Mes petits et grands bonheurs

Le mystère de l’instant présent peut-être résolu

Un de mes instants présents capturé début novembre. Plage du Prado, Marseille, Nov. 2017

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec cette notion, parce que je suis plutôt énormément dans le passé et un petit peu dans le futur avec des difficultés à me projeter. Les seuls avec lesquels j’arrive sans doute le mieux à me persuader qu’il faut profiter de chaque moment, ce sont mes parents. Plus ils vieillissent, plus cette notion s’imprime à leur égard. Mais je m’employais avant à le faire à tous les niveaux déjà, parce que je sais aussi que c’est la clé pour savourer les bons moments du quotidien que je vole pour me permettre de voir le positif dans le négatif. Tout en n’ayant pas l’impression de le faire suffisamment pourtant. Je l’ai du moins compris ce soir-là, du moins d’octobre. 

J’étais allongée à cause des douleurs. Depuis mon lit, j’ai vue sur un bout du soleil qui se couche. Le ciel était rouge et les couleurs reflétaient dans mes vitres. Il suffisait que je me lève pour aller le voir sur mon balcon, sauf que j’étais mal en point. Au point où me déshabiller juste pour aller aux toilettes représente déjà un effort qui me donne la sensation que toutes mes articulations vont me lâcher en même temps et que mes muscles, mes tendons et mes ligaments vont s’arracher. Bref je me suis dit que le lendemain, le soleil se coucherait tout autant et que j’en profiterais à ce moment là. Et c’est là que j’ai pensé que bien sûr il se coucherait de nouveau, mais peut-être pas dans ce rouge vif s’il faisait moins beau. Et puis les nuages ne seraient pas placés de la même façon non plus. Et puis tous les couchers de soleil sont uniques, celui-là était magnifique encore un peu plus. Et j’ai eu un temps d’angoisse. J’allais le rater pour ne jamais le revoir, c’était nul… Le temps que je me relève et décrasse mes vieux os, le rouge avait un peu disparu, mais je suis restée là un moment avec mon appareil photo, à kidnapper cet instant présent justement, parce qu’il ne se renouvellerait pas et à essayer de faire en sorte que mes yeux mémorisent chaque détail. C’est ce soir-là que j’ai réalisé ce que signifiait réellement l’instant présent. Etre là, sans penser ni à demain, ni à hier. Quelques minutes éphémères où le temps semble s’arrêter.

Depuis, j’ai essayé de consolider cette sensation pour bien m’en imprégner parce que je sais qu’au stade où j’en suis, chaque détail de la vie compte pour que j’arrive à m’y accrocher (la dépression s’est de nouveau installée plus longuement et les idées noires aussi, c’était d’autant plus dur sûrement, en plus des douleurs, de me faire entendre cette notion de carpe diem maintenant). Puis à chaque sortie faite, même si elles n’ont pas été nombreuses, j’ai été attentive à tout ce qui avait autour de moi, en ayant en tête que si je revenais le lendemain, ce ne serait déjà plus pareil. La nature est le meilleur moyen de s’apercevoir de tout ça finalement. Les feuilles qui étaient là hier ne sont plus sur les arbres aujourd’hui. Certaines couleurs présentes quand il y a des nuages disparaissent quand le soleil est là et inversement et donc c’est important de voir les modifications. C’est devenu une obsession de me dire « est-ce que j’ai assez profité de ce que voyaient mes yeux et ce qu’enregistrait mon cerveau ? » J’ai été capable de m’angoisser pour certaines choses, en me voyant mal physiquement, en ayant la notion que chaque moment passait et qu’en même temps mon cerveau était lui-même un peu à la dérive et ça faisait un mélange douteux… C’est passé rapidement, mais la notion d’instant présent est davantage ancrée, même si parfois mon ras le bol de tout, la diminue, mais au lieu de m’angoisser de ne pas arriver à saisir ce temps là, j’accepte que souvent ces derniers temps, je suis à côté de la plaque pour tout et pour tout le monde et que je suis comme beaucoup, je fais de mon mieux. Et que j’ai un peu de mal à me relever, il faut bien le dire… c’était d’autant plus étrange que je comprenne mieux ce qu’on entendait par instant présent, comme si j’avais tenté de le faire en toute conscience et que finalement c’était mon subconscient qui m’avait permis d’y arriver quelque part, parce que rien n’est jamais acquis. Dans quelques jours, j’aurai perdu cette notion de nouveau et peut-être qu’en fait les angoisses ressenties étaient celles-çi. Ne plus parvenir à comprendre ce machin de carpe diem à la noix. Tout ça en faisant une overdose de pensées positives, en parallèle en plus. Mais ça j’essaierai de l’expliquer une fois, parce que je n’arrive pas à poser de mots réels sur cette overdose que je recherche pourtant (j’ai déjà dit que j’étais bizarre et paradoxale ??)

Je partage avec vous des instants présents que j’ai vécus pleinement si on ne compte pas les couchers de soleil. Les feuilles et leurs couleur ou leurs absences du jour au lendemain. La mer déchaînée un jour à cause du mistral et tellement éteinte des jours après par l’absence de vent. Happy qui me fait rire avec sa façon d’être. Profiter d’une émission télé ou d’un film pour juste me concentrer sur ça sans laisser divaguer mon esprit un peu partout. Regarder les nuages en se disant qu’en 39 ans que je vis, ils n’ont jamais eu une seule fois la même forme, la même couleur et la même composition entre eux et que c’est incroyable quand on y pense. Surveiller chaque étoile quitte à me geler sur mon balcon. Allumer la couverture qu’il y a dans mon lit avant de me coucher le soir, pour qu’elle le réchauffe pendant que je prends l’air une dernière fois et que je cours me blottir dans les draps tout de suite après. Essayer de capter le moindre regard dans la rue qui me permette de me raccrocher. Voir cet homme que j’ai tellement l’habitude de voir par terre, les yeux s’ouvrir en grand parce que je lui ai rapporté un sandwich et une bière. Voir ses compagnons de route sagement assis contre lui, se lever pour me faire des câlins (j’ai horreur quand un chien me lèche, mais ça faisait partie de l’instant présent… eurk…) comme s’ils comprenaient que leur papa était content. Voir et écouter cette guitariste mettre du soleil encore davantage sur le Vieux-Port, avec son talent qui fait du bien aux oreilles et être présente juste au moment où un vieux monsieur qui fait de la peinture avec ses doigts tremblants et un genre de raclette et qui a l’habitude d’être là, vienne lui apporter une de ses magnifiques peintures avec un grand sourire.

Rien que pour ça d’ailleurs, ce matin, j’étais contente de m’être fait violence autant physiquement que moralement pour aller voir le marché de Noël. Que je n’ai pas vu parce que j’étais fatiguée d’être restée un peu trop debout à écouter et regarder et que je préférais rentrer avant qu’on me ramasse à la petite cuillère. Alors je me suis dit que demain je reviendrais, avec mon appareil photo pour kidnapper ces instants de vie uniques. Tellement uniques que demain, la même scène ne sera sans doute plus la même parce que l’un sera absent. Ou les deux. Le marché, lui, vu qu’il est là depuis des lustres, ne risque pas de s’échapper pour l’instant, sauf si un incendie venait à détruire les cabanes qui l’abritent… et voilà… j’aurais dû aller le voir quand même… (vous comprenez mieux pourquoi je me crée parfois des angoisses ??… bon c’est exagéré, mais je suis sûre que vous avez compris), mais il y aura d’autres choses qui capteront sans doute mon esprit pour pouvoir en parler de nouveau. Justement parce que c’était l’instant présent. Qui ne se reproduira plus et dont il fallait que je profite au maximum de ce que j’étais capable de faire à ce moment là. 

J’ai toujours profité de chaque moment que mon corps me permettait de vivre mais ces derniers temps c’est plus compliqué parce que je ne respire pas la forme, du coup c’est un peu comme si tout était amplifié quand je me retrouve dans des endroits que j’aime. Me retrouver face à moi-même pour faire le ménage complet en moi, être plus tolérante avec ce corps qui me fait mal, avec mes neurones qui créent des court-circuits au point de ne plus savoir où mon cerveau en est. 

« Et je cours, je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent… »

Je vous laisse avec cette jeune femme qui était sur le Vieux-Port, en espérant la recroiser, même si j’ai savouré chaque note comme si c’était justement la dernière fois que je la voyais.

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Des combats qui me touchent

Ces astuces qui m’aident contre la dépression

… C’est surtout de SE retrouver… Source image : Pinterest

Je me suis demandé si j’étais bien placée pour faire ce genre de post, vues les circonstances que sont les miennes depuis plusieurs mois. Mais après réflexion, je me dis que c’est surtout un échange de ce que j’ai pu tester et découvrir et je parle en connaissance de cause pour le coup. Après, on dit souvent que les conseilleurs sont souvent les plus mauvais payeurs, c’est pour cette raison que j’ai préféré utiliser le mot « astuces » que « conseils » qui était un terme trop fort pour moi. La dépression, me concernant est chronique (liée au trouble borderline qui entraîne un mode de pensées pas toujours bien gai… et les douleurs qui renforcent tout ce joyeux bordel…), mais il y a des périodes où j’ai de sacrés pics vers le bas pendant lesquels je me sens encore plus mal, du coup et c’est là que les idées suicidaires sont tellement compliquées à surmonter, en gros…

Des astuces que je ne suis pas toujours apte à tenir malheureusement selon les jours. Et physiquement parfois, c’est aussi infaisable. Mais on va dire que j’essaie de les appliquer parce que je me suis aperçue qu’elles amenaient un léger mieux, surtout quand je suis dans une « phase habituelle de dépression » on va dire :/ 

1- Prendre soin de soi est important. Parfois prendre une douche et s’habiller est un effort qu’on ne peut pas soupçonner si on n’a jamais été dans ce gouffre là. Je ne reste jamais en pyjama, me force à m’habiller, même quand je sais que pour des raisons physiques, je passerai davantage de temps allongée que debout (ce que j’évite au maximum pour le côté fibro, mais parfois tout mélangé, on fait comme on peut…). Soins du visage, des cheveux, du corps. Sentir les odeurs des produits utilisés, se parfumer. Le but étant de ne pas augmenter la mauvaise estime de soi qu’on peut avoir dans ce genre de moments, en se regardant dans le miroir et avoir un reflet qui nous dégoûte encore davantage… Si on prend soin du corps, on prend soin de l’esprit aussi par la même occasion… Les sensations peuvent être temporaires évidemment, mais dans ce combat, chaque minute de répit est une bouffée d’oxygène à voler. Et quand on arrive à se sentir au moins un tout petit peu jolie, c’est agréable.

2- Ranger, nettoyer au fur et à mesure. J’ai remarqué que quand mon petit chez moi est propre et assez bien rangé à mes yeux, c’est comme si on rangeait quelque chose dans ma tête (alors dit comme çà, je conçois que c’est étrange…) Personne ne se sent bien au milieu d’un bordel monstre, surtout que la pagaille est souvent déjà dans notre tête, alors on libère et nettoie ce qui peut l’être. Je me sentirais plus mal si je voyais mon lit rempli de choses, ma table pareil et mes meubles dans le même état et sales en plus, pour résumer.

Un petit bout de moi, au milieu de mes bibelots, de photos. Je ne suis pas déco du tout, j’ai davantage besoin d’un cocon que d’un studio sorti d’un magazine…

3- Chaque matin, écrire des petites choses à faire durant la journée (selon les possibilités du moment, ce n’est pas la peine de faire une liste géante dont on saura très bien qu’on est incapable de faire les 3/4). Mais par exemple, faire quelque chose qui nous tient à coeur si on travaille sur un projet par exemple, ranger des papiers etc… tout dépend de la vie de chacun après. Et barrer dès que cette fameuse chose est faite. Le coup de crayon sur ce qu’on vient de réussir à réaliser, fait du bien. L’idéal étant qu’à la fin de la journée, la liste soit complètement barrée, c’est valorisant. Personnellement je me dis que j’ai quand même été capable de faire quelque chose, je vais moins me traiter de « sale merde » (oui je peux être très sympa avec moi, c’est d’ailleurs une astuce à rajouter, de se montrer plus sympa envers soi… mais je ne peux pas pour le moment, d’où le fait qu’elle ne fasse pas partie de cette liste…). C’est une satisfaction personnelle, parce que seule nous savons à quel point elle a pu nous coûter en efforts, cette astuce là… 

4- Sur la même lancée, ne pas remettre au lendemain ce qui est possible de faire le jour même (oui je fais partie des personnes qui procrastinent mais je me soigne humhum…). Plus on entasse, moins on aura le courage d’affronter le tas de papiers à faire et rien ne disparaîtra d’un coup de baguette de magie. Harry Potter n’est pas encore passé par là, zut ^^ (chaque mois, je bénis les prélèvements automatiques, sinon à l’heure actuelle, je serais dehors pour retard de paiement de loyers ou sans électricité, sans internet et sans téléphone. Là je sais que tout se fait et que j’ai juste à vérifier mon compte pour surveiller que tout a été fait correctement). C’est valable pour les papiers mais aussi pour tout ce qui représente une corvée finalement. Et puis au moins on est débarrassée une fois que c’est fait et çà libère de la place dans la tête au lieu de sans arrêt se dire « ohlala j’ai çà à faire et puis çà, hannn et puis çà » et pour le coup, le moral prend encore un sale coup, quand on s’aperçoit, qu’on n’arrivera jamais au bout de ce qui nous attend. 

5- Se faire des petites plaisirs. Manger quelque chose qu’on aime, jouer avec le petit compagnon à 4 pattes de la maison ^^, lire, écouter de la musique, lire (si on arrive à se concentrer…), regarder un film, dessiner. Déjà çà occupe l’esprit et ce sont des petits plaisirs accessibles à tous financièrement, pas besoin d’aller dévaliser les magasins pour y trouver du réconfort (même si çà ne fait pas de mal non plus de temps en temps quand on peut ^^ mais si on peut éviter de s’endetter avec des achats compulsifs, ce n’est pas plus mal hein, pour sortir de la dépression). Et à la fin de la journée, noter ces plaisirs. J’ai un petit carnet où je les inscris, ainsi que les petits bonheurs qui ont mis de la couleur à la journée. A relire dans les moments dans lesquels on est au plus mal, en se disant que c’était possible à un certain moment et que c’est possible que cela revienne…

6- Se ressourcer dans la nature. J’aime regarder mes arbres devant chez moi et mes fleurs sur mon balcon, respirer l’air frais la nuit, sentir le soleil sur ma peau et dès que je peux physiquement, je prends mes jambes à mon cou pour aller dans un endroit que j’aime. La mer ou à proximité des collines, la plupart du temps. Un endroit où je peux être tranquille déjà côté sonore (coucou l’hyperacousie ^^) et être face à moi-même et ne faire qu’une avec la nature. C’est sûrement le seul endroit où je trouve un peu de sérénité, camouflée derrière mon appareil photo

Dame Nature, ma meilleure amie… Etangs d’Echenans, Doubs, Eté 2013

7- Avoir toujours ses projets à portée de main. Les miens sont notés en grand sur une feuille que j’ai pris soin de faire toute jolie pour la rendre agréable à regarder et ils me permettent de me rappeler la raison de mes combats… Même ceux qui ne seront pas forcément réalisables pour différentes raisons. Tant qu’on n’est pas sûre, il vaut mieux les tenir écrits quelque part 😉 Cà peut aller du plus petit projet au plus important. De mon côté, c’est aussi différents défis à relever dans certains domaines. Je n’en dis pas plus parce qu’il est prévu que j’en parle dans un autre post.

8- Accepter les amie(e)s et les sorties qu’ils/elles proposent. Je m’isole beaucoup et à force d’entendre les uns et les autres entendre « je vais essayer de trouver le temps » et on n’en voit jamais la couleur, par contre, on tombe sur des photos ou des statuts fb et ils avaient du temps pour d’autres ami(e)s mais bon… c’est un autre sujet aussi… mais ce n’est pas valorisant dans tous les cas et j’ai tendance à me renfermer sur moi-même encore davantage parce que je me dis que çà veut dire que je n’apporte plus rien, ou pire que je ne manque pas et qu’on ne veut plus me voir. Je me dis que je ne sert à rien pour les gens pour lesquels je pensais avoir au moins un peu d’importance. Du coup, quand quelqu’un a envie de me voir, j’essaie d’être là maintenant, même si physiquement je ne suis pas forcément au top, j’ai au moins l’impression d’avoir été vivante. Samedi dernier, j’ai fait une très belle rencontre, mais je sais que si j’avais écouté mon corps et mon moral, j’aurais annulé pour la Xième fois. Et j’ai été loin de regretter le fait d’avoir pris sur mon corps et mes pensées négatives « je suis nulle », parce que c’était une après-midi tellement agréable 🙂 C’est là que j’ai pris conscience de mon isolement finalement… Et qu’on a tous besoin des uns et des autres pour avoir un regard extérieur sur soi

9- Se forcer à sortir ne serait-ce qu’un 1/4 d’h (là c’est l’hôpital qui se fout de la charité, parce que je ne suis pas sortie pendant 1 semaine et cela arrive malheureusement très souvent ces derniers mois…). Mais je me souviens du jeune pompier qui me surveillait pendant qu’on m’emmenait aux urgences suite à ma 2nde ts. Il essayait de me faire parler pour me maintenir éveillée et m’avait dit « essayez de sortir un peu chaque jour pour voir des gens, même si vous ne leur parlez pas, juste le fait de les voir, met en contact » Et c’est vrai que j’y pense souvent à cette phrase. Parfois je rentre, je suis contente d’avoir croisé un joli sourire d’une personne, d’avoir échangé 2 mots avec quelqu’un, avoir regardé un enfant qui me fixait avec son plus grand sourire. Des moments tellement banals… qui prennent tant d’importance quand on n’arrive plus vraiment à sortir comme avant… Et puis on s’oxygène les neurones en même temps ^^

10- S’occuper l’esprit. Avant je faisais beaucoup de choses en decopatch, ou scrapbooking, et des petites choses en perles, maintenant c’est plus dur physiquement. J’essaie de me réfugier dans tout ce qui est méditation, relaxation, qi qong. J’aime bien lire des citations aussi et les utiliser avec mes photos. Pinterest est par exemple un super endroit pour s’évader. Les séries aussi. Bref, tout ce qui permettra de penser à autre chose et détourner de ce qui fait tant souffrir, quand on sent que les pensées, ruminations et compagnie viennent trop nous pourrir notre espace vital…

11- Ecrire tout ce qui vient. Je dis souvent que tout ce qui est sur le papier n’est plus dans la tête. Alors, si, c’est toujours dans la tête, mais de pouvoir mettre des mots dessus, peut être un exutoire. Ce n’est pas pour rien qu’à part la semaine dernière où j’étais vraiment au ras des pâquerettes autant physiquement que moralement et que le coeur n’était vraiment pas à venir ni vous lire, ni à écrire, j’avais été un peu plus présente, les temps derniers. Je me réfugiais beaucoup sur mon blog, d’où l’importance aussi d’en faire un coin qui nous convient le mieux, avec des photos et des images qui nous correspondent. 

Voilà ma petite liste d’astuces personnelles pour essayer de me tirer vers le haut. Comme dit, si çà marchait à 100%, je serais en meilleur état, mais c’est aussi plus complexe à gérer comme maladie. Ces astuces permettent juste de pouvoir souffler un peu dans la journée et si on les additionne, c’est déjà bien, quand on peut les appliquer.

Pour les personnes qui souffrent de dépression, qu’est ce qui peut vous faire du bien, de votre côté ? Qu’est ce qui pourrait venir augmenter cette liste ? Je n’ai pas parlé de sport évidemment, parce que bon… 🙂 mais c’est évidemment quelque chose que je faisais avant la fibro pour sortir tout ce que je pouvais emmagasiner dans ce qui me sert de cerveau (ce morceau de gruyère hum… ^^)

J’ai oublié le principal…… Evitez les personnes toxiques au maximum de ce qui est possible….. Et les infos.  Parfois, c’est nécessaire de se protéger, çà ne fera pas de nous quelqu’un d’inhumain si on ne sait pas ce qui s’est passé dans les 4 coins du monde… 

Des soins beauté que j'utilise

Concilier féminité et maladie

Quelque soit la maladie, on peut vite avoir l’impression de ne plus être une femme, mais juste une chose à laquelle on administre des médicaments, qu’on pique, qui est branchée à toutes sortes de perfusions, qui subit les conséquences physiques des traitements lourds.

Dans ce 1er article sur le sujet, je vais en parler me concernant déjà. Le 2ème article sera davantage tourné vers les personnes atteintes d’un cancer et l’importance de l’esthétisme dans ce cadre là.

Trompe-couillon de sortie… mais est-ce qu’on voit la maladie ? (c’est une période où j’étais en crise, j’allais être hospitalisée peu de temps après, dans l’unité anti-douleurs pour y suivre la cure de kétamine que je suis censée faire tous les 6 mois, donc ce n’était pas la forme… mais c’était séance photothérapie pour me retrouver en tant que personne, sous la douleur constante et le moral qui partait en vrille…

Anorexique, j’avais tendance à délaisser mon corps, à ne pas en prendre soin (quand on considère que quelque chose n’existe pas, c’est un peu logique, ce manque d’engouement pour lui… et puis il faut être honnête je m’en foutais…). Je me douchais et c’était largement suffisant. Toucher mon corps, retrouver des sensations etc… sont des éléments qui faisaient partie de la thérapie, dans la clinique où j’étais. Le but étant de me réapproprier mon corps justement. Je n’en dirai pas beaucoup sur le sujet, parce que c’est quelque chose dont je parle dans « Un corps dans la tourmente ». Les 1ers temps ont été difficiles, mais au fil du temps que je faisais ce travail sur moi-même, çà allait aussi mieux de ce côté là. J’ai recommencé à sentir les odeurs des crèmes, des laits corporels, à avoir envie de toucher à ne serait-ce qu’un mascara. Prendre soin de moi, hydrater mon corps, c’était faire un 1er pas vers lui. J’ai fini par l’intégrer sur mon nouveau disque dur.

Après, il y a des passages de ma vie aussi qui m’ont fait comprendre que dans la maladie, se faire du bien, était important et apportait un mieux-être, à défaut de pouvoir guérir malheureusement. Ma grand-mère a été hospitalisée en urgence, on a pris ses affaires de toilettes de base, on va dire. A la visite suivante, avant de partir, j’ai vu son petit pot de crème posé près du lavabo, je l’ai pris avec moi,  avec une intention bien particulière. Dans la famille, on n’est pas vraiment tactiles et assez pudiques. Je n’avais jamais touché ma grand-mère finalement. Arrivée dans sa chambre, elle était groggy parce qu’on lui avait donné des médicaments et comme elle ne mangeait plus rien, les médecins venaient de lui poser une sonde naso-gastrique. Elle a ouvert les yeux, en me disant d’une toute petite voix, en me voyant m’approcher près de son visage « qu’est ce que tu fais ?? ». Je lui ai expliqué que j’allais lui mettre un peu de crème, pour qu’elle se sente un peu comme chez elle déjà et qu’elle retrouve cette odeur qui j’espérais la rassurerait au milieu de ces murs blancs. J’ai commencé à appliquer la crème en profitant pour lui faire un ptit massage, elle a fermé les yeux, j’ai supposé qu’elle se sentait bien du coup et qu’elle se détendait. Quand j’ai enlevé mes mains, elle a réouvert ses yeux et m’a dit avec son ptit sourire tout faible « çà fait du bien…. »

A travers ce geste simple, au milieu de son spaghetti qui lui couvrait le visage, elle avait ressenti un petit instant de mieux-être. Geste que j’ai recommencé du coup, chaque jour quand on allait la voir. Quand elle est rentrée à la maison, on avait dû lui faire couper ses beaux cheveux noirs, tout court, pour pouvoir mieux les laver. Je m’amusais à lui faire des ptites couettes, elle se laissait faire, chose qu’elle n’aurait jamais faite, avant, en temps normal. On aurait dit que ce mieux-être d’un moment, elle en avait besoin. Alors je lui ai donné, çà me faisait chaud au coeur de la voir sourire, voire rire, quand on piquait un fou rire, parce que mes couettes étaient ratées 🙂 Je n’ai jamais été aussi proche d’elle qu’à ce moment là… Elle est morte 2 mois après, çà fait 20 ans que je l’ai perdue, mais ces gestes là, comme beaucoup d’autres souvenirs évidemment, m’ont marquée et j’ai pris conscience une 1ère fois qu’on avait beau être malade sur le point de mourir comme c’était son cas, les soins aussi minimes qu’ils étaient lui apportaient quelque chose qui soulageait un peu son quotidien qui était devenu bien épuisant pour elle.

La 2nde fois où j’ai pris conscience de l’importance de prendre soin de soi, c’était avec une de mes voisines de chambre, à la clinique où justement on m’avait quelques mois auparavant, réappris à faire ces gestes pour me réapproprier mon corps. M.P avait une 10zaine d’années de plus que moi, 36 ans. Elle était belle comme un coeur, mais la dépression faisait qu’elle ne s’occupait plus d’elle et qu’elle ne se douchait même plus. Elle me regardait comme admirative et un jour elle m’a dit « comment tu fais, tu vas mal, tu tiens à peine debout et pourtant, tu trouves toujours le courage de te doucher, de te mettre de la crème et tu sens toujours tellement bon ». Je lui ai expliqué déjà qu’au fil du temps, j’avais pris conscience que faire çà m’aidait à percevoir mon corps d’une autre façon et que bizarrement, çà me rendait mieux, je me sentais moins « déchet » (désolée pour le mot…) et que même si çà me coûtait parfois de le faire, je préférais le faire pour garder un peu de dignité et ne pas avoir honte de mon apparence dans le miroir. Cà ne me guérissait pas, je ne mangeais toujours rien, me percevais énorme malgré mes 37kgs et la dépression qui me rongeait ne me donnait pas toujours la force de le faire, mais je savais que si je ne le faisais pas, c’était encore pire. Je l’avais remarqué malgré tout. En plus, je ne connaissais personne à Marseille et la clinique ne lavait pas le linge, donc je lavais tout à la main. Jeans, pulls, tout passait dans la douche où j’essorais tout. C’était dur au fil des mois de faire çà, mais au moins, j’étais dans des vêtements propres tout le temps.

Je lui ai dit « essaie d’aller au moins prendre une douche et de changer tes vêtements », tu vas voir comme çà fait du bien de sentir l’eau chaude sur ton corps, çà va te détendre. J’ai été contente de la voir se lever pour se diriger vers la salle de bain et entendre enfin l’eau couler. Quand elle est ressortie, son visage était détendu, elle m’a regardée avec un doux sourire en me disant « tu as raison, çà fait du bien ». Pareil que pour ma grand-mère, je n’ai jamais oublié son regard et son sourire.

J’ai toujours continué sur ce chemin. A 37kgs. En dépression très grave. Je ne voulais pas que la maladie m’enlève ce qui pouvait rester de féminité en moi et c’était un moyen de la récupérer. Quand j’ai recommencé à me maquiller un minimum, à vouloir ressembler à quelque chose, j’étais toujours au fond du trou, mais quelque part, cela me faisait du bien au moral de prendre soin de moi, d’avoir des odeurs agréables sur moi, de me sentir belle, parce qu’un peu de mascara était passé par là. J’avais moins peur du regard des autres et mon regard à moi a aussi changé sur moi-même, en positif.

Maintenant avec la fibromyalgie, beaucoup de gestes sont compliqués à faire. Parfois, me laver les cheveux me demandent un effort qui entraîne de fortes douleurs, à force de tenir le pommeau de douche et d’avoir le bras levé. Pareil pour les sécher, c’est un enfer. Me maquiller, je ne le fais pas toujours, parce que mon bras ne tient pas forcément la route, alors je fais le strict minimum. Par contre, pas un jour ne passe sans que mon visage ait de la crème sur lui, mon corps pareil.

Pourquoi c’est important… Parce qu’avant d’être malade, il y a une jeune femme qui est derrière et c’est ce que je suis en 1er. J’aime me sentir jolie. Cà ne supprime aucune douleur, mais je me dis que je peux être jolie malgré tout. Je me déplace souvent avec une béquille, quand j’ai un trajet un peu long à faire (et que mon bras supporte de la porter… mais çà c’est autre chose…). Quand on sort avec le meilleur ami, on voit souvent les mêmes personnes, qui savent que je ne vais pas super bien, mais à qui je n’ai jamais dit ce que j’avais, parce que je ne veux pas d’étiquette. Je suis maquillée, souvent une jupe m’accompagne avec mes ptites bottes que j’aime tant et je me sens bien dans mon corps, même si put*** qu’est ce qu’il me fait mal d’avoir dû faire certains mouvements….. mais le fait que S. me dise déjà « ohh tu t’es faite toute belle ma ptite Delph » et le fait qu’on s’attarde davantage à ma tenue plutôt qu’à ma façon de déambuler et à la béquille, çà joue sur ma façon de me percevoir, la jeune femme que je suis est là en entier malgré la maladie et l’image que je renvoie est aussi plus positive et m’aide à mieux accepter mon problème.

L’an dernier, j’ai eu une poussée d’un semblant de polyarthrite rhumatoïde, mes analyses étaient mauvaises de ce côté là et le rhumatologue m’avait donné un traitement lourd. Toutes les semaines, je me faisais une injection de ce produit, dont la molécule est celle qui est utilisée pour les chimio, la dose était plus faible évidemment. Par contre, j’avais les mêmes symptômes réduits (vomissements, nausées, vertiges, épuisement, anémiée parce que çà jouait sur mes globules rouges qui diminuaient à vue d’oeil). Toutes les 2 semaines, je faisais une prise de sang pour voir si mon foie et mes reins supportaient le traitement. Il était efficace, l’inflammation généralisée dans chacune de mes articulations avait disparue en majorité et j’avais moins mal, mais mon foie a crié stop et tout a été arrêté aussi sec avant que je fasse une hépatite. Et parmi les conséquences, il y avait la perte de cheveux. Je pleurais de voir des espaces occuper ma tête et de me retrouver avec des touffes de cheveux dans les mains, dès que je les lavais ou les brossais (je leur ai aussi perdu durant l’anorexie, mais je le prenais moins à coeur pour les raisons évoquées au début, m’en foutait…) et depuis je n’ai pas arrêté de penser aux femmes qui ont un cancer. D’où l’article qui suivra soit demain, soit après-demain.

Je me sens une jeune femme comme les autres et çà n’a pas de prix. Garder sa féminité, c’est une façon de dire à la maladie quelqu’elle soit, physique, psychique, ou les 2. Grave, moins grave, on s’en fout, le résultat sur nous est pareil au final. « Tu me prends beaucoup de choses dans ma vie, tu m’as volé ma liberté, tu me fais chi** de me rendre malade à cause de tous les médicaments que je prends à cause de toi, tu m’épuises à tous niveaux, j’ai l’impression de ne plus être moi…. mais tu n’auras pas ma féminité »

En résumé, donc, les soins et les gestes de beauté ont leur place à part entière dans toute maladie, parce qu’ils contribuent à un mieux-être, à garder un peu le moral de continuer à se sentir jolie malgré la sale tronche qu’on a souvent… çà ne guérit pas, mais c’est partie intégrante au combat qu’on mène, encore une fois, quelqu’il soit. 

RESTER FEMME….