"Peu importe ce que les gens disent, les mots peuvent changer le monde", Robin Williams
Auteur : ptitedelph
Bienvenue sur mon blog, où je partage mes combats sans vraiment de tabous. On y trouve un peu d'anorexie, de fibromyalgie et douleurs chroniques en tous genres, d'angoisses, de phobie... mais au milieu de ce joyeux bordel et pour ne pas oublier celle que je suis, parce que rien de tout cela ne me définit, je partage également ce qui fait mes bonheurs, de la musique, des films, des blablas en tous genres, des photos. Bref, tout ce qui fait de moi une jeune femme comme les autres aussi :) Bonne visite et n'hésitez pas à m'envoyer un petit mot en privé, si vous avez des questions. Je suis joignable en mp sur ma page facebook dont le lien est dans la barre à droite. Je répondrai avec plaisir, si je peux aider un minimum.
Ptite Delph
C'est parfois difficile de mettre une limite entre donner assez d'affection et en donner trop. On a plutôt tendance à se dire, je suppose, que le fait de ne pas en fournir suffisamment est plus défavorable pour la personne qui la reçoit en "trop grande quantité". Et là on peut me répondre "mais on ne reçoit jamais assez d'affection et d'amour !!" Et pourtant, il se trouve qu'en apporter "trop" en sachant que c'est bien relatif aussi, peut porter préjudice dans le cadre de certaines pathologies par exemple.
Durant les quasi 30 mois passés en milieu psychiatrique (sur 6 ans, pas d'affilée heureusement...), j'ai rencontré beaucoup de monde. Des personnes auxquelles je me suis attachée. Des personnes souffrant de troubles alimentaires, bipolaires, schizophrènes, dépressives etc... avec des seuils de gravité aussi plus ou moins élevés. Il s'est trouvé qu'au milieu, j'ai très souvent été celle vers qui on venait parler pour confier parfois des choses difficiles à avouer (et à entendre...). Ses mots qui sortaient d'une manière brutale de la bouche de certains cachaient des êtres qui souffraient également d'un vide affectif pour diverses raisons. Liées à leurs troubles ou l'absence tout simplement de gestes affectueux, voire pire un manque d'amour qu'ils se traînaient depuis l'enfance. Ce fameux âge où toute la composante affective se construit et qui peut faire défaut. Alors, j'ai donné le maximum d'amour, d'amitié, d'affection, de câlins à des petites ados. A des adultes qui avaient besoin de réconfort.
Je me souviendrai toujours de C. qui avait tout perdu, il venait toujours vers les autres en demandant qu'on lui fasse simplement une bise. Il avait besoin de ce contact si simple à donner. Il y a eu aussi T., une petite ado qui me voyait comme la grande soeur. Elle était toujours collée à moi, quand elle me voyait dehors, elle se jetait à mon cou, toute contente de me retrouver. Installée dans un fauteuil en train de lire et elle venait se caler contre moi. Elle m'avait avoué un viol, venait confier son inquiétude sur le fait qu'elle prenait du ventre et qu'elle était toujours fatiguée. En étant moi-même dans ce cas à cause des neuroleptiques qu'on me donnait, je lui avais répondu d'en parler au médecin pour savoir si ça pouvait être un effet secondaire aussi. Quelques jours plus tard, elle est restée avec moi pendant le repas qui était long à finir de mon côté et en chuchotant, elle m'a dit que les médecins l'avaient forcée à avorter. Son ventre était dû à une grossesse suite au viol qu'elle avait subi... Peu de temps avant on m'avait reprochée d'être trop proche et trop protectrice. Qu'est ce qu'il fallait faire ce fameux soir là, en sachant qu'elle ne parlait pas facilement aux soignants et qu'elle était devant moi à pleurer. Je n'ai pas imaginé la laisser en plan avec sa souffrance, elle avait besoin de réconfort, de parler, de pleurer, de pouvoir se confier, c'était tout ce qui pour moi était important.
Et il y en a eu des personnes comme elles, même dans mon travail, on me reprochait d'être trop proche de certains résidents (je n'aurai jamais su la limite finalement... mais j'y pense vue ma formation c'est sûr, de peur de faire mal du coup). A chaque fois, je ne savais plus comment me comporter, il y avait toujours une déchirure qui se faisait en moi quand on me "séparait" de ces êtres là. Un jour, une infirmière est venue me parler en me disant qu'il fallait que je rejette T. dès qu'elle s'approcherait de moi dorénavant. Je n'ai rien compris. On m'a répondu que ça pouvait lui porter préjudice et la conforter dans l'idée que si elle sortait de la maladie, elle n'aurait plus ces marques d'affection. J'ai eu droit au même discours avec d'autres. Je me sentais souvent coupable en me disant que j'entravais la guérison de ces personnes du coup.
Quelques années auparavant, c'est l'inverse qui s'était produit. C'est à moi qu'on avait retiré l'affection qu'on me donnait. Dans ce genre d'endroits, toutes les émotions sont exacerbées et je pense que le fait d'être compris par des personnes qui ont des symptômes identiques nous rapproche automatiquement. Et c'est là qu'on m'a parlé de "bénéfices secondaires". Les bénéfices étant les marques d'affection reçues et le "secondaire" étant plus ou moins la conséquence néfaste. Me concernant, en gros, je pouvais avoir "envie" inconsciemment de rester dans l'anorexie en voyant l'affection qu'on m'apportait. Et c'était peut-être en train de me détruire davantage... Chose qui s'est avérée fausse pour le coup, d'où mon post de ce soir d'ailleurs, même si je conçois que ça puisse arriver. Mais on n'est pas tous pareils en tant qu'être humain et c'est valable pour les pathologies aussi.
Je me suis reconstruite aussi, entre autres, avec l'affection de personnes qui ont été d'un soutien immense et sans lesquelles je n'aurais pas tenu le coup, hospitalisée tant de temps dans ce genre d'endroits. Loin de ma famille, elles étaient comme des repères dans un combat qui me dépassait. Et pour ces êtres qui ont compté des années plus tard et auxquelles j'ai donné de l'affection moi-même en ne tenant pas toujours mes distances je l'avoue, je n'ai jamais regretté d'avoir démontré mon côté affectueux.
Les années passent, mais j'y pense souvent, parce que c'est resté imprimé en moi tout ce que j'ai vécu là. Par contre, à aucun moment je n'ai regretté celle que j'ai été. C. est mort quelques mois plus tard, ce ne sont pas les bises qu'on lui faisait qui l'ont emporté et les bénéfices secondaires qu'on aurait pu entraîner, c'est la maladie toute seule, comme une grande... T. est maman maintenant et parfois elle m'appelle, je n'ai pas l'impression d'avoir été néfaste dans sa guérison, comme on a pu le sous-entendre. J'aurais dû la serrer encore plus fort pour lui donner le peu d'énergie que je possédais à ce moment là. J'en avais sûrement besoin autant qu'elle en plus. Et d'autres sont morts malheureusement. Je n'aurai plus l'occasion de les serrer très fort contre moi et je me dis que j'ai bien fait d'en profiter. Voilà le résultat et où on en est... en gros ça servait à quoi de faire attention à ces fameux bénéfices secondaires qui peuvent apparaître dans certaines pathologies. Ca leur fait de belles jambes, la maladie les a emportée de toute façon, à l'heure actuelle.
Je n'ai jamais regretté d'avoir donné de l'affection, ni d'en avoir reçue non plus. Je ne connaîtrai jamais le pouvoir des bénéfices secondaires dans la guérison de quelqu'un. Je sais juste que demain, la personne peut mourir et mon regret par contre, serait de ne pas avoir peut-être pas assez donné. Parfois c'est important d'écouter les conseils des médecins, mais souvent, il vaut mieux écouter son coeur et ce qu'on ressent face à quelqu'un en détresse... Sans se poser la question de savoir si on fait bien ou pas, parce que la personne qu'on a face à soi a besoin de soutien à ce moment là. Le seul risque est de s'attacher malheureusement et de souffrir si la vie nous sépare. Mais autrement....
La dernière fois qu'on m'a serrée très fort, vraiment, et que j'ai senti qu'on se raccrochait un peu à moi comme à un repère et une bouée de sauvetage pour le coup, c'était un ancien patient qui aurait pu être mon père, que j'ai croisé dans la rue. Il était en train de faire la manche. Il m'a reconnue et était tellement content de me voir que son réflexe a été de me prendre dans ses bras. Je n'oublierai jamais ses yeux remplis de larmes quand il m'a lâchée. Par contre, j'ai oublié que ce jour là, si j'avais écouté les conseils des médecins le concernant, je l'aurais rejeté en me disant "ouhlala attention, il risque d'y avoir des bénéfices secondaires", ce n'est pas comme ça que je vais l'aider à s'en sortir ... Il est dans la rue, qu'est ce qu'on peut connaître de pire comme rejet ? Sa souffrance n'est pas assez grande déjà ?... Qu'est ce qu'on s'en fout parfois des théories médicales face à l'être humain en détresse....
Pour ce lundi, Bernie nous met dans l’ambiance d’Halloween. Pour compléter les fleurs oranges artificielles qui trônent chez moi et qui sentent l’huile essentielle de mandarine, vous avez droit à ma trombine après avoir voulu me transformer en citrouille… Manque de pot, je ressemblais davantage à un clown triste ou machiavélique, avec les yeux triangulaires de traviole et de dimensions très très approximatives ^^ hum… Du coup, j’ai lâché l’affaire, la vidéo ne verra jamais le jour, mais le ridicule ne tue pas (il ne tue pas hein ?? 🙂 ), alors me voilà avec la photo du lundi aux couleurs d’Halloween (et j’ai fini en chat finalement vendredi, me contentant d’un nez noir et de moustaches, il valait mieux pour les yeux de tout le monde maouww).
Une photo 100% naturelle, aux couleurs et arômes super naturels eux aussi humhum… Bon lundi à tout le monde ❤
C’était le ciel d’hier soir, au-dessus de Notre de la Garde, depuis mon balcon. De magnifiques couleurs qui réchauffent le coeur
Qui dit fin de mois, dit bilan mensuel de ce que je deviens à tous les niveaux.
Je n’ai pas pu être présente très souvent ces dernières semaines, pour différentes raisons. Certaines choses personnelles dont je ne parlerai pas ici par contre, pour me préserver de certains regards qui font de moi une personne absente dans certaines vies, mais utilisent bizarrement mon blog pour en savoir davantage et je ne suis pas fan de ce genre de comportements bien lâches… Du coup, quitte à en souffrir de ces choses qui me touchent et à m’autocensurer, autant ne rien dire du tout dans certains domaines…
Un mois que j’ai commencé la formation, qui est intéressante et pour laquelle je suis très motivée. Mon cerveau me joue des tours, j’espérais qu’au fil du temps, j’intégrerais mieux les choses en travaillant, mais ma mémoire de poisson rouge est bien active. Et c’est frustrant de voir que les cours ne rentrent pas alors que la motivation est bien là pourtant. Je me retrouve face à des difficultés aussi physiques puisqu’il y a des devoirs à faire de façon manuscrite, en sachant que je ne peux pas écrire plus d’une 10zaine de lignes et qu’au-delà mon écriture devient celle d’une enfant de 6 ans Le but n’étant pas de donner une image d’une personne qui n’est pas soigneuse, il valait mieux les prévenir, tout comme la demande de 1/3 temps pour avoir davantage de temps pour l’examen, sinon ce sera un carnage et je n’aurai pas le temps de finir. Mes mains sont une grande angoisse pour le moment. Je m’accroche parce que ça me tient à coeur de me donner à fond dans cette formation. La faire à distance entraîne certaines difficultés, mais j’ai eu la chance d’avoir rencontré 3 petites nanas très sympas avec lesquelles je suis en mp très souvent, pour partager le bon et le moins bon de la formation et du coup, je ne ressens pas l’isolement qui a pu me faire peur au tout début. Mes compagnes de route pour ma revanche en quelque sorte, surtout qu’on a toutes les 4, un vécu qui fait, je pense, qu’on comprend l’une et l’autre, dans leurs propres revanches sur la maladie, la vie tout court.
Côté douleurs, j’ai de super notes en étant très souvent (comme depuis plusieurs jours d’ailleurs) à 10. Avec un problème de mâchoires bien douloureux par dessus le marché (#alloicipiècesdétachéesàvendre). Je pète donc régulièrement les plombs, moralement, parce que la douleur me rend dingue et c’est très peu de le dire… Mes pensées ne sont pas toujours bien roses et je serais malhonnête de dire que l’envie d’éteindre tout ça n’est jamais bien loin, quand je ne gère plus rien. Comme ce soir par exemple. Je ne sais plus quoi faire de mon corps, de ma tête qui ressemble à une citrouille, ce qui tombe bien, vu le jour qu’on est.
J’ai passé du temps en famille, déjà près de mes racines et après d’emmener mes parents dans ma ville d’adoption (10 ans d’adoption d’ailleurs ce mois-çi). Mes princesses Nénette et Pépette poussent comme des champignons et je les aime de plus en plus ces fripouilles. Nénette a toujours un secret à me dire d’ailleurs, mais elle a mis tellement de temps à me dire « tatie tu le gardes dans ta tête si je te le dis et tu ne dis rien hein », que c’était l’heure de manger pour elle et le secret m’est passé sous le nez snif 🙂 Mais le coeur y’était et j’ai toujours rêvé d’être une tatie à qui on disait des secrets :-p
J’essaie de m’accrocher à tout le positif qui passe, aussi petit qu’il soit, je remplis les journées de petits bonheurs pour tenir le coup. M’imbibe de jolies couleurs de la nature que j’aime tant. Regarde des photos de beaux souvenirs passés avec les personnes que j’aime, histoire de revivre les bons moments pour bien m’en imprégner. Côté amitié, j’ai bien trinqué ces derniers mois et j’essaie de me réparer, même si c’est difficile, parce que le manque est là, l’absence fait mal et bref… je m’accroche à celles et ceux qui sont là et j’essaie d’oublier les absents. Mon amitié vaut mieux que tout ça… enfin j’essaie du moins de m’en convaincre et j’ai davantage la théorie que la pratique, mais ça viendra…
Je vous laisse pour ce soir, mon corps ressemble à une serpillère et à des miettes éparpillées. Une névralgie et une migraine n’aident pas à me sentir bien non plus. Moralement j’avais besoin de parler, mais ça coûte parfois bien cher physiquement Passez un bon week-end. J’espère pouvoir profiter demain d’Halloween avec une amie et ses filles. Amusez vous bien si vous aimez ce jour là. Je ne suis pas sûre que mon post soit bien clair, c’est un peu fouillis et balancé comme ça venait, mais bon… le principal est dit avant d’aller à nouveau allonger ma vieille carcasse qui grince…
Pour le lundi en fleurs de Bernie, dont le thème est « la fleur aux dents », j’ai choisi de mettre cette photo qui est une partie du dessert qu’avait pris ma belle-soeur, lors de notre w-e en famille (et oui, encore lui, il est inspirant 🙂 ) Un biscuit au chocolat si mes souvenirs sont aussi bons que lui en avait l’air, où étaient déposées une boule de glace vanille, de menthe et cette jolie fleur (que j’avais cru fausse d’ailleurs, mais non non, elle était bien réelle et à priori mangeable, même si je me suis débinée au moment d’essayer de la croquer :p ). Voilà ce que m’inspire le thème, même si j’avoue avoir galéré pour trouver quelque chose.
De retour pour les Instantanés Singuliers de Marie, dont le thème est « Feuilles d’automne »
J’ai choisi cette photo prise pendant un magnifique week-end passé dans notre vignoble alsacien, quand je suis remontée au début du mois dans ma petite famille.
Noyer et raisins, les feuilles symboliques de mes racines ❤
On se connaissait depuis quelques années, depuis toujours même, du plus loin que je me souvienne. On avait un peu flirté, mais sans plus. Peut-être que je n’avais pas pris le temps de bien le connaître et que j’étais restée un peu trop en surface, je ne sais pas. Mais ce soir-là, tout a été différent. Je l’avais face à moi, mon regard sur lui n’avait pas changé, c’est au moment où ses lèvres ont effleuré les miennes que quelque chose s’est transformé en moi. Un baiser plus savoureux, plein de douceur, mélange de sucré-salé. Ce soir là, j’ai succombé à son charme et je me suis laissée aller depuis bien longtemps. On n’a fait plus qu’un, je l’ai laissé venir en moi. C’était d’une magie comme je ne l’avais pas ressenti depuis bien des années. Tout en moi pétillait, si un illustrateur avait pu dessiner à ce moment là ce qu’on vivait ensemble à cet instant précis, des petites bulles de bonheur et de plaisir auraient été placées sur mon visage et mon corps tout entier. On a pris notre temps tous les deux, je me délectais à l’avoir en moi, à l’accepter comme s’il avait toujours fait partie de moi. Dans un feu d’artifice immense, mon corps a explosé de plaisir dans un orgasme comme jamais ressenti aussi pleinement. Sereinement. Le coeur en joie. Le corps vibrant dans chacune de ses parcelles et ses moindres recoins. L’esprit libre et léger. Ce soir là, ce fut un orgasme mémorable oui.
………
Alimentaire l’orgasme :p Ben oui, alimentaire ! Qu’est ce que vous avez cru ?? Ohhh ! 🙂
Je partage beaucoup de choses par ici, mais de là à raconter ma vie intime, on ne va pas exagérer non plus hein ^^ Hier soir, j’ai mis 2 posts sur mon profil facebook. L’un était une vidéo qui tourne pas mal avec les beaux apollons non pas grecs mais rugbesques (non, faut pas chercher ce mot dans le dico, je viens de l’inventer à l’instant) et j’avoue qu’ils ont pu donner de sacrées bouffées de chaleur mmhh 🙂
L’autre post était sur un anniversaire un peu spécial, parce que çà fait 5 ans que je me suis tirée de l’enfer des troubles alimentaires. Du coup, les deux posts mélangés m’ont donné cette idée un peu farfelue pour expliquer ce que j’ai pu ressentir, le jour où j’ai mangé en ayant toutes les saveurs décuplées, à avoir l’air très con de m’extasier devant un morceau de carotte et pomme de terre, comme si je les découvrais pour la 1ère fois. Un morceau de carotte, faut le faire, pour rendre quelqu’un heureuse à ce point. Je n’ai jamais mangé quelque chose d’aussi bon, pourtant, ils étaient préparés comme d’habitude, mais la différence restait dans le fait que je mangeais tout çà sans me poser de question, sans me torturer l’esprit, sans voir ces aliments comme des chiffres remplies de calories que j’ingurgitais. J’avais pris le temps d’apprécier ce petit plat pourtant si simple, mais tellement savoureux quand on se remet à vivre, sur le plan alimentaire. Ce soir là, j’ai connu l’orgasme alimentaire, après 14 ans de restrictions. Et je m’en souviendrai toujours. Une explosion de saveurs sur mon palais et dans la moindre papille. Parce que c’était le 1er jour du reste de ma seconde vie post anorexie. Et que comme tous les combats, celui-là a laissé des traces en moi. Indélébiles. C’est aussi pour cette raison que je souhaitais le tourner un peu en dérision, ce post « anniversaire » 🙂
Bon… Et puis, après la polémique qu’il y a eue ces derniers jours et dans le respect de l’éthique que je me suis imposée depuis le début que j’écris par ici, je dois vous faire un aveu et être honnêtes avec vous :
*** Article sponsorisé par le XV de France *** :-p (ben quoi ! je n’y connais rien en rugby, ne connais pas leurs noms à tous ces spécimens bien foutus mais ils ont été source d’inspiration quand même ! Sans eux, peut-être qu’il n’y aurait pas eu de post encore aujourd’hui, qui sait, alors je leur dois bien çà ! 😉 )
Prenez soin de vous et gardez espoir pour celles et ceux qui passeront par ici et qui souffrent de TCA.
Quand j’arrive devant l’océan ou la mer, le réflexe est identique à chaque fois. Je m’installe face à l’immense étendue qui m’ouvre les bras et regarde cette ligne au fond, qu’on appelle l’horizon. Cette ligne départageant la mer du ciel, parfois ne faisant qu’un, réunis quand le temps est assombri. Ce trait si loin et si près à la fois, au-delà des vagues, des courants marins, des profondeurs. Au-delà d’autres pays qui s’ouvrent et auxquels j’accède par la pensée et les images que j’en connais. Seuls mes yeux peuvent imaginer ce qui se passe au-delà. J’y ai toujours vu l’ouverture vers quelque chose où tout reste possible. Je ne sais pas si c’est la quantité d’eau gigantesque ou l’étendue sur ces milliers de kms, qui me donnent cette impression. Au-delà de l’horizon, on est libres. Il ouvre les portes vers l’inconnu possible. L’inconnu ne me fait pas peur quand je suis face à la mer, parce que j’ai ce point de repère et d’ancrage qu’est mon bel horizon. Je suis plantée dans le sable, les poumons emplis de cet air qui me manque tant parfois, pourtant, quand rien ne va plus. Mais là, à la vue de l’horizon, je retrouve ma sérénité et donne droit à mon esprit de vagabonder vers des destinations au-delà des frontières marines, mais aussi laisser vivre des rêves qu’on ne connaîtra jamais et qui retomberont comme la vague qui vient de se casser juste devant moi. Doux rêves éphémères emportés par la fougue de la vague et qui iront mourir en se retirant délicatement. Les vagues nettoieront aussi les pensées pas très sympas, les vagues à l’âme qui pourraient venir s’incruster contre mon gré et qui finiront par être balayés par une autre vague qui viendra les ramasser comme s’ils n’avaient jamais eu le culot de venir essayer de détruire ce moment seule face à la mer, sereine, calme, regardant au-delà de l’horizon pour se construire un avenir. Une force hors du commun se dégage de cet univers d’eau et je m’en imprègne, tout en regardant au loin, dans ma direction.
Au-delà de tout ce joyeux bordel, accrocher son regard vers ce qui semble le plus solide, l’horizon toujours bien à sa place, imposant et lointain. Il me protège, je suis petite face à lui, mais au-delà de mes craintes, je sais aussi que si je lui fais assez confiance et à moi aussi, il peut me réserver de belles choses. Et je saurai que quand j’en douterai, il suffira de revenir me placer là, de bien m’ancrer dans le sol comme pour rejoindre l’univers et en prendre l’énergie, le fixer droit dans les yeux et il me montrera que je n’ai pas à avoir peur, qu’il est là et qu’il sera toujours là. Et au-delà de l’abstrait qui le rend intouchable, l’horizon me parlera dans son langage « fais toi confiance, réalise tes rêves au delà de tes angoisses, vis ta vie, et pense qu’à travers moi, tout reste possible, rien n’est figé et que les portes sont faites pour s’ouvrir. Au-delà de tes pensées destructrices, n’oublie pas que je suis là, je serai ton repère pour te recadrer quand le besoin s’en fera sentir. Combats les tourments, les moments de tornade, ceux qui vont te déstabiliser et te faire dégringoler de la barque sur laquelle tu t’es installée, parce que même si ton repère est là, au-delà de ce qu’on peut t’aider à faire, tu es seule à mener ta barque, alors avance, elle freinera peut-être de temps en temps, mais ne la laisse pas reculer ou pire, se retourner pour couler ce que tu fais de ta vie. Et pense à regarder de temps en temps en ma direction, je serai ton guide pour l’aventure de ta vie. Tu ne risques rien, je ne bouge pas. Tu peux me faire confiance…. »
Un texte pour les apéros cosmiques d’Aileza, dont le thème ce mois-çi, était « Au-delà ». Tchin tchin pour ce bon moment de partage virtuel encore une fois ❤ Rendez-vous le 9 octobre ici et là pour trinquer
L’horizon n’est pas bien droit sur ma photo mais promis, je n’ai encore rien sifflé en douce pourtant 🙂
Il m’arrive de ne plus savoir qui je suis, ce que je suis, d’être là sans l’être vraiment. Même le mot « être » ne convient plus. « Errer » serait bien mieux. Au milieu des gens, au milieu des choses, au milieu de ce que je ne comprends pas ou plus. Si la force d’arriver à comprendre encore quelque chose est encore présente d’ailleurs. Plus envie, plus le courage, plus la force. Mon corps et mon esprit sont deux machins qui se côtoient comme un vieux couple qui passerait son temps à se chamailler pour tout et rien. J’ai du mal à croire, à avoir confiance. En moi, en tout le monde. Cà sert à quoi de vider son coeur si c’est pour qu’on le referme. Cà sert à quoi de passer son temps à expliquer si c’est bouché en face de soi. Parler dans le vide et vouloir se taire du coup, pour ne pas se fatiguer physiquement encore plus. J’aimerais m’en foutre de tout et pourtant, tout me touche à un point dont personne ne saura jamais l’intensité. La moindre bricole prend une dimension tellement grande que je me sens envahie, absorbée et étouffée. J’essaie d’être là, je cherche à être présente, mais c’est comme le reste, çà ne sert à rien. Alors je m’efface, parce que c’est quelque chose que j’ai toujours su bien faire au moins. J’ai le contrôle au moins sur mes paroles et sur mon silence. Les pensées, les sensations, les ressentis, eux ne s’arrêtent jamais, le contrôle n’existe pas pour eux même si ce n’est pas faute d’essayer par différentes techniques, par contre, je peux choisir de parler ou de me taire. Même si bien souvent ce n’est pas vraiment conscient ce silence en moi, bien ancré.
Il y a 10 ans, on m’apprenait à parler, à pleurer, à me dire qu’il fallait tout lâcher si je voulais espérer que l’anorexie sorte de moi. Je n’ai jamais oublié cette salle d’ergothérapie où tout a été évacué souvent avec violence. Verbale, mais aussi physique. Maintenant j’apprends de nouveau à me fermer, à me taire et surtout j’ai encore moins confiance en celle que je suis, qu’à l’époque, pourtant je ne brillais déjà pas dans l’estime que je me portais. Parfois l’impression d’être amnésique et d’avoir perdu notions de ce que j’étais vraiment au fond de moi, d’avoir perdu mon identité au milieu de tout ce bordel en moi et autour de moi.
Je me décroche. En silence. Mais le résultat est identique, on me perd.
Pour le rv hebdomadaire de Bernie avec le projet FlowerPower2015, le thème étant « la fleur de mes vacances », j’ai choisi ces roses jaunes qui nous ont accompagnées, moi et ma petite famille, pendant nos vacances.
Elles étaient en boutons à notre arrivée, chaque jour j’allais leur faire une petite visite pour les voir naître chacune à leur tour et puis un jour, elles nous ont toutes ouvert les portes de leurs jolis coeurs. Pas pudiques pour un sou, elles se sont montrées en découvrant leurs pétales. Elles sont restées quelques jours dans cet état, le coeur au soleil, à faire bronzette et puis il y a eu un orage qui a tout cassé, dont elles. On les a retrouvées éteintes en même temps que nos vacances se finissaient et que le soleil avait lui aussi plié bagages.
Roses éphémères comme beaucoup de choses dans la vie et c’est pour cette raison qu’il faut en profiter.
Bon lundi à tout le monde, je vous dirais bien que j’envoie du soleil du Sud, mais il s’est un peu cassé la figure…
Parfois on le fait pour se protéger un peu. Ne pas dire le fond de notre pensée pour se préserver du regard qu’on nous portera. La majorité de mes mensonges sont relatifs à la question que beaucoup posent par politesse, sans vraiment se soucier de la réponse. Comme une bonne action. Si on décortiquait la conversation qui pourrait en découler, on pourrait avoir « j’ai demandé à une telle si elle allait bien » « ah et qu’est ce qu’elle a répondu, comment elle va ? » « ah ben j’en sais rien, je n’ai pas entendu (ni attendu) la réponse, c’est pas important si ?? l’essentiel est que je lui ai posé la question, j’ai été poli non ?? » Mouais…
Machinalement, en sachant que la majorité des gens s’en tape de savoir le fond de la vérité, je réponds « çà va » avec un grand sourire. Beaucoup s’en contentent, ils n’écoutent même pas et passent à autre chose. Dire que çà ne va pas dérange, installe une gêne entre les deux personnes et je préfère épargner. La personne est débarrassée et de mon côté, je me range dans un coin en me disant que purée, on est toujours bien seule dans ce monde quand même. En train de chercher la main qui me donnera le droit de craquer en disant que ben non, çà ne va pas si fort que çà.
Parfois je me fais prendre aussi. A force de répondre systématiquement ces mots, rares sont ceux qui vont creuser. Un infirmier l’a fait. Il était de nuit. Adorable, avec un superbe accent d’un pays de l’Est, il m’a demandé comment je me sentais, en regardant ma tension, ma T° et la position du cathéter pour voir s’il restait bien en place. Il a demandé à combien je jugeais la douleur. 9 (c’était le 1er soir, c’était logique) et c’est là qu’il est revenu sur ma réponse type. « Mais pourquoi vous êtes là si çà va ? » avec un rire qui voulait dire qu’il me taquinait et que j’avais surtout le droit de lui dire, à lui, que non, je n’allais pas bien du tout. Il a dû me donner le droit de le faire pour que les soirs suivants, je puisse lui parler des difficultés de la journée. Entendre « si vous avez quoique se soit dans la nuit, n’hésitez pas à sonner ». Mieux m’installer dans mon lit pour essayer de calmer certaines douleurs. Ce côté humain, cette volonté réelle de savoir comment vont les personnes qui sont dans ces lits durant une semaine et qui reviendront pour les mêmes raisons. Ne pas être un n° de chambre, un n° de dossier. « ah oui la 508 nous a dit qu’elle avait eu mal cette nuit, on a surveillé la tension parce qu’elle atteignait les 16 ». Mais ils ne savent rien de moi au final. Qui je suis, les médicaments que je prends, pour quelle raison. Ils n’ont pas mon histoire installée dans un coin de logiciel.
A 1h de partir vendredi, j’ai vu le médecin une dernière fois avant de partir, elle regardait mes mains devenir bleues foncées, mes pieds pareils. Elle me dit qu’elle va appeler le cardiologue pour voir si on peut me passer encore un écho doppler des vaisseaux. Il lui a répondu qu’ils ne faisaient plus cet examen. Par contre, il m’a prescrit un vasodilatateur, sans me voir, sans savoir mes antécédents, sans savoir à quoi je ressemblais, sans auscultation, sans ECG où il aurait vu que je fais de l’arythmie et que je suis tachycarde à mes heures perdues. J’ai trouvé çà moyen… mais j’ai dit « çà va ».
Comme je l’ai fait toute la semaine et çà m’a épuisée moralement… Je ne voulais pas être rabat joie dans les ateliers qu’on nous proposait et puis on est toutes sur le même bateau à souffrir, alors à quoi bon le dire, il vaut mieux essayer de penser à ce qu’on est en train de faire pour détourner l’esprit. Rire, parler, sourire. Et aussitôt entrer dans ma chambre, me sentir me décomposer, éclater en sanglots de ce vide en moi, de cette solitude que je ressens au fond de moi.
J’en suis ressortie menteuse, pour avoir la paix, pour qu’on n’ait pas une image négative de moi, pour protéger les personnes qui comme moi, font éponge des vécus de chacun, alors je me suis arrangée pour dire le plus soft aux médecins pour avoir la paix finalement. Je suis partie en les laissant tous penser que çà allait mieux, alors que mon moral est en train de tomber en chute libre depuis mon retour (d’où mon absence d’ailleurs), parce que j’ai mis trop d’espoir en la kétamine et que je m’aperçois que je me ratatine encore une fois et que je manque d’énergie pour me relever et faire digérer le produit qui normalement est encore actif en moi. Mais çà va… C’est plus simple d’abréger. Qu’est ce qu’on peut y faire de toute façon.
Je mens donc à cette fameuse formule de politesse toute faite, mais j’assume mes mensonges à répétition. Quand je la pose moi-même cette question, c’est que la réponse m’intéresse réellement, par contre, sinon je ne dis rien. Elle ne sortira jamais de ma bouche, dans le seul but d’être polie et de m’en contre fiche au point de rendre la personne en face de moi, encore plus seule face à elle-même, si jamais ce n’était pas le cas et qu’elle n’aille pas bien.
Je n’arrive plus à suivre les être humains, tout me paraît trop compliqué, je ne comprends plus leur logique, leur façon d’être et de faire et la remise en questions est immense ces derniers temps. J’ai sans arrêt envie de crier que je ne suis pas un pantin, qu’on ne devrait pas jouer autant avec mon amitié, parce que je suis sur le point de la reprendre à beaucoup. Elle est précieuse à la hauteur du temps que je mets à accorder ma confiance… Et si je constate qu’on fait n’importe quoi avec moi, c’est le meilleur moyen de me perdre. Mais on s’en contrefiche tout autant que la question à laquelle je ne réponds plus du tout depuis mon retour « çà va ? » Avant de répondre, je suis capable d’écrire « tu veux la vraie version ou la version édulcorée ?? »
Je vous laisse, j’avais besoin de cracher certaines choses, mais c’est autant en vrac que mes articulations et mes muscles. Accrochez vous aux personnes qui s’en préoccupent vraiment de tout çà. Qui lisent derrière vos sourires. Qui voient vos yeux briller. Qui ressentent votre voix tremblotante. Ce sont des personnes qui ont vraiment envie de savoir comment vous allez derrière l’image de façade. Et du côté médical, attachez davantage d’importance aux personnes qui savent votre nom, plutôt que votre n° de chambre. Qui voient vos difficultés sans que vous soyez obligée d’en parler pour la Xième fois.