Concours Edilivre – 48h pour écrire

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Ma première nouvelle pour ce concours dont le thème est « la différence » 

« Petit poussin »

Chaque jour, à la sortie de son travail, Lina s’asseyait dans le jardin qui jouxtait le cabinet d’architectes où elle avait obtenu un poste, 5 ans plus tôt. Elle se rendait chaque fois sur le même banc, près de l’aire de jeux pour les enfants. C’était son moment à elle, un temps où ses projets et ses rêves affluaient dans sa tête, pressés d’en sortir pour être réalisés. C’était là que quelques mois auparavant, elle avait fait des plans pour l’appartement qu’elle avait acheté avec Franck, son compagnon depuis qu’ils étaient tous les deux étudiants. Lina était heureuse, l’amour la transportait, elle s’épanouissait dans son travail et ils attendaient que leur premier bébé veuille bien pointer le bout de son petit nez. Comme tout le reste de leur petit nid d’amour, elle savait déjà où chaque meuble irait dans la pièce qui jusqu’à présent servait de chambre où ils recevaient famille et amis. Pinterest était le site de prédilection pour y trouver idées et inspiration. Elle notait dans un carnet réservé à cet effet chaque idée, chaque site ou magasin qui seraient utiles le jour où il faudrait tout acheter pour leur petit poussin comme ils l’avaient surnommé depuis qu’ils parlaient de lui en l’attendant impatiemment. Quand elle passait devant le rayon vêtements d’un magasin, elle lorgnait toujours sur les tailles naissance en préparant mentalement la tenue qu’elle aimerait que son bébé porte le premier jour où il serait dans ses bras. Un grand sourire s’affichait sur son visage à chaque fois qu’elle pensait à cet instant magique. Pour le moment, il aurait pu s’appeler Désiré, tant il prenait de temps à vouloir investir les lieux et sa nouvelle maison pour neuf mois : le ventre de Lina. Mais ils ne perdaient pas espoir et savaient que le premier enfant pouvait être lent à arriver, alors tous les week-ends, tel un rituel rempli d’espoir, ils se retrouvaient autour d’un chocolat chaud à parler de prénoms et prédire l’avenir à trois. Un enfant était bien la seule chose mais pas des moindres qui pouvait manquer à leur bonheur.

– « Si c’est une fille, on l’appellera Emma comme ma grand-mère, tu veux bien doudou ? disait-elle en le regardant avec des yeux auxquels Franck ne pouvaient pas résister.

– « Mais si c’est un garçon, ce sera Alexandre ! »

– « Ah non surtout pas, j’en ai connu un en primaire et il était insupportable ! » Franck soupirait à cette réponse et il continuait à chercher un prénom qui ne ferait penser à aucun camarade de classe terrible, dont elle se souvenait encore 25 ans après, au point d’en détester le prénom !

Sa tête était remplie d’idées et son cœur débordait d’amour pour ce petit être qu’elle porterait en elle d’ici peu et qui ferait grossir son ventre au point de ne plus en voir ses orteils, un jour. Et quand elle était installée sur le banc en face des toboggans, elle se projetait avec lui. Elle viendrait là le mercredi après-midi pour qu’il s’amuse avec les autres enfants.

Mais ce mercredi-là, assise sur son banc, elle regarde les enfants et pour la première fois, elle ne ressent pas de bonheur. Elle voit à travers un voile qui est en plus devenu flou, à cause de ses yeux remplis de larmes. Elle ne sort pas de son travail comme d’habitude, mais revient de l’hôpital, où elle passait des examens en service de gynécologie. C’est entre ces murs blancs aseptisés qu’on lui a jeté un vague « Les résultats ne sont pas bons, nous sommes désolés madame, vous êtes stérile » Lina avait tenté d’avoir des explications pour savoir d’où cela venait, ce qui avait causé cette incapacité à porter un petit être, mais le médecin était resté froid et distant, il était habitué à annoncer ce genre de nouvelles aux patientes, sans faire dans la dentelle. Alors qu’elle, avait l’impression que le ciel lui tombait sur la tête et que les nuages s’assombrissaient au fur et à mesure que les questions, les doutes et la culpabilité venaient à son esprit. Ses jambes s’étaient dérobées, une infirmière lui avait donné un verre d’eau avant qu’elle quitte ces murs qui la rendaient prisonnière d’elle-même en à peine quelques examens qui scellaient son destin à ne jamais être mère. Et elle avait finalement trouvé la force et le courage de se réfugier dans ce parc qui avait été témoin de ce rêve tant désiré et qui maintenant semblait se disséminer en millions de petites poussières. Le rêve de toute une vie venait de s’écraser en plein vol. Le crash avait eu lieu dans son ventre et son cœur.

Elle regarde les autres mères avec leur progéniture et soudain tout le poids de la différence s’abat sur ses épaules, l’écrasant encore davantage. Elle n’aura jamais le ventre plein, ne pourra jamais poser ses mains dessus de manière protectrice en disant « je t’attends petit poussin et t’aime déjà si fort ». Elle ne saura jamais ce qu’est un accouchement, ce que représente la première tétée, les premières fois en général. Elle vivra dorénavant avec un ventre qui est devenu lourd et inutile en à peine quelques minutes. Son ventre est mort et une partie d’elle-même s’est envolée en même temps. Elle est vide. Incomplète. Coupable aussi de se dire qu’elle n’est pas capable de porter un petit être. Mais qu’est-ce qu’il y a eu pour que ce soit le cas ? A-t-elle fait quelque chose de mal qui aurait détruit sa machine à faire des bébés ? Toute femme en est capable depuis la nuit des temps, non ? Alors pourquoi cette différence avec elle ? Voilà que le sentiment d’injustice prend le dessus sur toutes les autres émotions.

Elle pense à Franck qui attendait « petit poussin » autant qu’elle, qui était si fier de dire à ses copains :

– « Ce sera un petit gars et je le conduirai au foot le week-end ! Et si c’est une petite nénette, je serai le premier homme de sa vie ! »

Et si son amour à lui s’altérait à son égard ? S’il ne l’aimait plus à cause de cette différence entre elle et une autre femme qui, elle, pourrait lui donner cette joie d’être père ? Pire, s’il l’abandonnait parce qu’elle n’est pas capable d’être enceinte ? L’angoisse prend le dessus et se mélange au reste. Il faut encore trouver un moyen de lui dire cette vérité qui lui a arraché toutes les tripes au passage. Elle ne se verra plus jamais comme avant aux yeux des autres. Il sera nécessaire de prévenir les plus proches pour qu’ils n’en parlent plus à chaque diner de famille ou de sortie entre amis. Juste histoire de ne pas retourner le couteau dans la plaie inlassablement. Elle sait bien pour en avoir déjà fait les frais que les questions du style « alors, quand est-ce que vous le faites cet enfant ? », « il faut le faire avant 40 ans », « ben alors pas encore enceinte ?? » lui font déjà mal. Alors maintenant… Sans compter les copines, toutes mères déjà d’un ou de plusieurs enfants, qui lui disent quelques fois « tu ne sais pas ce que c’est, tu n’es pas mère ». Avant, elle reconnaissait qu’effectivement elle ne se prétendait pas savoir ce qui est bon pour les enfants, mais qu’elle écoutait juste son cœur et sa logique. Là les réponses risquent d’être encore plus acides si on lui fait cette remarque « Merci de remuer toujours là où ça fait mal et de faire remarquer cette différence de taille avec vous…»

Un petit garçon, la bouche remplie de chocolat mangé pour le goûter, la voyant pleurer vient près d’elle, avec l’innocence des enfants qu’elle aime tant :

– « Madame, pourquoi tu pleures, tu as bobo quelque part ?? »

Devant tant de sollicitude dans pareille situation et venant d’un petit garçon haut comme trois pommes, elle lui répond de ne pas s’inquiéter, qu’elle va bien et que c’est juste une poussière qui fait couler ses yeux. Puis elle part le plus vite possible, elle ressent le besoin de retrouver Franck et leur petit nid d’amour. Il l’attend, soucieux des résultats de la journée. Sans un mot, elle va vers lui et s’effondre en larmes dans ses bras protecteurs. Il a compris évidemment à demi-mots. En pleurant elle lui a dit « je n’entendrai jamais le mot maman… ». Malgré sa propre douleur de voir son rêve subitement s’évaporer, il fait tout pour la réconforter. Il lui explique qu’elle ne sera jamais différente à ses yeux, qu’il l’aime et que l’amour est capable de surmonter toutes les épreuves. Il lui chuchote dans l’oreille qu’il y a beaucoup d’enfants sans parents. Lina le serre encore plus fort, il faudra lui expliquer que ce manque et ce vide dans son ventre pour jamais, auront du mal à être comblés et qu’adopter n’est pas pareil. Elle ne répond ni oui, parce qu’elle aura besoin de temps, mais ne dit pas non. Elle a tant d’amour en elle qui brûle dans son cœur, se diffuse dans toute sa cage thoracique et traverse tout son être qu’il faudra trouver un moyen de tout évacuer si elle ne veut pas se consumer de l’intérieur. Elle pense à son ventre et tout s’est éteint en elle, comme si on avait soufflé sur la bougie de l’espoir d’être maman, qui vivait en elle jusqu’à présent. Elle ne portera jamais leur petit poussin, ne le sentira jamais bouger en elle. Elle s’est battue un jour pour sa propre vie dans la perspective d’en voir une autre grandir en elle. En vain.

Elle sera différente pour toujours par rapport aux autres femmes, techniquement parlant. La mécanique est brisée et irréparable, mais son âme est intacte et son cœur encore davantage, même si pour le moment, il est émietté et mis à rude épreuve. Son instinct maternel trouvera un moyen de s’épanouir et l’amour qu’elle destinait à ses propres enfants ne s’évanouira pas. Il lui faudra beaucoup de temps pour envisager de devenir maman de substitution, mais maman malgré tout.

Elle ne l’aura pas porté, cet enfant. Mais elle l’aimera de tout son cœur et sans différence. Pour ce soir, elle a besoin de se raccrocher à cette éventualité pour arriver à continuer le chemin. Avec Franck. Main dans la main.

Défi Listes – Mes meilleurs souvenirs de vacances

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Vous pourrez même savoir quel genre de sandales j’avais aux pieds :p

Ma 1ère participation au défi listes de Zenopia, histoire de me replonger un peu dans cet été qui est passé très vite, entre les révisions chez moi, mes quelques sorties marseillaises, un petit séjour tout début de l’été chez mes parents où j’étais partie réviser un peu plus au calme aussi. Et mes 10 jours dans les Landes avec toute ma famille au grand complet.

Moments alsaciens / franc-comtois

Une escapade de deux jours au milieu de mes racines alsaciennes dans des villages que j’aime beaucoup, entourée de mes parents. Passé quelques jours chez eux et profiter de leur jardin au calme avec les oiseaux et les grenouilles qui me tenaient compagnie pendant que je révisais à l’ombre de mon pommier préféré. Profiter simplement de mes parents, de leur présence. 

Moments marseillais

Aller voir la mer pas loin et fixer l’horizon et surtout être tellement heureuse d’avoir pu marcher et avoir juste la sensation que je fais comme « avant » au moins le temps d’une sortie. Essayer d’aller marcher et sentir les pins, le soleil, l’iode. La chaleur du matin tellement plus agréable. Profiter de mon balcon le matin pour réviser tout en prenant l’air. Et le soir, m’y remettre pour regarder un film. Regarder par mon balcon quand les lumières commencent à s’éteindre (le côté positif d’être insomniaque). Me coucher enfin et ressentir un tout petit filet d’air frais qui passe. Sentir ma Happy jamais loin de jour comme nuit, dedans ou dehors. Marcher un peu dans le jardin près de chez moi et déballer mes cours sous un arbre. Retrouver l’envie de manger des salades de toutes sortes. Boire des infusions bien fraîches à toutes sortes de goûts. Voir mes fleurs qui ont l’air de se plaire depuis que je les ai plantées et qui poussent sans me tirer la gueule pour une fois🙂 (je n’ai pas la main verte)

Moments landais

Entendre mes nièces appeler « tatie t’es oùùù ?? » dès que j’étais hors de leur champ de vision. Les sentir contre moi lors de nombreux câlins intensifs et entendre une petite voix et voir un grand sourire et de grands yeux bien ouverts « tatie je t’aime très fort », tout en jouant avec mes cheveux. M’amuser avec autant que mon corps me le permettait. Profiter de la plage avec tout le monde. Les papotages le soir et les jeux entre « grands » :p (toute la famille est restée de grands enfants à mon grand bonheur). Les magnifiques couchers de soleil sur cet océan que j’affectionne tant. Voir les ombres de ceux que j’aime se confondre avec le soleil qui nous dit au revoir et auquel on dit « dors bien, mais reviens demain stp, pour qu’on puisse encore venir sur la plage ». Regarder la nature, que ce soit l’océan, la mer, les fleurs, les arbres et se dire « comment on peut protéger tout ça au maximum » et se dire qu’elle est si belle et qu’il faut en profiter. Le matin entendre tout le monde qui se réveille. Le soir, être la dernière sans doute à trouver le sommeil le nez dans les cours, mais savoir que tout le monde est là, en bonne santé.

Tout ça sont mes meilleurs souvenirs de mon été 2016. S’il fallait résumer, on pourrait dire que je suis heureuse quand je peux me retrouver dans la nature sous toutes ses formes et n’importe où et que l’amour me porte et que ce n’est pas la distance entre moi et mes proches qui éteint tout ça. Cette liste me permet de constater que j’arrive à me raccrocher à mes petits bonheurs du quotidien aussi, que j’essaie de percevoir dans la moindre des petites choses, parce qu’ils me sont devenus vitaux. Réellement.

Et comme il reste 10 jours de révision, qu’il fait encore chaud, je crois que la bibliothèque et son air plus frais pour réviser, vont faire partir de cette liste ^^

La fleur de la rentrée

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Bougainvilliers, Jardin du 26ème centenaire, Marseille

La fleur coup de coeur de tous les étés depuis que je la connais. Des bougainvilliers (il me semble du moins, parce que oui, j’ai su un jour leur nom, puis un peu oublié) qui poussent le long des murs de pierres, du jardin près de chez moi, sous une sorte de tonnelle en bois où il fait bon pendant les grosses chaleurs. Pour le FlowerPower2016 organisé par Bernie, je vous souhaite un bon lundi. Qu’il soit de rentrée ou de vacances pour celles et ceux qui le sont seulement. 

Je retourne aux révisions. Le 22 septembre est jour d’épreuves écrites à Lyon et… je ne suis pas du tout prête…

PS : entretemps, j’ai lu chez Bernie que c’était #LundiSoleil maintenant, mais je vous envoie tout de même ces quelques fleurs, ça m’apprendra à avoir plusieurs trains de retard :p Et à lundi prochain, pour le orange qui sera la couleur de septembre, en espérant qu’on ait un été indien. 

Passez une bonne soirée.

 

L’Atlantique, ma 3ème maison

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Coucher de soleil sur la Plage de Lespecier – Mimizan

Plusieurs étés qu’on a la chance de pouvoir partir tous en famille, dans les Landes, près de Mimizan. On a fait aussi Lacanau. Toujours près de l’océan, comme pendant mes vacances d’enfance à l’Ile d’Oléron où j’ai tellement de souvenirs de moi et mes parents, puis de nous avec mon frère, avec son parrain qu’il retrouvait chaque année quand on y allait. Je n’oublierai jamais tous ces moments remplis d’amour. Maintenant il y a ma belle-soeur qui est venue agrandir le cercle, puis mes deux petites nièces qui ont fêté leurs 3 et 5 ans. Mes petites perles qui savent mettre du baume au coeur qui font rire, qui propagent la bonne humeur et leur amour. 

11 jours complets où j’ai pu les voir se réveiller, appeler « tatie Delphhhh t’es oùùù ??? » dès que je n’étais plus dans le champ de vision. Les câlins à la pelle. Les « je t’aime tatie ». Les châteaux souvent éphémères de sable. Les « cours dans les vagues, elle va te rattraper ! » Le bruit des vagues même s’il n’était pas super violent cette année, le coefficient des marées devait être lui-même en vacances🙂 Mais le soleil était là, avec parfois le vent qui n’était pas très chaud, mais on a profité de chaque moment autant que possible. Armée de ma béquille, j’ai affronté les dunes (merci les aménagements landais qui permettent d’accéder malgré tout plus facilement aux plages). Je me plantais devant l’océan pour bien m’imbiber des odeurs marines, du sel, du bruit parfois assourdissant, toujours avec vue sur l’horizon, cet endroit où tout reste possible et qui sert de repère. Je me sens petite devant cette immense étendue d’eau, parfois dangereuse quand on ne s’en méfie pas assez et pourtant tellement sereine, en sécurité, apaisée. J’ai du mal à accéder à cette sensation dans beaucoup de lieux j’avoue. La tête vraiment vide, l’esprit libre, avec seules pensées « wouahh quelle vague ! Quels rouleaux ! » Un si bon moyen de se ressourcer, en plus en famille, avec mes rayons de soleil que sont mes petites chipies de nièces que j’aime un peu plus à chaque fois que je les vois. 

La plus grande, Eva, m’a demandée pourquoi je n’avais pas d’enfant, j’ai répondu que tout le monde ne pouvait pas en avoir, que c’était la nature toussa toussa et que c’était pour cette raison que je les aimais si fort toutes les deux, parce que j’avais beaucoup d’amour dans mon coeur à donner et qu’elles le recevait, histoire de ne pas le gâcher (bon je n’ai pas dit les choses telles qu’elles, mais l’idée est là🙂 ) Heureusement que les enfants ont la faculté de passer du coq à l’âne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Et le summum : les couchers de soleil… quelle merveille, chaque coucher ne ressemblant jamais au soir précédent. Nuageux, moins nuageux, plus rouge, plus orangé, plus rose, plus intense, moins vif, mais dans tous les cas, d’une beauté qui m’a scotchée plus d’une fois. Mon appareil photo toujours présent évidemment pour immortaliser cette immensité qui se cache sous le soleil endormi. J’aurais pu y passer ma nuit (d’ailleurs, je serais bien restée là, avec une tente, bercée par le bruit des vagues, réveillée en douceur par la marée montante entretemps😀 non je rigole, c’est toujours important de savoir les sens des marées pour ne pas se faire surprendre, surtout si on ne s’y connait pas beaucoup. Mais ce serait un rêve. L’idéal étant de faire un feu, faire griller des saucisses, des patates, des chamallows, en toute sécurité pour ne pas mettre le feu à la pinède (petit clin d’oeil aux pyromanes volontaires ou pas des dernières semaines…). Se coucher sans le soleil et se réveiller en sa compagnie de nouveau. Etre libre… 

J’aime marcher dans les pinèdes, je retrouve cette odeur dans mes collines, quand j’y ai encore accès et que je n’ai pas besoin de monter trop haut pour en profiter et mmhhh. Les pins sentent encore meilleurs quand le soleil a chauffé dessus toute la journée et quand vient la fraîcheur du soir, ils en conservent l’odeur caractéristique mais avec une touche d’air plus frais, et les deux mélangés, c’est un régal pour le nez. 

Je crois qu’on a compris ce que pouvait m’offrir l’océan et ses environs.  Voir mes parents heureux de tous nous avoir, ça n’a pas de prix. Voir mes nièces pendant tout ce temps, du bonheur. Se retrouver avec mon frère et ma belle-soeur, faire des jeux de société, papoter, rire, regarder un peu les JO, parce qu’à plusieurs c’est quand même plus sympa je trouve, même si j’avoue que je n’étais pas à fond dedans. 

Je vous laisse avec quelques photos (pas tant que ça, problème de stockage de mes photos…). Sans surprises, il y aura pas mal de couchers de soleil. On n’y verra pas mes nièces, parce que je tiens à les protéger un peu par contre. Bonne visite de Mimizan, Bias et la plage de Lespecier.

Et vous, vos vacances, vous avez pu partir un peu ? Dans quels endroits ?🙂

Avoir peur de déranger ou comment avoir si peu d’estime en soi…

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Source pinterest

Suite à l’aventure d’Heidi dans le magasin bio, je me suis posée plein de questions, en essayant de chercher pourquoi certains points écrits n’étaient finalement pas si exagérés. Le nombre de fois où j’ai eu peur de déranger et ne pas me sentir à ma place à un endroit se compte 10 puissance 1000 et des poussières au moins. Je suppose que tout est combiné. Ce manque de confiance en soi, cette capacité à se dévaloriser aussi vite que tire Lucky Luke, cette sensation que tout ce qui pourra sortir de ma bouche ne sera ni intéressant, ni utile. Bref, j’ai une haute estime de celle que je suis. Non je rigole.

Je suis de celle qui pourrait se retenir de respirer. Ce n’est pas de l’exagération, je me suis rendu compte que tout se bloquait et j’en oublie la célèbre respiration abdominale qui me ferait tant de bien pourtant au milieu de monde et dans des lieux publics. Faudrait pas prendre trop de place et en plus voler trop d’oxygène aux autres, en gros. Je fais partie de celles qu’on entend à peine. Bon c’est vrai, j’ai une très petite voix déjà à la base, qui se casse rapidement, mais parfois j’ai peur de parler trop fort et que ça dérange (pourtant il en faudrait une sacrée dose, mais c’est comme si je n’avais pas conscience de mon corps, de ma voix, de ma présence tout simplement). Cette sensation d’être là sans être là, aussi, tout en se sentant vide de l’intérieur. J’ai toujours été introvertie, timide, à faire le moins de bruit possible pour ne pas se faire remarquer. Ma voisine de l’autre côté de la cloison n’avait même pas vu que j’étais partie 10 jours, la dernière fois que je suis remontée chez mes parents. Pourtant j’entre, je sors, suis sur mon balcon, j’écoute de la musique en permanence, je ne vis pas dans l’obscurité. Ce qui pourrait me faire paraître passer pour une voisine idéale pour le coup si on aime les gens discrets, fait de moi quelqu’un qui n’existe pas, qui se dit en permanence « mais en fait si je n’étais pas là, ce serait pareil, si ça se trouve il y a un voile sur moi qui me rend le pouvoir d’invisibilité ! ». Et autant je me disais « oh ben au moins ça veut dire qu’on ne m’entend pas beaucoup ça va, je ne dérange pas »… En parallèle est arrivée la sensation d’être encore plus morte que je me sens parfois… D’être dans une autre dimension qui ne me permet plus de me connecter avec les gens. Je ne dérange pas, au point de se demander si j’existe à côté derrière un mur. Un peu comme dans Interstellar quand il voit sa fille depuis sa dimension à lui. Etre là sans être là. 

J’essaie de me rendre plus « vivante », vue que je me sens déjà bien éteinte parce qu’on ne peut pas dire que je respire la grande forme, physiquement et moralement. Alors si en plus on ne m’entend pas vivre un minimum, c’est comme si j’allais être effacée physiquement. C’est difficile d’expliquer parfois ce qu’on ressent. Ma peur de déranger est passée dans l’extrême, j’en suis arrivée à un point où quand la voisine avait sa fille chez elle et qu’elle téléphonait près de moi et que j’entendais tout, j’étais tellement gênée que je finissais par rentrer… pour ne pas déranger bien sûr. Et j’attendais qu’elle finisse pour sortir, si jamais ça tombait à ce moment, pour qu’elle ne pense pas que j’écoutais. Oui parano et complètement cinglée, en plus d’avoir la phobie de déranger (aucune idée si ça existe comme phobie, mais je la déclare officiellement existante au moins sur mon blog ^^) 

J’ai peur de déranger même pour demander de l’aide même en me sentant au bout du rouleau comme c’est le cas depuis quelques jours. La douleur est très haute dans mon seuil de tolérance et j’ai beaucoup d’idées sombres. Mais on ne m’entendra jamais derrière un portable en train d’appeler quelqu’un pour ne serait ce que parler de la pluie et du beau temps. Je vais arriver à dire que ça ne va pas, si on vient vers moi, mais de moi-même, je n’irai jamais récupérer de l’aide. Ce n’est pas faute d’avoir besoin de soutien. J’évacue en écrivant un mot rapide sur fb, puis je disparais parce que c’est trop dur parfois d’être là à assumer le fait que j’aie été faible à dire que ça n’allait pas. Et puis il n’y a tellement plus rien à dire sur mon état. Il est toujours bien trop tard les fois où je le dis de toute façon, j’ai déjà trinqué depuis un moment en silence… Ca va avec la peur de s’imposer de trop. De prendre toujours trop de place dans la vie des gens. Moins je suis là et mieux c’est. Au moins je ne gêne pas. Je crois que certaines blessures me reviennent en pleine tronche. Je me suis un jour excusée dans la vie de quelqu’un, le jour où je l’ai réalisé, rien n’a plus été pareil en moi. Que ce soit envers la relation ou envers les autres tout court. Et surtout ne pas être redevable.

Avoir peur de déranger, c’est comme ne pas se donner le droit d’exister et le risque encore plus grand de se laisser marcher sur les pieds aussi. Derrière cette peur, se cachent bien trop de faiblesses similaires. Dans le style « trop bonne, trop conne », on pourrait dire « peur de déranger, risque d’abus de gentillesse » (alors qu’en parallèle, je suis une pile électrique intérieure, qui ressent tout très fort -peut-être bien que c’est ça finalement qui m’empêche de respirer et de prendre mon air correctement…..-. Beaucoup moins naîve que mon côté timide peut le faire penser en tout cas. 

Je vous laisse, faut que je m’entraîne au moins à respirer tout l’air que je peux voler et à parler plus fort. Et à prendre la place que je mérite tout autant que n’importe qui. Parce que j’ai aussi suffisamment de valeur pour avoir le droit d’évoluer dans ce monde en étant bien dans la même dimension. Interstellar n’est pas la réalité, même si parfois ça pourrait être ma réalité à moi par contre.

Ne laissez personne vous faire penser que vous êtes moins bien que d’autres, c’est le meilleur moyen de se détruire encore un peu plus si on n’a déjà pas confiance en soi… Et demandez de l’aide avant qu’il soit trop tard au point de vous noyer quand vous sentez que vous êtes capables de toucher le fond. On a beau se raccrocher à tout ce qu’on peut, parfois c’est aussi bien plus dur que ce qu’on peut penser. 

Prenez soin de vous autant que possible et faites le pour vous, même si c’est déjà bien de le faire pour les personnes qui nous sont chères, parfois ça ne semble plus suffire… Parfois je suis réellement très très fatiguée.

Ma 1ère fois dans un magasin bio

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Source Pinterest

Pour donner un aperçu et permettre de visualiser la scène, imaginez un éléphant dans un magasin de porcelaine. J’y ressemblais, comme lui trompe : énormément. On pourrait même m’appeler la Dumbo de Naturalia. C’était le magasin le plus près de chez moi, du moins le plus vaste, où j’étais sûre de trouver ce que je cherchais. De l’huile de coco. J’avais eu le malheur de lire dans un groupe facebook que j’aime beaucoup, qu’elle était bonne pour beaucoup de choses et comme un mouton, j’ai suivi, comme pour pas mal de petits trucs depuis, d’ailleurs.

Armée de 2 sacs Monop’ (si si, j’ai osé faire cet affront), mais en ayant aboli les sacs plastique en revanche, depuis un moment (re- si si), pas de doute, je faisais déjà bien tache en rentrant. Dans ma tête, à toute allure, je me suis dit que le prochain achat 0 déchet serait de jolis sacs en tissus, mais qui ne me foutraient pas la honte dans d’autres magasins, surtout bio, hum… J’ai tourné d’un demi-tour le sac pour que le type à la caisse ne voie pas le nom de l’enseigne. C’était le moins que je puisse faire pour devenir moins honteuse…

Parfois on a l’impression que tout le monde nous regarde et on se dit « mince, j’ai une tache sur le visage ? un cheveu qui fait le rebelle et qui me rend encore plus épouvantail que d’habitude, qu’est ce qu’il y a ?? », ben ce jour-là, c’était plutôt réelle comme sensation. Il faut dire que malgré mon aspect naturel, je n’étais pas forcément dans un lieu connu pour moi et pas bien à l’aise. Un peu comme Heidi qui aurait quitté sa montagne pour se retrouver en plein centre de Marseille. Je découvrais le monde bio, wouah ! Mais en même temps, j’étais toute excitée de voir si j’allais trouver ce qui était écrit sur ma petite feuille et voir un peu ce qu’ils avaient Je ne mange pas bio pour certaines raisons, dont financières accessoirement, à part occasionnellement. Par contre j’ai de plus en plus envie de me tourner vers des marques et des soins plus naturels pour ma peau et pour les bobos du quotidien. Heidi en mode éléphant s’est du coup un peu illuminée en voyant de l’huile d’argan, de jojoba et de coco, avec l’envie de tout tester en même temps, tout prendre, en oubliant que je possédais un seul visage et un seul corps et qu’il n’y avait pas une grande surface à tartiner en plus.

Je ne sais pas trop si mon côté illuminée s’est remarqué et que c’était affolant (mais plutôt « illuminée » dans le sens « elle n’est pas fraîche du ciboulot »), parce que je sentais ces fameux regards qui persistaient et je suis même devenue parano persécutée entretemps, en me disant qu’ils me surveillaient et me suivaient, comme s’ils avaient peur que je vole un truc, du coup je me tenais à 3kms du rayon, à tendre le bras quitte à m’en faire une extension, pour bien leur montrer que je prenais l’article, regardais et remettais soit dans le rayonnage, soit dans mon superbe sac, mais pas autre part en tout cas.

Il me fallait du bicarbonate aussi, je suis allée toute timide dans l’alimentaire (j’ai un souci depuis les tca, dans le rayon des gâteaux, bio ou pas, j’expliquerai un jour pourquoi) et là je me suis fait penser à Mister Bean, quand il court dans tous les coins quand il est sur le point de faire une bêtise. Ben mentalement je courais comme lui et volais des gâteaux vers le vinaigre, puis en une enjambée je pensais à un autre truc et fiouttt (c’est le bruit de l’enjambée que je montrerais avec mon bras si vous me voyiez), d’un coup j’étais vers les trucs à base de soja, en sachant très bien que je n’aime pas ça, mais quand même. La curiosité a des raisons que la logique ignore, parfois :p

Bon, j’ai fini par trouver mon bicarbonate en me calmant un peu, parce que je devais ressembler à une tomate bien mûre, avec les cheveux au vent encore plus décoiffée qu’en entrant et là je me suis dit « aahhhh et si tu regardais malgré tout les gâteaux sans gluten !!! » (je ne suis pas censée être intolérante et ne souhaite pas manger sans puisqu’à priori je le tolère pour l’instant, c’était plutôt pour savoir le goût qu’ils pouvaient avoir et découvrir de nouvelles sortes) Fiouttt me voilà repartie et là je suis tombée en admiration devant des madeleines… Sans jeu de mot, c’est un peu ma madeleine de Proust. Elles m’ont fait de l’oeil et j’ai succombé à leur charme, elles ont atterri avec délicatesse (ou pas, brute comme je suis) dans mon sac.

J’ai conservé le paquet bien une semaine, non pas qu’elles n’étaient pas bonnes, au contraire ou que je n’en avais pas envie, encore bien plus au contraire, mais vu le prix, je me suis dit qu’il fallait les amortir et les déguster très très lentement🙂 C’est sûrement l’avantage du sans gluten du coup, j’ai mangé moins de gâteaux cette semaine là. Bon je me suis rattrapée la semaine suivante, faut pas exagérer non plus hein ! 

Je suis passée à la caisse en serrant les dents et en ayant les doigts crispés sur ma carte bleue à cause du prix quand même, en me parlant toute seule que ça allait durer un moment, toussa toussa (bon à part les madeleines, parce que je ne me doutais pas encore qu’elles allaient tenir le coup si longtemps, en présence de mes mimines baladeuses quand elles voient des biscuits). Halala… ma première expédition mémorable en magasin bio spécialisé… Je n’y suis pas retournée pour l’instant, parce que pas la nécessité, même si j’ai envie d’essayer un dentifrice style Weleda, mais j’irai tester un autre magasin. Il y aura qui sait, plusieurs chapitres d’Heidi Dumbo hihi (toujours avec mes magnifiques sacs Monop’ pour le moment, parce qu’entretemps, j’ai un peu oublié de voir ailleurs:/ )

Je voulais un post un peu léger pour contrebalancer l’actualité qui me hérisse le poil et me rend sans mots…, du coup, j’ai joué la marseillaise en exagérant un peu, évidemment🙂 Je suis ressortie indemne, sans séquelles, de mon expédition dans le Monde Bio.

Heidi Dumbo vous embrasse… Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez et continuez à profiter de la vie, même si elle est bien obscure partout, pour le moment… 

Je n’avais déjà plus beaucoup de mots…

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Paix

… Mais je n’en ai plus du tout à l’heure actuelle. Et au moment où j’écris, c’est Munich qui vient de perdre des vies. Marseille qui est visée pour la première fois, avec des personnes qui en rient, d’autres qui ont peur. Je fais partie de la catégorie qui parle en théorie mais en pratique c’est 0 pointé « ne surtout pas leur montrer qu’ils dégagent autant de psychoses et de peurs de toutes parts » Mon cerveau s’est comme bloqué et soit je suis continuellement en état d’angoisse et c’est devenu un sentiment tellement habituel que je ne me rends même plus compte de cet état ; soit je ne suis plus capable de gérer mes émotions et me protège comme je peux. Dans les deux cas, je suis à côté de la plaque, n’arrive plus à suivre, au point d’en devenir fataliste et de me sentir révoltée comme jamais. 

Si quelque chose doit arriver, ça arrivera. Cette phrase ne s’appliquant qu’à ma propre vie évidemment, c’est sans doute pour cette raison que j’ai un rapport à la peur qui est devenu bien spécial… Par contre, dès qu’il s’agit de mes proches, je ne tiens pas le même discours et c’est là que le mouvement de panique dans ma tête se met en marche. Ils auraient pu être à ce feu d’artifices, ils auraient pu lever les yeux vers ce ciel pour s’émerveiller de ces couleurs une dernière fois avant de les fermer pour toujours. En 1 seconde, on peut perdre ceux qu’on aime, sans raison. Parce que ça peut arriver pendant une maladie soudaine, un accident, mais là, quelle raison… à part cette haine qui déchire tout et qui fait s’entredéchirer les gens. L’absurdité de Daesh. L’absurdité de notre gouvernement à riposter et à se plaindre qu’ils renvoient la balle finalement, mais qu’est ce qu’ils croient aussi ? Pas un pour rattraper l’autre, parce que c’est allé tellement loin, que c’est comme une machine infernale qui a été lancée et elle va à une telle vitesse, qu’on ne peut plus l’arrêter. C’est au pays qui aura le plus grand nombre de morts innocentes ? En France ou dans n’importe quel pays, c’est pareil à mes yeux, on est sur le même bateau, parce que je suis touchée par Nice, par Munich ce soir, mais ce n’est pas pour autant que je ne pense pas à la Syrie qui perd tout autant d’innocents que nous (sûrement davantage et en plus dans le silence). On croirait à un mauvais jeu de cache-cache… « Si tu me touches, je te toucherai doublement, alors fais gaffe au moment où tu me trouveras »… Ou à un cercle vicieux infernal qui ne s’arrêtera jamais (j’ai prévenu que j’étais fataliste. Et pessimiste, même si ce n’est pas nouveau)

Au-delà de ces pertes, de ces pensées pour mes proches, il y a les amalgames terribles qu’on peut lire et percevoir entre les lignes. Cette famille musulmane qui veut se recueillir et se fait traiter comme de la merde, c’est quoi ? Les gens ne sont même plus capables de réaliser que 30 personnes d’origine musulmane sont mortes parmi les 84 et que ces familles pleurent aussi leurs proches et ont tout autant ce droit de recueillement et de respect pour le faire, sans recevoir en plus des insultes. Les gens mélangent tout et ne réalisent pas le mal qu’ils font. Et je n’ai pas envie de trouver l’excuse que c’est la douleur qui les fait parler, parce qu’ils sont kiffe kiffe à ce niveau là. Comment gérer la mort et la haine en même temps quand ça touche quelqu’un de près. Je me demande si la question s’est posée dans la tête de ces gens qui insultent…  Je suis peut-être fataliste concernant les attentats à venir encore, envers cet avenir sombre que je perçois dorénavant encore davantage, par contre, j’ai envie de croire que les amalgames sauteront un jour, parce que ce serait déjà un grand pas vers la Paix… 

Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez… C’est décousu, toutes mes pensées le sont de toute façon, depuis un certain temps, peu importe le sujet, mais j’ai besoin de me donner le droit de cracher ce que je ressens pour ne pas me renfermer comme une huître.

PS : un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog, pour différentes raisons que je ne dirai pas, mais je remercie les personnes qui m’ont contactée en mp ou par mail, pour me parler, suite à mon silence justement❤ 

 

Si un jour on ne voyait plus – Prévention glaucome

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Parfois je ne sais pas si on se rend compte de la chance qu’on a de voir, entendre, sentir, pouvoir toucher, avoir des papilles qui font péter les saveurs dans notre bouche. En somme, prendre le temps de savourer ce qu’offre chacun de nos sens. L’angoisse de ne plus voir aussi bien est parti d’une question récurrente qui touche ma maman à cause d’herpès dans l’oeil droit qui provoque kératite (inflammation de la cornée) et autres problèmes en -ite, signe d’inflammation. Evidemment que je ne le dis pas, mais j’angoisse à l’idée qu’elle ne puisse plus voir à force que l’herpès touche toutes les parties principales de l’oeil. 

Je savoure un peu plus, depuis que je vois la galère dans laquelle cela la met, d’avoir la chance de mettre mes lunettes, le matin, après avoir passé toute la nuit dans un flou provoqué par la myopie, depuis 30 ans maintenant. Sans doute que je me rends compte de ma chance de ne pas avoir de soucis aux yeux en dehors de ce défaut qui ne me gêne plus, il fait partie de moi. J’enfile mes lentilles après m’être préparée, mais juste quand je sors, pour pouvoir mettre mes lunettes de soleil, parce que mes yeux tout bleus sont fragiles comme tous les autres yeux. Et clairs encore davantage. Mais je vois.

5 ans que je n’avais pas vu un ophtalmo et comme j’ai des migraines et qu’il fallait changer ma monture de lunettes, mon rv était ce matin. J’y allais sereine parce que c’était une simple visite de contrôle… et je suis revenue angoissée. Il a suffi qu’on prenne la tension oculaire de mes yeux. 24 dans l’oeil gauche, 24,5 dans l’oeil droit. Beaucoup trop haute évidemment. L’ophtalmo qui me dit « il faut que je vous fasse un OCT pour voir s’il n’y a pas de glaucome » Il me met les résultats sous les yeux, que je ne voyais pas, parce que j’avais laissé mes lunettes sur son bureau et à part des couleurs et mon nerf optique en plein milieu de calculs savants et colorés, je ne voyais pas les chiffres qu’il me montrait, juste son doigt qui indiquait au moins l’endroit où il fallait que je « regarde ». Il m’a juste dit « vous êtes juste à la limite du glaucome au vu des résultats, il faudra que je vous revoie régulièrement ». Pour moi, le mot limite veut toujours dire qu’il est facile de traverser l’autre côté. Je lui ai demandé si j’allais sentir s’il se passait quelque chose au niveau de ma vue si ça venait à s’aggraver et il m’a répondu que non, que c’était justement ça le danger du glaucome, il n’y avait pas de symptômes (à moins d’avoir un glaucome qui arrive d’un coup et que je sentirais venir du coup), et que c’est pour ça qu’il faudrait que je sois surveillée pour voir si les résultats se modifient et qu’on puisse traiter à temps si le nerf optique venait à en subir les conséquences de ce liquide qu’on a dans les yeux et qui ne s’évacue pas bien, provoquant du coup une trop grosse pression sur le nerf. 

Je ne suis pas inquiète (du moins j’essaie de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide), même si j’ai complètement paniquée en sortant de là. Mon réflexe a été de penser à mes nièces que je ne souhaitais pas voir à travers un champ visuel réduit (ou inexistant… oui le moral m’avait définitivement quitté en sortant de là)😉 à ces livres que j’aurais du mal à lire avec leurs lignes trop petites d’un coup ; à toutes ces  photos que je prends et qui me permettent de m’évader, rare moment où je pense juste aux angles souhaités. Vu comme il l’a dit, j’ai ressenti une épée de Damoclès sur ma tête, à me dire qu’à chaque fois que j’aurais une migraine qui me donnait l’impression que mon oeil s’arrachait, j’angoisserais en pensant que c’est ça. Pour l’instant, même si les chiffres ont été affolants, une fois que j’ai vu clair pour les lire, parce que je suis très près du chiffre à ne pas dépasser, je me dis que cette pression n’avait pas réussi à atteindre cette limite et que mon reflet de l’âme que sont mes yeux, resteraient intacts encore un moment..

A chaque fois qu’on sent, voit, touche, goûte, entend, profitons à fond, c’est notre essentiel. Notre base et nos fondations et qu’en garder conscience permet de réaliser chaque jour la chance qu’on a de faire activer tous nos sens. J’en profite pour faire un peu de prévention du coup. Sur le Vieux-Port, il y avait en février, un bus qui informait les personnes qui en étaient touchées. Je m’étais dit que ça devait être terrible de perdre la vue à cause de ce machin là:/ N’hésitez pas à faire des contrôles réguliers pour surveiller vos yeux. Plus c’est pris tôt, plus les traitements peuvent être mis en place rapidement et je pense que ça peut éviter d’arriver dans des cas extrêmes (comprendre repousser au maximum la cécité partielle ou complète…). 

L’autre jour, le médecin m’a envoyée en service de médecine interne à la timone, pour qu’on me fasse une batterie d’examens pour voir si je ne « couve » aucune maladie auto-immune et/ou inflammatoire. Certaines douleurs articulaires ne devraient pas être liées à la fibro. J’attends une place. C’était une semaine remplie de questions, de moral à 0, parce que je suis très douloureuse, je n’assimile pas bien ce que je mange en plus, ce qui m’a valu 1.5kgs en moins en 10 jours, ce qui est énorme pour mon corps, surtout quand on ne sait pas à quoi c’est dû… Je ne sais pas où je vais, à tous niveaux, mais pour l’instant, c’est un mur que j’ai devant les yeux (et je le vois bien en plus…)

Bref… J’ai toujours été contre le fait qu’on me sédate avec un neuroleptique plus fort que le mien, habituel, mais ça fait 2x en quelques semaines qu’il vaut mieux me permettre de dormir d’un sommeil artificiel à tout moment de la journée et de la nuit, pour me donner un peu de répit côté corps et esprit… Ce qui explique mon absence partout, parce que le coeur n’y est pas et surtout je suis fatiguée avec l’envie de dormir à tout moment. Je reviens vite, mais ne rattraperai aucun retard ce coup-çi sur aucun blog. J’ai tendance à m’isoler beaucoup, à ne rien dire dans le « monde réel », quitte à me ranger dans un coin le temps que j’arrive à gérer les mauvaises passes sans emmerder personne, même si parfois j’aimerais pouvoir hurler tout ce mal être qui me ronge, certaines choses font que je me suis jurée de ne plus rien dire. Pas autant que j’ai pu le faire dans le passé, parce que ça s’est retourné contre moi finalement, alors que je pensais pouvoir faire confiance. 

Prenez soin de vous, de votre corps, de votre âme, on sera toujours seul(e)s face à eux quoiqu’il arrive…. A très vite…. 

(article programmé) (un jour, je serai enfin sereine…)

Face à Delphine de Vigan

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La bibliothèque l’Alcazar à Marseille avait organisé une rencontre avec Delphine de Vigan pour parler de son dernier livre « D’après une histoire vraie ». Un livre que j’avais beaucoup apprécié parce que justement, jusqu’au bout, je n’ai pas su dire où était la part de réalité et celle de fiction dans ce qu’elle écrivait. Ce qui donnait une magnifique dimension à son livre et ce qui a fait son succès aussi. L’anecdote la plus belle qu’elle ait racontée est celle d’une lectrice toulousaine, qui lui avait dit qu’elle n’aimait pas les livres de fiction, qu’elle ne lisait que des histoires vécues, des biographies. Elle avait demandé conseil à son libraire qui lui avait mis entre les mains « D’après une histoire vraie ». Vu le titre, cela ne pouvait que plaire à la lectrice du coup. Elle a commencé sa lecture puis au fil des pages, elle a commencé à douter de la véracité de certains faits et a compris que le livre mêlait réalité et fiction, mais a pourtant continué de le lire et au moment des dédicaces, elle a dit à Delphine de Vigan qu’elle l’avait réconciliée avec la fiction.

J’ai trouvé ça si touchant, parce que je me suis demandé quel auteur était capable de faire aimer un genre de livres à une personne alors qu’elle ne l’aime pas. Je ne lis jamais de livres de science-fiction parce que jamais accroché à ce style d’écriture et l’auteur qui pourrait me faire changer d’avis n’est apparemment pas né🙂 Du coup c’est magique quand c’est possible d’y parvenir.

Pendant 1h, elle a aussi évoqué « Rien ne s’oppose à la nuit » qui a donné naissance à « D’après une histoire vraie ». Pour moi l’un n’ira jamais sans l’autre de toute façon, c’est une suite évidente où elle nous mène en bateau et par le bout du nez. Pendant tout ce temps, je crois que j’ai été émue. De ses mots, de ses anecdotes, elle est tellement pudique que finalement on ne sait pas grand chose d’elle (wikipédia n’est pas bien bavard à son sujet par exemple), qu’à chaque révélation, c’est comme soulever un peu des parts de mystère de ce qu’elle représente en tant que femme et auteure, pour la découvrir un peu davantage.

Et surtout sans doute espérer découvrir où se cache le vrai et le faux de ce livre qui m’aura fait tourner en bourrique du début à la fin. Elle préfère laisser à chaque lecteur sa propre interprétation. Et j’ai réalisé après qu’elle l’ait dit que ce serait effectivement dommage de savoir où se cachent les faits réels et ceux qui sont fictifs. Ca détruirait une partie de la magie. Seuls certains de ses proches la connaissent si bien qu’ils savent la partie rendu réelle. Pareil ça m’a touchée, parce que je me suis dit qu’il fallait la connaître entièrement et en profondeur pour connaître ses vraies émotions déposées sur le papier, les faits et savoir ce qu’elle possède au plus profond d’elle-même suite à tout ce qui a pu se passer après la parution de « Rien ne s’oppose à la nuit ». 

Le moment des dédicaces est arrivé et plus je voyais la file d’attente diminuer, plus j’avais le coeur qui battait la chamade. Il n’y a qu’un livre que je n’ai pas lu d’elle, parce que je ne savais pas que l’adaptation ciné venait de son livre (No et moi) et autant je regarde les films après avoir lu les livres, autant je n’aime pas faire le contraire, surtout que je n’avais pas vraiment accroché à celui-çi. 

J’étais avec une de mes amies les plus proches et une de ses amies que je voyais pour la première fois (c’était la journée des belles rencontres🙂 ). Et c’était sympa de partager ce moment toutes les trois déjà et Delphine de Vigan, avant de la connaître à travers tous ses livres, je l’ai connue sous le pseudonyme Lou Delvig avec « Jours sans faim », où à travers le personnage de Laure, elle raconte son propre combat contre l’anorexie. Et j’avais besoin de la remercier de m’avoir accompagnée avec ce 1er livre, que je lisais dès que j’avais un coup de mou ou que je me sentais seule parce qu’elle me donnait espoir de voir le bout du tunnel même si elle était partie de très bas. Et de mon côté, je commençais à découvrir le monde psychiatrique et quelque part, ça me rassurait de savoir qu’elle était passée par ce qui m’attendrait quelques mois, quelques années plus tard. 

Elle est attentive à ce qu’on lui dit, prend le temps d’échanger et moi qui lui avais dit que j’étais toute intimidée, j’ai senti que j’aurais pourtant pu parler avec elle durant des heures. Avant cette rencontre, je la trouvais fascinante, touchante, émouvante, mystérieuse mais pourtant accessible, se confiant avec simplicité, naturel et pourtant avec tant de pudeur. Et le fait de la voir, de l’écouter, d’échanger quelques mots ne m’a que confortée dans ce que je percevais d’elle. L’image que j’avais d’elle était bien réelle, elle n’était pas fictive du tout, contrairement à ce livre qui a fait un tabac🙂 (mérité)

Elle a été un peu la confidente sourde et muette de l’anorexie qui me rongeait. Et je crois qu’on n’oublie pas les personnes qui ont fait partie de ce combat même si c’est très indirectement, comme c’était son cas. Elle ne savait pas qu’une autre Delphine pleurait sur son livre très souvent, parce qu’elle était perdue face à ce qui la faisait mourir à petit feu. Elle a réussi à faire aimer la fiction à une lectrice. Elle a su en 2001 me dire à travers « Jours sans faim » qu’on pouvait aller mieux côté anorexie et voir le bout du tunnel.

Et de votre côté, connaissez-vous Delphine de Vigan et quels livres avez-vous lus et lesquels vous ont le plus marqué ?

Ces plaisirs quotidiens qui font mon bonheur

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Source : Pinterest

A l’arrivée du printemps qui est ma saison préférée, mes plaisirs de chaque jour sont un peu plus nombreux que ceux en hiver où je tremble comme une feuille et en claquant des dents parce que j’ai froid (oui même à Marseille… pour que j’aie chaud, il faut au moins 28°C hihi). Malgré tout, il y a des moments bien compliqués à gérer côté douleur, moral et pour essayer de me tirer vers le haut, j’ai noté tout ce qui me faisait plaisir et me mettait le sourire et me provoquait un peu d’oxygène. Ce sont les plus petits plaisirs qui sont les meilleurs et ils font mon bonheur, même si parfois c’est juste 2mns parce que c’est souvent éphémère ce que je ressens. Mais chaque minute de bonheur est précieuse quand on ne va pas forcément très bien et si on rajoute 1mn par çi par là, à la fin de la journée, on prend conscience que finalement c’est loin d’être si mal qu’on ne le  pense.

J’aime quand je commence à pouvoir entrouvrir la fenêtre, la nuit, parce qu’il fait assez chaud. Mais quand ce n’est pas encore le cas, remonter ma couette jusqu’à mon nez sinon j’ai froid. La 1ère gorgée de coca qui descend dans ma gorge. Le soleil sur mes jambes quand je suis assise sur le balcon. Voir que mes fleurs plantées dans mes jardinières, s’ouvrent. Sentir la terre une fois arrosées. Croiser le regard de ma Happy le matin et me dire qu’elle sera encore là aujourd’hui pour m’accompagner. La sentir m’escalader pour les 1ers câlins du matin. Voir que quelqu’un que j’apprécie a publié une vidéo asmr et pouvoir l’écouter en me couchant. M’hydrater de la tête aux pieds et sentir que ma peau me remercie. Ecouter Marseille éteint la nuit et savourer le (presque) silence. Sentir l’iode qui vient titiller mes narines. Laver mes draps, les faire sécher dehors, les remettre le soir et me plonger dans la douce odeur de lessive et de l’air de dehors (bon ce n’est pas quotidien c’est vrai ^^). Découvrir une nouvelle chanson qui tournera en boucle. Tomber dans un livre et savourer les 1ères pages qui sont les meilleures (je n’ai pas une grande concentration pour lire beaucoup). Les 1ères gouttes chaudes qui dégoulinent sur mon corps pendant ma douche. Entendre des oiseaux chanter. Regarder la lune et les étoiles en pensant au Petit Prince et s’imaginer toutes sortes d’histoires. Lécher la spatule en bois après avoir versé le contenu de la casserole dans mon assiette. Manger le soir devant le replay de « Un dîner presque parfait ». Tomber sur un film et me réjouir de passer un bon moment devant. Pareil pour une série découverte. Manger du chocolat au lait avec des noisettes. Préparer des petits plats simples mais bons et surtout qui me font plaisir.

Ce sont des petites choses accessibles chez soi, à tout moment. La seule façon de le ressentir étant d’avoir conscience de chacun de nos gestes quand on les effectue. Evidemment que lorsque je peux sortir, faire plein de photos et travailler ma formation autant que possible, là c’est du luxe au-delà du bonheur, mais tout cela n’est pas quotidien et surtout pas forcément accessible tout le temps selon mon état, du coup, parfois pour ne pas trop sombrer, on se raccroche à tout ce qui est possible de croiser chez soi.

Quels sont vos plaisirs du quotidien qui font le votre, de bonheur ?