Combats qui me touchent

Perte de sens, corps et âme

Entre la Terre et mon autre dimension… Source photo : pinterest

Bien trois semaines que je n’ai pas écrit ici. Dont 10 jours où je me suis volatilisée de la surface de la terre en ne parlant plus, en me rangeant dans un coin, seule dans ma tête et ailleurs finalement. Quand je réalise le nombre de jours où j’ai été autant coupée du monde et où personne ne sait si je suis toujours là et dans quel état, ça me fait mal et c’est encore autre chose à ressentir.

La douleur qui était très haute qu’il fallait gérer déjà avec les idées pas bien claires qui vont avec quand le seuil est celui de l’insupportable. Et il y a un retour de beaucoup de symptômes du trouble borderline et de la dépression qui me sont revenus en pleine tronche subitement, sans que j’aie eu le temps de ressentir grand chose. Tout s’est fait en silence pour les autres parce que personne ne savait rien mais très fort et violemment dans tous les sens du terme pour moi. Je ne me reconnaissais plus moi-même dans le miroir, les perceptions de mon corps et de mon visage qui me sont complètement différentes au point de ne plus savoir qui je suis, autant extérieurement qu’intérieurement. Mais, quand, même autour de soi devient étranger et que les dimensions sont étranges, ça aussi il faut pouvoir le gérer et ça provoque d’énormes angoisses dont je ne suis pas ressortie indemne. Et puis il y a cette fameuse réalité complètement bouleversée et à l’envers. Toutes les relations, tous les sentiments, tout le vécu, tout ce que j’ai vu et entendu avant de « disparaître », tout mouline inlassablement entre mes neurones, sauf que ça fait des noeuds et un labyrinthe. Je tourne autour sans arriver à défaire et ne trouve plus la sortie. Qu’est ce qui est vrai dans celle que je suis. Qu’est ce qui est faux. Qu’est ce qui est juste dans les mots des personnes qui me connaissent. Et si je me trompais. Où est la réalité. Pas en moi en tout cas dans ces moments là.

Et puis je quitte cette dimension disproportionnée à tous les niveaux, le brouillard devient moins épais et je brasse avec mes bras pour récupérer la surface. Je compte le nombre de jours d’absence et réalise le silence. Je ne demande jamais d’aide, déjà parce que je ne peux plus à ce stade là, c’est déjà trop tard, j’en perds de ma lucidité. Les moments où j’arrive à dire que je me sens mal sont les moments où ma tête est à la surface de l’eau mais que je sens que j’ai du mal à revenir. Comme quelqu’un qui se noie vraiment et qui agite les bras pour avoir le réflexe de dire « ouhou ça ne va pas du tout ». Mais ce coup-çi, 10 jours se sont écoulés avant que je puisse le faire et la suite n’est pas joyeuse, parce que je pense qu’il était un peu tard. Suis restée encore quelques jours entre deux eaux, c’est le cas de le dire. Et si j’étais morte durant ce temps. Si j’avais perdu ma lucidité au point de ne plus avoir cet instinct de survie qui m’habite régulièrement (souvent). Si on m’oubliait au point de ne pas savoir si je suis toujours bien en vie. L’abandon, l’oubli, le rejet, tout sur ce dont je me suis construite pour diverses raisons, sont eux aussi démultipliés et la tristesse m’envahit toujours. La question « qui je suis » qui revient inexorablement. Bref, c’est mon enfer sur lequel j’ai bien du mal à poser des mots dessus. Il rend très seule en tout cas. Ne valorise pas. N’est pas ce qu’il y a de plus « vivant ». 

Je suis un peu le mix de « Interstellar » et « Seul sur Mars » pour le coup, dans ces périodes que je ne peux pas redouter avant puisqu’elles ne sont pas ressenties. C’est juste un gouffre qui s’ouvre sous mes pieds. Par contre, le retour est tout autant rude, parce que c’est épuisant de se faire vivre et de continuer de donner un sens à ce qu’on est et qui on est. A nos yeux mais aussi aux yeux des autres. Pour le moment je me sens en carton dans tous les domaines. Amie, fille, soeur, tatie et apprentie secrétaire médicale en carton. Avec une valeur estimée à des notes inférieures à 0. A ne plus rien pouvoir apporter de bon. De tout faire sauf ce qu’il faut pour soi et pour les autres.

J’ai été mieux pendant quelques jours où j’ai pu respirer et sortir un peu et aujourd’hui, mon corps était tellement flingué par le temps que le moral n’était de nouveau plus au rv. Mais c’était lié à la douleur. J’espère du moins…

Prenez soin de vous. Ce sera toujours ma phrase de fin, parce qu’on est seuls à pouvoir vraiment le faire. Seuls en soi et face à soi. 

Moments de bonheurs et d'évasion

Des bonheurs sous toutes les coutures

« les bonheurs qu’on arrive à ressentir seule, sont amplifiés quand on peut les partager » Ptite Delph Source photo : Pinterest comme pour toutes les autres photos

Le but de 2016 est de veiller à voir les petits bonheurs du quotidien, parce que je crois davantage à l’accumulation de plusieurs bonheurs chaque jour, que LE bonheur avec un grand B, que beaucoup recherchent toute leur vie, mais c’est une quête vaine à mes yeux, si on n’a pas été capable de voir ce qui nous entoure déjà dans nos vies de tous les jours. J’ai aussi envie de croire que même dans les jours les plus sombres, il y a un petit quelque chose qui nous fait dire « bon, la journée était pourrie pour X raison(s), mais j’ai vu un beau film par contre, senti de bonnes odeurs de nature, mangé quelque chose qui a éveillé mes papilles ». C’est ça le vrai bonheur finalement, parce qu’il nous est accessible à tout moment, à condition qu’on ouvre tous nos sens pour le ressentir, le voir, l’entendre etc. Selon la nature du bonheur, même s’il est tout mini. L’idée et le besoin de faire ça est venue alors que j’étais en train de marcher dans une forêt qui est juste derrière la maison de mes parents. Il avait plu et j’adore les odeurs post pluie, la terre mouilllée, les arbres, les feuillles. J’ai inspiré un grand coup pour renifler tout ça et je me suis sentie juste libre. Alors autant dire que l’envie de retrouver cette sensation au moins une fois dans la journée grâce à quelque chose s’est vite fait sentir ^^

Ce n’est pas forcément simple pour moi de changer un peu cette façon de percevoir les choses, surtout avec mon pessimisme légendaire en plus de mes idées sombres et mes pensées de travers bien trop souvent. Mais j’ai besoin de modifier mon mode de pensées pour avancer et voir la vie où elle est réellement. Du coup, après avoir fouiné sur Youtube, sur Pinterest, j’ai trouvé des petites choses qui pourront m’aider à veiller de plus près à tout ce qui se passe dans ma journée. Trois principalement qu’on retrouve souvent :

1- Le tableau d’inspiration ou de rêves

J’ai rassemblé plusieurs photos qui se rapprochent de ce que je souhaite pour 2016. Je l’ai mis en fond d’écran sur mon pc, pour l’avoir sous les yeux et de ne pas perdre de trop les objectifs fixés et les envies de l’année. Chaque ligne correspond à un thème plus précis pour savoir où poser mes yeux quand je me sens peut-être plus démotivée ou que je ne crois plus en certaines choses… La 1ère ligne est tout ce qui est amitié / amour, la 2nde tout ce qui concerne mes projets professionnels et d’écriture, la 3ème l’envie de m’évader que ce soit sur Marseille ou dans d’autres pays via des photos et leurs traditions (merci encore Pinterest 🙂 ). La 4ème ligne regroupe sûrement le plus important finalement : la recherche de soi, la relaxation, la méditation, prendre soin de soi pour espérer le maximum de sérénité. Et la dernière ligne est simplement ce que j’aime faire et que je mets peut-être trop de côté pour différentes raisons et que j’ai besoin de retrouver.

Epanouissement, élargir les horizons, aimer, sérénité, pourraient être les mots majeurs de ce tableau en gros.

Merci Pizap et Pinterest

2- Défi photos Instagram

Chaque jour, je partage une photo qui va caractériser un petit bonheur du jour. J’ai mis le #1jour1bonheur1photo (si ça vous dit de me suivre dans cette mini aventure d’ailleurs, même si ce n’est pas journalier, n’hésitez pas à mettre ce # pour regrouper tous nos petits bonheurs 🙂 ) C’est en regardant mon profil IG que je suis tombée sur des photos en me disant « ah oui, c’était à tel moment, c’était chouette ! » J’étais contente de retrouver ces instants furtifs partagés sur mon compte. Un petit aperçu de quelques photos prises sur mon petit IG :

pizap.com14528227745431

3- La boîte à bonheurs

Dans une jolie boite que j’ai achetée (enfin il y en a 2 si je n’avais pas assez de place ^^) pour 3€ les 2, rien que ça, c’était un ptit bonheur 🙂 je mets des petits bouts de papier que je plie et ouvrirai à la fin de l’année et c’est motivant je pense de voir la boite qui se remplit au fil de l’année. J’y mettrai des choses qui vraiment ont pu provoquer un bien-être un peu plus durable que le ptit bonheur quotidien

Voilà en gros pour mes tentatives de capturer de toutes sortes de façons, ce qui me procure des bonheurs, des instants de bien-être.. de vie tout simplement. Et vous, comment vous percevez les bonheurs quotidiens ? Vous en conservez des traces quelque part d’une façon ou d’une autre ?

Combats qui me touchent

Gâchis d’un corps tourmenté – Trouble borderline

!!!!! Ames sensibles s’abstenir !!!

On dit à cette jeune femme qu’on voit un peu partout, qu’on côtoie au quotidien, que ce soit dans son travail, à la maison, au milieu d’amis « tu es douce, tu ressembles à un petit ange (oui…), tu es toute discrète, on ne t’entend pas ». Comme à son habitude, elle dit « oui c’est dans ma nature », mais pense au fond de ses tripes qui font des castagnettes tellement elles sont remuées dans tous les sens « si vous saviez le monstre que je deviens quand tout s’installe en moi pour exprimer ce que les mots ne suffisent plus à dire. L’ange est loin dans ces moments là. Même moi je ne me reconnais plus ». Et elle se sent seule, parce que c’est quasi son quotidien et qu’elle ne dit rien. Pire elle ment parce que dire la vérité reviendrait à avouer l’inacceptable et une vérité qui effraie. Et puis comment expliquer ce démon intérieur. Alors elle sourit, même si c’est de moins en moins, pour tenter de changer le change, parce que finalement, qu’est ce qu’elle y comprend de plus, elle, à ce cerveau qui par moments débloque au point de l’embarquer pour un aller-retour vers le monde parallèle, là où tout est fait d’obscurité, de pensées à côté de la plaque mais qu’elle pense réelles. Dénouer le vrai du faux, se convaincre du vrai quand elle croit que ce qu’elle pense est en fait faux. Le passage dans l’autre monde, un pied dans la partie réelle de son cerveau, l’autre qui flotte au beau milieu de la partie psychotique. 

Seule, souvent le soir, à l’abri des oreilles et des regards, lumière éteinte, elle passera de longs moments le poing fermé à frapper de toutes ses forces sur son visage. Coups après coups de plus en forts, faisant ressortir toute la douleur morale qu’elle emmagasine et qu’il faut qu’elle fasse exploser pour ne pas devenir cinglée complètement. Sans ressentir aucune douleur, qu’elle n’entend (malheureusement) pas, le corps est anesthésié sous le coup de ses gestes de folie qu’elle ne capte pas, parce qu’elle n’est plus du coup connectée au monde réel et dans l’autre monde, tout s’éteint. C’est l’épuisement des gestes qui fera tout stopper même si l’état second restera encore un moment après. Même si le monde parallèle ne disparaîtra pas tout de suite non plus, parce que c’est plus rapide et avec très peu de signes annonceurs de dégâts qu’on descend dans cet enfer là, que le retour dans le vrai monde (même si parfois, pendant des jours, elle ne saura pas à quel monde elle appartient parce que l’absence sera plus longue, plus compliquée à gérer). 

Puis viendra ensuite la douleur de son visage tuméfié, rempli de bleus, l’oeil qui ne s’ouvre plus parce qu’elle aura tapé trop près, la pommette défoncée et l’os qui double de volume, quand elle reviendra à la surface de nouveau. Et penser aux mensonges à inventer pour le lendemain. Elle est fatiguée d’expliquer l’inexplicable. Plus tard, elle frappera aussi le corps parce que son trouble se sera amplifié et puis sur son corps personne ne verra qu’elle est remplie de bleus au moins et elle n’aura plus rien à justifier. 

La jeune femme prend un médicament antipsychotique depuis qu’on a posé ce diagnostic qui l’aide sans doute à tenir le cap même si parfois son poing est prêt à partir, mais elle a fait du chemin aussi. Elle est « abstinente » de coups (non elle n’était pas une femme battue comme on a pu lui demander les fois où les urgences l’ont accueillie parce qu’elle avait perdu connaissance pour avoir frappé trop fort. La force décuplée qui fait des ravages sur son corps d’à peine 37kgs, au pire de l’anorexie combinée à l’état limite… Suspiscion de traumatismes crâniens si souvent. Les nuits passées aux urgences pour surveillance, réveillée chaque heure par une infirmière pour voir les constantes et vérifier qu’elle était bien consciente et ne tombait pas dans le coma à cause d’un mauvais coup à la tête. Tout ça pour des coups qu’elle ne gérait pas. Lamentable qu’elle se sentait…. 

Cette jeune femme c’est évidemment moi. Ca fait bien 5 ans que mon poing n’est pas parti, pourtant, je suis souvent dans le monde parallèle, mais mon corps souffre tellement que les pensées sont peut-être plus violentes qu’avant et que parfois je me sens étouffée dans ma propre merde, parce que je n’ai plus le moyen d’évacuer avec ma « drogue » de l’époque, tout simplement parce que mes bras ne le permettent plus (parfois je me dis que ma mobilité s’est réduite inconsciemment pour me protéger de moi-même…) et mon corps est dans un tel état de souffrance que j’essaie de faire passer les périodes comme ça avec d’autres moyens qui me soulagent sûrement moins bien qu’un poing dans la gueule… mais qui à terme me renforce et m’aide à lutter contre ce trouble qui altère ma personnalité. 

Si j’y pense souvent en ce moment, c’est « simplement » parce que j’ai des douleurs de plus en plus importantes depuis cette dernière année, au niveau de la mâchoire avec des difficultés à mâcher, ouvrir la bouche, parler parfois quand c’est vraiment aigu comme douleur. Cette après-midi, j’avais rv dans un service d’odontologie à la timone, la dentiste suspecte un Sadam, un dysfonctionnement de l’articulation qui entraîne à lui tout seul de nombreuses douleurs dans d’autres endroits que la mâchoire. J’attends de voir un spécialiste qui confirmera ou pas. Il se traduit aussi par des craquements au niveau de la fameuse articulation et quand la dentiste m’a dit que c’était surtout à droite, évidemment que j’ai pensé à tous ces coups… je n’ai pas pu en parler, à part la psy, personne du corps médical ne sait mes antécédents à ce niveau là, la peur qu’on ne comprenne pas ou qu’on me prenne pour une folle est bien trop grande. Mais je me dis que mon corps se souviendra à vie tout ce qu’il a enduré et même si je suis sortie des tca, le prix à subir est présent… Il y a la culpabilité en sachant en parallèle que le contrôle n’existe plus quand les émotions elles-mêmes ne sont plus qu’un ramassis de choses qu’on est bien incapables de gérer. Pire, de les nommer. J’apprends ce qu’est la colère, la tristesse, la joie.. pour moi c’est un sentiment quasiment identique, juste capable de dire « je ne vais pas bien » ou « oui je vais bien ». Mais il n’y pas de nuances réellement. Et quand j’arrive à les nommer, leur intensité est au centuple de ce que je devrais ressentir et qu’est ce que j’en souffre, parce qu’il y a juste des vagues de sentiments et d’émotions éparpillés qui me viennent en pleine tronche et je ne sais pas quoi en faire. Je ne sais pas dans quel tiroir de mon cerveau les caser. 

Je n’oublierai jamais ce massacre, ni les mensonges, ni les poches de glace, ni l’odeur du synthol ou de l’arnica, les yeux au beurre noir, le visage bleu/noir qui passe par toutes les couleurs. La douleur. Parfois je la ressens sur les os de mon visage comme à l’époque. Souvent je me dis que je n’ai pas à me plaindre de certaines douleurs parce que je l’aurai bien mérité. Mais ce n’est pas si simple de me juger à ce point. Si j’en suis arrivée là, c’est que dans ma tête, il y avait une sacrée souffrance à ces moments là. Dans tous les cas, le mot « douleur » est présent. Et faut faire avec maintenant… Réparer les dégâts sur ce corps qui a sûrement bien enregistré chacun des coups donnés et qui continue à me le faire payer sans doute.

Blablas de toutes sortes

1ères réelles résolutions de ma vie

Source photo : pinterest

C’est vrai que je n’ai pas l’habitude de m’imposer des résolutions (même si pour certaines il s’agit plutôt de projets ou de défis, mais je ne veux pas les perdre de vue), parce que les rares fois où j’ai tenté de le faire, au bout d’une semaine, ça n’allait déjà plus. Mais après avoir passé une année 2015 catastrophique, il faut bien le dire, surtout en matière de décès de personnes qui m’étaient chères et d’amitiés bancales, voire des liens cassés, j’ai besoin de repartir pour trouver un peu de sérénité et je me dis qu’en me posant des objectifs, un cadre, ça m’aiderait à voir plus clair dans ma vie. Histoire aussi de ne pas répéter les mêmes erreurs, à certains niveaux. 

Je ne ferai pas de bilan 2015, parce qu’il ne vaut franchement pas le coup… Malgré tout, il y a eu le début de ma formation pour devenir une future petite secrétaire médicale ou médico-sociale qui a débutée début octobre et le but est de continuer. J’y serai encore l’an prochain, parce que j’ai vite vu que j’aurais du mal à tout boucler en 1 an. Donc mon objectif pour 2016 est de valider 3 épreuves sur les 4. J’y ai rencontré 3 petites nanas adorables avec lesquelles je peux papoter, échanger sur la formation mais aussi sur ce qui fait nos vies et c’est précieux au quotidien.

Ma 2ème résolution va avec l’amitié. Profiter des personnes qui m’aiment et que j’aime, ne pas chercher à remuer le passé avec les absents. Ne peut-être pas laisser les douleurs prendre aussi toujours le pas sur les activités que je souhaiterais faire entre ami(e)s et les faire malgré tout, quitte à payer ensuite, mais moralement j’aurai au moins de beaux souvenirs. Etre un peu plus présente, rencontrer de nouvelles personnes en essayant de ne pas trop m’attacher, parce que j’ai perdu autant confiance en moi qu’en toutes ces personnes qui se disaient des amis. Mon amitié vaut mieux que ça et j’en ai au moins conscience à l’heure actuelle, après en avoir douté longtemps. Mais le problème après les déceptions, c’est qu’on a aussi des difficultés à la redonner, cette fameuse confiance. Mon coeur n’est pas extensible à avoir mal et il est arrivé au bout de ce qu’il pouvait subir en amitié…

Refaire du Qi Qong, approfondir tout ce qui est méditation, relaxation parce que c’est quelque chose que je ressens de façon viscérale. Comme si quelque chose m’empêchait de respirer correctement et me polluait de l’intérieur. Bouger un peu mon corps davantage, en allant par exemple au moins une fois par semaine à la piscine. J’ai besoin de le sentir vivant (bon avec toutes ces douleurs, je devrais le sentir vivant lol mais vivant dans le bon sens du terme). Et il a surtout besoin d’être musclé à nouveau, parce qu’il ne reste pas grand chose surtout dans le haut de mon corps (et puis le bas aussi mine de rien). Les muscles s’atrophient plus rapidement qu’ils ne se reconstruisent…

Lire bien plus. Aller voir des expos davantage. Découvrir de nouveaux artistes, des films. Elargir mon petit esprit et entendre mes neurones s’entrechoquer de plein de nouvelles infos. Essayer de reprendre mon appareil photo plus souvent pour partir à la découverte de notre jolie ville. Comme ça je rejoins la résolution précédente de bouger plus et en même temps, je dégaine mon appareil comme j’aime le faire pour immortaliser ce que je vois et le partager.

En parlant de partage, le but est d’être plus présente par ici, que ce soit sur mon propre blog et sur les vôtres, parce que j’ai manqué plein de choses déjà et puis ça fait partie de mon équilibre de vous avoir dans ma vie.

Je parlerai d’un projet que j’ai commencé à faire sur mon compte Instagram avec le #1jour1bonheur1photo mais c’est un post qui viendra d’ici après-demain. Avec mon petit bocal des bonheurs. Le but étant de réapprendre à voir le moindre minuscule bonheur durant cette année. Je suis sûre que même dans les pires journées, il y en a qui se cache quelque part….

Finir ce qui me sert de témoignage, accessoirement, depuis le temps… ce serait bien que je puisse l’auto-éditer encore cette année. 

Ne pas fermer mon coeur à l’amour… en sachant que ça c’est une résolution dont je ne suis pas seule à dépendre, mais au moins je peux réapprendre à croire que tous les hommes ne trompent pas ou ne me prendront pas pour l’imbécile de service. Bon il y a du boulot, parce qu’autant je doute de moi côté professionnel, autant dans ce domaine, je suis carrément inexistante. Mon coeur s’est bouclé, pourtant je me suis aperçue que dans un coin de ma tête, je n’étais pas hermétique à 100% non plus et que je ressens le besoin d’être à 2. Mes 38 ans approchant, je dois sentir la vieillesse me donner envie de pouvoir me reposer sur une épaule digne de ce nom et partager le meilleur comme le pire avec quelqu’un qui m’aimera comme je suis évidemment, sinon il peut rester où il est… 

Profiter de mes proches pendant que j’ai encore la chance d’avoir ma famille. Ce n’est pas vraiment une résolution parce que je le fais déjà au maximum de ce que mon corps me le permet et m’aperçois à travers d’autres personnes que même en habitant à 800kms de mes parents, je les vois peut-être plus souvent que beaucoup, quand on cumule les jours où je remonte. 

Ne pas remettre à demain ce que je peux faire le jour même parce que je ne sais jamais comment je suis le jour suivant justement… Et que toute la vie est ainsi, qu’on ait des problèmes ou pas pour avancer. Je pensais avoir encore des moments à partager avec des personnes et ça n’a plus été le cas pour ce Noël, par exemple. Je ne regrette rien parce que je ne pouvais plus rien faire de mieux, mais la peine et le manque sont là par contre et compliqués à gérer… Et puis à bas la procrastination pendant que j’y suis, soyons fous hop, résolution rajoutée au dernier moment 🙂 

Prendre soin de moi… j’ai laissé traîner certaines choses que je paie maintenant depuis plusieurs mois, côté santé et je ne suis vraiment pas bien physiquement. Je vais affronter davantage ma phobie de certaines blouses blanches… 

Voilà en gros pour mes toutes 1ères résolutions de ma vie. En espérant pouvoir les tenir pour certaines. Ah et le plus important…. Vivre tout simplement… Je me sens constamment dans une forme de survie, toujours suspendue sur un fil, à ne jamais trop savoir de quel côté, je vais dégringoler vraiment

Est-ce que vous avez pris des résolutions de votre côté ? Vous arrivez à les tenir en général les autres années, si c’est le cas ?

Moments de bonheurs et d'évasion

Joyeux Noël !

Crédit photo : pinterest

Un petit passage pour vous souhaiter un joyeux Noël à tou(te)s. Profitez de vos proches, des personnes que vous aimez, que vous le fêtiez en famille ou entre amis. Partagez de bons moments, riez à en avoir mal au ventre, faites des câlins aux plus petits (et pourquoi pas aux plus grands), ayez les yeux grands ouverts en voyant l’effet que font vos cadeaux quand le papier se déchire. Bref profitez de chaque instant.

De mon côté, je suis chez mes parents, en Franche-Comté, depuis lundi et demain en fin d’après-midi, on passera en Alsace, chez mon frère et toute sa petite famille, avec ses beaux-parents 🙂 Un Noël comme je les aime. Il me tarde de voir les yeux de mes petites princesses quand elles verront que le petit papa Noël est passé ^^

Et comme toutes les années (et que je suis chiante toute l’année avec ça), n’oubliez pas un Sam, si vous sortez ou restez sur place si le coude a été un peu trop levé 🙂 Faites attention à vous, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez. Sans oublier de leur dire ❤

Je vous embrasse bien fort. 

****** JOYEUX NOEL !!!! ******

Moments de bonheurs et d'évasion

Mme Fleur ou la joie de donner aux autres

Photo : Pinterest

Après « Oscar et la Dame rose » que j’ai beaucoup aimé d’ailleurs, d’Eric-Emmanuel Schmitt et le film qui a été tiré du livre, on trouve « Ptite Delph et Mme Fleur ». Dans mon immeuble, il y a 2 ailes. Je suis dans la première et elle est dans la seconde. La première fois que je l’ai rencontrée, c’était à une sortie d’hôpital, je rentrais chez moi avec un air morne et au détour de l’immeuble duquel elle sortait, elle pétillait avec un grand sourire et j’ai été transportée dans son monde. Ce n’est pas son vrai nom, je ne sais même pas comment elle s’appelle d’ailleurs. Je l’ai surnommée Mme Fleur, tout simplement parce qu’elle a toujours une grosse fleur à son oreille, ce qui lui donne un air de magie, un personnage sorti tout droit d’Alice au pays des merveilles. A chaque fois qu’elle me voit, même si je suis encore sur le trottoir, prête à grimper les escaliers, elle me sourit et commence à papoter de tout et de rien. Et autant, j’avoue parfois avec certaines personnes j’ai envie d’abréger, mais ce n’est jamais le cas avec elle. Elle est remplie de vie, est d’un certain âge et semble avancer mieux que moi à cavaler dans les rues marseillaises. On sait à quel point je m’attache aux regards et à ces attitudes qui me réconcilient avec les gens, bien souvent. Et elle en est le symbole, de ce comportement que j’affectionne tant. Elle s’inquiète parfois de savoir si je ne vais pas avoir froid, si ça va aller pour porter ma poubelle de l’autre côté de la rue, si je veux qu’elle attende que je revienne pour être en sécurité. Une grand-mère qu’on a envie de choyer. A chaque fois que je descends ou monte chez moi, j’ai l’espoir de la croiser par là pour qu’elle diffuse de sa joie de vivre avec sa fleur toujours camper derrière l’oreille. 

La dernière fois que mes parents sont venus, pour rire parce qu’ils allaient se demander de qui je parlais et raconter qui elle était vraiment, je leur ai dit « vous n’avez pas vu Mme Fleur ?? » « Mme Fleur ? Non… » J’ai expliqué pourquoi je l’appelais ainsi et raconter mes rencontres avec elle au détour de notre immeuble. Ma maman qui n’avait pas tout suivi, me demande où elle habite et en entendant que je ne sais pas non, elle me répond « tu as regardé si tu trouvais une Mme Fleur sur l’interphone du bâtiment B ? » Grand moment de solitude…. Maman, ce n’est pas son vrai nom, c’est moi qui l’appelle de cette façon affectueuse 🙂 

J’aime ces personnes qui font parfois mon quotidien, que je ne croise pas tous les jours, parce que je ne peux pas sortir chaque jour, mais qui sont capables de changer le regard sur les gens, juste grâce à leur comportement, leur sourire, leurs regards.

Comme vous pouvez voir, je suis toujours autant obsédée par ces êtres colorées de l’intérieur (même si Mme Fleur est aussi colorée de l’extérieur. J’ai pensé à elle davantage la semaine dernière, parce qu’il y avait une adorable mamie, surnommée « Mme Couleurs », dans les Reines du shopping) avec le regard plein de vie. On se raccroche vraiment à tout ce qu’on peut ❤

Projets des copinettes

Instantanés Singuliers – Porte ouverte sur…

pizap.com14488896702431

Mon coeur… j’ai longtemps cherché une idée de photo pour le projet de Marie et de son thème « Porte ouverte » pour son projet Instantanés Singuliers. Cherché loin pour quelque chose qui était non seulement près de moi, à portée de main, mais aussi en moi. Comme une évidence, vus les mois que je viens de passer côté amitié. Ce coeur que j’ai voulu fermer pour ne plus souffrir et que j’apprends à réouvrir au fil du temps. Ce coeur qui a été souvent ouvert justement, comme une porte qui permettait d’entrer sans faire attention parfois, quitte à le mettre en miettes et à douter de ce qu’il pouvait apporter et s’il méritait encore d’être ouvert aux autres. Mais je ne sais pas vivre en fermant la porte de mon coeur, ce n’est pas moi quand il est bouclé à double tour… alors la porte est ouverte à nouveau un peu, mais en faisant attention à qui entre. Il y a des barrières électriques qui l’entourent ce coeur bien rouge (aucun rouge à lèvres n’a été maltraité durant la photo d’ailleurs) et au moindre faux pas, il envoie une mini décharge à la personne pour lui dire « tu entres, mais ce genre de truc, tu vois, il ne faut pas le faire, parce que tu auras cette décharge plus rapidement que ce qu’il était capable de faire avant, mon ptit coeur rouge, si tu recommences et puis si tu joues avec, il vire aussi plus vite les gens qu’avant et n’hésite plus à mettre dehors, ce (ceux) qui ne mérite plus d’être dedans. Fais gaffe… »

J’ai choisi aussi de faire cette photo suite aux évènements barbares, monstrueux et tout ce qui n’a plus de mots à force tellement tout me sidère. Mon coeur était envahi par tous les sentiments. L’envie de diffuser de l’amour en l’ouvrant en grand ce coup-ci pour libérer tout ce que je pouvais aux personnes qui ont subi ce massacre mais aussi pour ceux qui le vivent par procuration (ce qui se passe quand on est une éponge géante…). En France et dans le Monde entier. L’ouvrir aussi aux personnes que j’aime et ressentir le besoin de dire « je t’aime », de vouloir serrer fort contre mon coeur ceux que j’aime, de près et de loin. Parce que j’ai espoir que l’amour reste plus fort que la haine… mais pour ça il faut ouvrir la porte de son coeur, même s’il est chiffonné, en pièces détachées, cassé ou émietté pour X raisons. 

Je vous aime…. Au-delà de ma participation aux Instantanés Singuliers, c’est le cri du coeur… De ma porte ouverte au monde… A la vie, tant bien que mal souvent…

Combats qui me touchent

Ce regard qui m’a fait retrouver mes mots

bef71b1e9275033c84e4cc2925f6f332
Source photo : pinterest

Dix jours sont passés déjà (ou seulement). J’ai eu besoin de m’éloigner de mon blog, parce que j’en étais arrivée à me culpabiliser de ne pas avoir de mots exprimant ce que je ressentais et incapable d’apporter un soutien quelconque au travers de mes mots, aussi minimes qu’ils aient été. Au lieu de ça, c’était le silence, la souffrance intérieure, le mutisme, les pleurs, la peur là, les questions où j’entendais « faut pas leur montrer notre terreur ». Je m’en voulais presque d’être aussi terrifiée de ce que je voyais dans les actualités du coup, ne comprenant pas pourquoi tout prenait de telles proportions. Mais j’avais aussi peur de sortir, même si on est bien loin de Paris. 

Et puis il a fallu sortir. Vendredi. Une semaine que je n’avais vu personne, à part Happy. Le 13 novembre, ma meilleure amie était venue pour une soirée filles où on papote de tout (surtout de mecs ^^), de nos vies, de tout ce qui ressemble à la vie. On riait. J’entendais bien mon portable qui m’indiquait que des messages sur messenger arrivaient, mais par respect, je n’ai pas regardé (et j’ai bien fait. C’était la 1ère soirée où je me sentais sereine et la dernière où j’ai trouvé un peu de paix en moi, alors c’était précieux). A 2h du mat, elle est partie, je me rappelle avoir fermé la porte le sourire aux lèvres, en la taquinant sur celui qui lui fait battre son ptit coeur. Puis j’ai rallumé mon pc et là c’était la mort après la vie. On avait passé la soirée à rire pendant qu’ils se faisaient massacrer. J’ai perdu mon sourire en 2ndes, aussi vite qu’eux ont été tués. 

La suite est un mélange de sentiments. Colère, tristesse, empathie envers les familles, pensées pour les blessés, l’incompréhension devant de tels gestes barbares, les amalgames que je commençais à lire et qui me mettaient hors de moi d’où mon post précédent d’ailleurs. 

Je suis donc sortie une semaine plus tard. Ma 1ère sortie, pas forcément seulement à cause de ça, mais aussi parce que je suis très douloureuse ces temps-çi et me retrouve souvent clouée. L’angoisse de me retrouver avec du monde alors que c’est déjà ma hantise en temps normal, était forte. Arrivée dans le supermarché, quelqu’un m’a bousculée sans faire exprès et en présentant ses excuses, ce qui est rare, il faut bien le dire. Mais évidemment, vu le contexte, je me suis retrouvée en pleine crise de spasmophilie à respirer dans le petit sachet qui ne me quitte jamais, discrètement dans un coin du magasin. Je voyais les gens tournoyer autour de moi et là, deux sentiments se sont mis en place. 

D’une part, comme une subite affection pour toutes les personnes qui étaient avec moi au même endroit. Je nous imaginais lutter contre des terroristes, ensemble. Chaque personne que je voyais, était à mes yeux, susceptible d’avoir été au Bataclan une semaine avant. Je les imaginais morts pour rien comme eux. J’avais envie de serrer tous ces gens dans mes bras pour leur dire qu’il fallait qu’on se batte vraiment ensemble, pour Paris, pour notre Pays. Que nous, on était pas morts contrairement à eux. Et qu’il fallait résister à la terreur (même si j’avais l’impression d’être seule à la ressentir pour le coup)

D’autre part, il y avait aussi la menace. Chaque visage qui me mettait le doute était un danger potentiel et je fuyais les rayons. Certaines pensées me revenaient en tête de ce que j’avais vu dans les médias et chaque bruit me faisait sursauter, annonçant le pire à venir. A peine remise de la crise, je me voyais finir là avec tous ces gens (l’angoisse à ce stade ne rend pas forcément très rationnelle…)

Je suis arrivée enfin à la caisse tant bien que mal. Derrière moi il y avait un homme de mon âge environ, qui m’a dit quelque chose à propos d’un article qui avait foutu le camp du tapis. Je me suis sentie agresser, dans un premier temps « qu’est ce qu’il me voulait ce type » parce que je n’avais pas entendu ce qu’il disait et que je me sentais devenir parano, je le voyais en terroriste :/ …. Et puis il a répété en souriant avec un regard rempli de douceur. On a été amenés à échanger une nouvelle fois et c’est là que tout s’est débloqué dans ma tête. Tout a fait surface. Ce que je n’arrivais pas à exprimer arrivait là au mauvais moment, mais là quand même. 

Je suis toujours attentive au regard des personnes que je croise. Et le sien m’a subitement fait craquer nerveusement. Il manquait peu pour que j’aille vers lui et que je m’écroule dans ses bras, en lui disant « serrez moi fort, prouvez moi que je suis bien vivante moralement encore, je me sens trop éteinte, je n’en peux plus de ce que je ressens et vois depuis une semaine ». Evidemment que je suis restée à ma place, à ranger mes courses. Je me suis dépêchée de rentrer, me suis arrêtée pour donner une pièce au monsieur musulman d’un certain âge qui se fait écraser, assis dans son coin, à chaque fois. C’est mon rituel depuis 3-4 fois que je le vois. Et son regard à lui aussi m’a troublée. J’y lisais à la fois la détresse de sa situation, en me demandant s’il était au courant de tout ce qui arrivait, s’il avait conscience de ce qui s’était déroulé une semaine avant. Et la gratitude que je lui montre que je l’avais vu, camouflé dans son coin. 

Deux regards et mes mots qui ont pu sortir. J’ai serré ma Happy très fort pour avoir un peu de sa chaleur et réalisé que le fait de n’avoir vu personne durant une semaine m’avait fait souffrir à un tel point… J’avais entendu ma famille, mais physiquement qu’est ce que j’étais seule, impuissante, écrasée par quelque chose d’encore plus cruel que ce que je pensais, au milieu de l’horreur, de la terreur, de l’incertitude de l’avenir, des questions désormais sans réponses. A l’heure actuelle, je ne sais pas où j’en suis de ce que je ressens. Une chose est sûre, je ne fais pas partie des personnes qui disent ne pas avoir peur. J’ai un rôle plus passif qu’actif, dans le sens où je ne suis pas capable de sortir la tête haute, de vivre comme si rien ne s’était passé. Et encore moins rire. Mais on avance chacun à sa façon. Le trouble borderline fait des ravages en moi, mélangeant réalité et fiction dans mes pensées parfois bien discordantes. S’il est plus puissant c’est que je n’arrive pas encore à bien séparer mes émotions, à retourner la colère envers moi à défaut de pouvoir la cracher vraiment. Mais au moins je parle…. Grâce à ce regard qui m’a fait réaliser le fond de mes pensées qui s’étaient camouflées en moi. Peut-être pour me protéger le temps d’être capable d’assumer… 

Entourez vous, c’est le seul conseil que j’arrive à donner, parce que je me suis aperçue que l’isolement ne m’avait pas arrangée dans l’histoire. Que j’aurais sûrement eu besoin de chaleur humaine pour me sentir un peu en sécurité contre tout cet enfer et ne pas me sentir morte de l’intérieur… Comme si on avait éteint des bouts de celle que je suis. 

Combats qui me touchent

Le ciel et ses innocents

Il est même épuisé………

Je n’ai pas beaucoup de mots malheureusement. Les mêmes tournent en boucle. Horreur, stupeur, massacre, morts pour rien. C’était un vendredi soir qui était comme les autres, l’envie de décompresser de la semaine, un concert, un match de foot. Des personnes qui avaient juste envie de profiter de moments avec de la famille, des amis. Des personnes qui se réjouissaient d’un moment de vie. C’est la mort qui aura été au rendez-vous. Des êtres humains tués par des monstres. Ils n’avaient rien demandé, ils étaient « juste » là au mauvais moment sur un morceau de ce monde qui tourne à l’envers depuis longtemps.

J’avais finalement le même programme qu’eux, passer une soirée d’amitié avec une amie précieuse. On a ri, papoté de tout. Il y avait la vie. J’ai fermé la porte derrière elle, allumé mon pc le coeur léger de cette chouette soirée. Un coeur qui s’est retrouvé en miettes et fracassé en à peine 1 seconde en découvrant ce qui s’était passé entre le moment où j’avais éteint et rallumé ce qui me permet d’être connectée à la vie… ou à la mort comme hier soir. 1 seconde, c’est aussi le temps qui aura suffi aussi à faire disparaître définitivement toutes ces personnes. Pour un même objectif d’un vendredi soir, la seule différence entre eux et moi, c’est que j’étais à l’abri et au bon endroit, au bon moment. C’est vraiment la seule chose qui nous différenciera à jamais. De prendre conscience de ça, a glacé mon sang encore davantage.

Je pense à toutes les familles de ces victimes qui n’avaient rien demandé à part passer du bon temps comme beaucoup dans le reste de la France. Ceux qui se battent pour récupérer de leurs blessures.

Et j’aimerais par la même occasion qu’on arrête les amalgames qui reviennent sur le tapis dès que possible. J’ai aussi des pensées pour ces ami(e)s musulman(e)s de sang ou de coeur, qui n’ont rien demandé non plus, pour qu’on les mette dans le même sac que ces monstres là. Hier soir, il y a eu un mélange de religions tuées. Ces connards n’ont pas filtré la direction de leurs tirs, tout le monde était au même niveau et à l’heure actuelle, il y a des familles de toutes origines et ethnies qui pleurent leurs proches et qui se battent avec eux au milieu des hôpitaux en espérant les voir vivre.  On est identique face à la vie et à la mort et il ne faut pas tout confondre. Hier soir, tous ces gens étaient là au mauvais moment, au mauvais endroit, victimes de monstres fanatiques.

Je suis sidérée de voir certains messages passés…  J’ai toujours souvenir de ce panneau qui passait régulièrement « quand j’étais petite, il n’y avait pas de musulmans, de juifs, de catholiques… juste des amis ». Et je n’ai jamais changé d’opinion quoiqu’il y ait eu dans ce monde pourri. A mes yeux, mon amitié n’a qu’une religion, celle du coeur et ça restera tel quel. Rien ni personne ne me fera changer sur ce point là. L’amalgame détruit tout autant que les actes en eux-mêmes… Les personnes qui sont en train de soigner les personnes que vous aimez sont peut-être musulmanes, je ne pense pas que vous rejetterez ceux qui sont en train de sauver la vie de vos proches… Faites pareil avec les autres et arrêtez de tout mélanger… 

J’ai ressenti le besoin de dire davantage à mes proches que je les aimais et j’avoue que j’aurais aimé pouvoir serrer très fort tout le monde contre moi, tellement je me sens en dehors de la vie au milieu de cette noirceur qui a ruiné les rues de Paris mais pas que. J’espère que tout le monde va pour le mieux au moins physiquement…. 

A cette paix qui fout le camp…. A ces familles endeuillées…. Je me sens impuissante face à tout ça et aucun mot ne pourra changer cette face sombre du monde… 

Projets des copinettes

A toi François…

evening-in-forest

« Cher François Noël » (plus connu sous Père Noël ou quand on le connait de façon plus intime et attendrissante, papa Noël. Mais avant tout, il porte comme tout le monde, un prénom : François). D’accord, je reconnais que ça ne fait pas très lapon, mais peut-être que ses parents ont des ancêtres très très très très éloignés qui étaient purs français. On ne sait pas tout de son histoire, il en perdrait sa magie alors on ne va pas chipoter. J’imagine que c’est déjà assez lourd à porter pour lui, le pauvre…. Oui je l’aime beaucoup papa Noël, enfin François pour l’occasion. Néanmoins, je tenais à te dire que tu n’as pas toujours été à la hauteur de mes espérances depuis mes 37 printemps. Je ne sais pas si tes lutins ont peut-être les neurones glacés par le froid polaire mais parfois ils ne pensent pas à tout dans ce qu’ils fabriquent. L’année de mes 10 ans, souviens toi le pull vert. Misère… Je sais, vous êtes dans le pays des sapins bien verts, mais là il avait tourné à la couleur caca d’oie le sapin, je te laisse regarder sur LapoGoogleImages -en espérant que le réseau ne soit pas congelé-, à quoi ça ressemble, mais je peux te garantir que ce n’est pas jojo à voir et à porter. Surtout quand en plus, la même année, il y avait la cagoule assortie et les cache-oreilles roses barbie. Non mais tu imagines un peu la touche que j’avais avec ces couleurs qui n’allaient pas ensemble ?? On ne voyait plus que mes yeux camouflés derrière tout ce barda et tu sais, ici, on ne fête Carnaval qu’une fois dans l’année ! A cet âge là, les fautes de goûts vestimentaires ne sont pas pardonnées. La preuve en est, on m’a appelée « la mère l’oie » tout le long de l’année et depuis, je fais une overdose dès que je suis en présence d’un truc qui est vert. Mais toi et tes lutins, je vous z’aime quand même t’inquiète pas, papa.. heu François Noël. Ne prends pas froid durant ton périple et bon courage pour te garer à Marseille avec ton traîneau. Entre les poubelles et les voitures mal garées, tu n’es pas sorti de l’auberge. Bisous, à bientôt ! »

L’attirail pull-cagoule-cache oreilles- et les situations de ce texte étant purement fictifs, toute ressemblance avec des pull-cagoule-cache oreilles existants ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Je tenais à le préciser… humhum

Le bar des apéros cosmiques ayant définitivement fermé ses portes snif, Aileza nous avait proposé un after pour notre plus grand bonheur et mon papa Noël et sa mésaventure vestimentaire est ma participation pour ce dernier rendez vous, dont le thème est « Lettre à François ». Merci ma belle Aileza de nous avoir tous réunis autour de ce moment virtuel mais si réel, chaque mois. J’ai pris beaucoup de plaisir à m’aventurer dans un style d’écriture dont je n’ai pas l’habitude (et à écrire souvent des trucs bien tirés par les cheveux, clin d’oeil à Piou-Piou ^^) A la notre Tchin tchin 🙂