Combats qui me touchent

Concilier une personnalité borderline avec l’amour

Source : Pinterest

***** Je tiens juste à rappeler que mon blog n’est pas un forum et que je ne souhaite pas que des histoires de tièrces personnes soient racontées. Je comprends que ça fasse partie de votre histoire aussi si vous êtes en couple avec une personne borderline, mais la personne concernée n’a peut-être pas envie de voir son histoire affichée sur un blog par contre… De plus, je ne suis ni médecin généraliste, ni psychiatre, ni psychologue, je suis juste en mesure de dire ce que je ressens et encore, on est tous différents. Mais merci de ne pas me demander si je pense que telle personne est borderline ou pas, conduisez la personne chez un psy, pour ça, elle sera aidée au mieux. Merci pour votre compréhension…. *****

J’ai souvent des mots clés en rapport avec ce sujet. Les gens semblent se demander comment se conduire avec leur conjoint(e) borderline. Et ces dernièr(e)s se posent des questions sur leur façon de gérer leurs sentiments. C’est récurrent dans les recherches qui sont faites en arrivant par ici. Je suis moi-même un peu « embêtée » par tout çà et me pose énormément de questions. Si je suis célibataire, c’est en grande partie parce que je ne me donne pas le droit d’aimer et d’être aimée, à cause de ce trouble qui peut faire des ravages dans les relations. Je me souviens des mots de ma psy « malgré votre trouble, vous arrivez à tisser des liens, c’est un effort, mais vous restez »… mais à quel prix. En amitié, c’est déjà très compliqué à gérer tout çà. J’ai souvent besoin de me protéger, parce que je ressens tout de façon démesurée dans mes émotions. Alors en amour…

Mais qu’est ce qui bloque chez nous ? Qu’est ce qui fait qu’aimer et être aimé(e) pose autant de soucis ? Les personnes borderline ont des conduites à risque, ce n’est pas neuf (boulimie, sexe, alcool, drogue etc…), par contre, en lisant des sites pour écrire cet article, je me suis rendue compte qu’on était beaucoup étiquetée « recherche sexe à outrance » en gros. Alors personnellement, je suis célibataire et n’ai pas eu de partenaires depuis très longtemps. Je ne fais donc pas partie des personnes qui vont chercher dans le sexe, un moyen de remplir le vide et le manque d’affection qu’on peut ressentir dans ces cas là. 

Je suis quelqu’un pour qui mes limites sont extrêmes (d’où le terme « état limite », parce qu’on frôle la frontière de la psychose et de la réalité), c’est soit noir, soit blanc, que ce soit dans mes sentiments ou dans mes émotions entre autres. L’amour et la haine vont ensemble, mais pour moi, la frontière est très fine, un peu plus que chez les personnes qui n’ont pas ce trouble. J’ai du mal à savoir qui je suis, pour qui, du coup, en couple, j’aurais sans arrêt besoin d’être rassurée sur ce que mon conjoint ressent pour moi, ce que je lui apporte, pourquoi il est avec moi, si je l’aime assez de mon côté etc… (le pire c’est que je ne suis pas jalouse à outrance, donc je n’aurais pas ce souci là au moins) et je sais que çà peut être usant d’être toujours dans le doute, pour moi comme pour celui qui vivrait avec moi, parce que çà suppose de répéter sans arrêt les mêmes choses. Je vais les entendre, les écouter et les assimiler un moment, du coup je vais être un peu plus sereine et puis d’un coup, je vais me remettre à me poser des questions et à redemander ce que je rumine (on est douées dans ce domaine….) et çà peut lasser le partenaire, ce que je peux bien comprendre, parce que çà me fatigue moi-même de me torturer sans cesse sur ce que je suis pour les autres. J’arrive du coup à dépendre de l’autre puisque mon propre regard n’est pas objectif, alors je me fie à ce qu’on me renvoie, sauf que ce serait plutôt bien si j’arrivais à savoir de moi-même la valeur que j’ai à mes yeux, déjà me concernant, plutôt que d’attendre ce qu’on veut bien dire de moi (suis pas sûre que ce soit très objectif, parce que finalement, qui me connait vraiment… au plus profond de moi…)

Il y a aussi le souci de la peur du rejet et de l’abandon. Si mon compagnon me faisait une remarque qui passerait inaperçue pour d’autres, chez moi, çà tournerait en « il veut me quitter », du coup, pareil, je poserais 36000 questions sur le pourquoi de la fameuse phrase qui m’a faite tilter autant (sans tomber dans la manipulation comme j’ai pu le lire. Je ne suis pas du genre à dire des phrases du style « si tu me quittes, je ferai çà »). Je me « contente » de harceler de questions et si je comprends mal les réponses, du coup, je vais recommencer jusqu’à trouver un peu d’apaisement. Un temps… et puis rebelote. Inlassablement. Même moi je me fatigue juste de l’écrire, parce que c’est étouffant à force…

On rajoute l’absence de confiance en moi et je peux me dévaloriser à une belle allure, ce qui peut insupporter aussi les personnes qui m’aiment (on sent le vécu, en amitié…). Souvent on ne sait plus quoi me dire pour me prouver qui je suis et ce que je représente et çà finit en dispute… qui va enclencher chez moi un état où je ne vais pas arriver du tout à gérer mes émotions, parce qu’elles vont toutes se mettre en même temps dans ma tête, comme une boule qui tourne en rond dans le cerveau et je vais m’en prendre à moi parce que je ne sais pas gérer les conflits autrement qu’en me faisant du mal à moi à défaut d’en faire aux autres, parce que j’estime que j’en fait déjà assez et surtout je me sens incomprise dans ce trouble. Autant avec la fibro, j’arrive à trouver de la compréhension, autant pour çà, j’ai l’impression de tomber de la planète Mars quand je parle de mes difficultés. Du coup, je me tais et me renferme, ce que l’autre en face peut ne pas comprendre… Cercle vicieux pff… 

En amitié, il m’est souvent arrivée de partir d’une relation par peur d’être abandonnée, en prévision du moment où çà pourrait arriver, je prends les devants. Et en amour, je ferais pareil. Je serais capable de tout quitter, parce que ma peur de l’abandon serait trop ingérable et serait une source de souffrance immense pour moi, que je préfèrerais partir. Abandonner au lieu de l’être, pendant qu’il est temps… pour éviter les dégâts… 

Il y a toujours un sentiment de vide en moi, qui est très peu comblé finalement, du coup en amour, il en faudrait une sacrée dose d’affection et surtout de démonstrations multiples pour arriver à me « remplir » et il peut y avoir de la frustration et être sans cesse en train de demander davantage de marques d’affection du coup, ce qui peut être usant encore une fois pour l’autre… et pour moi accessoirement, parce qu’il ne faut pas croire que seul le partenaire souffre hein… comme j’ai pu l’entendre en amitié…

Ce qui est aussi dur à vivre, ce sont les sautes d’humeur. Passer de la douceur à la colère en un éclair sans qu’on sache ce qui a pu arriver. Passer du rire aux larmes sans qu’il y ait forcément d’explications. Juste qu’en moi, il suffit de peu pour me rendre bien, mais il m’en faut tout autant peu pour me rendre très mal. Du coup, le partenaire doit jongler avec çà et ce qui est légitime, c’est qu’il se demande ce qui s’est passé, s’il a dit ou fait quelque chose de travers. Et après comment réagir, quoi dire. L’impuissance est de nouveau au RV. Et moi, dans ces moments, je me replie sur moi-même et entre dans un monde un peu parallèle. Je ne distincte plus grand chose de ce qui est réel et de ce qui relève du trouble. Il peut se passer des heures, voire des jours pendant lesquels je ne verrai plus s’il y a du soleil ou s’il pleut. Parfois je vois la nuit arriver, mais n’ai pas vu le jour finalement… Pendant ce temps là, soit je vais me faire du mal physiquement pour essayer de trouver un moyen de stopper ce que je ressens moralement, soit pleurer avec des idées suicidaires parce que c’est épuisant et qu’entre çà et les douleurs, il y a de quoi péter tous les câbles, soit rester dans ma bulle à ne plus me reconnaître dans un miroir parce que je n’arrive plus à faire le lien entre cette image de moi dans le miroir et celle que je suis au fond de moi. Et le conjoint, au milieu de çà, il est comment… Je n’ose pas l’imaginer, j’avoue… Il se prend un mur dans la tronche, la carapace qu’on installe autour de soi devient étanche et hermétique et plus personne n’arrive à entrer en contact. Comme un fil coupé, une connexion qui ne se fait plus. 

Une fois, la psy m’a dit que j’étais très lucide sur mon trouble, j’ai répondu que j’aimerais l’être beaucoup moins… Je réalise très bien ce qui se passe, mais la difficulté à ne pas savoir ce qui est réalité et trouble, fait que tout est faussé. C’est une source de souffrance terrible, le cerveau ne s’arrête jamais. La nuit, il continue à travers le subconscient et les rêves et c’est infernal. 

Pour résumer, j’aurais peur de faire souffrir quelqu’un avec ma façon d’être… et parfois on sent qu’on n’a pas le courage de se torturer encore davantage qu’on le fait déjà quand on est seules. Je gère mal mes relations actuelles en amitié. Je garde tout en moi, ne dis rien, mais au fond, j’ai envie d’exploser et de dire « allez vous faire foutre, je vous sors de ma vie, de toute façon, çà sert à rien que j’y sois, je ne suis rien. J’en ai marre de ces attitudes qui me font tellement douter de celle que je suis », mais personne ne le sait finalement. Leur vie continue pendant que de mon côté, je me torture l’esprit et m’épuise. Et plus on va être proche de moi, plus çà s’intensifie… Du coup, en amour hum… 

On a pourtant toutes le droit d’aimer et d’être aimées, mais j’arrive à concevoir que pour un conjoint, çà peut devenir infernal… et je suis du genre à me dire que je peux souffrir seule, en gros. Que ce n’est pas la peine d’embarquer quelqu’un avec moi dans ce trouble. Pourquoi souffrir à 2 quand on peut souffrir seule, quitte à renforcer ce vide que je ressens en moi… :/ Mon caractère n’est pas difficile à vivre, lui. Je suis simple dans celle que je suis. Mais çà c’est mon caractère… par dessus il y a le trouble qui me détruit et la peur de l’abandon, de l’oubli et du rejet, à ruminer toujours comme un disque rayé, à décortiquer et analyser tout ce qui se dit m’épuise… Et épuiserait même le compagnon le plus patient… Alors je pars sans rien dire, en amitié déjà quand je ne me sens plus bien dans une relation (ou alors j’ai du mal à quitter, c’est aussi quelque chose qui peut arriver, parce que je sais que mon vide intérieur serait encore plus gros et du coup, je reste, mais avec mes milliards de questions, sans réponses évidemment… parce que parfois il n’y en a tout simplement pas) Je suis maso en gros à rester là où je peux souffrir… Et gère à ma façon mes émotions et mes sentiments cassés. La cocotte minute toujours en état de fonctionnement à une allure en mode TGV, parce que çà carbure à une vitesse qu’on ne soupçonne pas. Au début, quand j’explique pour prévenir, ceux que j’ai connus, ont eu tendance à dire « oh tu exagères, tu es toute douce, toute calme !! » moui… mais à l’intérieur, personne n’y sera jamais. Je suis vide de sensations mais pleine de pensées et d’émotions à l’envers. 

Je ne sais pas si les personnes qui ont tapé certains mots-clés trouveront des réponses à travers ce que je ressens moi-même, mais en tout cas, ne faites pas comme moi… laissez vous aimer, osez affronter la peur de l’abandon, parce que ce n’est pas forcément ce qui arrivera et donnez vous le droit d’avoir une relation malgré votre trouble. J’y travaille doucement, malgré de gros blocages… 

Combats qui me touchent

Elle nous a mis devant la réalité…

Photo : Pinterest

Elle s’appelait Corine, souffrait de fibromyalgie depuis 20 ans. Elle avait perdu beaucoup de choses à cause d’elle, la dépression l’avait envahie, comme beaucoup d’entre nous, je pense… elle avait des douleurs très fortes, s’était retrouvée à un moment de sa vie dans un fauteuil roulant, puis elle avait fait face, avec l’aide de quelqu’un en qui elle avait confiance. Elle faisait des sorties sur ovs, où je l’avais rencontrée virtuellement, c’était la 1ère à m’adresser la parole d’ailleurs, parce qu’elle savait que j’en souffrais aussi. Je n’ai jamais oublié l’espoir qu’elle m’avait donné. Il y avait des moments aussi où elle parlait d’en finir et puis elle revenait… 

Jusqu’à la nuit de lundi à mardi… elle a arrêté son combat et on a perdu son joli sourire… Sa lutte contre la douleur est terminée, elle a abrégé ses souffrances. Elle aurait eu 56 ans dans une semaine. 

Elle nous a mis devant la réalité des choses. Que la douleur peut être tellement forte qu’on finit par y laisser nos plumes. La force, le courage et la vie y passent. C’est notre réalité en tant que douloureux chroniques même si à la base, la fibromyalgie n’est pas physiologiquement une maladie qui entraîne les décès, la dépression qu’elle entraîne, elle, provoque des suicides et c’est finalement le même résultat que toute autre maladie. 

Elle se battait pour trouver la sérénité sur Terre, à travers des activités. Ce n’était pas assez pour la maintenir à la surface, elle se sentait toujours aussi seule face à ses douleurs. 

Elle avait vu une photo que j’avais mise de moi sur facebook, de mon baptême en parapente. C’était aussi son rêve, on en avait parlé, elle avait peur, pendant un moment je lui avais parlé de l’association qui avait été géniale avec moi et qu’ils m’avaient permis de réaliser mon rêve malgré les circonstances. J’étais contente qu’elle me dise qu’elle le ferait au printemps… Le printemps est là, les airs l’attendaient, à la place, elle a traversé les nuages et rejoint ces étoiles qui se font beaucoup trop nombreuses à force…. 😦 

Je me suis demandé si on avait fait assez pour la soutenir au sein du groupe, si moi de mon côté, j’avais pu être assez présente pour elle, si je n’aurais pas dû aller davantage vers elle pour lui dire que je la comprenais, qu’elle n’était pas seule, même si elle le savait, l’écouter davantage… Mais il fallait seulement accepter que c’était trop lourd et que rien de plus n’aurait pu l’aider, à part lui retirer toute douleur. Et accepter son choix et son besoin de s’échapper. Tout simplement. L’accompagner vers cette nouvelle demeure qu’est la sienne dorénavant.

« Respire… sois sereine et vole vers ta liberté ma Coco… j’ai toujours compris tes mots / maux… je comprends ton geste… Repose enfin en paix » 

Combats qui me touchent

« Une semaine dans ma réalité » – Fibromyalgie

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Je reviens avec une série de vlogs sur youtube pendant cette semaine (du 13 au 20, histoire que l’éclipse fasse partie encore de l’aventure 🙂 ), où je montre un peu comment se passe mon quotidien, les difficultés que je peux rencontrer, les projets en cours, ce que je fais, comment je suis… Bref, tous les jours, je mettrai ce qui s’est passé dans le courant de la journée. Pour l’instant, je mets la vidéo où je parlais de ce projet et le 1er jour, qui était donc hier, vendredi 13. Si çà vous dit de me suivre toute cette semaine, n’hésitez pas à venir me faire un coucou et à vous abonner, çà me fera plaisir. Je rajouterai sur cet article, les vidéos de la semaine, au fur et à mesure des jours.

Bon w-e et j’espère ne pas être trop chiante si jamais vous êtes amenés à me regarder cette semaine :/ Je vous embrasse ❤

Présentation de cette semaine à venir

Vendredi 13, 1er jour où je dévoile un peu plus de moi…

Samedi 14, 2ème jour…

Dimanche et Lundi, il n’y aura pas de vlogs, j’ai été couchée ces 2 jours là, suite à une crise bien douloureuse, une névralgie et une migraine qui m’ont tenu compagnie… il n’y avait rien à voir, à part mon lit… c’est aussi la réalité des choses dans mon quotidien… 

 

Combats qui me touchent

Les coulisses d’un service de psychiatrie

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Je mets mes fameux !!! pour montrer qu’âme sensible s’abstenir Je vais parler positivement des personnes qu’on rencontre dans ce genre de service (le mot « psychiatrie » donne des frissons à beaucoup et si on rajoute le mot « service » devant, on perd du monde… et mon combat a souvent été de dénoncer certaines pratiques ou réalités, dans ces établissements mais c’est important d’évoquer aussi l’envers du décor, plus positif, autant qu’il peut l’être, vues les circonstances, on va dire). Mais j’aborde aussi quelque chose en rapport avec moi qui n’est pas forcément gai d’où les !!! malgré tout, du coup. Je ne me censure plus depuis longtemps mais préfère toujours prévenir…

* Ce couloir là est le 1er que j’ai traversé pendant plusieurs mois entre 2004 et 2006. Une clinique psy. Où il m’est arrivé ce qu’on sait si on me suit depuis un moment…

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* Puis à partir de 2006, c’est par là que j’ai aussi passé de nombreux mois. Un jour, j’ai pris tous mes bulletins d’hospitalisation, pour compter le nombre de mois que j’avais passé dans ces 2 endroits réunis. 27 mois sur 5 années environ. Pour moi une éternité… Au fond, les murs bétonnés sont en fait les couleurs qui mènent aux services comme des sortes de souterrains. On dirait une taupinière. Un service plus dur, je n’ai jamais su pourquoi, parce que j’y ai vu autant de souffrances. Des cas plus lourds, plus dangereux aussi, peut-être, je ne sais pas. Il y a une unité spéciale pour malades dangereux et j’avoue que même en la sachant fermée et protégée, certains patients sortent de ce service là quand ils ne sont plus en crise et du coup, ils sont mélangés avec nous, dans les unités « ouvertes ». Il y a peut-être plus d’angoisse aussi du coup… C’est là que je vais tous les 15 jours pour une consultation psy et je dépends de l’unité qui traite les psychoses débutantes. 

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C’est le genre d’endroits qui marque. Chez moi c’est gravé au fer rouge, parce que j’ai perdu du monde dans ces combats, mais j’ai aussi rencontré des personnes que je n’ai jamais oubliées et on y vit tout plus intensément aussi bizarrement. La souffrance évidemment mais les moments où on arrive à dépasser la maladie et à se retrouver nous-mêmes, en tant qu’individu. Comme dit, quelque soit le degré de gravité et la maladie dont on souffre, on reste des êtres humains avant tout.

– T. une jeune ado qui venait toujours près de moi, elle était en recherche d’affection et me voyait un peu comme la grande soeur à qui on pouvait se confier. Elle venait se jeter dans mes bras ou posait sa ptite tête contre moi quand j’étais installée dans la salle commune sur un fauteuil le soir quand on s’y retrouvait tous. Elle a fait tourner les médecins en bourrique lol un jour, on l’a cherchée partout pensant qu’elle avait fuguée et en fait elle était restée dans son placard et est réapparue comme une fleur le soir. Et puis un jour, elle est venue dans ma chambre en me demandant si je ne trouvais pas qu’elle avait pris du ventre. Je lui ai répondu que oui, un peu, mais c’est parfois l’effet des neuroleptiques. Je la voyais dormir plus souvent, son ventre s’arrondir un peu trop. Puis je ne l’ai pas vue pendant plusieurs jours, quand elle est revenue, elle a repris ses habitudes près de moi et pendant qu’on mangeait, elle s’est confiée à moi (j’étais toujours la dernière à table à cette époque mouais), m’a dit qu’on l’avait forcée à perdre son bébé… Son ventre arrondi n’était pas dû aux neuroleptiques, elle avait été violée et à 16 ans s’apprêtait à être maman… Les soignants la voyant toujours collée à moi ont jugé que ce n’était pas bon qu’elle s’attache de trop à moi, parce que le jour où elle partirait ou que moi je quitterais le service, elle risquait d’aller plus mal. Elle me regardait de loin les larmes aux yeux, tenant sa distance. De mon côté, je n’ai jamais regretté de lui avoir donné ce que j’avais pu. Il y a 1 an, j’ai eu un sms d’elle, 3 ans après elle ne m’avait pas oubliée et çà m’a touchée. D’autant plus quand elle m’a dit qu’elle avait rencontré quelqu’un, qu’elle était heureuse et qu’elle était maman 🙂 Puis elle m’a envoyé des photos de son ptit bout de chou qui avait 1 an. 

– Les personnes qu’on y trouve sont souvent démunies autant affectivement que financièrement et du coup, le moindre geste prend une ampleur qu’on ne rencontre pas forcément à l’extérieur. Quand je vois les gens mécontents de ce qu’ils ont pu avoir comme cadeau, je me souviens au plaisir que j’ai eu d’offrir un carnet de dessin, 1 crayon de papier, 1 gomme et 1 taille crayon, à D. un patient sdf. « Tout çà pour moi ??? » avec un grand sourire édenté. Il était heureux… 

– Il y a ces liens qu’on tisse parce qu’on se comprend, parce qu’on est aussi 24h/24 ensemble. Ces soirées où on se rassemblait tous. J’entends souvent le rire de B. qui riait en lisant « Ensemble c’est tout », je n’ai jamais oublié l’affection portée aux personnes qui en avaient besoin, me moquant bien si je faisais mal ou bien. Certains sont morts à l’heure actuelle, je regrette encore moins de ne pas avoir fait attention. C’est là aussi que j’ai rencontré J-F qui m’a aidée à emménager dans mon 1er appart, le seul ami que j’avais quand je suis arrivée à Marseille pour emménager ce coup-çi et non pas pour être hospitalisée. On allait rendre visite à M-P qui avait été transférée à la timone pour faire des électrochocs (qui l’ont sortie de sa mélancolie). On pleurait, on riait, toutes les émotions étaient mélangées. C’était mon ancienne compagne de chambre à l’époque de la clinique, elle me voyait laver mon linge à la main (je n’avais aucune famille ici et ne connaissais personne à Marseille, du coup, je lavais mes jeans, mes pulls dans la douche), quand elle pleurait et que j’allais m’installer près d’elle pour lui parler, elle me disait « tu sens toujours bon, tu prends soin de toi, tu changes d’habits souvent, alors que tu laves tout à la main, tu es toute jolie toujours » Je lui ai expliqué que c’était important de garder çà, même si c’était parfois dur. Elle a été prendre une douche, se changer, des gestes qui pour elle, dans son état, étaient compliqués. Et quand elle est ressortie, elle avait un grand sourire en me disant « tu as raison, çà fait du bien ». J’étais heureuse de cette mini victoire pour elle.

Je me suis jurée que la dépression ne m’emmènerait jamais aussi bas. Moi j’étais là pour anorexie, la dépression était là mais pas au point de maintenant. Ces derniers temps j’y pense beaucoup à elle, quand le matin, je n’arrive pas à me lever, que je me force à me préparer mais que çà demande un effort qu’on ne soupçonne pas si on n’a jamais connu cet état. Me doucher parfois est pareil, une corvée, mais je tiens ma promesse, je ne laisse pas mon corps à la dépression, même si çà me coûte cher… surtout qu’il y a aussi les douleurs qui empêchent certains mouvements.

– j’y ai rencontrée quelqu’un qui m’a beaucoup aidée côté soignant. Il m’a appris à parler, à retrouver ma féminité par des exercices qui remuaient mais que je ne regrettai jamais d’avoir faits. Je n’oublierai jamais ses mots non plus qui m’ont aidée à aller de l’avant. Je n’avais jamais pleuré devant personne à 27 ans. J’aurais pu être gênée vis à vis de lui, il avait à peine 2 ans de plus que moi et son regard était tellement expressif que je savais ce qu’il pensait. Un jour, il m’a demandé comment je gérais les séances et comment je me sentais après. En rigolant, je lui ai dit que souvent je rasais les murs pour remonter dans ma chambre dès la sortie de la salle d’ergothérapie parce que c’était beaucoup d’émotions à gérer et que souvent j’évacuais sans avoir le temps d’être dans ma chambre. Mais je ne voulais que personne ne voie mes larmes, d’où le rasage de murs. En sortant de la salle, j’étais en vrac comme d’habitude, il a eu le malheur de m’appeler… j’étais en pleurs, je lui en ai voulu sur le moment, parce que je venais de lui dire que je ne supportais pas qu’on me voie comme çà, il n’avait rien compris…. ! Si… Je me retourne donc… pitoyable avec mes yeux rouges, mon nez de la même couleur… « A demain Delphine, 14h… », avec un sourire, l’air de dire « ce n’est pas grave, vous avez le droit de pleurer devant moi » (rien que de me rappeler de çà j’ai les larmes aux yeux, on vient de me perdre…). Je le voyais tous les jours, il m’avait dit que c’était la 1ère fois qu’il travaillait autant avec une patiente, du coup c’était pas compliqué de savoir les jours et les heures, c’était la peine de me rappeler pour çà, le vilain. Et effectivement, les fois suivantes, j’ouvrais les vannes, assise par terre avec lui, il avait ouvert une porte ce jour là… il attendait que çà passe en me donnant le droit de me laisser aller, à mes côtés. Je ne me suis jamais sentie seule un instant avec lui en tant que soignant, contrairement à beaucoup d’autres. Il m’a appris à mettre des mots sur ma souffrance, il a su me montrer qui j’étais. 

– il y a eu F. qui a beaucoup compté, le confident, le double au masculin. Il était capitaine dans l’armée de terre, avait fait une dépression et une ts. Avec lui, j’ai appris le dépassement de soi. « Le mental permet beaucoup de choses » et il m’a aidée à m’en convaincre et m’a convaincue… du haut de mes 37kgs de l’époque, aucun appareil de la salle de kiné n’a été épargnée, je fixais les collines que j’avais en face de moi et je pensais à ses mots « pense à ton mental, il est capable de prendre le pas sur le corps » Il a cru en moi aussi. Il m’a montré des exercices de Qi Qong, lui qui était adepte. On passait nos journées ensemble, le soir j’avais une perfusion d’un anxiolytique, il restait à mes côtés le temps qu’elle coule. C’était là en général qu’il me parlait de lui, qu’il se confiait. Il est sorti au bout de 3 semaines, chaque w-e pendant mes permissions de sortie, il venait me chercher malgré la fatigue de sa semaine, il faisait 2h30 de route aller/retour pour que je passe le dimanche avec lui et sa ptite famille. Pareil, je ne les ai jamais oubliés, ils font partie de mon combat et ont contribué à ce que je me tire de mon enfer. 

Mon post part dans tous les sens, j’en suis désolée :/ Ils m’ont mis de la vie en moi tous ces petits anges rencontrés au détour de couloirs d’hôpitaux. Et mieux, ils m’ont prouvé que je pouvais en mettre en eux aussi. 

Pourquoi je raconte çà, pourquoi j’y pense un peu plus en ce moment… Je ris sous vos articles, je parle, je me rends vivante au maximum pour qu’on ne voit pas ce côté obscur sans arrêt chez moi, mais au fond de moi, je me sens complètement éteinte et vide. C’est une galère pour me faire sortir, prendre soin de moi. J’ai renoncé à tous les traitements pour la fibro parce que je n’ai plus espoir. Cà fait 3 mois environ que je suis retombée dans une dépression avec idées plus que noires. Mon absence il y a 3 semaines, quand j’avais programmé mes articles, était due à une surdose de médicaments, elle était programmée tout autant que mes articles, mais je ne voulais pas faire la même erreur qu’il y a 1 an et demi, quand sous le coup des médicaments justement, j’avais mis un message d’adieu par ici. Cà m’a valu de dormir discrètement pendant 2 jours et de revenir lentement. Je ne sais malheureusement pas mentir, j’ai voulu le cacher, mais je ne peux pas, parce que c’est trop lourd à porter. Deux amis le savent mais on n’en parle pas et ma famille ne sait pas. Mes parents entendent au téléphone les soirs où je ne peux pas masquer les choses et où je n’ai pas forcément envie de parler non plus que je ne suis pas au top de ma forme, mais j’ai voulu les protéger encore. 

La souffrance physique et psychologique… je ne le vois pas comme une ts, je crois que j’avais juste besoin de me mettre un peu en veille… oublier mon cerveau qui n’arrête jamais de fonctionner quoique je fasse. Il ne tait aucune pensée et je m’épuise… le corps lui souffre du froid et de l’humidité, il a à peine le temps de se remettre qu’il fait de nouveau mauvais et çà recommence inlassablement… et au delà de çà, il y a ce sentiment de solitude qu’on peut ressentir parfois en soi, ce vide intérieur comme je l’ai parfois appelé dans d’autres posts. 

Je pense à ma famille, c’est la seule chose qui me permet d’avoir encore un repère, un moyen de garder les pieds sur terre, dans tous les sens du terme… même quand parfois j’ai la main trop lourde sur certains médicaments… Je les aime plus que tout au monde… mais en parallèle j’ai cette souffrance qui ne s’éteint jamais elle, contrairement à moi qui ne peut plus vraiment m’allumer de l’intérieur depuis un moment. J’ai souvent dit que derrière un écran, on ne pouvait pas savoir comment était la personne… 

Je vais m’arrêter là, j’ai mon corps qui tiraille dans tous les sens, il n’a pas apprécié le temps passé à raconter tout çà malheureusement. Prenez soin de vous, je me dis de plus en plus que tout est en nous, qu’on a la clé quelque part et qu’on est seuls face à soi-même. Pour combler ce vide qui bousille tout… Pour aimer la vie à temps complet et pas vouloir la quitter tous les 36 du mois ou parfois l’éviter un temps au moins… 

Combats qui me touchent

Le harcèlement scolaire ou le silence d’une souffrance

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Stop au « chut »… avant qu’il ne soit trop tard…

En regardant l’émission « Infrarouge« , j’ai fait un bond de 25 ans en arrière. Je me suis reconnue dans certains de ces ados.

Mathéo était roux. Emeline était trop ronde. Un autre ado bégayait. Un autre est homosexuel. Ils ont tous été victimes de harcèlement physique et / ou moral (de toute façon les deux sont touchés au bout d’un moment. Quand le mental est touché, le corps « parle » et inversement, comme dans beaucoup de situations. Tout ce qui n’est pas dit, le corps emmagasine…) en milieu scolaire pour des raisons à la con. Le petit Mathéo avait 13 ans quand il n’a plus réussi à supporter ce qu’il endurait et s’est suicidé en se pendant. Pour résumer, il est mort parce qu’il était roux… 😦 

La première chose que je me suis dite en voyant ces témoignages d’enfants et de parents, c’est que les choses étaient restées au même stade qu’il y a 20 ans, quand j’étais à leur place. 

C’était un harcèlement moral qui aura duré 4 ans. Toutes mes années collège en gros. Un groupe de 6 garçons dont un « leader » qui entraînait les autres, qui eux, voulaient appartenir sans doute à un groupe et s’intégrer, alors ils suivaient. Ils se sentaient fort en groupe, çà c’est sûr… Des coups dans ma chaise quand j’étais assise en cours, des mots qui circulaient remplis de moqueries, de remarques qui font mal, parce qu’on les croit… ben oui, ils sont tellement nombreux à dire la même chose, c’est que tout doit être vrai… Des bousculades dans les couloirs, des mots balancés à travers les escaliers « tu es un monstre », « tu as été envoyé par Dieu pour faire peur aux gens » « tu es moche » et j’en passe, ce n’est que le plus léger et surtout juste des mots, parce qu’il y avait ces phrases qui me réduisaient, qui me rendaient pire qu’une merde. 

J’allais au collège la peur au ventre parce que je me demandais ce qu’ils me réservaient, il m’arrivait de faire des détours parce que je les voyais au loin ou se rapprocher de moi et que je n’avais pas envie de me retrouver face à eux, de bon matin, déjà, avant même d’avoir atteint le collège. A partir de la 5ème, tout s’est amplifié, il y avait des gestes obscènes derrière les grandes tables de sciences, le prof ne pouvait pas voir ce qu’ils faisaient, parce que la partie de devant était fermée, du coup il s’en passait et j’étais là à me sentir souillée, avec l’envie de vomir. Ils prenaient de l’assurance pendant que moi je me terrais dans mon ptit coin et plus ils voyaient que je m’affaiblissais et ne bronchais à rien, de peur que ce soit encore pire et qu’ils aillent plus loin, je me la fermais. Un cercle vicieux qui m’a pourri de l’intérieur. Je rentrais le soir chez moi, mes parents me demandaient si la journée s’était bien passée, je répondais oui. Je ne voulais rien dire, j’avais honte et je me sentais faible de ne pas riposter, mais je n’avais ni la force ni l’envie, au bout d’un moment, on a envie d’être une petite souris, de ne plus se faire entendre, de ne plus être vue. Je n’avais personne à qui en parler de toute façon, pas d’amis. Qui veut être ami(e) avec une ado renfermée comme j’étais, que ce groupe de 6 avait pris comme bouc émissaire. Il y avait les toilettes à l’extérieur et le hangar à vélo, je passais mes pauses dans les toilettes pendant un temps, puis ressortais et me réfugiais derrière le hangar, je comptais le nombre de vélos comme pour penser à autre chose, parce que j’avais peur qu’ils viennent me pourrir la vie même dans mon coin secret. Je regardais l’extérieur de l’établissement, j’avais ce besoin de liberté et je pleurais. Ce que je ressentais n’aura jamais de mots assez forts, je sais juste que c’est là que j’ai commencé à me dévaloriser, à me diminuer, à me sentir nulle et merdique. Le collège était ma prison. Je rentrais le soir à la maison et là c’était ma liberté, même si en arrière plan, je n’oubliais rien de ce qui s’était passé dans la journée, loin de là. Chaque soir, je me couchais avec la boule au ventre à l’idée d’aller en classe et je me réveillais dans le même état. Un peu plus mal chaque jour. Un peu plus mauvaise en cours, aussi, mais qui s’est préoccupé des raisons pour lesquelles mes résultats descendaient autant. Les profs ne voyaient rien ou ne voulaient rien voir et mes parents, je les ai protégés de çà du mieux que j’ai pu. Ils l’ont su des années plus tard, après ma 1ère année passée dans l’anorexie. Presque 8 ans après le début de cet enfer.

En 4ème, le cercle s’est refermé davantage encore, je n’étais plus rien. Je ne vivais plus tant que j’étais au collège et retrouvais mon air quand j’en sortais, quand je savais que mon chemin du retour me séparait d’eux. Je ne compterai pas le nombre de fois où j’ai pleuré durant ce trajet là, ni combien de fois je me suis retournée pour voir s’ils n’étaient pas derrière moi. Il n’y a jamais eu de coups physiques, que des mots… qui  m’ont ruinés moralement. Je me suis révoltée une seule fois, j’ai craqué une seule fois devant eux. En 3 ans, c’était la 1ère fois que je leur répondais. J’étais à bout, tout simplement. C’était le jour de mon anniversaire, mon frère avait été hospitalisé pour une opération de l’oeil, il avait fait un oedème de la trachée, avait été transféré de nouveau où il avait été opéré à sa naissance, pour qu’il soit surveillé par le chirurgien qui le suivait depuis là. A 2h de voiture de chez nous. Il était en réanimation sous respirateur, parce qu’il ne pouvait plus respirer seul du haut de ses 6 ans. J’étais angoissée, triste et je recevais en pleine poire leurs propos aussi merdiques qu’eux. La prof s’est absentée, je me suis levée, j’ai éclaté en sanglots en disant que j’avais juste envie d’une journée de répit parce que c’était mon anniversaire et que mon frère était à l’hôpital, que j’avais besoin d’air et de liberté. Je ne demandais que ce jour là…. J’ai réussi à l’obtenir, pour que çà recommence plus violemment le lendemain, alors je me suis jurée de la boucler pour toujours. Il m’a fallu des années pour comprendre qu’il fallait parler si je ne voulais pas étouffer à l’intérieur de moi. C’est la seule fois où je leur ai montré qu’ils m’atteignaient et la dernière. Je me suis mise en échec et ne voulais plus aller à l’école. Dans ma tête, je me voyais inventer n’importe quoi pour ne surtout plus y aller. Tout dire, sauf la vérité pour que ce ne soit pas pire. Tout s’est transformé en phobie, j’ai tenu, parce qu’il y avait mon frère qui avait besoin de moi et mes parents avaient des problèmes bien plus graves que çà. Alors je n’ai rien dit… la vie a continuée, toujours de la même façon et dans ces cas là, c’est la répétition et la régularité, 5 jours sur 7, pendant 4 ans qui usent à force. 

Je n’ai jamais été réparée. En faisant mon parcours « psychologique », la psy a vu une cassure à 11 ans, âge auquel le trouble borderline s’est installé insidieusement, à avoir des comportements qui n’étaient plus adéquats à une scolarité « normale », une souffrance muette au fond de moi tellement tue que mon subconscient, lui, était très actif, provoquant des désordres, une image plus que négative de moi, une absence de sociabilisation vue que je me terrais. 

On m’a dit parfois « mais c’est passé, oublie tout çà et puis tu sais les jeunes entre eux…. » NON ! déjà on n’oublie pas un calvaire de 4 ans à cet âge où on est censés se construire, ils m’ont volé mon adolescence, parce que même s’ils n’étaient plus là, quand j’étais au lycée, il faut arriver à refaire confiance, prendre l’habitude d’aller vers les autres sans se dire qu’ils vont nous pourrir, nous charrier au point de dégringoler peut-être dans les escaliers et je n’ai pas réussi, j’étais très peu entourée d’amis. Les angoisses restent, elles. Elles se manifestent juste autrement, c’est tout. Alors non, ce n’est pas une raison, d’être jeunes et en groupe et si les profs avaient ouverts un peu les yeux et réagi, moi comme tous ces jeunes que j’ai vus ce soir, on aurait pu éviter la destruction peut-être. Limiter les dégâts au moins. Eviter des suicides. 25 ans après, on vit les mêmes choses et je ne le tolère pas… ma chance à moi, c’est que les réseaux sociaux n’existaient pas, du coup j’étais tranquille le soir, les w-e et pendant les vacances. J’avais cette chance là qu’on ne puisse pas m’atteindre autrement que directement et physiquement. Après oui, on n’y pense pas quotidiennement, mais il suffit d’un peu de violence ou d’une émission comme celle de ce soir pour réaliser que rien n’est fini, qu’on vit juste avec, mais que c’est encore là au fond de soi.

S’il y a des ados qui passent par là et que vous êtes dans ce cas, parlez. Cà ne pourra jamais être pire que ce qu’ils nous font vivre une fois que l’enfer a débuté. Faites le discrètement à une personne de confiance, n’ayez pas honte, parce que vous êtes victimes avant d’être coupables. Et ne laissez personne vous attaquer sur la personne que vous êtes, parce que personne ne le mérite et personne n’a ce droit de foutre des coups autant verbalement que physiquement à d’autres. Combien il en faudra encore des Mathéo pour qu’on réalise qu’il y a une véritable souffrance derrière ces mots ?? 

Si vous avez des copains, des copines que vous voyez se faire maltraiter quelqu’en soit la façon, c’est pareil, allez en parler discrètement à une personne qui saura vous écouter et qui pourra agir sans faire de vagues pour ne pas provoquer plus de dégâts, ce n’est pas le but non plus, même s’il faut sortir du silence dans tous les cas. 

Si vous êtes parents, veillez aux moindres changements. On se renferme, on rit moins, on a moins envie de faire de choses, il y a des angoisses qui surgissent, une tristesse qui apparaît, on ne parle plus ou moins, les amis se font rares. Ce sont des attitudes qui peuvent alerter. N’hésitez pas à en parler. Je me suis jurée que mes nièces ne subiraient pas la même chose. Que le jour où elles seraient capables de comprendre, je leur dirais que si on leur fait du mal, qu’elles n’hésitent pas à en parler. Je n’ai pas envie qu’elles vivent dans l’angoisse que çà puisse arriver, mais je n’ai pas envie de les savoir aussi seules que je l’ai été 😦 …. 

Cà laisse des traces à vie et on n’oublie pas. Il m’arrive de croiser des jeunes dans la rue et de me protéger en augmentant le son de mon mp3 si jamais je venais à me prendre une remarque dans la tronche. C’est comme un automatisme qui s’est créé et pourtant, mon calvaire avec ce groupe s’est arrêté il y a 21 ans… Chez moi c’était le visage qui était pris pour cible, d’autres c’est le corps, d’autres ce sont leur orientation sexuelle et quelque soit la raison, çà ne devrait plus arriver.

Ne vous laissez pas faire, ne laissez personne vous atteindre et parlez en. Lutter contre le harcèlement scolaire c’est aussi oser ouvrir la bouche, même si la démarche est difficile et angoissante pour la suite. Comme dit, rien ne pourra être pire que ce qui est déjà vécu… Et ne faites pas comme moi… Ne minimisez pas ce qui arrive, quand on réalise que quelque chose ne tourne pas rond dans ce genre de comportements, c’est qu’il est déjà bien trop tard.

Je n’aime pas Keen V, mais il a fait une très belle chanson sur le sujet et je la comprends cette petite Emilie (c’est tiré d’une histoire vraie). La seule chose qui m’a maintenue à la surface a été ma famille, elle était mon oxygène au milieu de ce chaos… Patrick Bruel a lui aussi fait une très belle chanson sur le sujet et je trouve bien qu’ils aient osé le faire, l’un comme l’autre.

« Petite Emilie » ❤

« Maux d’enfants »

Combats qui me touchent

Street Art au Cours Julien – Marseille

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Cabu – Rue Bussy l’Indien, 6ème arrondissement

Le Cours Julien est un quartier où il n’y a pas mieux comme symbole de liberté d’expression, à mes yeux. Couleurs, musique, bars où sont donné des concerts de toutes sortes, terrasses animées et colorées et surtout street art. Artistique et bohème. Des murs peints à longueur de quartier et aux petites rues alentour. J’ai d’ailleurs pris goût à cette forme d’art, dans ce quartier, parce que je n’en avais jamais vu avant d’y aller me balader pour la première fois. C’est çà qui est magique à Marseille, comme je pense avoir déjà eu l’occasion de le dire dans d’autres posts. Le mélange des cultures, des pensées, des façons de vivre. On peut passer de la couleur à la noirceur en une station de métro. On peut même changer de pays entre deux stations aussi.

Depuis le 7 janvier, Cabu figure dans une de ces rues. Fier, il a pris sa place sur un des murs. Magnifique et tellement réaliste, il est là… et quand on le voit lui, on voit tous ceux qui sont partis en même temps que lui, ce jour-là. L’artiste qui a réalisé ce tag est un phénomène, pour moi qui ne sais pas dessiner un petit bonhomme à mes nièces 🙂 

J’en ai fait une vidéo pour que tout soit rendu un peu plus vivant de ce quartier qui l’est tant. A notre liberté d’expression. En la mémoire de tous ces êtres disparus… tant qu’on continue à s’exprimer, c’est qu’on tient debout… Quelque soit la façon de dire les choses…


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Station métro « Notre Dame du Mont »

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Un petit complément en musique en vidéo (vous verrez dans l’intro, à quel point je ne sais pas mentir… j’ai eu un ptit bug, mais au moins je suis naturelle ^^)

Combats qui me touchent

Parce que le dessin peut tuer

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Je voulais garder mon blog sous silence, pour rendre hommage aux 12 personnes tuées, mais je me dis que le silence, c’est leur donner raison à ces dingues que je flinguerais sur place, si je faisais partie de la justice… 

Hier, je voyais Mathieu Madénian, qui était absent à la réunion parmi ses collègues et amis et qui réalise qu’il a survécu à ce carnage, apprendre en direct d’un coup, la mort de Charb et Cabu. Une équipe qu’il avait rejointe il y a 3 mois. Il parlait de Charb au présent, je n’ai pas réalisé tout de suite qu’il ne savait pas encore…. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je n’ai pas osé me mettre à sa place et ressentir ce qui a dû se passer en lui, j’avoue… 

Dessiner librement ce qu’on pense et vit à travers la société, peut tuer. Si demain j’écris un post satirique, on va m’attendre aussi en bas de chez moi et me descendre ? On en est venu vraiment là alors ??

J’ai imaginé les enfants en âge de comprendre ce massacre, demander à leurs parents, pourquoi… « parce qu’ils dessinaient, recevaient sans cesse des menaces, mais continuaient à exprimer ce qu’ils voyaient de la société où tu vis, mon chéri, parce que normalement, c’est ce qu’on appelle la liberté d’expression »… Normalement oui. Mais c’est de moins en moins le cas. Pour un mot de travers, on reçoit des pierres dans la tronche. Pour des propos qui ne plaisent pas, on reçoit des coups. Pour dessiner ce qu’on voit de la société, on reçoit des balles fatales.

La liberté d’expression, pour moi, est morte hier, en même temps qu’eux. Mais il faut malgré tout continuer pour eux, pour nous et notre propre liberté d’expression, pour que çà n’arrive plus, pour ne jamais se taire quoiqu’il arrive… 

Je ne parlerai pas du côté politique et religieux de ce carnage. Ce serait juste bien de ne pas faire d’amalgames.

Qu’ils reposent en paix. Des pensées pour leurs familles. Merci pour la solidarité qui s’est formée instantanément hier dans toutes les villes. 

JE SUIS CHARLIE.

 

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Combats qui me touchent

A toi que je ne porterai jamais

Crédit photo : Pinterest http://jessicacernat.com/

« Un moment que j’ai envie de t’adresser cette lettre, les mots tournent dans ma tête, mais j’ai besoin de les cracher maintenant. Peut-être que j’ai fini par accepter, que je suis prête à faire ce deuil là, je ne sais pas. Ou peut-être que je suis juste triste de devoir t’adresser cette lettre que tu ne pourras jamais lire. Parce que tu ne naîtras jamais. Parce que je n’aurai pas pu te porter, tout simplement.

Je t’aurais appelé mon ptit poussin tant que je n’aurais su ni ton sexe, ni ton prénom. Si tu savais le nombre de fois où j’ai regardé mon ventre dans le miroir, posé mes mains dessus, comme je l’aurais fait si tu avais investi les lieux pour de vrai. Je t’aurais toujours protégé de mes mains douces et chaudes. Je t’aurais lu plein de choses pour t’habituer à entendre ma voix et qui sait te faire aimer la lecture autant que moi. Je t’aurais fait écouter toutes les musiques du monde. Je t’aurais câliné à travers la paroi bien hermétique de mon ventre, écouté tes premiers mouvements taper en moi. Je sais que beaucoup de choses seraient passées entre la vie extérieure et ta bulle de liquide amniotique. Ton papa t’aurait aimé autant que moi, je le sais aussi, parce que je l’aurais choisi pour çà et on t’aurait attendu tous les deux en comptant les mois, les semaines puis enfin les jours, voire les heures. J’ai imaginé des milliers de fois ta présence en moi, te sentir grandir, voir mon ventre s’arrondir de ses jolis formes que j’aime tant voir et puis arriver, coupant ce lien unique entre toi et moi. Dans mes pensées, il y a beaucoup d’amour entre toi, moi et ton papa. Des rires à n’en plus finir. Des jeux de toutes sortes. Des câlins pour sentir la chaleur de ton ptit corps contre le mien. Il y aurait eu des pleurs, parce que c’est la vie, mais je t’aurais protégé du mieux que je pouvais tout en apprenant à te laisser voler de tes ptites ailes au fil du temps, pour que tu sois fort pour affronter la vie, tout en sachant que moi et ton papa serions toujours là pour toi pour panser tes blessures et adoucir les chagrins. 

J’ai tant rêvé de tes jolis dessins gribouillages, de tes premiers mots, de tes premiers pas, de tes premières fois tout court, de ton premier « je t’aime maman », « je t’aime papa ». De ce lien qui nous aurait maintenu durant 9 mois. Lien incassable, bien accroché. J’aurais respiré, mangé, bu pour toi. Je me connais, j’aurais été inquiète au moindre changement, quitte à ne pas dormir pour surveiller si tu allais bien. J’aurais flotté dans des robes légères montrant mon joli ventre, j’aurais tournoyé avec, de joie et de bonheur.

Je me suis tellement battue dans l’espoir de te porter un jour, si tu savais. Tu m’as aidée à me dire qu’il fallait que je sorte de l’anorexie. Mais la chronicité s’est installée, je ne l’ai pas fait exprès, c’est une maladie tu sais et puis j’ai besoin de beaucoup de médicaments depuis longtemps. Tout a cassé l’endroit qui t’était destiné et je m’en veux. Et surtout plus que tout, tu me manques. Tu manques à ma vie mon ptit poussin. Tu aurais eu des ptites cousines que j’adore moi, mais qui ne te remplaceront jamais, même si l’amour que je voulais te donner, je le leur donne, mais ce ne sera jamais pareil. 

Un jour, le médecin m’a parlé de stérilité, j’ai eu peur. On m’a donné un médicament pour provoquer ce qui permet de porter des ptits poussins, mais j’ai fait une hémorragie et un autre médecin a préféré tout arrêter. J’étais affaiblie par mon poids, il ne fallait pas que je perde trop de sang en plus, il valait mieux laisser tranquille mon corps qui ne saignait plus seul. « Elles reviendront quand çà ira mieux », mais au fil des années, j’ai fait des dégâts et plus rien n’a jamais été pareil. La machine à faire des ptits poussins est cassée pour de bon. J’ai l’impression que sans toi, on a supprimé la plus belle chose qui pouvait me rendre heureuse, il manque une partie de moi, il y a un vide qui ne sera jamais comblé. Maintenant je touche mon ventre, en le tordant, parfois, parce qu’il me fait très mal déjà, parce qu’entre lui et moi, c’est dur, il ne me fait pas de cadeau même s’il ne fait pas son travail chaque mois. Parfois, je le touche pliée en deux d’une autre douleur, celle du coeur, de mes tripes et de ma tête, je pleure de ce vide que je ressens. Je suis à un âge où je connais beaucoup de monde qui ont des enfants maintenant. La pire question qu’on puisse me demander c’est « pourquoi vous n’avez pas d’enfant ?? », j’ai envie d’être violente parfois, tu sais. Mais j’essaie de rester gentille et réponds juste que c’est comme çà et quand on insiste, je finis par hurler intérieurement déjà mais tout aussi gentiment, je réponds que je ne peux pas porter mon ptit poussin tant attendu pendant toutes ces années. Mon corps est éteint et n’a plus l’énergie pour réparer ce que j’ai cassé, même si je me suis battue pour çà. C’était un combat vain. Il est devenu vieux avant l’âge normal et tout se finit, à part les douleurs comme pour me rappeler que mes organes sont encore bien là et à chaque coup dans mes ovaires, je me souviens que c’était comme si j’avais mal pour rien finalement. Je vais te laisser mon petit poussin, je pleure de ton manque, le jour où on m’a expliqué qu’il fallait faire le deuil de toi, je ne suis plus pareille, j’ai bien moins l’envie de me battre. Tu étais la raison de mes combats. Je n’aurais peut-être pas été une bonne maman, mais par contre, je sais à quel point je t’aurais aimé. Je t’aime, toi que je ne porterai jamais »…

Une lettre qui me sert d’exutoire pour faire sortir tout ce que je ressens en moi. Une mise en garde sur les conséquences de l’anorexie aussi, surtout quand on tombe dans la chronicité. Les dégâts sont irréversibles. Quand je me suis battue pour me tirer de cet enfer, je sauvais mon coeur qui souffrait de la dénutrition, mais c’était aussi dans l’espoir d’en entendre battre un autre, en moi… Et puis je ne supporte pas d’entendre des femmes qui mènent une belle grossesse dire qu’elles ont marre ou faire un pavé sur leur déception d’avoir une fille au lieu d’un garçon… Pensez à celles qui n’auront jamais le droit de dire qu’elles en ont marre les derniers mois, parce que c’est pour la bonne cause que vous souffrez. Et puis, un garçon ou une fille, est-ce que ce n’est pas le fait qu’il soit en bonne santé qui compte avant tout ? Je suis quelqu’un qui n’est pas contre l’avortement, parce que j’ai souvent imaginé qu’au moment où on a profité de moi, j’aurais pu tomber enceinte et je ne suis pas sûre d’avoir eu le courage de garder le fruit d’un abus. Mais c’est un autre débat. 

Combien de femmes sont dans mon cas et donneraient cher pour souffrir pour mettre au monde un ptit bout de chou, merci de le respecter çà, juste… 

Combats qui me touchent

« Défi Fibro » #3 – quartier Vauban

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Je ferai un bilan post hospitalisation d’ici quelques jours, aujourd’hui, je préfère revenir un peu en douceur avec un défi fibro que je me suis lancé, comme il m’arrive de le faire pour faire un pied de nez aux douleurs. J’ai manqué tourné de l’oeil, je ne savais pas qu’il y avait autant d’escaliers aussi raides en fait, parce que c’était la première fois que j’allais dans ce quartier, par contre, je savais qu’il valait le détour pour sa vue, alors j’ai profité. C’est important de voler ce genre de moments, même si vous risquez de ne plus me voir pendant au moins 2 semaines, le temps que je me remette 🙂 non je rigole… enfin j’espère !… Il m’arrive de ne pas être prudente dans ce que je fais parfois, j’en ai conscience quand je me vois galérer, mais le moral, lui, contrairement au corps, en a besoin… alors avec du temps (beaucoup beaucoup beaucoup…) et de la patience – et énormément de douleurs…- hop hop hop, je pars à l’assaut de Marseille et pour faire les choses bien, je ne choisis pas les quartiers les plus accessibles, à chaque fois, sinon ce n’est pas marrant lol. 

Le quartier Vauban, c’est une série d’escaliers, surveillé par Notre Dame de la Garde qui surplombe ce joli quartier. Des habitations qui s’alignent en serpentin, au détour d’escaliers (toujours et encore). J’ai apprécié le calme qu’on trouve après avoir dépassé les grands axes, on dirait un village dans la ville où l’esprit semble être très convivial, voire familial. Les voisins papotent en plein milieu des petites rues, je crois que c’est la première fois que je passe devant un monsieur à qui j’ai eu envie de dire bonjour, parce qu’on sentait cette chaleur humaine qui se dégageait de ce joli quartier. Mon but était d’aller sur la Traverse des Amoureux (merci Mappy pour ton aide précieuse quand je me suis paumée au milieu des petites rues :)) . Un moment que je l’avais repérée sur le plan, j’en avais vu une vidéo et le nom m’a rendue curieuse, c’est mimi comme nom de rue 🙂 les escaliers sont moins mimi, eux par contre… c’est aussi la première fois (même la descente du phare à Mimizan, j’étais plus rassurée) que j’ai presque le vertige et peur de tomber en avant, en redescendant tellement c’est raide, avec des marches irrégulières. Vu mon grand équilibre, je suis contente de ne pas y habiter malgré sa tranquillité et sa beauté. Il ne faut pas me demander comment les gens font leurs courses, par contre :-s 

Je vous laisse avec les photos que j’ai pu prendre. Un peu de mal à tenir mon apn avec l’orthèse. La luminosité était forte aussi, du coup, j’ai essayé de remédier un peu à tout cela mais bon… mes photos ne rendent pas justice à ce bel endroit, mais elles donnent un aperçu et un peu d’évasion… Bonne ballade et bonne soirée

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Combats qui me touchent

« Douleur »… Ce mot qui détruit tout en soi et autour de soi…

!!!! Mise en garde pour âmes sensibles…. 

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Le seul regard que je croise souvent en 1 semaine… Ma compagne de route qui ne juge pas mes larmes… Celle qui s’inquiète et me saute dessus quand elle ne me voit pas réagir et qui miaule, l’air de dire « t’es là ?? tu ne t’es pas endormie pour toujours en me laissant hein ?? »…. Ma Happy…

Parfois j’aimerais savoir mentir. Dire que tout va bien avec un grand sourire. Je le fais évidemment, mais quand on me connait, il suffit d’un mot qui montre qu’on comprend que je suis masquée et tout dégringole… et mon pauvre papa sait malheureusement entendre entre les lignes, le ras le bol de ces derniers jours. Tout avaler et supporter sans rien dire de cette souffrance qui m’avale de l’intérieur, çà aussi je sais le faire. Très bien. Ce qui suppose que la fameuse bulle m’a aussi aspirée, en même temps. Manque de pot, mes parents ne m’ont pas donné ce genre d’éducation et le mensonge ne fait pas partie de mes gènes, donc en gros, je suis vite démasquée, c’est le cas de le dire… La réalité souvent dérange, elle fait peur. J’ai parfois envie de hurler que la première à laquelle tout çà peut faire peur, c’est moi. Ne sachant pas mentir, je me tais et m’enfonce souvent dans le silence, plutôt que de la crier, cette fameuse réalité.

Les larmes n’arrêtent pas de couler depuis près d’une semaine. Je me suis repliée dans ce monde qui m’attire inconsciemment, si souvent. Ce que certaines personnes se permettent de juger et d’y associer des mots qui ne me correspondent pas (oui je n’ai pas digéré les étiquettes qu’on a pu me coller, c’est le pire qu’on puisse me faire, sans me connaître tant que çà). La douleur physique est insupportable, j’ai envie de me cogner la tête contre le mur, dans l’espoir de tout éteindre. La douleur me fait avoir des idées suicidaires. Elle me vole tout ce qui est autour de moi, comme si ce n’était déjà pas assez et qu’elle n’avait pas déjà fait un sacré carnage dans ma vie sociale, déjà. Plus rien n’est stable. J’aimerais parfois appeler quelqu’un et pouvoir éclater en sanglots en disant que çà ne va pas, que je suis là, perdue. Enfin presque là, parce que parfois, il ne reste que des miettes de moi…. Mais je me l’interdis ou m’abstiens. Chacun(e) a sa vie. Même si je crois toujours que j’en fais pourtant partie de ces vies là. Alors je me tais, ne dis rien, parce que dire « je suis là » juste pour rassurer, envoyer un sms juste histoire de dire que je suis toujours en vie, en gros, çà ne m’aide pas, çà renforce encore davantage cette sensation d’isolement que je ressens au fond de moi. Vaut mieux le silence que la déception des retours que je pourrais avoir, du style « je ne sais pas quoi dire »… je ne sais pas, dis moi que çà va aller, que je ne suis pas seule face à tout çà, que tu penses à moi, que tu es avec moi dans ce combat, que je vais y arriver, que tu crois en moi, purée  y en a des choses à dire à une personne qu’on aime non ? Ne me rends pas plus seule que je ne le suis déjà dans ma tête en me disant que tu ne sais pas quoi dire, c’est terrible de l’entendre quand on va mal. Voilà ce que j’aimerais parfois répondre autour de moi… personne n’est dans ma tête et dans mon corps, c’est aussi une phrase culte… çà veut dire qu’il ne faut plus rien dire et se taire alors ? C’est comme çà. C’est une fatalité en gros. On s’habitue à me savoir mal en gros et c’est aussi terrible que le silence qui me détruit toujours un peu plus, encore faut t-il le comprendre que çà m’a toujours bouffé de l’intérieur et que je me pose toutes sortes de questions devant ce silence. Après on me reproche le mien de silence…. çà fait mal hein ? çà ouvre les portes de l’inconnu, de l’incertitude, des doutes, ce putain de silence hein ? Vous comprenez ce que je ressens alors quand j’ai l’impression de parler dans le vide pour entendre « je ne sais pas quoi dire » ou passer à autre chose, en faisant la politique de l’autruche. C’est bien connu que çà résout tout ce genre de truc… il m’arrive de répondre, pareil, fataliste « ben il n’y a plus rien à dire de toute façon ». C’est malin. C’est constructif. Cà m’énerve.

Je n’ai le courage de rien ces derniers temps, de nouveau. Tout me fatigue et surtout les relations avec les autres. C’est plus facile avec certains. Très compliqué avec d’autres. Mais je manque d’équilibre et suis bancale. 

J’ai parfois l’impression (souvent) que je ne suis plus assez bien pour qu’on m’accorde le temps qu’on donne pourtant à d’autres et je suis là, comme une imbécile à me poser encore des questions, sans réponses. Je n’ai plus le courage de dire que je comprends. Parce que non je ne comprends pas. Le problème, c’est que pour le coup, je n’ai plus confiance du tout en moi et en ce que je peux apporter. J’imagine tout le temps qu’on va me laisser en plan, après s’être aperçu(e) que je ne peux pas bouger comme je le voudrais. Alors en bonne paradoxale que je suis, j’ai envie de crier de m’oublier, mais de ne pas faire du yoyo avec moi. De me foutre la paix. Que chacun reste dans sa vie finalement. Facebook est souvent cruel pour le coup. Le temps qu’on dit ne pas avoir, on l’a pour d’autres bizarrement et je vois des statuts qui peuvent me blesser. Je ne suis pas assez bien ? Je ne vaux pas autant parce que tout est limité dans ce que je peux donner et faire ? Ou alors ils décident pour moi de ce que je suis capable de faire ou pas, comme si je n’étais pas assez grande pour dire « non çà je vais éviter » ou « oui çà je peux, pas de souci ». Laissez moi la liberté de choisir, si le problème vient aussi de là ! Je me sens assez prisonnière comme çà… Je suis assez fatiguée de me dire que je ne suis plus utile ou moins. Je suis suffisamment épuisée de courir après les gens pour mériter ce fameux temps si précieux qu’ils donnent à d’autres au point de m’oublier parfois. Je suis là. En miettes, le moral à 0, mais là. Et j’ai besoin d’amitié même si je suis fatiguée de tout. 

Et en parallèle, l’envie n’est plus là, la douleur physique agit tellement sur mon moral que les sorties sont plus que rares. Je suis fatiguée rien qu’à l’idée de me préparer, souvent. Mais çà me touche qu’on pense au moins à moi, qu’on me propose, qu’on ne m’oublie pas, que je ressente qu’on ait envie de passer du temps avec moi encore. Même si je dois dire non, au moins, je me sens encore vivante, encore présente dans ces vies là. Si seulement tout le monde pouvait le comprendre ce sentiment là. Ce n’est pas faute d’avoir expliqué, mais je ne dois pas être claire, j’en sais rien. Je n’ai plus la force de comprendre ni les autres, ni moi-même. 

Le côté amitié n’a jamais été aussi dur à gérer que ces derniers mois et certaines réactions me bloquent pour laisser entrer des personnes dans ma vie, je me rends compte. Il y a une voix en moi qui dit « laisse le entrer dans ta vie, çà te fera du bien, accepte le, laisse faire les choses, n’anticipe pas les choses », mais je n’ai plus ce peu de confiance que j’avais retrouvé et c’est pesant. Et çà me touche. Ce sont des personnes qui, je ne sais pas pourquoi, ont envie d’y être, dans ma vie en ruines. Mais j’ai peur de les décevoir, comme j’ai dû décevoir les autres pour en arriver à certains stades, alors je me mets des freins, parce que je n’ai pas le courage de souffrir davantage, si on venait à s’apercevoir que finalement, je ne suis plus intéressante à devoir tout annuler, à devoir dire non, à devoir dire que je suis trop douloureuse. J’ai peur que la lassitude s’installe aussi avec ces personnes là.

J’ai toujours eu peur qu’on m’oublie, qu’on m’abandonne, qu’on me laisse sur le bord de la route. Mais je m’essouffle à vouloir rester dans certaines vies et c’est toujours quand j’ai l’impression que çà va mieux qu’on me refait le coup des questions remplies de doutes. On dit souvent que les personnes qui ont une personnalité borderline n’arrivent pas à avoir des relations de longue durée. Ce n’est pas mon cas avec bien du monde, mais on ne sait pas l’effort que çà me demande de tenir le coup dans toutes ces vies… à quel point c’est dur de décortiquer la réalité et le faux qu’entraîne le trouble, dans mon cerveau, à toujours me dire « mais non, tu sais que ce n’est pas comme çà, c’est ton trouble qui te fait ressentir çà, reviens à la réalité »…. mais si c’était la réalité…. c’est bien là mon problème justement 😦 J’ai bien peur que ce soit la réalité et pas mon trouble qui me fasse ressentir bien des choses ces derniers temps. J’ai toujours voulu être une autre. Et ce, aujourd’hui plus que jamais…. 

Mon post est aussi décousu que mes pensées, j’avais besoin de me vider, de cracher et d’écrire même si c’est autant le bordel sur le « papier » que dans ma tête. Mon corps va mal et çà n’arrange pas ce genre de pensées vis à vis des autres. Beaucoup pensent le contraire, que c’est mon moral qui accentue les crises douloureuses, mais pour le coup, non… J’ai rv jeudi dans un service que je ne connais pas, pour qu’on m’hospitalise 5 jours durant lesquels on me ferait un bilan, des perfusions de kétamine et des flashs (des perf express d’antalgiques) si la kétamine ne me soulageait pas assez. 

J’ai besoin d’air, de quitter ce 10 de douleur qui me colle, de liberté et de répit. J’étouffe… A tous les niveaux. Et faire du ménage dans les amis qui un jour me dise blanc et le jour d’après me dise noir et pour lesquels c’est compliqué d’être dans ma vie (c’est facile, il suffit d’en sortir, je ne demande rien, c’est peut-être d’ailleurs çà le souci, de ne jamais rien demander, de toujours avoir peur de déranger). Ce n’est plus moi qui pèserais trop lourd dans les emplois du temps. Qui aurais l’impression d’être un boulet qu’on voit entre le fromage et le dessert. Et essayer de faire entrer de nouvelles personnes dans cette vie qu’est la mienne, même si j’ai du mal à me l’approprier décidemment… Faire confiance… A moi surtout, parce que je dépasse tous les records du manque d’estime de soi, pour le coup.

Il m’arrive souvent de me demander au bout de combien de temps on me trouverait s’il m’arrivait quelque chose, quand je suis autant dans le silence et que personne ne sait, finalement, si je suis toujours en vie, pour parler crûment… combien de temps on laisserait ma Happy seule du coup… Parfois des choses se mettent en place dans ma tête. Pour la protéger, elle, au cas où… Pas pour me protéger moi… Cà fait bien longtemps que rien ni personne ne me protège plus. La funambule de la vie que je suis, marche sur le fil sans être accrochée. Parce que ce n’est pas grave et pas important à mes yeux. Cà le reste juste pour ma Happy, parce qu’elle ne dépend que de moi 😦 … Il faut en prendre soin, à défaut de pouvoir prendre soin de moi….