"Peu importe ce que les gens disent, les mots peuvent changer le monde", Robin Williams
Auteur : ptitedelph
Bienvenue sur mon blog, où je partage mes combats sans vraiment de tabous. On y trouve un peu d'anorexie, de fibromyalgie et douleurs chroniques en tous genres, d'angoisses, de phobie... mais au milieu de ce joyeux bordel et pour ne pas oublier celle que je suis, parce que rien de tout cela ne me définit, je partage également ce qui fait mes bonheurs, de la musique, des films, des blablas en tous genres, des photos. Bref, tout ce qui fait de moi une jeune femme comme les autres aussi :) Bonne visite et n'hésitez pas à m'envoyer un petit mot en privé, si vous avez des questions. Je suis joignable en mp sur ma page facebook dont le lien est dans la barre à droite. Je répondrai avec plaisir, si je peux aider un minimum.
Ptite Delph
Happy et moi, une grande Histoire d’Amour, avec un grand H et un immense A
J’ai été cherché ma Happy en janvier 2011, à la SPA, accompagnée de mon meilleur ami qui avait enfin réussi à me convaincre que ce serait bien que j’aie une petite compagne de route poilue. On y a été une première fois où j’ai fait le tour, caressé certaines boules de poils et d’un coup, je l’ai vue. De derrière, elle ressemblait à Picsou, parce qu’elle avait des poils qui partaient dans tous les sens sur les « joues ». La personne qui s’en occupait a été cherché son ptit dossier. Deux mois qu’elle était arrivée là, elle avait été trouvée dans une fourrière et venait de mettre au monde des ptits mais çà s’était mal passé et elle avait fait une grave infection, elle venait juste de finir son traitement quand je l’ai eue. Je l’ai tenue dans mes bras, elle était toute tranquille, elle ronronnait, me léchait, mais je doutais sur ma capacité à m’en occuper. C’était la première fois que j’aurais un chat, je connaissais plutôt ceux, sauvages mais qu’on finissait par pouvoir approcher un peu, de chez mes parents qui venaient se régaler 🙂 Alors je suis repartie sans…. J’ai pensé à elle toute la semaine. J’étais en pré-formation où çà ne se passait pas bien, je rentrais le soir et me disais que j’aurais aimé qu’elle soit près de moi pour m’apporter un peu de douceur. J’ai rappelé le meilleur ami et le w-e suivant, cette petite picsounette était à moi. Ma peur était qu’on l’ait peut-être adoptée entretemps ou que je ne la reconnaisse pas, mais d’un coup je l’ai vue de derrière et j’ai regardé son allure à la Picsou et crié « elle est làààààà » !!!!! ^_^ (elle partait roupiller… comme elle fait les 3/4 du temps maintenant)
Elle s’est vite habituée à sa nouvelle maison, à part la nuit où elle pensait que je ne dormais jamais et faisait sa vie (à l’époque je dormais bien et n’était pas insomniaque encore alors le réveil à 5h était sec pour le coup, parce qu’elle passait son temps à miauler et à me sauter dessus) et puis çà s’est tassé, je l’ai vite aimée, ma Happy. Je l’aimais depuis le 1er jour en fait. 4 ans et demi bientôt qu’elle est chez moi. J’ai l’impression qu’elle comprend quand je vais mal, elle répond à des petites phrases que je dis. Elle reconnait l’intonation de la voix, bizarrement. On s’est fait notre langage à nous. Elle dort à mes côtés, la tête sur l’oreiller (ben oui, on s’emmerde pas) ou collée contre moi ou blottie dans mon cou. Sur le carnet de santé, il est indiqué « à voir le comportement »… on s’est effectivement bien trouvées, elle peut être autant câline qu’agressive, elle change d’attitude en 1mn chrono.
Elle est à mes côtés quoiqu’il arrive. Que je rie ou que je pleure, elle est là. Un jour, j’étais assise au bord du lit, en pleurant à chaudes larmes, elle est venue s’asseoir près de moi, m’a léché la joue, l’air de dire « t’en fais pas, je suis là, çà va aller ». C’est ma petite fille, celle que je n’ai pas pu avoir, elle a d’autant plus de valeur. Je n’ose pas penser au jour où je la perdrai… 9 ans et demi et je prie pour qu’elle fasse partie de ces chats qui arrivent à près de 15 ans…
Pour le rv mensuel « Instantanés Singuliers » lancé par Marie , le thème ce coup-çi est « Chat insolite ». Voilà ma participation.
Ma maman lui avait mis son bonnet sur la tête ^^Quand j’ai du mal à tenir un livre à cause de mes doigts douloureux, c’est elle qui me fait la lecture 🙂Parfois elle fait une tête très bizarre, je suis prête à demander un exorcisme par moments ^^Quand j’ai déménagé, elle m’a évidemment aidée
Désolée ma Marie, je n’ai pas réussi à n’en mettre qu’une, comme d’habitude, sur tous les Instantanés Singuliers d’ailleurs 🙂
C’est vrai que le lundi, ce n’est pas terrible, comme jour. Même pour moi qui suis à la maison, je n’aime pas ce jour. Du coup, mettre de la couleur sous forme de fleurs, sur les blogs pour égayer ce jour morose, c’est l’idée superbe qu’a eu Bernie à travers son projet photographique.
Voilà ma première participation, je mettrai la photo dans le tableau « printemps » sur Pinterest, avec le # #FlowerPower2015
Ce sont des fleurs qu’on voit dans le jardin près de chez moi. On dirait qu’on a mis une goutte de peinture au centre et qu’elle s’est diluée pour faire de jolis contours. Elles sont au vent, souvent malmenées par le mistral et pourtant, elles reviennent toujours bien droites, fières de montrer leurs belles couleurs, l’air de dire aux promeneurs « hé tu m’as vue, regarde moi un peu comme je suis belle ». Même les fleurs ont parfois un ego surdimensionné, si si ! Mais où va le monde ?! 🙂
Les fleurs fragiles et fortes à la fois sont celles qui ont le don de me toucher le plus. Bon lundi en mode flower power ❤
Jardin du 26ème centenaire – partie « jardin provençal » Printemps 2014
Les défis fibro, c’est dire « merde » à la fibro en allant quelque part où je vais, c’est sûr, dépasser un peu mes limites (pas de trop non plus, ce n’est pas le but, si je reste couchée pendant 1 semaine après), mais c’est demander au corps d’aller plus loin et de mettre en gros les douleurs de côté et de se donner le droit de vivre, dit un peu plus tristement… En sachant que le prix à payer sera élevé, mais que le fait de l’avoir réalisé, prend le dessus. Au moins, je saurai pourquoi j’ai autant mal…. Ce matin, j’étais à 6, il y avait du soleil, il faisait même chaud et mon corps est un peu moins raide dans ces cas là, du coup, je me suis lancée le défi de faire un petit parcours sur la Corniche Kennedy, une route qui longe la mer sur 3kms et qui est formée comme un long banc, tout le long. Et en contrebas de celle-çi, se camouflent des ruelles, des anses, des recoins… et des tas d’escaliers
Le but était de faire ce chemin là :
1,100 kms… On va rajouter le trajet depuis chez moi, aller retour et compter 2kms500 en tout. J’ai eu l’impression d’en avoir fait 10, du coup, j’étais déçue d’être autant fatiguée, arrivée à la moitié, mais j’ai pris plaisir à faire cette balade, profiter de la mer, des vagues et pour moi, le défi est relevé, parce que j’ai réussi ce que je souhaitais faire, même si j’ai dû parfois prendre des raccourcis.
1- Vallon des Auffes
C’est un petit port avec une 50taine de cabanons bien colorés. C’est plein de vie, il y a de nombreux petits restos tout le long, du coup, à cette période de l’année, çà commence à être animé. Une fois, j’avais vu des peintres aussi qui venaient s’inspirer des bateaux présents. « Auffe » est en fait une plante graminée « alfa », « auffo » en provençal et elle servait à faire les cordages, les filets de pêche etc… et le vallon tient son nom de cela. Au-dessus de lui, il y a 3 arches qui le relie du coup à la Corniche. On peut le voir dans le film « Immortel » avec Richard Berry.
Depuis la Corniche
2- L’Anse de Malmousque
La coquine se cache dans des ruelles. C’est aussi un petit port où on peut se baigner apparemment si on longe un peu davantage que je ne l’aie fait et qu’on s’installe sur les rochers. C’est calme, à l’abri du vent, j’irai la voir de plus près à nouveau, parce que j’ai manqué des choses à priori 🙂
En route pour l’anse de MalmousqueUne partie de l’anse, pour le reste, il faut voir la vidéo 🙂Qu’est ce que çà sent bon !
3- Vallon de la fausse monnaie
Il y a plusieurs versions pour cette appellation, dont l’une que j’ai souvent entendue. Il aurait gardé ce nom depuis l’époque où des contrebandiers arrivaient par bateaux dans ce vallon et y faisaient des trafics en tous genres. Mais il aurait aussi été le coin de bandits qui volaient les gens qui étaient dans les diligences. Ils utilisaient les pièces de monnaie volées pour en faire des fausses, pour ensuite faire leur petit trafic. Bref, c’est le vallon de l’arnaque ^^ mais ce ne sont que des anecdotes qui donnent un côté mystérieux à tous ces endroits, parce qu’on se demande parfois d’où ils tiennent leur nom et que c’est intéressant de chercher la raison 🙂 Quand on voit tous ces petits endroits camouflés, on peut se dire que ce sont de belles cachettes et qu’elles l’étaient encore davantage sûrement pour tous les trafics du 19ème siècle 🙂
C’est çà que j’aime dans Marseille… La ville me rend curieuse de ce qu’elle a été et de son histoire passée pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui et les vestiges dont on profite.
J’espère que cette petite balade (grande pour moi 🙂 ) vous aura plu. J’en ai fait un Vlog où on me voit un peu papoter, si çà vous dit de voir tout çà, un peu plus vivant.
Source Pinterest Parce que parfois c’est le seul chemin que j’ai envie de prendre…
Je suis remontée deux mois plus loin sur mon blog, pour voir ce que j’avais dit ici, le contenu des posts écrits durant ce temps et réalisé que peut-être même ici, je mettais un masque finalement. Je noyais le poisson (ou j’essayais de me changer les idées, c’est aussi bien possible) en parlant musique, livres, partagé pas mal de photos. Mais rien qui faisait allusion à ce que je ressentais et comment j’étais vraiment derrière ces lignes là…
Deux mois, c’est le temps où le mot dépression s’est renforcé. Depuis mon anniversaire, ce n’est pas terrible finalement. Un mois que mon antidépresseur a été doublé et çà n’agit pas sur mon état. Je passe des journées cahotiques entre idées noires et minuscules moments où je me dis qu’il ne faut pas que je lâche, en général, c’est là que j’en profite soit pour venir vous lire, soit pour écrire quelque chose. Mon corps est un long machin rempli de douleurs à 10 et encore l’échelle est souvent trop petite. Le décès de C. m’a affectée à un point que personne ne sait, finalement, je me suis sentie seule face à çà, comme pour beaucoup d’autres choses d’ailleurs. J’ai perdu espoir sur tout traitement et çà a renforcé le fait que dans ma tête, c’était déjà bien rempli.
Pas bien au point de ne plus arriver à prendre vraiment soin de moi, alors que je suis la 1ère à dire que c’est important. Sauf que je me sens comme terrassée sur place et plus les jours passent, plus je me demande comment je vais en sortir… comment je vais me sentir mieux… physiquement et moralement. Mon ventre est gonflé à cause de problèmes gynéco, qui provoquent de fortes douleurs et agissent sur les intestins. Mon 2nd cerveau qu’est le ventre est un champ de bataille… J’ai l’impression d’être enceinte et je fonds en larmes dès que j’aile malheur de croiser mon reflet dans la glace en sortant de la douche. Pas par complexe, mais parce qu’il est gonflé et vide à la fois (non je n’ai pas fait de deuil depuis ma lettre à mon ptit poussin) et que çà me rappelle qu’il le restera, vide.
Je ne suis pas maniaque mais j’aime que ce soit rangé juste ce qu’il faut chez moi, même çà je n’ai plus le courage. Tout me demande un effort comme si on me demandait de décrocher la lune. Et çà me pèse, parce que pour le coup, la fameuse phrase à laquelle je n’ai jamais cru « quand on veut, on peut », qui ne s’applique pas à tout, dans la vie, est plus compliqué dans ce genre de cas… et j’ai beau vouloir ranger, faire certaines choses, je me sens bloquée. Déjà par un corps qui peine à avancer, par la fatigue qui me cloue, mais aussi par un moral qui est absent.
La psy m’a conseillé de sortir dès que mon corps le permettait vraiment pour ne pas me renfermer comme je le fais. Le meilleur ami a pensé que je voulais protéger (c’est ma grande spécialité en général oui), mais ce n’est pas le cas, je n’ai plus envie de protéger, parce qu’au final, il n’y a personne pour me protéger moi, alors j’ai arrêté. Je me renferme. Déjà, c’est compliqué d’avoir envie de faire quelque chose, on me dirait qu’il y a Brad Pitt à tel endroit, queje ne m’y rendrais pas, çà me coûterait. Pour les nouvelles personnes qui auraient envie de m’approcher, j’ai tellement été déçue par des comportements de merde ces derniers mois, que je ne veux plus m’attacher. J’aimerais avoir un coeur aussi dur que la pierre, mais je ne suis pas de ce style, je m’attache et ne le veux plus, donc la solution est de ne plus faire de rencontres, pour que çà recommence sans arrêt. Je n’ai plus le courage de ressentir ce que je ressens depuis des mois…. Et pour les ami(e)s qui sont encore là (je compte sur un doigt, celle qui ne me dit pas « je n’ai pas le temps », la seule aussi qui ne m’aurait pas laissé seule pour Pâques, parce qu’elle savait que c’est une fête qui compte pour moi et que j’étais mal de ne pas avoir pu remonter dans ma famille. C’était une période où j’étais plus souvent allongée que debout, donc je n’avais rien pu faire, mais j’avais apprécié qu’elle me parle et qu’elle me propose de le passer avec elle et ses filles. Juste avoir la pensée de me proposer m’avait fait du bien. Et qu’elle réalise aussi que j’étais mal de ne pas voir mes nièces. Parfois je me dis que c’est plus facile de faire comme si on ne savait pas les choses ou comme si on ne voulait pas les voir.
Et il y a une dernière raison. Moins on me voit, plus on va m’oublier. Loin des yeux, loin du coeur…. Je fais un constat un peu compliqué, parce que c’est la 1ère fois que je le ressens et ne sais pas comment le gérer. Je ne me bats plus pour moi, je le fais juste pour mes parents qui ont encore besoin de leur fille. J’essaie de me convaincre que mes nièces ne se souviendront pas qu’il y a une tatie delph qui les aime, avec le temps, çà va s’estomper. Et que mon frère aura sa ptite famille à laquelle se raccrocher. Les amis, pour ce qu’on se voit, je me dis qu’on ne verrait même pas que je ne suis plus là. Des excuses bidon pour me déculpabiliser des idées noires qui me collent à la peau et l’envie de partir qui ne me quitte pas.
Mais j’ai du mal à m’accrocher, j’avoue…
J’allais dire que rien n’est structuré là-dedans, mais en même temps, rien n’est structuré dans ma tête non plus, du coup, c’est bordélique ici aussi et je n’ai pas envie de tout relire, j’ai besoin de cracher le maximum de choses, c’est mon seul but…
Au milieu, j’essaie de montrer celle que je suis, en parallèle de tout ce cirque, pour qu’on n’oublie pas qui je suis et pour que moi-même, je ne m’oublie pas pour finir… mais ce soir, je suis fatiguée et mon masque dégringole ici, à défaut de pouvoir vraiment le faire dans la « vraie vie » (même si je me sens plus vivante sur mon blog que dans mon quotidien et que la vraie vie ne veut plus rien dire à ce stade là. Elle est inexistante)
C’est pas gai, mais c’est aussi mon quotidien, au-delà des photos, de la musique que je laisse comme traces aussi ici.
Des chansons que je découvre, des albums qui naissent, des chanteu(se)rs que je rencontre au détour de youtube ou de BO de films ou de l’application Shazam qui m’aide à trouver d’où vient ce que j’entends 🙂
Il y a déjà eu John Legend que j’ai pris plaisir à redécouvrir et à apprécier davantage, surtout avec la chanson « Glory » qui a été écrite pour le film « Selma ». Le combat de Martin Luther King à faire accéder les citoyens noirs au droit de vote et la marche qui a été faite entre les villes de Selma et de Montgomery. Des hommes et des femmes qui se battent pour leur liberté et leurs droits. Et c’est une chanson qui me touche beaucoup du coup.
« Made to love ». Parce que je pense qu’il y a quelqu’un pour chacun(e) de nous qui nous attend (enfin je l’espère…)
Après, pas du tout dans le même registre, il y a le nouvel album « Blanc » de Julie Zenatti qui est sorti, avec parmi d’autres, ces deux chansons qui me parlent, « Pars sans rien dire » et « Je ne t’en veux pas »… Je suis attachée à cette chanteuse, parce que je l’écoutais beaucoup lors de ma toute première hospitalisation pour anorexie. Je me réfugiais dans la musique, dont ses chansons à elle, qui mettait de la vie, de la bonne humeur dans ma chambre d’hôpital. Des chansons dans lesquelles je me suis aussi souvent retrouvée. Et j’aime son évolution. 17 ans presque après « Notre Dame de Paris » (j’ai écrit Notre Dame de la Garde, je ne sais plus où j’habite lol), elle est toujours là. Peu de jeunes chanteur(se)s peuvent en dire autant, il faut bien le dire…
Et pour finir, Louane. Comme j’arrive souvent après la bataille (enfin j’attends surtout que les films soient dispo en streaming, j’avoue surtout), j’ai vu « La famille Bélier » l’autre jour. Un film qui m’a fait sourire, rire, touchée, pleuré. Et si je ne devais ne retenir qu’une scène de ce film, ce serait celle où elle chante « Je vole » en langue des signes pour ses parents. Du coup, comme je ne m’étais pas vraiment intéressée à Louane jusque là, j’ai voulu en savoir davantage et écouté d’autres chansons d’elle, dont « Maman ». Et j’aime sa fraîcheur et son naturel. J’étais loin d’être comme elle, à 18 ans 🙂
Quelles chansons ou quel(le)s chanteur(se)s sont présents dans vos z’oreilles, ces temps-çi ?
Plage du Prado, Marseille – Février 2015 – Ptite Delph
J’ai beaucoup aimé l’idée d’ Aileza qui a créé les Apéros Cosmiques, du coup, je vais essayer d’y apporter ma petite contribution. Le thème, pour ce premier apéro qui est le 24 avril est « Vous avez carte blanche mais vous devez impérativement utiliser le mot Boire, à un moment ou un autre ».
PiouPiou a 4 ans et demi (très important à cet âge, les 1/2… quand on devient adulte, on a tendance à aller vers le chiffre inférieur, même quand notre anniversaire est le mois suivant :p ). L’âge où on pose plein de questions sur des choses essentielles de la vie « maman comment on fait les bébés » ou d’autres beaucoup plus accessibles « maman pourquoi j’ai pas le droit de manger du chocolat avant de manger les z’haricots verts bouhouuu ». C’est aussi le temps où ils ont une sacrée répartie et on se demande où ils cherchent leurs réflexions et leurs mots… Ce jour-là maman PiouPiou lui demande de ranger les jouets qu’il a laissé en plan dans le salon. Evidemment, comme tout enfant qui se respecte (enfin je pense, j’en faisais partie en tout cas :p ), il rechigne à cette tâche. Elle insiste, commence à se fâcher. Finalement, au bout d’1h de bataille entre « je veux pas » « range tes jouets sinon tu seras puni dans ta chambre », « non » « si » « non » si »… enfin vous avez compris quoi… Il se décide enfin à ranger les 3-4 jouets qui ont tellement fait parler d’eux.
Maman PiouPiou lui dit que c’est bien, que « tu vois ce n’était pas la mer à boire« . PiouPiou qui n’a pas sa langue dans sa poche ne comprend pas cette réflexion un peu louche pour lui (en même temps c’est vrai qu’elle est un peu bizarre ^^) et commence à partir en cacahuète « pourquoi on peut la boire parfois la mer ?? mais comment on fait, c’est trop salé et puis on n’avale pas de poissons ?? et puis les algues… han et puis tu sais ces trucs blancs qu’on voit des fois sur la plage tout moches qui bougent plus mais faut faire attention parce que quand elles sont dans lamer, elles piquent et çà fait bobo… ah oui ! les méduses !!! et ben si on boit la mer, on peut pas en avaler une ? et puis çà fait comment dans l’estomac, le ventre devient gros avec toute l’eau ?, et puis il y a du sable dans la mer, eurk çà doit grincer quand on serre les dents eurk eurk eurk (en crachant dignement sur le tapis du salon évidemment tant qu’à faire ^^) c’est pas bon. Je serai jamais obligé de boire de la mer hein maman ?? hein dis ?? »
Inutile de dire que Maman PiouPiou a regretté d’avoir glissé cette expression dans sa phrase, ce jour là 🙂
Je pense qu’on sait maintenant à quel point l’asmr (Réponse Automatique des Méridiens Sensoriels), cette technique de relaxation dont j’avais déjà parlé au début que je l’avais découverte sur youtube, m’apporte au quotidien. C’est ce qui fonctionne le mieux dans ce que j’ai pu tester jusqu’à maintenant. Depuis toute petite j’y étais sensible, sans savoir que d’autres personnes pouvaient avoir les mêmes sensations et que cela portait un nom surtout. Quand mes parents me touchaient les cheveux pour m’endormir, puis plus tard, quand j’entendais les pages d’un magazine se tourner doucement ou des petits bruits tels que la pluie sur un vélux ou sur le toit de mes parents, des petites chatouilles sur les bras et toutes sortes de petites choses un peu similaires, je commençais à m’apaiser, ressentais des petits frissons au niveau de la tête, voire au niveau des cervicales et des bras et un peu d’apaisement et de détente.
Certains y sont sensibles, d’autres non. Pour certains les déclencheurs vont être des pages tournées, des grattements sur différents styles de surface, du tapping, des chuchotements (les histoires qu’on lit aux enfants par exemple, finalement c’est parce qu’en parlant doucement, on leur déclenche une partie du cerveau qui justement est stimulée par le cerveau et çà les endort, parce qu’il se détendent et s’apaisent). Pour d’autres, çà va être d’autres éléments qui déclencheront. De mon côté, à part le papier du style livre, dont on tourne les pages et qui me donnent des frissons, mais parce que j’ai horreur de çà, j’ai remarqué que beaucoup de choses arrivent à déclencher cette partie un peu magique du cerveau. Et j’ai aussi testé les vidéos à faire moi-même, malheureusement, mon micro n’est pas ce qu’il y a de mieux et j’ai un bruit de fond qui peut être gênant sur ma webcam, du coup, il faut que j’essaie de régler tous ces paramètres là pour que le son soit le mieux possible et qu’on entende ce que je fais. C’est sur ma chaîne youtube si vous avez envie de faire un tour pour voir, malgré la qualité qui n’est pas géniale. Si vous avez envie de noms d’artistes asmr, n’hésitez pas à le dire en commentaire, je vous conseillerai d’aller vers certaines personnes avec plaisir. C’est une technique de relaxation qui se développe de plus en plus en France et c’est super. Certains ont l’esprit mal tourné quand ils lisent « orgasme cérébral », parce que tout de suite c’est sexuel, alors que çà n’a évidemment rien à voir, mais au lieu de s’informer, de regarder, c’est plus simple de dire n’importe quoi, c’est souvent le cas pour bien des choses qu’on ne connait pas. Du coup, de mon côté, je n’utilise pas ce terme là.
L’autre jour, après une semaine sans sortir parce que je n’étais pas bien à tous les niveaux, j’ai eu besoin de sortir, malgré mon corps émietté des derniers temps, parce que je commençais à disjoncter moralement. Il fallait que je voie du monde, au moins. Sentir de la vie autour de moi… J’ai ramé physiquement, mais au moins moralement, je n’ai pas été déçue de ma mini balade dans le jardin qu’il y a près de chez moi. Et au milieu des coqs, des canards, des oiseaux et de l’eau, je me suis dit que çà pourrait bien d’allier printemps et asmr, du coup j’en ai fait une petite vidéo. Le printemps est ma saison préférée, parce que c’est le renouveau, tout semble recommencer à vivre, on y voit de belles couleurs, les oiseaux se réveillent, bref, j’aime ces mois là. Du coup j’ai allié les deux choses que j’aime, qui me servira dans les jours de pluie et de moral à 0. Je vous laisse du coup en vidéo et en photos de nos beaux arbres printaniers marseillais ❤
Pour ouvrir le diaporama, il suffit de cliquer sur une des photos.
Et vous, utilisez-vous la relaxation ? Si oui quel style d’exercice ?
***** Je tiens juste à rappeler que mon blog n’est pas un forum et que je ne souhaite pas que des histoires de tièrces personnes soient racontées. Je comprends que ça fasse partie de votre histoire aussi si vous êtes en couple avec une personne borderline, mais la personne concernée n’a peut-être pas envie de voir son histoire affichée sur un blog par contre… De plus, je ne suis ni médecin généraliste, ni psychiatre, ni psychologue, je suis juste en mesure de dire ce que je ressens et encore, on est tous différents. Mais merci de ne pas me demander si je pense que telle personne est borderline ou pas, conduisez la personne chez un psy, pour ça, elle sera aidée au mieux. Merci pour votre compréhension…. *****
J’ai souvent des mots clés en rapport avec ce sujet. Les gens semblent se demander comment se conduire avec leur conjoint(e) borderline. Et ces dernièr(e)s se posent des questions sur leur façon de gérer leurs sentiments. C’est récurrent dans les recherches qui sont faites en arrivant par ici. Je suis moi-même un peu « embêtée » par tout çà et me pose énormément de questions. Si je suis célibataire, c’est en grande partie parce que je ne me donne pas le droit d’aimer et d’être aimée, à cause de ce trouble qui peut faire des ravages dans les relations. Je me souviens des mots de ma psy « malgré votre trouble, vous arrivez à tisser des liens, c’est un effort, mais vous restez »… mais à quel prix. En amitié, c’est déjà très compliqué à gérer tout çà. J’ai souvent besoin de me protéger, parce que je ressens tout de façon démesurée dans mes émotions. Alors en amour…
Mais qu’est ce qui bloque chez nous ? Qu’est ce qui fait qu’aimer et être aimé(e) pose autant de soucis ? Les personnes borderline ont des conduites à risque, ce n’est pas neuf (boulimie, sexe, alcool, drogue etc…), par contre, en lisant des sites pour écrire cet article, je me suis rendue compte qu’on était beaucoup étiquetée « recherche sexe à outrance » en gros. Alors personnellement, je suis célibataire et n’ai pas eu de partenaires depuis très longtemps. Jene fais donc pas partie des personnes qui vont chercher dans le sexe, un moyen de remplir le vide et le manque d’affection qu’on peut ressentir dans ces cas là.
Je suis quelqu’un pour qui mes limites sont extrêmes (d’où le terme « état limite », parce qu’on frôle la frontière de la psychose et de la réalité), c’est soit noir, soit blanc, que ce soit dans mes sentiments ou dans mes émotions entre autres. L’amour et la haine vont ensemble, mais pour moi, la frontière est très fine, un peu plus que chez les personnes qui n’ont pas ce trouble. J’ai du mal à savoir qui je suis, pour qui, du coup, en couple, j’aurais sans arrêt besoin d’être rassurée sur ce que mon conjoint ressent pour moi, ce que je lui apporte, pourquoi il est avec moi, si je l’aime assez de mon côté etc… (le pire c’est que je ne suis pas jalouse à outrance, donc je n’aurais pas ce souci là au moins) et je sais que çà peut être usant d’être toujours dans le doute, pour moi comme pour celui qui vivrait avec moi, parce que çà suppose de répéter sans arrêt les mêmes choses. Je vais les entendre, les écouter et les assimiler un moment, du coup je vais être un peu plus sereine et puis d’un coup, je vais me remettre à me poser des questions et à redemander ce que je rumine (on est douées dans ce domaine….) et çà peut lasser le partenaire, ce que je peux bien comprendre, parce que çà me fatigue moi-même de me torturer sans cesse sur ce que je suis pour les autres. J’arrive du coup à dépendre de l’autre puisque mon propre regard n’est pas objectif, alors je me fie à ce qu’on me renvoie, sauf que ce serait plutôt bien si j’arrivais à savoir de moi-même la valeur que j’ai à mes yeux, déjà me concernant, plutôt que d’attendre ce qu’on veut bien dire de moi (suis pas sûre que ce soit très objectif, parce que finalement, qui me connait vraiment… au plus profond de moi…)
Il y a aussi le souci de la peur du rejet et de l’abandon. Si mon compagnon me faisait une remarque qui passerait inaperçue pour d’autres, chez moi, çà tournerait en « il veut me quitter », du coup, pareil, je poserais 36000 questions sur le pourquoi de la fameuse phrase qui m’a faite tilter autant (sans tomber dans la manipulation comme j’ai pu le lire. Je ne suis pas du genre à dire des phrases du style « si tu me quittes, je ferai çà »). Je me « contente » de harceler de questions et si je comprends mal les réponses, du coup, je vais recommencer jusqu’à trouver un peu d’apaisement. Un temps… et puis rebelote. Inlassablement. Même moi je me fatigue juste de l’écrire, parce que c’est étouffant à force…
On rajoute l’absence de confiance en moi et je peuxme dévaloriser à une belle allure, ce qui peut insupporter aussi les personnes qui m’aiment (on sent le vécu, en amitié…). Souvent on ne sait plus quoi me dire pour me prouver qui je suis et ce que je représente et çà finit en dispute… qui va enclencher chez moi un état où je ne vais pas arriver du tout à gérer mes émotions, parce qu’elles vont toutes se mettre en même temps dans ma tête, comme une boule qui tourne en rond dans le cerveau et je vais m’en prendre à moi parce que je ne sais pas gérer les conflits autrement qu’en me faisant du mal à moi à défaut d’en faire aux autres, parce que j’estime que j’en fait déjà assez et surtout je me sens incomprise dans ce trouble. Autant avec la fibro, j’arrive à trouver de la compréhension, autant pour çà, j’ai l’impression de tomber de la planète Mars quand je parle de mes difficultés. Du coup, je me tais et me renferme, ce que l’autre en face peut ne pas comprendre… Cercle vicieux pff…
En amitié, il m’est souvent arrivée de partir d’une relation par peur d’être abandonnée, en prévision du moment où çà pourrait arriver, je prends les devants. Et en amour, je ferais pareil. Je serais capable de tout quitter, parce que ma peur de l’abandon serait trop ingérable et serait une source de souffrance immense pour moi, que je préfèrerais partir. Abandonner au lieu de l’être, pendant qu’il est temps… pour éviter les dégâts…
Il y a toujours un sentiment de vide en moi, qui est très peu comblé finalement, du coup en amour, il en faudrait une sacrée dose d’affection et surtout de démonstrations multiples pour arriver à me « remplir » et il peut y avoir de la frustration et être sans cesse en train de demander davantage de marques d’affection du coup, ce qui peut être usant encore une fois pour l’autre… et pour moi accessoirement, parce qu’il ne faut pas croire que seul le partenaire souffre hein… comme j’ai pu l’entendre en amitié…
Ce qui est aussi dur à vivre, ce sont les sautes d’humeur. Passer de la douceur à la colère en un éclair sans qu’on sache ce qui a pu arriver. Passer du rire aux larmes sans qu’il y ait forcément d’explications. Juste qu’en moi, il suffit de peu pour me rendre bien, mais il m’en faut tout autant peu pour me rendre très mal. Du coup, le partenaire doit jongler avec çà et ce qui est légitime, c’est qu’il se demande ce qui s’est passé, s’il a dit ou fait quelque chose de travers. Et après comment réagir, quoi dire. L’impuissance est de nouveau au RV. Et moi, dans ces moments, je me replie sur moi-même et entre dans un monde un peu parallèle. Je ne distincte plus grand chose de ce qui est réel et de ce qui relève du trouble. Il peut se passer des heures, voire des jours pendant lesquels je ne verrai plus s’il y a du soleil ou s’il pleut. Parfois je vois la nuit arriver, mais n’ai pas vu le jour finalement… Pendant ce temps là, soit je vais me fairedu mal physiquement pour essayer de trouver un moyen de stopper ce que je ressens moralement, soit pleurer avec des idées suicidaires parce que c’est épuisant et qu’entre çà et les douleurs, il y a de quoi péter tous les câbles, soit rester dans ma bulle à ne plus me reconnaître dans un miroir parce que je n’arrive plus à faire le lien entre cette image de moi dans le miroir et celle que je suis au fond de moi. Et le conjoint, au milieu de çà, il est comment… Je n’ose pas l’imaginer, j’avoue… Il se prend un mur dans la tronche, la carapace qu’on installe autour de soi devient étanche et hermétique et plus personne n’arrive à entrer en contact. Comme un fil coupé, une connexion qui ne se fait plus.
Une fois, la psy m’a dit que j’étais très lucide sur mon trouble, j’ai répondu que j’aimerais l’être beaucoup moins… Je réalise très bien ce qui se passe, mais la difficulté à ne pas savoir ce qui est réalité et trouble, fait que tout est faussé. C’est une source de souffrance terrible, le cerveau ne s’arrête jamais. La nuit, il continue à travers le subconscient et les rêves et c’est infernal.
Pour résumer, j’aurais peur de faire souffrir quelqu’un avec ma façon d’être… et parfois on sent qu’on n’a pas le courage de se torturer encore davantage qu’on le fait déjà quand on est seules. Je gère mal mes relations actuelles en amitié. Jegarde tout en moi, ne dis rien, mais au fond, j’ai envie d’exploser et de dire « allez vous faire foutre, je vous sors de ma vie, de toute façon, çà sert à rien que j’y sois, je ne suis rien. J’en ai marre de ces attitudes qui me font tellement douter de celle que je suis », mais personne ne le sait finalement. Leur vie continue pendant que de mon côté, je me torture l’esprit et m’épuise. Et plus on va être proche de moi, plus çà s’intensifie… Du coup, en amour hum…
On a pourtant toutes le droit d’aimer et d’être aimées, mais j’arrive à concevoir que pour un conjoint, çà peut devenir infernal… et je suis du genre à me dire que je peux souffrir seule, en gros. Que ce n’est pas la peine d’embarquer quelqu’un avec moi dans ce trouble. Pourquoi souffrir à 2 quand on peut souffrir seule, quitte à renforcer ce vide que je ressens en moi… Mon caractère n’est pas difficile à vivre, lui. Je suis simple dans celle que je suis. Mais çà c’est mon caractère… par dessus il y a le trouble qui me détruit et la peur de l’abandon, de l’oubli et du rejet, à ruminer toujours comme un disque rayé, à décortiquer et analyser tout ce qui se dit m’épuise… Et épuiserait même le compagnon le plus patient… Alors je pars sans rien dire, en amitié déjà quand je ne me sens plus bien dans une relation (ou alors j’ai du mal à quitter, c’est aussi quelque chose qui peut arriver, parce que je sais que mon vide intérieur serait encore plus gros et du coup, je reste, mais avec mes milliards de questions, sans réponses évidemment… parce que parfois il n’y en a tout simplement pas) Je suis maso en gros à rester là où je peux souffrir… Et gère à ma façon mes émotions et mes sentiments cassés. La cocotte minute toujours en état de fonctionnement à une allure en mode TGV, parce que çà carbure à une vitesse qu’on ne soupçonne pas. Au début, quand j’explique pour prévenir, ceux que j’ai connus, ont eu tendance à dire « oh tu exagères, tu es toute douce, toute calme !! » moui… mais à l’intérieur, personne n’y sera jamais. Je suis vide de sensations mais pleine de pensées et d’émotions à l’envers.
Je ne sais pas si les personnes qui ont tapé certains mots-clés trouveront des réponses à travers ce que je ressens moi-même, mais en tout cas, ne faites pas comme moi… laissez vous aimer, osez affronter la peur de l’abandon, parce que ce n’est pas forcément ce qui arrivera et donnez vous le droit d’avoir une relation malgré votre trouble. J’y travaille doucement, malgré de gros blocages…
Un petit post pour ma participation comme chaque mois, aux « Instantanés Singuliers » de ma chère Marie. Le thème de ce mois est « Les murs de votre ville ». Je n’ai pas pu sortir pour prendre de nouvelles photos, donc j’ai puisé dans mes petites archives et choisi les photos, qui à mes yeux, représentent le mieux Marseille.
Marseille et ses murs en pierres, qu’on trouve dans toutes les fortifications, monuments et souvenirs d’un autre temps et qui ont traversé des siècles et des siècles (la vieille charité a été construite au XVIIème siècle et le Fort St-Jean a vu vraiment le jour au XVème siècle. Des murs qui font la richesse culturelle et historique de la ville. Parmi tant d’autres et plus anciens encore.
Des murs fleuris au détour de jardins, bien nombreux aussi au sein de la ville
Des messages en version street art, faits par des artistes dont j’aime voir les oeuvres, peuplées nos murs. Des messages d’amour, de haine, de bonheur, de malheur… des souvenirs aussi, gravés dans les murs à jamais j’espère (ma crainte est toujours qu’on repasse par-dessus et que les tags disparaissent. J’aurais l’impression qu’on ferait taire son auteur aussi).
Des feuilles placardées sur des murs salis, un Adieu j’ai supposé. J’avais les larmes aux yeux de lire ces mots en face d’une benne à ordures, dans une minuscule rue, mais assez visibles pour qu’on arrive à les voir malgré tout. J’y ai lu tellement de solitude, comme un dialogue interrompu trop tôt, pour des propos qui avaient besoin d’être encore partagés. Sa façon à lui ou à elle, de voir le monde, dans ce quartier d’artistes, qu’est le Panier et un « Christian » qui semble manquer…
Des noms de rues parfois difficiles à trouver parce que ce sont des impasses biscornues et minuscules aux consonances bien douces et qu’on a du coup envie de découvrir tant bien que mal et arrivée sur place, on s’aperçoit que des choses ont été rajoutées ou modifiées. Des malheureux en amour ont choisi de croire davantage en l’amitié et on fait de ce coin leur symbole personnel. C’est comme çà que la « rue des amoureux » devient gravée plutôt « rue des amis » qu’on aura du mal à trouver sur un plan du coup 🙂 Des murs qui entourent des quartiers devenus finalement des villages et où les habitants se connaissent, parce qu’ils sont un peu en dehors de la vie de la ville, loin de tout, ils se sont construits leur propre vie, jusqu’à se donner le droit d’enlever des plaques de rues et de graver autre chose ^^
Ce sont nos murs. A travers les âges et les quartiers qui ont chacun leur âme. Les murs respirent l’esprit des gens qui y vivent ou qui s’y sentent assez bien pour y laisser leurs traces. Les murs vivent, nous entourent, nous protègent, nous font rêver, nous font prendre conscience de certaines choses, nous rappellent que des pierres existent depuis des siècles et des siècles. Je me sens toujours petite et impressionnée devant tous ces murs bien solides, avec chacun leur histoire plus ou moins récente, en tout cas. Et je les aime, ces murs.
Elle s’appelait Corine, souffrait de fibromyalgie depuis 20 ans. Elle avait perdu beaucoup de choses à cause d’elle, la dépression l’avait envahie, comme beaucoup d’entre nous, je pense… elle avait des douleurs très fortes, s’était retrouvée à un moment de sa vie dans un fauteuil roulant, puis elle avait fait face, avec l’aide de quelqu’un en qui elle avait confiance. Elle faisait des sorties sur ovs, où je l’avais rencontrée virtuellement, c’était la 1ère à m’adresser la parole d’ailleurs, parce qu’elle savait que j’en souffrais aussi. Je n’ai jamais oublié l’espoir qu’elle m’avait donné. Il yavait des moments aussi où elle parlait d’en finir et puis elle revenait…
Jusqu’à la nuit de lundi à mardi… elle a arrêté son combat et on a perdu son joli sourire… Sa lutte contre la douleur est terminée, elle a abrégé ses souffrances. Elle aurait eu 56 ans dans une semaine.
Elle nous a mis devant la réalité des choses. Que la douleur peut être tellement forte qu’on finit par y laisser nos plumes. La force, le courage et la vie y passent. C’est notre réalité en tant que douloureux chroniques même si à la base, la fibromyalgie n’est pas physiologiquement une maladie qui entraîne les décès, la dépression qu’elle entraîne, elle, provoque des suicides et c’est finalement le même résultat que toute autre maladie.
Elle se battait pour trouver la sérénité sur Terre, à travers des activités. Ce n’était pas assez pour la maintenir à la surface, elle se sentait toujours aussi seule face à ses douleurs.
Elle avait vu une photo que j’avais mise de moi sur facebook, de mon baptême en parapente. C’était aussi son rêve, on en avait parlé, elle avait peur, pendant un moment je lui avais parlé de l’association qui avait été géniale avec moi et qu’ils m’avaient permis de réaliser mon rêve malgré les circonstances. J’étais contente qu’elle me dise qu’elle le ferait au printemps… Le printemps est là, les airs l’attendaient, à la place, elle a traversé les nuages et rejoint ces étoiles qui se font beaucoup trop nombreuses à force…. 😦
Je me suis demandé si on avait fait assez pour la soutenir au sein du groupe, si moi de mon côté, j’avais pu être assez présente pour elle, si je n’aurais pas dû aller davantage vers elle pour lui dire que je la comprenais, qu’elle n’était pas seule, même si elle le savait, l’écouter davantage… Mais il fallait seulement accepter que c’était trop lourd et que rien de plus n’aurait pu l’aider, à part lui retirer toute douleur. Et accepter son choix et son besoin de s’échapper. Tout simplement. L’accompagner vers cette nouvelle demeure qu’est la sienne dorénavant.
« Respire… sois sereine et vole vers ta liberté ma Coco… j’ai toujours compris tes mots / maux… je comprends ton geste… Repose enfin en paix »