’être restée un peu trop debout à écouter et regarder et que je préférais rentrer avant qu’on me ramasse à la petite cuillère. Alors je me suis dit que demain je reviendrais, avec mon appareil photo pour kidnapper ces instants de vie uniques. Tellement uniques que demain, la même scène ne sera sans doute plus la même parce que l’un sera absent. Ou les deux. Le marché, lui, vu qu’il est là depuis des lustres, ne risque pas de s’échapper pour l’instant, sauf si un incendie venait à détruire les cabanes qui l’abritent… et voilà… j’aurais dû aller le voir quand même… (vous comprenez mieux pourquoi je me crée parfois des angoisses ??… bon c’est exagéré, mais je suis sûre que vous avez compris), mais il y aura d’autres choses qui capteront sans doute mon esprit pour pouvoir en parler de nouveau. Justement parce que c’était l’instant présent. Qui ne se reproduira plus et dont il fallait que je profite au maximum de ce que j’étais capable de faire à ce moment là. 

J’ai toujours profité de chaque moment que mon corps me permettait de vivre mais ces derniers temps c’est plus compliqué parce que je ne respire pas la forme, du coup c’est un peu comme si tout était amplifié quand je me retrouve dans des endroits que j’aime. Me retrouver face à moi-même pour faire le ménage complet en moi, être plus tolérante avec ce corps qui me fait mal, avec mes neurones qui créent des court-circuits au point de ne plus savoir où mon cerveau en est. 

« Et je cours, je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent… »

Je vous laisse avec cette jeune femme qui était sur le Vieux-Port, en espérant la recroiser, même si j’ai savouré chaque note comme si c’était justement la dernière fois que je la voyais.

Les projets des copinettes

Instantanés Singuliers – Ni vu ni connu / Courbes

Vous voyez la courbe en mode « je creuse à la façon d’une taupe et fais mes sous-terrains au chaud sous la couette, mais mon embonpoint laisse des empreintes dans le tissu ». Et elle regarde si par hasard je ne serais pas en train de boulotter ses yaourts préférés sans l’avoir prévenue. Alors elle guette, presque ni vue ni connue 🙂

Marie a décidé de reprendre ses RV mensuels des Instantanés Singuliers qui consistent à mettre une photo en lien avec un/des thème(s) donné(s). Pour en savoir davantage et/ou participer, vous pouvez cliquer par ICI et ça vous conduira directement sur le post concerné. Les thèmes pour le mois de Novembre étaient : 

  • Ni vu ni connu,
  • Courbes

Un soir en la voyant naviguer, j’ai su que j’allais pouvoir faire du 2 en 1 avec ma gloutonne de croquettes, amatrice de câlins qui squattait à ce moment là, le dessous de ma couette qui formait donc une sorte de courbe généreuse (c’est le gras du ventre qui donne cette illusion et son gros cul mais chut, elle déambule toujours comme si elle était svelte et longiligne, je ne veux pas lui casser ce mythe et tous ses idéaux, je serais nulle voyons !

Sauf qu’elle est aussi curieuse, j’ai vu ses oreilles et un bout de sa frimousse. Ca l’a perdue, puisqu’elle me permettait de suivre également le thème « ni vu ni connu ». Et voilà comme en une photo, à 1 m de moi, tranquillement chez moi, je propose ma participation. Je n’aurai pas braver le froid pour être originale dans ma photo, pas été chercher bien loin non plus, mais parfois on a tout devant les yeux, si on veut bien le voir.

Les projets des copinettes

Etats d’esprit du vendredi #19

Anse de Malmousque, Marseille, Novembre 2017

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 23h42

Fatigue : ça peut aller, j’ai connu pire quand même.

Humeur : elle serait bonne si j’avais été mieux physiquement, je suis sûre. 

Estomac : des frites faites maison cuites au four. Mon péché mignon. Et du chocolat au lait Milka. Mon 2nd péché mignon (c’est pour le magnésium et combattre la déprime automnale :p )

Condition physique : les fameuses douleurs articulaires ont diminué, même si je ne sais pas ce qu’il y a. Me voilà en plus sans médecin généraliste. Je suis tombée nez à nez avec un panneau « cabinet fermé ». Va falloir refaire confiance à quelqu’un d’autre de nouveau… Pas en très bon état. Je ne passerais pas au contrôle technique.

Esprit : pas rose, au point que mardi, j’ai manqué être hospitalisée pour être sous surveillance… C’est pour ça aussi que j’essaie de faire quelque chose de mon corps, dans l’espoir que ça me sauve le moral… mais je force, j’ai mal, je déprime enserrant les dents etc etc… du coup je suis ressortie mais j’ai dit que si je ne gérais plus, j’irais aux urgences psy. 

Culture : un manuscrit qui me touche tellement… j’ai avalé une bonne partie ❤ En parallèle, je lis « Les petits soleils de chaque jour » de Ondine Khayat. J’ai regardé pas mal d’humoristes un soir où ça n’allait vraiment pas, ils ont pu me faire rire, ce n’était pas gagné. Un petit faible pour Vérino et Antonia de Rendinger. Côté musique, une artiste asmr parlait de ses goûts musicaux et évoquait Lynda Lemay que j’ai eu envie de redécouvrir. Des années que je ne l’avais pas écoutée. Son nouvel album est un bijou. 

Penser à : changer de place les vêtements d’hiver pour ne pas faire des acrobaties quand j’ai besoin d’un pull, mais j’ai une flemme atroce de tout déménager… 

Avis perso : la justice et les psychologues qui travaillent avec elle devraient revoir leurs cours… consentement et 13 ans.. vraiment ??? je dois aller vomir mais reviens, ça me sidère…

Message perso : 1/ plus j’avance, plus je me demande ce que je vais pouvoir dire à part que c’est fantastique ❤  2/ je cherche de douces mains remplies d’énergie pour me faire un soin Reiki. Le fait d’en avoir parlé m’a fait rappeler à quel point j’avais trouvé un peu de sérénité. Comme on disait, si seulement tu étais plus près, vraiment, je te fournirais mon corps et mon esprit avec tellement de confiance ❤ 

Amitié : demain et après-demain si je peux

Compagne de route : plus présente qu’elle il n’y a pas, je l’aime à un point ma Happy, elle me rappelle qu’elle a besoin de moi…

Divers : j’ai débarrassé mes jardinières, il ne reste plus que mon avocatier, je vais voir si je peux créer un mini potager pour l’an prochain. J’ai presque fini les idées de cadeaux pour mes proches, pour Noël, je n’arrive pas à y croire, ça relève du miracle ! ^^ 

Courses : je vais devoir m’arrêter demain pour des bricoles, mais les plus grosses courses, ce sera pour lundi.

Sortie : demain pour un moment shopping si tout va bien et dimanche, pareil voir ce qui est faisable.

Zic :  

Lynda Lemay, avec cette chanson qui me touche beaucoup ❤ 

Fin : 00h06

Les projets des copinettes

Etats d’esprit du vendredi #18

Une de mes dernières balades, la semaine dernière, au jardin du 26ème centenaire, avec ses couleurs automnales et ses tortues entre autres

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 23h25

Fatigue : j’ai mis du temps à me mettre à l’heure d’hiver. 

Humeur : triste et sombre… Je vois mon corps se détériorer et ne sais plus quoi en faire. 

Estomac : une quiche foirée parce que je n’avais pas assez lié, avec poireaux, carottes et fromage râpé. Mais c’était bon malgré tout. 

Condition physique : les douleurs articulaires me rendent dingue. Chaque mouvement est un calvaire depuis plusieurs jours. On va dire que c’est le temps… Je suis fatiguée d’expliquer ce que je ressens quand moi-même, je ne sais plus où j’en suis. Pleurer parce que je me retourne juste dans mon lit n’est pas mon ambition sur du long terme… 

Esprit : j’essaie d’en prendre soin pour qu’il ne me claque pas entre les doigts lui aussi…

Culture : j’ai commencé « On regrettera plus tard » d’Agnès Ledig. Ce sera le 3ème livre que je lis d’elle. Côté films, « Louise Wimmer« , « Si j’étais un homme », « Maud » et j’aime bien la série « Nina« . J’ai découvert des dessinateurs qui font des trompe l’oeil en 3D, qui donnent envie mais côté perspectives, ce n’est pas au point. Déjà un cube, c’est de l’art pour la non-dessinatrice que je suis, alors…

Penser à : préparer mon balcon pour l’hiver, nettoyer les jardinières de leurs fleurs décédées. Il faut que je fasse ça un jour où j’arrive à tenir quelque chose dans mes mains un peu mieux… Des astuces fibro ou autres douleurs avec le froid à partager, ça vous dirait ? 

Avis perso : le mois de novembre ne devrait pas exister, il ne sert à rien juste à déprimer. Comment on peut aimer un mois dont le 1er jour est la Toussaint ?…

Message perso : 1/ merci pour vos retours sur mon dernier post. J’ai été très touchée et je me suis sentie moins seule face à mon « déballage »… 2/ je crois en toi et en ton manuscrit ❤

Amitié : par messages toujours tellement présentes ❤ 

Compagne de route : toujours présente même en ne la supportant pas toujours sur mes jambes parce que ça me fait mal. Elle comprend beaucoup de choses et j’aime sa patte toucher mon visage le matin pour me dire « ça va, tu es réveillée ou ça ne va pas ?? »

Divers : je ne sais pas où je vais, mais je fonce dedans comme si un mur m’attendait. Parfois je n’ai plus envie de faire semblant d’aller bien juste pour ne pas faire fuir. C’est très lourd comme sensation, je ne sais pas bien si on peut s’en rendre compte…

Courses : hier… 

Sortie : aucune idée, un jour je filmerai à quel point juste s’habiller peut être délicat…

Zic :  

  Je suis tombée sur cette nouvelle chanson de J. Clerc à la radio et depuis, elle est dans ma tête à tourner.
Fin : 23h56
Des combats qui me touchent

Cette salissure du fond des tripes

Ce sera le plus dur post que j’aurai écrit sur mon blog. Tout remonte à la surface avec « l’actualité sexuelle » si dégradante du moment et j’étouffe à travers mes propres souvenirs.

En 2001, je suis tombée sur le premier qui a pris mon corps pour un objet sexuel. J’étais dans l’anorexie depuis 4 ans mais je m’accrochais à mon bts que j’avais dû interrompre l’année précédente. Je pesais 40kgs, il pleuviotait, ne faisait pas bien chaud, portais un jeans, un col roulé et une polaire. En Novembre en Franche-Comté, dans un bois derrière chez mes parents où j’allais éliminer le peu de graisse que je possédais encore. Il y a un parcours de santé où des gens courent, font des exercices. Je marchais les écouteurs sur les oreilles comme à mon habitude. Les passages incessants d’un des coureurs auraient pu me faire peur, mais ce n’était pas encore l’époque où je prenais peur pour le moindre mouvement suspect même si ses regards insistants pouvaient me gêner. Puis je l’ai vu à l’un des exercices, voyais juste qu’il me parlait et en personne polie (ou conne ou naïve, je laisse le choix), je me suis dit qu’il avait peut-être besoin de l’heure ou d’aide. Au moment où j’ai vu qu’il baissait son pantalon pour se masturber, c’était déjà trop tard, il avait eu le temps de venir vers moi en me demandant de l’aider dans son activité sportive du dimanche…. les menaces verbales si je ne le touchais pas, son sexe dur contre mon bras, ma main dans la manche de ma polaire pour ne surtout pas entrer en contact avec lui d’une quelconque façon. Son impatience parce que je ne voulais pas, son regard tellement noir quand il me tirait un peu plus près de lui et surtout le fait que je n’arrive pas à me dégager de lui. Il y a eu ce moment où il m’a lâchée un peu et où j’ai eu le réflexe de reculer, sauf qu’un arbre et une de ses racines m’a fait trébucher, je me suis retrouvée dans la terre mouillée au milieu des feuilles de l’automne et lui sur moi pour finir son job. Son sexe dur contre mes parties intimes à travers mon jean, cette violence verbale et ses gestes qui me laissaient par terre sans pouvoir me dégager de son corps bien trop lourd pour moi, m’ont fait crier, la peur étant qu’il aille encore plus loin. Et il a eu ce qu’il a voulu, a éjaculé et lâché mon corps. Je suis rentrée en traversant tout le bois en diagonal, en pleurs, c’est mon père qui a pris l’initiative pour moi de m’emmener à la police pour un dépôt de plainte (si je m’étais trouvée seule à ce moment là, je n’aurais même rien dit). Je me revois dans ce bureau, avec ces 2 types qui posaient des questions, ils m’ont même ramenée sur les lieux parce que j’avais parlé d’éjaculation et voulaient voir si des prélèvements pouvaient être faits sur le sol. J’entends encore un des policiers dire « il faut la conduire aux urgences, elle est en état de choc » et moi qui ai répondu que je voulais qu’on termine juste ça très vite. Et puis il y a eu l’air gêné de l’un d’eux « on est obligés de demander comment vous étiez habillée parce que certaines femmes provoquent ce genre de choses »… et là ils m’ont perdue. Je m’étais changée parce que j’étais trempée et pleine de terre, mais la tenue était équivalente. Non je n’avais pas cherché à provoquer puisque c’était l’insinuation, parce que j’étais plutôt du style à me faire toute petite avec mon corps d’anorexique. Non je n’étais pas consentante. J’avais en plus dit non. On ne peut pas chercher à se dégager (me débattre étant un peu immense comme mot vu ma force du moment et mes gestes dans le vide) de l’emprise de quelqu’un tout en étant consentante, à moins d’être sado maso, ce que je suis loin d’être. On ne pouvait même pas me reprocher de ne pas avoir sorti ce foutu « non ». 16 ans après on se justifie encore sur les tenues qu’on porte de toute façon.

Ils m’ont montré des fichiers de types pour voir s’il était fiché. A chaque page que je tournais, j’avais peur de tomber sur ce regard qui m’avait tant marquée, moi qui suis attentive aux yeux en général. Je savais que je le reconnaîtrais grâce à ça d’ailleurs. J’avais eu le temps de voir sa sale gueule quand il était allongé sur moi pendant que j’étais en train de chercher à foutre le camp. Ces mêmes yeux qui m’ont poursuivie pendant des mois. J’ai eu le coup de grâce venant d’une personne qui était plus que proche de moi qui avait sûrement voulu dédramatiser cette salissure là, en disant en riant, en plein milieu du repas qu’en gros, leur fille plaisait aux hommes… A ce moment précis, j’ai su que je ne dirais plus rien sur ce que je ressentais, sur mes pensées qui allaient à ce corps que j’avais tant de mal à faire vivre déjà. A ce bout de viande que j’essayais d’éliminer depuis 4 ans. L’inverse de ce que je pensais, à savoir que je chuterais encore davantage dans l’anorexie est arrivé, je suis tombée dans la boulimie non vomitive. Je mangeais pour oublier et ce, jusqu’à ce que j’aie son visage qui s’efface un peu de ma mémoire, mais il revenait tout aussi vite, alors je ne m’arrêtais plus de me goinfrer. Je pleurais tout en me bourrant. La nourriture jusqu’en haut de la gorge parce qu’il n y avait plus de place. J’étouffais sous la nourriture, sous mon corps qui a repris 7kgs en 1 mois, dans ma tête qui envoyait des signaux de culpabilité. Au même moment, j’ai reçu un courrier du tribunal pour « donner suite à ma plainte » J’ai lu qu’un service d’aide aux victimes pouvait m’accueillir si je souhaitais en parler. Le courrier est parti à la poubelle, c’était trop tard, je ne voulais pas en parler non, pas pour me faire comprendre que je l’avais sûrement provoqué par une façon d’être et qu’en plus de ça, je plaisais aux hommes. Le chapitre s’est clos là. J’étais sans doute une petite nature qui se plaignait alors qu’elle aurait pu connaître pire. Il aurait pu me pénétrer, alors ce n’était rien tout ça. Et pourtant je me sentais encore plus détruite que ce que j’avais été capable de faire avec l’anorexie…

En 2006, j’ai été hospitalisée pour anorexie. J’étais arrivée dans un sale état 2 mois auparavant, mais je remontais et recommençais à manger et à surtout être moi-même. Et puis un jour, quelque chose a basculé. Dans ce genre d’endroits, c’est humain de créer des liens avec des personnes pour aider à faire passer ces caps pas forcément faciles, dans un lieu où les murs puent la souffrance mentale à tour de bras. On a aussi tou(te)s des gros bas que les autres patient(e)s essaient de faire oublier en rigolant de tout ou en écoutant la personne ou en comprenant pour passer par des choses identiques. Tour à tour confidente pour les un(e)s et oreille pour les autres, c’est un peu comme ça que se sont passées mes hospitalisations. Et il y a eu cet homme qui s’est insidieusement rapproché de moi, mais dont la présence ne me dérangeait pas. Du moins, pas encore. Et tant que j’étais lucide et consciente de ce que je faisais, c’est à dire dans la journée, parce que le soir, tout devient vite flou… Quand on est sous neuroleptique qui endort les neurones, le somnifère, les anxiolytiques, les antidépresseurs, le flou intervient vite. Un soir, j’ai vu sa tête apparaître dans l’encadrement de la porte, il me demandait s’il pouvait entrer pour parler avec moi. J’ai répondu que oui, surtout que j’étais avec une mamie dans la chambre, je ne risquais pas grand chose, j’avais juste oublié qu’elle était encore plus shootée que moi… quelques soirs se sont passés comme ça, on parlait tout simplement, il se confiait. Et puis un soir a été différent. Moi dans mon brouillard de la camisole chimique, lui bizarrement très éveillé. Son sexe sorti de son pantalon, sa main derrière ma tête pour me conduire là où il voulait m’emmener… il y a encore eu quelques soirs similaires, toujours dans mon brouillard, comme une marionnette à être là sans être là. Comme si les médicaments me faisaient sortir de l’état de conscience. Je faisais pitié avec mon pyjama et mes couvertures remontées jusqu’au cou à essayer de voir si la mamie ne voyait pas qu’il se passait quelque chose de bizarre et si elle ne pouvait pas appuyer sur cette foutue sonnette. Et un jour, la frontière a été dépassée encore davantage, il a tout massacré au passage, mes entrailles se sont déchirées comme s’il s’était insinué peu à peu dans cette chambre un peu plus chaque soir, sans que je réalise que tout dégénérait au moment où mon traitement faisait effet et que je n’étais plus digne de mon corps, comme si le respect envers lui n’existait plus. Les neurones s’éteignaient en même temps que mes cuisses essayaient de se refermer, comme dans une tentative de sortir du brouillard pour être protégée. La peur était venue s’installer entretemps évidemment, d’où le fait que je n’ai pas dit stop dès la 1ère fois où c’est arrivé, je suppose… Parce que je m’en veux et la culpabilité ne s’est jamais effacée. Je l’avais laissé entrer. Un peu comme un loup dans une bergerie et j’avais raté des épisodes entre le 1er soir et les 5-6 qui ont suivis. Je n’étais plus moi et lui faisait ressortir son côté prédateur et le camouflait très bien dans la journée, du coup c’est comme s’il y avait un décalage. J’en suis même arrivée à penser que je rêvais ou perdais vraiment conscience de tout une fois que j’avais pris mon traitement. C’est dire où mon esprit s’est envolé… Peut-être que j’étais consentante qui sait ?? mais c’était étrange parce que je me sentais plus mal au fil des jours et j’avais des sortes de crises d’angoisse en le voyant apparaître qui supposaient qu’on me fasse des injections de calmant pour arriver à me shooter une fois de plus… j’avais à peine digéré l’injection de l’après-midi que mon traitement du soir revenait et celui du coucher qui m’était fatal, parce qu’il me clouait et me laissait juste des bouts de ce qui se passait. Et sa tête dans l’encadrement de la porte. Le même schéma jusqu’au jour où une patiente s’est rendu compte qu’il y avait un souci inhabituel chez moi et j’ai fini par dire des bribes. Elle m’a répondu qu’il abusait de moi, qu’il fallait que j’en parle sinon il continuerait. Je lui ai parlé du décalage qu’il y avait entre mes moments de brouillards et ceux du jour et que c’était de ma faute si ça se passait de cette façon. Il aurait suffi de lui dire stop ou non (ce que je faisais comme je pouvais). J’étais faible, nulle et une merde, il ne fallait rien dire, j’étais coupable de tout ça. Le lendemain, j’ai été convoquée par le directeur de l’établissement. Cette patiente et un autre patient qui me connaissaient assez bien pour savoir que je n’étais pas cette pute qui donnait son corps à n’importe qui comme je le pensais moi-même pour le coup, avaient été lui parler. Il a parlé d’abus de faiblesse. De viol. Il m’a dit que je pouvais porter plainte contre lui. Je n’ai pas voulu, déjà parce qu’il avait une femme et des filles. Le patient s’est chargé de l’humilier et lui faire cracher le morceau, ça me suffisait, le reste n’aurait rien changé… Et surtout je me rappelais de ce qui s’était passé 5 ans auparavant… comme si ça n’avait pas pu me servir de leçon, j’étais décidemment juste une merde bien fragile. Je restais de longs moments sous l’eau bouillante comme pour me laver indéfiniment et surtout je ne mangeais de nouveau plus pour me sentir purifier même de l’intérieur. Il a fallu me perfuser pour me remettre debout, me réalimenter avec leurs boîtes à calories comme j’appelais les compléments. Je suis restée 1 mois supplémentaire hospitalisée… Fin du 2ème chapitre…  Enfin presque, parce qu’à chaque fois que je suis hospitalisée, je signale qu’il faut refermer à clé, la porte, derrière soi maintenant, sauf qu’autant un service psy peut le comprendre parce que les portes se ferment plus facilement, autant un autre service, je n’ose pas en parler et j’arrive dans des états d’angoisse impossibles à gérer pour moi. Je me souviens même d’un infirmier aux urgences psys qui essayait de me convaincre de rester la nuit dans leur service pour être protégée le temps qu’on trouve une solution, qui me disait que ça pourrait être sa collègue femme qui s’occuperait de moi si je préférais, parce que je m’évertuais à expliquer que je ne resterais pas entre leurs murs. Dans leurs services, il est inscrit qu’il y a eu un abus et que ça peut être une source d’angoisse supplémentaire pour moi et qu’il faut refermer la porte derrière soi pour me permettre d’être shootée tranquillement en gros, en cas de besoin, il vaut mieux m’enfermer à l’intérieur de la chambre, pour que je puisse perdre tout contrôle sans être aux aguets. Dit comme ça, c’est spécial… je fais soigner mon âme dans des endroits qui me l’ont aussi volée… c’est pour ça que parfois, je dis que le monde psychiatrique m’a autant sauvée que détruite.

Environ 3 mois après ce 2ème chapitre, je rencontrais S. Avec une méfiance digne d’un sarcophage blindé… Mais sa patience et ses mots ont permis d’avancer. Pendant 4 mois on a partagé notre lit, il savait ce qui était arrivé, grâce à lui j’ai pu me réapproprier mon corps un petit peu au moins, même si tout se bloquait en moi. Quand je lui disais non, c’était non et ça m’a sans doute sauvée de tomber sur lui. La vie a fait qu’on s’entendait bien mieux en étant juste amis alors après 4 mois, on était toujours bien là tous les deux, mais bien loin du sexe parce que ce n’était pas nous et ce que représentait notre relation. Pendant 9 ans, il a été mon meilleur ami, voire le grand frère que je n’avais pas eu. Celui qui ne salirait jamais la ptite Delph que j’étais devenue à ses yeux. Cette petite nénette qui essayait de recommencer à vivre doucement.

Certains rares hommes ont obtenu ma confiance, mais au final, je me rends compte qu’il y a une sacrée cassure en moi et je ne me suis jamais perçue comme victime. Déjà j’ai minimisé tout ça, mais en plus, je me suis toujours sentie coupable de ne pas avoir su assez dire non. Je n’ai pas forcément réalisé qu’un seul non aurait dû suffire pour arrêter… Peut-être que j’ai attiré tout ça. Sûrement, même. J’étais peut-être consentante tout en ayant ma conscience à côté de la plaque qui sait ou pas en état de dire non clairement, mais alors dans ce cas là, je n’aurais pas dû le laisser entrer dans cette chambre double. Puisque pour le 1er, je n’étais sous l’emprise d’aucun médicament qui aurait pu tromper ma vigilance, c’est que quelque chose en moi provoquait. Quoi je n’en sais rien, mais la société et la justice n’aident pas à ne pas se poser des questions de ce genre au moment où ça arrive et encore des années après, dès que certaines choses font remonter les souvenirs dans un immense fracas comme c’est le cas en ce moment pour moi. Les coupables, ils leur arrivent des bricoles tôt ou tard. J’aurais dû me fracasser la tête contre cet arbre qui m’a fait tomber la première fois et mon coeur affaibli par l’anorexie aurait dû lâcher pendant que le deuxième arrachait mon bas ventre et le peu de tripes que je possédais pour ne pas être fichue d’au moins dire que quelque chose clochait avec ce patient qui profitait de mon traitement pour finalement avoir eu un jour ce qu’il souhaitait sans doute depuis le début. Je méritais ça puisque j’étais coupable… 

Je n’oublierai rien, j’essaie juste de vivre avec ces salissures là qui parfois me reviennent en pleine figure dans des moments de vulnérabilité ou à force d’entendre des femmes passer aux aveux, je me dis que chaque histoire est importante pour rappeler que Non, c’est non. Que tant que je n’ai pas dit oui, je ne donne pas le droit d’accéder à mon corps d’une façon ou d’une autre. Que ma sensibilité et ma douceur ne sont pas synonymes de naïve et encore moins de nana facile qui ne dira rien, parce que finalement c’est ça le risque encore. Que les corps ne sont pas des objets sexuels. Qu’on peut être habillée de la tête aux pieds comme si on partait au Pôle Nord et tomber sur un connard. Qu’il faut arrêter avec les phrases du style « tu portais une mini jupe, ne te plains pas », ça ne veut rien dire, à part passer pour le même connard qui salit. C’était mon histoire de porcs. Qui n’inclut évidemment pas les corps baladeurs du métro ou du bus, les rapprochements douteux dans les mêmes endroits, sinon il y en aurait pour 1h à encore écrire sauf que maintenant, mon corps dégage plus vite que son ombre dès qu’il sent une menace de toutes sortes, autant que c’est possible de le faire. Il a tendance à se casser même devant des hommes qui ne me feraient pas de mal, c’est le souci par contre… mais il vaut mieux être prudente… Je crois que j’ai besoin d’aide pour me réparer encore… Mais je croyais être réparée…

Les projets des copinettes

Etats d’esprit du vendredi #17

Le Vieux-Port, son ombrière, sa bouche de métro et … ses bulles (j’ai déjà dit que j’étais dingue des bulles ?)

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 23h58 (on est encore vendredi pour le moment…)

Fatigue : cette fatigue qui laisse en carpette et lessive de fond en comble comme si elle faisait le ménage de printemps

Humeur : fluctuante, comme très souvent

Estomac : une soirée apéro avec mes parents et mon adorable voisine

Condition physique : douleurs au maximum de ce qui m’est supportable…

Esprit : j’essaie de l’alléger…

Culture : je lis (et dois le rendre à la bibliothèque demain…) « la vie devant soi » toujours. Je me suis attachée à Momo et Mme Rosa. Côté séries, j’ai avalé la saison 1 de « The Sinner »et « Liar » (même si elle était hard pour moi). Je me suis mise au Seigneur des Anneaux (quelqu’un m’en parlait beaucoup par sms et il m’a convaincue… je suis faible.. ou j’essaie de comprendre ce qu’il aime ^^)

Penser à : faire en sorte que mes parents ne repartent pas avec juste de mauvaises images de Marseille 😦 et à encastrer les voisins. 

Avis perso : je devrais parfois (souvent ?) être moins conne parce que les gens en profitent. Je fais une pause actualités sinon je n’aurai plus de cheveux sur le caillou. Je rêverais aussi de me téléporter en un claquement de doigts entre ma région de coeur et celle d’adoption

Message perso : je ne suis pas très présente mais pense à vous malgré tout

Amitié : par messages toujours tellement présentes ❤ 

J. : rencontré dimanche dernier avec ses 2 filles, un moment que j’ai beaucoup apprécié

Compagne de route : sa tatie Chantal va venir lui faire des câlins pendant mon absence et ça me rassure

Divers : j’évite tous les réseaux sociaux de Soprano (le concert m’est passé sous le nez finalement), je ressemblais à une enfant à qui on avait promis un morceau de chocolat et qu’on lui aurait repris des mains. 

Courses : lundi par le net pour que mes parents ne soient pas obligés de porter trop lourd

Sortie : demain aux alentours du Vieux-Port pour aller manger dans notre resto chouchou quand mes parents viennent, c’est la tradition d’y aller une fois ❤ 

Zic :  

J’écoute beaucoup Queen ces derniers jours. Le groupe dont je ne me lasserai jamais.
  
Fin : 00h29 (mince on n’est plus vendredi… oui je suis perspicace à mes heures perdues ^^)
Les projets des copinettes

Le Questionnaire de Bernard Pivot

Palais de justice de Marseille – Octobre 2017 Le lieu est immense et très beau mais j’aurais fait une piètre avocate ^^

J’ai vu ce questionnaire chez pas mal de copinettes alors je m’y mets aussi.

Votre mot préféré ? Aimer (et tous ces dérivatifs. Amour. Amitié, parce que comme dirait une amie qui a raison, l’amitié est une forme d’amour).

Le mot que vous détestez ? Moi… surtout quand il est suivi de « Je » et qu’on le trouve à tout coin de phrases.

Votre drogue favorite ? Les biscuits au chocolat style Pépito

Le son, le bruit que vous aimez ? Tous les sons en lien avec la nature (oiseaux, mer, vagues, vent dans les arbres, cigales etc…)

Le son, le bruit que vous détestez ? les bruits agressifs tels que les klaxons, les travaux qui n’en finissent plus, les cris trop forts des gens, les bruits trop secs tels que pétards et compagnie.

Votre juron, gros mot ou blasphème favori ? Putain. Putain de merde quand c’est vraiment la merde… et putain de bordel de merde, quand c’est archi vraiment la merde 🙂 

Un homme ou une femme pour illustrer un nouveau billet de banque ? un homme si déjà, style calendrier des rugbymen, ça ne serait pas mal, on ferait des économies parce qu’on voudrait conserver les billets ^^ 

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ? Avocate. J’en aurais été malade de défendre d’éventuels meurtriers et pour défendre les victimes, ce serait le même problème, mais de ne pas obtenir gain de cause et que la justice ne soit pas à la hauteur de ce que j’aurais souhaité pour les clients. Dentiste aussi, hors de question que je fouine dans la bouche de quelqu’un !

La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ? Un chat évidemment. Ma Happy qui roupille à longueur de temps, qui me colle pour avoir des câlins, elle mange, dort, que demander de plus 🙂 

Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire? Je suis désolé que tu aies cessé de croire en moi, j’espère que maintenant que tu es au paradis, tu seras en paix à la hauteur de ce que tu attendais de moi sur Terre.