Mes petits et grands bonheurs

J’ai une maman qui… – « 53 billets en 2015 »

C’est moi là, à 1 an et presque pas un cheveu sur le caillou ^^ et ma maman ❤
Comme c’est aussi un hommage à mon ptit frère cet article, me voilà avec lui, il devait avoir 3 mois environ et c’était la 1ère balade en forêt qu’on avait pu faire avec lui 🙂 C’est une photo qui est chez mes parents sur un meuble et ma ptite nénette la regarde souvent, elle a d mal à comprendre et réaliser, surtout, que c’est sa tatie et son papa sur cette photo évidemment lol ❤ 

Il avait 2 mois et c’est quelques heures après qu’il ait été débranché de tout ce qui lui permettait de vivre jusque là. La 1ère fois que je le voyais, que je sentais la chaleur de son ptit corps contre moi, que je lui avais donné son biberon et puis il y avait Snoopy pas très loin, une petite peluche que je lui avais achetée et elle avait été stérilisée, elle ne l’a jamais quittée, c’était ma façon d’être auprès de lui tout ce temps ❤ Cette photo est toujours dans mon portefeuille je l’avais scannée pour garder l’original intact. C’est une photo tellement remplie de sentiments…. 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la semaine de la fête des mamans, ma santé ne m’a pas permis de remonter pour passer ce jour avec elle, ni avec mon frère qui a fêté ses 29 ans, hier. Du coup, le thème des « 53 billets 2015 » de Agoaye tombe bien, pour lui rendre hommage et parce que je sais que le 27 mai est un jour très heureux évidemment, parce que c’est le jour de mon frère, mais aussi source de traces indélébiles pour le coeur d’une maman (et celui d’un papa et d’une grande soeur) et je sais qu’on y pense tous, sans forcément le dire.

A 13h ce jour là, mon ptit frère a montré le bout de son nez, j’ai été la petite fille la plus heureuse du monde entier (si si au moins tout çà ^^), je suis partie à l’école avec mon papa qui a annoncé la bonne nouvelle aux mamans de mes copines et moi j’ai passé l’après-midi sur un petit nuage, en attendant impatiemment d’aller voir ma maman et mon ptit frère à la maternité. A la sortie de l’école, il y avait mon papa, droit comme un « i », le visage fermé, j’ai couru vers lui en lui disant « on va voir maman et Sébastien hein ?? » Et là, tout s’est effondré comme un chateau de cartes. Il m’a expliqué que je ne pouvais pas le voir, que quand il est né, il était bleu et ne respirait pas seul, mais que les médecins ne savaient pas ce qu’il avait encore à ce moment là. Après c’est flou, je me souviens juste avoir dit en pleurant « il va mourir ?? » Mon papa m’a dit qu’il ne savait pas… Mon papa a rejoint ma maman à l’hôpital et moi je suis rentrée chez nous, où il y avait ma grand-mère, qui était venue pour me garder quelques jours. Mon papa est rentré énervé, il s’était fâché avec les médecins qui faisaient traîner les choses et à minuit, il y a eu un appel téléphonique, mon frère allait être transféré en hélicoptère à Strasbourg, à 2h de chez nous, où il serait vu par un chirurgien renommé (son papa Clavert comme on l’aime l’appeler encore maintenant). Mon papa devait partir signer tous les papiers pour donner l’autorisation de le transférer et de l’opérer. Ma maman, elle, était seule dans sa chambre d’hôpital, à ruminer, à ne pas savoir où en était son bébé, à supporter les cris des autres nouveaux-nés. Je l’ai souvent imaginée, seule, dans l’obscurité en train de pleurer. Qu’est ce que j’aurais aimé être plus âgée pour l’accompagner pendant que mon père était avec mon frère. Qu’est-ce qu’elle a dû vivre pendant toutes ces heures… 

Mon frère a été opéré en urgence, une opération qui à l’époque avait peu de chances de réussir, sur un aussi petit être. Les hernies du diaphragme s’opèrent in utero maintenant, parce que les échographies sont capables de voir si le diaphragme n’est pas fermé correctement et agir en conséquence pour le consolider. Chez lui, tout était ouvert et les viscères étaient remontés dans la cage thoracique, il a fallu tout replacer, recoller chaque cm de ces minuscules artères, veines et tout ce qui permettait d’irriguer son coeur et ses poumons mal en point. Toute la nuit, il est resté dans ce ptit corps, notre papa Clavert… sans être sûr qu’il allait vivre pour autant. Il savait déjà qu’il n’avait pas réussi à sauver son poumon gauche et qu’il ne se développerait jamais, mais le reste…

Ma maman avait été recousue, on avait peur qu’elle fasse une hémorragie en la transportant, alors elle a attendue de pouvoir être avec son ptit bout de chou, le temps de bien ciactriser (une éternité dans ce genre de situation). Les semaines qui ont suivies ont été compliquées, il était toujours branché. La semaine, elle restait avec lui, dans une maison qui accueille les parents qui ont des enfants hospitalisés. Je l’ai souvent imaginé seule, le soir, dans cette chambre et la journée, au chevet de mon frère, sans savoir ce qu’il deviendrait. Je vivais son angoisse au-delà des kms, en me disant que je ne verrais jamais mon frère vivant… j’y allais le w-e avec mon papa, mais la réanimation était interdite pour les moins de 15 ans, j’étais loin du compte… alors j’attendais dans une salle d’attente et puis je profitais de ma maman comme je pouvais. Au bout de 2 mois, ils ont tenté de le débrancher, il était dans une chambre stérile, on m’avait affublée d’une grande blouse verte et j’avais été prévenue qu’on viendrait me chercher seulement s’il pouvait respirer seul. En attendant, j’avais bien compris que si on ne me disait pas de rentrer, c’est que çà n’avait pas fonctionné et qu’il fallait le laisser partir rejoindre les anges…, mes parents étaient avec les médecins et les infirmières et le respirateur s’est éteint… pour laisser la place au coeur de mon ptit frère de fonctionner seul 🙂 « Il respire seul ! Tu peux entrer ! »… ce sont les plus beaux mots que je n’ai jamais entendus… Et j’ai souvent imaginé le silence qu’il y avait dû avoir dans cet espace, le temps que la vie reprenne ses droits. L’angoisse de mes parents au milieu des fils pour avoir le bonheur de porter leur fils. 

10 mois après, il a dû retourner à l’hôpital et on attendait de savoir s’il faudrait le réopérer une seconde fois. J’étais chez une copine, c’était plus simple pour tout le monde, tous les soirs, j’avais mon papa qui m’appelait et puis ma maman, qui était près de lui et un soir, elle m’a dit en pleurant qu’il fallait le réopérer… la machine était de nouveau en train de se casser pour elle, pour mon papa, pour moi et c’était encore pire finalement, parce qu’on avait vécu avec lui pendant 8 mois, le temps qu’il rentre à la maison et là, on avait l’impression qu’il était de nouveau sur le fil entre la vie et la mort de nouveau. Je l’avais tellement aimé pendant ces 8 mois, toujours collée à lui, à avoir peur d’aller à l’école parce que j’avais peur qu’il meure pendant mon absence. Tout s’est fini enfin et on s’est retrouvés, plus soudés que jamais. 

Ma maman est donc cette femme, qui n’a jamais rien lâché de ce combat pour lui montrer son amour au quotidien, sa présence à ses côtés malgré l’épuisement durant tout ce temps. Lui insuffler sa force pour qu’il continue à tout prix de respirer. Les angoisses à gérer seule, parce qu’elle était loin de nous. 

Ma maman est aussi celle qui m’a soutenue pendant mon combat contre l’anorexie, avec mon papa et mon frère, avec l’impuissance dont elle parlait souvent, mais elle ne m’a jamais rejetée pour autant, jamais montré qu’elle m’en voulait d’être celle que j’étais, pourtant je n’étais pas toujours tendre avec elle. L’estomac vide, on devient vite agressives, même avec les personnes qu’on aime.

Ma maman est quelqu’un qui se couperait en 1000 morceaux pour faire plaisir, elle a toujours des petites attentions qui font chaud au coeur. Elle m’a envoyé 2 brins de muguet pour le 1er mai, qu’elle avait mis dans une pochette plastique, avec un joli noeud rouge pour assembler les brins. Je n’ai pas pu les jeter, même si çà fait triste à voir j’avoue lol Mais ils viennent d’elle, de sa pensée à elle et je n’ai pas envie de le jeter.

Ma maman est celle qui doute beaucoup de celle qu’elle est, à toujours se demander si elle fait bien les choses, du style à dire « tu crois que çà va lui plaire ?? »

Ma maman est celle qui s’inquiète pour tout le quartier, qui est là, même quand çà ne va pas bien fort de son côté. Elle a de l’herpès et une inflammation de l’iris dans un oeil, depuis Noël. Le traitement n’est pas simple à gérer, parce qu’il est contraignant dans la journée, elle a été aussi plus fatiguée du coup, mais quand elle m’a au téléphone, elle trouve toujours le moyen de me demander des nouvelles de quelqu’un. 

Ma maman est de celle qui ne m’a jamais dit verbalement « je t’aime ». Je le savais, mais çà ne fait pas si longtemps que çà, qu’elle me dit d’un air discret, l’air de rien aussi « je t’aime tu sais » ou quand c’est un peu plus dur et elle le sort quand elle peut, même si c’est en plein milieu d’une phrase qui n’a rien à voir, mais on dirait qu’elle profite du moment où elle se sent de le dire, pour le faire et j’ai droit au téléphone à un « je t’aime bien tu sais, j’aimerais tellement faire plus pour toi ».

Des mots qu’ont aussi mon papa, mon frère, ma belle-soeur. Je leur réponds qu’ils sont là et que c’est précieux… Ils ne savent pas que sans eux, je ne suis plus rien finalement, que c’est ce que j’ai de plus solide sur cette terre et que ce sont eux qui me tiennent réveiller quand j’ai envie de m’endormir pour toujours… 

Voilà ce que représente ma ptite maman. Du courage, de la sensibilité, de l’altruisme, de l’empathie. Parfois elle me fait grincer des dents avec certaines paroles lol ou son manque d’attention à ce que je dis ce qui a le don de m’énerver ^^. Il y a des choses que j’ai dû pardonner aussi, mais le jour où je l’ai fait, je me suis délivrée d’un poids qui inconsciemment pesait bien trop lourd sur mes ptites épaules et personne n’est parfait, même pas les parents, mêmes pas les enfants ou les frères et soeurs. 

Tu ne lis pas mon blog ptite maman (et heureusement, çà évite de savoir toute la souffrance que j’emmagasine et ne dis pas pour protéger, mais que je sors ici), mais tu le sais, je t’aime très fort et suis fière de celle que tu es. 

J’ai un peu dérapé entre mon frère et ma maman, mais l’un ne va pas sans l’autre quand il s’agit de parler de l’un des deux, je me rends compte et cette épreuve là, fait partie d’elle aussi, de ce qu’elle est, de son histoire et de la notre en général.

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8 commentaires sur “J’ai une maman qui… – « 53 billets en 2015 »

    1. Faut pas ma belle, il respire aussi bien que n’importe qui, comme il était bb, son poumon droit a pris plus de place et est plus gros du coup, pour compenser l’autre qui ressemble à une prune. Et puis il est marié, a 2 ptites filles, il a pris une sacrée revanche sur la vie 🙂 et puis on a des parents en or pour surmonter tout ce qu’on vit… bisous ❤

  1. tu m’as fais mouiller….LES YEUX hein….ma delph ❤ des fois les personnes ont du mal à dire je t'aime mais nous le montre d'une autre façon, l'essentiel est qu'on le sache! mon père était comme ta mère 😉 purée ton frère a eu bcp de chances mon dieu ❤
    Les parents sont précieux, imparfaits certe, comme tout le monde, et heureusement! mais on a qu'une mère, ou qu'un père, ou les deux pour toi, et profites en! ils ont l'air top tes parents!
    Dommage que ça n'aille pas trop mieux pour l'oeil de ta maman :/
    gros bisous delph!

    1. Oh ma Lili ❤ c'est clair que l'important est de le savoir à travers des actes et des façons d'être. Je ne dis pas facilement "je t'aime" à part par écrit, mais en "vrai", c'est plus compliqué. Du coup, quand j'envoie un sms par exemple, je le rajoute toujours pour que les personnes auxquelles j'ai besoin malgré tout de le dire, le sachent, même s'ils le savent, mais ce serait un regret que j'aurais s'il m'arrivait quelque chose. Qu'on puisse douter de l'amour que je pouvais leur porter.
      Ton papa a tout pour être fier de toi ma Lili depuis là-haut, il doit rayonner de bonheur ce ptit ange qui t'accompagne au quotidien, de voir que tu as formé une jolie ptite famille ❤
      Ma maman se remet doucement, il faut une dose de patience que perso je n'aurais pas, mais j'évite de lui dire évidemment :/
      J'en connais pas mal qui n'ont malheureusement pas la même chance que moi côté parents oui et chaque jour, je m'en rappelle pour continuer d'avancer… ❤ Bisous ma jolie Lili, je t'aime fort 😉

  2. idem j’ai du mal à le dire en vrai (sauf à matt et à mes filles) je le dis qd même à ma mère mais je suis plus à l’aise à l’écrit comme toi 😉 c’est pas tjrs facile de dire je t’aime, c’est intimidant, c’est bizarre qd même! je n’oserai jamais te le dire en vrai que je t’aime, enfin je pense pas?! quoi que peut être 😉 mais tu le sais aussi que je t’aime, très très fort!!! ma douce petite delph

    1. Il faut mettre sa pudeur de côté, c’est clair que ce n’est pas simple, à mes 2 princesses, çà sort tout seul, mais autrement. Comme dit, il y a mon frère auquel je le dis facilement au téléphone. Mes parents me le disent, je réponds « moi aussi », mais me rattrape par écrit. L’essentiel, c’est que les personnes qu’on aime vraiment (y en a qui disent ces mots là à tout va et pour le coup çà en perd la valeur) le sache, quelque soit la façon utilisée 🙂 Gs bisous ma lili, je t’aime fort ^^ ❤

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