Mes petits et grands bonheurs

Pouvoirs et doutes d’une nouvelle relation – Fibromyalgie et post-abus

C’est une peinture à huile qui fait partie de la maison où on va en vacances, toute la famille réunie. J’ai tellement envié ce couple au bord de l’eau… C’était en août dernier. La vie a fait de sacrées surprises peu de temps après.

Je mentirais si je ne sentais pas plus de vie en moi que depuis qu’il est entré dans ma vie. Il me donne la force de dépasser les limites de mon corps juste pour être avec lui, seul ou avec ses enfants. Je suis obligée de me reposer pendant 3 jours pour récupérer un peu ensuite parce que je fatigue vite, mais avec les souvenirs des bons moments passés, en arrière-plan. J’ai envie de me faire jolie et même quand je n’aime pas mon reflet dans le miroir, ses yeux me font changer d’avis parce que je me sens belle à travers ses yeux quand il me regarde. Le corps reprend une autre dimension, il ne sert plus juste à fonctionner pour soi, il le fait pour deux. En prenant soin de lui, pour soi comme pour l’autre. C’est comme s’illuminer de l’intérieur. Je fais des muffins à 2h du mat’ pour lui faire plaisir le lendemain. Je surmonte certaines de mes angoisses, telle ma phobie de vomir, parce que je m’en voudrais de me gâcher ce plaisir de manger avec eux ailleurs que chez moi à cause de ça et perdre l’occasion d’être ensemble. Je me surprends moi-même j’avoue sur certaines choses. Manger avec quelqu’un n’est pas forcément simple pour moi, je mange très lentement parce que ça me fait mal à la mâchoire de mâcher mais avec sa patience, je trouve convivial de manger ensemble et je reprends goût à partager des repas avec d’autres personnes que ma famille qui est habituée à ma lenteur.

C’est se sentir proche de lui au point que ce qui est compliqué parfois pour moi seule, devient plus facile à deux ou à quatre quand les petites sont présentes. Se sentir proche au point de lui dire que malgré toutes les salissures et mon corps pas en forme, duquel je pourrais être honteuse tellement il n’a plus beaucoup de muscles, des os apparents à certains endroits à côté de certaines malformations de mon dos et des marques un peu partout d’un passé alimentaire difficile à perdre, reprendre, reperdre, rereprendre du poids, j’ai confiance en lui. Un corps qui n’a pas non plus beaucoup de forces pour se mouvoir. Lui avouer mes appréhensions, mes angoisses, mes doutes au moment où d’autres étapes seront encore franchies (si j’arrive à les franchir). C’est avoir envie de prendre soin de lui aussi par rapport à son histoire, comme il prend soin de moi avec la mienne. C’est également avoir envie de protéger ses enfants pour ne pas brusquer les choses et prendre le temps pour qu’elles s’habituent à moi. Trois personnes en même temps à apprendre à connaître, à apprivoiser, à comprendre. Moi qui ne suis pas maman, qui ne sais pas faire en plus et qui ai déjà du mal avec une personne. Et pourtant j’aime avancer à leurs côtés. Même si je le fais en marchant comme sur du coton.

C’est aussi avoir peur. S’apercevoir qu’un attachement naturel se produit de son côté pour lui bien sûr, mais aussi pour ses deux filles et anticiper en se disant que si ça ne marche pas entre nous, je perdrai alors trois personnes d’un coup et mon manque de confiance en moi me fait douter sur ce que j’ai à apporter et à donner et entraînent ces questions bien légitimes. Alors on avance pas à pas. Profiter de chaque minute que j’ai la chance de passer seule avec lui, sentir son corps contre le mien, me rendre compte que mon corps est crispé à cause des douleurs qui sont fortes mais que j’essaie d’oublier quand je suis contre lui et qu’il me serre très fort comme s’il souhaitait réparer les miettes en refaisant un morceau intégral de cette enveloppe corporelle qui éprouve encore de l’attirance et du désir. Un corps que j’ai voulu tuer, mais qui résiste à la vie et qui m’envoie des signaux qu’il veut vivre des sensations comme si demain tout pouvait s’arrêter en moi. 

J’avoue que j’ai des petits anges gardiens qui ont compté et qui comptent encore aujourd’hui auxquels je pense parce qu’ils avaient/ont une philosophie de vie qui m’est utile en ce moment. Je sais qu’ils me diraient de vivre pleinement chaque instant comme si la vie pouvait se stopper demain comme ça été le cas pour certains. Il y a un lâcher prise parfois du fait d’avoir ce type de pensées et puis parfois quand les douleurs sont plus compliquées à gérer et que le moral prend de sales coups ou que les souvenirs viennent me serrer la gorge et pas qu’elle…, je veux reculer. Je calcule chaque geste pour que ça n’entraîne pas un inconfort pour moi mais pour que ça aille aussi pour lui. Lui dire que je préfère qu’il me tienne la main droite pour pouvoir l’entourer de mon bras gauche bien plus utile parce que l’inverse n’apporte pas grand chose vue ma grande mobilité à droite. Faire attention à ne pas me massacrer davantage tout en profitant. Je ne suis pas sûre d’y arriver. J’ai peur de fuir en m’apercevant que je ne parviens pas à aller plus loin. J’aurai honte que mon corps ne soit bon à rien dans des moments plus intimes et la dernière fois que c’est arrivé, je me suis renfermée sur moi-même, avec pour seule compagnie le souvenir de celui qui m’a salie et tout massacré au passage, parce que je savais que je n’étais pas réparée. Et je ne le suis toujours pas, alors j’ai peur de le perdre. Et si j’ai peur de le perdre, ça veut dire que je suis déjà attachée. Du coup il m’est arrivé d’avoir des gros moins bien ces jours-çi parce que je me tourmentais. J’essaie de parler au maximum pour qu’il comprenne et ne soit pas surpris si j’ai des réactions brusques et qu’une partie de moi aura le réflexe de le rejeter alors que l’autre partie aura envie de l’attirer, mais que ce ne sera  pas lié à lui. De la douceur pour réparer les salissures et de la douceur pour ne pas finir en mode Ikéa, en kits complètement décomposés où il manquerait en plus des vis et des boulons. 

Ce week-end, je sortirai encore plus de ma zone de confort, ça c’est sûr, parce qu’on ne peut pas dire que je sois simple dans le domaine. Mon caractère paraît facile apparemment, mais physiquement je suis un sacré cas ^^ 

Ca m’a fait du bien de parler à deux amies de mes difficultés, de mes inaptitudes aussi sûrement et les conséquences. Elles se reconnaîtront et je vous remercie d’être là ❤ Promis je profite de chaque instant que la vie me permet de vivre (sans me poser 1000 questions à la seconde) en l’ayant mis sur mon chemin, là où je ne l’attendais pas. Ni à cet endroit, ni à ce moment. Comme quoi la vie est étrange, surprenante, angoissante, belle, douloureuse et au milieu il faut se frayer son petit chemin pour piocher du bonheur là où il est, en évitant de passer à côté au maximum. Ne pas avoir de regrets étant le credo le plus important pour moi à l’heure actuelle.

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20 commentaires sur “Pouvoirs et doutes d’une nouvelle relation – Fibromyalgie et post-abus

  1. Bonsoir,
    Je ne commente quasiment jamais, ça doit être la deuxième ou troisième fois en plusieurs années mais je suis toutes tes aventures. J’ai lu des hauts, des bas. Des très bas qui m’ont fait mal au ventre d’impuissance. Je ne suis pas de tes amies mais je suis une accompagnatrice de l’ombre. Jamais ici par voyeurisme mais toujours avec une sincère envie d’avoir de tes nouvelles et ce soir je dois dire que ce billet me fait énormément plaisir. Pour toutes les fois où tu t’es accrochée, où tu as surmonté l’insurmontable, te voilà récompensée. Profites !! Je suis si heureuse pour toi, pour vous. Je vous souhaite le meilleur.
    Meili.

    1. Coucou Meili, ce que tu dis me touche énormément. De savoir que tu suis tout dans l’ombre, pour le meilleur comme pour le pire, c’est toujours quelque chose qui me fait chaud au coeur. Ca me fait plaisir que tu laisses ce commentaire, j’espère que tu le feras davantage parce que je suis sûre que tu as beaucoup de choses à apporter, ça se lit dans les mots que tu poses sous ce post qui m’était un peu délicat à écrire parce que je ne voulais pas tout dire non plus parce que c’est intime et ça concerne une autre personne, mais en même temps j’avais besoin de le faire. On a passé un super w-e 😉 A bientôt j’espère et si tu as un blog, n’hésite pas à le mettre par ici aussi pour que je puisse venir te voir. Bisous et merci beaucoup ❤

      1. Bonsoir,
        Non je n’ai pas de blog mais promis je sortirai de l’ombre plus souvent pour te laisser un petit mot. Prends soin de toi.

  2. Profite pleinement ma Delph de ces beaux moments, j’espère qu’ils te redonneront confiance en toi. Tu les mérites amplement 🙂
    La vie nous réserve toujours de belles surprises, il faut savoir les accepter et les savourer.
    Je t’embrasse ❤

    1. Ca me fait tellement plaisir de te revoir par ici et te lire 🙂 (même si comme tu as pu le constater, je suis très très très en retard dans les lectures de vos blogs). Je profite de chaque instant oui, j’évite de me voir trop loin, mais quand même, il y a l’envie d’avancer avec lui. Même de faire la démarche de certaines choses pour être encore mieux avec lui. C’est dire ce qu’on est capable de faire quand on se sent bien avec quelqu’un… De gs bisous ma belle et des câlins pour petit Cosminou qui a encore dû bien changer ❤

  3. Les doutes sont là et il faut faire avec, composer comme on dit. Quel chemin parcouru Delphine! Que de belles victoires sur toi, sur le passé, sur les douleurs!
    Je suis tellement heureuse pour toi même si je sais que c’est un combat quotidien ma belle. Surtout par rapport au corps. Tu as passé de sacrés caps. Et je suis surtout ravie que tu ai rencontré une belle personne qui t’apporte beaucoup.
    Il ne faut pas avoir peur de parler, d’expliquer, de dire. C’est parfois compliqué de se mettre à nu de cette façon et pourtant c’est essentiel. Car le corps, le cœur réagissent en fonction du vécu, Se protéger a été de mise pendant si longtemps qu’un temps d’adaptation est nécessaire pour revenir à la vie, au bonheur.
    Avoir peur de perdre la personne aimée, nous en parlions cette semaine tu vois. Elle est bien présente, il faut le savoir et ne pas la laisser gagner du terrain. L’amour peut tout Delphine.
    Je t’en envoie plein, des bises, des pensées. Savoure. Sois heureuse. Tu mérites chaque instant, chaque regard, chaque moment de douceur et de tendresse.

    1. Merci ma Marie, c’est vraiment ça tout ce que tu dis oui. Je me reconnais bien dans tes mots (comme toujours ^^) On a déjà beaucoup parlé, il m’a aussi énormément rassuré. Il sait beaucoup de choses, pas tout bien sûr, mais ce qui nous touche tous les deux finalement pour avancer ensemble. Jusqu’où je ne sais pas, c’est vrai que je me protège aussi, parce que j’apprécie ses filles aussi et l’idée de les perdre tous les 3 pourrait à un moment donné me faire encore plus douter côté attachement et partir avant et ça c’est mon risque depuis toujours. Il met du soleil au milieu des combats, ça c’est sûr, surtout que je souffre beaucoup physiquement et qu’il faut s’adapter aussi. Je vous envoie de gs bisous à toi et mon ptit Dino qui va prendre bientôt un an de plus lui aussi pfiou ^^ sois heureuse toi aussi ma Marie, la vie nous le vaut bien… ❤ plein de douceur

  4. Coucou ma Delphine,
    Si tu savais comme je suis heureuse de voir que quelqu’un est entré dans ta vie et la chance que vous avez réciproquement… je suis certaine que si tu y es attachée, ainsi qu’à ses filles, c’est que c’est une personne en or, tout comme toi. ❤
    Gros bisous.

    1. Merci ma Mandy, ton commentaire me rappelle nos premiers moments sur la blogosphère et ça fait du bien et chaud au coeur 🙂 Il est en or oui, parfois je trouve ça louche d’ailleurs que tout soit si simple finalement, tellement tout est naturel entre nous. Mais je profite comme s’il pouvait disparaître demain aussi, comme dit j’ai très peur de m’attacher aux 3 (même si c’est déjà fait pour ma part, depuis la semaine avant Noël pour être précise ^^) Gs bisous grande soeur de coeur ❤ des bisous à tes 2 hommes aussi

  5. C’est magnifique Delphine, je suis trop heureuse pour toi ! Oui les doutes font partis du chemin surtout quand le chemin à été rude. Fonce, ne les laisse pas te rattraper, ils sont là et bien soit, mais ce ne sont pas eux qui vont t’enlever ton bonheur ! Oui, explique lui, parle-lui…Bisous

    1. Merci ma belle, depuis que j’ai écrit ce post, on a eu l’occasion de parler oui et de devoir lui expliquer pourquoi ce n’était pas simple pour certaines choses, mais il a compris et il a beaucoup de respect de toute façon pour savoir que si je dis stop c’est que ça ne va plus et que je n’ai pas besoin de me justifier parce qu’il sait maintenant justement. De gs bisous

  6. Vivre avec la fibromyalgie est déjà bien compliqué alors quand une tierce personne investit cet espace (souvent conflictuel), les choses deviennent difficiles à gérer au quotidien.
    Je suis fibro, je suis en couple. Depuis maintenant plus d’un an je suis en arrêt car je suis une fibromyalgique sévère. Mon chéri est au chômage depuis 3 semaines. Je suis ravie de passer du temps en sa présence seulement j’admets aussi que ce n’est pas simple même s’il fait très attention à respecter mon rythme, mon besoin de calme et de repos. Le fait qu’il soit à mes côtés et qu’il mène sa petite vie nuit aux habitudes que je m’étais créées dans ma solitude. Le voir bouger m’épuise. Rien est simple avec cette pathologie.

    1. Coucou 🙂 Je comprends très bien oui. Je vis seule depuis toutes ces années en partie à cause de ça parce que la mienne est aussi sévère et que je ne me sentais pas d’inclure quelqu’un à ce combat là. La personne que je vois a sa propre vie, on se voit le w-e et ça me va bien, parce que j’avoue que je m’effondre d’épuisement le dimanche soir parce que je n’ai pas trouvé encore le moyen de trouver mon équilibre à ce niveau. Les gens autour de nous peuvent vite nous fatiguer de les voir bouger effectivement, parce que je pense que déjà on aimerait être pareilles qu’eux mais en plus, ça rend mal physiquement parce que ça fatigue beaucoup aussi. J’espère que tu trouveras un compromis avec sa présence et que tu te sentiras un peu mieux pour te reposer quand tu en as besoin, quitte à s’isoler un peu peut-être dans la journée, régulièrement pour te retrouver. Je ne sais pas trop comment on le gère j’avoue, mais je vois le résultat du w-e déjà, alors qu’il est assez doux et ne s’agite pas dans tous les sens, mais je ne veux pas qu’il sache toujours que j’ai mal, du coup je souris au maximum et ça m’aide moralement qu’il soit près de moi, mais mon corps est en souffrance +++. Je ne travaille pas donc je peux me reposer un peu mieux mais bon… c’est frustrant. De se dire déjà qu’il faut payer chaque moment et d’avoir envie d’être là mais de ressentir aussi le besoin de déposer son corps régulièrement dans la journée. Courage ❤ bisous

  7. Réussir à surmonter ses angoisses quand on a de bonnes raisons de le faire… C’est beau !
    Reste à l’écoute de ton corps et de ton coeur, et oui, profite bien de ces moments !

    1. Il m’aide beaucoup à dépasser certaines choses oui, je suis tombée sur une perle et j’essaie de me laisser aller au maximum, ce qui n’empêche pas que je ne me pose pas de questions évidemment, mais je profite de chaque instant autant que j’en suis capable. Il faut juste que j’écoute effectivement mon corps un peu davantage parce qu’il arrive au bout du rouleau. En même temps, le vent, l’humidité tout ça, n’aident pas à me sentir bien donc bon… je te fais de gs bisous ma belle ❤

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