Des blablas de toutes sortes

Perdre le Nord.

Parfois on perd le Nord, même devant l’horizon juste devant le nez (Plage des Catalans, Marseille, Mars 2017)

Je suis dans un gros bas depuis plusieurs jours, le temps n’a pas arrangé les douleurs déjà très fortes. Et puis le moral s’est cassé la gueule comme il sait si bien le faire. Jamais réellement de choses qui déclenchent, il suffit de peu pour me faire tomber dans une sorte de spirale où je sens que les épisodes dépressifs s’installent et que le rire s’est barré. Je ne suis décidemment plus la même personne depuis que la douleur s’est invitée dans mon corps et c’est dans ce genre de moments que je me rends compte à quel point ça me porte préjudice dans mes liens avec les autres. Je bougeais dans tous les sens, j’étais à l’écoute, toujours à me soucier des autres bien avant moi très souvent (trop…). Maintenant, je suis très fatiguée très vite. Mon écoute est là mais si on m’appelle au téléphone, je fatigue vite juste de le tenir et puis parler me coûte cher parfois. Sur mon pc, je dois être sûre de tenir un maximum de temps pour ne pas dire à la personne « excuse moi je n’arrive plus à écrire ». Ca fout moche. Mais c’est une énergie que je ne possède plus. Qui a été quelques fois à l’origine de coupures d’amitié parce qu’on ne comprenait pas que d’un coup je ne sois plus là justement. Je me suis souvent aussi dit que je n’étais plus aussi intéressante, ne pouvant plus bouger comme avant, ça réduit vite ce que qu’on peut faire avec moi. Je ne tiens pas assise très longtemps, ni debout d’ailleurs et je calcule tout. Les distances, le temps pour aller d’un endroit A à B et voir si du coup ce serait possible. S’il y a des escaliers trop nombreux. Bref, tout se calcule. Alors je sors seule, comme ça je ne dépends de personne et surtout je ne gâche pas la sortie de la personne qui pourrait m’accompagner.

Et puis il y a eu les premières déceptions amicales. Les plus précieuses se sont éteintes. Et ça continue. Je me remets en question sans cesse, parce que l’amitié a toujours été une valeur qui me tenait à coeur. J’ai une amie précieuse N. qui est là depuis des années avec laquelle je ne me suis jamais posée de question parce que c’est le genre d’amie que je peux ne pas voir pendant 3-4 mois à cause de sa vie à gérer, à cause de la mienne abracadabrante, mais quand on se voit, c’est comme si on reprenait les conversations qu’on avait arrêtées. Et ça a toujours été notre façon de fonctionner. C’est le style d’amie qui lorsque j’étais hospitalisée la dernière fois pendant une semaine, venait dès que son travail le permettait, quitte à venir le matin hors visite et à faire de l’oeil à l’infirmier en jouant l’innocente, en mode « oh je ne savais pas, excusez-moi ». Tout ça pour passer un moment avec moi, alors que j’avais du mal à reprendre mes esprits et que je n’étais pas fraîche. Chaque jour elle était là à différents moments de la journée. Dans ma chambre, quand elle venait seule. Et quand elle avait ses enfants, comme c’est le genre de service interdit au moins de 16 ans, on se retrouvait dehors. Les infirmières me laissaient sortir de ce secteur fermé, sous sa surveillance. Sans elle, je n’aurais pas eu du coup cette bouffée d’air. Malgré ses propres galères, malgré les difficultés pour venir. Et je n’ai jamais rien oublié de tout ce qu’on a traversé en bon et en mauvais. Des moments à rire, à piquer des fous rires, à draguer aussi accessoirement lorsque je pouvais encore faire du roller et que j’organisais des sorties tous les jeudis soirs avec le groupe soudé qu’on formait tous (le jeudi, c’était parce que des hockeyeurs en roller venaient s’entraîner où on était… j’avais le sens de l’organisation au moins…). Il y a eu des moments très durs aussi, de son côté, du mien.

Elle est mon pilier sans vraiment le savoir je pense même si elle sait que je tiens beaucoup à elle parce que je lui dis avec mes mots et que j’estime que c’est important de le dire. Et dans ma tête quand je doute de tout, je pense à elle et me dis qu’on est toujours debout, même si on ne se voit plus aussi souvent qu’avant, parce que je sais pourquoi et que ça n’a rien à voir avec celle que je suis devenue surtout. C’est juste la vie. 

Mais j’ai peur. 

Je me protège énormément de peur de souffrir. Depuis la perte de mon meilleur ami, ma confiance en les autres s’est aussi fait la malle. Je ne souhaite plus m’attacher. Ni me confier pour que mes faiblesses finissent par me retomber dessus. J’ai beaucoup de mal à tenter de me reconstruire un cercle social. Ce n’était pas évident quand j’allais à peu près bien, mais maintenant c’est encore pire. C’est valable pour l’amour aussi, mais j’avoue ne pas être assidue dans mes recherches et je ne sors pas assez pour qu’il tombe du ciel tout seul le pauvre. Je suis fatiguée juste d’envisager de faire bonne figure devant de nouvelles personnes et pourtant paradoxalement j’aurais besoin d’amitié. J’ai une famille qui m’aime ce qui est déjà tellement immense, qui sait que sans elle, je suis noyée. J’ai toujours été indépendante côté sentiments amicaux ou amoureux. Heureusement, parce que je souffrirais sans doute encore davantage de voir que je suis seule de ce côté là et que je n’arrive pas à me réparer de tous ces abandons, de toutes ces incompréhensions qui ont amenées à la rupture. Mais même en étant indépendant, on a tous besoin des uns et des autres je pense.

Depuis ces disparitions de ma vie (choisies par moi pour certaines donc je les vis mieux aussi), le moindre petit truc vient grossir la situation et fait exploser le minimum que j’arrive encore à supporter et à tolérer des gens. J’ai fait un truc ridicule la semaine dernière pour satisfaire quelqu’un et je me suis jurée que c’était la dernière fois qu’on me prenait pour une imbécile à ce point là. Mais je sais que je retomberai de nouveau dans le panneau. On reproduit les mêmes schémas tant qu’on n’arrive pas à changer. Et je me sens tellement absente comme amie, que ce que je peux faire, je tente de le faire, quitte à trouver la situation stupide (je suis conne en gros). Et je ne veux plus de ça. J’arrive à me dire que la remise en question ne se fait pas toujours juste dans un sens et que si la communication ne peut plus se faire, c’est parler dans le vide et je n’ai plus l’énergie pour ça non plus. Et quand mes idées noires sont là en plus, je me dis que je n’ai pas le temps de m’encombrer de stupidités parce que je ne sais jamais si une pulsion n’aura pas raison de moi pour de bon et qu’elle m’emportera bien loin de cette terre. Alors les moments où je tiens à peu près debout, je veux m’en imprégner pour m’aider à surmonter le reste, pour me ressourcer, pour tenter de me dire que la vie est aussi faite pour moi. Si on m’empoisonne ces rares moments de répit, en gros qu’est ce que je deviens, alors que l’amitié est là pour apporter du bonheur à mes yeux. 

Mais j’ai peur. De ne plus pouvoir faire jamais confiance. De ne plus jamais entendre « tu me manques, on se voit quand ? ». De ne plus arriver à rire avec quelqu’un. De ne plus savoir ce que c’est d’être serrée très fort dans des bras et de faire pareil. De ne plus pouvoir dire « je vais mal ». De ne plus être capable d’aimer assez fort pour créer une relation d’amitié. De me sentir morte de l’intérieur avec le coeur comme de la pierre, prête à tout verrouiller. De ne plus pouvoir proposer quelque chose à quelqu’un. De ne plus avoir personne à qui envoyer un mot pour dire « allez on fait ça ?? ». Ne plus trouver sur mon répertoire la moindre personne que je pourrais contacter juste pour dire « j’avais juste envie d’entendre ta voix, raconte moi ce que tu deviens ». De ne plus pouvoir mettre des mots qui montrent que l’amitié est précieuse. De ne plus être l’amie de personne. De ne plus compter au point qu’on puisse m’oublier. Au point qu’on ne sache pas si je suis en vie ou pas et le jour où j’ai réalisé qu’il y avait juste Happy pour le savoir physiquement parlant et que je pourrais rester longtemps éteinte seule, je pense que ça m’a finie comme pensée. J’ai tout simplement peur de ne plus croire en cette valeur qui m’appartenait et qui m’était chère. Peur de faire abstraction que l’amitié existe réellement. 

Tout n’est pas éteint tant que je me pose ce genre de questions, du moins je le suppose parce que je ne suis plus sûre de rien. Mais j’en suis au stade d’envier les personnes qui parlent de leurs soirées d’amitié, de leurs rires, de ces citations qui montrent à quel point l’amitié est une valeur chère au coeur de beaucoup, de ces groupes que je croise, de ces gens qui sont plusieurs sur une photo à profiter de la vie ensemble. Je ne veux pas que ce soit une souffrance qui vienne se rajouter à tout le reste déjà bien compliqué. Et pourtant c’est le cas. J’en souffre. Et la seule chose qui me fait tenir de ce côté là, ce sont ces amitiés de loin. Ces sms qui volent au-delà des kms. Ces mp de l’autre bout de la France. Ces rires derrière des écrans. Ces mots qui me soutiennent, qui croient en moi. Ces amies qui me connaissent réellement, qui savent mon fonctionnement et ne m’en veulent pas pour autant. Des  » tu me manques, reviens vite ». Je me dis que ce ne sont pas les visites qui m’étouffent, mais que ma boite postale, vocale et mail reçoivent de belles richesses en mots. Des petits instants piqués dans la journée pour faire l’andouille. Il m’arrive très souvent de pleurer derrière mon écran et de rire de quelque chose qu’on me dit parce que même sans le dire, l’amie sait que ça ne va pas, parce que je ne suis pas pareille que d’habitude et qu’elle essaie de transformer mes larmes en rires. 

Merci à ces personnes qui se reconnaîtront derrière leurs écrans, je le sais bien. Vu le contexte j’aime de moins en moins utiliser le mot « virtuel », parce qu’un écran ou un téléphone n’ont jamais pu apporter aucun soutien. Ce sont les utilisatrices qui sont capables de cette magie là. 

Et puis merci à N. même si elle ne lit pas mon blog. Et puis A. que j’ai retrouvée après une certaines absence que j’ai comprise et qui n’a rien changée c’est pareil, je regrette juste que la vie ait dû l’éloigner de Marseille, temporairement j’espère (pour elle surtout, je ne suis pas égoïste à ce point là, même si j’aimerais pouvoir partager des moments avec elle et sa ptite princesse). 

Il y a 2 ans, le 31 mars, j’ai perdu une copinette qui habitait Aix en Provence, on n’a pas eu le temps de se connaître en réalité, la fibro a eu raison d’elle, elle s’est suicidée, elle ne supportait plus la vie avec la douleur et tout ce qu’elle engendrait. Je n’arrête pas de penser à elle, elle me hante souvent, mais ce genre d’anniversaire empire toujours les choses… 

Dites à vos ami(e)s à quel point vous tenez à elles/eux. Une fois à ce stade là, 36 pieds sous terre, on ne pourra plus rien dire, plus rien entendre et les hommages ne serviront plus à rien, c’est pendant qu’on est vivant(e) qu’on a besoin de savoir ce qu’on représente pour les autres. C’est cru dit comme ça, mais c’est intentionnel. Je ne supporte plus ces longs discours une fois que la personne a fini par partir d’une manière ou d’une autre. Au paradis, le wifi ne fonctionne pas très bien pour pouvoir se connecter aux écrans des gens et lire ce qui se dit sur elles malheureusement. Mais il y a la vie pour le faire… 

Je reviens vite sur mon compte fb, je l’ai désactivé parce que je n’étais vraiment pas gaie dessus, déjà que j’essayais de camoufler le mal-être de ces derniers temps. Il y a eu une nuit de trop à lutter pour ne pas disparaître j’avoue… et il faut que je remonte la pente… De nouveau… et je suis éreintée….. Prenez soin de vous et des personnes que vous aimez…

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20 commentaires sur “Perdre le Nord.

    1. Tu sais, chaque mot m’aide, il ne faut pas dire ça ❤ et puis je suis toujours en manque d'affection, de douceur, alors je prends toujours tout ce qui est bisous et câlins ❤ Gs bisous pour toi aussi. Merci ma belle

  1. Dur, dur Delphine… Tu as raison : les amitiés sont précieuses et aident à tenir le cap… Je ne souffre pas physiquement mais je suis fatiguée, voire épuisée, depuis plusieurs mois… du coup, je suis incapable de tenir une journée entière sans avoir besoin de me reposer… je me rends bien compte que c’est difficile à comprendre pour les personnes qui m’entourent. Mes proches comprennent mais je crois que certains se demandent pourquoi je refuse ou j’annule certaines invitations…
    Bref, je te souhaite de retrouver le nord Dephine ❤ gros bisous virtuels ❤

    1. Oui elles font partie d’un équilibre que j’avais et qui a lâché en gros. J’ai toujours eu conscience de l’aide qu’on m’apportait, je ne peux pas dire comme parfois que c’est une fois perdu qu’on se rend compte à quel point c’était précieux. Non, là je l’ai toujours dit, parfois les souvenirs fb me collent ça en pleine tronche d’ailleurs. Où je dis merci pour telle chose, pour telle sortie, parce que j’étais bien consciente que c’était justement mon équilibre et que je ne le possède plus côté amitié.
      Pour les personnes qui ne comprennent pas les annulations, selon comme je suis, je me dis « tant mieux pour eux, c’est qu’ils n’ont jamais traversé la dépression » dans cette situation là et quand je suis plus mal lunée, j’aurais tendance à vouloir transférer le mal-être ne serait-ce que 2-3 jours pour qu’ils réalisent vite pourquoi il y a des refus, de la fatigue. Mais se justifier sur quelque chose contre laquelle on se bat, est parfois encore plus éreintant que la maladie elle-même… tu le ressens aussi comme ça ? :/ prends soin de toi en tout cas. Je suis plus zen ce soir et me dis qu’il vaut mieux être accompagnée de très peu de personnes mais qui justement comprennent plutôt que d’avoir davantage de monde mais se fatiguer à expliquer l’inexplicable. Et tu sais, je me plains souvent des douleurs, parce que c’est sans doute plus facile à décrire. Un jour j’écrirai sur la dépression. Mais les maux de l’âme sont encore plus douloureux que ce foutu corps de merde… alors je comprends l’épuisement et le besoin de se reposer. Et entoure toi du mieux possible, avec les plus belles personnes, pour être tirée vers le haut pour contrer les personnes qui tirent vers le bas, mais que malheureusement on ne peut pas toujours fuir. Je pense à toi et t’envoie de gs bisous ❤ Demain je ne participerai pas aux états d'esprit du vendredi parce que je ne serais pas plus gaie… mais je ferai le défi listes pour le printemps par contre, pour mettre un peu de couleur entre 2 posts pas bien marrants à lire

      1. Comme toi… devoir me justifier ou avoir le sentiment que je dois me justifier m’épuise… j’ai tout le temps l’impression de devoir expliquer que je suis VRAIMENT malade… que c’est une maladie… je ne sais pas si c’est moi qui crée cela ou si c’est l’image que me renvoie les autres… Le barbare me dit « non tu es malada »… j’ai aussi un ami assez proche qui me le dit « tu ne prends pas des médocs par plaisir, tu ES malade, tu n’as pas à te justifier… » Mais bon, c’est idiot hein… Et puis il y a ceux qui ne prennent jamais de nouvelles, ne pas me dire un simple « ça va »… est-ce trop demander ? Je ne sais pas… je suis blessée bien souvent… je me dis que cette période va peut-être m’aider à remettre les choses à leur vraies place… Quant à la douleur physique : je lis tes petits mots et je suis tellement désolée de te savoir souffrir autant… :/ l’âme et le corps… dur, dur :/
        Je t’embrasse ❤

      2. Je comprends, j’aurais bien pu l’écrire tout ça :/ Effectivement c’est bien une maladie, on se passerait de ces médicaments qui souvent nous donnent la sensation de ne plus se sentir soi-même et surtout ce n’est pas anodin. La maladie fatigue, mais le traitement aussi et les deux mélangés, c’est souvent très dur de refaire surface, parce que la dépression fait en sorte de couper bien des envies du coup on se traîne déjà mais on rajoute la fatigue et l’envie est encore moins présente. Il faut du temps et du soutien, autant psy que des proches. Dans mon « manuscrit », je l’appelle le cancer de l’âme… C’est là que tu vas te rendre compte ceux qui seront près de toi, qui t’aiment tout simplement et qui mènent ce combat avec toi. Les autres bof… (je dis ça parce que c’est ce que je souhaiterais arriver à faire, à zapper les autres, mais bon ça provoque encore un peu plus de souffrance alors qu’on a déjà assez à faire, c’est pour ça que se protéger autant que possible est primordial…) Le « Ca va ? »… Le nombre de fois où on m’a dit « je suis impuissant(e) et du coup on me laissait dans le silence. Je répondais que c’était encore pire parce que ça renforçait les questions que je me posais déjà sur d’autres plein de choses et que surtout je n’ai jamais eu besoin de grands discours. Un « je pense à toi » et l’envoi de bisous me suffisait. Mais je devais parler chinois et pareil que toi, souvent blessée du coup. Je pense à toi ma belle, fais attention à toi, protège toi, accroche toi à tout le positif possible ❤ Enormes bisous

  2. Ma Delphine, je crois que si tu étais aussi conne que tu l’écris ici, tu ne ressentirais pas autant les choses, et surtout tu ne souffrirais pas autant de l’absence d’amis… Non, tu es loin d’être conne, tu es sensible et aimante, et tu dois le voir comme des qualités, pas comme des défauts.

    Que tu ressentes la nécessité de te protéger avant de faire confiance, de verrouiller un peu ton coeur, je peux comprendre tout à fait. Il y a des moments dans une vie qui sont difficiles et c’est la seule chose qui paraît à notre portée. Il faut pourtant que ce ne soit que pour un temps, que ça ne dure pas, sinon on devient méfiant et c’est le cercle vicieux : parce que moins on autorise les gens à s’approcher de nous et moins ils viendront, et plus on se sentira seul… Alors bien sûr ta maladie n’aide en rien à te donner confiance et à ne pas te sentir vulnérable. Mais ne te jette pas la pierre ainsi, c’est tout de même pas facile de se faire de vrais amis ! Ce que tu vois sur les photos des autres, c’est ce que les autres veulent bien te montrer. Je passe très peu de temps avec des amies ou même avec Habibi, il n’y a que les weekends qui sont bien denses de ce côté-là et j’essaie d’en profiter à fond quand ça arrive, de savourer… et surtout j’évite de comparer aux autres tout simplement parce que nous n’avons pas les mêmes vies, nous ne faisons pas les mêmes choix…

    Il y a des gens méchants, blessants. Et il y a des gens très bons, généreux, ouverts, prévenants, attentionnés. Ces gens-là deviennent des ami(e)s qui malheureusement parfois repartent, ne restent pas – ils ont leur raison, et je crois qu’il ne faut pas y lire quelque chose de personnel, même si on se sent abandonné… parfois les amitiés s’étiolent envers et contre tout ce qu’on a pu essayer de faire pour les sauver. C’est la vie…

    Si tu veux, je te laisserais bien mon numéro de téléphone pour qu’on s’appelle. On passerait de l’écran avec les mots, à la voix… et peut-être un jour à une vraie rencontre ? 🙂 Tous ces petits bonheurs qu’on partage entre ami(e)s, je suis sure que tu les vivras encore et encore, c’est juste une période un peu noire pour toi actuellement, alors il faut te reposer, tenter de ne pas trop ressasser le passé, ne pas se laisser envahir par la nostalgie des beaux jours passés. Je suis persuadée que d’autres belles journées t’attendent !

    ❤ ❤

    1. Tu mets le doigt sur ma peur justement, le cercle vicieux que je sens se mettre en place parce que j’ai déjà atteint cette phase là. C’est comme être prise à son propre « jeu ». J’ai essayé de faire une sortie avec OVS, plusieurs mêmes… je me suis défilée à chaque fois. J’ai même annulé mon compte le même jour que je désactivais mon compte fb. Je ne fais pas forcément de comparaisons, parce que j’ai du mal avec ça j’avoue. Quand certains de mes contacts me disent « tu as de la chance d’avoir pu aller à tel endroit », ça m’énerve… parce que je ne me permets pas de dire justement que la personne a la chance d’avoir un chéri qui la soutient, qu’elle a pu se mettre à son compte. Justement parce que nos vies sont différentes. Certaines ont des choses que je possède (et encore, comme tu dis, on montre bien ce qu’on veut sur des photos… on ne sait pas combien de temps je reste durant mes balades et surtout on ne connait pas mon état vu que je suis seule pour le dire. Il m’est arrivé d’être au bord d’un malaise à cause de la douleur, mais on voit mes photos évidemment, alors on s’imagine que c’était la super forme… et là je regarde la loque que je suis pour avoir voulu faire ces photos et je me dis que décidemment l’écran ne parle pas et il renvoie juste ce qu’on lui demande de montrer) et des choses que je ne possède pas. Certaines de ces choses peuvent me manquer et du coup je peux envier, et d’autres me laissent indifférentes parce que parfois j’aime autant être à ma place, vue la bêtise qui se dégage de la personne qui peut tout posséder physiquement, socialement, mentalement etc… mais je n’échangerais pour rien avec elle. Et surtout j’envie ponctuellement, quand justement le moral est moins bon encore que d’habitude et que toutes mes émotions sont exacerbées. C’est le manque de partage avec d’autres qui me manque en fait qui produit cette envie que je perçois chez d’autres et comme dit, c’est furtif, mais parfois assez pour me donner les larmes aux yeux (j’ai la chance de ne pas être jalouse, ce serait la fin des haricots sinon)
      J’essaie de vivre dans le moment présent, ce n’est pas quelque chose d’acquis, le passé peut être parfois bien lourd à gérer quand tout s’emmêle comme là, mais j’y travaille, parce que j’ai conscience que c’est une des clés de mon mieux-être aussi. Je vais essayer de me refaire un compte OVS pour accéder à des sorties qui me sont possibles de faire, me forcer à aller vers d’autres. J’ai pensé au bénévolat aussi, dans une association jeune et active. Je fouine depuis qu’une fille de la croix rouge a débarqué chez moi l’autre jour, on a parlé un moment. Je n’oublie pas qu’il y a des personnes aussi qui sont bienveillantes… au fond de moi il y a une petite voix qui dit « rappelle toi que tu pensais aussi que ces ami(e)s te semblaient bienveillant(e)s et regarde où tu en es ».. Essayer de proposer davantage quand je me sens par contre à ceux qui peuvent encore dire que ma confiance est intacte aussi. Avec les beaux jours, ce sera peut-être plus simple pour déambuler et me faire sortir davantage avec du monde… Merci ma Julie, je te laisserai mon n° en mp, il faudra aussi que tu me redonnes ton adresse, mais j’enverrai un mp groupé pour demander à certaines de me la (re)donner, quand je réactiverai mon compte. J’avais prévu de le faire aujourd’hui et puis bof….
      Je te fais de gs bisous ma belle et profite de chaque moment avec Habibi, c’est précieux de se retrouver ponctuellement et de savourer un peu comme en vitesse accélérée pour rattraper le temps qui n’est pas passé ensemble du coup ❤ Profite de chaque seconde d'amour, d'amitié. Tu es une magnifique personne et pareil que pour certaines, je suis sûre que nos chemins se rencontreront

  3. Des bisous simplement ma belle. Je n’aime pas te savoir comme çà mais je comprend parfaitement .
    Quand on a mal et que l’on a vécu ce que tu as vécu on a le droit de douter, de se dire que…
    Mais je suis là si tu as besoin et non je ne te laisserai pas tomber si tu ne veux pas me voir parce que je comprendrais que tu ne vas pas bien.
    Bisous bisous ensoleillés et plein d’amitié.

    1. Merci beaucoup ma belle. Oui je m’autorise à douter, mais ne vais pas me remettre en question pour des choses que je n’ai pas faites ou pire dont je n’ai pas connaissance. Ca me fatigue et ce soir j’arrive à dire que je mérite mieux comme attitude… Un jour on se rencontrera j’en suis sûre. Je te fais plein de gs bisous marseillais en attendant de me rapprocher au moins un peu ❤

  4. Ma douce Delphine, tu le sais, je donnerais beaucoup pour te soulager de cette douleur qui te tient prisonnière. Je te lis et je me dis que tu as encore l’énergie de te poser des questions, d’analyser cette situation avec un regard qui en dit long sur l’était de ton coeur.
    L’amitié peut faire souffrir. Et quand on a été déçu on a tendance à ensuite vouloir se protéger. C’est humain. Et parfois essentiel pour tenir le coup. C’est toujours difficile de dire aurevoir à ceux qu’on aime mais il faut bien l’avouer certaines personnes ne réagissent pas comme nous et ne nous comprennent pas. Ils ne sont pas prêts à nous tendre la main pour apaiser nos bas…
    Je te rejoins, le virtuel est un nom que je n’aime pas, car les personnes derrière leurs écrans sont souvent bien plus présentes que d’autres que nous connaissons et ne voyons guère. J’y ai trouvé énormément de bienveillance et d’amour quand jours et nuits se mélangeaient, quand je ne me sentais plus capable de rien.
    Je t’envoie de l’amour et plein de bisous tous doux, de ceux qui font des chatouilles au creux du cou. Prends soin de toi. L’escargot et moi nous t’aimons fort.

    1. Je n’ai plus l’énergie mais prends dans mes réserves on va dire, pour essayer de sauver ce qui peut être sauvé et ne pas tout perdre quand même… mais elle se fait de moins en moins présente, mais je perds mon temps et mon énergie. Et j’en ai assez de chercher à comprendre les réactions. J’ai toujours l’énergie par contre pour me remettre en question même quand je ne suis pas forcément dans mes torts, c’est ça le pire. En fait ce qui est le pire est justement de ne pas pouvoir dire au revoir tellement il y a de rancoeur parfois, on laisse juste la distance et le silence s’installer et voilà, parce qu’on sait qu’on ne sauvera plus rien et pour certain(e)s, la vie continue déjà sans moi depuis longtemps, alors je n’ai même pas l’envie de dire « bonne continuation » en guise d’au revoir (on va finir par croire en fait que je suis asociale avec tout ce que j’écris ^^ mais promis j’ai aussi des amitiés qui datent de 30 ans. On est très loin, parfois sur d’autres continents mais je les sais là et c’est comme pour vous, c’est ma richesse et c’est ce qui me fait toujours revenir, soit sur mon blog, soit sur fb pour pouvoir les retrouver parce que tout mon petit monde y est. Oh oui, bien présentes derrière des écrans, à comprendre au 1/4 de tour ce qu’on dit à demi-mots, alors qu’on peut mettre 1h à expliquer à quelqu’un qui nous connait pourtant bien le pourquoi du comment et encore, on ne saura pas si la personne aura compris au bout… C’est mon exutoire et ce n’est pas pour rien que j’écris très souvent la nuit. C’est parce que c’est le pire des moments, même si j’aime voir Marseille dormir, c’est aussi là que parfois tout remonte. Les insomnies peuvent créer de sacrées boules de neige mentales… Je t’envoie le plein d’amour pour toi et ptit escargot, beaucoup de tendresse et prenez soin de vous aussi. Je suis chatouilleuse, mes nièces le savent et me font parfois des chatouilles à des endroits stratégiques, les chipies ^^ Je vous aime très fort ❤

  5. Je n’aime pas te savoir comme cela et que dire sinon tiens bon … De difficiles moments quand la douleur la fatigue le découragement prennent le pas sur tout et que dire de ceux qui ne comprennent pas c’est difficile aussi pour les proches de comprendre notre mal être physique et moral… on lasse les autres on se lasse aussi de l’incompréhension et l’indifférence et cette solitude si difficile à porter alors n’hésite pas derrière ce virtuel il y a de belles personnes du soutien plus parfois que dans le réel il suffit d’un rien comme t’envoyer de gris bisous et te dire que tu es précieuse tiens bon au bout du tunnel il y a la lumière amitiés

    1. Merci Cath pour ton réconfort, alors que je sais que les douleurs te collent aussi beaucoup trop. J’ai tendance à m’isoler justement pour ne pas lasser (et puis ça me saoule moi-même de dire que la douleur me flingue, que le moral ne suit pas, alors parfois vaut mieux se taire) mais se sentir seule physiquement face à tout ça n’est pas non plus simple. Et ici je sais au moins qu’on n’est pas obligées de « m’écouter » si on n’en a pas le courage ou l’envie. Je ne veux pas le faire subir. Je t’envoie aussi de la douceur, de gros bisous et le plein de pensées ❤ J'espère que tu peux un peu mieux bouger

  6. Tu est fatiguée, triste, tu as mal, peur, j’entends tout cela mais je sens aussi une grande force de vie en toi qui j’en suis sur va revenir. Ces moments sont autant de cailloux jetés sur nos chemins de vie qui nous oblige à offrir, à demander, à oser aussi se poser les bonnes questions… Sans ombre, pas de lumière, sans pluie, pas de vie, sans nuit, pas de jour… Mon expérience est que quand on cherche, on trouve toujours. Pas forcément ce que l’on cherche mais parfois autre chose, d’encore mieux, que l’on avait pas vu et qui est juste à coté de nous…Je t’envois plein d’affection et de douceur pour cette traversée un peu rugueuse et je te souhaite de retrouver la joie du printemps, de ce renouveau qui nous émerveille tant…ça vaut le coup de le regarder ce printemps qui succède à l’hiver !

    1. C’est vrai que parfois on reste fixées sur ce qui manque, sur ce qu’on n’a plus, on croit que tout est fini (ou presque) et quand on arrive à de nouveau ouvrir les yeux autour de soi, quand on se sent un peu « soignées », on trouve autre chose et comme tu dis, voire mieux. J’ai déjà connu des petits moments pareils (je l’avais oublié avant de lire ton commentaire d’ailleurs) et il me tarde de pouvoir en être de nouveau capable. Je vais être attentive à ce qui se passe près de moi en tout cas. Merci beaucoup pour ce très beau commentaire 🙂 Bises

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