Etats d’esprit du vendredi #39

Je n’ai pas pu aller à la chasse aux bonbons avec une amie et ses filles comme chaque année, mais je voulais quand même décorer un peu. Ca sent la soupe de potiron d’ici peu miam

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 22h17

Fatigue : les nuits sont un peu courtes, mais je me repose un peu dans l’après-midi quand je peux

Humeur : mon traitement anti dépresseur a été augmenté temporairement pour que je remonte un peu. Il y a eu des passages difficiles depuis quelques semaines

Estomac : baguette, saucisson, curlys. Comment ça ce n’est pas équilibré ?? mais si mais si… parfois on s’en fout et puis voilà

Condition physique : humidité, températures plus froides, vent par moments. Je sais que vous savez comment je peux me sentir

Esprit : esp quoi ?….

Culture : j’ai boulotté la série « the haunting of hill house » et commencé « the resident ». Côté livres, j’arrive très peu à lire par manque de concentration mais sur ma table de chevet, il y a « un parfum d’encre et de liberté » de Sarah Mac Coy et le peu de pages lues me plaisent. Je fouine aussi dans « 3 mns pour méditer » de Christophe André pour m’aider un peu côté méditation

Penser à : ne plus perdre de temps à à parler à des personnes qui pensent tout savoir mais qui ne savent rien et enfoncent au lieu d’aider en se permettant d’émettre un jugement. Que chacun(e) se mêle de ses fesses et ça ira

Avis perso : communiquer ne se fait pas sans heurts, mais c’est important de continuer

Message perso : 1- merci ma belle A. pour ta présence à mes côtés dans ces moments pas roses / 2- un joyeux anniversaire très en retard mais surveille ta boîte d’ici la fin de semaine prochaine

Amitié : le plus vite possible 

J. : en prend un peu plein la tronche en ce moment.. mais je l’aime et on fait au mieux pour avancer ensemble. 

Compagne de route : est sous surveillance pour vomissements un peu trop fréquents à mon goût… elle est au courant que si ça continue, elle aura droit à un tour chez le véto. Je n’aime pas la voir comme ça ma minette

Divers : ça sonne un peu le creux dans mon cerveau en ce moment, donc je ne dirai rien de plus. 

Courses : faites mardi et il en reste heureusement

Sortie : ce w-e normalement

Zic : 

Merci Shazam de m’avoir fait découvrir ce groupe. C’est une chanson qui était dans « the resident » 

Fin : 22h44

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La beauté passe aussi par l’intimité

Une cuillère à café d’huile de coco pour 2 gouttes d’HE de tea tree, c’est le combo. Je mets l’huile dans un petit contenant pour plus de facilités, même si elle va durcir d’ici peu (c’est mauvais signe… ça annonce le froid eurk ^^). Je n’avais pas trouvé en pot cette fois-là d’où ce format pas forcément pratique. Ou utilisée seule pour un usage plus fréquent, comme elle est antifongique à elle seule.

Promis, ce post n’est pas interdit au moins de 18 ans, je ne vais pas parler sexe même si c’est un peu en lien tout de même, mais pas de la façon dont s’attendent les obsédés qui parfois tapent « s épiler la chatte » et tombent sur mon blog, parce que j’ai un jour parler d’épilation, mais aussi de Happy qui est mon chat, enfin ma chatte oui… Il faut tout expliquer parfois ohlala 🙂 

J’avais envie de parler de ces petites gênes, irritations, désagréments, voire pire comme les mycoses au niveau de notre petite caverne d’Ali Baba, qui peuvent bien provoquer un mal-être surtout si on a du mal à trouver des solutions. Oui j’ai surnommé mon vagin de cette façon il y a un certain temps, parce qu’il recèle des trésors inestimables et parfois il faudrait lui dire « sésame, ouvre-toi » donc voilà. On devient vraiment intimes dites donc ! J’utilise mon humour pourri parce que je sais que c’est un sujet qui n’est pas facilement abordé et j’ai eu du mal à trouver des informations quand j’ai été confrontée à ce genre de soucis. 

Pour mettre le sujet dans le contexte, j’ai eu une seule mycose, mais les ovules, la crème et surtout la honte devant mon partenaire de l’époque m’ont un peu marquée. Je n’avais pas osé lui dire réellement en plus. Je m’imaginais bien (non c’est ironique) en plein dîner romantique entre le plat et le dessert lui dire : « dis donc, je reviens de chez le médecin, j’ai une mycose vaginale et tu devrais peut-être consulter toi-même pour voir si tu n’as pas trop de gratouilles toi aussi, les bactéries c’est normal d’en avoir mais là il y en a un peu trop et je t’en ai peut-être refilées de mon stock, qui sait » Tout ça en me dandinant sur ma chaise avec l’envie de me démanger jusqu’au sang…. Adieu glamour, adieu tout court. Donc je n’ai rien dit comme si c’était la fin du monde, alors que c’est arrivé, arrive et arrivera à une femme au moins une fois dans sa vie. Non ? C’est là que je compte sur vous pour me confirmer…  

Et j’avoue que depuis ce fameux épisode, j’ai peur d’en attraper une de nouveau. Je croise les doigts, il m’arrive d’avoir des irritations liées aux frottements, des sensations pas très agréables où je sens que ce n’est pas confortable pour moi durant les rapports et même en dehors, mais pas au point d’aller jusque là. Pourquoi et qu’est ce qui peut produire. Je ne suis pas médecin et sais qu’il peut y avoir différentes causes. Me concernant, il y a plusieurs facteurs. Notamment le fait d’être parfois trop contractée, ce qui rajoutée à une sécheresse des muqueuses liée peut-être à mon traitement ou aux hormones, voire à la maladie elle-même, rend parfois le passage un peu difficile. Et quand on a ce genre de désagréments, je ne sais pas si c’est juste moi, c’est comme quand j’ai mal au ventre, on dirait que rien ne va plus. Cet inconfort me gêne dans tout mon petit être et j’appréhende nos rapports, donc je me contracte au moment de la pénétration et c’est un peu un cercle vicieux. 

Pourquoi je rentre autant dans mon intimité et pourquoi je l’associe à la beauté ? Tout simplement parce que je me suis rendue compte que me sentir bien dans mon intimité me faisait me sentir mieux aussi envers mon chéri (qui a énormément de patience, qui est doux et patient heureusement parce que c’est finalement le meilleur des traitements) et je me sens épanouie si tout roule. Mais pour ça il a fallu que je trouve des alternatives à des petites gélules à avaler que m’avaient prescrites ma gynécologue, parce que je prends déjà assez de médicaments et j’avais peur que ma flore vaginale s’habitue et n’arrive plus à travailler d’elle-même. Il y a longtemps j’avais lu sur un groupe fb que l’huile de coco et l’huile essentielle de tea tree étaient efficaces en cas de mycoses. 

Je n’y croyais pas vraiment et puis il y a eu ce moment où j’ai eu une infection urinaire qui traînait dans le temps et qui ne me rendait pas très bien à tous les niveaux dans cette zone dont j’essaie de prendre soin dans tous les sens du terme, parce qu’il a fallu me réconcilier avec, après l’abus subi, ce qui n’arrangeait rien et maintenant que je suis en paix avec cette partie de moi, j’essaie de la protéger mais pas de la surprotéger non plus. Et j’ai testé l’huile de coco dans un 1er temps parce que j’avais peur que l’HE me brûle. L’huile m’a apaisée, c’est comme si ma petite caverne d’Ali Baba ^^ était hydratée, nourrie.

Puis j’ai osé mettre une petite goutte d’HE pour voir si c’était efficace et me suis rendue compte que déjà ça ne brûlait pas du tout mais qu’en plus ça apportait une sensation de fraîcheur au contraire, qui compensait les petites démangeaisons que je pouvais ressentir. Rien de grave mais assez pour m’embêter. Au bout de 2-3 jours à renouveler matin et soir en petits massages tout doux, je me sentais déjà bien mieux. Et j’ai pris l’habitude de prévenir un peu avec l’huile de coco au moins. Avant et après les rapports (enfin pas tout de suite après hein, déjà que j’abandonne le lit pour faire pipi pour limiter les catastrophes urinaires -très important comme geste si si-, je ne vais pas en plus disparaître pour me tartiner d’huile. Même si ça sent très bon et qu’on peut l’utiliser comme lubrifiant (sauf si on utilise des préservatifs, l’huile les rend poreux, il faut faire attention). 

Si ça me tenait à coeur de parler de ces 2 petits produits magiques pour moi, c’est parce que la sexualité et le handicap est un sujet que je n’aborderai pas forcément par ici parce que je ne saurais pas comment l’aborder, même si je me doute que ça pourrait sans doute servir, vu que de mon côté je me suis retrouvée à me demander comment on pouvait avoir une sexualité épanouie en n’ayant pas toute sa mobilité et en étant douloureuse. C’était honnêtement un frein pour moi, pour rencontrer quelqu’un. Comme dit j’ai la chance d’être tombée sur quelqu’un de prévenant et ça m’aide beaucoup. Mais pour le reste, je n’arriverai pas à poser des mots et j’estime que cela ne regarde personne, alors ma contribution pour déjà éviter certains désagréments que je peux rencontrer avec les traitements et les douleurs qui me font me contracter entre autres, s’arrêtera là 🙂 

A ces parties qui nous procurent du plaisir mais qui peuvent aussi embêter par différents petits désagréments, pas forcément graves bien sûr, mais suffisamment pour se dire qu’on ne se sent pas très bien. C’est quand tout va bien qu’on se rend compte que c’est une chance de se sentir « belle de l’intérieur au niveau de notre intimité » ^^ Pour soi comme pour nous deux d’ailleurs. 

Et j’en profite pour parler d’Octobre Rose, pour rappeler l’importance de la palpation de nos seins aussi et des dépistages. 

Si vous avez des petites astuces tout autant naturelles ou si vous avez déjà testé celles-çi, n’hésitez pas, je suis preneuse de tout ce qui peut m’apporter un bien-être. J’ai tellement souffert de cette partie de moi… que je ne croyais pas un jour arriver à trouver le chemin de la réconciliation et ne pensais pas écrire ce genre de post pour dire ce qui soulage ces inconforts que je rencontre. J’espère en tout cas ne pas avoir choquée avec ce post.

Ptite Delph, pas gynéco, pas sexologue, mais terriblement aimante et aimée et surtout réconciliée avec sa féminité, son intimité. L’épanouissement d’une femme à 40 ans… 

 

Etats d’esprit du vendredi #38

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 23h20

Fatigue : 

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Humeur : elle fait malheureusement des dents de scie. Des petits hauts pour de très gros bas, voire des bas noirs.

Estomac : du pain au sésame avec du choco au lait (quoi ? c’est la collation du soir !)

Condition physique : les articulations en feu, je me suis transformée en brasier humain… 

Esprit : beaucoup de questions sur l’avenir, beaucoup de doutes et d’angoisses, d’incertitudes. Bref je manque un peu de repères en ce moment et je sais que tout peut être fragile —> cogitation +++

Culture : j’ai dévoré la saison 14 et le début de la 15 de Grey’s Anatomy et beaucoup aimé le film « Tout là-haut ». Côté livre, je lis « L’instant présent » de G. Musso, pris à la bibliothèque mais j’ai du mal à accrocher, c’est étonnant. 

Penser à : ne plus regarder les actualités, histoire de ne pas être furax chaque jour de voir les bêtises du gouvernement et pire de l’église (le pape n’a plus toute sa tête si ?!….. 

Avis perso : les enfants ne devraient pas être malades et encore moins mourir. Il ne faut pas en tout cas que la recherche pédiatrique soit moindre que celle pour les adultes concernant ce crabe de merde… petit Ange Augustine, bon voyage 😦 (les coeurs des non-mamans saignent beaucoup aussi oui…) 

Message perso : je ne vous oublie pas ❤ 

Amitié : je ne sais pas encore

J. : la communication… halala…

Compagne de route : fidèle au poste comme toujours, que je rie, pleure. Que je sois allongée, debout, assise

Divers : j’avais 2 amies au collège sur l’ensemble des 4 années. L’une d’entre elles est décédée jeudi dernier d’un cancer des poumons qui s’était généralisé. Elle se savait condamnée depuis mi-juin. Elle n’aura pas eu le temps d’avoir 41 ans en décembre et ça m’a foutu un coup de la voir s’évaporer… 

Courses : j’ai galéré à les faire et je m’en remets à peine mais c’est fait depuis mardi. 

Sortie : demain avec J. j’espère

Zic : 

J’attends la sortie de son album le 9 novembre 🙂 

Fin : 23h51

Comment j’ai vécu la dépression

Pas beaucoup l’ont vu cette photo… 1 semaine après on m hospitalisait pendant 1 mois. C’était une période où les coups fusaient aussi, et que l’automutilation était quotidienne. Ce qui n’arrangeait rien… (sept 2007)

Je me rends compte avoir très peu parlé de mes sombres périodes de dépression, en dehors de celles vécues depuis que ce petit blog vit en tout cas, mais il y en a eu de nombreuses auparavant. Des dépressions légères, des profondes, des courtes, des longues, des sans hospitalisation, des avec hospitalisation, des avec idées noires voire suicidaires, des juste beaucoup de larmes. Dans tous les cas, il m’a fallu une aide extérieure, parce que je n’étais pas assez forte émotionnellement pour gérer, même si j’ai mis du temps en parallèle à accepter le mot dépression et ses conséquences sur mon esprit mais aussi sur mon corps. On oublie souvent que les deux fonctionnent ensemble. Si on ne soigne pas le corps, l’esprit va mal. Si on ne guérit pas l’esprit, le corps envoie des signaux de détresse en mode « oh qu’est ce qu’il devient Monsieur Cerveau, il ne semble pas aller super bien et je vais montrer que je suis solidaire, paf prends toi ça, tu t’occuperas peut-être mieux de nous 2 si on s’y met ensemble ! »

La première période date de mes 19 ans. J’étais tombée dans la boulimie, mon corps en manque se rebellait et me faisait avaler tout ce que mes mains trouvaient sur leur passage. Du sucre, du gras, tout ce que je m’interdisais durant la restriction. Le trouble borderline était à son apogée, mon visage et mon corps n’étaient qu’hématomes et trainées de sang sur mes poignets. Je prenais en plus un neuroleptique qui me faisait prendre du poids. En un mois, j’avais pris 5 kgs, on m’a réhospitalisée en urgence pour changer mon traitement. Je n’arriverais pas à savoir si c’était déjà la dépression qui faisait son bonhomme de chemin ou si c’était la dénutrition et le trouble qui entraînaient de telles conséquences psychologiques. J’ai été encore plus fragilisée par cette période de plusieurs mois dans tous les cas. Ce qui m’a « aidée » à aller mieux est que mon cerveau a choisi la route inverse de nouveau, l’anorexie et son contrôle. Mais c’était la 1ère fois où je sentais cette immense tristesse en moi, ce vide alors que je remplissais mon estomac à en vomir. L’envie de rien, juste bouffer comme une merde et un porc. A ce moment là je tenais un cahier avec le nombre de calories ingérées, le sport que je faisais pour me dépenser, le nombre de laxatifs ingurgités. Je ne compte pas le nombre de dessins de moi toute ronde que je faisais, avec des mots loin d’être bienveillants envers celle que j’étais. Une fois l’anorexie revenue, je me sentais mieux… ce n’était qu’un leurre bien évidemment…

J’ai eu d’autres périodes similaires où j’arrivais à dire que je n’étais plus pareille, mais bien incapable de mettre des mots dessus. 

Et puis il y a eu septembre 2007, où la dépression profonde a fait son apparition. J’étais une loque, je peinais à me lever le matin, me réfugiais dans le sommeil autant que je pouvais, et puis il a fallu que je remplisse un jour des documents administratifs parce que la sécurité sociale était en train de faire les démarches pour me mettre en invalidité. Tout devait se faire dans l’urgence parce que je m’y étais prise trop tard évidemment. Je me vois encore avec tous mes papiers de toutes sortes éparpillés sur ma table et les formulaires à remplir. Je pleurais dessus en m’apercevant ne plus réussir à compléter la partie d’état civil. En gros il fallait que je réfléchisse à comment je m’appelais et que je trouve la force de tout inscrire dans leurs cases. Depuis un moment je conservais tout mon traitement -que je ne prenais donc plus…- (pour rappel, ne jamais arrêter un médicament et encore moins plusieurs à la fois, seule, sans l’accord du médecin, c’est très dangereux), me suis retrouvée en décompensation psychique et j’admirais mon sachet rempli de pilules de toutes les couleurs. C’était ma sécurité d’être libre si je ne supportais plus ce vacarme dans ma tête, de tout avaler. Le sachet grossissait pendant que je maigrissais et n’étais plus que l’ombre de moi-même, à me foutre de tout, à avoir la sensation que je ne ressentais plus rien et paradoxalement à avoir l’impression que j’étais à fleur de peau et que tout me touchait. J’étais morte tout en étant vivante, même si prendre de l’air oppressait ma poitrine, parce que je souffrais de grosses crises d’angoisse qui laissaient un énorme poids sur mes côtes et arrachaient le plexus en passant. Je me regardais dans le miroir et me demandais qui était cette étrangère que j’avais devant moi. J’ai appris plus tard qu’il s’agissait de dépersonnalisation et de déréalisation. J’étais paniquée d’être devenue une incapable pour les choses banales du quotidien. C’est là que j’ai compris le calvaire d’une de mes compagnes de chambre dans la clinique où j’avais été quelques années auparavant. Elle dormait toute la journée, ne parlait que par bribes, pleurait, ne se lavait plus. Pendant ma propre période de descente en enfer, j’ai essayé de me souvenir ce qu’il ne fallait pas que je fasse, en gros. Je n’ai jamais arrêté de me doucher. Chaque douche était une victoire contre la maladie et sans doute un mieux-être pour moi même si je ne percevais plus rien de ce qui pouvait me faire du bien. J’ai toujours eu des vêtements propres sur moi aussi, je ne suis jamais restée en pyjama toute une journée, je savais que ça pourrait empirer les choses. Mais le reste, je n’avais aucun pouvoir. Je n’étais plus rien, j’avais un trou béant dans le coeur, au point de me demander si j’avais toujours de l’amour pour mes proches et me sentais monstrueuse de penser de telles choses. J’étais vide de toute substance, une ombre qui se traînait d’un coin à l’autre de son appart, à essayer de garder un contact avec les autres, même si je le perdais. Chaque geste m’épuisait et me laissait vide de tout ce qui faisait « moi » encore 2 mois auparavant. Je n’étais plus rien, à part une merde, un morceau de viande sans âme. Un corps rattaché à une tête par un fil tellement infime que plus aucun courant ne passait entre eux pour communiquer ensemble. Chaque partie de mon corps et de ma tête faisait sa vie dans son coin et j’étais au milieu, l’âme en peine, les yeux avec des larmes en continu. Le silence quand on me posait une question ou qu’on se trouvait en face de moi. Plus aucune capacité d’analyse, de compréhension et puis j’étais lasse de toute façon, il fallait juste me laisser tranquille. Qu’on me foute surtout la paix, c’était ma seule volonté s’il fallait en avoir au moins une, à ce moment là. La décision d’hospitalisation a été faite à la demande d’une tièrce personne, le médecin. Elle aura lutté contre moi pendant plusieurs séances pour m’expliquer que je ne pouvais pas rester comme ça. Je ne voulais pas, on va à l’hôpital quand on est malade et autant j’avais accepté que l’anorexie était une pathologie, autant la dépression me laissait de marbre, on me triturait chaque parcelle de mon esprit, mais sinon tout allait formidablement bien. Un soir, que mon meilleur ami de l’époque était venu, j’ai craqué, un sursaut de vie m’a habité un très court instant, mais assez pour récupérer mon sachet rempli de médicaments et lui donner en pleurs, en lui expliquant qu’il ne fallait pas me laisser avec. Il n’a jamais jugé, il n’était pas du genre à le faire de toute façon, aussi compliquées que pouvaient être les situations avec moi… 1 semaine après j’étais hospitalisée, chaque jour on me faisait couler une perfusion de valium assez fort en dosage mais pas trop pour que je puisse bouger encore et ça m’allait. Je dormais enfin et m’en donnais le droit et faisais des activités toutes les après-midi, je voyais une psychologue plusieurs fois dans la semaine. Au bout de 2 semaines, j’étais déjà plus reposée, ça n’avait pas arrangé le côté dépression, mais j’étais plus objective sur le sujet au moins.

J’en aurais d’autres des périodes comme ça, mais ce serait bien long et pas forcément utile. Mon message à travers ce post, est surtout de dire que peu importe la « gravité » d’une dépression, c’est important de demander de l’aide dès qu’on sent des symptômes qui pourraient y faire penser. Une dépression sèvère aurait pu être plus légère si par exemple une prise en charge avait eu lieu plus tôt. C’est pour ça que maintenant, j’essaie de le dire dès que je ressens que je pourrais me faire rattraper, parce que la dépression est quelque chose qui est devenu chronique avec le temps. Donc pour limiter les dégâts si déjà il faut qu’il y en ait, je n’ai plus honte depuis longtemps de dire « non ça ne va pas moralement, je n’arrive plus à « être » tout simplement. Prenez soin de vous et n’oubliez pas que demander de l’aide n’est pas une faiblesse, c’est au contraire une force. Avec l’automne, il y a toujours un risque plus grand aussi. Ce n’est pas à négliger non plus. Chaque personne se tournera vers ce qui sera le mieux adapté pour elle, mais l’essentiel est de le faire à temps. 

J’ai toujours appelé la dépression, le cancer de l’âme, parce qu’elle grignote et pourrit aussi chacune de nos cellules et on peut parfois lutter, mais parfois on n’a pas le temps de dire ouf, qu’elle est déjà bien installée et plus on la laisse prendre ses aises, plus elle s’éparpille en nous et plus on met du temps à sortir du gouffre dans lequel elle nous plonge. Evitez les personnes aussi qui au lieu de vous aider, vous noient encore plus. « Quand on veut on peut » est une phrase stupide dans ce domaine. Quand on est happées dans ce tourbillon sans fin, on ne veut plus rien et on peut encore moins… 

Et ne minimisez pas votre état. Il n’y a pas de petite souffrance, il y a des souffrances tout court… Parfois on a envie de relativiser sans doute, en se disant que ce n’est pas grand chose et c’est pourtant ce qui peut conduire à la perte de sa vie quand on la laisse s’enliser en nous, sans plus pouvoir faire grand chose pour s’en débarrasser. 

 

A Pierre… 13 ans fin août qu’il s’est suicidé durant une période dépressive (il était bipolaire). Je n’ai rien pu faire pour l’aider. Même les médecins l’ont vu s’éteindre. Il ne parlait plus, ne souriait plus, son regard devenait mortel de jour en jour. Ils l’ont laissé sortir, il avait sans doute donné le change quelques jours. Il s’est tiré une balle dans cette tête qui l’avait tant étouffé…  Je ne l’oublie pas, il a été mon pilier dans la clinique où j’ai été envoyée pour la 1ère fois à Marseille et était devenu un ami au fil du temps.

 

Etats d’esprit du vendredi #37

J’étais rarement chez moi cette semaine mais j’ai eu droit à ce beau coucher de soleil, un soir que je l’étais

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 13h37

Fatigue : je me rapproche davantage de l’épuisement, j’ai eu pas mal de nuits difficiles sans pouvoir récupérer

Humeur : un peu difficile à maintenir à bonne hauteur mais j’ai connu pire, elle se maintient malgré tout et c’est l’essentiel

Estomac : 2 choco BN ce matin, je n’ai pas encore mangé à midi

Condition physique : si vous avez besoin de pièces détachées, je suis joignable au 06.21……. les prix ne sont pas exhorbitants

Esprit : un peu à droite, un peu à gauche, bien rempli par la vie du quotidien et l’avenir. Mais pas forcément négativement, c’est juste encombré parce qu’il y a beaucoup à penser de façon « utile ». Je ne cogite (enfin pas plus qu’habituellement) pas, c’est déjà ça. Je réfléchis, c’est différent. Ce w-e je vais commencer le « Défi 21 jours de méditation » qu’a organisé Ariane sur sa chaîne YogaCoaching, cet été. J’en ressens le besoin pour me retrouver un peu en phase avec moi-même parce que je me sens au contraire bien dispersée

Culture : je lis « Les loyautés » de Delphine de Vigan, je l’ai découvert à la bibliothèque parce que ne savais pas qu’elle l’avait écrit. Honte à moi qui l’adore. Je lis en parallèle le témoignage d’une femme qui a passé des années d’internement et elle met le doigt sur les abus de la psychiatrie à une période où c’était encore beaucoup tabou aussi. A travers ce qu’elle écrit, je me rends compte de l’évolution de cette spécialité malgré tout, même si malheureusement tout n’est pas très net… Côté séries, j’ai vu la dernière saison d’Orange is the new black et franchement je n’ai pas autant accroché qu’avec les saisons précédentes. Ayant passé pas mal de temps chez mon chéri, il me fait découvrir tous les Startrek.

Penser à : être plus présente sur la blogosphère et sur le groupe facebook que j’avais ouvert en pensant y mettre chaque jour quelque chose et je n’arrive plus à me tenir à rien et pourtant j’en ressens le manque et le besoin. Je n’ai pas encore trouvé mon équilibre entre être passée de seule à 4 et comme je suis au ralenti dans ce que je fais, tout me demande plus de temps, donc je fais moins… et je trimbale en plus toujours mes affaires, prends de quoi m’occuper mais ne peux pas apporter non plus tout mon chez moi, bref ça commence à me peser un peu. Je ne sais pas si le concept est compréhensible dit comme ça ^^

Avis perso : les grèves de cantine, y en a marre…. 

Message perso : je ne vous oublie pas ❤ 

Amitié : je ne sais pas pour le coup, la rentrée est compliquée 

J. : son travail actuel à qui il avait demandé une mutation vers Toulon, lui a proposé un poste. Du coup on regarde les appartements dans les communes avoisinantes. Et comme une communication pas forcément adroite des deux côtés est mieux que pas du tout de communication, il y a des grincements de dents. Heureusement qu’il y a l’amour. Le reste on l’apprend chacun je crois. 

Compagne de route : passe beaucoup de temps seule ma pauvre minette et me fait savoir que je manque pour m’occuper des câlins. Elle se dore la pilule sur le balcon en ce moment.

Divers : je traîne une infection urinaire depuis bien 3 semaines, le dernier antibio à prendre sur 3 jours qui m’a bien rendue malade a semblé efficace, je croise les doigts pour que l’effet continue… c’est le rêve quand on peut aller uriner sans appréhender les mictions. Mon analyse d’urines montre que j’ai du sang dans les urines par contre. Le fait que ce soit écrit en gras ne m’inspire pas confiance… je sens que le médecin va revoir ma bouille

Courses : lundi matin et quelques bricoles ce w-e selon ce qu’on fait

Sortie : je ne sais pas encore. Ce sera quelque part à l’ombre en tout cas. Le médecin et la pharmacienne m’ont dit de ne pas aller au soleil, l’antibio peut rendre encore photosensible pendant 3 jours après son arrêt. Et comme j’ai déjà de jolies tâches sur mes joues, avec mon teint carotte/brun bizarre quand je bronze, parce que je suis déjà photosensible à la base, j’évite d’en rajouter une couche. 

Zic : 

La découverte du jour, j’arrive toujours après tout le monde, vu le nombre de vues qu’elle a sur youtube ^^ j’aime sa voix cassée et un peu grave

Fin : 13h59

Les vacances, l’océan, l’amour, le bonheur et les bobos

Un pêle-mêle de ces 2 semaines ❤

Fin juillet, avec J. et ses filles, on a rejoint ma famille dans les Landes où elle était déjà installée dans la maison des vacances comme disent mes nièces. De notre côté, on avait pris un mobil home pas très loin dans un camping super sympa. Notre première petite maison « neutre », à n’être ni chez lui ni chez moi. J’ai adoré cet endroit parce qu’il nous accueillait tous les 4 réunis et on était bien. Ca m’a conforté dans l’idée que je ne voulais pas me séparer de lui, d’eux. Je sais que pendant les vacances, c’est facilement plus simple, que tout le monde est aussi plus détendu mais quand même. 6 jours à être 24h ensemble tous les 4, j’ai été sereine, heureuse, remplie d’amour. Et la plus belle marque d’amour qu’il pouvait me porter, c’est de m’aimer malgré que mes cheveux partent en cacahuète à cause de l’air iodé (non vous n’aurez pas de photos ^^) et pourtant le spectacle vaut le détour haha… mais il me regardait toujours avec ses yeux qui en disent beaucoup. Le matin on se coulait tous les 4 mutuellement dans la piscine du camping, j’étais comme un poisson dans l’eau dans tous les sens du terme et on rejoignait ensuite ma petite famille. Il y avait mon tout, rassemblé. Les câlins de mes deux petites chipies de nièces, leurs « tatie t’es oùùù ?! », les « tatie et Jonathan sont amoureux ». Les apéros (bon moi je suis sage, je me contente de dévaliser les biscuits apéro, je laisse l’alcool aux autres :p ), les repas pris tous les 10, ça faisait une sacrée bande d’un coup, les moments plage tous ensemble, les moments complices, les couchers de soleil, l’accrobranche où je me suis contentée d’attraper un torticolis pour voir où étaient tous les ouistitis sur des parcours différents, dispersés aux 4 coins du site, je ne savais plus où donner de la tête. Et puis la semaine s’est finie, ils repartaient et je restais encore une semaine et j’ai pleuré comme si on se quittait pour toujours (je pense que l’idée d’être sûrement bientôt séparés pour de bon pour plusieurs mois n’a pas aidé). Il manque vite il faut dire… J’ai même conservé le bracelet moche du camping à mon poignet pour avoir l’impression qu’il était encore là et pour me souvenir qu’il avait fait partie de cette aventure -oui je suis syphonnée du ciboulot encore davantage, c’est la canicule qui a ces effets !- Et la 2ème semaine, on a découvert de chouettes coins avec mes parents. Un soir on a fait un pique-nique improvisé près d’un étang, c’était sympa tous ensemble. On a continué les fins d’après-midi plage, les couchers de soleil. On a fait une séance photos pour partager la passion de la photo avec mon papa qui avait apporté son reflex que je suis incapable de porter tellement il est lourd (si vous connaissez des marques plus légères, je suis preneuse de conseils d’ailleurs parce que c’est mon rêve d’avoir un petit bijou de ce genre même si c’est plus pratique pour mes petits bras ramollo d’avoir le mien). 

Et puis il y a eu les bobos. Pas grand monde est ressorti indemne. Beaucoup d’angoisses et de souvenirs remués du coup aussi. 

Et je suis rentrée en laissant tout ce petit monde derrière moi, avec nos photos, nos souvenirs dans mon coeur et ma tête. J’ai retrouvé mon chéri qui était là sur le quai de la gare. Pendant ces vacances, j’ai fait le plein d’amour, d’affection, de rires, de solidarité quand j’étais mal et que je me levais le matin avec des tous petits yeux parce que j’avais pleuré de douleurs la moitié de la nuit. Ses grands bras m’accueillaient pour me serrer fort. Ses grands yeux tristounets me montraient qu’il comprenait et savait. On apprend à gérer ça ensemble je pense, j’essaie de le mettre en confiance sur ce qu’il peut m’apporter durant ces moments pas marrants ni pour l’un ni pour l’autre, pour essayer de réduire l’impuissance qu’il peut ressentir et j’ai espoir que ça fonctionne… 

Voilà les vacances sont finies et c’était une belle réussite. J’étais tellement contente aussi que ma famille puisse me voir heureuse avec lui et que tout le monde ait l’occasion de se rencontrer. C’était important pour moi et il a été apprécié et aussitôt inclus à notre famille, avec ses filles. Et j’avais le coeur bien gonflé de le ressentir aussi. 

J’espère que vous avez pu profiter de l’été, que vous soyez parti(e)s ou pas. Qu’est ce que vous avez fait d’ailleurs durant vos vacances ? J’ai oublié les moments seule, installée sous le palmier et sur un transat, à dévorer certains livres qui m’ont touchée

Ptite Delph, heureuse d’avoir vu l’océan aussi bien entourée par tout le monde

 

Etats d’esprit du vendredi #36 – Retour des Landes

Parfois l’océan est un peu raplapla mais il est tout aussi beau ❤ Plage de Lespecier, Mimizan, Landes, Août 2018

Qui dit vendredi dit « Les états d’esprit du vendredi » le RV hebdomadaire de Zenopia et Postman qui permet de faire un peu le point de la semaine écoulée. 

Début : 21h56

Fatigue : je dors mal comme souvent donc…

Humeur : bonne, j’ai toujours mes bas, mais je les trouve moins bas

Estomac : purée de carottes et pommes de terre et tranches de blanc de poulet. J’attends un peu pour manger l’autre part de tarte de mirabelles que m’a donnée ma gentille voisine, hier soir

Condition physique : je suis un peu démontée de tous les côtés. La fibro est assez cruelle, mon corps ne régule plus correctement bien la chaleur, ce qui me vaut des désagréments pas sympas. Le froid me faisant mal aussi, j’avoue que ça me désespère un peu

Esprit : pas mal rempli, mais il s’agit de mon avenir. De notre avenir… 

Culture : pendant les vacances j’ai lu le livre « Roulio fauche le poil », écrit par une amie que j’ai connue à Marseille il y a une 10zaine d’années. C’était une magnifique rencontre bloguesque, elle a déménagé entretemps malheureusement, mais j’étais tellement heureuse de lire son écriture à nouveau que j’avais l’impression qu’elle n’était pas loin et j’ai adoré cette histoire dont je reparlerai. J’ai commencé « il est grand temps de rallumer les étoiles ». La moitié a été dévorée dans le train du retour. Côté séries, je regarde la 6ème saison de « Orange is the new black ». Pendant 2 semaines et demi, on n’a pas allumé la télé, pas regardé de films et c’était parfait comme pause.

Penser à : continuer de vider et de ranger mes placards. Je me dis que le moment venu d’un déménagement…, il y aura moins à trier. Et tant qu’à faire, penser à faire confiance à l’avenir…

Avis perso : euh…  

Message perso : je ne vous oublie pas ❤ 

Amitié : la semaine prochaine j’espère bien

J. : j’ai passé une magnifique semaine avec eux, on rejoignait ma famille dans la journée, le soir on regagnait notre petite maison qu’était notre mobil home que j’ai adoré parce qu’il nous accueillait justement tous ensemble et c’était super. J’étais sereine, c’est dire… 

Compagne de route : elle m’a fait des frayeurs et des sueurs froides durant mon absence, heureusement qu’elle avait 2 supers nounous qui prenaient le relais. Depuis que je suis revenue, elle me colle malgré la chaleur

Divers : les vacances près de l’océan avec ceux qu’on aime, c’est chouette vraiment et une sacrée chance ❤ 

Courses : ce matin

Sortie : demain pour aller chez J.  Il part pour Nantes pour 2 jours, en avion, demain après-midi et je n’ai pas pu aller ce soir, histoire de profiter un peu du w-e avec lui 

Zic : 

Je suis à fond sur Muse en ce moment ❤ 10 ans que je les ai découverts environ et j’aime toujours autant 

Fin : 22h29

"Celui qui déplace la montagne, c'est celui qui commence à enlever les petites pierres", Confucius