Combats qui me touchent

Ce qui pousse un jour à désirer s’envoler…

Source image : site futura santé

!!!!!! Attention au moral pas très bon et aux âmes sensibles, je ne vous en voudrai pas de ne pas lire cet article là ❤ J’ai besoin de tout cracher ce soir et me connaissant ce ne sera pas dans la dentelle que je le ferai, mais me rends compte que c’est le seul endroit où j’ai le droit de le faire… D’où le petit avertissement habituel, quand je n’écris pas quelque chose de pas bien gai, pour les personnes qui viennent de rejoindre mon univers (merci d’ailleurs surtout dans un tel moment….)

10 jours déjà sont passés depuis que j’ai fait ce geste, pour la 3ème fois. La gravité de la situation comparée aux autres 2 autres TS c’est que cette fois-çi tout était planifié. En fait, j’avais beau essayer de parler de tout et de rien, depuis mon anniversaire, j’allais de plus en plus mal. Les douleurs de l’hiver étaient trop dures à gérer, je ne voyais plus comment m’en sortir en ayant fait tous les protocoles possibles actuellement, me tourner vers qui et quoi, en sachant que je ne crois pas aux guérisseurs et autres charlatans qu’on a voulu me faire rencontrer (pourquoi tant de malades en souffrance si ces gens là existent ??……..) et beaucoup de médecines parallèles ne sont pas prises en charge. Une impasse qui durait depuis des mois. J’avais la sensation de perdre pieds à tous les niveaux. D’être réduite sur tous les plans à cause de cette mobilité de merde et ces douleurs.

En janvier, j’ai commencé à écrire des lettres à mes proches, au cas où je ne tiendrais pas le coup, parce que je me sentais prête à craquer à tout bout de champ. Un besoin de lâcher qui me hantait parfois de jour comme de nuit et puis par moments, les journées étaient plus calmes. Je sais maintenant que ces jours là, c’était seulement parce que je savais que d’ici peu, je serais enfin libérée. Mon blog m’a beaucoup maintenue, avec ma famille, c’était souvent mon seul lien avec l’extérieur, je vous lisais, commentais quand je pouvais et c’était mon oxygène…. jusqu’à ce que mon corps dise stop au bout d’1h parce que je devenais trop douloureuse de rester sur mon pc. Je sortais de moins en moins, de peur d’avoir un malaise comme c’était souvent le cas chez moi à cause de pics trop forts. Je m’isolais, avec la sensation de ne plus rien pouvoir apporter aux rares ami(e)s qui avaient pu rester dans ma vie, même si c’était loin d’être toujours bien rose. Entre protéger les êtres qu’on aime, mais ne pas se sentir protégée contre quoique se soit, çà peut provoquer un vide en soi. Et quand on va mal, on devient très vite négative sur l’image qu’on renvoie et je ne voulais pas la véhiculer, quitte à me sentir seule. Et puis souvent, juste répondre à un sms était hors de portée de mon cerveau qui semblait se décomposer. Certaines personnes ont compris mon silence, d’autres non, à l’heure actuelle, j’ai besoin de reconstruction et me fous bien de ce qu’on peut penser. J’essaie de me concentrer sur les personnes qui ont compris mon geste aussi, sans me sortir des phrases pas terribles il faut bien le dire. J’ai honte pour elles…. 

Et puis comme dans un état second, ce jeudi là, j’ai décidé que c’était la nuit là que je partirais. J’ai rangé le maximum de mes affaires, fini les lettres commencées en janvier, les ai imprimées, toujours comme si j’étais dédoublé en moi. Le soir, j’étais convaincue que ce serait la dernière fois que j’entendais mes parents. Les comprimés se sont alignés doucement sur la table. Tout était planifié. Jusqu’à la protection de ma Happy… celle que je vois comme la petite fille que je n’aurai jamais… S’il m’arrivait quoique se soit, qui s’en occuperait, quand on ne voit pas grand monde, on peut vite se dire que personne ne saurait qu’il est arrivé quelque chose et que j’ai entraîné ma minette avec moi, alors que c’était bien la dernière chose que je souhaitais. Cà aussi, m’a hanté, jusqu’au jour où j’avais trouvé un moyen. Je savais que mes 2 amis les plus proches avaient des doubles de mes clés et qu’ils pourraient entrer chez moi du coup, pour la récupérer… les premiers comprimés ont été avalés et j’ai vite été somnolente, je pensais à Happy, avec la peur de m’endormir trop vite. Alors j’ai suivi le plan tellement réfléchi… j’ai envoyé 2 sms où j’expliquais que je ne supportais plus de souffrir autant, mais qu’il fallait s’occuper de ma petite fille et ne pas la laisser seule… en pleine nuit, je me disais que mes amis dormaient et ne verraient que mes sms le matin. Trop tard en gros, pour moi mais pour ma Happy…. 😦 Qui comprenait que quelque chose n’allait pas, elle était agitée et miaulait en me regardant faire mon 2nd cocktail. J’ai senti que je m’endormais doucement, mais pas assez, alors j’en ai repris et je me suis enfin allongée. A la recherche du doux coton que j’avais ressenti la 2ème fois, quand mon coeur s’était arrêté à peine quelques secondes juste assez pour m’envoyer dans un monde tellement doux, où je ne souffrais plus, où je rejoignais les personnes qui me manquaient tant. Et j’avais ressenti des coups bizarres dans la poitrine, le coton avait disparu, tout était sombre comme des ténèbres sans fin et le froid m’avait envahi. 

Là je m’endormais, sentant mon corps se paralyser doucement, incapable de bouger, pourtant j’ai entendu les appels des pompiers qui ont fini par passer par mon balcon. Mes sms avaient été lus… j’avais foiré mon plan… 

Je suis restée 10h aux urgences générales avec des fils reliés à un EEG en permanence pour surveiller le coeur, un brassard qui prenait ma tension toutes les je ne sais combien de mns… on perd la notion de temps… surtout que je dormais…. et me réveillait quand on venait me stimuler en gros. Une perfusion coulait durant ces 10h. 

Puis on m’a sortie du box au bout de 8h et j’ai passé les 2h suivantes dans un autre endroit, en attendant que je sois transférée. Sauf que je ne savais pas qu’on me transférerait… du coup, entre mon corps douloureux, la solitude depuis le matin, mes nerfs ont fini par lâcher. On m’a expliqué que la dose était importante, que ce que j’avais pris n’était pas anodin et que je ne rentrerai pas chez moi ce soir là. 

J’ai fini par être transférée aux urgences psy, titubant et plus que sédatée encore. J’ai eu un entretien avec une infirmière qui m’a bien aidée heureusement… sans lunettes et sans portable, difficile de demander de l’aide. Personne n’avait prévenu mes parents en plus, du coup, c’est moi qui sédatée et n’ayant pas les idées bien claires a parlé que j’avais fait une ts, en pensant qu’ils étaient au courant… pff… 😦 L’infirmière et mes parents ont tout fait pour qu’on puisse trouver quelqu’un qui pouvait m’apporter des affaires.

J’avais vu la psy de garde entretemps qui a refusé la signature de la décharge et était prête à signer ce qu’on appelait avant une Hospitalisation à la Demande d’un Tiers. Maintenant en cas d’urgence, d’insécurité pour la personne, le tiers peut être le médecin. Alors je suis restée 5 jours, le temps de me remettre, de me surveiller moralement et d’attendre mes parents pour pouvoir sortir en leur compagnie. 5 jours à dormir, à récupérer. Donc je suis chez moi depuis mardi soir. J’ai mis du temps à évacuer les médicaments, çà fait seulement depuis hier, que je tiens vraiment debout plus d’1h sans avoir l’impression de tomber. Le 30, je vois ma propre psy et sais que certaines décisions seront prises en espérant qu’on entende que m’enfermer n’est peut-être pas la bonne solution. Leur idéal à eux est de m’hospitaliser en service de semaine (on reste toute la semaine nuit et jour et on peut sortir le w-e, si on est surveillées à l’extérieur et si notre état le  permet). Autant dire que que je ne serai pas dehors, parce que je ne vois pas qui pourrait rester avec moi le w-e. Chaque semaine c’est réévalué. On peut rester du coup 1 semaine, 2, 3, 4, tout dépend de l’avancée. Revoir aussi le traitement et être encadrée si jamais j’ai des soucis avec. Mais j’ai peur…. on a abusé de moi dans ce genre d’endroits et même si les portes se ferment à clé de l’intérieur et que le soir, je demandais aux infirmières de nuit de fermer la porte à chacune de leur ronde, je n’ai pas arrêté d’y repenser et je n’avais pas besoin de çà… 

Comment je me sens… çà dépend des moments, j’essaie de profiter de mes parents, on essaie de sortir autant que je le peux. Mais je fatigue vite. J’essaie aussi de les rassurer, en vain, je le sais, mais bon… j’ai besoin de liberté, d’espace et j’arrive à me trouver sereine dans la nature au moins. 

Vos mots m’ont énormément touchée et je sais que ce n’est pas un geste facile à saisir, alors merci doublement de ne pas avoir porté de jugement. J’ai imprimé ou copié les mots que vous m’avez laissés. Ceux qui doivent faire en sorte qu’il ne faut pas que j’oublie qui je suis. Ce que je suis capable d’apporter malgré les douleurs et cette sensation en moi, permanente, de ne plus me reconnaître. D’être une autre. Merci pour cette chaîne de solidarité qui s’est formé sur HC, je pense avoir raté certaines choses, et j’en suis désolée si c’est le cas. Je rattrape mon retard très doucement. Je ne sais pas ce qui m’attend et j’angoisse beaucoup, ne dors pas beaucoup la nuit à force de cogiter. Je ne suis ni fière de mon geste, ni d’avoir provoqué un cataclysme chez la personne qui malheureusement a lu mon sms à un moment où elle n’aurait pas dû. Je comprends qu’on m’en veuille, çà ne veut pas dire que je cautionne tous propos en tout cas… 

Je sais que l’une de ces amies physiques qui restent, passera peut-être par ici, alors merci encore ma Vi ❤ et l’autre amie est venue chaque jour apporter ce qui manquait, des petites gourmandises pour essayer de me rendre mieux et elles ont adouci ces 5 jours dans ce service, calme, pourtant, mais qui respire la souffrance ce qui est normal dans un tel endroit….

J’ai beau ne pas être fière de mon geste, je ne le regrette pas. J’ai espoir qu’il me redonne une seconde vie, une deuxième chance et qu’il me fasse réaliser que tout n’est pas foutu… qu’il faut encore me supporter… Mais j’avoue… pour moi tout était fini ce jeudi, il y a 10 jours même si je me bats contre ces idées au quotidien depuis que c’est arrivé. 

** Si je raconte tout çà, c’est pour faire attention si vous avez des proches qui insinuent des plans un peu spéciaux, des propos qui peuvent laisser penser au pire. On dit parfois que ce sont ceux qui en parlent le moins qui passent le plus à l’acte. De mon côté, on savait que j’en avais marre, que je souffrais beaucoup ces derniers temps et que la dépression s’était réinvitée. Mais beaucoup ont été surpris de ne pas avoir pu voir ou entendre. Personne ne savait que je faisais tous ces plans depuis janvier. Que je pensais à sauver Happy. 

Il faut mieux s’inquiéter pour « rien » que d’avoir des doutes et passer à côté de l’irréparable. Je me dis que mon corps et mon coeur sont solides, il doit y avoir quelque chose qui ne veut pas me faire atteindre l’au-delà… mais d’autres avec la même quantité auraient pu s’envoler avec un coeur moins solide… 

Le suicide est un sujet tabou, je le sais. Et pourtant, le problème est là et on est combien à souffrir de vouloir disparaître de la surface de la terre… en silence (oui j’ai regretté mes sms………) Cà faisait 6 mois que je préparais tout, et qui s’en serait douté, même si je glissais parfois que la mort était la seule chose libératrice à mes yeux, mais on a l’habitude me l’entendre dire, par ras le bol.

Et pour les personnes concernées, je n’ai aucun conseil, sais que le but n’est pas de demander de l’aide dans ce genre de moments… Je serais mal placée de dire « n’hésitez pas à demander de l’aide, quand vous sentez que vous glissez ». Je sais qu’on veut juste la paix… et partir tranquillement sans qu’on le sache… Mes lettres à mes proches sont dans mon dossier, lues par les pompiers et les urgences psy, alors que je parlais de choses personnelles, pour voir si c’était un appel au secours, ce qui n’était pas le cas, loin de là d’où le fait qu’on m’ait tenue dans ce service où je devais restée 2 semaines si mes parents n’avaient pas été là pour me faire sortir et me « surveiller »… Ma carte de donneuse d’organes était à côté de mes lettres, une autre lettre était écrite pour qu’on ne me réanime pas et que je ne reste pas branchée. En espérant que je n’avais pas endommagé tous les organes et qu’ils puissent servir à d’autres… ceux qui aimaient la vie et sauraient en profiter en gros…. çà allait loin… 

La seule chose que je pourrais dire, c’est de ne pas rester seul(e) face à la dépression tant que vous êtes conscients qu’il peut se passer quelque chose de grave. Et si vous avez un(e) confident(e), n’hésitez pas à parler de votre mal-être aussi, c’est important. Les démarches qu’on ne peut plus faire soi-même pour demander de l’aide, peuvent être faites par des personnes de confiance aussi **

Avec mes parents, mon frère et ma belle-soeur, elles ont depuis leur naissance, été ma raison de vivre…. parfois la souffrance fait oublier ce qu’on possède de plus précieux…. ne la laissez pas vous envahir au point d’inconsciemment « oublier »… (c’est juste que çà arrange parfois d’oublier, pour partir plus facilement…)
Je suis devenue craintive de les montrer sur le net (c’est d’ailleurs pour çà que vous ne les avez jamais vraiment vues, d’où les petits émoticones, mais j’avais besoin de les avoir avec moi, ce soir… parce que je n’aimerai jamais personne autant qu’elles… et pourtant j’ai voulu ne plus vouloir les voir grandir. C’est pour montrer à quel point, tout peut être plus fort que l’amour. Reçu et donné.

C’est décousu, j’ai voulu écrire tout çà, pour montrer cette détresse invisible que je ne suis pas seule à vivre loin de là bien malheureusement… et le pire c’est qu’on ne saura jamais quelles sont mes réelles pensées à l’heure actuelle. Seule moi sait. Comme je le savais depuis janvier que çà finirait par arriver ce jour là. 

Merci d’être celles et celui (pour Bernie) que vous êtes. J’ai lu des dédicaces encore ce soir qui m’ont bouleversée et j’essaie de vous entendre au maximum pour me remonter. Il y a encore des choses à partager au moins entre nous. Avec ma famille. Mes nièces. Les amies qui resteront, ceux qui partiront et les nouvelles personnes qui feront partie de ma vie, parce qu’il faut que je réapprenne à faire confiance aussi…. 

Je vous embrasse tou(te)s et faites attention à vous et ceux que vous aimez… 

Combats qui me touchent

Sans titre

Juste pr prévenir qu il n y aura pas d articles pdt bien 1 semaine. J ai été hospitalisée suite à une tentative de suicide, ds la nuit de jeudi à vendredi. Après 10h de perf, et de surveillance des constantes, on m a transférée aux urgences psy. Je vais bien physiquement. Mes reins et mon foie commencent à éliminer. Moralement, dur d aller bien, ms je suis là…

Je reviens vite….

 

Projets des copinettes

Apéros cosmiques – « Ce qui coule dans mes veines »

Source image : Pinterest

Aileza a lancé les apéros cosmiques il y a quelques mois déjà et c’est toujours un plaisir de rejoindre ce moment quasi mensuel. N’hésitez pas à rejoindre cet apéro bien spécial 🙂 Voilà ma participation, dont le thème est « Ce qui coule dans mes veines ».

« Ce liquide qui coule en moi est toujours en ébullition, actif à des allures qui dépassent parfois l’entendement. Il brûle la fine épaisseur de mes veines, tant l’afflux peut être violent, quand je suis animée par l’amour de ma famille, par des marques d’affection d’ami(e)s qui me rendent encore vivante, qui font de moi quelqu’un d’important et qui donne un sens à l’existence. Il réchauffe tout mon être, comme si j’étais invincible et qu’il ne pouvait rien arriver, ni à moi, ni aux personnes qui me sont chères. Il brille telle une flamme qui permettrait de la faire briller à des kms alentours. Je crois en l’énergie qui passe entre les gens, que se soit par contact quand des bras me serrent très fort pour me montrer de l’affection. Par un regard, un geste, un mot sincère qui vont donner sens à la vie. A ma vie.

Ce qui est coule dans mes veines est toujours quelque chose qui me va droit au coeur. Qu’il prenne de jolis coups ou de sales tours qui le ternissent en même temps que ce qui est en train de couler en moi… Source image : Pinterest

Mais parfois, cette substance qui me sert de sang se fige et se glace en moi, il donne une sensation de froid intérieur que rien ne pourra réchauffer. Je l’imagine naviguer au ralenti quasiment inerte, bleu. Le mensonge, l’hypocrisie, l’absence, les excuses qui me rendent imbécile aux yeux des autres, la perte de confiance en eux du coup, le bloquent, parce que ce ne sont pas mes valeurs à moi. Je vais même à l’encontre de ces sentiments qui bousillent le bon cheminement de mon liquide intérieur et qui ne m’appartiennent pas, mais qui entraînent la déception. Ce n’est pas mon essence personnelle et c’est comme si ce qui coulait dans mes veines à ce moment là était éteint. La flamme s’atténue et il faut que je fasse attention à ne pas la laisser se consumer.

Dans l’un ou l’autre cas, j’ai autre chose, en parallèle de tout cela, qui coule dans mes veines. De l’encre. Parce que c’est la seule façon que j’ai d’expulser le meilleur comme le pire et je crache un jet d’encre sur mon écran pour me libérer du pire ou pour consolider le meilleur. Le partage de celle que je suis à tous les niveaux, dans l’espoir de laisser une trace d’encre indélébile de ce qui aura coulé dans mes veines durant toutes ces années de vie. Le  jour où j’ai arrêté de m’auto censurer pour X raisons, j’ai senti que l’afflux était encore plus fort et qu’il éjectait à une vitesse grand V le contenu de ses veines, de tout ce qui pouvait être contenu dans ma tête, dans mon coeur et au plus profond de mes tripes surtout. Sans tabou.

Ce qui coule dans mes veines est un bouillon, un cyclone, une cocotte minute qui vit les belles et les mauvaises choses d’une façon surdimensionnée. Je sais juste que je laisse de moins en moins, les gens me donner l’occasion de penser que ce qui coule dans mes veines est bleu, froid et inactif. Et je m’accroche au maximum à ceux qui arrivent à donner à ce sang, des teintes rouge vif, intense, vivante. La vie dans des petits tuyaux veineux qui se diffusent dans des canaux artériels qui vont droit au coeur pour l’embellir et lui donner un sens, parce qu’il le mérite après avoir autant souffert…. »

Projets des copinettes

FlowerPower2015 – Un lundi à la Madrague

La Madrague de Montredon est un quartier au bord de la mer, à quelques pas de ce qu’on appelle le bout du monde, les Goudes (enfin celui de Marseille, du moins ^^). C’est aussi dans ce quartier que vivait Florence Arthaud. 

Et on y trouve des coquelicots, des pâquerettes, des fleurs de pissenlits, entre autres, qui poussent allègrement parmi les rochers. Elles se côtoient les unes près des autres et partagent le même coin de verdure, sans se bagarrer. Elles luttent ensemble, contre vents et marées, quand le mistral se lève et ne les ménagent pas. Pour ce lundi, juste envie de partager ce trio de couleurs, cette explosion de fleurs qui poussent partout où elles peuvent. Fleurs que beaucoup ne prennent pas le temps de regarder et ignorent en passant à côté d’elles, l’air de rien. 

Bon lundi en fleurs. N’hésitez pas à participer au très beau projet photo de Bernie

Le mode macro n’était pas encore au point au moment où j’ai pris ces photos :/ c’est un peu flou désolée

Combats qui me touchent

Ces astuces qui m’aident contre la dépression

… C’est surtout de SE retrouver… Source image : Pinterest

Je me suis demandé si j’étais bien placée pour faire ce genre de post, vues les circonstances que sont les miennes depuis plusieurs mois. Mais après réflexion, je me dis que c’est surtout un échange de ce que j’ai pu tester et découvrir et je parle en connaissance de cause pour le coup. Après, on dit souvent que les conseilleurs sont souvent les plus mauvais payeurs, c’est pour cette raison que j’ai préféré utiliser le mot « astuces » que « conseils » qui était un terme trop fort pour moi. La dépression, me concernant est chronique (liée au trouble borderline qui entraîne un mode de pensées pas toujours bien gai… et les douleurs qui renforcent tout ce joyeux bordel…), mais il y a des périodes où j’ai de sacrés pics vers le bas pendant lesquels je me sens encore plus mal, du coup et c’est là que les idées suicidaires sont tellement compliquées à surmonter, en gros…

Des astuces que je ne suis pas toujours apte à tenir malheureusement selon les jours. Et physiquement parfois, c’est aussi infaisable. Mais on va dire que j’essaie de les appliquer parce que je me suis aperçue qu’elles amenaient un léger mieux, surtout quand je suis dans une « phase habituelle de dépression » on va dire :/ 

1- Prendre soin de soi est important. Parfois prendre une douche et s’habiller est un effort qu’on ne peut pas soupçonner si on n’a jamais été dans ce gouffre là. Je ne reste jamais en pyjama, me force à m’habiller, même quand je sais que pour des raisons physiques, je passerai davantage de temps allongée que debout (ce que j’évite au maximum pour le côté fibro, mais parfois tout mélangé, on fait comme on peut…). Soins du visage, des cheveux, du corps. Sentir les odeurs des produits utilisés, se parfumer. Le but étant de ne pas augmenter la mauvaise estime de soi qu’on peut avoir dans ce genre de moments, en se regardant dans le miroir et avoir un reflet qui nous dégoûte encore davantage… Si on prend soin du corps, on prend soin de l’esprit aussi par la même occasion… Les sensations peuvent être temporaires évidemment, mais dans ce combat, chaque minute de répit est une bouffée d’oxygène à voler. Et quand on arrive à se sentir au moins un tout petit peu jolie, c’est agréable.

2- Ranger, nettoyer au fur et à mesure. J’ai remarqué que quand mon petit chez moi est propre et assez bien rangé à mes yeux, c’est comme si on rangeait quelque chose dans ma tête (alors dit comme çà, je conçois que c’est étrange…) Personne ne se sent bien au milieu d’un bordel monstre, surtout que la pagaille est souvent déjà dans notre tête, alors on libère et nettoie ce qui peut l’être. Je me sentirais plus mal si je voyais mon lit rempli de choses, ma table pareil et mes meubles dans le même état et sales en plus, pour résumer.

Un petit bout de moi, au milieu de mes bibelots, de photos. Je ne suis pas déco du tout, j’ai davantage besoin d’un cocon que d’un studio sorti d’un magazine…

3- Chaque matin, écrire des petites choses à faire durant la journée (selon les possibilités du moment, ce n’est pas la peine de faire une liste géante dont on saura très bien qu’on est incapable de faire les 3/4). Mais par exemple, faire quelque chose qui nous tient à coeur si on travaille sur un projet par exemple, ranger des papiers etc… tout dépend de la vie de chacun après. Et barrer dès que cette fameuse chose est faite. Le coup de crayon sur ce qu’on vient de réussir à réaliser, fait du bien. L’idéal étant qu’à la fin de la journée, la liste soit complètement barrée, c’est valorisant. Personnellement je me dis que j’ai quand même été capable de faire quelque chose, je vais moins me traiter de « sale merde » (oui je peux être très sympa avec moi, c’est d’ailleurs une astuce à rajouter, de se montrer plus sympa envers soi… mais je ne peux pas pour le moment, d’où le fait qu’elle ne fasse pas partie de cette liste…). C’est une satisfaction personnelle, parce que seule nous savons à quel point elle a pu nous coûter en efforts, cette astuce là… 

4- Sur la même lancée, ne pas remettre au lendemain ce qui est possible de faire le jour même (oui je fais partie des personnes qui procrastinent mais je me soigne humhum…). Plus on entasse, moins on aura le courage d’affronter le tas de papiers à faire et rien ne disparaîtra d’un coup de baguette de magie. Harry Potter n’est pas encore passé par là, zut ^^ (chaque mois, je bénis les prélèvements automatiques, sinon à l’heure actuelle, je serais dehors pour retard de paiement de loyers ou sans électricité, sans internet et sans téléphone. Là je sais que tout se fait et que j’ai juste à vérifier mon compte pour surveiller que tout a été fait correctement). C’est valable pour les papiers mais aussi pour tout ce qui représente une corvée finalement. Et puis au moins on est débarrassée une fois que c’est fait et çà libère de la place dans la tête au lieu de sans arrêt se dire « ohlala j’ai çà à faire et puis çà, hannn et puis çà » et pour le coup, le moral prend encore un sale coup, quand on s’aperçoit, qu’on n’arrivera jamais au bout de ce qui nous attend. 

5- Se faire des petites plaisirs. Manger quelque chose qu’on aime, jouer avec le petit compagnon à 4 pattes de la maison ^^, lire, écouter de la musique, lire (si on arrive à se concentrer…), regarder un film, dessiner. Déjà çà occupe l’esprit et ce sont des petits plaisirs accessibles à tous financièrement, pas besoin d’aller dévaliser les magasins pour y trouver du réconfort (même si çà ne fait pas de mal non plus de temps en temps quand on peut ^^ mais si on peut éviter de s’endetter avec des achats compulsifs, ce n’est pas plus mal hein, pour sortir de la dépression). Et à la fin de la journée, noter ces plaisirs. J’ai un petit carnet où je les inscris, ainsi que les petits bonheurs qui ont mis de la couleur à la journée. A relire dans les moments dans lesquels on est au plus mal, en se disant que c’était possible à un certain moment et que c’est possible que cela revienne…

6- Se ressourcer dans la nature. J’aime regarder mes arbres devant chez moi et mes fleurs sur mon balcon, respirer l’air frais la nuit, sentir le soleil sur ma peau et dès que je peux physiquement, je prends mes jambes à mon cou pour aller dans un endroit que j’aime. La mer ou à proximité des collines, la plupart du temps. Un endroit où je peux être tranquille déjà côté sonore (coucou l’hyperacousie ^^) et être face à moi-même et ne faire qu’une avec la nature. C’est sûrement le seul endroit où je trouve un peu de sérénité, camouflée derrière mon appareil photo

Dame Nature, ma meilleure amie… Etangs d’Echenans, Doubs, Eté 2013

7- Avoir toujours ses projets à portée de main. Les miens sont notés en grand sur une feuille que j’ai pris soin de faire toute jolie pour la rendre agréable à regarder et ils me permettent de me rappeler la raison de mes combats… Même ceux qui ne seront pas forcément réalisables pour différentes raisons. Tant qu’on n’est pas sûre, il vaut mieux les tenir écrits quelque part 😉 Cà peut aller du plus petit projet au plus important. De mon côté, c’est aussi différents défis à relever dans certains domaines. Je n’en dis pas plus parce qu’il est prévu que j’en parle dans un autre post.

8- Accepter les amie(e)s et les sorties qu’ils/elles proposent. Je m’isole beaucoup et à force d’entendre les uns et les autres entendre « je vais essayer de trouver le temps » et on n’en voit jamais la couleur, par contre, on tombe sur des photos ou des statuts fb et ils avaient du temps pour d’autres ami(e)s mais bon… c’est un autre sujet aussi… mais ce n’est pas valorisant dans tous les cas et j’ai tendance à me renfermer sur moi-même encore davantage parce que je me dis que çà veut dire que je n’apporte plus rien, ou pire que je ne manque pas et qu’on ne veut plus me voir. Je me dis que je ne sert à rien pour les gens pour lesquels je pensais avoir au moins un peu d’importance. Du coup, quand quelqu’un a envie de me voir, j’essaie d’être là maintenant, même si physiquement je ne suis pas forcément au top, j’ai au moins l’impression d’avoir été vivante. Samedi dernier, j’ai fait une très belle rencontre, mais je sais que si j’avais écouté mon corps et mon moral, j’aurais annulé pour la Xième fois. Et j’ai été loin de regretter le fait d’avoir pris sur mon corps et mes pensées négatives « je suis nulle », parce que c’était une après-midi tellement agréable 🙂 C’est là que j’ai pris conscience de mon isolement finalement… Et qu’on a tous besoin des uns et des autres pour avoir un regard extérieur sur soi

9- Se forcer à sortir ne serait-ce qu’un 1/4 d’h (là c’est l’hôpital qui se fout de la charité, parce que je ne suis pas sortie pendant 1 semaine et cela arrive malheureusement très souvent ces derniers mois…). Mais je me souviens du jeune pompier qui me surveillait pendant qu’on m’emmenait aux urgences suite à ma 2nde ts. Il essayait de me faire parler pour me maintenir éveillée et m’avait dit « essayez de sortir un peu chaque jour pour voir des gens, même si vous ne leur parlez pas, juste le fait de les voir, met en contact » Et c’est vrai que j’y pense souvent à cette phrase. Parfois je rentre, je suis contente d’avoir croisé un joli sourire d’une personne, d’avoir échangé 2 mots avec quelqu’un, avoir regardé un enfant qui me fixait avec son plus grand sourire. Des moments tellement banals… qui prennent tant d’importance quand on n’arrive plus vraiment à sortir comme avant… Et puis on s’oxygène les neurones en même temps ^^

10- S’occuper l’esprit. Avant je faisais beaucoup de choses en decopatch, ou scrapbooking, et des petites choses en perles, maintenant c’est plus dur physiquement. J’essaie de me réfugier dans tout ce qui est méditation, relaxation, qi qong. J’aime bien lire des citations aussi et les utiliser avec mes photos. Pinterest est par exemple un super endroit pour s’évader. Les séries aussi. Bref, tout ce qui permettra de penser à autre chose et détourner de ce qui fait tant souffrir, quand on sent que les pensées, ruminations et compagnie viennent trop nous pourrir notre espace vital…

11- Ecrire tout ce qui vient. Je dis souvent que tout ce qui est sur le papier n’est plus dans la tête. Alors, si, c’est toujours dans la tête, mais de pouvoir mettre des mots dessus, peut être un exutoire. Ce n’est pas pour rien qu’à part la semaine dernière où j’étais vraiment au ras des pâquerettes autant physiquement que moralement et que le coeur n’était vraiment pas à venir ni vous lire, ni à écrire, j’avais été un peu plus présente, les temps derniers. Je me réfugiais beaucoup sur mon blog, d’où l’importance aussi d’en faire un coin qui nous convient le mieux, avec des photos et des images qui nous correspondent. 

Voilà ma petite liste d’astuces personnelles pour essayer de me tirer vers le haut. Comme dit, si çà marchait à 100%, je serais en meilleur état, mais c’est aussi plus complexe à gérer comme maladie. Ces astuces permettent juste de pouvoir souffler un peu dans la journée et si on les additionne, c’est déjà bien, quand on peut les appliquer.

Pour les personnes qui souffrent de dépression, qu’est ce qui peut vous faire du bien, de votre côté ? Qu’est ce qui pourrait venir augmenter cette liste ? Je n’ai pas parlé de sport évidemment, parce que bon… 🙂 mais c’est évidemment quelque chose que je faisais avant la fibro pour sortir tout ce que je pouvais emmagasiner dans ce qui me sert de cerveau (ce morceau de gruyère hum… ^^)

J’ai oublié le principal…… Evitez les personnes toxiques au maximum de ce qui est possible….. Et les infos.  Parfois, c’est nécessaire de se protéger, çà ne fera pas de nous quelqu’un d’inhumain si on ne sait pas ce qui s’est passé dans les 4 coins du monde… 

Projets des copinettes

Une rose bicolore – FlowerPower2015

Roseraie – Parc Borély, Marseille

 

Attention aux yeux, je mets ma police d’écriture aux couleurs de ma rose, mais c’est vif wouah ^^

Une rose mi-jaune, mi-rose comme je les aime, que j’avais trouvée un jour dans la roseraie du parc Borély, qu’il faudra que j’essaie d’aller voir d’ici peu, pour renouveler mon stock de photos. C’est un endroit uniquement dédié à des roses (en même temps, c’est une roseraie donc bon 🙂 ), mais la première fois que j’y ai été, je n’en revenais pas du nombre de sortes qu’il existait. Pour moi, il y avait les blanches, les rouges, les jaunes, les roses et c’était en gros, tout mon savoir en matière de roses… Le soleil tape dessus et renforce les senteurs qu’elles dégagent et c’est tellement agréable de se retrouver parmi elles. 

Je vous souhaite un bon lundi et vous laisse donc avec ma participation au projet de Bernie « FlowerPower2015 » auquel on prend vite goût. 

Projets des copinettes

Un jour qui a changé ma vie – 53 billets en 2015

Une clinique psy mélangée aux collines…

Ma participation pour la 23ème semaine de « 53 billets en 2015 » créé par Agoaye, dont le thème est « un jour qui a changé ma vie »

L’autre jour, pour parler sur le thème « Maman », j’évoquais la naissance de mon frère qui a changé ma vie, déjà. Du coup, je vais passer au 2ème jour qui a changé ma vie la 2nde fois 🙂 Toujours avoir un plan B ^^, même pour les jours qui changent nos vies, parce que finalement, on n’en a pas qu’un… il y en a juste des plus marquants que d’autres.

C’était le 8 septembre 2004. Deux jours que je venais d’arriver à Marseille, dans des circonstances pas forcément simples. Envoyée là pour faire une cure, je m’étais retrouvée dans un endroit pas du tout approprié. Un mouroir où j’ai passé le w-e, faute de  pouvoir parler avec un médecin. Deux jours qui m’ont marquée. Le lundi 8 septembre, j’ai été appelé par le psychiatre référent de l’établissement, mon but étant de foutre le camp et de remonter en Alsace, mais il fallait son accord. Il a regardé mon dossier et m’a dit de lui-même que ma place n’était pas dans ce lieu là et que si j’acceptais, il me ferait transférée dans une clinique où il travaillait aussi en parallèle. Après en avoir parlé avec lui et surtout une sacrée dose d’arguments positifs, j’ai fini par accepter. Il a appelé la secrétaire des admissions pour savoir s’il y avait de la place, le but étant de me dégager le plus vite de là quand même, tant qu’à faire. Je parle très peu de cet endroit, mes parents ont su dans quoi j’avais foutu les pieds, en février dernier seulement, c’est dire… L’après-midi, une ambulance est venue pour le transfert. Je ne connaissais rien de Marseille et n’avait personne sur place, je pouvais juste faire confiance à ce médecin là. 

On est arrivés devant une clinique au pied des collines. Un long couloir qui n’avait rien à voir avec l’endroit que je venais de quitter. Une chambre claire, deux lits, une compagne de chambre de 18 ans, une fenêtre ouverte comme il se doit dans les établissements psy, juste entrouvertes le minimum, même pas de quoi mettre sa tête par la fenêtre, mais juste son nez pour avoir de l’air. C’était largement suffisant pour sentir l’odeur des pins et entendre les cigales. La voisine de chambre venait de laver son linge, il y avait une douce odeur de lessive qui planait dans la chambre.

J’ai ressenti un calme intérieur que je n’avais pas connu depuis longtemps. L’infirmier a fouillé toutes mes affaires, a pris tout ce que je n’avais pas le droit de conserver et m’a dit « reposez vous ». Je me suis allongée sur le lit, dans le silence avec pour compagnie les cigales que j’entendais pour la première fois de ma vie (à 26 ans, c’était la 1ère fois que je quittais mon Alsace natale), couchée sur le côté pour voir par la fenêtre et c’est le jour où j’ai lâcher prise… où j’ai déposé mes bagages dans tous les sens du terme, en paix. Où je me suis dit qu’il fallait leur faire confiance, parce que j’arrivais au bout de mes forces tant physiques que mentales. Que j’avais besoin de récupérer un peu de vie et d’oxygène. Et le cadre m’a aidée à m’apaiser aussi. 

C’était le 1er jour de ma reconstruction, donc oui, ce transfert a été un changement qui a changé ma vie. Qui me l’a sauvée, même… J’ai rencontré le personnel soignant au fil des jours. S’en sont suivis les premiers soins, les 1ers pas dans une thérapie plus poussée et surtout l’aide de l’ergothérapeute qui a été un membre essentiel dans ma reconstruction, même si ce qu’il m’apprenait et essayait de faire entrer en moi, je n’ai pu l’appliquer que plusieurs années après. 

« Mes » collines…. tellement symboliques…

Le destin m’avait entraînée à Marseille et j’avais des choses à y faire… Sur 4 ans, j’ai passé au moins 18 mois dans cet établissement. J’y ai vécu le suicide de personnes qui m’étaient devenues chères au fil du temps, c’est aussi là qu’on a abusé de moi dans une chambre où j’aurais dû être normalement protégée… c’est là que j’y ai fait de belles rencontres, avec lesquelles j’ai échangé beaucoup de choses sur la vie et qui ont laissé des traces positives en moi. L’aide et ces rencontres, sont les seules choses dont j’ai envie de me souvenir de ce qui a découlé de ce jour qui a changé de ma vie… Le w-e, au bout de 2 semaines, j’ai pu avoir des permissions. Pendant que les autres patient(e)s allaient dans leur famille, j’étais seule et tant que mon poids restait stable, j’avais le droit d’aller marcher dans les collines toutes proches. C’est là que je me ressourçais pour affronter la semaine suivante de soins. C’est aussi dans ces collines que le besoin et l’envie de refaire ma vie est venue et s’est tissée au fil des mois. C’est là que j’ai pris la décision de venir habiter à Marseille. Un an après j’étais là, contre l’avis de tous. 

Je réalise que des jours peuvent être bien décisifs dans la vie de quelqu’un et peuvent chambouler une vie complète…

Bannière-53-billets

Combats qui me touchent

L’hyperacousie ou l’enfer des sons

Source image Pinterest

Différents symptômes se sont ajoutés au fil du temps, avec la fibromyalgie. Un jour, je me suis aperçue que les sons pouvaient me déranger, parce qu’ils me semblaient plus forts qu’avant, comme quand on a un bouchon, qu’on le retire et que l’ouïe revient à la normale. Sauf que là, pas de bouchons. Les sons étaient bien démultipliés, pire ils étaient devenus douloureux. Je me souviens qu’un ami me disait « mais non, ce n’est pas fort comme bruit » quand il voyait que j’avais le réflexe de me boucher un peu au moins une oreille pour limiter les bruits. Et je m’énervais en hurlant « mais je sais quand même ce que je t’entends !! c’est fort pour moi je te dis !! » Je me sentais seule pour le coup, ne sachant pas ce qui provoquait ce changement bizarre. En même temps, j’avais aussi de plus en plus de nausées parce que toutes les odeurs me paraissaient plus fortes (passer devant un resto me donne envie de vomir, inutile de dire comment je suis, amenée à y entrer… depuis quelques temps, je mets de l’huile essentielle de menthe poivrée juste sous mon nez et elle fait double emploi. Calme les nausées et camoufle un peu l’odeur. L’hiver, j’ai mon parfum sur mon écharpe et je fourre mon ptit pif dedans, mais l’été heu….). Bref, je sens tout en triple dose (mon papa n’a plus aucun odorat lui. Suite à un mauvais rhume, il l’a perdu et moi, je sens trop, il m’arrive de lui dire « si seulement je pouvais te passer un peu des odeurs que je sens trop » Quelle paire, on fait…

L’hyperacousie, elle, j’ai du mal à la gérer, parce que je ne supporte pas les boules quiès en temps normal et dans la rue, entre ma petite démarche de canard et le bras qui traîne, je n’ai pas forcément envie qu’on voie 2 morceaux de chou fleur sortir de mes oreilles en plus 🙂 

Comment je me sens avec… Les sons se mélangent dans un immense brouhaha. Pour quelqu’un qui n’a pas de problème, le bruit va être gênant et pénible (c’est du moins ce que je ressentais avant), mais sans plus. De mon côté, il me rend malade dans le sens littéral du mot. J’ai envie de vomir, des vertiges, une migraine s’installe si je reste trop longtemps dans ce qui provoque le brouhaha et j’ai mal aux oreilles comme un début d’otite ou comme si on me faisait descendre dans l’eau trop vite et que j’en ressente la pression du coup. Je perds l’équilibre, parce que je ressens que mon cerveau n’envoie plus les bons signaux à mes oreilles et que çà provoque une instabilité. Je me sens prête à tomber à tout moment dans les pommes, comme si mon cerveau n’enregistrait plus de données sons. 

Quand je suis dans un groupe et que plusieurs personnes parlent en même temps, j’ai les mêmes sensations, mais ce qui se rajoute, c’est que je ne peux plus suivre les conversations. Mon cerveau s’éteint et se protège en quelque sorte. Je deviens absente, n’interagis plus avec les gens, me lève en prétextant un besoin d’aller aux toilettes, par exemple, histoire de me couper un peu de tout çà. Ce ne sont plus des conversations que j’ai autour de moi, c’est un immense bruit où mon cerveau n’est plus capable de se fixer sur au moins une conversation en occultant le reste. Je ne comprends plus ce qu’on me dit, m’énerve, deviens agressive et en famille, il m’arrive parfois de dire « mais vous ne pouvez pas parler les uns après les autres non ?? » Ils savent que j’ai ce problème dans les grandes lignes, mais ne savent pas l’intensité par contre et personne ne le saura, à part moi. Je sais juste que c’est mon enfer des bruits, comme je l’appelle. 

Un bruit assourdissant qui me fait parfois serrer les dents, c’est le métro. Entre le bruit des gens qui parlent et s’évertuent à hurler au lieu d’attendre d’être descendus pour communiquer et le vacarme de la rame de métro avec l’accélération, c’est l’enfer… Le tout mélangé, je ressors ivre sur le quai, à moitié dingue.

La station de métro la plus proche de chez moi… un enfer de bruit et en plus bourrée d’escaliers… Si quelqu’un de la commune passe par là (c’est çà, dans tes rêves, ptite delph lol… au passage, c’est pour quand le respect du handicap dans cette station de métro une des plus fréquentées hein ???

Comment j’essaie de contrôler tout çà… Chez moi, quand je suis par exemple sur mon pc, je mets mes écouteurs, un casque qui à lui seul couvre un peu les bruits et j’essaie d’y mettre de la musique douce pour me calmer. Dehors, j’ai sans arrêt de la musique sur les oreilles. Je me concentre sur les paroles, pour ne pas faire une fixation sur le bruit et me mets comme dans une bulle. Sauf que dans les magasins, j’ai du mal à y entrer, parce que peur qu’on me parle et que je n’entende pas. J’ai beau souffrir du bruit, je suis encore un minimum polie… enfin j’essaie 🙂 Du coup, avant, j’avais tendance à enlever mes écouteurs. Mais un magasin, rien de tel pour me sentir encore plus mal, parce que cette sensation de malaise que je décris plus haut, est encore plus importante, évidemment, quand je suis dans un endroit fermé, comme s’il y avait une résonnance à supporter en plus. Du coup, un jour, sur le groupe fibro où j’étais, quelqu’un m’a parlé du site http://www.alvis-audio.com qui est spécialisé dans la protection auditive. Ce qu’ils recherchent, c’est le confort dans le port de leurs protections et effectivement, on ne les sent pas. Chaque soir d’utilisation, je nettoie le petit embout avec un coton tige imbibé de désinfectant.

Le côté droit, le capuchon est rouge, mais il faut vraiment être près de moi pour le voir

Ce sont des petits bouchons qu’il faut déjà bien installer dans le pavillon de l’oreille et après seulement introduire le petit embout dans l’oreille (j’ai un peu galéré au début et c’est le seul moyen trouvé pour les mettre efficacement) et une fois qu’on les porte, sur le modèle que j’ai, soit on peut laisser le capuchon fermé pour le maximum de silence, soit on peut l’ouvrir pour augmenter le son. Je les laisse fermés tout le temps, çà fait une forme de bulle un peu plus sonorisée, mais si on me parle, j’entends ce qu’on me dit. En gros, le système permet de diminuer le bruit en fonction des décibels. Si on me parle normalement, je vais continuer d’entendre correctement, par contre, si je passe au même moment à côté d’un camion, par exemple, le bruit de celui-çi va être diminué à la hauteur des décibels qu’il libère. Du coup, je sors protégée, façon de parler ^^, mais je ne suis pas non plus coupée du monde. Il y a différentes tailles, le but étant que le pavillon soit bien recouvert, parce que çà permet de vraiment bien enfiler le bouchon du coup et puis si jamais il venait à vouloir se faire la malle ^^, on peut aussi mieux le ressentir. 

Le seul petit hic est qu’ils me font mal quand je les enfile :/ ce n’est pas leur conception, parce qu’ils sont très souples, mais je pense que ce sont mes oreilles qui sont comme tout le reste, plus douloureuses. Du coup, çà fait une pression qui n’est pas forcément agréable tout le temps, selon comme je suis (migraine ou névralgie en plus, je ne supporte pas qu’on touche au côté atteint). 

On est tous plus sensibles aux bruits quand on est par exemple fatigué, mais quand c’est en permanence, çà peut devenir vite handicapant, surtout qu’à moins d’être en pleine campagne, c’est dur d’éviter ces sons qui pourrissent la vie.

Et vous et le bruit ? Vous vous entendez bien (c’est le cas de le dire ^^) ?? 

Moments de bonheurs et d'évasion

Le palais Longchamp ou le quartier d’Elie Kakou

Hier, j’ai regardé le replay de « C’est quoi l’Amour » et l’un des sujets parlait des deuils dans les familles de célébrités, dont celle d’Elie Kakou. Je savais qu’il était de Marseille, mais la ville est grande et il s’est envolé avant que je débarque ici, sinon, j’aurais fait comme avec J.J Goldman et Soprano, chercher où ils pouvaient bien habiter, histoire de faire la squatteuse devant chez eux, juste pour les voir de plus près :p Mais non ce n’est pas mon genre d’espionner… quoique, de très loin, on ne sait pas… Chutt… Mais lui, du coup, malheureusement j’arrivais un peu tard. J’aimais celui qu’il était, son humour, son naturel, sa famille plus qu’unie qui continue à le faire vivre aujourd’hui et on sent que même si 15 ans se sont écoulés, le manque est immense… Surtout pour une de ses soeurs qu’on voyait justement dans un jardin de Marseille pour montrer où avait habité et où habitent encore bien des membres de la tribu Kakou. Ils habitent en face de ce jardin et çà fait bizarre de savoir qu’Elie avait juste à traverser la rue pour aller y jouer. 

Ce parc est aussi connu sous Palais Longchamp. De 1856 à 1987, il y avait un zoo dans le jardin et il est composé d’un château d’eau au centre et de chaque côté, il y a un musée. Celui d’histoires naturelles à gauche et des beaux arts à droite. J’ai honte de dire que je n’ai jamais été voir ni l’un ni l’autre, pourtant, ils valent la peine, mais je n’aime pas aller dans les musées toute seule bizarrement. Quand on a été capitale culturelle, ils ont décidé de reconstituer le zoo, mais d’une façon particulière, c’est le moins qu’on puisse dire et j’avoue que personnellement, je ne suis vraiment pas fan, mais chacun ses goûts… Les animaux sont en je ne sais quel matériau et surtout d’une couleur très vive, on ne risque pas de rater les singes en jaune humhum… Voilà pour les petites anecdotes de ce jardin et un mini hommage à Elie ❤ Je vous laisse en photos qui datent bien d’il y a 1 an, mais je ne pense pas que les animaux aient pris la fuite depuis 🙂

Le diaporama s’ouvre quand on clique sur n’importe quelle photo. Bonne visite du Jardin Palais Longchamp 

Petit bonus, Soprano a tourné un clip aussi, entre autres dans ce parc, vous le verrez sous un autre angle et surtout vu de haut. Eteignez la musique si vous ne l’aimez pas l’entendre pour profiter quand même du paysage ^^ Quand j’avais vu ce clip et comme je sais que ma ptite nénette l’aime aussi, j’avais envoyé le lien à ma belle-soeur, en lui disant « voilà le jardin où tatie Delph va  parfois et il y a aussi les plages où elle va faire des pique-nique et il y a la grande roue qui est sur le Vieux-Port, qu’on voit de loin, allumée ». Toute contente de montrer çà… Eva, elle, s’en foutait bien que sa tatie aille dans ces endroits, elle dansait sur la chanson, c’était tout ce qui l’intéressait lol ❤ (heureusement qu’elle ne comprend pas forcément les paroles ^^

Projets des copinettes

Un lundi fleuri alsacien – FlowerPower2015

Je vous montre quand même le décor où on trouve ces ptites fleurs Lac de Sewen, Haut-Rhin, Alsace

Je ne suis  pas en Alsace, non, suis bien là, je n’ai pas pu remonter comme c’était prévu, mais l’autre jour, j’ai parlé d’un endroit que j’aimais beaucoup, à mon papa en lui disant que je n’arriverai plus jamais à y aller et du coup, j’ai eu envie (besoin… nostalgie bonjour) de regarder mes photos de nos randos. Sauf qu’à ce moment là, j’avais un appareil à pellicules, reçu pour mon bac et vu le nombre que j’ai fait de clichés, je ne pouvais pas toutes les emmener avec moi à Marseille. Du coup, je me suis rendue compte que je n’avais pas tant de photos que çà de nos randos, sur mon pc. Il faudrait que je scanne celles papier histoire de les avoir avec moi, la prochaine fois que je peux remonter… Et en ce lundi, je partage une des balades qu’on avait faites, il y a 7 ans (moui les fleurs ne sont plus toutes fraîches après toutes ces années -mêmes si elles renaissent chaque année- , mais c’est bien moi qui ai pris les photos malgré tout ^^ et surtout, c’est la dernière rando que j’aie pu faire, donc elle est symbolique…)

C’est un lac qui se situe dans un petit village. Le lac de Sewen. Et il y a un sentier qui permet d’aller à un lac bien plus haut (accessible en voiture aussi heureusement ^^), le lac d’Alfeld et quand on continue encore la route, on atteint le Ballon d’Alsace qui domine toute la chaîne vosgienne. Allez, assez blablater, je vous laisse en photos. J’ai choisi celles où on voyait des fleurs parmi le paysage, puisque c’est le but, tout de même, de montrer des fleurs 🙂 même si on ne les voit pas forcément de très près. Bienvenue au milieu de mes racines en tout cas ❤

Bon lundi à tout le monde. N’hésitez pas à participer au projet photo FlowerPower2015 lancé par Bernie pour rendre le lundi un peu plus joyeux…

Et sur le chemin du lac, on trouve ce ptit ruisseau bordé de jolies fleurs mélangées à des herbes folles ❤
Sur le chemin… c’était bien brumeux, mais les odeurs d’herbe fraîche, de fleurs, de terre embaumaient nos narines. J’adore ce genre d’odeurs qui peuvent me manquer à Marseille. Le lac est caché derrière les 1ers arbres, du coup.