Des combats qui me touchent

Quand le vocabulaire fait mal.

La fameuse Une de la Provence

Je ne vais pas faire attention au mien, de vocabulaire, par contre pour une fois. Si vous êtes sensibles à la langue française et à la politesse, abstenez-vous de lire ce qui suit. Des noms d’oiseaux risquent de voler.

On ne peut pas dire que je respire la joie de vivre depuis 10 jours. Entre les douleurs à gérer, le fait que je me sois fait mal au dos par dessus m’a mise sur le carreau physiquement et moralement. Et dans ma tête, il y a une bulle qui s’est formée en même temps, j’ai senti que mes émotions et mes sentiments se cassaient la figure et que je ne pourrais pas les récupérer. Je suis incapable de dire où sont passés tous ces jours où j’ai lutté pour ne pas avaler tous mes médicaments histoire d’être débarrassée de moi en entier. Je ne tenais pas en place assise, debout c’était l’enfer et couchée c’était encore pire, alors qu’est ce qui reste… En parallèle, j’ai dû tenter de canaliser cette violence qui existe en moi, liée au trouble borderline qui a pu être très destructeur en moi déjà. Tout se mélange dans un tourbillon qui donne le vertige même quand on y est habituée, parce que chaque « crise » est malgré tout différente et ma crainte a toujours été de ne pas revenir parmi les vivants. Je vois le mal partout, ne supporte rien même pas le moindre petit bruit. Je suis plus violente dans mes propos et surtout il n’y a pas de filtre (en gros, je ne ferme pas ma gueule là où d’autres fois je la bouclerais pour ne pas faire d’esclandres). Depuis quelques années, soit j’ai la douleur et ses lourdes conséquences psychologiques et le côté dépression qui ressort davantage à m’occuper, soit j’ai le trouble qui se fait plus fort, mais peut-être que je souffre tellement mentalement que je minimise du coup le côté physique. Sauf qu’il y a parfois comme ces 10 derniers jours, les 2 de façon intense. Et ça m’embarque dans des contrées lointaines. Je n’ai parlé à personne c’est dire. Mes parents ont eu droit à des « oui… non… » et je n’ai pas répondu de suite aux 2 sms reçus. Je suis du genre à ne pas dire clairement que ça ne va plus du tout. Quand on s’en rend compte c’est que je suis déjà en train de calculer combien de comprimés pourraient bien me faire dormir pour l’éternité, en gros. 

Mon compte fb était désactivé pour que je ne sois pas tentée de me plaindre trop. Et on ne peut pas dire que je suis du genre à prendre le téléphone pour dire « hhééé ohhh je coule au secours ». Pourtant paradoxalement, j’aurais bien besoin de juste voir qu’on pense à moi malgré mon absence à travers des messages même si je ne suis pas capable d’y répondre tout de suite, je le fais quand je sens que les gros nuages noirs se dégagent et je les lis pendant ma « disparition » en m’y imprégnant. Parce que c’est sûrement des moments où je me sens vide à un point que je ne pourrai jamais dire avec des mots, tellement le gouffre est sidéral. Des instants où je peux me sentir bien seule face à toute cette souffrance accumulée dans mon corps et ma tête, mais que je tais parce que tout le monde a ses emmerdes et que la vie m’a bien fait réaliser aussi qu’être un boulet d’une façon ou d’une autre dans la vie de quelqu’un, n’était pas mon plus gros kiff… quitte à renforcer la sensation d’isolement, ce qui est encore plus mauvais, parce que je ne parle plus du coup. Et autant dire que pour parler positivisme ou chose gaie, il faudra repasser parce que je n’arrive plus pour l’instant, parce que je suis éreintée de tout et que la seule chose que je tente de faire, n’est même pas de vivre, mais juste survivre. Me lever le matin, me coucher le soir, en priant pour tenir le coup et ne pas faire ce que beaucoup jugent d’égoïste. C’est dire l’ambition qui m’habite. Mais je sens que ça se décante, que le gouffre est moins grand sous mes pieds. Sans savoir pourquoi je suis tombée au milieu des flots qui ressemblaient à une tornade que je ne maîtrisais plus et comment tout s’éclaire de nouveau. Je ne l’ai jamais su de toute façon. Je crois que j’essaie de faire du mieux que je peux quand ça arrive. L’endroit où je m’étais fait mal commence à aller mieux aussi et je pense que ça m’a aidée également.

Bref, mon compte fb est réactivé pour essayer de me réintégrer de nouveau dans la vie et surtout MA vie. Au milieu du fil d’actualités, j’ai ces pages qui me permettent de rester connectées comme on dit maintenant. Et je suis tombée sur la Une de la Provence et j’en ai perdu le peu de calme que je possédais. « Comment la société les gère… les barjots, les schizos et les autres… »

Déjà, si on veut parler d’une pathologie dans un tel journal, on l’écrit en entier. Sauf si on ne sait pas si c’est un F ou PH peut-être, qui suit le O ? Vu le vocabulaire de cette superbe Une, on peut se poser la question. Qui est ce co**ard qui a pondu ça ? Qui peut se permettre de parler de cette façon d’un sujet aussi grave ? C’est à cause de ce genre de propos qu’on est sans arrêt mis dans des cases de déglingués, de fous, de dingues. Il est bien difficile de définir ce qu’est une maladie mentale et les degrés de gravité pour la personne ou pour son entourage. C’est lourd et blessant et ça renforce l’isolement dont je parle plus haut, parce que toutes ces choses psys qui peuvent pourrir une vie sont tellement mal vues et mal connues par la société et pire par les médias, parce qu’il ne peut pas en être autrement pour se taper un titre pareil. Ou alors on oublie trop facilement qu’on peut vite tomber dans un engrenage infernal au milieu des neurones qui ne sont plus bien connectés pour plein de raisons et que personne n’est à l’abri de dégringoler. 

J’ai compté tous ces mois passés en psychiatrie, dans des services pas toujours faciles dont certains fermés où on entend sans arrêt des clés qui ferment et ouvrent le service. Je n’ai pas oublié les personnes que j’y ai rencontrées. Les cas plus légers comme les plus graves. Grave au point que les infirmières ne pouvaient plus accéder à la chambre d’isolement capitonné parce que le patient était costaud, qu’il était en crise et qu’elles risquaient de se faire assommer. On était dans une salle à part pour ne pas être au milieu, on entendait D. hurler, frapper et toutes les équipes réunies pour le maintenir pour lui faire une pîqure qui d’un coup a rendu tout silencieux autour de nous, sauf dans nos esprits et nos coeurs en vrac de savoir qu’on pouvait être mal à ce point sans en avoir conscience. Quelques jours après, le patient revenait avec nous manger, regarder la télé commune. Il était malade… 

Je n’ai pas oublié cette chambre qui conservait bien en sécurité (pour elle comme pour nous) une patiente qui avait des pulsions de meurtre et qui ressortait pareil quelques jours après, aussi douce que je l’avais connue. Elle était malade…

Et évidemment, j’ai encore moins oublié ceux avec lesquels j’ai tissé des liens forts. Avec toutes les maladies que peut comporter la psychiatrie. Ces mêmes maladies qui les ont tués parce qu’elles étaient trop lourdes à porter. Ils sont morts et j’ai perdu des amis chers. L’un d’entre eux, ça a fait 12 ans fin août et il est toujours avec moi. Il était malade…

Ils et elles étaient malades. Et à l’heure actuelle, je m’aperçois qu’on ne fait plus la différence entre ceux qui se font passer pour des malades pour commettre des actes barbares et ceux qui le font pour espérer se tirer plus facilement de la prison et passer pour « fou » comme on dit maintenant. Ce que je ne tolère pas, ce n’est pas pour autant que je me permettrais un titre de merde de ce type. Par respect pour ceux qui sont réellement en détresse un peu plus chaque jour dans leur coin parce qu’à force de voir ces genres de titres et de propos, je me dis que personnellement, de moins en moins de personnes sauront ce qui se passe, à ma petite échelle. Je suppose que j’ai voulu toujours expliquer pour qu’on ne pense pas que ce soit mon caractère, mais quelque chose qui venait le troubler qui pouvait faire comprendre pourquoi mes réactions étaient celles qu’elles étaient parfois, sauf que les médias n’aident pas à modifier le regard des maladies psys de toutes sortes et que ça se véhicule dans la société comme une traînée de poudre. Et il faut reconnaître que plus j’en ai parlé autour de moi, plus ça m’est retombé sur la tronche, il faut dire.

Je n’ai pas oublié cet imbécile qui était face à moi lors d’un repas de Noël et qui en plein milieu d’une conversation a dit que les personnes qui étaient dans ces services psys devraient se faire exterminer. Sauf que je venais de sortir de 3 mois d’hospitalisation, que ma sensibilité était au maximum parce que je ne suis jamais ressortie indemne de tout ça, d’autant plus de voir justement toute cette souffrance mentale autour de moi que la mienne que je considérais comme moindre par rapport à certain(e)s. Et puis le suicide avait déjà fait des dégâts, je n’étais pas en mesure d’entendre ça et qu’il l’a su…

J’imagine, cher journal La Provence, qu’avec vos titres de merde et aussi c**s que ceux ou celles qui les dégottent, nous aurons de plus en plus de propos de ce style ? Merci du fond du coeur alors… enfin en réalité en bonne barjot que je suis moi-même à mes heures perdues et à mon niveau, je vous emmerde (en général, je m’adresse de la même façon que je me sens touchée par quelque chose. Avec le plus grand des respects, là en l’occurence -c’est ironique- évidemment… ) Valable pour ce journal, tous comme les 3/4 de leurs cons-frères journalistes du même style. Si jamais c’était un concours à celui qui souhaite provoquer le plus d’esclandres au niveau titres des articles, vous vous situez bien dans le top 3 depuis plusieurs semaines.

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21 commentaires sur “Quand le vocabulaire fait mal.

  1. Le titre est choquant ma jolie Delphine. Je comprends ta colère. On oublie totalement que derrière ces noms barbares il y a des êtres humains, avec des émotions, des rêves, des envies, des peurs, des maux qui les bouleversent.
    Je t’embrasse bien fort!

    1. On se croirait à la criée sur le joli Vieux-Port… C’est caché derrière les étiquettes ce que les gens ont en eux. On dirait que c’est encadré en plus et qu’on ne peut pas dépasser des côtés. Elargir la vision des choses, les esprits. Si on veut mettre les gens dans des cases, qu’on fasse au moins des extensions pour permettre les nuances… j’ai l’impression que c’est de pire en pire ces étiquettes, ça fait peur en plus de mettre en boule. Bisous ma Marie ❤

  2. Mais oui, ce titre est abjecte ! Ces journaux régionaux sont en général d’une imbécilité remarquable. La souffrance humaine mérite de la considération, de l’humilité et du respect. Je t’embrasse.

    1. C’est grave pour un tel journal oui :/ Je crois qu’on se souvient qu’il y a la souffrance physique qui existe, mais la psychologique est plus compliquée à cerner. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est peut-être bien plus dure à évoquer et qu’on ne trouve pas toujours des mots à poser dessus, mais autant en rester à des mots plus doux si déjà. La bienveillance est restée en vacances sur ce coup-là. Ils se sont déjà ratés à plusieurs reprises en peu de temps. Des bisous ❤

  3. La douleur chronique est quelque chose qui use les nerfs à petit feu, si je le sais moi à mon petit niveau, je n’imagine même pas ce que ça doit être pour toi.

    Ta violence intérieure m’évoque la mienne, celle qui accompagne mes journées lorsque je suis au fond du trou. Y succomber n’est pas toujours signe qu’on ne se retient plus, c’est juste qu’à un moment, il faut que ça sorte…

    Et ce paradoxe que tu évoques, ah !, comme il me parle. Envie de parler à personne mais triste que personne n’essaie de me parler.
    Pour l’avoir vécu il y a peu, je connais le gouffre, je sais son appel, et je ne sais que dire parce qu’il y a peu de choses à dire dans ces cas-là. Tendre la main vers la surface n’est pas chose aisée, je crois que ça s’apprend, moi je ne sais pas faire non plus. Essaies-tu d’écrire dans ces moments ? Même sans publier, juste pour faire sortir les mots, qu’ils arrêtent de gangréner ton énergie. Ton coup de gueule fait du bien, parfois il est nécessaire que les choses soient dites. Cette une est à vomir et elle ne fait qu’entretenir le mépris ambiant pour tous celleux qui ne seraient pas « normaux·les ». La dénoncer participe au combat collectif contre ces préjugés, contre cette haine ; il faut montrer du doigt, dire ce qui ne va pas. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte du problème si on ne l’écrit pas noir sur blanc.
    J’espère que cet article t’aura fait retrouver un peu de force, de cette envie de lutter qui peut te ramener vers la surface.

    1. Ca ronge l’intérieur. Je ne suis pas quelqu’un qui gère en plus super bien la douleur, d’autres sont sans doute plus calmes face à elle, mais plus j’avance, plus elle m’éreinte parce qu’elle est là en permanence à des stades que je juge haut. Quand je n’arrive plus à relativiser en plus, là c’est la fin des haricots, parce que je peux vite me culpabiliser de me plaindre pour « si peu »…
      Cette violence est viscérale et vient de très loin, si j’hurlais à ces moments là, ma petite voix habituelle serait d’une rage sans nom. Je n’ai jamais pu, alors j’ai laissé parler mes poings qui atterrissaient dans ma tronche, c’était plus radical. La fibro a ça de « bien » qu’elle ne me permet plus de le faire. Le côté mauvais étant que je n’ai plus de moyens d’évacuer et que ça pourrit encore plus loin en moi du coup. Je peux être virulente si on me cherche un peu, c’est aussi pour ça qu’il vaut mieux ne pas être en ma présence. Je n’arrive pas à écrire non, j’ai essayé mais même sur le papier, les mots se bousculent mais rien ne vient réellement et c’est tellement fouillis parce que je pense à tout et n’importe quoi en même temps que c’est l’anarchie partout. Dans ma tête et à travers le clavier ou le stylo. Tu arrives à mettre par écrit cette violence que tu as en toi ? sur le moment ? Autant je crois à la méditation et aux solutions plus calmes, autant pour me défouler ou évacuer, mon corps me manque… là j’ai pu aller marcher un peu près de la mer et j’étais bien contente surtout qu’il y avait du vent et donc des vagues pour bien me « nettoyer », du coup pour répondre à ta dernière phrase, j’étais au fond du trou pour être honnête hier et je ne me sentais pas en sécurité il faut bien le dire, mais aujourd’hui c’est plus calme, même si je ressens un vide en moi et que je sens que tout est fragile. J’espère que tu te sens un peu mieux de ton côté en tout cas parce que ça épuise et vide, en plus de rendre bien mal en point… On dirait que les neurones sont passés à l’essorage dans une machine à laver. Il y a des moments où la surface paraît tellement encore plus lointaine et intouchable en plus qu’à certains autres moments que ça peut faire peur. J’essaie toujours de me souvenir de ce que me disait une psychologue qui m’a suivie un moment. Elle me donnait des exercices pour essayer de calmer les crises d’angoisse et elle m’avait expliqué que c’était une courbe, qu’une fois arrivée à son apogée, l’angoisse ne pourrait pas aller plus haut et que tout comme cette fameuse courbe, elle redescendrait. Et à chaque fois que je me sens aussi mal que ces 10 derniers jours, au niveau psychologique, parce que physiquement, ce n’est plus une courbe, mais un long trait.., pour ne pas avoir peur de ne jamais revenir, j’essaie d’avoir en tête l’image de la courbe et de me dire qu’aussi haut que je monte, je vais sentir à un moment que ça redescendra. On ne sait jamais quand, mais ça redescend… Parfois ça me rassure, parfois pas du tout, parce que reste à savoir si je suis montée au plus haut du mal déjà ou si je verrai encore pire.
      C’est compliqué d’expliquer tout ça… mais je ne permets plus pour autant qu’on parle comme cette fameuse Une. Ce qui m’a rassurée, c’était que plus des 3/4 des commentaires qui ont suivi allaient dans ce sens là aussi. Ce n’était pas moi qui percevait mal les mots parce que j’étais trop mal pour analyser bien objectivement les choses.
      Ce paradoxe m’a souvent fait souffrir. Pas tant que le reste bien sûr, mais on va dire qu’il n’arrange pas les choses. Je crois qu’on est beaucoup (et moi la 1ère c’est ça le pire) à se dire que la personne n’a pas besoin de nous, qu’elle est aidée par d’autres personnes (ce qui n’est pas forcément le cas si tout le monde se dit la même chose). Quand j’ai fait la remarque à des moments où le silence me faisait mal tellement il résonnait en moi, on m’a parfois répondu qu’on ne savait pas quoi me dire. Mais ce ne sont pas les grands discours qui font le plus et autour de moi, peu l’ont compris finalement que des sms avec « je pense à toi, bisous », je peux les relire plusieurs fois pour me raccrocher à autant de choses que je peux. Je suis complexe dans mon trouble, mais tellement simple dans mes besoins pour le coup quand je n’arrive plus à rien.
      Je t’envoie de douces pensées ma belle. Prends soin de toi du mieux possible ❤ gs gs bisous

      1. Peut être faudrait il que tu te trouves un point d’ancrage, un repère auquel te raccrocher quand tu sens que ton jugement est obstrué par la douleur – une pensée qui t’apaise, une personne qui te fait du bien (ta nièce?) ou alors une méthode pour garder son calme (Fabien Olicard disait que pendant ses séances de méditation il avait pris l’habitude de se toucher l’oreille, et que maintenant quand il se trouve dans une situation difficile il porte la main à son oreille et ça contribue à l’apaiser). C’est peut-être complètement incongru ce que je te dis, désolée par avance si c’est à milles lieues de ce que tu vis…
        Pour l’écriture, j’ai envie de te dire : ne pense pas et couche sur le papier tout ce qui te passe par la tête. Ce n’est pas le but que ce soit organisé, mais que ça sorte oui. Même si ce n’est que des mots par-ci par-là. Une fois qu’ils sortent ils prennent sens et permettent de mieux appréhender les émotions.
        Je ne trouve pas l’explication de la psychologue rassurante, parce qu’au final tu ne sais jamais quand tu redescends…
        Bref tout ça pour dire que je comprends bien tout ce que tu m’expliques là, et je concluerais en te disant que même si tu te sens affreusement seule (et quelque part on l’est tous), tu ne l’es jamais vraiment, car il y a toutes les personnes qui sont dans des situations similaires, et même si tu ne communiques pas avec elle ou ne les connais même pas, elles sont là, quelque part. Notre souffrance n’est pas unique, et de savoir cela, quelque part, ça me rassure.
        Des bises 😚

      2. Il n’y a rien d’incongru dans tout ça ma belle, c’est tout sauf ça ❤ Je te remercie pour tes conseils et de prendre le temps de les écrire surtout. J'aime bien Fabien Olicard, je regarde ses vidéos mais j'ai dû rater ce moment où il le disait. Au centre anti-douleurs, ils nous ont donné une boîte à outils avec des exercices de visualisation (il faudrait que j'essaie de poser des mots sur ceux que j'utilise si ça pouvait aider d'autres personnes du coup), du bodyscan, de l'autohypnose, je m'en sers quand la douleur ou l'angoisse sont relativement faibles, mais dès que je dépasse une certaine limite c'est foutu… je ne contacte personne par contre, me suis jurée de ne plus dépendre de personne dans ce genre de moments. L'asmr fonctionne bien par contre (il faudra que je fasse un autre post dessus, j'ai oublié pour le coup…).
        En fait la psy essayait de me rassurer sur le fait que ça ne pouvait pas aller plus long, parce que j'avais dû lui dire à l'époque, que j'avais peur que ça ne redescende jamais, ce qui m'angoissait encore plus, mais la notion de temps n'est effectivement pas rassurante, je connais juste en gros le sommet de ce que je suis capable d'atteindre et me dire "respire, tu ne peux pas aller plus loin et en plus, ça va retomber". Faut juste garder patience en gros :/ ^^ je comprends que ça ne puisse pas être rassurant pour le coup…
        En fait j'ai ce sentiment de solitude intérieure quand j'ai réalisé qu'il pourrait m'arriver n'importe quoi sans que personne ne s'en aperçoive avant plusieurs jours. Ils se passent des semaines sans que je voie des personnes qui me connaissent finalement. Et ça me rappelle à quel point j'ai fait le vide autour de moi ou bien on m'y a aidée et ça renforce ce mal-être au fond de moi. De façon concrète parce que j'essaie de me le dire qu'on est tous là ensemble en quelque sorte avec chacun(e) notre souffrance. J'espère que tu te sens un peu mieux de ton côté, ça me fait mal que tu connaisses aussi bien tout ça pour en parler de façon aussi lucide 😦 Je t'envoie des pensées et de gs bisous ❤

      3. Pour Olicard il me semble que c’était dans la Vidéo qu’il avait fait avec Franck Ropers, un autre youtubeur. Je regardais aussi beaucoup ses vidéos, étant très intéressée par le mentalisme, mais je trouve que son contenu s’est franchement appauvri depuis qu’il est devenu un « gros » youtubeur, donc je me suis désabonnée.

        Pas obligée de contacter des gens, mais juste penser à eux s’ils te sont chers et que leur pensée t’apaise. Je disais ta nièce parce que tu as l’air d’avoir une belle relation avec elle, quand tu es trop focalisée sur la douleur peut-être que penser à elle, à ce qu’elle est en train de faire, à ce que tu aimerais faire avec elle la prochaine fois que tu la vois, pourrait t’aider à détourner ton esprit de la douleur.
        Il y a aussi cette application sur la pleine conscience que je trouve particulièrement bien faite et qui m’a un peu aidée à me poser ces derniers temps :
        https://www.fondationmma-mindfulattitude.fr/
        Mais je reconnais que quand mon esprit est vraiment trop troublé je n’arrive pas à m’y mettre.
        Je crois qu’il est essentiel d’écouter son corps et d’être patient et indulgent avec soi-même, de ne pas trop s’en demander.
        L’autre jour j’ai vu un post d’Elizabeth Gilbert qui expliquait que les jours où ça ne va pas elle s’écrit « student » sur la main, pour se rappeller qu’elle n’est qu’une élève de la vie et que c’est OK de se sentir perdue, de ne pas savoir, de pas tout réussir parfaitement. On apprend chaque jour sur le monde et sur soi-même et cet apprentissage n’a pas de fin.
        Des bises à toi !

      4. Je regarderai cette vidéo, il m’arrive de ne pas tout regarder ce qu’il fait, j’ai mes périodes pour avoir envie de regarder. Je l’ai toujours connu avec assez de monde déjà sur sa chaîne il me semble, du coup je n’ai pas trop remarqué de changement. Il a peut-être davantage confiance en lui et de son travail et sûrement à court d’idées parfois aussi parce que je ne sais pas à quel point on peut se renouveler dans ce domaine :/
        Ah oui pour mes nièces, c’est clair que les pensées sont là, tout comme ma famille, les amies qui restent, vous. Ca fait un peu comme un kaléidoscope qui tourne dans ma tête avec des personnes que j’aime et apprécie. Avec mes 2 tornades, rien qu’à elles et les mots qu’elles sortent il y a de quoi sourire ^^
        J’irai voir cette appli, je te remercie ❤ même souci pour toutes les techniques de relaxation que j'essaie, ça va jusqu'à un certain niveau mais dès que la douleur ou l'angoisse avec tout ce qu'elle englobe dépassent un certain seuil, je m'énerve plutôt qu'autre chose.
        En ce moment, je l'écoute un peu plus mon petit corps parce que j'ai beaucoup de vertiges en plus, je ne suis pas très stable sur mes jambes à avoir le tournis en plus d'avoir mal, du coup, si j'ai besoin de dormir, j'y vais, parce que de toute façon le cerveau se boucle avec le syndrome de fatigue chronique, ça donne l'impression que tout se fige en soi et je tombe comme une masse. J'apprécierais que ce soit réparateur par contre… :/ tant qu'à faire si déjà…
        C'est une bonne idée ce qu'elle fait, on devrait avoir un carnet où il y a des mots qui nous permettent de le rappeler justement ou des phrases, des citations à lire et à avoir en permanence sur soi pour le sortir n'importe où. Prends soin de toi ma belle, j'espère que tu te sens un peu mieux, je te remercie de partager tout ça avec moi parce que ça me touche beaucoup ❤ je t'envoie de la douceur et de gs bisous

    1. La Provence a ça de bien qu’elle permet de se défouler assez régulièrement… comme beaucoup de presses torchons comme dit si bien Cécile. C’est laborieux côté communication dans cette société :/ Gs bisous ❤

  4. J’appelle ça de la « presse torchon » : des gros titres pour faire vendre et rien derrière… et surtout aucune considération pour l’humain. Les maladies de l’âme (comme je les appelle) ne se voient pas toujours et il se trouve plein de personnes qui se permettent de juger, mal souvent… Je te souhaite plein de courage ma Delph ❤
    Gros bisous et chaudoudoux

    1. Les cancers de l’âme oui… on n’est pas près à ce que les gens comprennent quoique se soit si les médias continuent sur leurs lancées de titres et articles merdiques à ce sujet. Ils ne parleraient sans doute pas comme ça si un de leurs proches était malade.
      Je pense à toi, j’essaie de lire ce que j’ai raté très vite. Courage à toi aussi, je te fais de gs bisous ma belle ❤

  5. Je penses qu’ils ont utilisé ces mots pour tenter d’être plus proches du langage « de tous les jours », dans une espèce de familiarité qui n’avait pas pour but de blesser. Maintenant il est clair qu’utilisés en Une d’un journal ça ne veut pas du tout dire la même chose que dans le langage courant ! Et même dans le langage courant on est bien d’accord que ça ne traduit pas le plus grand respect ou plutôt la plus grande connaissance et bienveillance parce que je pense qu’on ne peut pas respecter quelque chose si on ne le connaît pas.

    1. Justement, en tant que média, on fait aussi le maximum pour changer les langages de tous les jours, parce que la plupart des gens qui n’y connaissent rien et qui vont lire cet article là vont se dire « ah ! si la Provence, qui est tout de même notre journal régional le dit, je peux aussi le dire » et ça ne fera qu’empirer les choses, déjà que ce n’est pas jojo dans la vie courante à supporter. Et il y a toujours cet écart entre maladie psy et physique aussi au niveau du respect. Si les médias ne sont pas respecteux, les gens ne le seront pas et j’ai écrit mon post surtout après avoir lu les commentaires qui montraient que beaucoup étaient choqués, parce que j’avais peur que mon propre regard soit troublé par le fait que je ne sois pas en grande forme à tous les niveaux, mais ils se sont faits démonter en général, c’est qu’il y a un réel souci. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils ont désiré faire mais c’est raté et autant parfois j’essaie de comprendre, là où il en est hors de question surtout que ça fait suite à des actes meurtriers à Marseille, qui ont posé problème pour savoir si les personnes étaient conscientes de leurs actes ou si elles étaient malades. La prison ou l’hôpital psy. Et à chaque fois, on a été bien étiquetés aussi… à trop généraliser on met les gens dans des cases et les gens ne savent pas faire la différence, ils mélangent tout, alors si les journaux en rajoutent, on n’évoluent pas et pire on régresse, déjà que ce n’est pas jojo dans le milieu psy humhum (j’étais la 1ère à fuir devant les psys parce que je « n’étais pas folle » il y a 15 ans, c’est dire et comme tu dis si on ne connaît pas, on peut pas forcément ne pas respecter, mais ne pas comprendre et avoir des préjugés). Merci pour ton commentaire, ça permet d’avoir tous les points de vue aussi 🙂 je t’embrasse

      1. Ah oui oui, je ne dis pas le contraire ! Je ne dis pas que c’est bien, je dis que sans doute que la volonté n’était pas blesser, après clairement c’est complètement raté et complètement à côté de la plaque, on est bien d’accord !

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