"Peu importe ce que les gens disent, les mots peuvent changer le monde", Robin Williams
Auteur : ptitedelph
Bienvenue sur mon blog, où je partage mes combats sans vraiment de tabous. On y trouve un peu d'anorexie, de fibromyalgie et douleurs chroniques en tous genres, d'angoisses, de phobie... mais au milieu de ce joyeux bordel et pour ne pas oublier celle que je suis, parce que rien de tout cela ne me définit, je partage également ce qui fait mes bonheurs, de la musique, des films, des blablas en tous genres, des photos. Bref, tout ce qui fait de moi une jeune femme comme les autres aussi :) Bonne visite et n'hésitez pas à m'envoyer un petit mot en privé, si vous avez des questions. Je suis joignable en mp sur ma page facebook dont le lien est dans la barre à droite. Je répondrai avec plaisir, si je peux aider un minimum.
Ptite Delph
On connait tous cette triste pathologie de nos frigos (dites moi oui, pour que je me sente moins seule même si c’est faux, je m’en fous, un mensonge est vite oublié). En quoi consiste ce syndrome… ben le frigo qui sonne le creux, le vide, le néant. Quand on l’ouvre, il y a l’appel du froid qui se fait et on se croirait dans une tempête de neige. « Ffff… Fffffff… » Bon suis pas douée pour les fonds sonores, ok, je fais du mieux que je peux, mais là, hein… bon, bref… c’était le vent qui s’engouffrait dans mon frigo, voilà, vous avez compris non ? Si je ne chantais pas faux, j’aurais fait mes vocalises dedans, tiens, je me serais crue à l’intérieur de Notre Dame de la Garde, tellement l’écho et la résonnance auraient été forts. Comme je chante faux avec ma voix minuscule et cassée, l’écho serait revenu contre moi et m’aurait esquinté les tympans et fourré un mal de tête du tonnerre, alors je suis restée silencieuse durant tous les soins du frigo. Même Happy n’avait pas le droit de miauler trop près (oui elle ronronne et miauxle faux. Bon, là, elle m’a vu l’écrire et me tourne le dos, je me suis fait une ennemie)
Houhouuuuhouuuuuuuuuuuuuuuuu houuuu…… C’EST MMOIIIiiiiiaaaaaaaaaaa…………….. C’est çà le syndrome du frigo vide… le vide sidéral… Mais ce qui est bien dans ces moments là, c’est qu’il est vachement pratique à nettoyer. Rien à enlever, puis nettoyer, puis remettre. Là, je n’enlève rien, je lave juste et remets avec de nouvelles courses. Ben oui, faut être positive, je le suis, là, non ?? Toujours voir le positif dans le négatif… On crève de faim (bon, on va pas exagérer non plus hein, c’est pour les besoins de l’autodérision), pas grave, on peut vachement bien laver le frigo et les placards vides tellement la place est dispo, alors c’est chouette !
Il était vide, depuis bien 2 jours. 2 pommes de terre et une boite de thon se battaient en duel et les placards commençaient à faire grise mine aussi. Les courses, c’est l’enfer. Quand je pars les faire, on dirait que je suis parée pour l’ascension de l’Everest. 3 jours de préparation physique et mentale, pour savoir comment je vais porter, ce que je vais porter, privilégier. J’ai droit à une aide de la mdph il parait (sauf que moi et la dépendance, on n’est pas copines alors je suis sado maso un peu sur les bords et je « préfère » souffrir, l’air de dire « yesss, suis toute déglinguée, mais c’est moi qui l’ai fait yeahhh »… Le meilleur ami m’engueule régulièrement « combien de fois, je t’ai dit de me demander !!! c’est la dernière fois que je le répète hein !! » oui chef… mais je préfère qu’il passe me faire de grands câlins, plutôt que de perdre du temps à me faire les courses et ce n’est pas son boulot, comme ce n’est pas celui d’autres amies qui me le proposent. J’ai accepté 2-3 fois, mais c’est dur… J’ai dû m’appeler Bourriquet ou Cadichon, dans une autre vie. Je suis censée être prioritaire aux caisses aussi, sauf que c’est moi qui laisse passer les gens, quand ils ont un article. Internet, ce serait la solution pour les courses à domicile, mais les magasins où je vais pour faire souffrir un minimum mon portefeuille ne font pas de livraisons, manque de pot.
Bon, depuis, je l’ai soigné, nettoyé donc (je le lave aussi quand il y a des trucs dedans hein, mais bon, c’est plus pénible), il respire, souffle, ronronne de plaisir, j’ai un frigo aux anges. Et moi, çà me fait du bien de le voir rempli, de pouvoir choisir ce que je veux dedans, comme dans les placards, sans me dire, « purée zut crotte, j’ai plus ooouiiiiinnnnnnnn »
Je vous laisse, il y a des Maxi Kinder qui m’attendent, dans mon frigo tout beau, tout propre et surtout rempli pour un moment de nouveau, alléluia, l’honneur est sauf, mon corps, lui… humhum.. fait beau aujourd’hui hein ?
Signé Cadichon/Bourriquet ou l’art de changer de conversation et de foutre le camp tant qu’il est temps :-p
C’est dur physiquement, mais ce qui me « console » et que je n’oublie jamais, c’est que vivre avec l’invalidité n’est pas la gloire, que je finis les mois en tirant sur toutes les cordes et en choisissant les magasins, en faisant bien attention, mais au moins, j’arrive à le remplir mon frigo et à rentrer porter mes courses au chaud… J’ai toujours d’immenses pensées pour ceux qui n’ont plus rien du tout (relatif à mon post précédent aussi) et un pincement au coeur devant de telles détresses 😦
Alors, oui, il faut toujours voir le positif même dans le négatif, et là, ce n’est plus de la rigolade ou de l’autodérision, par contre…
Le pavillon Solaris. Hôpital Sainte-Marguerite. Unités psychiatriques En forme de bateau, j’en ai connu la raison au début, mais oublié… et c’est juste une partie de l’iceberg, çà ce sont les bureaux et les cabinets médicaux et tout ce qui est commun à tous les patients. Les unités sont tout autour dans des formes de souterrains… Le bateau qui sauve des vies…
C’est un post qui n’est pas forcément gai, mais je pense qu’on pourra y lire aussi du positif, puisque c’est aussi là qu’on m’a sauvée de moi-même à plusieurs reprises. Il faut le voir de cette façon du moins pour tenter d’en oublier le côté obscur…
La 1ère fois que je suis rentrée dans un service psy, c’était en 2001, j’avais 23 ans. Après 5 ans de lutte acharnée à refuser tous soins pour me sortir de l’anorexie, j’avais accepté qu’on m’y mette, parce que mon état devenait critique. J’étais aux urgences et une ambulance m’a conduite dans le service, ma mère suivait en voiture, sans bagages, on a ouvert un pavillon, puis on l’a refermée derrière moi. Puis j’ai atterri dans le service en lui-même. Fermé. On rentre et le cliquetis des clés se ferme sur nous. J’en ai fait des services fermés, mais ne me suis jamais habituée à ce bruit là.. En mode protection rapprochée. Je me suis retrouvée au milieu de patients complètement shootés, déconnectés à cause de leurs camisoles chimiques. Une infirmière m’a conduite dans ma chambre. Pas de téléphone, à cause du fil, trop dangereux, les patients pourraient se pendre après. Pas de télé, ils avaient eu un patient qui s’était pendu après le support qui la maintient. En attendant que ma mère aille me chercher des affaires, je suis restée 1h à errer dans le service. Une patiente était venue me trouver dans ma chambre et m’avait emmenée avec elle. Elle m’a fait découvrir le service. Visite guidée mémorable, mon Dieu… On est arrivés devant 2 portes fermées, avec des draps qui bouchaient la vue à l’intérieur, pour qu’on ne voie rien… j’ai demandé ce que c’était… elle m’a dit que c’était 2 chambres d’isolement et que quand le drap était descendu, c’était qu’il y avait quelqu’un. J’ai tout imaginé de la personne. Je ne connaissais pas le monde psy, ni les personnes qui pouvaient y être enfermées. J’ai regardé à travers la seconde, juste pour voir. Rien. Un matelas. C’était séparé en 2, il y avait tout de même des wc, mais il fallait toujours qu’un soignant vienne ouvrir et quand on est en chambre d’isolement, tant qu’on n’est pas stabilisés, les soignants préfèrent rester à l’extérieur le maximum de fois qu’ils le peuvent… (je me souviens d’un autre établissement, où une chambre capitonnée était présente aussi. Le patient à l’intérieur était si violent, ne pesait pas une plume, les infirmières ne pouvaient plus accéder, ils avaient dû appeler les pompiers pour qu’ils arrivent à le canaliser et à lui faire une injection pour le calmer. Nous, on était tous en protection encore plus rapprochée, au cas où il sortait de la chambre d’isolement en faisant faux bond aux pompiers… je n’ai pas eu peur du patient, je le connaissais, quand il n’était pas en crise, Denis était un ange et venait regarder la télé dans la salle commune et j’avais besoin de me souvenir de lui comme çà pour éviter qu’il m’effraie et de me concentrer sur l’idée que son état n’était pas le sien, mais que c’était sa maladie. J’ai surtout eu beaucoup de peine pour la souffrance qu’il pouvait ressentir pour se transformer de la sorte (la mienne n’était peut-être pas aussi forte, mais peut-être que je le comprenais aussi…..). C’est là que je me suis rendue compte aussi à quel point la maladie mentale pouvait mener loin…..).
Dans le 1er service, le psy de garde a été appelé parce que j’ai tout fait pour signer une décharge, après qu’on ait tout vidé ma valise et enlevé tout ce qui est parfum, tranchant, ceintures etc… quand mes parents sont revenus. Il était hors de question que je reste dans cet endroit.
Deux semaines après, la maladie a eu raison de moi et je me suis retrouvée dans le même contexte. Ma propre violence envers moi et l’anorexie m’avaient encore usée un peu davantage et je n’avais plus le choix. C’est là que j’ai appris ce qu’était un neuroleptique… ils ont préféré me mettre en sommeil artificiel, le temps de reposer mon cerveau et mon corps… je ne tenais plus debout, j’avais les yeux aussi vitreux et vides que tous les patients que j’avais vus. J’étais dans le service ouvert, mais on ne sort jamais seule. Toujours accompagnée d’une infirmière. Je me souviens de la 2ème semaine où j’ai eu droit à cette sortie. Je n’avais plus senti l’air (les fenêtres sont calfeutrées, pour qu’on ne passe pas à travers, il y avait un système de ventilation) depuis 2 semaines… je ne me rappelais déjà plus à quoi ressemblait le véritable oxygène. Les odeurs, les sensations de froid sur mon visage, l’infirmière qui me soutenait parce que j’étais trop faible. 10 mns de liberté. J’y suis restée un mois. Cà m’a aidée sans doute à prendre conscience que j’avais besoin d’aide. Le psy m’a suivie, jusqu’à ce que je parte à Marseille, 3 ans après. J’allais chaque jour dans le centre en ambulatoire, où je faisais des activités, où je parlais avec des infirmières. Ils m’ont aidée au point qu’au bout de plusieurs mois, j’ai pu recommencer à travailler
On me demande souvent pourquoi je suis venue ici. La réponse n’est pas loin. Il avait décidé de m’envoyer en cure à Marseille. Après un w-e tumultueux dans une clinique que je ne souhaite à personne, mais je passerai les détails… j’ai été transférée dans un établissement entre Aubagne et Marseille. J’y ai rencontré un ergothérapeute que je ne pourrai jamais oublié tant il m’a aidée à retrouver une partie de mon corps et une psychologue que j’ai eu la chance de retrouver sur mon chemin au centre anti-douleurs. Un lien s’était créé entre les 3, ils n’ont jamais laissé tombés. Je me devais de ne pas lâcher non plus. C’était une confiance mutuelle que j’ai gardé en mémoire et quand je vois la psychologue quand je vais pour la kétamine, elle me dit à chaque fois, qu’elle n’en revient pas du parcours que j’ai effectué, elle, qui pensait que j’étais condamnée à ne pas survivre à l’anorexie, parce qu’elle m’a confiée que plus personne n’y croyait, même s’ils faisaient tout pour m’en tirer. Ce sont les plus belles mains médicales tendues, avec la psy actuelle, qui a pris le relais. La cure s’est transformée en hospitalisation. Je suis sortie, parce que je voulais reprendre mon travail. Revenue en Alsace, j’ai repris et au bout de 3 semaines, je me suis retrouvée dans les toilettes, un jour, à me donner des coups. Je m’étais automutilée la veille, j’avais les poignets en sang. Sous la puissance de mes coups, j’ai tout réouvert, le sang a giclé partout. Quand je suis « revenue » de mon monde parallèle, j’ai vu les dégâts, nettoyé, ressorti très discrètement, rejoint mon bureau en rampant les murs pour que personne ne voie rien et j’ai appelé le psy qui m’a fait réhospitaliser dans son établissement à Marseille. Le seul endroit où j’avais bénéficié d’aide vraiment adaptée. Il m’a fallu des mois pour remonter la pente, et du poids surtout. 6 mois après je suis sortie, et j’avais fait mon choix. Rester dans la ville qui m’avait accueillie tout ce temps. J’avais besoin d’un nouveau départ, de me créer une nouvelle histoire. J’ai été soutenue dans mon projet, on a cru en moi et je suis là… marseillaise d’adoption, à me moquer des marseillais, quand je les sens fébriles quand le temps se gâte un peu, peuchère lol…
Sauf que l’anorexie était toujours en moi et qu’ils ne pouvaient plus rien faire pour moi. On m’a dirigée vers une psychiatre qui est spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire. Au début, j’ai été suivie 3 mois à la Timone en endocrinologie, dans le service du célèbre Pr Vialettes dont on entend parler parfois dans les émissions à la télé… peut-être que certaines s’en sortent grâce à ses moyens radicaux, moi il n’inspirait que l’angoisse. J’ai vite pris conscience que je prenais du poids, (celui qu’il demandait, à travers son contrat poids écrit), juste parce que j’avais peur de me faire engueuler aux consultations, parce quand il hurle après quelqu’un, quand on sort de son bureau, les gens qui attendent dans la salle d’attente, se retournent, paniqués, pour voir la tête qu’on fait et si on est indemnes psychologiquement…. mais la tête ne suivait pas, du coup, les kilos qu’il attendait, je ne pouvais plus lui fournir et il n’a plus voulu me suivre, c’était au moins radical…. La psy, elle, a continué à me suivre, mais dans un service qui venait d’ouvrir, dans un autre hôpital, qui a des unités spécialisées pour différentes pathologies. Cà m’arrangeait qu’elle travaille dans les 2 hôpitaux du coup.
J’y suis suivie depuis 2006. J’ai été hospitalisée plusieurs mois en plusieurs séjours. Suite à ma tentative de suicide il y a 3 ans. Suite à des périodes importantes d’anorexie. Suite à des dépressions et mon trouble borderline qui fout la pagaille. J’y ai vu beaucoup de choses, entendu énormément d’histoires, rencontré des personnes qui sont encore à mes côtés en amis. J’ai su ce qu’était la souffrance mentale, je me suis retrouvée face à la mienne dans un contexte fermé et capitonné pour nous protéger de nous mêmes. Dans tous ces endroits, j’ai appris à entendre la douleur morale sans doute aussi. J’ai appris qu’il ne fallait pas juger ce qu’on ne pouvait pas comprendre (pas une raison pour autant de tout cautionner, maiis on fait vite la part des choses, dans ce genre d’endroits aussi…) J’ai compris que la folie n’était pas une maladie, mais qu’on la définissait avec d’autres noms de pathologies. J’ai ma propre folie, mon propre monde très destructeur qu’on ne devinera jamais tellement je suis cohérente dans mes propos quand je ne suis pas dans une phase plus qu’endommageable…. J’avais fait allusion à ma violence dans un de mes articles précédents. M. Hyde et Dr Jekyll…
La psychiatrie qui a encore ses tabous pour beaucoup « ah non pas question de voir un psy, suis pas folle !!! » (c’est aussi ce que j’ai pensé longtemps, ce serait mentir de dire le contraire), à mes yeux, ne doit plus en avoir, parce qu’elle a évoluée, tout comme les autres services. L’immersion dans tous ces lieux m’a permis de découvrir une autre partie de la nature humaine. Des détresses parfois invisibles qui s’éveillent quand les démons sortent de leurs boites et qui emmènent les personnes malades bien loin dans leurs retranchements. Des personnes attachantes que je n’ai jamais oubliées. Des laissés pour compte par la société et qu’on arrive à faire sourire en leur donnant un crayon et un carnet pour qu’ils puissent dessiner, parce que çà ils peuvent encore le faire… Je n’ai jamais été aussi émue en voyant ce genre de regard, tout çà parce que j’avais pensé à son anniversaire et que mon cadeau était un bloc à dessin avec un crayon à papier et une gomme. « C’est pour moi tout çà ???? », tel un enfant… parce qu’il n’avait simplement pas le 1/100ème qu’on possède pour la plupart, nous. Certains établissements psy sont ce qu’on appelle des mouroirs. Des endroits où on met les personnes qui se droguent, qui sont malades mentalement, qui n’ont plus rien et Daniel, cet homme si heureux de ce peu, était un de ceux là.
La mort n’a jamais été bien loin à 3 reprises me concernant, justement à cause de tout ce qui pouvait se passer dans ma tête. J’ai tenté de partir, je me suis retrouvée dans un semi-coma que je n’ai jamais oublié, parce que j’ai entre aperçu « l’autre monde », celui qu’on appelle le paradis… Et cette sensation d’entre deux mondes, je ne l’ai jamais oubliée et j’y pense souvent. J’ai perdu des personnes qui ont lutté à mes côtés pendant de nombreux mois, qui au final étaient devenus des ami(e)s. Certains n’ont pas supporté leurs combats et ils ont choisi de mourir. Mon Pierre… un homme qui avait une famille, un emploi, mais il était bipolaire… il a joué le rôle d’un père tout le temps que j’étais là. Et il n’est plus là. C’est ma plus grosse perte, mais je comprends qu’il ait été épuisé de lutter contre ces démons insurmontables.
La psychiatrie m’a traumatisée, parce que je n’y raconterai pas tout ce que j’y ai entendu, vu et vécu. Les cris des patients n’ont jamais quitté mes oreilles, les pulsions meurtrières de certains qu’il faut enfermer dans une unité spéciale que possède le service, les idées suicidaires avouées des uns, les idées suicidaires des autres, qui sont partis…. Je ne me suis jamais remise de certaines hospitalisations, je crois que c’est marqué au fer rouge en moi. C’est trop long à dire pourquoi. Mais je n’oublie pas que j’étais une entité moi-même dans ce monde calfeutré et que si j’y étais, c’est que l’extérieur était dangereux pour moi et que la camisole chimique m’attendait et que les plateaux repas hyper dosés m’étaient nécessaires, même si je mettais 2h à les vider. Je n’ai pas oublié les propos de soignants pas faits pour cette profession si particulière dans ce domaine là.
Il m’arrive d’y penser, de revivre ces 27 mois en tout, que j’ai passés, répartis sur 6 années, tout se tord en moi, j’ai épongé toutes les souffrances de toutes ces vies abimées, que j’ai rencontrées et la mienne n’a pas disparu totalement de moi, alors tout remonte à la surface, bien trop souvent.
Pourquoi j’ai fait cet article ce soir… Parce que je me bats pour ne pas entamer un 28ème dans ce service… hier, j’avais appelé le service, la psy a compris qu’il y avait urgence dans mes propos, donc elle m’avait prise entre 2 rv aujourd’hui. J’ai refusé pendant que je le pouvais encore, mais j’ai promis de l’appeler ou d’aller aux urgences pour qu’ils me transfèrent si jamais çà venait à déraper trop et que mon cerveau, je n’arrive plus à le gérer du tout… J’ai peur de moi, mais j’ai besoin de ma liberté encore…Mon traitement a été modifié, dosé autrement, pour voir si çà peut m’aider à me sentir plus libre dans ma tête. Sans hallucinations, sans angoisses fortes au point de me dire que je vais mourir, sans ces pulsions suicidaires que je possède en moi, sans ces pensées faussées et erronées, irréelles mais dont je ne sais pas faire la différence entre irréelles et réelles. La psychiatrie m’a sauvée plus d’une fois et ne me fait plus peur. Quand je vais dans ce service, c’est comme quand je vais en unité anti-douleurs. Je n’y vois pas de différences. Plus du moins.
La seule chose très difficile, c’est de se dire qu’il faut en arriver là, pour m’aider à continuer à vivre…. J’ai une fracture en moi, comme disait la psy ce matin, et je comprends qu’elle ne se colmatera pas vraiment. C’est comme la fibro, on peut juste m’aider à la supporter mieux et apprendre à la gérer mieux dans mon quotidien et dans ma vie avec les autres. On a abusé de moi dans ce même genre de service et je n’ai jamais pu ramasser les morceaux. Je n’ai pas pu me défendre. Alors s’il faut me sédater, je veux être chez moi, à l’abri, aussi longtemps qu’il m’est possible de le faire… mais j’ai promis… je promets d’appeler au secours s’il le faut… tant que j’en ai encore conscience.
Il ne faut pas avoir peur de la psychiatrie, c’est une spécialité comme une autre, mais côté patients, c’est un peu plus difficiles… moi je ne touche qu’à moi dans mes pulsions. Mais parfois, les patients s’en prennent aux autres et même si je prends sur moi quand on s’approche trop de moi quand je dépasse les consultations du service, je n’oublie pas… Et puis, tous les services ne sont pas non plus ce qui a de plus « clean », en matière de protection et de respect des patients… Mais pareil, c’est censuré… Un jour, je parlerai peut-être de certaines choses, mais pas ce soir, je ne peux plus moralement…
Je me bats, comme je l’ai toujours fait. Je suis très fatiguée de mes combats et j’avoue que l’envie et le besoin de les éloigner de moi ne sont jamais loin… paradoxalement j’aime la vie. Je pense que mon blog peut en attester aussi, à travers ce que je raconte.
Finalement, c’était pas bien gai tout çà… mais çà fait partie de ma vie… et de celles de beaucoup plus de monde qu’on croit et bizarrement, les personnes les plus malades et celles qu’on traite de folles, de cinglées et tous les synonymes possibles, ne se trouvent pas forcément enfermés dans ces hôpitaux psy… mais dehors hein (nan je ne vais pas encore faire allusion à Marseille et à toutes les tueries de ces derniers mois, par exemple :-p )
Pour Noël, le meilleur ami m’a offert une liseuse, pour mon grand bonheur 🙂 Je l’adore et ne lui ai pas encore trouvé ni défauts, ni inconvénients. Il a mené son enquête auprès d’une amie qu’on a en commun, parce qu’il savait qu’elle utilisait le monde des Ebooks depuis un moment déjà, donc il lui a demandé conseil. Il a bien fait ! Dans mon entourage, du coup, on est 3 à avoir la même et elle fait l’unanimité. Sa marque ? MPMAN.
De mon côté, je ne pourrai pas faire de comparaisons, vue que c’est ma 1ère liseuse et que je ne connais pas forcément d’autres marques et de styles, du coup, je conseille vivement celle-çi, si vous cherchez à lire autrement, dans de bonnes conditions, parce que j’ai cru comprendre que certaines liseuses n’avaient pas la fonctionnalité « luminosité » par exemple.
J’aime lire, mais j’étais ralentie depuis un moment, parce que je ne pouvais plus tenir un livre, sans avoir trop mal aux mains et surtout je lâchais le livre. Je choisissais toujours des formats poche (plus commodes à tenir, mais aussi pour le prix, petit budget oblige) et les grands, je les prenais à la bibliothèque, mais il fallait toujours un support, puisque les tenir, était laborieux. Du coup, la lecture se transformait en supplice et ce n’est pas le but. Là j’ai les mains libres, ou je la tiens vaguement avec une main. C’est le 1er point positif. Principal vu le contexte…
Sinon, quels autres points positifs, possède cette liseuse qui me plait tant…
– légère et facile à tenir ou à poser n’importe où. Simple à emporter.. A Noël, pour remonter chez mes parents, je n’avais pas 3 romans à embarquer. Elle a une housse pour la protéger et était rangée dans mon petit sac à main.
– on peut changer les couleurs de fond, d’écriture, la luminosité (très important, si comme moi, vous avez des maux de tête devant tout écran), la taille de la police,
– je trouve qu’on lit plus vite qu’un livre papier. Non pas que j’aie un train à prendre, hein lol, mais voir trop de pages, même quand c’est un livre qui me passionne, je m’affole, parce qu’en fait, j’ai envie de lire tellement de livres, mais comme je suis au ralenti, ben, au bout d’un moment, je trouve le temps long et il me tarde de passer au suivant (suis un peu tordue, je ne sais pas si c’est bien compréhensible, ce que je raconte :-s ) Mais bon, là, on clique sur la page suivante et donc, je ne me rends pas compte des pages qui me restent à lire et j’enchaîne les livres un peu plus vite (bon je n’ai pas encore trouvé de moyens pour mieux mémoriser ce que je lis, elle ne fait pas ce miracle là, mais je galère moins et surtout j’ai moins mal, du coup, je n’ai pas à me préoccuper dans quelle position je vais me mettre pour éviter les douleurs et les dégringolages de livres. Du coup, c’est bête, mais mon esprit est moins pris par ce souci et je suis plus sereine pour lire et donc mémoriser)
Le livre qu’on est en train de lire se situe toujours au-dessus où j’ai mon index et à chaque fois qu’on a fini de lire, on peut ajouter un signet pour se rappeler de la pageMenu qui permet avant de commencer le temps de veille, les couleurs etc…Avec ce petit bouton, on peut choisir la taille des caractères. Rikikis, petits, moyens, immenses.. 🙂Pour tourner la page, il suffit d’appuyer sur les flèches. Un doigt suffit, si c’est pas beau çà ! 🙂
Ma jolie liseuse ne remplacera pas les livres papier complètement. Je sais que j’aurai besoin souvent de lire un vrai livre en pages et en encre (j’allais dire en chair et en os hihi). J’aime le contact avec le livre, je choisis souvent un livre, juste parce que la couverture et le titre me plaisent et ensuite seulement, je lis le synopsis. Du coup, avant de commencer un Ebook, je vais le voir sur Amazon ou sur la Fnac pour voir de quoi il a l’air.
Dans mon cadeau de Noël du meilleur ami, notre amie commune avait laissé quelque chose…..
Sa bibliothèque virtuelle perso… soit 3000 Ebooks de toutes sortes, disposés sur cette petite clé USB 🙂
Livre suivant : le 1er livre de la Trilogie « Pouvoirs obscurs » de Kelley ARMONSTRONG
Donc, comme dit plus haut, avant de commencer, j’ai été rezieuter les livres « réels » et leurs synopsis et ils ressemblent à çà:
Tome 1 – L’invocationTome 2 – L’éveilTome 3 – La révélation
Alors ? Convaincu(e)s par une liseuse ou vous préférez rester aux livres « papier » ou comme moi, vous pourriez apprécier d’alterner les 2 selon vos envies et besoins (et mes facilités, pour ma part..)
Un moment que je ne suis pas venue écrire par ici, mais ce soir, j’ai besoin de rire un peu, du coup, autant tourner en dérision, ce froid qui me fait tourner le corps en bourrique, parce qu’il rentre dans chaque recoin et que je me retrouve scotchée du coup, à grincer des dents dès que je dois bouger.
Avant-hier, j’avais prévu d’aller au centre où j’ai passé 6 mois pour ma formation, histoire de voir ma formatrice qui est devenue une amie, avec le temps et pareil pour une de mes collègues. J’aime notre trio d’amitié, qui se renforce pour le meilleur comme pour le pire, au fil des mois. Bref, à mon réveil, je rezieute un peu mes mails et mon fil d’actualité sur fb et je vois tout le monde parler de neige !!!! Hein, quoi, comment, où ??? Purée, je ne me suis jamais levée aussi vite pour ouvrir mon volet, en m’attendant à voir mon balcon enseveli sous la fameuse neige. Ben oui, à les lire tous, on aurait dit qu’on avait été télétransportés durant la nuit, au Pôle Nord, donc je me suis inquiétée ! J’ouvre… Rien.. Nada.. :-s Je me demande d’un coup si j’habite dans la même ville. Et je me suis souvenue des rares fois où j’ai vu de la neige à Marseille… 2 années où il en était tombée… Alors les marseillais et la neige, c’est un peu comme un esquimau aux Caraïbes. Ils me font rire.
La 1ère fois, tout était bloqué, on ne voyait pas un chat, on aurait pu penser que la ville était morte et en pleine apocalypse (la fin du monde, en fait, c’était déjà en 2009 -je crois, suis un peu perdue dans les années par contre-)… seul le vaillant meilleur ami voulait descendre de sa résidence en surf, le dingo. Il habite en hauteur, c’est sûr et une belle pente à descendre pour retrouver la civilité lol. Je me souviens qu’il n’avait pas été travaillé, parce qu’il était pour de bon coincé par la neige, je dirai pourquoi après… et qu’il m’avait dit « tu ne veux pas qu’on se rejoigne vers le vélodrome, comme çà on pourra marcher dans la neige et faire une bataille de boules de neige » et finalement, arrivé intact en bas, il m’avait retéléphoné, en me disant « ne sors pas, c’est vraiment dangereux, j’ai peur que tu te casses la figure ». Je ne me rendais pas bien compte, de mon 4ème étage, je ne voyais pas vraiment la quantité de neige qu’il y avait. J’ai écouté son conseil. Le soir, j’ai dû sortir, je me suis rendue compte qu’il y avait… bah… 1cm de neige :-s…
Pour l’alsacienne que je suis, qui marchait dans 40cms de neige pendant les hivers bien enneigés (j’adorais aller dans la forêt, en face de chez mes parents, quand personne n’était encore passé par là et m’enfoncer dedans en entendant le bruit caractéristique de la neige qu’on écrase), j’ai manqué effectivement me casser la gueule, mais parce que je rigolais comme une dingue tout en me moquant du meilleur ami pour le coup (j’espère qu’il ne me lit pas, il ne le sait pas que je me suis moquée de lui hihi :-p )
Ici, quand on parle de chasse-neige, on a l’impression de parler chinois ou d’un mot qui ne fait pas partie apparemment du vocabulaire « késako un chasse-quoi ??? » Chasse-neige putainggg (faut bien appuyer sur le « g » à la fin, si on veut se mettre dans l’ambiance marseillaise, heinggg). Donc, faut expliquer… « vous savez l’engin qui sert à mettre la neige de côté de la route, pour que les voitures puissent faire vroum vroum, un peu plus facilement et que le monde ne s’arrête pas de tourner, à cause d’UN cm de neige » et puis il faut mettre du sel… » quelqu’un m’a demandé pourquoi il fallait mettre du sel et si c’était du sel de cuisine :-s… re-oh putainggggg… vous me croirez en disant que j’ai lâché l’affaire cette année-là et que j’ai continué à sortir en étant bien tranquille puisqu’ils étaient tous enfermés chez eux, en attendant que le cm de neige fonde.
La 2ème fois qu’il a neigé, c’était un peu plus sérieux, c’est sûr… il y avait 2 cms de neige… je travaillais à 1h15 de chez moi, je marchais une 1/2h, prenais le métro, puis le bus et j’arrivais à destination. A aucun moment, l’idée de ne pas y aller à cause de la neige, m’avait effleuré l’esprit. 2 cms hein… c’est le soir, en ayant le meilleur ami au téléphone que j’ai réalisé le courage dont j’avais fait preuve… il était sûr que je n’y avais pas été… ben oui quoi… « avec TOUTE cette neige… » :-s hum… sans commentaires.. 😀
Avant-hier, j’ai quitté le centre ville sous la pluie… j’ai traversé tout Marseille en métro, au bout de 20mns, toujours pas de neige, mais de la pluie. Je ne saurai jamais ce qu’ils ont appelé « neige » avant-hier. Je n’en ai pas vu la couleur… (oui je sais que c’est normal de ne pas en voir la couleur, puisque la neige c’est blanc, on se moque pas heingg non mais oh ! 🙂 .. mais les connaissant, çà devait être 2 flocons oulala, tous aux abris attention !!! On sort la tenue esquimau, les skis ou les raquettes, selon les préférences et hop, nous voilà parés pour la grande neige… ouep, en route mauvaise troupe !
Je me moque heinggg, vous l’aurez compris. Mais je les plains si un jour, on a 40 cms de neige… Le chasse-neige doit être emprunté en fait aux esquimaux, donc il faut le temps qu’il débarque, c’est sûr (la neige a le temps de fondre 3x, en gros…) et le sel, ben, ils doivent effectivement vider toutes les salières des supermarchés de tous les arrondissements et toutes les petites villes avoisinantes, pour le mettre dans leur engin… On est finis, cuits, kaputts, si un jour, il neige pour de vrai ! (c’est vrai qu’en 2009, il en était bien tombé et qu’on avait bien du mal à déambuler, parce qu’ils ne sont vraiment pas capables d’affronter ce genre de temps par ici, ce qui est aussi un peu normal)
Un jour, je ne sais plus quand, avant Noël, une de mes contacts disait sous mon statut qu’il neigeait à Aix-en-Provence. Une autre me dit « nous on n’en a pas »… je n’y comprenais rien, et j’ai hurlé « oh, il neige, il neige pas, vous êtes sûres que vous habitez toutes les 2 à Aix, mettez vous d’accord, vous me faite tourner en bourrique à vous crêper le chignon, avec vos -non il neige pas… si il neige… nonnnn… siiiii…. ???? » une habitait au nord d’Aix et l’autre au sud… Alléluia, le mystère était résolu… C’est la magie du Sud je pense, concernant la neige. Certains voient la neige et d’autres pas, selon où on se situe, c’est vrai que d’un coin à l’autre, çà change (bon y en a aussi qui ont les esprits enneigés un peu tout le temps, donc, c’est difficile de savoir :-p ) Allez, j’ai fini de me moquer, suis pas gentille. Mais ils me font rire, c’est vrai ^^
J’aimerais bien qu’il neige pour de vrai. Beaucoup. Voir les plages enneigées avec la mer qui continue à vivre sa vie, apercevoir Notre Dame de la Garde que j’ai à ma droite quand je regarde par mon balcon, entourée de jolie neige. Marcher dans les rues de Marseille et faire plein de photos. Mais pour l’instant, on se gèle, et il y avait un vent à décorner un boeuf, comme ils disent par ici.
Et mes parents, eux, sont effectivement sous la neige, une vraie couche et pas pour rire là, par contre et autant je me moque des marseillais et de leur soi-disante neige qui tombe, autant je pense à tous ceux qui sont ensevelis vraiment sous la neige, qui ont bien du mal à se déplacer sans risques et ceux qui sont dehors par un tel froid. Et je n’ai plus envie de rire 😦
Avant de faire mon bilan 2012, ce post là m’était important.
Pourquoi à chaque début d’année, le bilan de ce combat-là revient à la charge… Tout simplement parce que Noël, pour des personnes qui souffrent d’anorexie, c’est la période critique. L’angoisse des repas pantagruesques à ingurgiter au moins 4 jours en 1 semaine entre le 24/25 et le 31/1er, mais aussi la crainte de l’après, puisque évidemment, il y a la catastrophe conséquente de la prise de poids… Alors, qu’est ce qu’il se passe pour moi, maintenant… J’ai fêté mon 3ème Noël sans elle en moi… Chaque année consolide mon combat contre elle, mon retour à la vie, alimentairement et corporellement parlant. Tout se renforce et elle m’a rendue plus forte de ce côté là. Décimée, la vilaine. Aux oubliettes, la sal***. Au diable, ce monstre. Ouste. Alors oui, Noël, est la meilleure période de référence pour voir comment on évolue dans ce combat-là…
On sait donc qu’on est sortie de l’anorexie (à travers mes yeux évidemment, je parle toujours en mon nom seulement, dans tous mes écrits) quand… :
– on ne compte pas le nombre de calories que contient un biscuit de Noël, ni un chocolat. Qu’on avale sans avoir la gorge serrée d’avoir déjà envie de le recracher ou de culpabiliser de faire le geste de l’enfourner. Pour suivre le mouvement, pour ne pas provoquer d’esclandres dans la famille. Pour ne pas décevoir ceux qui prennent le temps de préparer les plats, alors on mange… et on le regrette aussi sec… Chose qui ne se produit plus, quand on la repousser loin de soi. Très loin…
– on se donne le droit de se faire plaisir et de partager avec les personnes qu’on aime, au lieu de tellement se concentrer sur ce qu’on avale, angoissée, au point d’oublier qu’on a nos proches à côté de nous. La notion de Carpe Diem est loin derrière nous, on a d’autres préoccupations à surveiller… Là, non.. on mange et on profite de chaque instant.
– la balance… c’est quoi cet engin là, déjà ? On ne court plus dans la salle de bain pour monter dessus, après un biscuit avalé (3 miettes et le 1/3 d’une noisette, çà peut faire grimper le chiffre qui angoisse tant). Par la même occasion, on n’agrippe plus la graisse des cuisses, des fesses et on fout la paix aux bourrelets sans les tripoter sans cesse (visibles que par soi bien sûr, ces morceaux de chair d’os en trop.. hum…).
– on se laisse vivre et bercer entre amour et ambiance de Noël, on partage, on mange, on rit, on aime. C’est la seule chose dont on a à se préoccuper.
– on ne cherche pas toutes les solutions possibles pour soit se vider (mes intestins ont gardé des traces importantes de mes prises de laxatifs à longueur de temps. L’abus a détruit ma flore intestinale et je ne dirai pas les conséquences…), ni courir dans tous les sens pour se dépenser et éliminer ces excès (pour rappel, un chocolat et un gâteau…).
– on reste en harmonie avec notre corps sans le haïr, en le regardant, horrifiée, sous tous les angles, dans le grand miroir de la salle de bain, à pleurer devant ce désastre (anorexique, on a une image très déformée de son corps, çà aussi, c’est régularisé quand on commence à aller mieux. C’est souvent d’ailleurs là, qu’on prend conscience du danger qu’on encourt, c’est mon cas en tout cas. Un jour, je me suis vue, telle que j’étais vraiment, avec mes 37kgs pour mon 1m65, un IMC de 13,5. J’ai eu peur, là aussi je me suis mise à pleurer, mais çà été un mal pour un bien de faire ce constat que je ne ressemblais pas à grand chose avec tous ces os qui dépassaient)
Voilà en gros. Je vis, aime, partage, maintenant, pendant les fêtes de Noël ou quand je mange avec des ami(e)s (il n’y a évidemment pas que Noël qui est lourd à gérer, mais aussi tous les moments où on est amenée à manger devant quelqu’un (« tu veux pas manger encore quelque chose… tu n’as pas assez mangé… tu ne manges rien… MERDE !! Et on s’isole pour ne plus rien entendre…) Avant, j’étais une calculatrice ambulante infernale, j’en oubliais que c’était période de fête agréable et de partage et pas une source d’angoisses permanentes même si je profitais de mes proches, elle était toujours en moi, en arrière-plan à me crever les tympans avec ses persécussions à la noix, ses ordres « mange pas çà, mange pas çi, bouge, vide toi, calcule, fait un peu joujou avec la balance (et puis, c’est qu’elle cause dans notre tête et bizarrement, on est seule à l’entendre cette petite voix si douce si merdique « oh hep hep hep ! t’as oublié de la mettre à cet endroit là de la pièce pour être sûre que le chiffre ne bouge pas, tu devrais recommencer pour être sûre de ce que tu as fabriqué avec ta copine Bleuette »). Oui je lui avais donné un nom… elle était couleur bleu clair et tant qu’à me rendre dingue, il fallait l’adoucir un peu en lui donnant un ptit nom doux… cinglée ptite Delph… droguée à la nourriture, à l’hyperactivité, au vidage-boyaux (bon app, au cas où) et à la fameuse Bleuette qui jouait avec mes nerfs à la trimbaler une 15zaine de fois partout dans la pièce où je l’installais, la machine démoniaque)… Près de la douche, elle affichait 37kgs. Près du lavabo, 37,1kgs… çà pouvait pas aller cette différence !!! Alors je retournais vers la douche, juste histoire de vérifier, quoi… et puis tentais d’autres coins pour avoir le maximum de chiffres justes…. elle m’a rendu dingo la Bleuette…
Je ne faisais pas exprès, et c’était des rituels qui m’étaient vitaux. J’avais besoin d’elle, c’était la seule chose que je pouvais encore contrôler dans ma vie, cette histoire de nourriture, de corps et cette obsession de devenir une mini souris… Mais un Noël sans elle, c’est si bon… Une liberté que je n’aurais jamais imaginer revivre un jour. Une renaissance, en quelque sorte et je la souhaite à toutes celles qui vivent avec cette foutue maladie.
J’ai passé un doux Noël, sans excès, parce qu’être à moitié malade d’avoir trop mangé, je ne trouve pas çà très festif et je n’y trouve aucun plaisir. J’ai une autre tactique, je profite un peu chaque jour dans la mesure de ce que supporte mon estomac, qui lui aussi, a pris des coups et met un long moment à faire passer toutes ces petites choses dans mes intestins, qui eux les expédient par contre, en mode colissimo ultra rapide-express :-s
Et voir mes parents, surtout mon père, touché de me voir manger et me dire « tu ne pouvais pas nous faire plus beau cadeau que de t’en sortir et de te voir remanger normalement et de tout », çà n’a pas de prix… ❤ J’ai tant souffert de tout çà.. Et eux avec… Là, pareil, tant de conséquences désastreuses… Que j’ai besoin d’oublier, pour ne pas me faire souffrir davantage. Maintenant, on ne vit que pour le meilleur. Anorexiquement parlant… Pour le reste, je cache beaucoup de choses encore… Je veux qu’ils voient leur fille aller à peu près bien… Qu’ils ne se rendent pas compte de toutes mes difficultés dans mon quotidien, mais qu’ils n’oublient pas mes facultés aussi. C’est un combat qui est très long, mais il vaut le coup.
Bisous les copinettes/copinets 🙂 A demain, pour le bilan 2012 et les projets / souhaits 2013
PS : je tourne en dérision exprès certaines choses, parce que c’était invivable et que même si je me sors de l’anorexie, je n’en oublie pas les 27 mois d’hospitalisation que j’ai fait à cause d’elle, ni ce travail sur moi avec toutes ces personnes qui faisaient partie d’une équipe pluridisciplinaire formidable. Mais quand on prend du recul avec « elle », on se rend compte de tout ce qu’elle nous fait faire, à nous rendre dingues et ces passages là, je préfère me moquer de moi-même, devant l’absurdité de la chose. Ce n’est pas pour autant que j’oublie et que je suis devenue incapable de comprendre comment on vit avec… au contraire… comme dit, j’oublie parfois que j’ai été anorexique, çà ne se ressent plus dans mon quotidien et le cerveau se protège aussi en bloquant certains souvenirs trop pénibles et ce n’est pas plus mal. J’ai toujours perçu cela comme une boite avec des petits tiroirs. On range ce dont on n’a plus besoin, une fois que çà va mieux, pour pouvoir passer à autre chose. Mais l’anorexie est une souffrance de chaque minute et ces 13 années qu’elle m’a volées, même si je tente de les récupérer à ma façon, j’ai la sensation d’avoir plongé dans un coma et de me réveiller. Tout est à reconstruire. Et le reste gravitera toujours autour, c’est un chantier dans lequel j’essaie de mettre de l’ordre. Ces troubles de la personnalité dont personne ne peut avoir conscience vraiment, parce que je sais bien les cacher finalement, parce que je n’en suis pas fière et que mon combat contre eux, ne finissent pas, me semble t’il.. Seuls moi, les plus proches de moi et les médecins savent. Et encore, on peut juste supposer, mais pas comprendre et comme dit, je suis une petite cachottière, je ne dis pas tout, c’est mon jardin secret quelque part…..
Un petit passage pour vous souhaiter à toutes et tous un JoyeuxNoël, entouré(e)s des êtres qui vous sont chers. Profitez bien de leur présence et partagez beaucoup d’amour.
Noël… Un jour plein de magie dans lequel on essaie de retrouver l’innocence de l’enfance. Un jour où on se laisse emporter davantage sûrement à l’amour de nos proches. Un jour où on se donne le droit d’oublier un temps tous les soucis et problèmes du quotidien.
J’adore Noël, je suis comme les enfants, j’ai envie du moins de retrouver ce que je ressentais, petite, le matin de Noël et les jours qui avaient précédés, cette ambiance chaude au creux de mon ptit coeur. Maintenant, je regarde ma ptite nénette ouvrir ses cadeaux, en espérant que Noël lui donnent les mêmes yeux pétillants que les miens plus petite.
La nostalgie m’habite de plus en plus, au fil des années. Les êtres envolés manquent à l’appel et chaque année, la liste s’agrandit. Mais j’ai besoin de chasser tout cela de ma tête, pour en faire un jour rempli de souvenirs, abrités par les lumières de Noël. Penser à ma ptite nièce et profiter d’elle au maximum. C’est elle l’avenir de mes Noël et le présent, ce sont mes parents que j’ai l’immense chance, d’avoir encore à mes côtés.
Chaque jour est à vivre comme si c’était le dernier, mais à Noël si cher à mon coeur, j’ai besoin de le faire doublement, avec le coeur qui se serre à me dire, un peu plus que d’habitude, avec la pensée angoissante « qui répondra absent l’an prochain… »
Profitez de la richesse de ces êtres qui vous entourent. Les souvenirs sont en nous, le futur n’est pas envisageable, alors on a qu’une seule chose à faire, vivre au présent. Essayer, même si…..
Petite pensée pour les familles qui ont perdu un proche cette année et pour lesquelles, c’est le 1er Noël sans lui/elle…
Je vous laisse jusqu’au 26, je vais profiter de la présence de mon papa qui est en train de popoter et finir la corvée « emballage » grrumpfff. On fête Noël complet chez mon frère et ma ptite belle-soeur et super nénette évidemment (qui jouera sans doute davantage avec les papiers et rubans que le contenu des paquets ^-^) ❤
Les odeurs.. J’y suis très sensible. Depuis quelques temps, c’est démultiplié, ce qui peut être gênant, parce que je suis parfois vite écoeurée, notamment par les odeurs de cuisine, de fumée, ou de parfums trop forts. Quand ma mémoire me fait défaut, je pars à la recherche de senteurs qui je sais, vont me la réveiller et me faire venir des images devant les yeux, qui me permettront de me souvenir.
Il m’arrive de me retourner sur quelqu’un, parce que l’effluve d’un parfum, d’une lotion après-rasage, a réveillé tous mes sens. Je suis capable de penser à celui que j’ai croisé qui a laissé cette odeur dans mes papilles olfactives, pendant un moment après, comme s’il me remuait. Un coup de foudre odorant en gros 🙂 Il faut le faire quand même…
J’aime quand le meilleur ami me serre contre lui et qu’il met sa tête contre moi et qu’il me dit « mmh tu sens bon ». J’aime quand on m’embrasse pour me dire bonjour et qu’on me dit « oh tu sens toujours aussi bon ». Entre la crème pour le visage, les cheveux qui sont imprégnés par mon shampoing ou mon parfum (sortir sans parfum, c’est sortir comme identité pour moi. Nue. Laisser des traces derrière moi, douces et sucrées), je ne sais pas ce qui attirent les gens qui m’approchent et qui sont assez près pour me « sentir » et trouver çà à leur goût. Mais çà fait partie de moi, comme ils disent. Quelque chose qui me ressemble. Un mélange de douceur sucrée, je suis. J’associe souvent les personnes à ce qu’ils portent comme odeur. J’aime la lessive du meilleur ami quand je me blottis contre lui, j’aime la mienne quand je me peletonne dans ma couette et mes draps tous propres. Ou faire des bisous à Happy qui sent la lessive, parce que la coquine est partie en expédition sous la couette et que du coup, ses poils en prennent l’odeur 🙂
Mon papa me faisait la même réflexion quand je m’approchais de lui « tu sens toujours aussi bon, c’est doux comme parfum et il y a une odeur agréable qui te ressemble dans ton chez-toi » quand mes parents descendaient. Mais contrairement à moi, qui sent « trop », lui, a perdu l’odorat, il y a 2 ans et il en est malheureux. Je crois que son cerveau se rappelle des senteurs de la nature qu’il aime tant, mais il ne les sent plus. Quand je remonte chez eux et qu’il fait de la boulangerie, je lui dis « mmhhhhh çà sent trop bon »… j’oublie que pour lui, quelque soit l’odeur, il s’en fout. On pourrait m’enlever l’usage de la parole, je m’en foutrais… mais mes oreilles, mes yeux et mon odorat, je serais mal si je perdais un de ces sens là.
Les bons souvenirs de terre quand il a plu, l’été après une chaleur folle. Sentir les feuilles, l’automne, la forêt, les bois, les arbres. La mer et son iode. Les pins sous le soleil. La lavande. Le goût des collines avec ses arbres, ses herbes. L’herbe frôlée l’été. La mousse au pied des arbres.
Je parle d’odeurs, parce que j’ai eu 2 extrêmes ces temps-çi qui m’ont fait réaliser à quel point, j’étais vraiment hypersensible à tout ce qui passe par mon nez, que ce soit en désagréable ou agréable. La sensation d’odeur négative relative à quelque chose de mon passé. J’ai dû passer une scintigraphie lundi, le fait d’être dans ce service qui possédait la même odeur que le service où j’ai été hospitalisée tant de temps, m’a fait remonter des souvenirs durs à la surface. Je suis restée 6h en tout, dans ce truc, le temps de me souvenir de tout et de revivre certaines choses. J’aurais préféré être enrhumée et ne rien sentir je pense… Je supporte de moins en moins les odeurs aseptisés des hôpitaux il faut dire.
Et la sensation d’odeur très positive est toute bête. Mon shampoing. La 1ère fois que j’ai ouvert le flacon, j’ai manqué le boire ce truc. J’étais comme hypnotisée par l’odeur. Il sent trop bon, je ne me souviens pas avoir senti quelque chose d’aussi agréable en produits de beauté ou soins. Autant dire que tout comme mon parfum auquel je suis très fidèle depuis des mois (je ne dirai ni où je l’ai acheté, ni combien je l’ai payé tant son prix est dérisoire, ni que ce n’est pas une marque), mais il fait mon identité, il tient toute la journée, l’odeur est douce et ne s’altère pas même au bout de plusieurs heures (je ne supporte pas les choses fortes ou entêtantes, çà me colle des maux de tête et des nausées au bout d’un moment). Comme quoi, les parfums hors de prix et de marque ne font pas tout et qu’on peut en trouver plus accessibles et tout aussi bien côté qualité.
Le shampoing responsable de mon orgasme olfactif hihi ^^ Allez j’avoue que souvent quand je passe par la salle de bain, je sniffe un petit coup. Quand vous irez faire vos courses, pensez à moi, allez le renifler lol
Et vous, vous êtes sensibles à certaines odeurs, elles ont une grande importance dans votre façon d’être et de voir ceux qui vous entourent avec leurs odeurs (évitez de me parler transpiration, haleine pas fraîche ou autre du même style, sinon je ne lis pas et vais vomir illico, par contre. N’oubliez pas l’hypersensibilité aux odeurs qui parfois, peut être très désagréable par contre 🙂 ) Je parle d’odeurs qui « remuent » des choses en soi, que ce soit négatif ou positif.
Un post que je vais essayer de rendre le plus simple, le plus « doux » possible, mais j’y évoque des choses qui peuvent être difficiles à lire et à comprendre. Dans mon entourage, seuls les plus proches le savent, pour les autres, je mens, pour ne pas être jugée. Le cerveau est un énorme cafouillis dont on ne soupçonne pas 1% de ce qui peut s’y dérouler… Maintenant que vous êtes prévenus que ce n’est pas rose, je commence ma petite histoire…
« Je n’ai que mon âme », Natasha St-Pier
« Il était une fois une jeune fille d’une 20taine d’années, qui avait des problèmes pour manger, qui se terrait dans un mutisme pas possible, parce que dans son enfance, quelque chose avait provoqué le silence en elle et ne se plaignait jamais de rien et pourtant, elle en aurait eu des choses à raconter, à hurler, mais non, elle s’est réfugiée dans la quête de la perfection du corps et l’absence de nourriture dans son corps, pour contrôler ce qui entrait en elle, mais surtout pour avoir un contrôle sur sa vie qu’elle ne gérait plus du tout. On l’a souvent hospitalisée, enfermée en milieu psy en secteur fermé pour la protéger d’elle-même. Un jour, un démon est entré en elle. Elle sentait en elle une violence qu’elle n’avait jamais ressentie, particulière, comme si elle était vraiment possédée ». Un démon qui la mettait en danger, qui faisait qu’elle était double dans sa tête. Le blanc et le noir, 2 personnes en 1. Mr Hyde et Dr Jekill. Pour venir à bout de M. Hyde, le psy du service fermé a décidé de lui donner un médicament qu’on appelle neuroleptique qui allait lui rendre son unicité dans sa tête… Une camisole chimique qui la faisait marcher comme un zombie, qui ne pensait plus, qui ne savait plus comment elle s’appelait tellement elle était abrutie. Et en plus, ce médicament lui a fait perdre le contrôle sur la nourriture, il lui a provoqué sa 1ère période de boulimie. Chose mal vécue par l’anorexique qu’elle était du haut de ses 37kgs. Elle a choisi de ne plus prendre sa camisole chimique et de reprendre le contrôle… Et là, le démon abasourdi s’est échappé, un peu comme le génie de la lampe d’Aladin…
Elle se souvient de la 1ère fois. Elle a quitté la table où elle mangeait avec sa famille, elle se sentait très mal, s’est dirigée vers sa chambre, est restée dans le noir, toutes les émotions mélangées, ne sachant plus si elle était triste, en colère. Plus d’émotions en elle, ou trop, on ne sait pas trop finalement. Ne sachant plus si elle était encore dans la réalité ou dans une autre dimension. Elle ne le faisait pas exprès, son cerveau lui dictait des choses qui la rendaient folle à lier. Elle avait une telle souffrance en elle, mentale, qu’il fallait trouver un moyen de la faire échapper de sa tête. Inconsciemment, sans penser, elle s’est « exorcisée »… Une telle rage et un tel dégoût d’elle-même sont sortis… Son poing a frappé son visage d’une force qu’on ne pourra jamais imaginer. Frapper, frapper, frapper, encore encore encore…. elle murmurait tout en frappant, sans douleur, « tu n’es qu’une merde, c’est tout ce que tu mérites, tu ne vaux rien, regarde ce que tu es. Rien ! Tu es une grosse merde va ! Tu sers à rien ». Frapper encore. Toujours sur elle, jamais sur les autres évidemment. Pour se soulager de ses maux intérieurs, ceux que personne ne savaient. Toujours murée dans son silence de merde, elle a fait ce qu’elle pouvait pour s’exprimer. Puis d’un coup, elle reprend conscience. Elle revient à la réalité, apaisée, soulagée. Douloureuse physiquement. Le synthol piqué en douce dans la pharmacie pour faire disparaître les bleus. Le lendemain, elle se réveillait, l’oeil au beurre noir, enflé, le corps abasourdi de tous ces coups qu’elle lui avait foutus.
Elle partait régulièrement dans son monde, frappait de plus en plus fort, se coupait pour faire sortir son sang, pour faire partir ce démon de sa tête. Personne ne pouvait rentrer en contact avec elle, tant qu’elle était dans son monde à elle. Elle n’entendait rien de toute façon, les autres n’existaient pas, il y avait juste elle, et ce besoin de se soulager. Les mots ne sortant plus du tout de sa bouche, à part pour se dire des insultes. A chaque fois qu’elle revenait dans le réel, elle pleurait, rentrait dans une autre bulle, celle de l’incompréhension de ses gestes si violents.
Comment expliquer son visage tuméfié à tous les endroits… Le reste du corps, personne ne pouvait se douter qu’il était tout aussi marbré de bleus, avec sa force diabolique, exacerbée. Et les coupures sur les poignets… Combien de fois, elle s’est sentie frustrée d’avoir trop chaud et de devoir découvrir ses poignets… Combien de fois, elle a menti en disant qu’elle s’était cognée…
Son trouble s’est accéléré, il a fallu la remettre sous camisole chimique et la garder plus longtemps, enfermée. Sa famille complètement démunie. Elle se souvient de certains mots de sa maman des années plus tard « j’ai cru qu’on t’avait fait quelque chose, que tu ne nous aimais plus » mon Dieu… la jeune fille a pleuré en disant « mais non, je vous aimais plus que tout, même si je ne sais plus le prouver comme je le voudrais, ni le montrer parce que je n’ai plus le mode d’emploi, mon cerveau marche autrement qu’avant, je ne comprends rien à tout çà, mais je ne le fais pas exprès et je vous aime… ».
Les années ont passées, les coups toujours aussi violents. Elle frappait si fort qu’elle s’est retrouvée plusieurs fois aux urgences, parce qu’elle s’évanouissait de frapper toujours plus fort. Elle se souvient de cette fois où un infirmier l’a retrouvé inanimée dans la salle de bain, parce qu’elle s’était trop violentée, son monde l’avait aspiré à tel point que son démon l’avait ravagé, elle gisait là, inconsciente. Le service n’était pas médicalisé, ils ont appelé les pompiers, les médecins l’ont gardé en observation toute la nuit, venant voir toutes les heures, si les constantes ne changeaient pas et vérifier si elle n’avait pas envie de vomir, parce qu’ils suspectaient un trauma crânien. La jeune fille se demandait comment elle avait pu atterrir là, à ce point… Comment elle pourrait un jour arrêter et commencer à parler avec sa bouche plutôt qu’avec ses poings et son corps…. Le lendemain, on lui avait donné un médicament qu’elle n’a pas supporté. Au moment où les ambulanciers sont arrivés pour la reconduire dans le service où elle était hospitalisée, elle a couru aux wc pour vomir. Le médecin qu’elle avait vu la veille, qui savait que c’était elle qui s’était infligé ce massacre a été appelé en urgence parce qu’ils pensaient que ce fameux trauma crânien, elle se l’était fait. Elle a eu tellement peur qu’il la juge… Elle a dit au médecin que c’était à cause du médicament qu’on lui avait donné, qu’elle ne le supportait pas… Il l’a regardé avec un air si compatissant et si malheureux qu’elle a eu envie de lui dire « allez voir les patients qui le méritent, je n’ai que ce que je mérite, c’est moi qui ai fait tout çà… moi…s ou mon autre moi plutôt… » il lui a dit « courage, faites attention à vous » en lui mettant sa main sur son épaule. Elle en a eu les larmes aux yeux de ne pas être jugée pour une fois…
La jeune fille est devenue jeune femme… elle est guérie de l’anorexie, mais elle a encore son monde et sa bulle à elle, dans lesquels personne ne rentre. Le meilleur ami la voit parfois dans cet état, il lui parle, elle ne répond pas, il est là, impuissant face à sa souffrance « parle moi Delph, dis moi au moins quelque chose » elle entend à travers un épais brouillard, mais quelque part elle est déjà en train de se dire qu’il faudra qu’elle se soulage… »
Cette jeune femme, c’est évidemment moi. Ptite Delph… au visage si doux, si apaisé. Si douce tout court dans ce qu’elle dit et fait, on lui reconnait son empathie pour les autres, son écoute, son calme (en apparence). Au-delà de tout çà, je peux me transformer en monstre, depuis que j’ai appris à parler, les mots viennent dans tous les sens. Je ne sais toujours pas distinguer si je suis triste, malheureuse, en colère, déçue… un grand mystère… elle ne se frappe plus, parce qu’elle ne peut plus… mes poignets ont gardé des traces. Je sais l’origine de chacune des traces. Où et quand, elles ont été faites. Pourquoi est un grand mystère… Les raisons, idem… Dr Jekyll efface certaines parties de mon cerveau quand Dr Jekyll est passé par là. Je me promène entre la réalité et une autre dimension. Je suis psychotique et j’ai appris à vivre avec finalement… ce n’est pas toujours simple dans mes relations avec les autres. Parfois je ne crois pas ce qu’on me dit, le démon parle et fausse la vérité, alors j’essaie de remettre les choses en ordre, mais je n’y arrive pas, alors çà part dans tous les sens. Dans un état second, je vais vers les couteaux et coupe jusqu’à ce que j’arrive à trouver l’apaisement, jusqu’à le monde réel revienne devant mes yeux. Parfois je reste des heures inerte. Je pense que si on me voit de l’extérieur, je ressemble à quelqu’un qui est dans la lune, qui ne parle plus, qui entend ce qu’on dit mais qui ne comprend plus forcément ce qui se passe. Je suis dans ma bulle, prête à me défoncer la gueule et à m’arracher la peau des poignets pour les rendre en sang. Mais je lutte… un combat que je gagne parfois, un combat que je perds parfois
Depuis que j’ai la fibro, tout s’est réduit, parce que mon manque de mobilité me sauve de moi-même quelque part… Je ne serai plus jamais comme avant, çà c’est certain. J’apprends à me connaître et à ressentir les 1ers effets du monde parallèle. J’apprends à gérer autrement quand je peux. Je parle. Je crie, hurle, pleure. Cette bulle, parfois il m’arrive d’y rester des jours. Je disparais de la réalité pour tout le monde, ne réponds pas au téléphone, ne veux voir personne. J’ai des angoisses très fortes que je matérialise. Du coup, en période de grosses angoisses, je vis au milieu d’hallucinations, des personnages qui rôdent autour de moi. Visuelles seulement. Pareil, j’essaie de me raisonner, « mais non, arrête, ce sont les angoisses qui font çà, il n’y a personne, rien, c’est ton cerveau qui te joue des tours, arrête donc », mais dans la bulle, il n’y a pas de raisonnement logique qui tienne, très longtemps. J’ai de la visite comme je dis… et j’attends que çà passe… Je n’en parle à aucun de mes proches, sauf le meilleur ami. Cà ferait peur aux autres je pense. Il est le seul à savoir qu’en ce moment, je suis envahie par des hallucinations et que çà me provoque des insomnies terribles. Il m’arrive d’avoir des moments de dépersonnalisation, où je me regarde dans le miroir mais je ne me reconnais pas, on dirait que l’âme et le corps sont séparés et que ce que je vois ne correspond pas à ce qui est dans ma tête. C’est déstabilisant et affolant de se demander qui c’est qu’on voit comme reflet…
Je devrais prendre un neuroleptique, mais je ne le fais pas et n’accepte plus d’en prendre pour 2 raisons. La 1ère, c’est que c’est difficile tout simplement à ne pas s’endormir tout partout où on passe, parce que pour moi c’est une immense camisole chimique. Quand je le prends, on dirait qu’on m’a mise dans un coma artificiel, les yeux vides de sens, dénuée de sentiments. Une machine qui a le réflexe d’aller faire pipi, parce que le cerveau indique aux sphincters malgré tout, mais autrement, il ne reste plus rien de ce qui fait que je suis « moi ». Je sombre dans un sommeil très agité, à cause des effets secondaires qui sont nombreux. Ce genre de médicaments, je les appelle « les voleurs d’âmes ». La 2ème raison, est qu’on a abusée de moi à l’hôpital pendant que j’étais sédatée justement et qu’on a profité de cette faiblesse, du manque de contrôle que je ne possédais plus, ni la lucidité, pour faire n’importe quoi avec moi.
Je suis « moi » et cette bulle fait partie de moi. Elle me fait beaucoup souffrir par périodes, je fais souffrir aussi mon entourage parce que je peux être violente verbalement et dire des choses que je ne dirais pas si j’étais dans la réalité, mais je refuse qu’on m’abasourdisse pour autant… J’ai besoin de vivre… même avec les émotions cassées ingérables. Peut-être que je me trompe et que je me sentirais mieux, assommée, mais est-ce que je serais encore moi-même… Je suis borderline ou état-limite à tendance bipolaire sans phase maniaque, je n’ai que les bas (qui eux aussi peuvent m’emmener loin…. au-delà de la vie…) et me maintiens à la « normalité » les autres moments.
« Je n’ai que mon âme pour te parler de moi……. » et je me bats au quotidien surtout, pour être une jeune femme hors de sa bulle le plus souvent possible…
Aujourd’hui, c’est mardi et mardi, c’est le moment de pub organisé par mon ptit bâtonnet
Carglass…
Dès que j’entends la ptite chanson, je fiche le camp le plus loin possible de la télé. Il y a plusieurs versions (une ne suffisait pas pour nous casser les pieds, nan, fallait inventer 36000 exemplaires pfiouuu !).
Ce qui m’énerve ? Pas compliqué, en voilà les raisons (à part la chansonnette « Clargass remplace gnagnagnagna) :
1- quand il fait allusion à la franchise, au moins 3 fois en 1mn (vous remarquerez le débit assez rapide d’ailleurs de l’Olivier, c’est qu’il en a à dire en peu de temps, il faut reconnaître, ce pauvre type)
2- on les appelle et ils débarquent comme de preux chevaliers au secours de la douce princesse… mouais, laissez moi rire derrière ma moustache… Cà me rappelle un plombier dont j’avais besoin pour déboucher ma douche et mon lavabo. Les cheveux c’est cruel dans des canalisations pires que rouillées et datant de l’an 40, bref, je m’égare… Sur le prospectus reçu dans ma boite aux lettres (un signe du destin ouaip !), il était indiqué qu’ils étaient ouverts déjà 24h/24 et qu’ils venaient dans la journée… mouais bof… après plusieurs appels (et ouais, j’étais tombée à l’heure de l’apéro et après de la sieste), le plombier me répond « j’peux pas v’nir avant 2 semaines » ouhla… ptite Delph qui voit rouge, c’est pas bô à voir, j’ai hurlé (enfin avec ma petite voix, on va dire que j’ai parlé, quoi…) « 2 semaines ?? c’est pas noté que vous assurez les services dans la journée nan ???? » et j’ai raccroché.
Depuis ce jour là, quand j’entends, comme dans ma chère pub du jour, qu’ils sont là illico presto, je ricane…
3- çà ne coûte rien… re-mouais… ils le disent aussi tant de fois qu’on est obligés de les croire, mais à se justifier autant, çà en devient suspect…
Mon pare-brise n’est pas brisé, mais il me les brise menues, l’Olivier de mes 2.
Je fais parfois des tests maquillage, avec mes moyens, en considérant que je n’utilise que la main gauche. Pourquoi défi… Parce que non seulement, je ne suis pas une beauty addict experte, même si j’aimerais bien et que j’essaie de suivre mes youtubeuses et blogueuses préférées, mais en plus, je suis droitière, ce qui rend l’exercice encore plus compliqué. Je ne peux pas faire çà tous les jours, c’est ponctuel et j’aime tester de nouvelles couleurs.
Quand on n’est pas bien, que ce soit moralement ou physiquement, se sentir jolie, c’est important. Ce n’est pas cela qui va nous rendre moins douloureuse (au contraire, parce que c’est une véritable gym parfois, pour certains gestes), mais moralement, on se dit, (enfin, je me dis, du moins), que je reste une jeune femme qui a envie d’assumer sa féminité aussi, malgré le fait de détester son corps qui fait tourner en bourrique.
Garder l’estime de soi… Je sais que dans certains services d’oncologie surtout ou psychiatrie (où j’en ai bénéficié pour retrouver mon corps, des sensations que j’avais perdues, des envies envolées, prendre conscience que le corps a le droit de recevoir tout cela, alors qu’on se l’interdit quelque part, en effaçant parfois toute trace féminine), des esthéticiennes viennent pour faire des soins, un masque, un petit maquillage. Rester femme quoiqu’il arrive, parce que c’est aussi se réconcilier avec un corps qui nous en fait baver.
Quoiqu’il arrive, quelque soit mon état, je me mets chaque jour du lait corporel après ma douche, j’hydrate mon visage, une touche de parfum aux senteurs toujours sucrées. Si je me laissais aller dans ce sens là, je crois que je me sentirais encore plus mal finalement. Il y a juste les cheveux, qui parfois ne peuvent pas être lavés comme je voudrais, sauf quand je sors ou que quelqu’un vient me voir, tous les moyens sont mis en oeuvre pour y arriver, quitte à le payer, mais quand je reste chez moi, seule, tant pis, l’épouvantail de service fait son apparition.
Le maquillage, c’est plus compliqué. L’envie n’est pas toujours là, parce que je sais que çà va me coûter. Souvent, je mets du mascara et un trait de fard en ras des cils et c’est fini. Mais aujourd’hui, je me suis sentie jolie, en faisant ces essais et j’ai réalisé que malgré le manque d’envie parce que je sais que je vais avoir mal, il faut que je garde l’image de moi, d’une jeune femme « comme les autres ». Je suis quelqu’un qui marque vite. On remarque à mon visage que je suis fatiguée, que j’ai mal. Mes yeux parlent aussi beaucoup… Je regrette qu’ils soient aussi expressifs par moments, devant les personnes qui me connaissent vraiment. J’ai beaucoup de cernes que je ne camoufle pas, parce je ne supporte ni fond de teint, ni anticernes. Cà me gêne, me démange, du coup, je frotte, bref, j’ai envie de le retirer. Je ne supporte rien sur mon visage et ce, depuis toujours.
Je mets quelques photos et dirai après ce que j’ai utilisé et comment je m’y suis prise. Et n’hésitez pas à me corriger si quelque chose semble clocher, même si sur les photos, avec le soleil, on ne voit pas forcément grand chose (surtout que j’ai oublié le mascara… misère… 🙂 j’étais tellement obnubilée par me demander comment mettre les fards que j’en ai oublié la touche finale la plus importante à mes yeux, c’est le cas de le dire, mais bon, pas grave. Je me suis quand même sentie jolie ^-^ –pour une rare fois-)
1- Appliquer ma BB Cream et un anti-cernes (exceptionnellement juste le temps de faire les photos :-))
2- J’ai commencé par déposer le fard n°2sur toute la paupière mobile
3- Le fard n°3, je l’ai mis sur le coin externe en allant jusqu’à environ la moitié de la paupière. Puis légèrement estompé, parce que ce sont des fards pigmentés et en plus pailletés (un peu galéré à les appliquer du coup, chuttt faut pas l’dire ^^)
4- J’ai posé une mini touche du fard n°1 dans le coin interne de l’oeil, pour apporter un peu de lumière
5- Puis, j’ai utilisé le fard n°4, mat celui-çi, pour faire le ras des cils inférieur. J’utilise un applicateur qu’on trouve souvent dans les palettes, pour le réaliser ce trait, parce que j’ai davantage de maintien qu’avec un pinceau.
Vus les fards bien pailletés, avec un gros pinceau, j’ai passé un petit coup sur mon visage pour ôter les chutes qu’il y avait pu avoir (elles se faufilent partout ces vilaines petites paillettes ^^)
Comme je n’avais pas envie de mettre de blush, j’ai simplement mis de la poudre matifiante pour uniformiser le teint, en insistant surtout sur la zone T qui a tendance à briller comme chez bien du monde. Puis j’ai mis le rouge à lèvres légèrement glossy qui est à gauche sur la palette. Et me voilà. Sans le mascara puisque je l’ai oublié… Honte à moi :-s #pastaperçàfaitmal jeneleferaipluspromisjurécraché# :-p
Pour mes cheveux, j’ai fait quelques mini boucles avec un fer Babyliss que j’ai depuis des années, pas super pratique, mais qui a permis de donner un peu quelque chose de potable (je pense du moins).