Des combats qui me touchent

Etre borderline, c’est…

Cà résume, verbalement et visuellement….

Je ne vais sortir ni dico, ni wikipédia, ni aucun autre site de Google, je vais en parler de la façon dont moi je vis avec, parce que les théories, c’est bien beau, mais en pratique, comment on vit exactement avec… Et puis surtout, chaque personne est différente. Je peux le vivre d’une façon, alors qu’une autre le vivra différemment. Je le vis très mal, çà c’est certain…

C’est un trouble de la personnalité. Borderline ou état-limite, c’est kiffe kiffe bourricot. C’est la frontière entre la névrose (tout ce qui angoisses, phobies) et la psychose (tout ce qui relève davantage de l’irréalité). Cà se rapproche beaucoup de la bipolarité (depuis quelques temps, j’ai le bonheur de connaître des phases de celle-çi et de savoir qu’il existe plusieurs sortes de bipolarité et c’est encore moins rose. J’oscille entre un état mixte et un état dépressif, de mon côté. Mon humeur va être quasi normale tout en restant fragile et d’un coup, sans savoir pourquoi je vais plonger dans un état que connaissent tous les dépressifs. Etat que j’ai moi-même connu évidemment, à temps plein, plusieurs fois, pendant plusieurs mois. Sauf que maintenant, à 13h, je peux rire comme une folle, parler comme si de rien n’était (c’est mon état « normal » pour moi on va dire. Mixte.), à 13h30, je vais pleurer toutes les larmes de mon corps, me torturer l’esprit avec des questions, des peurs infondées sauf que moi, je les crois fondées…. du coup, il y a un duel permanent dans ma tête. A 14h, je peux me remettre à parler vie, à voir de belles choses… bref… je ne suis plus et on n’arrive plus à me suivre. C’est très dur de gérer ce changement d’humeur, parce qu’on ne sait jamais où çà peut mener et puis moi de ne pas savoir ce qui me rend si triste d’un coup, ben, je n’y comprends rien. Et les cycles se répètent inlassablement… Certains jours, les phases sont plus amples ou j’ai juste des périodes « à peu près bien » ou alors j’ai juste des périodes « très noires, suicidaires » et là, il faut monter toute l’artillerie, pour me sécuriser…

Ensuite, je suis dans un état d’angoisse quasi permanent pour tout. La moindre petite chose peut me faire paniquer selon comme je suis. Des crises de panique où j’ai la sensation que je peux mourir à tout moment. Du coup, je vis souvent dans un sentiment d’insécurité, des situations banales où pour moi, je vais me sentir en danger. J’ai vraiment besoin de prendre sur moi pour effectuer des trucs vraiment anodins, ridicules. Beaucoup de travail d’autopersuasion comme je le fais avec ma phobie de vomir. A m’autorassurer du mieux que je peux. Le valium est mon pote en toutes circonstances.

La peur de l’abandon, du rejet qu’on a sûrement tous, je pense, est décuplé chez moi et me mets dans des états pas possibles, à devoir être rassurée constamment sur l’amitié qu’on me porte, sur l’amour qu’on me donne, sur celle que je suis, parce que je ne le sais pas finalement dans ces périodes où je vois tout en mode « bizarre et irréel ». On va me dire « je t’aime Delph », je vais l’entendre, l’assimiler et 2 secondes après, je vais me dire « oui, mais… pourquoi la personne a dit çà ou fait çà alors ?, si elle m’aimait vraiment, elle aurait fait çà, donc je peux douter de ce qu’on vient de me dire »… et inlassablement, çà tourne en boucle. J’ai une mémoire de merde depuis que je suis fibro, par contre, je suis capable de ressortir chaque mot d’une conversation et de tout décortiquer et évidemment, j’y trouverai du négatif.

Le trouble borderline aime le négatif. Je n’ai jamais été quelqu’un de très positif et optimiste, mais là, c’est le pompom. La cerise (y a tout le cerisier d’ailleurs tiens !) sur le gâteau.

Il y a la destruction. J’ai commencé par être borderline et l’anorexie est venu s’installer dessus. Beaucoup d’addictions se mettent par dessus le trouble. Chez moi, çà été l’anorexie/boulimie et la tendance aux surdoses de médicaments comme une drogue, d’autres, ce sera l’alcool, la drogue, le sexe (on pourrait croire que c’est sympa cette addiction là, mais ce n’est pas le cas hein, parce que tout ce qui passe y passe, dans un but destructeur du corps), le jeu ou autres, que sais-je encore. Des addictions à hauts risques, on n’y va pas avec le dos de la cuillère (grosse la cuillère hein, pas une petite….)

L’automutilation. Chez moi, les coups violents sur moi, dont j’ai déjà fait allusion. Les coupures sur les poignets.

Le danger dans tout çà, c’est le passage à l’acte. Que les idées noire et suicidaires passent le cap et qu’on n’arrive plus à gérer. D’où la surveillance un peu étroite du moment, parce que je sais que je peux basculer à tout moment dans la partie la plus obscure que j’ai en moi, c’est à dire la mort…

Pourquoi on devient borderline… c’est un mystère je pense pour la majorité même si chez moi, c’est un peu décelé, à force de parler avec la psy et la thérapie a permis de faire ressortir des traits précis et à comprendre pourquoi certaines choses s’étaient créées. Il aurait commencé à la pré-adolescence, du coup, j’ai construit mon adolescence sur des choses qui n’étaient pas fondées et j’ai continué avec ma vie de jeune fille, sombré dans l’anorexie pour pouvoir mieux gérer tout ce bordel (c’est ironique…) et ma vie de jeune femme.

Dans ma tête, j’ai les idées d’une jeune femme de 35 ans, la maturité, mais quand le trouble se renforce, je redeviens un enfant. A « faire la tête » parce que quelque chose m’a énervée alors que çà ne m’aurait pas touchée du tout si je n’avais pas été dans une de ces phases là. A crier sur tout ce qui bouge, à taper dans les murs, à vouloir me fracasser la tête contre les murs dans le sens propre du terme d’où les urgences et les entorses aux poignets régulièrement

On ne contrôle pas grand chose de ce trouble finalement. On subit, on vit avec, on apprend à gérer. Je passe parfois des journées et des nuits, à me dire « non, tu sais que c’est faux ce que tu penses, tu sais que c’est lui qui te fait voir les choses de cette façon erronée, tu le sais bordel de merde ! hein tu le sais !! » Et c’est très dur pour les personnes proches, parce que le moindre mot peut vite être mal pris et çà peut partir dans tous les sens. Je vais interpréter tout mal.

Le neuroleptique est destiné à réguler la barrière névrose/psychose, d’où son autre nom. Antipsychotique. Le mien est d’une nouvelle génération (les effets indésirables sont moins pénibles qu’avec d’autres qui sont infernaux. On ne tient pas en place à cause d’impatience dans les jambes, on nous donne souvent un antiparkinsonien pour essayer d’éviter çà, mais pff… la sensation d’avoir besoin de dormir, mais en fait c’est un sommeil très agité et on n’arrive pas à dormir) et surtout il est fait pour me donner un coup de fouet en gros. Mais c’est difficile de trouver le compromis. Sédater ou dynamiser le patient… parfois, il faut les 2… ce qui est un peu mon cas.

J’en ai un autre, aussi, dans les moments où on peut craindre le pire. Le fameux Tercian tant redouté. 5 gouttes et je plonge dans un sommeil artificiel pour que je ne souffre plus. Mais dans le quotidien, on ne peut pas vivre avec çà.

On dit souvent que les personnes borderline ont du mal à créer des relations avec les autres et surtout à les conserver. Je me suis toujours donné les moyens pour me mettre dans un groupe même si c’est très dur pour moi, à un point qu’on ne peut pas imaginer, parce que malgré ma timidité, je pense qu’on peut me trouver sociable, alors que c’est un effort constant pour moi d’aller vers les autres et justement de maintenir les liens. Si les personnes qui m’entourent vraiment, celle qui font partie de mon quotidien, qui tiennent à moi même si je les rends dingues, ne tenaient justement pas à moi, de mon côté, je laisserais tout filer et me retrouverais seule, parce que c’est difficile de gérer. Et c’est que je tiens également à elles, parce que je peux vite virer les gens de ma vie si on touche à un point sensible de mon trouble….

Moments de dépersonnalisation où je ne vais plus être capable de faire le lien entre le moi intérieur et le moi extérieur. En gros, je vois une étrangère dans le miroir. Ce n’est pas mon reflet. Moments de décompensation, où tous les symptômes vont revenir en vrac et encore plus forts que d’habitude. C’est souvent quand j’ai eu une période un peu d’accalmie et que d’un coup, le monstre revient en vitesse. Avec toujours plus de puissance. Ce sentiment de vide intérieur que je ressens aussi, comme si le coeur ne ressentait plus aucune émotion, comme si j’étais une machine froide et vidée de tout sentiment.

Hypersensibilité, hyperémotivité, dévalorisation.

Beaucoup n’ont personne, de mon côté, j’ai cette chance là que je gâche bien souvent, parce que je me mets dans des états pas possibles et que c’est dur de me voir balafrée, entaillée, dans un autre monde, dans ma bulle, avec des pensées irréelles que je sors de façon inadaptée finalement. C’est lourd pour tout le monde. Je fais attention, mais pareil, parfois, çà me demande une énergie pas possible. Même en étant occupée, c’est présent en moi. Combien de fois j’ai quitté la salle de formation pour aller aux toilettes parce que je ne gérais pas le bruit, ou l’angoisse, ou la violence que je sentais monter en moi sans forcément de raison et qu’il fallait que j’évite de faire sortir à tout prix (la fibro m’aide bien… « grâce » à  elle, je ne peux plus assouvir mon besoin des coups, pour soulager l’esprit)

On ne le voit pas de l’extérieur çà, pour la plupart du monde je suis quelqu’un de réservée et timide, traits de caractère, mais c’est aussi parce que je suis très méfiante et les relations dans lesquelles je me mets, elles mettent du temps à prendre leur place, pour ne pas souffrir. Je m’assure que je ne vais pas être abandonnée (même si on ne peut pas tout prévoir…), qu’on tient vraiment à moi, sans que moi je m’attache trop et qu’ensuite je souffre après, donc j’ai toujours des barrières qui m’empêchent d’aller vers les gens. Une protection. Mais on a tous besoin des uns et des autres, alors cette protection, j’essaie de la lever et de passer outre le trouble.

10% des personnes borderline arrivent à leurs fins… 70 % feront des tentatives des suicides..

Pourquoi… parce que c’est très douloureux à vivre peut-être hein ?……

  • « Les personnes passent leur temps à contrôler plus ou moins des émotions qu’elles ne contrôlent pas vraiment ou ne comprennent pas toujours ».
  • « Leur capacité à cacher leur maladie fait que bien souvent l’entourage ne voit rien, alors que leur vie est une souffrance et un véritable enfer dissimulé »

La fibromyalgie est aussi violente en moi, aussi à cause de çà. Ma zone émotions ne sait pas gérer ce qui se passe en moi (on me demande parfois ce que je ressens… ben je n’en sais rien, parce qu’incapable de dire si je suis triste, en colère, déçue, frustrée… c’est un méli-mélo sans nom qui en ressort). Elle est hyperactive dans mon cerveau cette zone là et elle « frotte » contre la zone douleurs qui est juste à côté, d’où l’intensité de la fibromyalgie me concernant. En plus de l’aspect physique, responsable des douleurs. 

J’y arriverai… ou pas… parfois, je ne me sens pas de vivre constamment comme çà. Avec les 2 à gérer. Je me dis toujours qu’il y a tellement pire, je pense que j’ai toujours avancé de cette façon, à toujours voir les autres maladies plus graves. Cà m’aide à relativiser, mais au final, je me rends compte que c’est tout aussi mortel…. et puis surtout, malgré mes sourires, mes rires, mon humeur agréable, je souffre en permanence mentalement et physiquement… Malgré mes sourires, mes rires, mon humeur qu’on reconnait agréable, apaisante et douce, au fond……

Demain, je reviens avec un article plus gai, promis… c’est dur, ce soir, à gérer et ce combat que je mène au quotidien pour me bagarrer contre ce trouble, s’il peut servir à quelqu’un, j’aime autant partager. 

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22 commentaires sur “Etre borderline, c’est…

  1. Bien sûr je ne peux absolument imaginer exactement ce que tu vis, mais à toute petite échelle, moi qui suis très gaie j’ai eu un épisode dépressif à cause de ma pilule et je vois tout à fait le fait de ne pas comprendre pourquoi on est triste ou angoissé ! Bon heureusement me connaissant j’ai arrêté de la prendre et c’est passé comme c’est venu.
    Pour l’humeur, je suis hypoglycémique et pareil : je suis gaie, et d’un coup plus de sucre, j’ai faim, je tremble et là faut pas m’agacer parce qu’au moindre agacement je m’énerve pour rien… Comme je le sais j’essaye de le contrôler, mais bon la tête contre le corps ça marche parfois et pas toujours ^^.
    Bon comme je le sais je préviens 🙂
    Enfin voilà, des expériences minuscules qui me font saisir des micro passages de ce que tu endures.
    Et tant qu’on est dans les confidences, moi c’est la douleur physique que je dois gérer au quotidien ; depuis un accident, des séquelles font que parfois j’ai du mal suivre le rythme et à tout prendre avec sérénité, mais bon rien d’ingérable pour l’instant, tant que je reste tranquille.
    Courage !!

    1. Je te comprends, quand l’anorexie me rongeait, pareil, j’étais souvent en hypoglycémie et il ne fallait pas se trouver sur ma route, j’envoyais balader tout le monde, irritable à un point. Les hormones, c’est pareil, çà peut nous jouer des tours, heureusement que tu t’es rendue compte que c’était lié à ta pilule !
      Pour les douleurs, rien que le mot me fait frémir. J’ai des douleurs dans tout mon corps (la fameuse fibro dont je parle) à quasiment toujours 7-8 / 10 sur l’échelle de la douleur, à gérer au quotidien et j’ai le côté droit qui a perdu de sa mobilité. Mon bras droit ne fonctionne pas bien, ma main me laisse souvent tomber. Loin d’être sereine par rapport à tout, pour l’hyperactive que j’étais. Donc on se comprend mutuellement même si ce ne sont pas les mêmes raisons. J’espère que tu as de quoi soulager un peu tes douleurs, de ton côté. Je t’envoie des pensées ma ptite Onee (t’inquiète pas les « ma ptite », c’est une marque d’affection que je dis à certaines blogueuses ^^) Plein de bisous et prends soin de toi ❤

  2. Mon dieu… je viens de prendre un sacré coup. Je me reconnais point par point (à quelques exceptions près comme l’anorexie qui chez moi est une addiction à la nourriture et au sexe) dans ton article.
    On m’avait dit à plusieurs reprise que je devais être bordeline. Je m’étais renseignée sur tout ça : les états-limites, les bipolaires… Mais, j’avais toujours fermé les yeux en me disant que ce n’était rien, que j’avais seulement des périodes de dépression.
    Mon problème c’est que je n’ai jamais réussi à mettre des mots sur mon mal et ton article l’exprime parfaitement.
    Merci à toi…

    1. Coucou Lily, ce n’est jamais simple effectivement de se dire qu’on souffre d’un trouble de la personnalité, mais au fil du temps, on prend conscience que c’est comme un autre problème de santé et que plus on est traitées tôt, plus il risque d’empirer. De mon côté, j’ai attendu trop longtemps, avant de rencontrer les bonnes personnes qui pouvaient m’aider. N’hésite pas à demander de l’aide. J’espère que tu vas te sentir mieux (par contre, ne te fie pas à ce que tu ressens de similaire avec ce que j’écris, je ne peux que conseiller de consulter, par contre, pour être suivie). Bon courage à toi et si tu as besoin, n’hésite pas à revenir par ici 😉 Bises

  3. Coucou ma p’tite Delph!
    Tes maux si bien retranscrits en mots me touchent toujours autant. Je redécouvre cet article que j’ai dû lire cet été. Je retiens les larmes… Des choses en commun comme l’anorexie de 22 à 27 ans, jamais hospitalisée Dieu merci!
    J’ai bien eu ton message avec ton email. Je t’écris très vite.
    Plein de bisous ma belle et ma petite Hoëdic va faire des câlins à ton adorable Happy!

  4. Oh la la, quand je relis mon commentaire, je me dis que je suis trop blonde ou trop fatiguée ;)! La grippe va peut-être m’excuser, j’étais persuadée que tu avais écrit ce très bel article il y a quelques mois, ayant vu un relais sur twitter. Au lieu de lire janvier, j’ai lu juin à la date…
    Des bisous ❤

    1. ah je comprends mieux 🙂 je sais que j’en ai déjà parlé mais pas aussi approfondi, du coup, je ne comprenais pas bien. Par contre, je ne suis pas sur Twitter :-s

  5. Merci de me répondre 🙂
    Mais où la chercher cette aide ? Je n’ai pas beaucoup de moyens (je suis étudiante, j’ai 19 ans) et payer un psychologue revient cher. Je pense que j’ai toujours évité de voir les choses en face par rapport à mes maux, me disant que c’était passager et j’ai tendance à faire l’autruche face aux problèmes. Depuis quelques mois, j’ai réalisé que c’était peut être plus grave que je ne le pensais, mes maux durent depuis plus de 3 ans maintenant…
    Bien sur, ce que tu as écrit n’est pas mot pour mot ce que je ressens mais disons que tu as mis des mots sur certaines situations que je vis, certains sentiments. Je ne suis pas à un âge facile, je suis en plein doute (par rapport à mon avenir et mes études notamment) et donc ça a tendance à empirer les choses.
    Par contre, tu parles de problèmes de sociabilité (je suis pareil) mais tu as tout de même réussi à avoir des hommes dans ta vie ? A envisager un futur avec eux ? Je dois avouer que l’une de mes plus grandes peurs est de finir seule mais être en couple est également une de mes peurs (peur de décevoir, d’être abandonner, qu’on voit qui je suis réellement et non ce masque que j’ai inventé).
    Une dernière question, comment fais-tu pour justement « avancer » ? Je me sens complètement bloquée depuis 2/3 mois. J’ai arrêté d’aller en cours, je reste cloîtrer chez moi mais cette situation me ronge. La rentrée du second semestre a lieu ce lundi et je dois donc y retourner mais j’ai peur de ne pas réussir et de commencer à paniquer une fois arrivé là bas. Comment fais-tu pour te rassurer, te booster dans ces cas-là ?

    1. Coucou, j’espère que mon mot va passer, apparemment j’ai approuvé le commentaire sans y mettre la réponse. Très douée en informatique humhum…
      Je vais essayer de répondre au maximum de questions, je ne vais pas pouvoir t’aider pour certaines malheureusement.
      Pour ce qui est de consulter, demande déjà à ton généraliste s’il peut te conseiller un psychiatre (pas un psychologue), c’est lui qui pourra faire le diagnostic. Normalement, avec ta mutuelle étudiante, tu seras remboursée entièrement. Après, dans chaque ville, il y a des centres médico-psychologiques qui sont rattachés en général aux hôpitaux, où tu peux consulter des psy. Mais avant tout, parles en bien avec ton médecin, parle lui de tout ce que tu as écrit et surtout le seul conseil que j’ai à donner, essaie d’avoir un suivi, tant que tu as encore conscience que tu peux avoir un problème similaire (au bout d’un moment, on a la sensation que çà fait partie de nous, de notre personnalité et on commence à refuser tout soin aussi, parce qu’on estime ne pas en avoir besoin. A te lire, tu es prête à en faire la démarche, alors saute sur l’occasion, c’est que tu en ressens le besoin et c’est là qu’on va pouvoir le mieux t’aider.
      Pour les hommes, je ne peux pas être objective, dans le sens où pendant mes années d’anorexie, je me sentais souillée dès qu’on me touchait (agression sexuelle aussi qui ne m’a pas bien aidée sur ce plan là..) Ensuite, j’ai des douleurs dans tout mon corps et je ne me vois pas du tout avec quelqu’un. Je ne veux l’imposer à personne et j’ai conscience que ce n’est pas facile. Néanmoins, si on se sent en confiance avec lui, même en enlevant ce fameux masque, je pense qu’on peut avoir quelqu’un dans notre vie oui. Il faut de la compréhension de sa part, de la patience, savoir faire la part des choses, mais je reste persuadée qu’on n’est pas destinées à vivre seules à cause de ce mal-être, surtout que tu n’as que 19 ans. C’est aussi normal à cet âge là de se poser plein de questions qui peuvent ne pas être du tout en rapport avec un trouble de ce genre.
      Comment j’avance… Les médicaments, la psychothérapie, prendre sur moi du mieux possible. Réaliser que tout ce que je pense n’est pas faussé. Mais c’est dur, je ne pourrai pas dire le contraire et je ne vis pas bien avec, mais comme je disais dans l’article, il a été décelé plus de 10 après qu’il ait commencé, donc j’ai eu le temps de bien m’enfoncer dedans.
      Voilà en gros. Le principal pour l’instant, c’est de trouver la bonne personne à qui en parler, quitte à changer si tu sens que ce n’est pas terrible. J’ai vu plusieurs psy avant de trouver la bonne. Vas voir ton médecin généraliste, il va pouvoir te guider un peu. Mais ne renonce pas à avoir de l’aide. Tu es très jeune et tout peut aller mieux 😉
      N’hésite pas si tu as d’autres questions, comme dit, je n’ai pas réponse à tout, même si j’aimerais bien pouvoir t’aider davantage, mais bon, ce que je peux donner, je le donne volontiers et puis je suis là au moins pour lire. je sais que parfois on se sent seule face à ce qu’on ressent aussi.
      Prends soin de toi et tiens moi au courant ou comme dit, n’hésite pas à parler par ici. Je t’embrasse bien fort, courage

      1. C’est bon je peux voir ton message 😉
        Le problème, c’est que mon médecin généraliste fait partie de ma famille (celle de ma mère plus exactement) et vivant toujours chez mes parents, c’est un peu délicat. Et ces centres sont-ils gratuit ? Je vis à Paris donc je suppose qu’il doit y avoir ce genre de chose. Je vais me renseigner. Lorsque j’étais encore au lycée, j’avais pensé à aller voir la psy scolaire mais toujours cette peur que mes parents en soient informés. Ils ont suffisamment de problèmes, je ne veux rajouter les miens. De plus, je n’ai pas une famille très ouverte, on a dû mal à se parler et ma relation avec eux est très orageuse depuis que j’ai fait pas mal de bêtises ces dernières années.
        J’ai parfois cette sensation que mon mal être ne partira jamais, que rien ni personne ne me fera enlever mes idées noires mais pas au point de me dire que cela fait partie de moi. Je vois ce côté là un peu comme… je sais pas comme si la vraie moi était recouverte d’une couverture et que je ne pouvais ni la voir, ni l’entendre mais je sais qu’elle est présente. ^^ Bon la métaphore est nulle mais tu vois l’idée ?
        J’ai vraiment envie de changer, je commence à m’engluer et mes peurs prennent le dessus.
        Pour les hommes, j’ai cette peur d’être aimée et d’aimer, j’ai tendance à repousser qui que ce soit que essaye d’avoir une relation avec moi d’amitié ou d’amour. J’ai pendant très longtemps été très mal dans ma peau, je le suis toujours mais moins qu’avant. Les seules relations humaines que j’ai passent par le sexe. Je ne dirais pas que j’en suis accro mais… j’y pense fréquemment. Donc, je n’ai jamais eu de copain fixe, j’ai toujours refusé qu’on m’aime parce que j’ai été abandonné et rejeté tellement de fois (en amitié notamment et dans ma famille).
        Pourtant, je me vois bien un jour avoir un famille, des enfants, me marier… Un peu paradoxale…
        En faite, je me pose toutes ces questions parce que j’ai peur que mes peurs m’empêchent d’avancer dans la vie. Je ne sais pas vraiment comment t’expliquer… Mes peurs me bloquent, et non mes doutes.
        Perso, j’ai tendance à agir comme une sorte de robot face à des situations difficiles mais ce n’est pas la bonne solution.
        Je te tiendrai au courant après mon premier jour de retour à la fac, j’appréhende beaucoup… Merci de me répondre en tout cas, tu es déjà d’un aide précieuse même si tu n’a pas réponse à tout comme tu dis ^^.
        Passe un bon week end et bon courage à toi aussi ! Bisous !

      2. Même si tu vois le médecin que consulte ta mère, tu es majeure et il est donc tenu au secret médical, il ne dira rien. Si tu habites Paris, je peux confirmer qu’il y en a alors oui. J’ai une amie qui y habite et elle a été suivie dans l’un d’entre eux. Elle y voyait un psychiatre là-bas et dans ce genre d’endroits, c’est pris en charge. Enfin, çà l’a été pour moi qui ai été suivie dans le même genre de centre.
        C’est difficile pour l’entourage de comprendre, je me suis souvent bagarrée pour expliquer ce que je ressentais, mais encore une fois, à 19 ans, tu peux aussi choisir d’en parler ou pas (si tu sens que tu as besoin de soutien). De mon coté, c’est davantage le côté amical qui m’aide, parce que le regard qu’ils posent sur moi est objectif, parce que c’est le côté relationnel qui me pose davantage de problèmes que ma famille, qui est ouverte, mais que j’essaie de protéger au maximum aussi.
        Ta métaphore est loin d’être nulle. C’est aussi ce que je ressens. Et je ne suis malheureusement pas au stade de me dire que j’y arriverai, à m’en sortir… ce qui change chez toi, c’est le fait que çà fait 3 ans et que tu as 19 ans et que tu es très lucide sur ce que tu ressens. Tu n’auras aucun mal à parler avec les médecins et çà les aidera à les aider (c’est dit bizarrement, mais c’est pourtant ce qu’on fait. On leur dit des choses pour les aider à faire un diagnostic, à mettre un traitement en place et à diriger la thérapie vers ce qui ne va pas. Tu peux sortir de ce mal-être. je ne pensais pas sortir de l’anorexie, par contre, je me sens tellement mieux de ce côté là et je n’y croyais plus du tout pourtant… Donc, tu vois, rien n’est jamais perdu. Tu peux retrouver un mieux-être et concevoir tes relations avec les hommes d’une autre façon. Il suffit de tomber sur celui qui t’aidera à te donner confiance en lui et en toi, pour que tout change aussi.
        De mon côté, ce qui a peut-être changé par rapport il y a un moment, c’est que malgré la peur de l’abandon, j’essaie de créer des liens. Si on me laisse tomber, tant pis… il y aura d’autres personnes dans ma vie. En amour, comme j’ai dit, c’est plus compliqué, mais ce n’est pas ce trouble là qui pose problème. Je pense que c’est peut-être la recherche d’exister à travers les yeux de quelqu’un qui te pousse à avoir ce rapport au sexe.
        Les émotions n’existent pas vraiment avec ce trouble, elles sont plus ou moins altérées. On sent que les sentiments sont là, mais un jour j’avais écrit un article sur le fait que je me sentais souvent vide de l’intérieur comme si je ressentais tout et rien à la fois.
        Tu as pleinement conscience de tout çà, et j’espère vraiment que tu trouveras un médecin qui puisse t’aider, parce que je suis sûre que tu peux aller mieux et réparer tout çà.
        J’avais oublié sur l’autre message, par contre, au sujet de tes études, essaie de t’accrocher à elles et de te forcer à continuer, sinon ce sera encore pire. Cà te permet de garder une vie sociale et puis de t’accrocher à des projets sur le plan professionnel, même si pour l’instant, c’est flou en toi, c’est important à mes yeux. Je n’ai jamais arrêté mes études, malgré les nombreuses envies, parce que c’était trop dur à gérer, mais à l’heure actuelle, je suis contente d’avoir tenu et puis c’est une victoire sur soi à tous niveaux. On a besoin de faire des choses qui nous rendent fières de nous. Je me sens mieux quand j’ai réussi à réaliser quelque chose aussi minime que ce soit, mais tout de suite l’image de moi change aussi et çà fait cercle vicieux. Plus on fait, plus on voit qui on est et plus on a envie d’avancer, même s’il faut du temps.
        Bon courage pour la reprise, tu me diras oui 😉 Essaie de faire des choses que tu aimes, ce w-e, je te fais de gs bisous

  6. Bonsoir,

    Je suis étonnée, car je suis dite bipolaire depuis janvier 2010 mais m’aperçois en te lisant (et aussi depuis quelques jours) que je te ressemble…. d’autant plus que je souffre de douleurs terribles (on m’avait dit fibromyalgique puis non, car ma particularité, ce sont les douleurs dans l’hémi-corps gauche…..).
    Bref, je me retrouve dans tes descriptions : je suis comme une femme de 37 ans … mais aussi comme une petite fille de 2-3 ans, voire même de 8 mois (angoisses…..)
    Avec toute mon attention et mon admiration : la vie est beaucoup plus difficile à mener en se sentant jamais vraiment « stable », avec une peur profonde de l’abandon etc….

    Bonne soirée 🙂

    1. Excuse moi, j’avais sûrement manqué ton commentaire :-s je me souviens avoir répondu à un autre que tu m’avais laissé, mais vue mon assiduité des derniers temps, je n’ai pas dû le voir, celui-çi. On confond souvent bipolaire et borderline. Chez moi, ils ont eu des doutes pendant un moment. Mais j’ai davantage un comportement d’autodestruction, je vais au-delà de mes limites… et je peux ressembler à une petite fille dans certains de mes comportements, pas au niveau intellectuel ou autre, mais sur le plan affectif, je n’ai pas 35 ans, çà c’est sûr… et çà rend vraiment malheureuse… C’est vrai que d’être aussi instable, on se demande parfois jusqu’où on peut aller, il faut sans arrêt trouver des choses qui nous font tenir le coup et ce n’est pas simple… La peur de l’abandon, du rejet, de l’oubli… pfff… çà se passe de commentaires, j’en souffre énormément et c’est un combat en permanence pour savoir ce qui est vrai et faux. Cà fait quelques mois que j’ai des relations désastreuses à cause de çà… Je doute de l’amitié, j’ai tendance à me dire qu’on a de la pitié pour moi et je ne le supporte pas. Bref, c’est pas simple. Pour la fibro, chez moi c’est l’hémicorps droit qui est plus touché côté mobilité. Les douleurs, elles, sont partout, mais essaie de reconsulter, peut-être. Ils te feront le test des 18 points et celui de la prise de tension. 2 éléments qui font qu’ils arrivent à mieux diagnostiquer et puis en général, il y a un questionnaire. Courage à toi aussi, je t’embrasse bien fort

  7. Bonjour,

    J’ai 18ans et viens toit juste d’être diagnostiquée TPL. Je me sent si seule ! Je comprends tellement. Et j’ai tellement pleuré en lisant. AU SECOURS RIEN NE VA PLUS !

    1. Je ne peux malheureusement pas faire davantage qu’écrire ce que je ressens, le mieux c’est d’être suivi déjà correctement et après d’arriver quand même à avoir des relations, pour éviter l’isolement qui accentue le trouble. Cà fait boule de neige et c’est mauvais… même si c’est 1 ou 2 personnes seulement, c’est déjà immense. Ces personnes là ne te comprendront sûrement pas, parce qu’elles ne vivent pas la même chose, mais elles pourront au moins t’aider à percevoir les choses différemment et à profiter de la vie avec elles, malgré tout, même si parfois, on ne sait pas trop ce qui est vrai, ce qui est faux, dans ce qu’on ressent. Apprendre à faire confiance, çà fait partie et après, tu arrives à discerner la réalité, en te disant « non mais venant de cette personne là, je sais que ce que je crois est faux ». Après s’il y a automutilation, je n’ai pas trop de secrets… je continue encore, même si çà s’est beaucoup réduit, parce que j’apprends à gérer mes émotions avec d’autres moyens.
      Courage à toi en tout cas. C’est un combat de tous les jours, qui peut être épuisant, mais il peut s’atténuer aussi, grâce à un neuroleptique et la psychothérapie

  8. pfiouuuuu… tout est dit, ressenti, état, émotions énormes, mental… je l’appelle pour ma part le « fil du rasoir » être équilibriste quotidien, car chaque jour est un combat, développe en nous de belles choses mais aussi de terribles… une roulette russe qui use, fatigue et vide tout en rendant vivant tellement notre perception aux autres est au connecte… pardon si je ne suis pas très clair j’exprime ce que je ressens, comme je le vies, comme je dois l’assumer, bonne et douce journée. Merci pour cet article.

  9. merci .. cet article contribu a enlever les préjugés. on voit tres bien que l’intelligence n’a rien avoir avec ce trouble. tu decris bien le combat, les differents états qui arrive comme une tempete sans que ce soit la faute de qui que ce soit. j’ai particulierement été éclairé dans ta description des états mixtes. tu Ma fait du bien ..j’ai bien hate de lire la suite.. bon courage

  10. On peut être bipolaire et borderline, c’est souvent le cas.

    Et il faut traiter les 2. Pas forcément avec des médocs.

    Les neuroleptiques = merdes dangereuses

    Le seul truc efficace c’est une thérapie, la thérapie comportementale dialectique aux USA marche bien, inventée par une psychologue elle même borderline, Marsha Linehan.

  11. Bonjour Ptitdelph

    Votre témoignage est particulièrement intéressant et me permet de comprendre encore davantage ce que ressentent les personnes diagnostiquées Borderline.
    Personnellement je suis une femme en couple avec une borderline diagnostiquée depuis peu. Je l’ai rencontrée il y a 1,5. Pendant les 12 premiers mois tout se passait bien, même si je la trouvais très possessive, très sensible, jalouse et exclusive. C’était aussi quelqu’un de particulièrement généreux et disponible pour moi. Je n’avais jamais vécu un tel déversement d’amour. . J’étais très méfiante mais absolument séduite. Finalement, le drame a débuté en juillet 2013, période à laquelle j’ai décidé de prendre un peu de temps pour moi et de partir avec une amie en week end. A peine les premiers 100 km parcourus, j’ai reçu un appel des pompiers me précisant qu’elle avait tenté de se suicider. Elle n’avait pas supporté cet  » abandon ».Je suis immédiatement rentrée et je l’ai retrouvée complétement KO sur un lit d’hôpital. La suite n’a été qu’une longue liste de tentatives de plus en plus graves : blessures graves par coupures, verre à vin cassé enfoncé dans le coup, coups violent sur la tête avec une bouteille en verre ou contre les murs, menace de défenestrations… Le sang a beaucoup coulé sous mes yeux. En 5 mois les pompiers sont intervenus 3 fois chez mois. Au cours de cette période elle m’a trompée avec une autre borderline qui a débarqué chez moi pour faire un scandale. Elle a également fait en sorte que tout son environnement me juge responsable de son état. Bref je ne la reconnaissais plus, j’ai vécu l’enfer et j’ai été contrainte de m’éloigner d’elle malgré mes sentiments. Aujourd’hui j’ai enfin réussi à la convaincre de consulter une thérapeute qui lui a conseillé de faire un séjour en Clinique psychiatrique. Elle y est depuis le 30 décembre 2014, et n’a aucun contacts avec l’extérieur. Je me suis moi-même mise à consulter car la situation m’affectait au plus haut point. Voilà, ce n’est la faute de personne, ni la sienne ni la mienne et pourtant j’ai énormément culpabilisé et je culpabilise encore, même si je sais que j’ai tort de ressentir cela. Force est de constater qu’il est très très difficile de vivre une relation amoureuse avec un/e borderline sans y laisser toutes ses plumes et c’est d’autant plus triste que se sont des personnes très attachantes, intelligentes et généreuses de cœur. Je ne suis pas du tout guérie de cette relation et dorénavant je dois lutter contre moi-même pour conserver la distance et le silence. Son psy et mon psy me déconseillent de nous revoir car il semble qu’elle soit en danger de mort. Quitter quelqu’un qu’on aime est tout simplement inhumain et d’autant plus lorsqu’elle demeure si fragile. J’espère qu’elle trouvera son chemin mais les Psy ne sont hélas pas très optimistes.

  12. Je me reconnais également point par point avec toi et même pour la fibro c’est horrible de vivre ça. C’est une véritable maladie. Par moment je me charge en émotions je suis super excitée ça s’agite tellement là haut qu’au final j’ai mal de partout, mes pensées sont à mille à l’heure. Et l’ennui, le vide fait partie de mon quotidien, je me lasse de tout très vite. J’ai découvert tard ce que j’avais : il y a deux ans et j’avais trente ans. J’ai du mal à conserver des amis aussi, pas envie d’être avec quelqu’un par rapport aux douleurs pff c’est grillé d’avance. Et si j’avais pu être pris à temps j’aurais peut-être pu m’épargner la fibro. Mais cette fibro est là comme pour t’empêcher d’imploser, te ralentir. J’ai l’impression que j’ai écrit cette article. ET parfois, j’ai envie d’en finir alors que j’aime la vie mais je n’aime pas ma maladie. L’entourage ne comprend rien à cette maladie. C’est usant.

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