Mes petits et grands bonheurs

Alors ? Crise de la quarantaine ou pas ?

Quartier du Panier, Marseille – Mars 2018 Aucun mur n’a été maltraité pour l’occasion je vous rassure ^^

Les mois qui ont précédé mon passage dans la quatrième décennie m’ont valu des cheveux blancs, où des questions existentielles sont apparues, avec l’impression que je n’avais rien construit et la sensation d’avoir passé plus de la moitié de ma vie à surtout souffrir moralement et physiquement. Plus je voyais l’échéance approcher, plus j’avais cette boule au creux du plexus qui venait me rappeler que la vie était difficile à supporter vraiment et que l’avenir, je ne le percevais pas réellement, en n’étant pas sûre d’avoir le sentiment d’avoir réussi à le faire ne serait-ce qu’une seule fois d’ailleurs, pour celle qui vit plutôt dans le passé que dans le futur et qui tente de vivre au mieux le présent. L’impression que tout semblait bouché en moi dans tous les domaines et qu’arriver à 40 ans me rendait encore plus chaotique dans celle que j’étais et que ma famille était ce que j’avais la chance d’avoir encore mais le reste… Je ressemble parfois à une chaise bancale. 

Puis j’ai commencé à parler avec J. un soir de mi-septembre. Puis début janvier, on a franchi des étapes plus importantes qui m’ont prouvé que mon corps était encore en vie. Que mon esprit bouillonnait de feux d’artifices et que le coeur suivait la même route de vouloir exploser de plaisir et j’ai tout laissé faire, en ayant à l’esprit constamment qu’il pouvait m’arriver n’importe quoi à tout moment, volontairement ou pas, en gros… Quand on a essayé de fuir la vie à plusieurs reprises, peut-être qu’on se dit que finalement il ne pourrait pas arriver pire que les raisons qui ont provoqué cet état de vouloir échapper à la vie. Je ne sais pas ce qu’il y a eu, mais j’ai lâché prise en tout cas. Peut-être aussi que toutes les angoisses liées au cap des 40 ans m’ont « obligée » à me bouger si je ne voulais pas couler une fois de plus. Un peu comme si j’étais au bord d’un précipice. Soit je plongeais dans la 40taine, en m’arrachant le peu de cheveux que j’ai sur le crâne et en étant remplie de regrets, chose que je ne supporte pas. Soit je laissais J. prendre davantage de place dans ma vie, avec toutes les angoisses, les doutes et les appréhensions que l’amour pourrait engendrer. Je rappelle ma fabuleuse peur démesurée de l’abandon, du rejet… mais comme dit, c’était encore pire de me voir dépérir devant mon chiffre 39 qui allait mourir d’ici peu. Alors j’ai plutôt voulu faire vivre le chiffre 40 du mieux que je pouvais. 

Depuis quelques mois, je libérais mon esprit de tout ce qui pouvait l’empoisonner à tous les niveaux. Les pseudos ami(e)s qui voulaient partir n’avaient qu’à le faire, mais je ne voulais surtout plus souffrir de certaines relations. J’ai étouffé un bon coup avant de me dire que j’avais juste besoin de liberté, de relations simples où je ne me pose pas des centaines de questions à la minute et qu’en cas de problème comme il peut y avoir dans toute relation, m’assurer que je pourrais en parler sans perdre mon énergie pour rien. Tout ce qui me polluait a été nettoyé. Par ma volonté ou celle des autres. Dans les deux cas, j’ai respiré et me suis rendu compte que c’était parfois toxique pour le coup et que ça me rongeait davantage que ça m’apportait du positif. 

Puis le 14 février est arrivé. J’ai ressenti une envie que je n’avais plus depuis quelques années, le fêter avec les êtres qui m’étaient précieux, hormis ma famille évidemment. J’ai commencé un nouveau protocole de soins qui m’empêchait de remonter à ce moment là, mais je le fêterai à Pâques avec toute ma petite famille 🙂 Mon anniversaire s’est donc fait, entourée de celui que j’aime, maintenant je peux le dire et mes deux amies les plus proches avec leurs enfants. C’était ma richesse pour passer ce cap qui m’effrayait tant encore 6 mois auparavant. 

Comment je me sens à l’aube de cette toute fraîche décennie ? Pas du tout en crise pour le coup, contrairement à ce que je pouvais redouter. Je me sens vivante, épanouie, aimée, avec une ouverture sur d’autres horizons auxquels je n’aurais jamais espéré accéder. Mon coeur s’est gonflé de trois autres coeurs supplémentaires, dont ceux de deux enfants qui battent à mes côtés et avec lesquels j’espère continuer mon chemin. Mon coeur qui bat la chamade et qui semble s’être agrandi dans ma cage thoracique prêt à la faire exploser. Je suis sereine malgré la souffrance que je ressens dans chaque parcelle de mon corps et qui continue à me faire broyer du noir souvent parce que je ne la supporte plus en moi. Mais je n’oublie pas que ce même corps véhicule le bien le plus précieux dans cette vie à mes yeux : l’amour. Il en reçoit, en donne, ressent du plaisir et en procure. Il vit et réagit en se manifestant. Cassé, abîmé par le passé. Défait de l’intérieur où J. essaie de recoudre les plaies. Il se souvient de chaque chose que je lui ai fait subir (un corps a une sacrée mémoire…) mais il est encore présent.

A 40 ans, je suis dans le corps d’une vieille dame. A 40 ans, j’aime comme une adolescente. A 40 ans, j’essaie de donner de l’amour à des enfants aussi qui ne sont pas les miens et qui compensent un peu le manque d’avoir pu être mère. A 40 ans, j’ai une autre vie qui débute. A 40 ans, je fais ce que je n’ai jamais fait avant sans doute ou du moins pas aussi intensément. A 40 ans, je fais sauter toutes les barrières pour pouvoir vivre le meilleur. A 40 ans, je fais tout, sauf une crise existentielle. A moins que je l’ai faite avant, à ma façon, pour pouvoir mieux en profiter de cette décennie là… Parce que je mérite aussi de vivre et d’être heureuse. D’aimer et d’être aimée. D’être libre au maximum que ce que mon corps peut me faire vivre. J’allais dire que je ne sais pas comment j’aurais vécu ce cap si J. n’avait pas fait partie de ma vie à ce moment là, mais ça n’a pas été le cas, donc ce n’est pas la peine de se poser la question. Il était là. Il est là. Et j’ai bien envie d’y croire le plus longtemps possible. 

A 40 ans, j’ai besoin de vivre au lieu de survivre… J’ai besoin de renaître une Xième fois. J’aurai eu plusieurs vies dans une même vie… 

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14 commentaires sur “Alors ? Crise de la quarantaine ou pas ?

  1. C’est un très beau texte et une belle réflexion sur ce fameux passage des 40 ans. Je te souhaite plein de bonheur et de l’amour à foison !
    Profites de chaque instant, cueille le jour ! Bise
    Meili

    1. Ca me fait toujours plaisir de te voir là 🙂 merci ma belle, j’attendais d’avoir franchi un autre cap pour me permettre de l’écrire. Je profite autant que je peux oui. En ce moment, je suis limitée dans mes déplacements et donc dans mes moments avec lui, mais j’espère que le printemps permettra de revivre aussi. Des bisous ❤

  2. « A 40 ans, j’ai besoin de vivre au lieu de survivre… J’ai besoin de renaître une Xième fois. J’aurai eu plusieurs vies dans une même vie…  »
    Quel beau texte, très émouvant ma belle, j’en ai les larmes aux yeux. Je crois que certaines personnes ont plusieurs vies dans une vie et qu’un jour une porte s’ouvre sur du beau, du vrai, et qu’il faut se jeter à l’eau, y croire, vivre à 100% et envoyer valser tout ce qui n’est pas / plus nous.
    Il s’est passé tant de choses en quelques mois à peine. Je suis comblée pour toi. Je suis si heureuse de tout cet amour que tu donnes et reçois, de toute cette affection, cette tendresse, ces cœurs qui s’unissent au tien.
    Je te souhaite du bonheur et bien plus, de l’amour à revendre, et plein de beaux, merveilleux moments.
    Je t’envoie tout plein d’amour. Et de gros câlins d’Arlo!!

    1. Merci ma Marie, c’est « marrant », tout à l’heure j’ai eu un mail où un de tes articles de 2014 où tu me rendais un hommage était indiqué. J’ai lu ton texte et celui auquel tu répondais de mon côté. En 3 ans et demi il y a eu une sacrée évolution côté amitié et amour pour le coup. Je ne relis pas mes textes, mais devrais le faire plus souvent pour me rendre compte de l’avancée et mes états d’esprit. J’aurai eu plusieurs vies oui. Mon enfance formidable et la chute dans l’enfer dans le harcèlement puis dans l’anorexie où j’ai eu des vies bancales. Ma renaissance après l’anorexie déjà même si elle était gâchée par la fibro. Et maintenant celle-çi… pour le plus longtemps possible… Je ressens sans doute la même chose pour toi à tous les niveaux 🙂 et te souhaite exactement les mêmes choses, à faire battre ton coeur à en avoir du mal à récupérer tellement il est à ras bord. Je pense à vous ❤ et vous envoie de gs bisous et des câlins pour mon Arlo que j'espère rencontrer ❤ Je tiens tant à vous

  3. Je te souhaite une nouvelle vie pleine de bonheur avec un grand B. C’est une chance de pouvoir vivre plusieurs vies car cela permet dans la seconde d’y aller à fond et de savourer ces instants offerts qui te rendent heureuse joyeuse quarantaine à toi!

    1. Merci Cath ❤ J'ai eu une mon enfance, puis mon adolescence lamentable, la vie avec l'anorexie, la vie quand j'ai réussi à m'en débarrasser. La vie avec la fibro et ses zones d'errance à tous les niveaux. Et maintenant celle de mes 40 ans, en espérant que ça reste ainsi très longtemps, parce qu'on y prend vite goût… De gs bisous

  4. A 40 ans, tu es belle, pleine de vie et d’espoir. L’ Amour te sourit et t’accompagne, j’en suis tellement heureuse ! Des bisous d’une petite bulle toute douce qui pense bien à toi ❤️

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