
Aileza a lancé les apéros cosmiques il y a quelques mois déjà et c’est toujours un plaisir de rejoindre ce moment quasi mensuel. N’hésitez pas à rejoindre cet apéro bien spécial 🙂 Voilà ma participation, dont le thème est « Ce qui coule dans mes veines ».
« Ce liquide qui coule en moi est toujours en ébullition, actif à des allures qui dépassent parfois l’entendement. Il brûle la fine épaisseur de mes veines, tant l’afflux peut être violent, quand je suis animée par l’amour de ma famille, par des marques d’affection d’ami(e)s qui me rendent encore vivante, qui font de moi quelqu’un d’important et qui donne un sens à l’existence. Il réchauffe tout mon être, comme si j’étais invincible et qu’il ne pouvait rien arriver, ni à moi, ni aux personnes qui me sont chères. Il brille telle une flamme qui permettrait de la faire briller à des kms alentours. Je crois en l’énergie qui passe entre les gens, que se soit par contact quand des bras me serrent très fort pour me montrer de l’affection. Par un regard, un geste, un mot sincère qui vont donner sens à la vie. A ma vie.

Mais parfois, cette substance qui me sert de sang se fige et se glace en moi, il donne une sensation de froid intérieur que rien ne pourra réchauffer. Je l’imagine naviguer au ralenti quasiment inerte, bleu. Le mensonge, l’hypocrisie, l’absence, les excuses qui me rendent imbécile aux yeux des autres, la perte de confiance en eux du coup, le bloquent, parce que ce ne sont pas mes valeurs à moi. Je vais même à l’encontre de ces sentiments qui bousillent le bon cheminement de mon liquide intérieur et qui ne m’appartiennent pas, mais qui entraînent la déception. Ce n’est pas mon essence personnelle et c’est comme si ce qui coulait dans mes veines à ce moment là était éteint. La flamme s’atténue et il faut que je fasse attention à ne pas la laisser se consumer.
Dans l’un ou l’autre cas, j’ai autre chose, en parallèle de tout cela, qui coule dans mes veines. De l’encre. Parce que c’est la seule façon que j’ai d’expulser le meilleur comme le pire et je crache un jet d’encre sur mon écran pour me libérer du pire ou pour consolider le meilleur. Le partage de celle que je suis à tous les niveaux, dans l’espoir de laisser une trace d’encre indélébile de ce qui aura coulé dans mes veines durant toutes ces années de vie. Le jour où j’ai arrêté de m’auto censurer pour X raisons, j’ai senti que l’afflux était encore plus fort et qu’il éjectait à une vitesse grand V le contenu de ses veines, de tout ce qui pouvait être contenu dans ma tête, dans mon coeur et au plus profond de mes tripes surtout. Sans tabou.
Ce qui coule dans mes veines est un bouillon, un cyclone, une cocotte minute qui vit les belles et les mauvaises choses d’une façon surdimensionnée. Je sais juste que je laisse de moins en moins, les gens me donner l’occasion de penser que ce qui coule dans mes veines est bleu, froid et inactif. Et je m’accroche au maximum à ceux qui arrivent à donner à ce sang, des teintes rouge vif, intense, vivante. La vie dans des petits tuyaux veineux qui se diffusent dans des canaux artériels qui vont droit au coeur pour l’embellir et lui donner un sens, parce qu’il le mérite après avoir autant souffert…. »


























