Des combats qui me touchent

Concilier une personnalité borderline avec l’amour

Source : Pinterest

***** Je tiens juste à rappeler que mon blog n’est pas un forum et que je ne souhaite pas que des histoires de tièrces personnes soient racontées. Je comprends que ça fasse partie de votre histoire aussi si vous êtes en couple avec une personne borderline, mais la personne concernée n’a peut-être pas envie de voir son histoire affichée sur un blog par contre… De plus, je ne suis ni médecin généraliste, ni psychiatre, ni psychologue, je suis juste en mesure de dire ce que je ressens et encore, on est tous différents. Mais merci de ne pas me demander si je pense que telle personne est borderline ou pas, conduisez la personne chez un psy, pour ça, il sera aidé au mieux. Merci pour votre compréhension…. *****

J’ai souvent des mots clés en rapport avec ce sujet. Les gens semblent se demander comment se conduire avec leur conjoint(e) borderline. Et ces dernièr(e)s se posent des questions sur leur façon de gérer leurs sentiments. C’est récurrent dans les recherches qui sont faites en arrivant par ici. Je suis moi-même un peu « embêtée » par tout çà et me pose énormément de questions. Si je suis célibataire, c’est en grande partie parce que je ne me donne pas le droit d’aimer et d’être aimée, à cause de ce trouble qui peut faire des ravages dans les relations. Je me souviens des mots de ma psy « malgré votre trouble, vous arrivez à tisser des liens, c’est un effort, mais vous restez »… mais à quel prix. En amitié, c’est déjà très compliqué à gérer tout çà. J’ai souvent besoin de me protéger, parce que je ressens tout de façon démesurée dans mes émotions. Alors en amour…

Mais qu’est ce qui bloque chez nous ? Qu’est ce qui fait qu’aimer et être aimé(e) pose autant de soucis ? Les personnes borderline ont des conduites à risque, ce n’est pas neuf (boulimie, sexe, alcool, drogue etc…), par contre, en lisant des sites pour écrire cet article, je me suis rendue compte qu’on était beaucoup étiquetée « recherche sexe à outrance » en gros. Alors personnellement, je suis célibataire et n’ai pas eu de partenaires depuis très longtemps. Je ne fais donc pas partie des personnes qui vont chercher dans le sexe, un moyen de remplir le vide et le manque d’affection qu’on peut ressentir dans ces cas là. 

Je suis quelqu’un pour qui mes limites sont extrêmes (d’où le terme « état limite », parce qu’on frôle la frontière de la psychose et de la réalité), c’est soit noir, soit blanc, que ce soit dans mes sentiments ou dans mes émotions entre autres. L’amour et la haine vont ensemble, mais pour moi, la frontière est très fine, un peu plus que chez les personnes qui n’ont pas ce trouble. J’ai du mal à savoir qui je suis, pour qui, du coup, en couple, j’aurais sans arrêt besoin d’être rassurée sur ce que mon conjoint ressent pour moi, ce que je lui apporte, pourquoi il est avec moi, si je l’aime assez de mon côté etc… (le pire c’est que je ne suis pas jalouse à outrance, donc je n’aurais pas ce souci là au moins) et je sais que çà peut être usant d’être toujours dans le doute, pour moi comme pour celui qui vivrait avec moi, parce que çà suppose de répéter sans arrêt les mêmes choses. Je vais les entendre, les écouter et les assimiler un moment, du coup je vais être un peu plus sereine et puis d’un coup, je vais me remettre à me poser des questions et à redemander ce que je rumine (on est douées dans ce domaine….) et çà peut lasser le partenaire, ce que je peux bien comprendre, parce que çà me fatigue moi-même de me torturer sans cesse sur ce que je suis pour les autres. J’arrive du coup à dépendre de l’autre puisque mon propre regard n’est pas objectif, alors je me fie à ce qu’on me renvoie, sauf que ce serait plutôt bien si j’arrivais à savoir de moi-même la valeur que j’ai à mes yeux, déjà me concernant, plutôt que d’attendre ce qu’on veut bien dire de moi (suis pas sûre que ce soit très objectif, parce que finalement, qui me connait vraiment… au plus profond de moi…)

Il y a aussi le souci de la peur du rejet et de l’abandon. Si mon compagnon me faisait une remarque qui passerait inaperçue pour d’autres, chez moi, çà tournerait en « il veut me quitter », du coup, pareil, je poserais 36000 questions sur le pourquoi de la fameuse phrase qui m’a faite tilter autant (sans tomber dans la manipulation comme j’ai pu le lire. Je ne suis pas du genre à dire des phrases du style « si tu me quittes, je ferai çà »). Je me « contente » de harceler de questions et si je comprends mal les réponses, du coup, je vais recommencer jusqu’à trouver un peu d’apaisement. Un temps… et puis rebelote. Inlassablement. Même moi je me fatigue juste de l’écrire, parce que c’est étouffant à force…

On rajoute l’absence de confiance en moi et je peux me dévaloriser à une belle allure, ce qui peut insupporter aussi les personnes qui m’aiment (on sent le vécu, en amitié…). Souvent on ne sait plus quoi me dire pour me prouver qui je suis et ce que je représente et çà finit en dispute… qui va enclencher chez moi un état où je ne vais pas arriver du tout à gérer mes émotions, parce qu’elles vont toutes se mettre en même temps dans ma tête, comme une boule qui tourne en rond dans le cerveau et je vais m’en prendre à moi parce que je ne sais pas gérer les conflits autrement qu’en me faisant du mal à moi à défaut d’en faire aux autres, parce que j’estime que j’en fait déjà assez et surtout je me sens incomprise dans ce trouble. Autant avec la fibro, j’arrive à trouver de la compréhension, autant pour çà, j’ai l’impression de tomber de la planète Mars quand je parle de mes difficultés. Du coup, je me tais et me renferme, ce que l’autre en face peut ne pas comprendre… Cercle vicieux pff… 

En amitié, il m’est souvent arrivée de partir d’une relation par peur d’être abandonnée, en prévision du moment où çà pourrait arriver, je prends les devants. Et en amour, je ferais pareil. Je serais capable de tout quitter, parce que ma peur de l’abandon serait trop ingérable et serait une source de souffrance immense pour moi, que je préfèrerais partir. Abandonner au lieu de l’être, pendant qu’il est temps… pour éviter les dégâts… 

Il y a toujours un sentiment de vide en moi, qui est très peu comblé finalement, du coup en amour, il en faudrait une sacrée dose d’affection et surtout de démonstrations multiples pour arriver à me « remplir » et il peut y avoir de la frustration et être sans cesse en train de demander davantage de marques d’affection du coup, ce qui peut être usant encore une fois pour l’autre… et pour moi accessoirement, parce qu’il ne faut pas croire que seul le partenaire souffre hein… comme j’ai pu l’entendre en amitié…

Ce qui est aussi dur à vivre, ce sont les sautes d’humeur. Passer de la douceur à la colère en un éclair sans qu’on sache ce qui a pu arriver. Passer du rire aux larmes sans qu’il y ait forcément d’explications. Juste qu’en moi, il suffit de peu pour me rendre bien, mais il m’en faut tout autant peu pour me rendre très mal. Du coup, le partenaire doit jongler avec çà et ce qui est légitime, c’est qu’il se demande ce qui s’est passé, s’il a dit ou fait quelque chose de travers. Et après comment réagir, quoi dire. L’impuissance est de nouveau au RV. Et moi, dans ces moments, je me replie sur moi-même et entre dans un monde un peu parallèle. Je ne distincte plus grand chose de ce qui est réel et de ce qui relève du trouble. Il peut se passer des heures, voire des jours pendant lesquels je ne verrai plus s’il y a du soleil ou s’il pleut. Parfois je vois la nuit arriver, mais n’ai pas vu le jour finalement… Pendant ce temps là, soit je vais me faire du mal physiquement pour essayer de trouver un moyen de stopper ce que je ressens moralement, soit pleurer avec des idées suicidaires parce que c’est épuisant et qu’entre çà et les douleurs, il y a de quoi péter tous les câbles, soit rester dans ma bulle à ne plus me reconnaître dans un miroir parce que je n’arrive plus à faire le lien entre cette image de moi dans le miroir et celle que je suis au fond de moi. Et le conjoint, au milieu de çà, il est comment… Je n’ose pas l’imaginer, j’avoue… Il se prend un mur dans la tronche, la carapace qu’on installe autour de soi devient étanche et hermétique et plus personne n’arrive à entrer en contact. Comme un fil coupé, une connexion qui ne se fait plus. 

Une fois, la psy m’a dit que j’étais très lucide sur mon trouble, j’ai répondu que j’aimerais l’être beaucoup moins… Je réalise très bien ce qui se passe, mais la difficulté à ne pas savoir ce qui est réalité et trouble, fait que tout est faussé. C’est une source de souffrance terrible, le cerveau ne s’arrête jamais. La nuit, il continue à travers le subconscient et les rêves et c’est infernal. 

Pour résumer, j’aurais peur de faire souffrir quelqu’un avec ma façon d’être… et parfois on sent qu’on n’a pas le courage de se torturer encore davantage qu’on le fait déjà quand on est seules. Je gère mal mes relations actuelles en amitié. Je garde tout en moi, ne dis rien, mais au fond, j’ai envie d’exploser et de dire « allez vous faire foutre, je vous sors de ma vie, de toute façon, çà sert à rien que j’y sois, je ne suis rien. J’en ai marre de ces attitudes qui me font tellement douter de celle que je suis », mais personne ne le sait finalement. Leur vie continue pendant que de mon côté, je me torture l’esprit et m’épuise. Et plus on va être proche de moi, plus çà s’intensifie… Du coup, en amour hum… 

On a pourtant toutes le droit d’aimer et d’être aimées, mais j’arrive à concevoir que pour un conjoint, çà peut devenir infernal… et je suis du genre à me dire que je peux souffrir seule, en gros. Que ce n’est pas la peine d’embarquer quelqu’un avec moi dans ce trouble. Pourquoi souffrir à 2 quand on peut souffrir seule, quitte à renforcer ce vide que je ressens en moi… :/ Mon caractère n’est pas difficile à vivre, lui. Je suis simple dans celle que je suis. Mais çà c’est mon caractère… par dessus il y a le trouble qui me détruit et la peur de l’abandon, de l’oubli et du rejet, à ruminer toujours comme un disque rayé, à décortiquer et analyser tout ce qui se dit m’épuise… Et épuiserait même le compagnon le plus patient… Alors je pars sans rien dire, en amitié déjà quand je ne me sens plus bien dans une relation (ou alors j’ai du mal à quitter, c’est aussi quelque chose qui peut arriver, parce que je sais que mon vide intérieur serait encore plus gros et du coup, je reste, mais avec mes milliards de questions, sans réponses évidemment… parce que parfois il n’y en a tout simplement pas) Je suis maso en gros à rester là où je peux souffrir… Et gère à ma façon mes émotions et mes sentiments cassés. La cocotte minute toujours en état de fonctionnement à une allure en mode TGV, parce que çà carbure à une vitesse qu’on ne soupçonne pas. Au début, quand j’explique pour prévenir, ceux que j’ai connus, ont eu tendance à dire « oh tu exagères, tu es toute douce, toute calme !! » moui… mais à l’intérieur, personne n’y sera jamais. Je suis vide de sensations mais pleine de pensées et d’émotions à l’envers. 

Je ne sais pas si les personnes qui ont tapé certains mots-clés trouveront des réponses à travers ce que je ressens moi-même, mais en tout cas, ne faites pas comme moi… laissez vous aimer, osez affronter la peur de l’abandon, parce que ce n’est pas forcément ce qui arrivera et donnez vous le droit d’avoir une relation malgré votre trouble. J’y travaille doucement, malgré de gros blocages… 

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10 commentaires sur “Concilier une personnalité borderline avec l’amour

  1. Merci d’avoir si bien évoquer ce sujet ma belle Delphine et ce trouble qui t’empoisonne la vie. Tout ne se fait pas en un jour, en une fois. Il faut doucement apprendre à s’aimer déjà.
    Moi je peux te le dire tu mérites mille fois cet amour dont tu as peur. En même temps je suis assez mal placée, car j’ai moi aussi très peur, peur de la dépendance, du rejet de l’autre, de son amour. Je ne me lance pas pour d’autres raisons que toi. Mais le résultat est le même, on passe à côté de belles choses.
    Je crois sincèremment que l’amour peut faire des miracles. J’ai vu des couples sortir du cycle de la dépendance à l’acool, la drogue. C’est un combat main dans la main de tous les instants. Mais ça en vaut la peine.
    Je te souhaite de trouver le bonheur sur ce chemin difficile. Et souviens toi toujours que tu es une belle personne. Le reste ne te définit pas. La vérité de ton coeur est la seule chose qui vaille.
    Je t’embrasse fort.

    1. Merci ma Marie… toujours là avec tes mots qui touchent justement dans celle que je suis vraiment, sans ce trouble, parce que comme tu dis, c’est une étiquette que de me définir par ce trouble comme on l’a souvent fait d’ailleurs. Pour moi c’est quelque chose qui fait partie de moi et j’essaie de faire avec, mais derrière il y a « moi ».
      On passe à côté de belles choses oui, j’arrive parfois à me le dire et puis çà revient. Un combat à deux peut apporter bien des choses, j’y crois aussi. Si on ne s’entraîne pas vers le bas mutuellement. Mais l’amour, le vrai, peut en faire des miracles oui et réparer. Je comprends tes peurs. On va arriver toutes les deux, à se donner ce droit. Tu le mérites tant avec ton ptit escargot ❤
      Gs bisous ma belle et merci d'être celle que tu es, n'en doute jamais, toi non plus hein ❤

  2. moi ta maladie je ne la connais, je ne connais que toi ma delph, la personne avec laquelle j’adore discuter, rire, charier…je ne te connais pas avec cette maladie en fait! tu es ma delph, tu es toi, gentille, adorable, rigolote, intelligente, empathique, tjrs là pour les autres! si c’est ta maladie qui te rends comme ça ben reste malade alors! lol non biensur je plaisante 😉 ton article est très beau car tu y décris très bien cette maladie que je connais déjà de toute façon puisque ma cousine et une amie en sont atteintes (elles sont sous traitement) bref je t’aime fort ma delph et reste comme tu es!

  3. Diagnostiquée Borderline depuis l’an dernier, mais ayant grandi avec cette maladie qui bouffe intérieurement et empêche de vraiment vivre « normalement ». A 21 ans j’ai enfin connu l’amour dans les bras d’un homme merveilleux, ça va faire 4 ans que ça dure. Et pourtant, comme tu le dis si bien, j’ai sans cesse besoin d’être rassurée sur ses sentiments. De plus je vois cette relation de même que mes relations amicales en noir et blanc, et ça use à force…
    J’ai tellement été déçue aussi par le passé… Ca m’énerve de ne pas être « normale », d’osciller à ce point entre l’amour et la haine pour ces personnes, qui très souvent sont à milles lieues de penser que ce qu’elles ont fait ou ne pas fait m’ont fait du mal. Je ne tisse pas de liens très profonds avec les autres de ce fait, à part avec mon amoureux (ce qui est déjà une énorme chance). Mais le souci c’est que j’ai cette tendance, tout comme avec ma relation amoureuse, à être profondément jalouse. C’est bête mais quand je vois que je ne suis plus le centre d’attention alors je m’effondre. Mes crises de jalousie ressemblent à l’Apocalypse, et c’est d’ailleurs ça qui m’a mis la puce à l’oreille l’an dernier et poussé à consulter un psy. Avant ça j’avais consulté le site de l’aapel après une recherche en mot-clé « crise de colère et de larmes ». Je culminais à pas mal de points au test du borderline, ce que le psy n’a fait que, quelques temps plus tard, confirmer mes soupçons. Par contre, tout comme toi je ne suis pas « addicte au sexe » lol, j’ai des principes qui sont beaucoup plus forts que cette maladie, je pense.
    J’ai juste ce besoin profond d’être rassurée en permanence, une énorme peur de l’abandon, des crises de colères ingérables et de gros chagrins pouvant se transformer en longues dépressions. » Juste qu’en moi, il suffit de peu pour me rendre bien, mais il m’en faut tout autant peu pour me rendre très mal » ce que tu dis là, je le ressens aussi tous les jours, ça en devient insupportable surtout quand je me mets à pleurer brusquement.Des sentiments chroniques de vide aussi, avec des envies de suicide. Bref, c’est pas facile à vivre mais j’ai envie de dire qu’au moins la personne qui nous aime voit à quel point on est authentiques ! A quel point on est aimantes, empathiques, altruistes.
    En tout cas ptitedelph, n’aie pas peur de toi, n’aie pas peur de vivre l’amour. S’il t’aime vraiment alors il restera. Il faut bien sûr que dès qu’une crise se déclenche tu lui expliques ce qui se passe.
    Je te souhaite de trouver l’homme qu’il te faut !

    1. Coucou, j’avoue que j’ai lu ton commentaire en pleurant comme une madeleine, parce que ce sont des mots que j’aurais pu écrire moi-même. Comme tu dis, c’est usant oui et mon célibat n’est pas forcément voulu, au contraire, j’aurais besoin d’une épaule sur laquelle pouvoir me reposer, mais entre çà et les douleurs, il ne tiendrait pas le coup… avec le temps, je refuse de m’attacher côté amitié. Je n’ai jamais été autant déçue que ces 2 dernières années, où il s’est passé beaucoup de choses de ce côté là et je me suis jurée de faire attention… malheureusement, mon côté affectif abimé s’attache plus vite que je ne le souhaiterais. Ton message m’attriste parce que comme dit, j’y lis ma propre souffrance, mais il donne aussi espoir, même si c’est dur, que l’amour reste possible malgré tout et je souhaite que ce foutu trouble arrive un jour à se stabiliser pour que tu sois un peu plus sereine. Je ne suis pas jalouse pour ma part, mais quand je suis avec un groupe, j’ai surtout tendance à me dévaloriser, à me dire que je suis merdique (même le plus con du groupe, qui peut être vu comme tel par d’autres est plus intéressant que moi, c’est dire… et du coup j’ai plutôt tendance à me camoufler, moins on me regarde, plus je suis contente. J’ai tellement cherché à me camoufler, que l’anorexie est née de ce trouble. Du coup, je ne couche pas avec tous les mecs du coin, ou je ne dépense pas de façon compulsive, mais je suis tombée dans l’addiction de la nourriture, dans un sens avec l’absence extrême et le trop plein, avec la boulimie.
      Tout est démultiplié chez nous et c’est vite blanc ou noir, c’est dur de trouver les nuances… Je te souhaite plein de bonheur en tout cas et merci vraiment de t’être autant confiée sur ce que tu vis avec tout çà. Si tu as peut-être un blog, n’hésite pas à me donner l’adresse si çà te dit et si tu es juste de passage, n’hésite pas à venir me donner de tes nouvelles de temps en temps, çà me fera plaisir 🙂 courage à toi, on arrivera à être plus sereines avec ce truc qui nous gâche bien la vie… et merci pour cet espoir donné ❤ bisous

  4. Bonjour
    Très touché de ce long témoignage qui dit avec une certaine pudeur une réalité qui est parfois très dure.
    Compagnon d’une telle personne, plus compagnon aujourd’hui, mais je ne l’ai jamais été de manière linéaire ….j’ai progressivement très bien compris ce qui se passait, j’ai mis les mots justes et j’ai trouvé en moi une force dont je ne soupçonnais pas l’existence pour être présent pour elle et ses enfants. Aujourd’hui, je suis vis une phase très difficile, payant une très lourde addition, car j’ai fait confiance, j’ai tout donné ce qui était possible de donner, conscient de la grande beauté intérieure de ma compagne et des très beaux moments de vie que nous pouvions partager. Peu après qu’elle ait décidé de se pacser avec moi et de l’avoir annoncé à nos enfants, elle est partie à nouveau, je crois savoir que ses projets sont à nouveau….fous et encore une fois sans doute portant à de lourdes conséquences, je crois qu’elle a fait en sorte de ne pas garder avec elle ses enfants….Je ne peux rien faire car je suis à nouveau écarté car, après avoir été l’homme de sa vie, l’homme attendu depuis toujours ( ses mots ), je suis celui qui l’empêche de devenir elle-même, car trop protecteur…..Je dois dans un premier temps essayer de ne pas sombrer, malgré moi, dans une sorte d’état dépressif larvé, remonter la pente physiquement aussi, tenir le coup en quelque sorte….Mais je me sens impuissant, incapable de tenter quoi que ce soit ( car elle est toujours dans une pleine certitude et une totale sincérité ! ) et terriblement triste.
    Je vous souhaite tout le bonheur du monde.

  5. Bonjour Delphine, Marie, Lydia, Clamis, Avel,
    Je suis moi-même en couple depuis 18 mois avec une femme qui passe du calme à la colère en un rien de temps, et qui met fin à notre relation de façon régulière et fréquente, pour la rétablir en général quelques jours après. Je ne sais pas si elle est borderline, elle est allée consulter un psychologue spécialisé pour la première fois aujourd’hui. Mais vos témoignages correspondent en de nombreux points à ce que je connais maintenant d’elle. Ils m’aident à mieux comprendre la situation et à restaurer une certaine distance par rapport aux événements agités de notre couple, synonyme de davantage de sérénité pour moi ; je vous en remercie. Il me semble que notre petite communauté regroupée autour du blog de Delphine aurait beaucoup à gagner à échanger des « bonnes pratiques » afin que chacun de nous puisse avoir plus de cordes à son arc pour réussir à construire une relation aussi apaisée et épanouissante que possible avec son amoureux(se). J’espère que ma proposition a du sens et qu’elle recueillera vos suffrages. J’aimerais par exemple savoir si le fait de trouver une écoute attentive et compréhensive chez votre amoureux(se) dans vos moments de colère peut vous apporter un peu de sérénité ? D’avance merci pour vos réponses. Amicalement

    1. Bonjour ;
      quelle émotion en vous lisant..Il n’y a que peu de temps que j’ai compris que j’étais Borderline ,totalement et depuis des années. Ma situation est comme pour beaucoup parmi vous,j’aime ,j’adore,je brise ,je quitte ,je reviens ,je supplie ,je pleure ,je m’enferme dans ma douleur,dans ma solitude,j’ai peur ,tout le temps ,peur d’être abandonnée .J’étais en couple depuis 19 ans ,un enfant avec mon compagnon pendant des années il a supporté ou subi mes sautes d’humeur,mes larmes ,mes menaces et pourtant il est l’amour de ma vie ,celui qui m’a toujours épaulée pendant mes délires.Et puis,,l’an passé ,une idée a germé ,je devais partir ,pour sortir de la routine .J’ai longtemps réfléchi ,toujours avec douleur et culpabilité mais pour la première fois de ma vie ,je me sentait des ailes .J’ai tout quitté,la maison ,mon compagnon ,mon fils …Le déménagement même pas terminé je pleurais déjà de désespoir. Cela fait 5 mois.Au bout de 2 mois je suis revenue me blottir dans les bras de mon amour en espérant qu’il gommerait ce moment de folie .Il m’a assurée de son amour ,nous avons repris des relations amoureuses mais cette fois ,j’ai perdu ,il ne veut plus de la vie commune ,enfin pas pour le moment .Et depuis je lui fais vivre un calvaire ,je lui reproche ses moments avec ses amis ,j’espionne ses connexions sur internet,je supplie ,je mendie son amour bien qu’il me rassure ,je passe les we chez lui et plus les semaines passent ,plus je deviens invivable ,imbuvable ,toujours désespérée,En semaine chez moi ,je vis cloîtrée,le désespoir est tel que parfois la mort me semble la seule issue.
      Je ne veux plus d’amis,je hais ma solitude mais ne désire rien d’autre.Et que dire de cette culpabilité qui est devenue ma meilleure amie ..Quand je suis avec lui ,j’ai toujours peur ,de demain,du futur,qu’il ma quitte ,qu’il se lasse,qu’il en rencontre une autre …
      Je sais que je le perdrai si je n’évolue pas .
      Mais je sais aussi que je suis borderline et je ne pense pas changer.

  6. Bonjour, je suis tombée un peu par hasard sur ce blog, car je me renseigne sur ce trouble. Il se trouve que cela fait maintenant un peu plus d’un an que je suis en couple avec un homme borderline. Sauf que cela fait seulement deux semaines que nous avons mis un mot sur ses comportements. Alors j’essaye de glaner des renseignements, mais j’ai l’impression que tous vont d’un extreme à un autre. Au debut, tout allait bien, il etait heureux, j’etais la femme de sa vie,il voulait des enfants, nous avons emmenagés ensemble au bout de 6 mois. Je savais qu’il avait deq problèmes, car le contexte familial est très chargé, père bipolaire, frere bipolaire, autre frere schizophrene et multiples traumatismes pendant l’enfance. Je l’ai vu pleuré, et je suis là pour lui, n’importe quand. Mais avec le temps, je me suis rendue compte qu’il avait un probleme avec l’alcool, et qu’il en avait besoin pour  » s’anesthesier le cerveau ». Au final c’etait pire, et il deversait toute sa colere et sa haine sur moi, qui etait là quoiqu’il arrive. Je ne parle pas de violences physiques, ce que je n’aurais pas pu supporter. Mais il etait tres violent dans ses propos, j’etais le problème à ses yeux. Bref, depuis quelques mois il est très mal, je le pensais surtout en dépression, car son travail ne lui plait pas et il n’a toujours pas accepté son enfance et ce que sa famille lui fait subir. En janvier, alors que ca ne sortait de nulle part, il m’a quitté, je vous epargne la soirée que j’ai passé mais il a embrassé une autre fille, et j’ai suivi ce qu’il.me.disait, jesuis partie. Il me disait encore a ce moment là que j’etais la femme de sa vie mais que j’etais malheureuse et qu’au quotidien il ne le supportait plus ( malheureuse de le voir malheureux depuis des mois bien evidemment) . Quelques jours apres, il m’a rappelé, dit tout ce que je voulais entendre et j’y suis retournée. Mais toutes ses bonnes resolutions se sont eteintes en deux semaines a peine et au bout de quelques jours il ne savait plus s’il m’aimait ou pas. Il me dit qu’il ne m’aime pas comme moi je l’aime, qu’il ne sait pas ce qu’il ressent, etc etc. C’est tres tres dur pour moi, qui suis persuadée qu’il est l’homme de ma vie. Je suis suivie par une psy, qui l’a vu une fois pour une seance. Il refuse d’entendre parler de therapie. Il y a deux semaines, il m’a refait un coup dans ce genre. Tout semble aller tres bien et en soirée je l’ai retrouvé avec une autre fille, et il me dit qu’il faut que je le quitte, qu’il ne va que me fairz souffrir, qu’il merite d’etre malheureux. Ma psy m’a alors dit qu’elle le pensait borderline. On s’est renseignés avc mon compagnon et effectivement tout concorde. Il a du mal à encaisser, ce que je comprends. Il est sous antidepresseurs et anxiolithiques mais il refuse toujours de faire une therapie. Je n’en peux plus, c’est tres dur a vivre au quotidien et je lui ai dis mais quand je lis tous ces temoignages je me rends compte que ce n’est pas la chose à faire. Je l’aime, je veux qu’il s’en sorte, qu’il aille bien mais je ne sais pas quoi faire pour ca. En tout cas merci de partager ca, et effectivement cela pourrait etre interessant d’echanger entre nous tous, gens concernés.
    Merci

    1. Bonjour, comme j’ai pu dire sur un autre post dont il faudra que je mette le lien d’ailleurs, mon blog n’est pas un forum où j’ai forcément envie qu’on échange. Je ne peux parler que de ce que je ressens, on est tous différents, les histoires sont différentes aussi, les vécus pareils et de mon côté, à part pouvoir faire sentir peut-être les gens moins seuls face à leur trouble, je ne peux pas faire grand chose de mieux j’avoue… Il m’est arrivé de parler par mail avec certaines personnes, mais je ne suis pas médecin, ni psy, ni psychologue et ça peut aussi être dangereux pour moi de m’investir en ne sachant pas tout. Perso je suis bien incapable de dire si votre compagnon est borderline, il faudrait qu’il puisse voir lui-même un psy pour permettre un diagnostic et qu’il suive une thérapie si c’était le cas, mais je n’ai jamais vu de diagnostic, fait par psy interposé par contre, surtout si elle ne le connait qu’à travers vous 🙂 Pour moi ça peut induire en erreur. Il a peut-être peur d’être abandonné et de se sentir rejeté et fait tout du coup pour que ça casse entre vous, parce que c’est sûrement plus simple d’abandonner que de se faire abandonner, mais bon…, il y a aussi peut-être d’autres raisons qui le poussent à agir de cette façon, sans qu’il y ait un trouble et ça je ne veux pas prendre la responsabilité de diagnostiquer. On dit beaucoup de choses sur le net au sujet de ce trouble et on le colle vite aux gens. Ce que moi je ne souhaite pas faire… Du coup vous pouvez échanger entre vous si vous le souhaitez, mais pas ici, parce que comme dit, ce n’est pas un forum, même si je permets bien sûr les témoignages, mais je préfère toujours que ce soit des personnes concernées par le trouble elles-mêmes, qui en parlent, parce que je reconnais que je n’aimerais pas qu’on parle de moi sur un blog sans que je le sache, ni qu’on raconte des morceaux de ma vie 🙂 J’espère que vous pourrez comprendre mon choix et vous souhaite en tout cas bon courage, pour votre compagnon, pour vous, pour votre couple. Prenez soin de vous

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