Le coin lecture

Face à Delphine de Vigan

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La bibliothèque l’Alcazar à Marseille avait organisé une rencontre avec Delphine de Vigan pour parler de son dernier livre « D’après une histoire vraie ». Un livre que j’avais beaucoup apprécié parce que justement, jusqu’au bout, je n’ai pas su dire où était la part de réalité et celle de fiction dans ce qu’elle écrivait. Ce qui donnait une magnifique dimension à son livre et ce qui a fait son succès aussi. L’anecdote la plus belle qu’elle ait racontée est celle d’une lectrice toulousaine, qui lui avait dit qu’elle n’aimait pas les livres de fiction, qu’elle ne lisait que des histoires vécues, des biographies. Elle avait demandé conseil à son libraire qui lui avait mis entre les mains « D’après une histoire vraie ». Vu le titre, cela ne pouvait que plaire à la lectrice du coup. Elle a commencé sa lecture puis au fil des pages, elle a commencé à douter de la véracité de certains faits et a compris que le livre mêlait réalité et fiction, mais a pourtant continué de le lire et au moment des dédicaces, elle a dit à Delphine de Vigan qu’elle l’avait réconciliée avec la fiction.

J’ai trouvé ça si touchant, parce que je me suis demandé quel auteur était capable de faire aimer un genre de livres à une personne alors qu’elle ne l’aime pas. Je ne lis jamais de livres de science-fiction parce que jamais accroché à ce style d’écriture et l’auteur qui pourrait me faire changer d’avis n’est apparemment pas né 🙂 Du coup c’est magique quand c’est possible d’y parvenir.

Pendant 1h, elle a aussi évoqué « Rien ne s’oppose à la nuit » qui a donné naissance à « D’après une histoire vraie ». Pour moi l’un n’ira jamais sans l’autre de toute façon, c’est une suite évidente où elle nous mène en bateau et par le bout du nez. Pendant tout ce temps, je crois que j’ai été émue. De ses mots, de ses anecdotes, elle est tellement pudique que finalement on ne sait pas grand chose d’elle (wikipédia n’est pas bien bavard à son sujet par exemple), qu’à chaque révélation, c’est comme soulever un peu des parts de mystère de ce qu’elle représente en tant que femme et auteure, pour la découvrir un peu davantage.

Et surtout sans doute espérer découvrir où se cache le vrai et le faux de ce livre qui m’aura fait tourner en bourrique du début à la fin. Elle préfère laisser à chaque lecteur sa propre interprétation. Et j’ai réalisé après qu’elle l’ait dit que ce serait effectivement dommage de savoir où se cachent les faits réels et ceux qui sont fictifs. Ca détruirait une partie de la magie. Seuls certains de ses proches la connaissent si bien qu’ils savent la partie rendu réelle. Pareil ça m’a touchée, parce que je me suis dit qu’il fallait la connaître entièrement et en profondeur pour connaître ses vraies émotions déposées sur le papier, les faits et savoir ce qu’elle possède au plus profond d’elle-même suite à tout ce qui a pu se passer après la parution de « Rien ne s’oppose à la nuit ». 

Le moment des dédicaces est arrivé et plus je voyais la file d’attente diminuer, plus j’avais le coeur qui battait la chamade. Il n’y a qu’un livre que je n’ai pas lu d’elle, parce que je ne savais pas que l’adaptation ciné venait de son livre (No et moi) et autant je regarde les films après avoir lu les livres, autant je n’aime pas faire le contraire, surtout que je n’avais pas vraiment accroché à celui-çi. 

J’étais avec une de mes amies les plus proches et une de ses amies que je voyais pour la première fois (c’était la journée des belles rencontres 🙂 ). Et c’était sympa de partager ce moment toutes les trois déjà et Delphine de Vigan, avant de la connaître à travers tous ses livres, je l’ai connue sous le pseudonyme Lou Delvig avec « Jours sans faim », où à travers le personnage de Laure, elle raconte son propre combat contre l’anorexie. Et j’avais besoin de la remercier de m’avoir accompagnée avec ce 1er livre, que je lisais dès que j’avais un coup de mou ou que je me sentais seule parce qu’elle me donnait espoir de voir le bout du tunnel même si elle était partie de très bas. Et de mon côté, je commençais à découvrir le monde psychiatrique et quelque part, ça me rassurait de savoir qu’elle était passée par ce qui m’attendrait quelques mois, quelques années plus tard. 

Elle est attentive à ce qu’on lui dit, prend le temps d’échanger et moi qui lui avais dit que j’étais toute intimidée, j’ai senti que j’aurais pourtant pu parler avec elle durant des heures. Avant cette rencontre, je la trouvais fascinante, touchante, émouvante, mystérieuse mais pourtant accessible, se confiant avec simplicité, naturel et pourtant avec tant de pudeur. Et le fait de la voir, de l’écouter, d’échanger quelques mots ne m’a que confortée dans ce que je percevais d’elle. L’image que j’avais d’elle était bien réelle, elle n’était pas fictive du tout, contrairement à ce livre qui a fait un tabac 🙂 (mérité)

Elle a été un peu la confidente sourde et muette de l’anorexie qui me rongeait. Et je crois qu’on n’oublie pas les personnes qui ont fait partie de ce combat même si c’est très indirectement, comme c’était son cas. Elle ne savait pas qu’une autre Delphine pleurait sur son livre très souvent, parce qu’elle était perdue face à ce qui la faisait mourir à petit feu. Elle a réussi à faire aimer la fiction à une lectrice. Elle a su en 2001 me dire à travers « Jours sans faim » qu’on pouvait aller mieux côté anorexie et voir le bout du tunnel.

Et de votre côté, connaissez-vous Delphine de Vigan et quels livres avez-vous lus et lesquels vous ont le plus marqué ?

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13 commentaires sur “Face à Delphine de Vigan

    1. Très belle personne oui, à la hauteur de ce qu’elle écrit 🙂 Je te souhaite de la rencontrer un jour pour pouvoir mettre un visage, une voix, une attitude sur ses livres 😉 Bon w-e, des bisous

    1. Merci ma belle, ça me fait tellement plaisir quand je lis que j’ai pu donner envie de la lire ou la relire 🙂 tu me diras ce que tu en as pensé quand tu les auras lus ^^ (du coup il vaut mieux commencer par « rien ne s’oppose à la nuit », pour comprendre un peu les raisons qui lui ont faites écrire « d’après une histoire vraie ») De gs bisous et un bon w-e j’espère

  1. Ca a dû être une rencontre magique Delphine! Quelle chance!
    J’ai l’impression que c’est une personne vraie en effet. Ma mère est une de ses grandes admiratrices. Pour ma part, j’ai lu No et Moi en anglais à une époque où je n’avais jamais entendue parler de Delphine de Vigan. J’ai accroché directement. Quelques uns de ces livres attendent à la maison, je crois que je vais m’y mettre.
    Merci ma belle pour le partage de cette belle rencontre avec nous.
    Je t’embrasse fort, très fort.

    1. Oui et c’est dans ces moments là que je regrette d’être si timide, j’aurais aimé lui poser tellement de questions, lui dire encore plein de choses, mais arrivée devant elle, c’était un peu le blanc ^^ Au moment de donner mon prénom, je lui ai dit « c’est la 1ère fois que je suis contente de dire mon prénom », elle a pris le temps de papoter sur notre prénom, elle qui l’aimait bien, moi qui ne l’aimais pas lol bref, ça fait un peu bizarre en plein milieu d’une dédicace, surtout quand il y a du monde derrière. Vraie est le mot oui. Elle parlait de ses journaux intimes qu’elle avait depuis plus d’une décennie et elle racontait qu’elle hésite à s’en débarrasser, elle a même prévenu ses proches que si un jour il lui arrivait quelque chose, il faudrait les faire disparaître avant qu’ils ne tombent entre des mains mal intentionnées qui en profiteraient pour faire un livre pour le coup. Elle qui est déjà mystérieuse, on peut se demander ce qu’il y a dans ses journaux pour qu’elle ait tellement peur ou pas envie qu’on tombe dessus 🙂 Un jour, tu seras assise à sa place ma Marie 😉 Je radote, mais suis fière de toi. J’ai commandé ton 2ème bb tout à l’heure, avant qu’il n’y en ait plus hihi ❤ il me tarde de l'avoir entre les mains. De gs bisous pour toi et ptit escargot, fais lui un gros câlin pour moi. Bon w-e

      1. Toi tu es une fille formidable, une personne comme il en existe peu et chaque jour que Dieu fait je le remercie pour cette chance de t’avoir dans nos vies (je radote pas mal moi aussi!) .
        Je trouve que Delphine c’est un prénom plein de douceur et d’énergie!

  2. Tes mots sont très touchants, Delphine. J’avoue ne pas connaitre Delphine de Vigan mais tu m’as donné envie de découvrir son (ses) livre(s). J’imagine tout à fait ton émotion et ta joie à rencontrer quelqu’un qui a pu t’aider dans les épreuves que tu as traversé. Ce devait être un moment magique ! Je t’embrasse.

    1. Merci beaucoup pour tes mots, je suis contente que ça t’ait donné envie de la découvrir 🙂 J’espère que tu prendras autant de plaisir à la lire que moi. C’est toujours touchant, quand il y a des tas d’émotions qui sont reliées à la personne oui. C’était la 1ère fois que je me retrouvais devant une auteure en plus. Il y a toujours cette part d’admiration pour les personnes qui sont capables d’écrire aussi. Tout mélangé c’était magique effectivement. Passe un bon w-e, plein de bisous ❤

    1. J’ai voulu relire « Jours sans faim » quand j’étais remontée chez mes parents, parce qu’il était chez eux, mais il avait une autre dimension, tout en conservant la même émotion par contre, en le lisant. Mais je la sentais peut-être plus proche encore que ce que je percevais à l’époque. Quand on met un nom sur un visage, ça prend un autre sens

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