Combats qui me touchent

Street Art au Cours Julien – Marseille

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Cabu – Rue Bussy l’Indien, 6ème arrondissement

Le Cours Julien est un quartier où il n’y a pas mieux comme symbole de liberté d’expression, à mes yeux. Couleurs, musique, bars où sont donné des concerts de toutes sortes, terrasses animées et colorées et surtout street art. Artistique et bohème. Des murs peints à longueur de quartier et aux petites rues alentour. J’ai d’ailleurs pris goût à cette forme d’art, dans ce quartier, parce que je n’en avais jamais vu avant d’y aller me balader pour la première fois. C’est çà qui est magique à Marseille, comme je pense avoir déjà eu l’occasion de le dire dans d’autres posts. Le mélange des cultures, des pensées, des façons de vivre. On peut passer de la couleur à la noirceur en une station de métro. On peut même changer de pays entre deux stations aussi.

Depuis le 7 janvier, Cabu figure dans une de ces rues. Fier, il a pris sa place sur un des murs. Magnifique et tellement réaliste, il est là… et quand on le voit lui, on voit tous ceux qui sont partis en même temps que lui, ce jour-là. L’artiste qui a réalisé ce tag est un phénomène, pour moi qui ne sais pas dessiner un petit bonhomme à mes nièces 🙂 

J’en ai fait une vidéo pour que tout soit rendu un peu plus vivant de ce quartier qui l’est tant. A notre liberté d’expression. En la mémoire de tous ces êtres disparus… tant qu’on continue à s’exprimer, c’est qu’on tient debout… Quelque soit la façon de dire les choses…


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Station métro « Notre Dame du Mont »

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Un petit complément en musique en vidéo (vous verrez dans l’intro, à quel point je ne sais pas mentir… j’ai eu un ptit bug, mais au moins je suis naturelle ^^)

Combats qui me touchent

Parce que le dessin peut tuer

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Je voulais garder mon blog sous silence, pour rendre hommage aux 12 personnes tuées, mais je me dis que le silence, c’est leur donner raison à ces dingues que je flinguerais sur place, si je faisais partie de la justice… 

Hier, je voyais Mathieu Madénian, qui était absent à la réunion parmi ses collègues et amis et qui réalise qu’il a survécu à ce carnage, apprendre en direct d’un coup, la mort de Charb et Cabu. Une équipe qu’il avait rejointe il y a 3 mois. Il parlait de Charb au présent, je n’ai pas réalisé tout de suite qu’il ne savait pas encore…. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je n’ai pas osé me mettre à sa place et ressentir ce qui a dû se passer en lui, j’avoue… 

Dessiner librement ce qu’on pense et vit à travers la société, peut tuer. Si demain j’écris un post satirique, on va m’attendre aussi en bas de chez moi et me descendre ? On en est venu vraiment là alors ??

J’ai imaginé les enfants en âge de comprendre ce massacre, demander à leurs parents, pourquoi… « parce qu’ils dessinaient, recevaient sans cesse des menaces, mais continuaient à exprimer ce qu’ils voyaient de la société où tu vis, mon chéri, parce que normalement, c’est ce qu’on appelle la liberté d’expression »… Normalement oui. Mais c’est de moins en moins le cas. Pour un mot de travers, on reçoit des pierres dans la tronche. Pour des propos qui ne plaisent pas, on reçoit des coups. Pour dessiner ce qu’on voit de la société, on reçoit des balles fatales.

La liberté d’expression, pour moi, est morte hier, en même temps qu’eux. Mais il faut malgré tout continuer pour eux, pour nous et notre propre liberté d’expression, pour que çà n’arrive plus, pour ne jamais se taire quoiqu’il arrive… 

Je ne parlerai pas du côté politique et religieux de ce carnage. Ce serait juste bien de ne pas faire d’amalgames.

Qu’ils reposent en paix. Des pensées pour leurs familles. Merci pour la solidarité qui s’est formée instantanément hier dans toutes les villes. 

JE SUIS CHARLIE.

 

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