Les projets des copinettes

Un jour qui a changé ma vie – 53 billets en 2015

Une clinique psy mélangée aux collines…

Ma participation pour la 23ème semaine de « 53 billets en 2015 » créé par Agoaye, dont le thème est « un jour qui a changé ma vie »

L’autre jour, pour parler sur le thème « Maman », j’évoquais la naissance de mon frère qui a changé ma vie, déjà. Du coup, je vais passer au 2ème jour qui a changé ma vie la 2nde fois 🙂 Toujours avoir un plan B ^^, même pour les jours qui changent nos vies, parce que finalement, on n’en a pas qu’un… il y en a juste des plus marquants que d’autres.

C’était le 8 septembre 2004. Deux jours que je venais d’arriver à Marseille, dans des circonstances pas forcément simples. Envoyée là pour faire une cure, je m’étais retrouvée dans un endroit pas du tout approprié. Un mouroir où j’ai passé le w-e, faute de  pouvoir parler avec un médecin. Deux jours qui m’ont marquée. Le lundi 8 septembre, j’ai été appelé par le psychiatre référent de l’établissement, mon but étant de foutre le camp et de remonter en Alsace, mais il fallait son accord. Il a regardé mon dossier et m’a dit de lui-même que ma place n’était pas dans ce lieu là et que si j’acceptais, il me ferait transférée dans une clinique où il travaillait aussi en parallèle. Après en avoir parlé avec lui et surtout une sacrée dose d’arguments positifs, j’ai fini par accepter. Il a appelé la secrétaire des admissions pour savoir s’il y avait de la place, le but étant de me dégager le plus vite de là quand même, tant qu’à faire. Je parle très peu de cet endroit, mes parents ont su dans quoi j’avais foutu les pieds, en février dernier seulement, c’est dire… L’après-midi, une ambulance est venue pour le transfert. Je ne connaissais rien de Marseille et n’avait personne sur place, je pouvais juste faire confiance à ce médecin là. 

On est arrivés devant une clinique au pied des collines. Un long couloir qui n’avait rien à voir avec l’endroit que je venais de quitter. Une chambre claire, deux lits, une compagne de chambre de 18 ans, une fenêtre ouverte comme il se doit dans les établissements psy, juste entrouvertes le minimum, même pas de quoi mettre sa tête par la fenêtre, mais juste son nez pour avoir de l’air. C’était largement suffisant pour sentir l’odeur des pins et entendre les cigales. La voisine de chambre venait de laver son linge, il y avait une douce odeur de lessive qui planait dans la chambre.

J’ai ressenti un calme intérieur que je n’avais pas connu depuis longtemps. L’infirmier a fouillé toutes mes affaires, a pris tout ce que je n’avais pas le droit de conserver et m’a dit « reposez vous ». Je me suis allongée sur le lit, dans le silence avec pour compagnie les cigales que j’entendais pour la première fois de ma vie (à 26 ans, c’était la 1ère fois que je quittais mon Alsace natale), couchée sur le côté pour voir par la fenêtre et c’est le jour où j’ai lâcher prise… où j’ai déposé mes bagages dans tous les sens du terme, en paix. Où je me suis dit qu’il fallait leur faire confiance, parce que j’arrivais au bout de mes forces tant physiques que mentales. Que j’avais besoin de récupérer un peu de vie et d’oxygène. Et le cadre m’a aidée à m’apaiser aussi. 

C’était le 1er jour de ma reconstruction, donc oui, ce transfert a été un changement qui a changé ma vie. Qui me l’a sauvée, même… J’ai rencontré le personnel soignant au fil des jours. S’en sont suivis les premiers soins, les 1ers pas dans une thérapie plus poussée et surtout l’aide de l’ergothérapeute qui a été un membre essentiel dans ma reconstruction, même si ce qu’il m’apprenait et essayait de faire entrer en moi, je n’ai pu l’appliquer que plusieurs années après. 

« Mes » collines…. tellement symboliques…

Le destin m’avait entraînée à Marseille et j’avais des choses à y faire… Sur 4 ans, j’ai passé au moins 18 mois dans cet établissement. J’y ai vécu le suicide de personnes qui m’étaient devenues chères au fil du temps, c’est aussi là qu’on a abusé de moi dans une chambre où j’aurais dû être normalement protégée… c’est là que j’y ai fait de belles rencontres, avec lesquelles j’ai échangé beaucoup de choses sur la vie et qui ont laissé des traces positives en moi. L’aide et ces rencontres, sont les seules choses dont j’ai envie de me souvenir de ce qui a découlé de ce jour qui a changé de ma vie… Le w-e, au bout de 2 semaines, j’ai pu avoir des permissions. Pendant que les autres patient(e)s allaient dans leur famille, j’étais seule et tant que mon poids restait stable, j’avais le droit d’aller marcher dans les collines toutes proches. C’est là que je me ressourçais pour affronter la semaine suivante de soins. C’est aussi dans ces collines que le besoin et l’envie de refaire ma vie est venue et s’est tissée au fil des mois. C’est là que j’ai pris la décision de venir habiter à Marseille. Un an après j’étais là, contre l’avis de tous. 

Je réalise que des jours peuvent être bien décisifs dans la vie de quelqu’un et peuvent chambouler une vie complète…

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12 commentaires sur “Un jour qui a changé ma vie – 53 billets en 2015

  1. J’imagine la chambre et surtout le bruit des cigales. Les paysages sont splendides de ce côté là. Parfois il y a des rencontres qui bousculent nos vies dans le bon sens. Même si dans cet endroit tu n’as pas connu que des moments heureux, que tu as du vivre des épreuves douloureuses, c’est à Marseille que tu as repris les rênes de ta vie. C’est un beau message d’espoir que tu nous livres aujourd’hui ma jolie Delphine.
    Je t’embrasse fort. Passe une belle journée et prends bien soin de toi. Qui sait un jour tu me feras peut-être découvrir ces collines que tu aimes tant!!

    1. C’était la 1ère fois que je me donnais le droit de prendre soin de moi, de m’autorise à lâcher prise et de me laisser faire finalement. D’être enfin plus docile. Et cette chambre m’a marquée, il m ‘arrive souvent d’y penser, quand j’ai justement besoin de trouver comme un refuge en moi… ma voisine de chambre m’a aussi marquée mais pas dans le bon sens du terme lol Je laisse çà dans mon manuscrit pour l’instant, parce que sur mon blog, ce serait par bribes seulement et du coup, j’aurais trop de mal à expliquer bien des choses. Ou alors mon post ferait 10kms de long, je doute que çà plaise 🙂
      Mais j’ai toujours retenu que le positif de cet endroit oui. Le reste n’est pas oublié, loin de là surtout l’abus. Cà a fait 10 ans le 27 mai (décidemment, c’est une date joyeuse et pas simple à la fois…) et je me suis rendue compte que rien n’était oublié et que les angoisses dans certaines situations étaient toujours bien présentes, mais soit mon cerveau est bien fait et il me préserve ^^, soit j’avance dans le bon sens et je pense que c’est plutôt çà finalement.
      Ma route a été jonchée de personnes qui m’ont démontrée qui j’étais, même si pas toujours très apte à l’entendre, je n’ai pas oublié leurs mots. Et cet endroit là, a été le plus riche humainement parlant. J’ai appris sur moi mais aussi sur les autres. Je tiens à Marseille pour cette raison d’ailleurs, comme tu dis, c’est là que j’ai repris les rênes de ma vie oui et c’est plus que symbolique.
      J’espère du fond du coeur qu’un jour on pourra y aller ensemble dans mes chères collines (j’ai l’impression de me prendre pour Marcel Pagnol quand je parle comme çà ^^, mais je comprends qu’il ait eu autant d’affection pour elles, en tout cas. Tous les 2 êtes les bienvenus en tout cas 🙂 ce serait un beau cadeau de la vie çà ❤ Gs gs bisous ma belle Marie et câlin à ptit escargot

    1. Merci Bernie, je le fais d’autant plus oui… parfois c’est vital de penser à soi, je me le suis souvent interdit en pensant que je serais égoïste, mais j’ai encore de la marge pour en arriver là, je pense 🙂 Passe un bon dimanche

  2. J’ai beaucoup aimé cet article. J’aime que tu choisisses de ne retenir que le meilleur malgré les épreuves que tu y as traversé… C’est une force !
    Je t’embrasse

    1. Merci ma belle, oui c’est important. Après il y a l’envers du décor aussi, j’en ferai peut-être un post un jour pour expliquer pourquoi…
      Gs bisous et profite bien de tes vacances 😉

    1. 18 mois là-bas, entre septembre 2004 et juillet 2006… tu comprends pourquoi je disais qu’ils gardaient les patients sûrement trop longtemps ?… mais en tout, si on rajoute ste-marguerite où là j’y étais davantage pour être protégée, on peut rajouter 10 mois. Entre 2006 et 2010. Cà s’est espacé avec le temps, ouf… 🙂

  3. ma louloute c’est bien que tu aies qd même gardé un bon souvenir de cet hopital malgré cet abus, que je trouve ça terrible 😦 d’ailleurs cette personne a t’elle été punie?! c’était un patient ou un médecin? enfin bref je suis peut être trop curieuse…on en avait déjà un peu parlé à l’époque mais j’ai un peu oublié 😦 en tout cas une fois de plus tu sais nous montrer à quel point tu es forte et que tu avances, laissant les choses négatives de côté! sans les oublies car on oublie jamais…
    je t’embrasse ma pucinette

    1. C’est arrivé la dernière fois que j’ai été hospitalisée là, je n’ai plus jamais voulu y retourner après, malgré l’aide que j’avais reçue de l’ergothérapeute et de la psychologue, je n’aurais pas été sereine (je ne le suis déjà pas quand je suis dans un hôpital de toute façon…) et puis j’aurais eu ces images sans arrêt devant les yeux… c’était un patient, il a été viré, on m’a parlé de porter plainte mais j’ai refusé. Je ne pouvais pas revivre ce que j’avais déjà vécu lors de l’agression juste 4 ans avant… (ils doivent sentir ma fragilité c’est pas possible autrement…. pff…)
      Cà fait 10 ans et çà me poursuit malheureusement, c’est une des raisons pour lesquelles je suis célibataire aussi… on n’oublie pas non et çà laisse de sales traces. Mais quand je pense à cet endroit, c’est à l’aide que j’ai reçue, aux patient(e)s avec lesquels j’ai tissé des liens (j’en ai 2 sur fb d’ailleurs), mais si c’était arrivé le 1er mois d’hospitalisation, là par contre hum….
      Gs bisous ma Lili ❤

  4. han je croyais que tu parlais du premier? pfff deux abus putain mais ils sont grave en manque ces connards…dommage qu’il s’y passe ce genre de choses dans ce genre d’établissement, surtout qu’en plus il avait l’air top cet hosto pfff 😦 enfin comme tu dis faut penser au positif :/ je peux comprendre qu’après ce soit dur de faire confiance en un homme!!!!

    1. En novembre 2001 c’était sur un parcours de santé, il s’était « contenté » de me tripoter et de faire joujou avec sa nouille comme tu l’appelles, mais il m’avait menacé, c’était çà qui m’avait le plus choquée en plus du reste, surtout que j’étais tombée et qu’il s’était retrouvée sur moi et qu’il était bien plus lourd que moi pour foutre le camp. C’était « tout ». Je mets des  »  » parce que bon… je veux dire qu’il n’y avait pas eu pénétration
      L’autre, c’était en mai 2005 et il a été plus loin et j’ai fait des choses que je n’aurais jamais faites si mes pensées n’avaient pas été altérées par mon traitement qui me faisait planer en gros… un abus de faiblesse qui a été bien trop loin…
      Pour le 1er, j’ai porté plainte, le 2ème, je ne voulais pas revivre tout çà… j’ai essayé de me remonter… mais il y a des failles en moi oui, mon corps fait barrage et j’angoisse vite si on est trop près de moi

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