Combats qui me touchent

Ce qui m’attend pour cette rentrée

Mon quotidien pour l’année à venir, aïe aïe aïe j’ai peur…

Je vais commencer avec une hospitalisation de 5 jours en service anti-douleurs avec des perf de kétamine, en espérant qu’elle arrive à me soulager un tout petit peu, même si l’algologue (la spécialiste de la douleur, rien à voir avec alcoologue ou traitement par les algues ^^) m’a fait comprendre que cette série là ne serait pas la meilleure et qu’il faudrait la faire suivre d’autres, assez rapprochées vu mon état pour que je n’aie pas le temps de retourner trop rapidement, à des 10 impossibles à gérer. Et elle est censée agir sur le temps, à force d’en injecter, du coup j’essaie de garder espoir, mais pas trop non plus, histoire de ne pas être déçue et le voir comme un échec, si je ressors toujours au même point. 

Il y a 2 mois, j’étais en service psy et pour que je sorte de là, il fallait 3 conditions pour qu’on me laisse m’échapper et la reprise d’un suivi sous kétamine était l’une d’entre elles, pour qu’on essaie de m’aider. J’avais été prête à tout pour faire enfin stopper cette foutue souffrance, alors bof… plus à çà près qu’on m’envoie de plus en plus souvent ce liquide dont je ne connais pas les effets sur le long terme, mais en même temps, si c’est pour faire n’importe quoi parce que je ne supporte plus la douleur, du coup c’est un moindre mal. Si vous avez compris ce que j’essaie de dire, avec mes 2 neurones connectés bien difficilement ce matin, chapeau :/ 

Moralement, je n’ai pas toujours des idées bien claires, il faut le reconnaître, j’ai eu du mal à remonter la pente, il y a eu des conséquences aussi autour de moi et ce n’est pas la fameuse pharmacie qui conserve mes médicaments et mes ordonnances, qui m’aide à oublier mon geste (je doute d’oublier un jour tout ce que j’ai pu faire et ressentir, mais bon…).

Quelques semaines après ma sortie de ce service où on ne voulait plus me lâcher, j’ai eu un mail du cned qui me rappelait que la période d’inscription pour la formation de secrétaire médicale et médico-sociale. Je m’étais renseignée un jour auprès d’eux, parce que c’était quelque chose qui me donnait envie. La mdph avait débloqué mon dossier, mais refusé que je fasse cette formation là, parce qu’il aurait fallu que je sois là à temps plein, alors que je suis censée être à temps partiel pour tout ce que j’entreprends, que ce soit travail ou formation (on rajoute l’invalidité par dessus et c’est un ramassis d’emmerdes administratives quand on tient vraiment à réaliser ses projets…). Et la mdph respecte très bien ce que le médecin et la commission décident malheureusement… du coup elle m’est passée devant le nez pour résumer en vraiment large (la maladie est un combat, mais l’administration n’est pas mal non plus dans ce domaine là…)

Du coup, en voyant ce mail peu de temps après la ts, je me suis dit que c’était un ptit coucou du destin et je l’ai suivi. Je me suis inscrite, les frais sont à ma charge contrairement à une formation dans un centre, mais j’y vois comme ma revanche contre la maladie elle-même parce qu’entre ma mémoire qui me joue des tours et un bras qui fonctionne plus qu’au ralenti, c’est un sacré challenge pour moi de me lancer dans cette aventure. C’est ma revanche sur mon geste, sur la vie, sur ma vie tout court, sur la mdph, sur les personnes qui ne croient pas en moi physiquement parlant. Je ne l’ai d’ailleurs dit à personne, j’ai cherché dans mon coin des infos, fouiner sur le net pour savoir si j’étais malgré tout dans mes droits quand même, histoire de ne pas avoir de problèmes avec la sécurité sociale et la mdph et hop j’étais inscrite. Il m’a fallu 1 mois pour peser le pour et le contre, mais je me suis accrochée aux pour…

Parfois quand on est proche de ce gouffre qu’il m’est souvent arrivé de décrire (les fois où je ne suis pas tombée dedans carrément…), on se dit qu’il faut vraiment se raccrocher à tout pour essayer d’avancer et donner un sens à la raison qui fait qu’on est encore de ce monde. Peu importe comment çà se passera, le gouffre est à quelques pieds à peine de moi, j’ai toujours été une petite funambule à basculer entre la vie et de l’autre côté, avec mes idées très sombres et à voir le clair peu de temps pour l’apprécier suffisamment. Et c’est bien plus dangereux que tout ce que je vais entreprendre…. 

Il y a un examen final l’an prochain en septembre pour valider (ou pas…) la formation. Des cours qui font grincer des dents apparemment. Un stage de 16 semaines pour moi du coup puisqu’il faudra que je le fasse à temps partiel. Voilà mon année scolaire à moi… et puis il faudra penser à enfin finir « un corps dans la tourmente », ce projet qui me tient tant à coeur pourtant, mais qui est difficile à trouver assez bien, parce que j’ai toujours envie de faire en sorte qu’on comprenne le maximum de choses, alors je recommence tout le temps certains passages et ce n’est jamais fini… Un jour il faudra poser un point final.