Mes petits et grands bonheurs

Le mystère de l’instant présent peut-être résolu

Un de mes instants présents capturé début novembre. Plage du Prado, Marseille, Nov. 2017

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec cette notion, parce que je suis plutôt énormément dans le passé et un petit peu dans le futur avec des difficultés à me projeter. Les seuls avec lesquels j’arrive sans doute le mieux à me persuader qu’il faut profiter de chaque moment, ce sont mes parents. Plus ils vieillissent, plus cette notion s’imprime à leur égard. Mais je m’employais avant à le faire à tous les niveaux déjà, parce que je sais aussi que c’est la clé pour savourer les bons moments du quotidien que je vole pour me permettre de voir le positif dans le négatif. Tout en n’ayant pas l’impression de le faire suffisamment pourtant. Je l’ai du moins compris ce soir-là, du moins d’octobre. 

J’étais allongée à cause des douleurs. Depuis mon lit, j’ai vue sur un bout du soleil qui se couche. Le ciel était rouge et les couleurs reflétaient dans mes vitres. Il suffisait que je me lève pour aller le voir sur mon balcon, sauf que j’étais mal en point. Au point où me déshabiller juste pour aller aux toilettes représente déjà un effort qui me donne la sensation que toutes mes articulations vont me lâcher en même temps et que mes muscles, mes tendons et mes ligaments vont s’arracher. Bref je me suis dit que le lendemain, le soleil se coucherait tout autant et que j’en profiterais à ce moment là. Et c’est là que j’ai pensé que bien sûr il se coucherait de nouveau, mais peut-être pas dans ce rouge vif s’il faisait moins beau. Et puis les nuages ne seraient pas placés de la même façon non plus. Et puis tous les couchers de soleil sont uniques, celui-là était magnifique encore un peu plus. Et j’ai eu un temps d’angoisse. J’allais le rater pour ne jamais le revoir, c’était nul… Le temps que je me relève et décrasse mes vieux os, le rouge avait un peu disparu, mais je suis restée là un moment avec mon appareil photo, à kidnapper cet instant présent justement, parce qu’il ne se renouvellerait pas et à essayer de faire en sorte que mes yeux mémorisent chaque détail. C’est ce soir-là que j’ai réalisé ce que signifiait réellement l’instant présent. Etre là, sans penser ni à demain, ni à hier. Quelques minutes éphémères où le temps semble s’arrêter.

Depuis, j’ai essayé de consolider cette sensation pour bien m’en imprégner parce que je sais qu’au stade où j’en suis, chaque détail de la vie compte pour que j’arrive à m’y accrocher (la dépression s’est de nouveau installée plus longuement et les idées noires aussi, c’était d’autant plus dur sûrement, en plus des douleurs, de me faire entendre cette notion de carpe diem maintenant). Puis à chaque sortie faite, même si elles n’ont pas été nombreuses, j’ai été attentive à tout ce qui avait autour de moi, en ayant en tête que si je revenais le lendemain, ce ne serait déjà plus pareil. La nature est le meilleur moyen de s’apercevoir de tout ça finalement. Les feuilles qui étaient là hier ne sont plus sur les arbres aujourd’hui. Certaines couleurs présentes quand il y a des nuages disparaissent quand le soleil est là et inversement et donc c’est important de voir les modifications. C’est devenu une obsession de me dire « est-ce que j’ai assez profité de ce que voyaient mes yeux et ce qu’enregistrait mon cerveau ? » J’ai été capable de m’angoisser pour certaines choses, en me voyant mal physiquement, en ayant la notion que chaque moment passait et qu’en même temps mon cerveau était lui-même un peu à la dérive et ça faisait un mélange douteux… C’est passé rapidement, mais la notion d’instant présent est davantage ancrée, même si parfois mon ras le bol de tout, la diminue, mais au lieu de m’angoisser de ne pas arriver à saisir ce temps là, j’accepte que souvent ces derniers temps, je suis à côté de la plaque pour tout et pour tout le monde et que je suis comme beaucoup, je fais de mon mieux. Et que j’ai un peu de mal à me relever, il faut bien le dire… c’était d’autant plus étrange que je comprenne mieux ce qu’on entendait par instant présent, comme si j’avais tenté de le faire en toute conscience et que finalement c’était mon subconscient qui m’avait permis d’y arriver quelque part, parce que rien n’est jamais acquis. Dans quelques jours, j’aurai perdu cette notion de nouveau et peut-être qu’en fait les angoisses ressenties étaient celles-çi. Ne plus parvenir à comprendre ce machin de carpe diem à la noix. Tout ça en faisant une overdose de pensées positives, en parallèle en plus. Mais ça j’essaierai de l’expliquer une fois, parce que je n’arrive pas à poser de mots réels sur cette overdose que je recherche pourtant (j’ai déjà dit que j’étais bizarre et paradoxale ??)

Je partage avec vous des instants présents que j’ai vécus pleinement si on ne compte pas les couchers de soleil. Les feuilles et leurs couleur ou leurs absences du jour au lendemain. La mer déchaînée un jour à cause du mistral et tellement éteinte des jours après par l’absence de vent. Happy qui me fait rire avec sa façon d’être. Profiter d’une émission télé ou d’un film pour juste me concentrer sur ça sans laisser divaguer mon esprit un peu partout. Regarder les nuages en se disant qu’en 39 ans que je vis, ils n’ont jamais eu une seule fois la même forme, la même couleur et la même composition entre eux et que c’est incroyable quand on y pense. Surveiller chaque étoile quitte à me geler sur mon balcon. Allumer la couverture qu’il y a dans mon lit avant de me coucher le soir, pour qu’elle le réchauffe pendant que je prends l’air une dernière fois et que je cours me blottir dans les draps tout de suite après. Essayer de capter le moindre regard dans la rue qui me permette de me raccrocher. Voir cet homme que j’ai tellement l’habitude de voir par terre, les yeux s’ouvrir en grand parce que je lui ai rapporté un sandwich et une bière. Voir ses compagnons de route sagement assis contre lui, se lever pour me faire des câlins (j’ai horreur quand un chien me lèche, mais ça faisait partie de l’instant présent… eurk…) comme s’ils comprenaient que leur papa était content. Voir et écouter cette guitariste mettre du soleil encore davantage sur le Vieux-Port, avec son talent qui fait du bien aux oreilles et être présente juste au moment où un vieux monsieur qui fait de la peinture avec ses doigts tremblants et un genre de raclette et qui a l’habitude d’être là, vienne lui apporter une de ses magnifiques peintures avec un grand sourire.

Rien que pour ça d’ailleurs, ce matin, j’étais contente de m’être fait violence autant physiquement que moralement pour aller voir le marché de Noël. Que je n’ai pas vu parce que j’étais fatiguée d’être restée un peu trop debout à écouter et regarder et que je préférais rentrer avant qu’on me ramasse à la petite cuillère. Alors je me suis dit que demain je reviendrais, avec mon appareil photo pour kidnapper ces instants de vie uniques. Tellement uniques que demain, la même scène ne sera sans doute plus la même parce que l’un sera absent. Ou les deux. Le marché, lui, vu qu’il est là depuis des lustres, ne risque pas de s’échapper pour l’instant, sauf si un incendie venait à détruire les cabanes qui l’abritent… et voilà… j’aurais dû aller le voir quand même… (vous comprenez mieux pourquoi je me crée parfois des angoisses ??… bon c’est exagéré, mais je suis sûre que vous avez compris), mais il y aura d’autres choses qui capteront sans doute mon esprit pour pouvoir en parler de nouveau. Justement parce que c’était l’instant présent. Qui ne se reproduira plus et dont il fallait que je profite au maximum de ce que j’étais capable de faire à ce moment là. 

J’ai toujours profité de chaque moment que mon corps me permettait de vivre mais ces derniers temps c’est plus compliqué parce que je ne respire pas la forme, du coup c’est un peu comme si tout était amplifié quand je me retrouve dans des endroits que j’aime. Me retrouver face à moi-même pour faire le ménage complet en moi, être plus tolérante avec ce corps qui me fait mal, avec mes neurones qui créent des court-circuits au point de ne plus savoir où mon cerveau en est. 

« Et je cours, je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent… »

Je vous laisse avec cette jeune femme qui était sur le Vieux-Port, en espérant la recroiser, même si j’ai savouré chaque note comme si c’était justement la dernière fois que je la voyais.

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Mes petits et grands bonheurs

Des bonheurs sous toutes les coutures

« les bonheurs qu’on arrive à ressentir seule, sont amplifiés quand on peut les partager » Ptite Delph Source photo : Pinterest comme pour toutes les autres photos

Le but de 2016 est de veiller à voir les petits bonheurs du quotidien, parce que je crois davantage à l’accumulation de plusieurs bonheurs chaque jour, que LE bonheur avec un grand B, que beaucoup recherchent toute leur vie, mais c’est une quête vaine à mes yeux, si on n’a pas été capable de voir ce qui nous entoure déjà dans nos vies de tous les jours. J’ai aussi envie de croire que même dans les jours les plus sombres, il y a un petit quelque chose qui nous fait dire « bon, la journée était pourrie pour X raison(s), mais j’ai vu un beau film par contre, senti de bonnes odeurs de nature, mangé quelque chose qui a éveillé mes papilles ». C’est ça le vrai bonheur finalement, parce qu’il nous est accessible à tout moment, à condition qu’on ouvre tous nos sens pour le ressentir, le voir, l’entendre etc. Selon la nature du bonheur, même s’il est tout mini. L’idée et le besoin de faire ça est venue alors que j’étais en train de marcher dans une forêt qui est juste derrière la maison de mes parents. Il avait plu et j’adore les odeurs post pluie, la terre mouilllée, les arbres, les feuillles. J’ai inspiré un grand coup pour renifler tout ça et je me suis sentie juste libre. Alors autant dire que l’envie de retrouver cette sensation au moins une fois dans la journée grâce à quelque chose s’est vite fait sentir ^^

Ce n’est pas forcément simple pour moi de changer un peu cette façon de percevoir les choses, surtout avec mon pessimisme légendaire en plus de mes idées sombres et mes pensées de travers bien trop souvent. Mais j’ai besoin de modifier mon mode de pensées pour avancer et voir la vie où elle est réellement. Du coup, après avoir fouiné sur Youtube, sur Pinterest, j’ai trouvé des petites choses qui pourront m’aider à veiller de plus près à tout ce qui se passe dans ma journée. Trois principalement qu’on retrouve souvent :

1- Le tableau d’inspiration ou de rêves

J’ai rassemblé plusieurs photos qui se rapprochent de ce que je souhaite pour 2016. Je l’ai mis en fond d’écran sur mon pc, pour l’avoir sous les yeux et de ne pas perdre de trop les objectifs fixés et les envies de l’année. Chaque ligne correspond à un thème plus précis pour savoir où poser mes yeux quand je me sens peut-être plus démotivée ou que je ne crois plus en certaines choses… La 1ère ligne est tout ce qui est amitié / amour, la 2nde tout ce qui concerne mes projets professionnels et d’écriture, la 3ème l’envie de m’évader que ce soit sur Marseille ou dans d’autres pays via des photos et leurs traditions (merci encore Pinterest 🙂 ). La 4ème ligne regroupe sûrement le plus important finalement : la recherche de soi, la relaxation, la méditation, prendre soin de soi pour espérer le maximum de sérénité. Et la dernière ligne est simplement ce que j’aime faire et que je mets peut-être trop de côté pour différentes raisons et que j’ai besoin de retrouver.

Epanouissement, élargir les horizons, aimer, sérénité, pourraient être les mots majeurs de ce tableau en gros.

Merci Pizap et Pinterest

2- Défi photos Instagram

Chaque jour, je partage une photo qui va caractériser un petit bonheur du jour. J’ai mis le #1jour1bonheur1photo (si ça vous dit de me suivre dans cette mini aventure d’ailleurs, même si ce n’est pas journalier, n’hésitez pas à mettre ce # pour regrouper tous nos petits bonheurs 🙂 ) C’est en regardant mon profil IG que je suis tombée sur des photos en me disant « ah oui, c’était à tel moment, c’était chouette ! » J’étais contente de retrouver ces instants furtifs partagés sur mon compte. Un petit aperçu de quelques photos prises sur mon petit IG :

pizap.com14528227745431

3- La boîte à bonheurs

Dans une jolie boite que j’ai achetée (enfin il y en a 2 si je n’avais pas assez de place ^^) pour 3€ les 2, rien que ça, c’était un ptit bonheur 🙂 je mets des petits bouts de papier que je plie et ouvrirai à la fin de l’année et c’est motivant je pense de voir la boite qui se remplit au fil de l’année. J’y mettrai des choses qui vraiment ont pu provoquer un bien-être un peu plus durable que le ptit bonheur quotidien

Voilà en gros pour mes tentatives de capturer de toutes sortes de façons, ce qui me procure des bonheurs, des instants de bien-être.. de vie tout simplement. Et vous, comment vous percevez les bonheurs quotidiens ? Vous en conservez des traces quelque part d’une façon ou d’une autre ?