Le coin films et séries

« To the Bone » – Un autre regard sur l’anorexie

« Des gamins comme toi j’en rencontre tous les jours et vous êtes sans exception des putains de baratineurs… si tu continues sur cette voie là, un jour tu ne te réveilleras pas… et je ne vais pas m’occuper de toi si tu ne veux pas rester en vie »…

Hier soir, je suis tombée par hasard sur ce film et pour que j’en parle par ici, c’est qu’il a marqué mon esprit ayant vécu l’anorexie. 

Synopsis :

Après avoir tenté plusieurs hospitalisations pour se sortir de l’anorexie, Ellen, 20 ans, est prise en charge par un psychiatre aux méthodes moins conventionnelles que ses confrères et c’est ce qui fera peut-être la différence… ou pas. Il réunit dans une maison, Ellen et 6 autres jeunes filles et Luke qui se battent aussi contre les troubles alimentaires. Son but est de les aider à s’en sortir avec des méthodes qu’on ne rencontre pas partout, ça c’est sûr. Mais parfois c’est bien de sortir des sentiers battus pour arriver à quelque chose. Je ne vendrai pas la mèche évidemment, je vous laisse découvrir le destin de ces 7 personnes. Et si la vie ou la mort a été plus forte que son combat qui porte le nom d’enfer.

Ce que j’ai pensé :

C’est le genre de film où j’accroche immédiatement, où je pénètre dans le personnage principal (Ellen), peut-être parce que je m’y suis retrouvée parfois dans ce qu’elle dégage, pense et fait. Lily Collins qui tient le rôle et qui est la fille de Phil Collins est tellement habitée par son personnage qu’on oublie que c’est un film et j’ai souvent été projetée dans cette maison parmi les autres patients. Et en psychiatre, on a Keanu Reeves que j’étais étonnée de voir dans un tel rôle qu’il joue à la perfection. Un psy qui contrairement à beaucoup d’autres a conscience qu’il n’est pas un super héros qui va sauver tout le monde et qui reconnaît ses propres failles par les psys sont des êtres humains avant tout… oui oui…

Le scénario permet de rappeler que l’anorexie ou autres tcas n’est pas juste une histoire de nourriture. Que le mal est plus profond et qu’il n’a pas qu’une cause mais plusieurs. Et le principal étant que les patients ont les clés de leur destin mais que le psy ne pourra rien fait s’ils ne choisissent pas de vivre. A la 1ère consultation, il dit d’ailleurs clairement à Ellen qu’il ne l’aidera pas si elle ne choisit pas de vouloir en sortir et de vivre. Je pense que la phrase a pu choquer certains esprits.

De mon côté, j’ai eu l’équivalent de ces mêmes mots avant d’entrer dans le protocole de soins en endocrinologie à la Timone. Et je trouvais ça dur de me dire que si on voyait que je ne voulais pas m’en sortir, on laisserait tomber. En gros qu’on me laisserait mourir pour dire les choses crûment. Avec le temps et le recul, j’ai réalisé qu’effectivement on ne peut pas aider quelqu’un qui se laisse mourir et que même en gavant les personnes qui en souffrent, si le mode de pensée ne change pas, ça maintient juste le corps dans une survie (ce qui n’empêche pas la mort malgré tout) qui ne sert à rien si au moment de supprimer la nourriture par voie entérale, la personne reperd tout parce qu’elle ne supporte pas d’avoir pris le poids à travers les poches de nutrition. On ne peut pas sauver ceux qui ne veulent pas (vouloir pour ma part étant que la fameuse voix anorexique est plus forte que le reste), parce que les médecins donnent juste les outils, c’est à nous de les utiliser et d’apprendre à les manipuler. C’est comme si les médecins mettaient le contact sur une voiture pour aider au démarrage, mais si, nous, n’appuyons pas sur l’accélérateur, rien ne bouge.

J’ai trouvé ce film touchant, émouvant (j’ai pleuré plus d’une fois), plein d’espoir aussi, avec des touches d’humour et avec la peur au ventre aussi… parce qu’il rappelle aussi que l’anorexie est mortelle… Ce n’est pas un film édulcoré malgré la bonne ambiance qu’il règne entre les patients. A travers chacun d’eux, on retrouve en fait des traits des troubles alimentaires, ce qui donne un aperçu assez complet de ce qu’on peut vivre quand on est dedans mais sans rentrer dans les profondeurs. J’ai déjà vu des films plus crus qui montraient davantage l’enfer des tcas. Celui-çi peut paraître « léger » en dehors des moments où la mort se fait plus présente. On en oublie que la mort peut être l’issue de l’anorexie et je pense que le film est tourné volontairement de cette façon, pour tirer les patients (et ceux qui seraient dedans et qui le regardent) vers la vie. Pour montrer qu’elle peut aussi gagner même quand on n’en a plus l’espoir ou l’optimisme ou le courage… ou que justement cette voix est trop forte parce que malheureusement la volonté ne suffit pas non plus. Parfois c’est trop ancré.

Un hymne à la vie parce que les techniques du psy sont surtout tournées vers ce que peut offrir la vie pour faire oublier ce qui a pu conduire aux tcas et l’enfer auquel ils mènent. Montrer la vie dans toute sa beauté sans en oublier ses échecs, parce que son but n’est pas de dire que tout est rose et de mentir pour que les patients aillent mieux. Il est là, à accompagner ses patients mais les laissant la liberté de choisir si c’est la vie qui les attend ou la mort. Dit comme ça, on peut se demander quel genre de psy ça doit être du coup. Un psy que personnellement j’aurais apprécié d’avoir parce qu’il ne se contente pas des mots, ce qu’il évoque est concret et il y a de très belles scènes où on regarde l’écran avec le sourire l’air de dire « ah oui c’est chouette de vivre rien que pour ça ». Et on comprend que c’est ça qu’il veut leur démontrer. 

Et la dure réalité revient en pointillés jusqu’à ce qu’on se souvienne que même si l’anorexie n’est pas une histoire de juste manger pour aller mieux et que ce n’est pas la seule composante d’une thérapie, c’est tout de même le moteur pour pouvoir vivre… sinon on meurt… et il y a des moments en suspens entre vie et mort qui sont oppressants parce qu’on ne connaîtra pas l’issue jusqu’aux dernières minutes.

J’ai toujours ces difficultés à raconter les films et les livres et je pense que des thèmes aussi douloureux et délicats sont encore pires à faire ressentir… mais je pense qu’avec un autre film (« la détresse invisible ») sorti il y a des années, c’est le meilleur film que j’aie pu voir sur le sujet.

Est-ce que vous l’avez vu ou comptez le voir ? Si c’est le cas vous me direz ce que vous en avez perçu ?

Des combats qui me touchent

Sans complexes, j’ai retrouvé ma liberté

Ce temps où je ne laissais rien paraître de moi sur mon blog, à part mes écrits… parce que j’avais honte de mon corps et de mon visage… A cette liberté que j’ai apprise à avoir… A cette paix entre le corps et l’âme au moins sur le plan alimentaire…

J’ai été une adolescente complexée, davantage par mon visage que par mon corps et quand je suis tombée dans l’anorexie, ce n’était pas pour perdre du poids que j’avais en trop (ce n’était pas le cas de toute façon) ou justement à cause de complexes, j’étais trop occupée à vouloir éliminer mon corps tout entier, avec les os qui eux-mêmes étaient déjà de trop dans cette enveloppe trop « lourde » à porter. 

On va passer sur le fait que reprendre du poids a été très difficile pour moi, je n’ai jamais eu de déclic comme on l’entend parfois quand il s’agit de troubles alimentaires lorsqu’on en sort. C’est tout un processus sur plusieurs années qui s’est mis en place pour changer mon disque dur (mon cerveau) qui avait des lacunes de perception par rapport à ma véritable image. Mais un jour je me suis vue réellement avec mon faible poids. A l’époque j’étais au plus bas, à 37 kgs et je me voyais énorme. J’ai compris qu’il y avait un problème et je me suis faite peur pour la première fois sans doute. Ce sera la suite de ce post, d’expliquer ce qui a produit cet effet chez moi. Pour résumer rapidement, il a fallu du temps pour que le corps rejoigne l’esprit et que les deux puissent à nouveau communiquer en paix. 

13 kgs plus tard, je regarde mon corps  imparfait (heureusement qu’il l’est, ça veut dire que je suis juste humaine, avec mes défauts et que ça aussi j’ai accepté que l’inverse était inconcevable… dit celle qui était à la recherche de la perfection dans tous les domaines, jamais contente d’elle à tous sujets, jamais satisfaite, prête à se punir en cas d’échec, aussi minime qu’il soit). Il a fallu que j’apprenne aussi que la perfection n’existe pas. 

Donc mon corps n’est pas parfait, voilà le scoop de la soirée ! Le nombre de fois où on s’est foutue de moi quand je disais que la peau d’orange et la cellulite aboutissaient même sur les corps minces. Ou avoir la réflexion comme quoi tout était facile pour moi de dire que s’accepter était possible et qu’on vivait mieux ensuite, parce que pour réponse j’avais « c’est simple de dire ça pour toi tu es mince ». Sauf que j’ai connu la boulimie qui me faisait reprendre 7 kgs en 1 mois, puis l’anorexie qui reprenait les rênes de mon corps et de mon esprit et que même si j’ai été plus souvent dans l’anorexie restrictive que dans la boulimie non vomitive, ces phases ont laissé des traces sur mon corps et à l’intérieur (j’ai pourri mes intestins à cause de laxatifs d’où mon bidou bien visible). Bref, il y a eu un temps d’adaptation à mon nouveau corps. Six ans que les tca sont finis pour moi. Pas du jour au lendemain. Ce nombre d’années correspond seulement au moment où j’ai été en paix avec la nourriture. Il a fallu plus de temps pour retrouver mon corps de femme et à être sereine. A aimer voir ma poitrine s’arrondir et être serrée un peu plus dans mes soutien-gorges, mes fesses devenir moins plates, mes cuisses avec lesquelles je m’amusais à faire le tour avec mes index et mes pouces pour me rassurer qui prenaient plus de volume. 

Mais depuis 2 étés, je m’aperçois que les complexes ont disparu de ma vue, pourtant j’ai continué à prendre du poids, donc il ne s’agit pas d’une question de kilos, mais d’acceptation. Pourtant beaucoup de choses seraient capables de me complexer. Quand je marche, mes cuisses ressemblent à 2 Flamby qui ont la tremblote dans leur assiette. J’ai une scoliose et surtout une cyphose importante qui fait ressortir mes omoplates et je n’ai pas oublié cet abruti qui un jour m’a dit « on ne sait pas où est le devant et l’arrière » (en rapport avec ma poitrine qui n’est pas immense. Proportionnelle à mes omoplates en gros). Je possède une collection de vaguelettes de peau d’orange sur mes cuisses et mes fesses. Parfois j’ai d’ailleurs l’impression que mes 13kgs sont quasiment tous tombés dans le bas. Que j’ai mangé et qu’en un immense « plouf », tout est descendu sans trop en laisser pour le haut. Moi qui suis sujette au mal de mer, quand je me douche ou hydrate ma peau, j’évite de regarder ce spectacle pour ne pas avoir le coeur retourné à cause des vagues que font ces parties de moi, sous mes mains. Mes muscles sont fondus du coup ils ne retiennent plus grand chose, autant dire que les abdos sont en vacances et qu’à la place, j’ai un gracieux bourrelet quand je suis assise sur une plage et comme je fatigue vite à vouloir me maintenir droite, on dirait qu’en plus du bourrelet, j’ai toute la misère du monde sur mes épaules. Pas de doute, je fais très stylée sur une plage ou ailleurs, je parle plage parce qu’on est en été. Mes genoux se disent merde en beauté, avant ils jouaient des castagnettes parce que les os étaient saillants, maintenant ils ont chacun un petit coussin molletonné pour amortir. Mes bras possèdent des biceps mais qui au lieu de pointer vers le haut, le font vers le bas. Une sorte de flan comme pour les cuisses, c’était histoire qu’elles ne soient pas seules à finir en gelée anglaise dont je ne sais plus le nom, mais vous voyez l’aspect, j’en suis certaine. Mon bassin n’a jamais été droit du coup je fais la tour de Pise parce que je ne suis pas droite ni de gauche à droite, ni de haut en bas, si on arrive à visualiser ma silhouette. Et surtout j’ai un petit ventre qui serait adorable si j’étais enceinte comme on le pense parfois. Non, désolée du glamour qui suit, mais c’est juste lié à un médicament qui provoque ce « léger » désagrément et au fait que mes intestins ont souffert et souffrent encore constamment. Ce serait sûrement mon seul complexe d’ailleurs. Mais pas à cause du regard que les gens pourraient poser sur moi. C’est parce qu’il me rappelle la souffrance qu’il ne sera jamais rond à cause d’autre chose que ces éléments là et du coup je suis toujours face à cette douleur d’avoir été incapable de porter un enfant. Bref voilà le tableau des complexes que je pourrais avoir parce qu’ils ont pu me déranger un jour. 

Qu’est ce qui a changé alors pour que je m’accepte et ne perçoive plus ces pseudos complexes ? Il y a eu plusieurs choses. Mon corps souffre. Je souffre à cause des douleurs. J’estime que je n’ai ni l’énergie, ni le temps de me pourrir la vie encore avec des complexes. Que c’est déjà compliqué comme rapport avec ce corps à gérer côté douleurs, alors je lui pardonne le reste. Je mets des shorts, des maillots de bain, porte des débardeurs où on voit mes fameuses omoplates qui disent « coucouuuu nous voilàààà ! » Elles me font mal alors je les laisse faire bronzette, elles le valent bien ! Comme tout le reste et puis le soleil réchauffe la vieille carcasse qui me sert de squelette douloureux. 

Puis ce sera mon corps toute ma vie. Jusqu’à ce que je disparaisse, il m’accompagnera pour le meilleur et pour le pire, j’ai donc intérêt à m’en faire un ami si on doit cohabiter. Et les heures, les jours, les années qu’on passera ensemble, on aura mieux à faire que de scruter le moindre défaut, parce qu’on en trouvera toujours de toute façon, alors c’est une quête à l’infini. C’est se concentrer sur du néant et perdre l’essentiel. 

Il y a eu aussi des photos de certains membres de ma famille qui m’ont fait dire « oh c’est marrant, on a un peu la même morphologie à ce niveau là ». J’étais fière de porter des indices de personnes que j’ai aimées et aiment au-delà des étoiles pour beaucoup malheureusement. Mais avec mon corps et les points communs qu’on a(avait), j’ai l’impression de les avoir dans ma propre enveloppe corporelle et c’est comme s’ils me serraient dans leurs bras pour qu’on ne fasse qu’un de nos corps. Je porte un peu de ma famille en moi et avec moi. Et quand je me suis aperçue que ma 1ère petite nièce avait les mêmes cheveux que moi quand j’étais petite, la même forme de yeux, j’ai tenté d’être plus indulgente avec mon visage, même si pour le coup j’ai toujours du mal. Ce visage qu’on a tellement maltraité au collège, au point que je ne supporte plus moi-même de me regarder dans un miroir sans voir ceux qui me pourrissaient la vie. Si j’aimais autant ma nièce, je me devais bien d’aimer mon propre visage. Je ne suis pas complètement guérie de mon visage, mais mon corps, lui, n’appartient plus qu’à moi, à mon propre regard. 

Récemment, en préparant ce post, je me suis demandée si toutes ces imperfections que chacun(e) voit en soi, synonyme beaucoup trop souvent de souffrances au point de cacher son corps, seraient autant visibles si on était seul(e)s, sur une île déserte par exemple. Quel est le regard le plus lourd finalement, en quelque sorte. Le notre ou celui que nous portent les autres dès qu’on s’expose devant eux. Et j’ai fait mon propre « tri esthétique ». Je m’en foutrais de tout. A part mon ventre qui serait une souffrance personnelle même si j’étais à l’écart de tous regards et de toutes éventuelles remarques. Alors j’en ai déduit que mes autres potentiels complexes étaient juste liés aux autres. Et s’il s’agit des autres, je m’en moque bien parce que ce seront souvent des gens de passage, qui ne croiseront mon chemin qu’une fois, sans connaître celle que je suis et j’estime que c’est inutile de trop s’appuyer  sur ce qu’ils peuvent penser. Quant aux autres, peut-être plus proches, j’aurais envie de dire « je vous aime avec vos défauts, svp faites pareil avec moi, merci ». Qu’on soit mince, avec des rondeurs, maigres, avec des bourrelets ou sans, les gens critiqueront toujours un truc, alors à quoi bon ? Autant vivre pour soi et avec soi plus sereinement en acceptant les corps qui font partie de nous pour trouver au moins un peu d’harmonie et pouvoir rassembler la tête et le corps. 

Et puis il ne faut pas se leurrer, quand on est sur une plage, à moins d’être voyeur ou d’être peut-être tellement mal dans sa peau que certain(e)s regardent les corps des autres pour trouver de quoi dénigrer, histoire de réduire ce fameux mal-être qui leur est propre et se rassurer, personnellement, quand je sors d’une plage, je suis bien incapable de dire qui j’ai croisé et comment étaient les corps que j’ai aperçus. Cette liberté que je possède va aux autres aussi. J’ai envie qu’ils se sentent bien sans regards posés sur eux, alors je ne pose pas le mien. La liberté d’être tout simplement sans se poser de questions est ce que je possède sûrement de plus précieux à l’heure actuelle pour me permettre de respirer sur le reste. Même si peut-être que justement ce « reste » me permet de le faire… Mais ce n’est pas important de savoir comment on arrive à se libérer de certaines de ses chaînes.

S’accepter et ne pas avoir de complexes ne voulant pas dire se laisser aller ou laisser abandon son corps. C’est apprendre à vivre avec et composer avec ses défauts en mettant en valeur ce qui nous plait et être fière de l’équilibre qualités / défauts. Parce que c’est l’équilibre qui permet de se sentir mieux à mes yeux. 

Et vous, avez-vous des complexes ? Comment vivez-vous ce rapport au corps et justement, est-ce que finalement c’est votre regard ou celui des autres qui fait en sorte que vous portez ces complexes ? 

Des combats qui me touchent

39 ans et ménopausée

A ce ventre vide pour toujours.

Ma vie de femme au niveau menstruations n’aura pas été des plus simple, depuis le début. En classe, toutes les filles parlaient tampons, de mots glissés presque discrètement au prof de sport « j’peux pas aller dans l’eau, suis indisposée », de symptômes qui étaient terribles et j’étais la seule à ne rien dire puisque je ne les avais pas encore. Ma mère me disait que je les aurais peut-être l’été suivant, quand on partirait en vacances parce que le changement d’air pouvait les provoquer. Je crois bien que c’était une légende, parce que moi je les ai eues la veille qu’on parte, alors pour le changement de climat toussa toussa, il faudra repasser ! J’avais 15 ans. 

Les mois qui ont suivi cette première fois, je me disais que c’était normal que les cycles ne soient pas encore bien réguliers, que ça viendrait au fil du temps. 2 ans après je galérais toujours autant et j’avais souvent mal au ventre alors que rien ne venait et quand je les avais, je me vidais par contre avec des ovaires qui me prouvaient qu’ils faisaient bien leur job… A 17 ans, j’ai vu pour la 1ère fois un gynéco pour qu’il me prescrive la pilule. En me disant que de toute façon tôt ou tard, j’en aurais besoin, mais qu’en plus ça pourrait peut-être m’aider à régulariser tout ce joyeux -ou pas- bordel. Il m’a fait une échographie qui montrait 2 kystes sur les ovaires, il m’a dit que ce serait surveillé mais qu’ils partiraient sans doute seuls. Ce qui a été le cas, au bout d’1 an, il n’y avait plus de trace d’eux. Et est arrivée sans doute ma pire ennemie, l’anorexie. Je suis restée des années sans les avoir mais je m’en foutais il faut bien le dire, au moins je n’avais plus les maux de ventre à gérer et puis mon corps de femme s’effaçait alors c’était la suite logique que l’intérieur suive le mouvement. 

J’ai commencé à m’en inquiéter 3 ans après. J’étais dans une période où je me sentais capable de faire enfin un travail sur moi, du coup le généraliste m’avait conseillé une psychiatre et une gynéco pour voir où j’en étais. Elle a été la 1ère à me parler de stérilité et à vouloir les provoquer pour que je retrouve des cycles réguliers. J’ai commencé le Duphaston qui a effectivement remis la machine en route au point de me provoquer des règles hémorragiques qui m’ont faite paniquer. Je suis allée voir le généraliste qui a fait arrêter le traitement illico en traitant gentiment sa collègue de tous les noms d’oiseaux parce qu’elle n’aurait jamais du le prescrire. A 37 kgs il valait mieux que mon corps puisse se reposer, si je ne les avais pas, c’est que j’étais trop faible pour les avoir et que me vider n’était pas la solution. Donc j’ai attendu qu’elles reviennent… Le problème c’est que l’anorexie était là. J’ai eu les premiers soins réellement 6 ans après avoir commencé à ne plus m’alimenter normalement. Mes règles venaient de temps en temps quand je reprenais un peu de poids, quand psychologiquement j’étais aussi un peu mieux. J’ai toujours voulu être maman. Depuis toute petite. Depuis que mon frère avait eu tous ses soucis à la naissance et qu’on m’appelait sa 2ème maman tellement à 8 ans j’étais devenue plus grande d’un coup. Et un jour je serais une maman, c’était sûr. 

J’ai été hospitalisée pour la 1ère fois, en 2004, j’avais 26 ans. Mon corps était celui d’une enfant, sans formes, avec l’apport énergétique d’une enfant aussi. Je ne voulais pas être femme, mais souhaitais être maman. Ca été un long paradoxe à traiter pour le coup… mais ça m’a aidée à me raccrocher au côté maman, pour supporter mon corps de femme. J’avais des photos de bébés dans ma chambre, comme pour me souvenir pourquoi j’étais coincée entre ces murs aseptisés et pour me motiver à bouger mes fesses inexistantes. En parallèle, j’avais besoin d’un traitement pour essayer de stabiliser mon humeur, mes trous noirs, la dépression qui s’était installée. Autant dire que mes règles se sont faites muettes. J’ai eu le temps de me tirer de l’anorexie et des épisodes de boulimie pour comprendre que je ne pourrais jamais être maman. Pourtant pendant 5 ans j’ai réussi à avoir des cycles normaux, j’ai appris à savoir à quel étape du cycle j’étais, je reconnaissais les signes, le syndrome prémenstruel bien présent et surtout un mal de ventre qui me tirait dans le dos, à avoir envie de vomir, à tourner de l’oeil. Mal 10 jours avant et pendant. Autant dire qu’il ne restait pas beaucoup de répit, mais pour moi c’était bon signe. Et il y a 4 ans, j’ai appris que la machine était pourtant cassée. La gynéco que j’ai vue m’a expliqué qu’entre les 13 ans d’anorexie qui avaient fait déjà des dégâts et le traitement qui m’aidait à tenir plus ou moins le coup, c’était normal que tout soit si compliqué. Pas assez d’ingrédients solides pour être maman. Le même mois, ma 2ème petite nièce est née. Je n’étais pas forcément envieuse ou jalouse, mais ne comprenais pas que mon combat n’ait servi à rien à part me maintenir en vie, ce qui ne servait à rien à mes yeux si je ne pouvais pas la donner cette fameuse vie à un petit être. Mais bon… on connait l’histoire qui suit. 

Depuis, c’est comme si mon corps était en préménopause du coup. Je déprime à chaque fois que mes ovaires se tordent de douleur, parce que je me dis que j’ai mal pour rien. Avant je supportais en me disant qu’au moins si mes règles venaient, ça valait le coup parce que c’est que j’étais capable d’être maman aussi. Mais maintenant c’est devenu inutile. 

Le problème c’est que maintenant je me sens femme. J’assume mon corps. Et ce sang faisait partie de moi même s’il galérait à sortir, c’était ma machine féminine qui faisait son boulot. Depuis plusieurs mois je sens que mon corps rame de plus en plus. J’ai des douleurs pelviennes quasiment chaque jour, je ne reconnais plus les étapes du cycle, la libido est en berne même dans les étapes où avant elle était démultipliée. Je m’assèche un peu plus chaque mois. Je deviens morte de l’intérieur aussi un peu plus. Ce mois-çi il n’y a rien, à part les douleurs et de légers saignements depuis 10 jours. Je n’ai aucune idée si ça se débloquera d’ici quelques jours ou si je pourrai dire que j’entre dans la phase de ménopause pour de bon. Je ne le vis pas bien. Peut-être qu’au fond de moi je gardais espoir. La psy m’a dit une fois « on voulait vous sauver vous, c’était notre priorité » parce que je disais vouloir arrêter mon traitement si lui aussi était responsable de ce bordel. Si elle savait à quel point elle a faux. Je n’ai jamais autant essayé de partir que depuis ces 4 ans parce que je sentais bien que tout se détruisait en moi et que je n’étais pas assez forte pour y arriver… 

Bref. A 39 ans la machine va s’arrêter pour de bon. Je me sens tellement jeune et tellement vieille en même temps, entre ça, les douleurs dignes d’une octogénaire et mes os qui se déminéralisent déjà depuis pas mal de temps. Inutile de dire que le spasfon fait partie de mon quotidien par contre toujours. Je prendrai rv avec la gynéco quand je serai sûre qu’elle pourra faire ses explorations sous-marines dans ma « grotte interne » comme j’appelle ce foutu utérus râleur, ronchon et inutile. 

L’anorexie peut non seulement arrêter notre propre coeur mais quand elle le fait encore battre, elle peut empêcher d’en faire battre un 2nd. Si des jeunes filles/femmes passent par là, souvenez-vous que la chronicité entame bien le capital pour être maman. Que mes mots ne soient pas inutiles eux aussi, c’est toujours un mini-espoir quand je parle de ce que je vis et ce que j’ai vécu… 

Des combats qui me touchent

Orgasme mémorable…

Merci Youtube pour la capture d’écran

On se connaissait depuis quelques années, depuis toujours même, du plus loin que je me souvienne. On avait un peu flirté, mais sans plus. Peut-être que je n’avais pas pris le temps de bien le connaître et que j’étais restée un peu trop en surface, je ne sais pas. Mais ce soir-là, tout a été différent. Je l’avais face à moi, mon regard sur lui n’avait pas changé, c’est au moment où ses lèvres ont effleuré les miennes que quelque chose s’est transformé en moi. Un baiser plus savoureux, plein de douceur, mélange de sucré-salé. Ce soir là, j’ai succombé à son charme et je me suis laissée aller depuis bien longtemps. On n’a fait plus qu’un, je l’ai laissé venir en moi. C’était d’une magie comme je ne l’avais pas ressenti depuis bien des années. Tout en moi pétillait, si un illustrateur avait pu dessiner à ce moment là ce qu’on vivait ensemble à cet instant précis, des petites bulles de bonheur et de plaisir auraient été placées sur mon visage et mon corps tout entier. On a pris notre temps tous les deux, je me délectais à l’avoir en moi, à l’accepter comme s’il avait toujours fait partie de moi. Dans un feu d’artifice immense, mon corps a explosé de plaisir dans un orgasme comme jamais ressenti aussi pleinement. Sereinement. Le coeur en joie. Le corps vibrant dans chacune de ses parcelles et ses moindres recoins. L’esprit libre et léger. Ce soir là, ce fut un orgasme mémorable oui.

………

Alimentaire l’orgasme :p Ben oui, alimentaire ! Qu’est ce que vous avez cru ?? Ohhh ! 🙂

Je partage beaucoup de choses par ici, mais de là à raconter ma vie intime, on ne va pas exagérer non plus hein ^^ Hier soir, j’ai mis 2 posts sur mon profil facebook. L’un était une vidéo qui tourne pas mal avec les beaux apollons non pas grecs mais rugbesques (non, faut pas chercher ce mot dans le dico, je viens de l’inventer à l’instant) et j’avoue qu’ils ont pu donner de sacrées bouffées de chaleur mmhh 🙂

L’autre post était sur un anniversaire un peu spécial, parce que çà fait 5 ans que je me suis tirée de l’enfer des troubles alimentaires. Du coup, les deux posts mélangés m’ont donné cette idée un peu farfelue pour expliquer ce que j’ai pu ressentir, le jour où j’ai mangé en ayant toutes les saveurs décuplées, à avoir l’air très con de m’extasier devant un morceau de carotte et pomme de terre, comme si je les découvrais pour la 1ère fois. Un morceau de carotte, faut le faire, pour rendre quelqu’un heureuse à ce point. Je n’ai jamais mangé quelque chose d’aussi bon, pourtant, ils étaient préparés comme d’habitude, mais la différence restait dans le fait que je mangeais tout çà sans me poser de question, sans me torturer l’esprit, sans voir ces aliments comme des chiffres remplies de calories que j’ingurgitais. J’avais pris le temps d’apprécier ce petit plat pourtant si simple, mais tellement savoureux quand on se remet à vivre, sur le plan alimentaire. Ce soir là, j’ai connu l’orgasme alimentaire, après 14 ans de restrictions. Et je m’en souviendrai toujours. Une explosion de saveurs sur mon palais et dans la moindre papille. Parce que c’était le 1er jour du reste de ma seconde vie post anorexie. Et que comme tous les combats, celui-là a laissé des traces en moi. Indélébiles. C’est aussi pour cette raison que je souhaitais le tourner un peu en dérision, ce post « anniversaire » 🙂 

Bon… Et puis, après la polémique qu’il y a eue ces derniers jours et dans le respect de l’éthique que je me suis imposée depuis le début que j’écris par ici, je dois vous faire un aveu et être honnêtes avec vous : 

*** Article sponsorisé par le XV de France *** :-p (ben quoi ! je n’y connais rien en rugby, ne connais pas leurs noms à tous ces spécimens bien foutus mais ils ont été source d’inspiration quand même ! Sans eux, peut-être qu’il n’y aurait pas eu de post encore aujourd’hui, qui sait, alors je leur dois bien çà ! 😉 ) 

Prenez soin de vous et gardez espoir pour celles et ceux qui passeront par ici et qui souffrent de TCA.

Les projets des copinettes

Un jour qui a changé ma vie – 53 billets en 2015

Une clinique psy mélangée aux collines…

Ma participation pour la 23ème semaine de « 53 billets en 2015 » créé par Agoaye, dont le thème est « un jour qui a changé ma vie »

L’autre jour, pour parler sur le thème « Maman », j’évoquais la naissance de mon frère qui a changé ma vie, déjà. Du coup, je vais passer au 2ème jour qui a changé ma vie la 2nde fois 🙂 Toujours avoir un plan B ^^, même pour les jours qui changent nos vies, parce que finalement, on n’en a pas qu’un… il y en a juste des plus marquants que d’autres.

C’était le 8 septembre 2004. Deux jours que je venais d’arriver à Marseille, dans des circonstances pas forcément simples. Envoyée là pour faire une cure, je m’étais retrouvée dans un endroit pas du tout approprié. Un mouroir où j’ai passé le w-e, faute de  pouvoir parler avec un médecin. Deux jours qui m’ont marquée. Le lundi 8 septembre, j’ai été appelé par le psychiatre référent de l’établissement, mon but étant de foutre le camp et de remonter en Alsace, mais il fallait son accord. Il a regardé mon dossier et m’a dit de lui-même que ma place n’était pas dans ce lieu là et que si j’acceptais, il me ferait transférée dans une clinique où il travaillait aussi en parallèle. Après en avoir parlé avec lui et surtout une sacrée dose d’arguments positifs, j’ai fini par accepter. Il a appelé la secrétaire des admissions pour savoir s’il y avait de la place, le but étant de me dégager le plus vite de là quand même, tant qu’à faire. Je parle très peu de cet endroit, mes parents ont su dans quoi j’avais foutu les pieds, en février dernier seulement, c’est dire… L’après-midi, une ambulance est venue pour le transfert. Je ne connaissais rien de Marseille et n’avait personne sur place, je pouvais juste faire confiance à ce médecin là. 

On est arrivés devant une clinique au pied des collines. Un long couloir qui n’avait rien à voir avec l’endroit que je venais de quitter. Une chambre claire, deux lits, une compagne de chambre de 18 ans, une fenêtre ouverte comme il se doit dans les établissements psy, juste entrouvertes le minimum, même pas de quoi mettre sa tête par la fenêtre, mais juste son nez pour avoir de l’air. C’était largement suffisant pour sentir l’odeur des pins et entendre les cigales. La voisine de chambre venait de laver son linge, il y avait une douce odeur de lessive qui planait dans la chambre.

J’ai ressenti un calme intérieur que je n’avais pas connu depuis longtemps. L’infirmier a fouillé toutes mes affaires, a pris tout ce que je n’avais pas le droit de conserver et m’a dit « reposez vous ». Je me suis allongée sur le lit, dans le silence avec pour compagnie les cigales que j’entendais pour la première fois de ma vie (à 26 ans, c’était la 1ère fois que je quittais mon Alsace natale), couchée sur le côté pour voir par la fenêtre et c’est le jour où j’ai lâcher prise… où j’ai déposé mes bagages dans tous les sens du terme, en paix. Où je me suis dit qu’il fallait leur faire confiance, parce que j’arrivais au bout de mes forces tant physiques que mentales. Que j’avais besoin de récupérer un peu de vie et d’oxygène. Et le cadre m’a aidée à m’apaiser aussi. 

C’était le 1er jour de ma reconstruction, donc oui, ce transfert a été un changement qui a changé ma vie. Qui me l’a sauvée, même… J’ai rencontré le personnel soignant au fil des jours. S’en sont suivis les premiers soins, les 1ers pas dans une thérapie plus poussée et surtout l’aide de l’ergothérapeute qui a été un membre essentiel dans ma reconstruction, même si ce qu’il m’apprenait et essayait de faire entrer en moi, je n’ai pu l’appliquer que plusieurs années après. 

« Mes » collines…. tellement symboliques…

Le destin m’avait entraînée à Marseille et j’avais des choses à y faire… Sur 4 ans, j’ai passé au moins 18 mois dans cet établissement. J’y ai vécu le suicide de personnes qui m’étaient devenues chères au fil du temps, c’est aussi là qu’on a abusé de moi dans une chambre où j’aurais dû être normalement protégée… c’est là que j’y ai fait de belles rencontres, avec lesquelles j’ai échangé beaucoup de choses sur la vie et qui ont laissé des traces positives en moi. L’aide et ces rencontres, sont les seules choses dont j’ai envie de me souvenir de ce qui a découlé de ce jour qui a changé de ma vie… Le w-e, au bout de 2 semaines, j’ai pu avoir des permissions. Pendant que les autres patient(e)s allaient dans leur famille, j’étais seule et tant que mon poids restait stable, j’avais le droit d’aller marcher dans les collines toutes proches. C’est là que je me ressourçais pour affronter la semaine suivante de soins. C’est aussi dans ces collines que le besoin et l’envie de refaire ma vie est venue et s’est tissée au fil des mois. C’est là que j’ai pris la décision de venir habiter à Marseille. Un an après j’étais là, contre l’avis de tous. 

Je réalise que des jours peuvent être bien décisifs dans la vie de quelqu’un et peuvent chambouler une vie complète…

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Des combats qui me touchent

Comment une ancienne anorexique perçoit la mode healthy…

Source image : Pinterest

Quelques semaines que je vois des youtubeuses qui font des vidéos healthy, qui mettent leur corps à moitié délabré, il faut bien le dire, pour certaines, sur Instagram et je me retiens sous chaque photo pour ne pas exploser de colère. Quand j’ai vu les programmes sportifs X, Y, Z et compagnie débarquer, je me suis dit qu’on n’allait pas être sorties de l’auberge. Quand j’ai constaté les mêmes repas chez beaucoup de youtubeuses, je me suis dit qu’on était foutues… 

Déjà, je m’énerve, parce qu’elle ne mesure pas qu’elles servent de modèles à beaucoup d’ados, à la recherche de leur identité, souvent mal dans ce corps qui prend des formes et je ne suis pas sûre que de voir ces corps de leurs « idoles » soient bien positif et aidant. Combien vont les suivre dans leur mode healthy (elles ne bouffent rien d’autres que des fruits, des graines de je ne sais quoi, mais elles ne font pas de régime hein mouais… et quand j’entends « oh nonnnnn je ne peux pas manger UN carreau de choco, c’est pas biennnn !!! », j’ai envie de coller des baffes… Sous les photos instagram, on peut y lire des « mais elles font ce qu’elles veulent de leur corps !!!! » Oh ben oui, si elles veulent se transformer en merle ou en piou-piou, en avalant des graines, elles ont le droit, sauf que quand on s’expose sur le net à leur échelle d’abonnées, elles ne sont plus toutes seules avec leur corps, elles véhiculent une image qui peut être enviée par celles qui les suivent et c’est à celles-çi que je pense avant tout ! Quand je lis que mettre du 38, c’est la fin du monde, j’ai envie de taper un scandale d’enfer encore davantage et je trouve inadmissible que çà puisse être diffusé…… du 38 !!!!!!! pff……

Même les piou piou ont plus à manger :p Source image : Pinterest

D’où le titre… Je suis bien placée pour savoir que quand on est mal dans son corps (même si de mon côté, je ne suis pas tombée dans l’anorexie suite à un régime qui aurait dégénéré, mais j’ai assez vu de personnes pour lesquelles c’était le cas…), on est prête à tout pour trouver quelque chose qui nous donnera le sentiment de contrôler au moins quelque chose. Le corps, la nourriture, c’est rapidement une drogue. Si j’avais suivi ce mode healthy à un moment où l’anorexie n’était pas complètement soignée, honnêtement j’aurais replongé aussitôt. On sait bien que tout régime peut tourner à la catastrophe s’il y a un mal-être déjà à la base, par exemple. On voit qu’on perd du poids, qu’on s’affine et wouah c’est magique, en plus, on sent une certaine euphorie, ce que les médecins appellent la lune de miel, ce qui n’arrange pas nos affaires. Le corps en manque est surexcité, il délivre des endorphines qui trompent tout le métabolisme et une fois que cette sensation disparaît, là c’est le drame parce qu’on perd vite la notion de faim et on commence à s’enfoncer. 

Le pire, c’est que même moi qui me suis sortie de l’anorexie et de la boulimie, il y a 4 ans et demi maintenant, qui ai repris 13 kgs, qui pèse presque 50kgs à quelques centaines de grammes près pour 1m65, à force de voir ces photos, dans une période où la dépression était plus importante, je me suis surprise à me détailler de la tête aux pieds, à examiner le moindre cm de graisse qu’il pouvait y avoir sur mon corps, à percevoir tous les défauts, en sachant que mon corps regorge d’imperfections auxquelles je ne peux rien faire, parce que c’est ma morphologie, c’est mon ossature. Une cyphose qui me rend bossue et qui me complexe dès que je suis en débardeur ou en maillot de bain, alors durant cette période là, je n’arrêtais pas d’examiner la bosse provoquée par la cyphose et de regarder les conséquences sur mon corps qui a perdu sa musculature aussi à cause de la fibro.

Deux semaines, çà a duré cette obsession alors que çà faisait 4 ans et demi que j’avais dit bye bye à mes complexes parce que j’acceptais mon corps. Parce que je me suis battue pour avoir la vie que je mène à l’heure actuelle alimentairement et corporellement parlant et au bout de ces 2 semaines là, tout s’est remis en ordre, mais j’ai eu le temps de m’angoisser, en me disant « tu ne vas pas rechuter tout de même ??!! juste parce que tu vois ces corps là ?? mais non, hors de question !! » et j’ai pris conscience que quelqu’un qui n’est pas sortie de là, peut retomber illico la tête la première dedans… c’est triste à dire, on arrive à un point où il faut être solide psychologiquement pour regarder des vidéos youtube ou des photos sur instagram !! On va où là ? Les mannequins à elles-seules font beaucoup de dégâts, si on rajoute les youtubeuses, on n’arrivera jamais à convaincre une femme que non, elle n’a pas à peser 40kgs pour être acceptée dans la société et ne pas être regardée bizarrement si jamais elle dépasse les 45kgs (j’utilise des chiffres bas pour montrer ce qui paraît « normal » aux yeux de beaucoup et c’est dramatique…) !

Je mange sainement, parce que je l’ai réappris de cette façon et c’était mon alimentation d’avant aussi. Et si je pouvais faire du sport, j’en ferais pour l’utiliser comme un exutoire. Mais manger sainement ne veut pas dire bouffer des graines et des légumes cuits à grande eau (où toutes les vitamines foutent le camp en plus…), je mange de tout en ayant un apport suffisant et j’aime me faire plaisir avec des gâteaux, du chocolat, de la charcuterie qui est mon péché mignon aussi. Saucissonnnnn miam miam !!!! 🙂

Miam miam ^^ Source image : Pinterest

La vie est compliquée pour bien du monde et pour bien des raisons différentes, alors si en plus, on n’accepte plus de se faire plaisir pour perdre 1 os, il n’y a plus de vie…. et qui dit se faire plaisir, ne veut pas non plus dire se goinfrer !! Mais comment expliquer çà à des personnes qui sont persuadées que peser 40kgs les rendra heureuses, que leur ventre archi plat et leur cul raplapla feront ravage sur le sable cet été et que se tuer en plus à faire des heures et des heures de sport les rendra mieux…. si on enlève les couches de fond de teint, anticernes, blush, et autres machins trompe-couillon, on voit à quel point elles ont une sale tronche, il faut bien le dire ! C’est çà le bonheur vraiment ?? Jusqu’à quand, si c’est le cas……. 

La mode healthy rime bien avec le mot « folie » quand elle va dans les extrêmes comme je le vois de plus en plus… Aucune youtubeuse ne lira çà, mais si c’était le cas malgré tout : faites ce que vous voulez de votre corps après tout, mais arrêtez d’exposer votre corps qui regorge de graines, histoire de ne pas embarquer avec vous des jeunes filles qui ne sont pas bien dans leur peau et pour lesquelles, çà finira peut-être mal, parce qu’elles n’auront pas su s’arrêter à temps. On tombe vite dans l’anorexie et plus rapidement qu’on pourrait le penser… il suffit de tirer sur les bonnes cordes et on passe vite dans cet enfer, alors ouvrez les yeux, pensez à l’image que vous donner, mettez en garde celles pour lesquelles vous servez de modèles, elles vous écouteront mieux que quelqu’un qui a pourtant connu cet enfer là et qui essaie de dire de faire attention mais qui n’a aucun impact. Ce qui me rassure c’est que certaines commencent à en parler et à mettre en garde, mais on a l’impression de se battre contre des moulins à vent et ce n’est pas normal que ce soit autant compliqué à faire entrer çà dans la tête des gens…

Le poids ne fait pas le bonheur… La mode healthy entraîne beaucoup de frustrations j’imagine, vues ce qu’elles avalent, j’ai faim pour elles… On peut éviter de suivre cette mode, mais une fois qu’on tombe dans le panneau du « je suis allez trop loin », là par contre, c’est bien plus compliqué d’éviter les troubles alimentaires… Et croyez moi, l’anorexie n’est pas une sinécure, j’ai perdu 13 ans de ma vie à cause d’elle, parce qu’elle était plus forte que moi… dont 6 ans de thérapie et d’hospitalisations pour m’en tirer… des années de ma vie sont parties en fumée. 

Imaginez que la mode healthy vous entraîne aussi loin avec ses restrictions, son sport à outrance et un corps qui prend cher au lieu de lui faire du bien, comme c’était le but pourtant au départ, parce que çà ne part pas d’un mauvais sentiment le côté sain… mais c’est allez trop loin, comme beaucoup de choses, dès qu’il s’agit de nourriture, d’apparence physique, de corps et de diktats de la minceur… Vous êtes prêtes à passer tout ce temps, voire davantage avec un monstre en vous, parce qu’il est coriace à déloger ??…. Toutes les personnes qui fonctionnent en mode « healthy » ne tomberont pas dedans et tant mieux pour elles… mais il faut penser au danger pour les autres, par contre…

Prenez soin de vous… Notre corps est celui qu’on a, on n’en a qu’un, il sera le notre du début jusqu’à la fin de notre vie, alors autant l’accepter si on veut cohabiter sereinement et il est précieux. Aucun corps n’est parfait, c’est normal. Aucune mode ni aucun régime ne vaut la peine qu’on le détruise. Aux personnes qui ont réellement besoin de perdre du poids pour leur santé, j’ai toujours conseillé d’être suivie par une nutritionniste pour ne pas faire n’importe quoi. 

De mon côté, je vais continuer à manger sainement, bouger tout en me baladant et faire des photos et si j’ai envie de manger une glace, du chocolat, des gâteaux, je ne penserai pas à la mode « healthy », je veux me sentir libre au moins sur le plan alimentaire…. j’aurai tout le temps de voir mes os et ceux de mes nouveaux voisins, quand je serai installée entre 4 planches sous terre (désolée pour l’humour noir…), en attendant, je les enrobe du mieux que je peux et me fait plaisir quand l’envie m’en prend. Quitte à radoter, je répète que se faire plaisir n’est pas synonyme de bourrage et de remplissage en mode « je gave les oies pour qu’elles soient prêtes à se transformer en foie gras à Noël prochain ». 

Les projets des copinettes

Mes plus grandes victoires – « 53 billets en 2015 »

Ces victoires qui font celles que je suis… Qui serais-je, sans tous ces combats… (été 2014, plage de la pointe rouge, Marseille)

 

De blog en blog, souvent on découvre des projets ou des défis qui donnent envie d’être rejoints parce qu’ils apportent quelque chose. Quand on est un peu (beaucoup…) en bas, c’est important de se rappeler ce qu’on a pu faire, pour ne pas voir que le négatif et ce qu’on n’arrive pas à faire. C’est ma grande spécialité… alors en lisant le post de Marie qui parlait du défi « 53 billets en 2015 » créé par Agoaye et le thème m’a donné envie. « Mes plus grandes victoires » 

* j’étais destinée à vivre dans l’anorexie chronique, vu le nombre d’années passées dedans, peu de soignants pensaient que je m’en sortirais un jour. Cà fait 4 ans et demi que sur mon dossier est inscrit le mot « guérison » et il figure aussi sur tous les dossiers que je suis amenée à envoyer à la mdph ou à la sécurité sociale quand il faut faire mon bilan médical. 

* j’ai pris 13 kgs, autant acceptés par mon corps que par ma tête, ce qui était quand même le plus important, sinon çà ne servait à rien.

* je me surprends à aimer mes petites formes, à aimer les ressentir à travers mes vêtements quand je bouge et que mon popotin remplit enfin tous mes pantalons

* malgré l’anorexie, la dépression et le trouble borderline, j’ai un bac + 2. Je me suis battue même l’estomac vide, pour accéder à ce que je voulais faire.

* par rapport à mon trouble, il est difficile de tisser des liens sociaux et surtout de les conserver, on a plutôt tendance à un grand manque de stabilité, pourtant, je suis bien là, à parler depuis des années à certaines personnes et autour de moi, même si j’ai fait un grand ménage ces temps-çi (et ce n’est pas mon trouble qui l’a entraîné…..), il y a 2 personnes qui sont là depuis 8 et 5 ans. Un record borderline… 

* j’essaie d’être la meilleure tatie possible avec mes deux ptites nièces qui comptent tant pour moi et mes liens avec toute ma famille se sont encore plus resserrés, remplis de solidarité et tous les 6 sont ma force la plus immense.

* je tente de mettre en place l’un de mes plus grands projets (il n’est jamais assez bien écrit, c’est pour çà qu’on n’en voit pas la couleur, mais il est là).

* j’ai déménagé à l’autre bout de la France, loin de toute ma famille et tout reconstruit, alors que j’étais en pleine anorexie et qu’à l’époque, pour beaucoup (tout le monde en gros) c’était un projet trop fou, qui aurait pu mettre ma santé encore plus en danger, mais je me suis adaptée à ma vie marseillaise et çà fait 9 ans et demi que je suis là. 

* je me lance des défis physiques alors que je ne suis pas forcément en forme pour les faire, mais dont j’ai besoin pour mettre du sel dans mes journée très chaotiques et très noires, il faut bien le dire…

* je fais tout pour retrouver une vie professionnelle alors que beaucoup de portes se ferment et que certains statuts ne me sont pas autorisés à cause de l’invalidité, ce qui limite bien des choses…

* j’ai réussi à faire confiance à des hommes dans ma vie privée, malgré une agression et abus sexuels, à 4 ans d’écart. 

* je me suis lancée dans l’aventure asmr, sur youtube, pour essayer d’apporter un peu d’apaisement aux autres et partager

* et ma plus grande victoire est simplement de vivre…. 

 

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Des combats qui me touchent

A toi que je ne porterai jamais

Crédit photo : Pinterest http://jessicacernat.com/

« Un moment que j’ai envie de t’adresser cette lettre, les mots tournent dans ma tête, mais j’ai besoin de les cracher maintenant. Peut-être que j’ai fini par accepter, que je suis prête à faire ce deuil là, je ne sais pas. Ou peut-être que je suis juste triste de devoir t’adresser cette lettre que tu ne pourras jamais lire. Parce que tu ne naîtras jamais. Parce que je n’aurai pas pu te porter, tout simplement.

Je t’aurais appelé mon ptit poussin tant que je n’aurais su ni ton sexe, ni ton prénom. Si tu savais le nombre de fois où j’ai regardé mon ventre dans le miroir, posé mes mains dessus, comme je l’aurais fait si tu avais investi les lieux pour de vrai. Je t’aurais toujours protégé de mes mains douces et chaudes. Je t’aurais lu plein de choses pour t’habituer à entendre ma voix et qui sait te faire aimer la lecture autant que moi. Je t’aurais fait écouter toutes les musiques du monde. Je t’aurais câliné à travers la paroi bien hermétique de mon ventre, écouté tes premiers mouvements taper en moi. Je sais que beaucoup de choses seraient passées entre la vie extérieure et ta bulle de liquide amniotique. Ton papa t’aurait aimé autant que moi, je le sais aussi, parce que je l’aurais choisi pour çà et on t’aurait attendu tous les deux en comptant les mois, les semaines puis enfin les jours, voire les heures. J’ai imaginé des milliers de fois ta présence en moi, te sentir grandir, voir mon ventre s’arrondir de ses jolis formes que j’aime tant voir et puis arriver, coupant ce lien unique entre toi et moi. Dans mes pensées, il y a beaucoup d’amour entre toi, moi et ton papa. Des rires à n’en plus finir. Des jeux de toutes sortes. Des câlins pour sentir la chaleur de ton ptit corps contre le mien. Il y aurait eu des pleurs, parce que c’est la vie, mais je t’aurais protégé du mieux que je pouvais tout en apprenant à te laisser voler de tes ptites ailes au fil du temps, pour que tu sois fort pour affronter la vie, tout en sachant que moi et ton papa serions toujours là pour toi pour panser tes blessures et adoucir les chagrins. 

J’ai tant rêvé de tes jolis dessins gribouillages, de tes premiers mots, de tes premiers pas, de tes premières fois tout court, de ton premier « je t’aime maman », « je t’aime papa ». De ce lien qui nous aurait maintenu durant 9 mois. Lien incassable, bien accroché. J’aurais respiré, mangé, bu pour toi. Je me connais, j’aurais été inquiète au moindre changement, quitte à ne pas dormir pour surveiller si tu allais bien. J’aurais flotté dans des robes légères montrant mon joli ventre, j’aurais tournoyé avec, de joie et de bonheur.

Je me suis tellement battue dans l’espoir de te porter un jour, si tu savais. Tu m’as aidée à me dire qu’il fallait que je sorte de l’anorexie. Mais la chronicité s’est installée, je ne l’ai pas fait exprès, c’est une maladie tu sais et puis j’ai besoin de beaucoup de médicaments depuis longtemps. Tout a cassé l’endroit qui t’était destiné et je m’en veux. Et surtout plus que tout, tu me manques. Tu manques à ma vie mon ptit poussin. Tu aurais eu des ptites cousines que j’adore moi, mais qui ne te remplaceront jamais, même si l’amour que je voulais te donner, je le leur donne, mais ce ne sera jamais pareil. 

Un jour, le médecin m’a parlé de stérilité, j’ai eu peur. On m’a donné un médicament pour provoquer ce qui permet de porter des ptits poussins, mais j’ai fait une hémorragie et un autre médecin a préféré tout arrêter. J’étais affaiblie par mon poids, il ne fallait pas que je perde trop de sang en plus, il valait mieux laisser tranquille mon corps qui ne saignait plus seul. « Elles reviendront quand çà ira mieux », mais au fil des années, j’ai fait des dégâts et plus rien n’a jamais été pareil. La machine à faire des ptits poussins est cassée pour de bon. J’ai l’impression que sans toi, on a supprimé la plus belle chose qui pouvait me rendre heureuse, il manque une partie de moi, il y a un vide qui ne sera jamais comblé. Maintenant je touche mon ventre, en le tordant, parfois, parce qu’il me fait très mal déjà, parce qu’entre lui et moi, c’est dur, il ne me fait pas de cadeau même s’il ne fait pas son travail chaque mois. Parfois, je le touche pliée en deux d’une autre douleur, celle du coeur, de mes tripes et de ma tête, je pleure de ce vide que je ressens. Je suis à un âge où je connais beaucoup de monde qui ont des enfants maintenant. La pire question qu’on puisse me demander c’est « pourquoi vous n’avez pas d’enfant ?? », j’ai envie d’être violente parfois, tu sais. Mais j’essaie de rester gentille et réponds juste que c’est comme çà et quand on insiste, je finis par hurler intérieurement déjà mais tout aussi gentiment, je réponds que je ne peux pas porter mon ptit poussin tant attendu pendant toutes ces années. Mon corps est éteint et n’a plus l’énergie pour réparer ce que j’ai cassé, même si je me suis battue pour çà. C’était un combat vain. Il est devenu vieux avant l’âge normal et tout se finit, à part les douleurs comme pour me rappeler que mes organes sont encore bien là et à chaque coup dans mes ovaires, je me souviens que c’était comme si j’avais mal pour rien finalement. Je vais te laisser mon petit poussin, je pleure de ton manque, le jour où on m’a expliqué qu’il fallait faire le deuil de toi, je ne suis plus pareille, j’ai bien moins l’envie de me battre. Tu étais la raison de mes combats. Je n’aurais peut-être pas été une bonne maman, mais par contre, je sais à quel point je t’aurais aimé. Je t’aime, toi que je ne porterai jamais »…

Une lettre qui me sert d’exutoire pour faire sortir tout ce que je ressens en moi. Une mise en garde sur les conséquences de l’anorexie aussi, surtout quand on tombe dans la chronicité. Les dégâts sont irréversibles. Quand je me suis battue pour me tirer de cet enfer, je sauvais mon coeur qui souffrait de la dénutrition, mais c’était aussi dans l’espoir d’en entendre battre un autre, en moi… Et puis je ne supporte pas d’entendre des femmes qui mènent une belle grossesse dire qu’elles ont marre ou faire un pavé sur leur déception d’avoir une fille au lieu d’un garçon… Pensez à celles qui n’auront jamais le droit de dire qu’elles en ont marre les derniers mois, parce que c’est pour la bonne cause que vous souffrez. Et puis, un garçon ou une fille, est-ce que ce n’est pas le fait qu’il soit en bonne santé qui compte avant tout ? Je suis quelqu’un qui n’est pas contre l’avortement, parce que j’ai souvent imaginé qu’au moment où on a profité de moi, j’aurais pu tomber enceinte et je ne suis pas sûre d’avoir eu le courage de garder le fruit d’un abus. Mais c’est un autre débat. 

Combien de femmes sont dans mon cas et donneraient cher pour souffrir pour mettre au monde un ptit bout de chou, merci de le respecter çà, juste… 

Des combats qui me touchent

10 ans après mes 1ers pas pour me sortir de l’anorexie

« on s’était dit rv dans 10 ans… »

Un 6 septembre, je suis arrivée le coeur lourd, à Marseille. Je n’y venais pas en vacances, le psy m’avait envoyée en cure dans un établissement psychiatrique pour changer d’air. J’avais accepté, parce que je me voyais décliner, rien ne bougeait suffisamment et j’espérais que 3 semaines, bien surveillée dans un milieu qui me faisait peur pourtant, arriveraient à faire partir définitivement mes démons (quand on souffre, on croit parfois encore au Père-Noël, même à 26 ans :p ). 1ère fois que je partais si loin de ma famille, 800kms nous avaient séparés en un coup de train, mais aussi 1ère fois, où les soins allaient si intenses pour me sortir de ce cercle vicieux. Je ne me rappelle pas si j’ai déjà parlé de l’endroit où j’ai débarqué, donc pour éviter de me répéter au cas où…, je vais juste dire que je n’étais pas du tout au bon endroit… j’ai passé un w-e plus que cahotique et le lundi, le psy de cet endroit là, me faisait transférer dans une clinique où il travaillait aussi. Je ne parlerai pas non plus de cet endroit, parce que je suis en train de le faire dans mon livre et c’est loin d’être facile, de creuser tout çà pour en ressortir le meilleur mais aussi le pire.

Durant ces 10 ans, j’ai passé presque 2 ans et demi en milieu psy, que ce soit en clinique ou en service psy un peu plus raide. Mais qu’est ce qu’il reste de moi après 10 ans finalement…

J’ai gagné ce fameux combat contre l’anorexie, même si la fibro semble être une suite presque logique, parce que je n’aurais pas pu en sortir indemne, mon cerveau a choisi le moins grave sûrement psychologiquement. Je n’ai plus de crainte à avoir de mourir un jour de faim, mais j’ai récolté une zone douleur hyperactive. Mon mal-être s’est déplacé en gros. Il m’arrive de ne plus savoir ce qui est le pire à vivre pour moi, malgré tout, j’avoue… J’ai vécu 4 ans avec les 2. Fibro et anorexie se cotoyaient, peut-être que la fibro était là pour me dire, durant un laps de temps « allez Delph !! si tu manges, tu auras moins mal, vas y, bats toi et sépare toi de celle que tu penses être ton amie, alors qu’elle est ta pire ennemie et tu iras mieux physiquement, allez allez allez !!!!!!! » et c’est vrai que çà m’a fait bouger davantage, mais quand j’ai commencé à avouer que j’avais des douleurs un peu partout dans mon corps et que la moitié de mon corps ne bougeait plus de la même façon et que j’ai demandé à la psy « c’est normal que la prise de poids me provoque des douleurs aussi fortes ?? ». Elle tombait des nues, je n’avais rien dit et lui déballais 2 ans après les 1ers symptômes que j’avais mal… Je croyais que c’était l’anorexie qui me provoquait, ce qui était logique dans ma tête, malgré le fait que je ne sois plus tout à fait les pieds sur terre, mais j’arrivais encore à le concevoir, et finalement combien de fois, j’ai entendu « çà ira mieux quand tu auras repris du poids », quand j’osais l’évoquer ce corps qui me faisait si mal, alors à quoi bon le dire…

En 10 ans, j’ai eu beaucoup de périodes très basses, 2 ts, des amis morts de leurs psychoses, des plus belles périodes, une autre vie que j’ai voulu me construire ici dans cette ville où quelque part on m’a redonné vie. Je suis admirative des personnes qui disent qu’elles se sont sorties des troubles du comportement alimentaire, seules. C’est loin d’être mon cas. Il y a eu toute une équipe médicale derrière moi durant des années et sans elle, mélangée à mes proches et ami(e)s, je n’aurais pas pu, j’étais coriace à convaincre et il a fallu qu’on me répète plusieurs fois les choses pour que je puisse les intégrer. Le manque de confiance est ce qui est le plus dur à récupérer. Se donner une image positive aussi. Et puis s’aimer, tout court. Ne plus avoir envie de mourir parce que malgré 37kgs, je continuais à me voir énorme. C’est la photothérapie qui a renvoyé ma véritable image dans le miroir et le jour où j’ai réalisé le vrai corps que j’avais, un ptit tilt a eu lieu, mais c’était loin d’être un déclic, comme beaucoup en parlent. Il a fallu des mois pour que j’arrive à « me voir ». Si je pense aux personnes qui ont apporté leur pierre à l’édifice de mon combat, je peux compter un ergothérapeute en or qui m’a énormément apporté et qui m’a fait dépasser mes limites au-delà de ce que je me doutais pouvoir faire un jour, de ce corps. J’ai appris à avoir un contact physique avec les gens, sans en avoir peur. Je n’ai rien oublié des exercices qu’il m’a fait faire, il savait très bien cibler mes difficultés, sans que j’aie besoin de lui en parler. J’avais 27 ans, quand j’ai vraiment supporté que quelqu’un me serre dans ses bras et que je m’y sente bien, sans trouver çà bizarre. Moi la pudique, froide comme un glaçon… Maintenant, dès que je peux, je suis un pot de colle ambulant, c’est dire à quel point on peut changer des choses en soi, si on tombe sur des personnes qui nous montrent la direction. Il y a eu 3 psychologues qui ont mis leur grain de sel. 3 psychiatres, dont la dernière qui me suit encore, en thérapie de soutien, mais chacun m’a ouvert des portes vers la vie en tout cas. Des infirmières psy avec lesquelles j’ai pu parler et vider mon sac. Cà en fait du monde pour un malheureux combat contre la faim… Il m’a fallu tout çà pour me remettre sur pattes et prête à manger. Des personnes qui m’ont suivies une grande partie de ces 10 ans.

Il y a 10 ans, je n’imaginais pas vivre à Marseille, çà aussi, c’était un périple, tout le monde me mettait en garde, çà fait 9 ans que j’ai fait le pas et pour l’instant, je m’y tiens. Des amis sont venus se greffer à cette nouvelle vie, j’en ai perdu à cause de la fibro, parce qu’on ne comprenait pas certaines choses, je me dis que c’est tant pis. Pour eux. Je donnais ce que j’avais à donner, bien réduit, oui, c’est sûr… mais j’essaie de faire de mon mieux et la 1ère qui subis, c’est moi. Au quotidien. Alors, les pertes en amitié, j’en suis revenue…

La fibro m’aide aussi dans ma lutte contre mon trouble borderline. Quand je sens une pulsion arriver, un besoin de me cogner un bon coup, avec mon poing et la force que je peux dégager dans ce genre de moments, mon bras droit ne fonctionne pas, il est là, mais le fait que j’aie perdu de ma mobilité m’empêche de le faire et le bras gauche ne me soulage pas autant… il m’arrive de me dire que mon cerveau a peut-être modifié cette fameuse mobilité pour me protéger ?… Cà arrive que je perde le contrôle de moi-même, malgré tout, les migraines me rappellent que je souffre déjà bien assez au niveau de la tête sans rajouter des bosses… pareil, présentes, comme une protection pour ne pas me démolir. Les coupures sont là par moments quand les angoisses, le stress sont aussi plus forts et que je ne gère rien. A part « çà »… ma drogue pour ne pas faire péter tous les câbles qui restent…

Suis-je heureuse après ces 10 ans de combat… oui dans des choses simples et le bonheur pour moi n’est pas un truc immense, il est au quotidien, à travers des trucs parfois bien ridicules, mais que les personnes qui cherchent le Bonheur avec un grand B ne voient pas, tellement elles sont attentives à l’attendre. J’aime la vie autant que je peux avoir envie de la fuir. Je suis soit dans le blanc ou le noir, pareil. Avec quelques couleurs. Pastel, les couleurs, faut pas exagérer hein :-s 🙂 Mon corps et mon âme s’entremêlent sans arrêt et je me dis qu’un jour, les deux rassemblés vont me rendre folle. Dans le sens littéral du mot, même si je n’aime pas l’utiliser. Jusqu’où peut t-on supporter certaines choses… Le corps qui hurle, la tête qui a un tambour permanent en fond, les migraines qui se rajoutent et s’activent depuis 2 mois environ. Je ne réponds pas au traitement en plus. Le neurologue a doublé le traitement de fond pour voir, le triptan a été changé et il veut que je passe un scanner pour voir s’il n’y a rien. Dans ce joyeux bordel, il ne manquait plus que d’être migraineuse au point de ne plus pouvoir bouger, tiens et d’avoir envie de vomir à tout bout de champ. 

Il y a la vie au milieu. Moi. Et l’autre chose, sombre qui me traverse l’esprit très souvent. Trop souvent, parce que c’est aussi une lutte. Pour résumer, depuis ces 10 ans, je me bats soit pour vivre, soit pour survivre au moins un peu, et je profite de tout ce qui est bon à prendre pour m’y aider et tout ce que j’arrive à faire, c’est comme si je le vivais en double dose, pour les fois où çà ne m’est pas autorisé. C’est ma vie, celle que je n’aurai pas en 3 exemplaires… Je l’estime gâchée parfois, puis souvent, je me dis que j’ai la chance de pouvoir être autonome encore, même très au ralenti. Est-ce que je serais la même sans ces 10 années à lutter… Est-ce que je verrais le bonheur là où d’autres en sont incapables… Est-ce que de voir certaines choses, n’a pas changé ma vision de la vie sur bien des thèmes dont j’aurais préféré ne jamais connaître le côté obscur… 

Est-ce que je serais encore en vie s’il n’y avait pas eu tout çà durant ces 10 ans, tout simplement…. 

A toutes celles qui arrivent sur mon blog, en tapant des mots-clés en relation avec l’anorexie, ne perdez pas espoir. Si j’écris cet article aujourd’hui, ce n’est pas juste parce que çà fait 10 ans que j’ai vraiment tenté de m’en sortir pour de bon. Cà fait aussi 4 ans ce mois-çi que la psy a pu écrire sur mon dossier « guérison complète ». Je me sens libre de ce côté là et rien ni personne ne pourra me supprimer au moins la liberté de manger comme la plupart des gens 🙂

 

Des combats qui me touchent

Où j’en suis… Bilan…

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Entre douCeur et douLeur…

Youhou 🙂

On me demande souvent comment je vais en mp soit sur facebook, soit par mail, alors en voilà un petit bilan, du plus positif au plus négatif… :

* Côté anorexie : rien à signaler, pas de rechute (à un certain moment de ma vie, vu le climat ambiant du moment de ma trombine, j’aurais pu retomber dedans, donc c’est un signe encore plus positif… mon combat s’est renforcé et je le ressens), j’ai toujours mes 10kgs de plus, je mange normalement même si je dois fractionner mes repas, parce que mon appareil digestif ne fonctionne pas bien (je vais éviter de développer le sujet…) Bref, j’ai bousillé la machine, mais je fais avec, j’adapte. Quand je suis chez moi c’est très simple. Je n’ai plus de problèmes pour manger devant quelqu’un et çà s’est encore amélioré. Quant à mon corps, je me pèse pour surveiller 1 x par semaine s’il n’y a pas de changement. Je l’accepte comme il est, comme je l’ai souvent dit dans mes articles où je parlais d’anorexie : je n’aurai qu’un corps dans ma vie et ne passerai plus mon existence à l’examiner sous toutes les coutures. Il n’est pas parfait et ne le sera jamais et j’en ai rien à foutre. C’est mon corps, il fait partie de ma vie et j’ai bien réintégré le corps avec l’esprit. Il a fallu des années de soins, d’hospitalisation, de thérapie, mais je ne regrette pas cet acharnement quand je vois les résultats.

J’ai aussi cassé la machine « appareil génital ». Des maux de ventre constamment, des ovaires qui à 35 ans sont déjà fatigués de travailler et qui ne fonctionneront pas normalement… en faire un deuil est sûrement plus simple qu’espérer ce qui ne serait jamais arrivé. J’ai fini par me résigner, je ne serai jamais maman, c’est comme çà. Je serai juste une tatie. Tout autant aimante même de loin (mes parents m’ont appelé le lundi de Pâques, ils le fêtaient en famille et mon frère dit à ma ptite nénette « tu viens dire quelque chose à tatie ? », je l’entends arriver, au bout du fil sans rien dire, je lui dis « coucou ma ptite nénette, tu as ramassé les chocolats dans les nids ? ». Je ne sais pas si elle a reconnu ma voix à ce moment là ou si c’était le fait que mon frère m’ait appelée tatie avant, mais d’un coup, je l’ai entendue crier « tatie ! tatie ! » j’en avais les larmes aux yeux…)

* Côté livre : il attend sagement que je le peaufine, je n’ai pas eu le coeur à le reprendre. Mon moral fragile n’était pas en mesure de retravailler beaucoup de passages. Mais il est là et j’espère qu’il sera disponible début mai.

* Côté amitié : des disparitions, des consolidations, des énervements, de l’incompréhension de chaque côté, des coups de gueule, de la douceur, des câlins, de l’écoute, des présences. Peu de sorties mais j’ai savouré les rares que j’ai faites.

* Côté sentimental : je ferai un article sur le sujet… un moment que j’ai envie de dire certaines choses, mais c’est compliqué, on entre dans mon intimité, mais je ne pense pas être la seule à rencontrer les difficultés dont je parlerai, alors si çà peut aider, je me mettrai à nue (c’est le cas de le dire…)

* Côté travail : des recherches qui tournent en rond, compliquées à gérer. Je ne parle à personne autour de moi de ce que j’entreprends, parce que je n’ai pas envie qu’on me dise tout le temps « alors tu as eu des nouvelles ? qu’est ce çà donne ? » en sachant que je ne peux pas être assidue comme je le voudrais. Une chose est sûre, c’est que je perds confiance en moi dans le domaine. Je me sens merdique et me dévalorise. On se préoccupe davantage de ma santé que de mes capacités et çà joue sur mon moral et me fait douter de moi du coup, sur l’essentiel. Ce que je vaux.

* Côté fibro : le temps n’aidant pas, je suis en miettes. Je suis en crise 4 jours, j’ai 2 jours de répit, puis repars en crise pendant 6 jours et ainsi de suite, mais malgré tout, je n’ai pas envie que çà joue sur le point précédent, du coup, je me mets la pression et j’avoue que l’avenir me fait peur. L’invalidité ne m’aide pas à être rassurée… Je pense que vous avez remarqué que je ne fais jamais référence au côté financier lié à mes problèmes de santé… je n’y tiens pas, tout simplement. C’est sans doute le seul tabou que j’aurai et qu’il ne faudra jamais aborder avec moi… C’est le parcours du combattant pour faire reconnaître nos droits et j’ai tellement galéré que je n’ai plus le courage d’en faire ne serait-ce que l’allusion, maintenant que certaines choses sont à peu près résolues… J’ai la chance d’être au chaud, dans un immeuble qui me permet de mieux circuler que dans le précédent. Plus pratique à bien des niveaux grâce à l’ascenseur et à des choses adaptées dans le studio en lui-même et surtout je suis au chaud (j’ai passé 6 ans dans un studio dont les fenêtres n’avaient aucune étanchéité et où la chaudière tombait 1 semaine sur 2 en panne. Les hivers étaient rudes purée…), plus proche des commodités. Et ce pour le même loyer qu’avant, c’est çà le pire… C’est ma chance et chaque jour, je suis contente d’avoir au moins çà pour moi… Je vis sans grands besoins finalement, j’arrive à me faire plaisir avec des choses simples de temps en temps et surtout d’alimenter ma vie de relations humaines plutôt que de matériel. Voilà c’est tout ce dont on saura de moi de ce côté là…

La fibro, elle, est costaud… Ma motricité côté membres inférieurs s’est réduite et je deviens raide plus vite qu’avant. Ma béquille accompagne mes trajets un peu plus longs. Je pense que le froid y est pour beaucoup. Je ne peux pas sortir chaque jour comme je devrais et le ressens. J’ai vu la neurologue mi-mars. Je poursuis le protocole à la Timone. J’en suis à la 2ème étape, celle de la gestion de la douleur. Pendant 2 mois à raison d’une matinée par semaine, je suivrai des ateliers pour gérer la douleur à travers différents exercices, destinés à tenter de faire descendre la douleur (à l’heure actuelle, je suis constamment à 7-8 / 10 et traine souvent vers les 10 pendant les crises (nombreuses…)

La 3ème étape sera l’envoi de petites décharges électriques, d’ici la rentrée je pense. La stimulation magnétique transcrânienne. On ne me le fait pas tout de suite, parce qu’il faut que je sois dans les meilleures conditions physiques et mentales pour en tirer le maximum de bénéfices. Je n’ai plus d’appréhension sur l’envoi du courant. Il passera dans mon cerveau sans que je le sente. C’est comme un électroencéphalogramme, il y a des électrodes à des points bien précis qu’ils enfilent à travers un super bonnet troué pour les endroits qu’ils veulent traiter. Chez moi, ils viseront la zone douleur, mais aussi l’hémisphère gauche pour espérer agir sur mon hémicorps droit. Moi qui ai toujours eu peur qu’on touche aux zones de mon cerveau, là je leur laisse le champ libre, ils peuvent stimuler la zone qui fonctionne mal autant qu’ils veulent, quitte à me griller des neurones, à m’envoyer tout ce qu’ils veulent, je m’en fous, tant que je peux être soulagée…. Il faudrait que je sois perfusée de nouveau 24h/24 pendant 1 semaine avec la kétamine, c’est le moment de la cure, mais la dernière ne m’a rien fait, à part me donner des nausées et des vertiges parce qu’ils avaient augmenté la dose et que mon organisme a été davantage épuisé que soulagé…

* Côté trouble B (on va l’appeler comme çà maintenant…) : très peu de haut, beaucoup de trop bas. La psy a voulu me faire hospitaliser pour essayer de me restabiliser et me permettre d’être surveillée et sécurisée aussi… Beaucoup d’automutilations et d’idées suicidaires (faut appeler un chat, un chat…). J’ai promis d’appeler pour qu’elle me fasse entrer en urgence si je me sentais incapable de lutter seule ou d’aller aux urgences psy si c’était la nuit. 

Voilà en gros, très gros… j’en ai déjà trop dit… en résumé, c’est pas la forme physique et morale, je m’accroche comme je peux. Mais au milieu de tout, je m’épuise… Au milieu de l’épuisement, je prends toute l’amitié qu’on peut me donner. J’ai passé un jour de Pâques inoubliable. Des soirées théâtre où j’ai ri et soirée jeux avec le meilleur ami. Un coucou qu’il me fait dans la semaine, où je vole toute la douceur possible, où je pleure à chaudes larmes contre lui quand je suis à bout de tout. On sourit malgré tout. On essaie de vivre tant bien que mal. On prend la vie telle qu’elle est avec ces injustices qu’on perçoit et les joies qu’elle procure. On vit tout simplement…. parfois bien difficilement… parfois on a envie de la quitter pour un monde où le mot souffrance n’existe plus… mais on pense aux personnes qui nous aiment et on continue… on ne sait jamais jusqu’à quand, mais peu importe le délai… 

Pas très gai tout çà. Concentrez vous sur le côté anorexie, livre et amitié. C’est la meilleure partie qui existe en moi… Celle qu’il faut garder en mémoire…