Combats qui me touchent

Automutilation ou l’art de ne pas gérer ses émotions



!!!!! Ames sensibles s’abstenir…. 

Qu’est ce qu’il peut se cacher derrière un visage tel que le mien… je réponds à vos commentaires parfois en plaisantant, vous me faites sourire, mais au fond comment je suis, derrière cette apparence masquée grâce à mon bel écran de pc… pourquoi je ne continue pas les résultats du défi-fibro et ne montre aucune photo de moi depuis un certain temps (1 semaine et demie environ si je calcule en fonction de ce qui s’est passé…). Pourquoi je me cache derrière des articles de musique, ou de mes pieds, alors que j’aurais plutôt envie de hurler, toute cette souffrance qui transpire de tous les côtés…..

Pour cacher l’essentiel et taire le principal. Je vais mal. J’ai perdu une grosse partie de ma mobilité du côté droit, j’enchaîne les névralgies d’Arnold et cervico-brachiales, la fibro même si elle n’est pas dégénérative, semble gagner du terrain. Je suis à une douleur de 9 sur 10 en continu depuis 3 semaines, dans tout mon corps.

Et pour clôturer le tout, le trouble borderline dont je souffre s’est réveillé ou est mal stabilisé par les médicaments ou alors je suis juste plus stressée et anxieuse, on ne sait pas trop, pourquoi j’ai de nouveau des pulsions, malgré le neuroleptique que je prends.

Bref, il m’arrive de mettre un pied dans ce qu’on appelle un état psychotique, l’autre pied restant dans la réalité plus ou moins. Mais dans ces périodes là, je ne gère plus mes gestes. Je n’ai jamais été violente avec quelqu’un,  n’ai jamais levé la main sur qui que se soit. Non, c’est moi qui prend tout dans la gueule. Mon blush à moi, il est bleu, et est uni-joue…. Un hématome sur la joue gauche de m’être foutu des coups à ne plus pouvoir m’arrêter. Névralgies, fibro n’existent plus. La pulsion est plus forte que tout et seul, laisser échapper la souffrance mentale pour la transformer en quelque chose de physique, compte. Je suis mon propre punching-ball. Une de mes collègues de formation m’a dit « qui t’as fait çà, si on te frappe, dis le moi, je vais lui casser la gueu** », j’ai éclaté en pleurs et je lui ai dit que je n’avais besoin de personne pour recevoir des coups, que j’étais assez grande pour me les coller moi-même. 

J’ai un penchant pour les couteaux aussi qui dérapent sur mon poignet droit. Je disais tout à l’heure à la psy que quelque part, mon manque de mobilité m’empêchait d’y aller encore plus fort. Je n’ai pas la même force dans la main gauche et n’ai pas le même soulagement et je ne peux pas tenir un couteau de la main droite…. 

La 1ère fois que je l’ai fait, c’était il y a 10 ans. Un trop plein d’émotions dont je n’arrivais pas à classer dans les différentes catégories (colère, tristesse…), un problème pour parler et vider mon sac, j’ai toujours intériorisé, jusqu’au moment où ce démon borderline qui sommeillait en moi s’est réveillé. Il me mène un enfer mental au quotidien. On ne peut pas s’en rendre compte en me voyant. Je passe pour la douce Delph, gentille, prête à toujours apporter son aide à la personne qui en aura besoin, la main sur le coeur, pleine d’empathie. Voilà ce qui ressort de ce qu’on dit de moi en majorité. Cà me touche évidemment, mais si tout le monde se rendait compte qu’en fait je lutte contre un monstre en moi. 

Je ressemble à Mr Hyde et Dr Jekill en gros. 

Et au-delà de cette violence, la peur de l’abandon à un degré qui dépasse l’entendement. Les idées suicidaires en permanence, toujours à devoir lutter contre et qui se sont amplifiées le jour où Mme Fibro est rentrée dans ma vie et m’a rendue encore plus dingue. Le souci de savoir si ce qu’on me dit est réel ou si mon cerveau ne l’interprète pas à sa « mode borderline ». Le besoin sans cesse d’être rassurée. Les questions et les doutes en permanence sur tout et tout le monde. Je n’aime pas les conflits, alors je les gère, mais à ma façon… face à face, seule contre ma tronche ou mon poignet.

J’ai passé 27 mois en psychiatrie, dispersés en 4 ans. Je ne suis pas folle non pour les personnes qui auraient encore cette image de la psychiatrie. Sans cette spécialité de la médecine, entre anorexie, dépression et trouble borderline, je pense que je ne serais plus là pour vous embêter sur vos blogs… J’ai atterri plusieurs fois aux urgences parce que mes coups avaient été si violents qu’il fallait me garder la nuit en observation pour voir si je n’avais pas de traumatisme crânien. C’est dire ma force… Elle est décuplée dans ces moments là. Moi si fragile, si légère, si petite, si menue…. avec une force de tous les diables quand je mets un pied en dehors de la réalité… C’est la vie… C’est ma vie… 

Je ne vais pas bien du tout. Quand tout s’emmêle, je craque, ce qui est le cas en ce moment. J’ai mal dans mon corps et dans mon âme. On sait toutes que l’un ne va pas sans l’autre, il y a juste des degrés. Et je suis au plafond maximum pour les 2 cas…..

Je m’accroche, parfois, je me demande où je trouve autre chose que de faire une « bêtise » pour arrêter tout ce bordel en moi. Je suis là, avec mes maux pour lesquels je ne peux pas toujours mettre de mots. Ce soir, j’en avais besoin. Et encore, ce n’est rien, comparé à ce qui se passe et à ce que je ressens, mais il n’y aura jamais de termes assez forts et je ne mettrai pas de photo de mon visage pour en expliquer les conséquences. Il ne faut pas que votre regard change sur moi, je suis la même que celle qui parle épilation, soins des pieds, musique ou livres ou qui essaie d’être une jeune femme comme les autres. Je suis juste très cassée, tout se déchaîne d’une violence sans nom, mon corps s’immobilise d’un côté, mais je suis la même…. 

Le trouble borderline ou « Etat limite » a longtemps été confondu avec la bipolarité, mais contrairement aux bipolaires, je n’ai pas de périodes maniaques, c’est ce qui fait la différence. Je vis dans les extrêmes. Dangereuse et mortelle… parfois il faut me mettre en sécurité contre moi-même. Je suis le noir et le blanc…. Le démon et l’ange… J’apprends à manier les couleurs des sentiments, mais c’est un travail énorme sur soi, pour régulariser toutes les émotions et savoir les déterminer et les retransmettre pour ne plus les payer trop chèrement…..

J’ai une semaine d’arrêt de travail à cause du côté fibro qui s’est dégradé (et qui m’angoisse…. cercle vicieux sans fin…..). Je vais en profiter pour me reposer et bientôt je reviendrai avec de nouveaux résultats défi-fibro, avec des couleurs d’une palette et pas du fait main en variation de bleu :-s …….. 










10 réflexions au sujet de “Automutilation ou l’art de ne pas gérer ses émotions”

  1. outch. ton billet donne mal au ventre et au coeur. il m'arrive de peter un cable, je me suis egalement auto-mutilée par le passé, mais maintenant, je m'enferme simplement dans des phases depressives, à pleurer et me detester, que je passe dans mon coin, quand tous le monde dort. Quand je te lis, je comprend bien ce que tu veux exprimer et j'ai vraiment mal pour toi ma pauvre puce. Je suis toute impuissante derriere mon ecran, et les larmes aux yeux de te savoir si mal. courage.

  2. Je te lis, je décide de ne pas pleurer parce que je veux souligner ta force d'avoir écrit, d'avoir raconter, d'avoir oser te mettre à nu…Impuissante mais dans une totale compréhension. Non tes gestes ne me font pas tressauter de peur, mais de compassion. Je comprends l’exutoire impératif de ces "saignées de souffrance" que tu t'infliges…Je n'ai pas les mots, mais j'essaie de derrière mon écran d'avoir un oeil bienveillant en te lisant même si un café à une terrasse serait peut être plus bénéfique! Je t'embrasse

  3. Bon courage, c'est dur de te lire et de savoir que quoique l'on dise ou fasse on ne pourra pas t'aider :'(J'espère que ça ira vite mieux pour toi ma belle, je t'envoie des bouffées de tendresse pour la peine ❤

  4. Merci les filles pour ces mots qui font du bien, parce qu'ils sont sans jugement… et je n'ai pas l'habitude de çà, j'ai plutôt droit à des mots d'incompréhension, du coup, je cache. Officiellement, ce coup-çi, je me suis cognée et mon poignet est caché par un ptit haut à longues manches. Merci le temps assez frais, du moment…. C'est ma drogue, mon exutoire oui. Ne pleurez pas, pensez à moi comme quelqu'un qui se bat contre tout çà d'une force pas possible… mais qui a aussi des moments de bonheur qui comptent double, tant ils sont rares… et puis, vous êtes là avec vos vies. Vous me changez les idées, me faites sourire, rire, pleurer aussi parfois. Cà me fait penser à autre chose qu'à cette vie du quotidien et c'est déjà beaucoup. Merci d'être là…. vous êtes précieuses à travers vos blogs et commentaires… Ne changez pas et pour celles qui ont des moments de moins bien, je ne suis pas bien loin. Au moins, ce genre de problèmes, me permet de comprendre beaucoup de choses…. il faut toujours voir le positif dans le négatif… J'étais plus calme aujourd'hui moralement, mais je suis bourrée de médicaments, çà m'évite de penser, donc mon calme est sédaté…. La douleur, elle, je n'ai plus de mots pour en parler… Mais ma tête est vide, j'ai dormi, regarder un film très beau, lu un peu, fait des tests make up pas concluants mais on s'en fout, regarder la quotidienne de Secret Story lol. On ne se connait pas depuis bien longtemps et pourtant, je me sens si proche de vous, c'est étrange comme sensation mais c'est bon 😉 Je vous fais plein de gros bisous à toutes et prenez soin de vous ❤

  5. Je découvre ton blog et quelques-uns de tes écrits. Je "comprends" tes gestes, j'entends ta souffrance, je te souhaite de trouver ton équilibre.

  6. Bonjour Petite Delph,
    J’ai découvert ton blog il y a quelques jours par la plateforme hello cotton. Ton écriture,ton combat m’a tout de suite plu, ton courage dans ces épreuves a forcé mon admiration. J’ai donc décidé de le parcourir depuis le début, pour mieux te comprendre, mieux te connaître. A travers ces lignes, et je n’en suis qu’au début de tes billets, je te découvre, extraordinaire, pleine de force, je suis épatée par ta résistance, par la façon dont tu t’accroches pour t’en sortir. Tu donnes une leçon de vie. Je voudrais pouvoir faire plus pour toi, mais je trouve à la fois cela un peu prétentieux de ma part et puis nous sommes bien loin géographiquement, alors pour le soutien, et la tendresse, je me contenterai de t’envoyer des petits commentaires au fil de tes billets.
    Prends soin de toi surtout, et continues de t’accrocher du mieux que tu le peux.
    Du fond du coeur,
    Emma

    1. Coucou Emma, un tel commentaire me fait tellement chaud au coeur… je t’en remercie… tous ces mots font beaucoup pour une seule personne et je doute tant de mes combats que j’ai l’impression que tu parles de quelqu’un d’autre, mais je fais tout pour l’intégrer malgré tout. Tu as déjà fait beaucoup à travers ce mot, je te rassure 😉 Il n’y a aucune prétention et on peut être près des gens, en étant loin géographiquement 😉
      Je te fais de gs bisous et mon merci semble si petit à côté de tes mots pff… mais il vient du fond du coeur lui aussi ❤

  7. Je suis contente que ce petit mot t’ai fait chaud au coeur. Je n’ai pas eu beaucoup de temps c’est derniers jours pour continuer ma lecture; et puis j’ai découvert ton blog sur auféminin… C’est étrange comme on peut s’attacher à quelqu’un à la lecture de son blog. Je dois avouer que malgré le manque de temps, je suis passée tous les jours pour vérifier s’il y avait un nouveau billet, comme pour m’assurer que ça allait bien du côté de chez toi (ou du moins pas trop mal). Je n’ai pas encore lu tes nouvelles du jour, j’espère qu’elles seront bonnes.
    Plein de bises.
    Emma

    1. Tu as le don pour me toucher décidemment… je suis en rupture de kleenex à force… Je te remercie pour ces beaux mots, pour cette attention qui me touche. J’ai écrit quelque chose oui, sur mes 2 semaines de coupure. C’est pas bien gai, c’est assez mélangé, mais bon… c’est moi… demain, je parlerai d’un jardin, çà fera un peu plus joyeux comme article 🙂 Cà va à peu près, je m’accroche… Mon blog sur aufeminin c’est quelque chose de précieux. C’est le 1er endroit où j’ai écrit, il y a 6 ans et demi maintenant. Et j’y ai rencontré des personnes formidables, que j’ai maintenant, ici encore ou sur facebook et que je considère comme de véritables amies. On s’est attachées les unes aux autres, c’est vrai que c’est fou de s’attacher à quelqu’un en lisant son blog, je confirme. Il y a des choses que vous savez (surtout sur aufeminin) que personne en réalité ne sait. C’est vraiment dans mon intimité. Mais j’y écrivais vraiment mon quotidien, c’était une autre façon d’écrire. Je ne construisais pas vraiment mes articles sur un thème précis, c’était plutôt mon journal de bord, où je racontais ma journée. Donc, parfois, c’est répétitif ou ce n’est pas forcément très intéressant. Mais j’y tiens à ce blog là, il a son histoire et il y a tout mon combat contre l’anorexie dessus. Ici, j’en parle en terme de guérison, mais j’évoque davantage mon trouble et la fibro.
      Et toi, est-ce que je peux te lire quelque part ?? Tes commentaires me donnent envie d’en savoir davantage sur toi et je trouve que tes mots sont tellement bien choisis qu’on pourrait croire que tu connais certaines choses que j’évoque… ou qui peut y ressembler (je n’espère pas, mais tu sembles trop bien comprendre des choses que d’autres n’ont pas saisies, du coup, je me suis posé la question l’autre jour en voyant ton 1er commentaire). Je te fais de gs bisous et merci pour tout…

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