Combats qui me touchent

Vouloir faire comme avant…

Palais de la glisse, Marseille

Il y a 5 ans, j’ai eu les premières perfusions de kétamine. J’étais tombée avec des patientes avec lesquelles je parlais et riais, au bout de 3 jours à porter la fameuse petite pompe, mon corps commençait à s’endormir doucement et je profitais de ce soulagement qu’elle me procurait (j’étais descendue à 3 de douleur à la fin de la semaine, alors que j’étais au maximum au début de l’hospitalisation, c’est dire…) Je me demande si j’ai été aussi bien depuis ces 5 dernières années d’ailleurs. Il y avait une paix en moi, une sérénité que je ne connaissais plus et c’était bon à un point… et en bonne drogue qu’elle est, on rit aussi plus facilement et quand on rit, elle fait encore plus d’effet, on sent qu’elle s’active. Le problème, c’est aussi que si on n’est pas super bien moralement, elle peut avoir l’effet contraire, ce qui s’est passé ce coup-çi d’ailleurs. J’ai eu la sensation d’être en mode « bad trip » les 3/4 de la semaine, avec des angoisses démultipliées, un sentiment de perte de la réalité, des petites hallucinations qu’il fallait maîtriser en me disant que c’était juste le produit. Bref… Je reparlerai de cette semaine dans un prochain post de toute façon, il y a beaucoup de choses à dire…

Mais du coup, j’ai beaucoup pensé à cette 1ère fois durant ce séjour là, avec nostalgie, il y a de quoi… J’étais tellement bien à ma sortie (la kétamine utilisée de cette façon, continue d’anesthésier un peu la zone douleur même une fois qu’on nous débranche et on peut avoir des moments de répit d’un mois, voire plus selon les personnes). De mon côté, je n’ai jamais autant profité que durant les 3 semaines qui ont suivi ma sortie. J’avais même recommencé à envoyer mon cv un peu partout, prête à retravailler. Que demander de plus, çà faisait quelques mois que j’étais sortie de l’anorexie, j’avais plus d’énergie, beaucoup moins mal du coup grâce à la kétamine qui avait très bien fonctionnée. J’en étais arrivée à n’avoir plus peur de rien, physiquement, comme si je me sentais pousser des ailes avec mon corps tout neuf :/ J’ai recommencé le roller. Chaque vendredi soir, on se retrouvait en groupe dans un skate park. J’accompagnais seulement, regardais tout le monde faire des exploits à l’intérieur. La frustration de ne pas avoir profité avant de cet endroit qui me faisait de l’oeil depuis que je le connaissais, l’envie d’être comme toutes les autres jeunes femmes du groupe, le besoin de me sentir entière et vivante pleinement, besoin de sentir l’adrénaline monter, besoin de pousser les limites de ce corps qui était tellement moins douloureux. Et on m’a retrouvée derrière les barrières, un jour… Fini de prendre des photos et de faire des vidéos des autres, j’étais de l’autre côté de la barrière à mon tour.

Sur la photo, les pentes semblent inoffensives, petites, mais quand c’est la 1ère fois qu’on est dedans, elles sont impressionnantes sur les roulettes… je me suis un peu amusée doucement et puis j’ai voulu aller plus loin, en enchaînant 2 pentes. Cà demande le contrôle de la vitesse, l’attention qu’on porte aussi aux autres qui peuvent surgir n’importe comment, la concentration des mouvements. Je l’ai fait une 1ère fois, les doigts dans le nez bizarrement (malheureusement…). Pour une 1ère fois dans ce foutu skate park c’était bien. Alors j’ai recommencé mon enchaînement une 2nde fois. Sauf que je ressentais la fatigue, que j’étais moins sûre sur mes rollers, en descendant la 1ère pente tout allait bien encore, mais en arrivant en bas, j’ai eu l’impression que quelqu’un me fonçait dessus, du coup, mon réflexe a été de regarder de côté pour surveiller si le type voyait bien que j’allais monter la 2nde pente. J’ai eu le temps d’avoir peur, de me déconcentrer, de perdre le contrôle de la fameuse vitesse et j’ai mal appréhendé la 2nde pente. Enfin, surtout la descente :/ Un petit vol plané avec la vitesse que j’avais prise, pas pu me retrouver sur mes jambes et j’ai atterri lourdement sur mon dos, en ayant le temps d’avoir le réflexe de vouloir protéger ma tête, malgré le casque. Résultat de la soirée, je suis restée un moment allongée à ne plus sentir mes jambes, à ne plus avoir de sensations. J’avais très mal à la tête, en ayant voulu la retenir, je sentais mes cervicales en miettes. On a attendu que je retrouve mes esprits, j’étais complètement sonnée, on m’a donné un anti-douleurs. J’étais à peine debout de nouveau accrochée aux bras de 2 amis, que j’ai vu un voile noir devant mon oeil gauche, je n’ai rien dit, il me tardait de rentrer chez moi, de me coucher et ne voulais surtout pas aller aux urgences. Quelques pas plus loin, sous le coup de la douleur tellement violente et du choc, j’ai perdu connaissance. Cà m’a valu une nuit aux urgences, à surveiller si je n’avais pas un trauma crânien et voir l’état de ma colonne. Je ressentais mal mes jambes et paniquais de me retrouver paralysée, me souviens que discrètement j’avais essayé de descendre du brancard pour voir si je pouvais encore poser les pieds par terre. Heureusement que j’avais le casque, j’aurais pu me fracasser la tête contre le sol. En 2mns, j’ai gâché tous les bienfaits de la kétamine et d’autres choses que je tairai… Tout çà pour me sentir comme avant, comme tous ces autres que j’enviais tant depuis des semaines… Le tarif a été chaud de vouloir être moi-même à nouveau, en gros… A me sentir prisonnière d’un corps qui ne semblait plus m’appartenir jusque là. A force de n’être qu’un amas de douleurs, on oublie ce qu’on est au fond de soi par moments. Et c’est ce qui a dû arriver aussi. J’étais juste libre sur mes rollers.

J’ai retrouvé les douleurs que j’avais initialement, mais elles se sont encore amplifiées après cette chute. Et l’autre jour après une séance d’ostéopathie, il s’est avéré que j’avais des restes. 5 ans après, mon corps ne s’est pas remis de cette chute idiote, mes cervicales et mes lombaires se souviennent qu’il y a eu un choc physique et comme tout est imbriqué dans notre joli corps, ces douleurs là peuvent en entraîner d’autres et ainsi de suite. Si çà se trouve je me serais sentie mieux après cette 1ère dose de kétamine, si j’avais été moins co**e… Avec des si, on referait tout un monde et si ce soir là, je me suis retrouvée sur mes rollers à cet endroit, c’est que j’avais mes raisons et surtout besoin… Si çà se trouve je serais dans le même état côté fibro, si j’avais été sage comme une image, en plus… Ne faites pas des prouesses avec votre corps, on n’en a qu’un et c’est quelque chose que j’ai souvent regretté depuis tout ce temps d’avoir été si cinglée. Les vertèbres s’étaient un peu tassées entre le sacrum et ma dernière lombaire et depuis 1 an, çà s’est transformé en une petite hernie qui me pose souvent problème, debout ou assise, parce que je suis gênée par le nerf sciatique du coup. Le mois qui a suivi j’avais chouette allure, j’étais très sexy en plein été avec ma minerve, l’orthèse à la main droite qui avait pris un petit coup en tombant dessus et une ceinture lombaire pour rassembler mes vieux os tassés :p

Autant vous dire que les seules fois où je suis remontée sur mes rollers, j’étais beaucoup moins sûre qu’avant, que j’ai perdu mon âme de cascadeuse du dimanche humhum… J’attrape des sueurs froides dès que j’aperçois un skate park depuis et j’ai fini par ranger mes roulettes, le jour où j’ai réalisé que j’étais déjà bien contente de pouvoir marcher tout simplement, ce qui parfois me pose bien des problèmes, il faut le dire…

On ne se rend pas forcément compte de la chance qu’on a d’être sur nos jambes, jusqu’au jour où il arrive quelque chose qui nous cloue dans un fauteuil… c’est kiffe kiffe avec tous les autres endroits de notre corps d’ailleurs… Notre corps n’est pas un terrain de jeu, il se souvient de tout ce qu’il subit et imprime tout. 

Moralité, quand on vit déjà dans un corps d’une femme de 90 ans (c’est l’âge que je me donne corporellement parlant oui oui…), mais que la tête ne suit pas forcément cet âge là et qu’il y a un décalage entre les deux, il vaut mieux malgré tout écouter le corps, parce que c’est lui qui subit les folies de la tête… Prenez soin de vous, mieux que je ne le fais avec moi… Et sortez couverts… de protections, d’un casque, de tout ce qui est nécessaire pour limiter les dégâts si l’activité que vous faites peut comporter ce genre de risques ❤

Combats qui me touchent

Ce qui m’attend pour cette rentrée

Mon quotidien pour l’année à venir, aïe aïe aïe j’ai peur…

Je vais commencer avec une hospitalisation de 5 jours en service anti-douleurs avec des perf de kétamine, en espérant qu’elle arrive à me soulager un tout petit peu, même si l’algologue (la spécialiste de la douleur, rien à voir avec alcoologue ou traitement par les algues ^^) m’a fait comprendre que cette série là ne serait pas la meilleure et qu’il faudrait la faire suivre d’autres, assez rapprochées vu mon état pour que je n’aie pas le temps de retourner trop rapidement, à des 10 impossibles à gérer. Et elle est censée agir sur le temps, à force d’en injecter, du coup j’essaie de garder espoir, mais pas trop non plus, histoire de ne pas être déçue et le voir comme un échec, si je ressors toujours au même point. 

Il y a 2 mois, j’étais en service psy et pour que je sorte de là, il fallait 3 conditions pour qu’on me laisse m’échapper et la reprise d’un suivi sous kétamine était l’une d’entre elles, pour qu’on essaie de m’aider. J’avais été prête à tout pour faire enfin stopper cette foutue souffrance, alors bof… plus à çà près qu’on m’envoie de plus en plus souvent ce liquide dont je ne connais pas les effets sur le long terme, mais en même temps, si c’est pour faire n’importe quoi parce que je ne supporte plus la douleur, du coup c’est un moindre mal. Si vous avez compris ce que j’essaie de dire, avec mes 2 neurones connectés bien difficilement ce matin, chapeau :/ 

Moralement, je n’ai pas toujours des idées bien claires, il faut le reconnaître, j’ai eu du mal à remonter la pente, il y a eu des conséquences aussi autour de moi et ce n’est pas la fameuse pharmacie qui conserve mes médicaments et mes ordonnances, qui m’aide à oublier mon geste (je doute d’oublier un jour tout ce que j’ai pu faire et ressentir, mais bon…).

Quelques semaines après ma sortie de ce service où on ne voulait plus me lâcher, j’ai eu un mail du cned qui me rappelait que la période d’inscription pour la formation de secrétaire médicale et médico-sociale. Je m’étais renseignée un jour auprès d’eux, parce que c’était quelque chose qui me donnait envie. La mdph avait débloqué mon dossier, mais refusé que je fasse cette formation là, parce qu’il aurait fallu que je sois là à temps plein, alors que je suis censée être à temps partiel pour tout ce que j’entreprends, que ce soit travail ou formation (on rajoute l’invalidité par dessus et c’est un ramassis d’emmerdes administratives quand on tient vraiment à réaliser ses projets…). Et la mdph respecte très bien ce que le médecin et la commission décident malheureusement… du coup elle m’est passée devant le nez pour résumer en vraiment large (la maladie est un combat, mais l’administration n’est pas mal non plus dans ce domaine là…)

Du coup, en voyant ce mail peu de temps après la ts, je me suis dit que c’était un ptit coucou du destin et je l’ai suivi. Je me suis inscrite, les frais sont à ma charge contrairement à une formation dans un centre, mais j’y vois comme ma revanche contre la maladie elle-même parce qu’entre ma mémoire qui me joue des tours et un bras qui fonctionne plus qu’au ralenti, c’est un sacré challenge pour moi de me lancer dans cette aventure. C’est ma revanche sur mon geste, sur la vie, sur ma vie tout court, sur la mdph, sur les personnes qui ne croient pas en moi physiquement parlant. Je ne l’ai d’ailleurs dit à personne, j’ai cherché dans mon coin des infos, fouiner sur le net pour savoir si j’étais malgré tout dans mes droits quand même, histoire de ne pas avoir de problèmes avec la sécurité sociale et la mdph et hop j’étais inscrite. Il m’a fallu 1 mois pour peser le pour et le contre, mais je me suis accrochée aux pour…

Parfois quand on est proche de ce gouffre qu’il m’est souvent arrivé de décrire (les fois où je ne suis pas tombée dedans carrément…), on se dit qu’il faut vraiment se raccrocher à tout pour essayer d’avancer et donner un sens à la raison qui fait qu’on est encore de ce monde. Peu importe comment çà se passera, le gouffre est à quelques pieds à peine de moi, j’ai toujours été une petite funambule à basculer entre la vie et de l’autre côté, avec mes idées très sombres et à voir le clair peu de temps pour l’apprécier suffisamment. Et c’est bien plus dangereux que tout ce que je vais entreprendre…. 

Il y a un examen final l’an prochain en septembre pour valider (ou pas…) la formation. Des cours qui font grincer des dents apparemment. Un stage de 16 semaines pour moi du coup puisqu’il faudra que je le fasse à temps partiel. Voilà mon année scolaire à moi… et puis il faudra penser à enfin finir « un corps dans la tourmente », ce projet qui me tient tant à coeur pourtant, mais qui est difficile à trouver assez bien, parce que j’ai toujours envie de faire en sorte qu’on comprenne le maximum de choses, alors je recommence tout le temps certains passages et ce n’est jamais fini… Un jour il faudra poser un point final. 

Combats qui me touchent

Et maintenant… que vais-je faire…

Trois semaines se sont écoulées depuis… Et maintenant, qu’est ce qu’il reste…

J’essaierai d’aller jusqu’au bout du trousseau pour trouver la clé de la paix et de la sérénité….

Des mots pour lesquels je ne vous remercierai jamais assez, ainsi que pour votre présence. J’ai essayé de me noyer dans la vie « réelle », mais à part avoir vu une amie et ses 2 princesses dont l’une fêtait son anniversaire, je n’ai pas pu faire grand chose. Mes parents étaient venus me récupérer dans le service, on est rentrés chez moi où attendait Happy qui n’avait pas vu âme qui vive pendant 5 jours… et les jours qui ont suivis, j’ai tenté de sortir avec eux au maximum, le but était de ne pas être enfermée à nouveau quand ils partiraient. J’ai vu la psy qui m’a fait comprendre que ma place serait bien à cet endroit là, fait un peu résistance et finalement le compromis le plus adapté à ma sécurité et à sa responsabilité a déjà été de faire en sorte que la pharmacie conserve tout mon traitement, ce qui me stresse, il faut bien le dire… mais bon… c’est un instant d’angoisse qui s’estompe.

Il faut continuer coûte que coûte, même s’il m’arrive souvent d’être dans le même état d’esprit encore j’avoue.

La semaine dernière, j’ai repris contact avec l’algologue qui me suit, j’ai eu un rv en urgence pour ce matin. Je m’y suis sentie entendue et comprise, sans que mon geste soit jugé ou qu’on en parle comme d’une bêtise. Pour les urgentistes, du côté général ou psy, la phrase « vous êtes humaine » était parfois revenue et c’était encore le cas ce matin, avec elle. Une douleur à 9/10 sur une période bien trop longue est elle-même considérée comme suicidaire, du coup, je n’ai pas eu besoin d’expliquer mon geste. Si on me soulage, mon moral prendra une autre dimension aussi… C’est le corps qu’il faut traiter actuellement pour espérer que le côté psy suive, mais j’y suis déjà aidée pour çà et on ne peut rien faire de plus.

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La forme de fibro que j’ai est solide, grave dans le sens où mes muscles se rétractent beaucoup, qu’elle me fait perdre ma mobilité où elle ne devrait pas le faire… J’ai une histoire psy qui accentue aussi tout çà et c’est le joyeux bordel…. Elle propose le protocole de la kétamine à quelques rares patientes, tous les 2 mois, au lieu de 3. Je fais partie de ces rares qui feront leur valise pendant une semaine tous les 2 mois, pour être perfusées. 

La kétamine est un stupéfiant, un anesthésiant, à haute dose, son but est sur le long terme, à force que le cerveau s’en reçoive plein la tronche, d’anesthésier la zone déficiente. Plus on enverra de produits, plus elle est censée se calmer et  me permettre de recevoir des données douleurs « normales » et plus surdimensionnées.

Je rentre le 31 août pour la prochaine cure. Après il faudra reprendre pour la Xième fois la rééducation. Septembre sera magnifique :/ … Surtout qu’il faudra recommencer sans doute au moins 3-4 fois avant que je n’aie des résultats probants (en gros 1 an à tenir, en espérant qu’un peu de soulagement se dégage à chaque fin de cure, malgré tout, pour atteindre le summum d’ici tous ces mois… 

Durant juillet et mes 2 semaines avec ma famille, je vais prendre le maximum de forces psychologiques, m’entourer de personnes qui en valent la peine. Me concentrer sur tout ce qui est relaxation et méditation davantage, parce que je sais que çà peut m’aider. Et surtout travailler sur l’espoir… Ne plus le perdre à ce point… Il faut que j’entre dans l’unité, dans les meilleures conditions possibles, pour laisser faire son job à la kétamine (très souvent controversée parmi les médecins… mais quand on souffre, on s’en fout parfois….)

Voilà les nouvelles 3 semaines après. Je me force à beaucoup de choses, mais la douleur et la fatigue me coupent tout élan bien souvent. Le moral s’en mêle et là, c’est la cata… mais je m’accroche… 

Merci encore pour votre pésence…. ❤

Combats qui me touchent

Ce qui pousse un jour à désirer s’envoler…

Source image : site futura santé

!!!!!! Attention au moral pas très bon et aux âmes sensibles, je ne vous en voudrai pas de ne pas lire cet article là ❤ J’ai besoin de tout cracher ce soir et me connaissant ce ne sera pas dans la dentelle que je le ferai, mais me rends compte que c’est le seul endroit où j’ai le droit de le faire… D’où le petit avertissement habituel, quand je n’écris pas quelque chose de pas bien gai, pour les personnes qui viennent de rejoindre mon univers (merci d’ailleurs surtout dans un tel moment….)

10 jours déjà sont passés depuis que j’ai fait ce geste, pour la 3ème fois. La gravité de la situation comparée aux autres 2 autres TS c’est que cette fois-çi tout était planifié. En fait, j’avais beau essayer de parler de tout et de rien, depuis mon anniversaire, j’allais de plus en plus mal. Les douleurs de l’hiver étaient trop dures à gérer, je ne voyais plus comment m’en sortir en ayant fait tous les protocoles possibles actuellement, me tourner vers qui et quoi, en sachant que je ne crois pas aux guérisseurs et autres charlatans qu’on a voulu me faire rencontrer (pourquoi tant de malades en souffrance si ces gens là existent ??……..) et beaucoup de médecines parallèles ne sont pas prises en charge. Une impasse qui durait depuis des mois. J’avais la sensation de perdre pieds à tous les niveaux. D’être réduite sur tous les plans à cause de cette mobilité de merde et ces douleurs.

En janvier, j’ai commencé à écrire des lettres à mes proches, au cas où je ne tiendrais pas le coup, parce que je me sentais prête à craquer à tout bout de champ. Un besoin de lâcher qui me hantait parfois de jour comme de nuit et puis par moments, les journées étaient plus calmes. Je sais maintenant que ces jours là, c’était seulement parce que je savais que d’ici peu, je serais enfin libérée. Mon blog m’a beaucoup maintenue, avec ma famille, c’était souvent mon seul lien avec l’extérieur, je vous lisais, commentais quand je pouvais et c’était mon oxygène…. jusqu’à ce que mon corps dise stop au bout d’1h parce que je devenais trop douloureuse de rester sur mon pc. Je sortais de moins en moins, de peur d’avoir un malaise comme c’était souvent le cas chez moi à cause de pics trop forts. Je m’isolais, avec la sensation de ne plus rien pouvoir apporter aux rares ami(e)s qui avaient pu rester dans ma vie, même si c’était loin d’être toujours bien rose. Entre protéger les êtres qu’on aime, mais ne pas se sentir protégée contre quoique se soit, çà peut provoquer un vide en soi. Et quand on va mal, on devient très vite négative sur l’image qu’on renvoie et je ne voulais pas la véhiculer, quitte à me sentir seule. Et puis souvent, juste répondre à un sms était hors de portée de mon cerveau qui semblait se décomposer. Certaines personnes ont compris mon silence, d’autres non, à l’heure actuelle, j’ai besoin de reconstruction et me fous bien de ce qu’on peut penser. J’essaie de me concentrer sur les personnes qui ont compris mon geste aussi, sans me sortir des phrases pas terribles il faut bien le dire. J’ai honte pour elles…. 

Et puis comme dans un état second, ce jeudi là, j’ai décidé que c’était la nuit là que je partirais. J’ai rangé le maximum de mes affaires, fini les lettres commencées en janvier, les ai imprimées, toujours comme si j’étais dédoublé en moi. Le soir, j’étais convaincue que ce serait la dernière fois que j’entendais mes parents. Les comprimés se sont alignés doucement sur la table. Tout était planifié. Jusqu’à la protection de ma Happy… celle que je vois comme la petite fille que je n’aurai jamais… S’il m’arrivait quoique se soit, qui s’en occuperait, quand on ne voit pas grand monde, on peut vite se dire que personne ne saurait qu’il est arrivé quelque chose et que j’ai entraîné ma minette avec moi, alors que c’était bien la dernière chose que je souhaitais. Cà aussi, m’a hanté, jusqu’au jour où j’avais trouvé un moyen. Je savais que mes 2 amis les plus proches avaient des doubles de mes clés et qu’ils pourraient entrer chez moi du coup, pour la récupérer… les premiers comprimés ont été avalés et j’ai vite été somnolente, je pensais à Happy, avec la peur de m’endormir trop vite. Alors j’ai suivi le plan tellement réfléchi… j’ai envoyé 2 sms où j’expliquais que je ne supportais plus de souffrir autant, mais qu’il fallait s’occuper de ma petite fille et ne pas la laisser seule… en pleine nuit, je me disais que mes amis dormaient et ne verraient que mes sms le matin. Trop tard en gros, pour moi mais pour ma Happy…. 😦 Qui comprenait que quelque chose n’allait pas, elle était agitée et miaulait en me regardant faire mon 2nd cocktail. J’ai senti que je m’endormais doucement, mais pas assez, alors j’en ai repris et je me suis enfin allongée. A la recherche du doux coton que j’avais ressenti la 2ème fois, quand mon coeur s’était arrêté à peine quelques secondes juste assez pour m’envoyer dans un monde tellement doux, où je ne souffrais plus, où je rejoignais les personnes qui me manquaient tant. Et j’avais ressenti des coups bizarres dans la poitrine, le coton avait disparu, tout était sombre comme des ténèbres sans fin et le froid m’avait envahi. 

Là je m’endormais, sentant mon corps se paralyser doucement, incapable de bouger, pourtant j’ai entendu les appels des pompiers qui ont fini par passer par mon balcon. Mes sms avaient été lus… j’avais foiré mon plan… 

Je suis restée 10h aux urgences générales avec des fils reliés à un EEG en permanence pour surveiller le coeur, un brassard qui prenait ma tension toutes les je ne sais combien de mns… on perd la notion de temps… surtout que je dormais…. et me réveillait quand on venait me stimuler en gros. Une perfusion coulait durant ces 10h. 

Puis on m’a sortie du box au bout de 8h et j’ai passé les 2h suivantes dans un autre endroit, en attendant que je sois transférée. Sauf que je ne savais pas qu’on me transférerait… du coup, entre mon corps douloureux, la solitude depuis le matin, mes nerfs ont fini par lâcher. On m’a expliqué que la dose était importante, que ce que j’avais pris n’était pas anodin et que je ne rentrerai pas chez moi ce soir là. 

J’ai fini par être transférée aux urgences psy, titubant et plus que sédatée encore. J’ai eu un entretien avec une infirmière qui m’a bien aidée heureusement… sans lunettes et sans portable, difficile de demander de l’aide. Personne n’avait prévenu mes parents en plus, du coup, c’est moi qui sédatée et n’ayant pas les idées bien claires a parlé que j’avais fait une ts, en pensant qu’ils étaient au courant… pff… 😦 L’infirmière et mes parents ont tout fait pour qu’on puisse trouver quelqu’un qui pouvait m’apporter des affaires.

J’avais vu la psy de garde entretemps qui a refusé la signature de la décharge et était prête à signer ce qu’on appelait avant une Hospitalisation à la Demande d’un Tiers. Maintenant en cas d’urgence, d’insécurité pour la personne, le tiers peut être le médecin. Alors je suis restée 5 jours, le temps de me remettre, de me surveiller moralement et d’attendre mes parents pour pouvoir sortir en leur compagnie. 5 jours à dormir, à récupérer. Donc je suis chez moi depuis mardi soir. J’ai mis du temps à évacuer les médicaments, çà fait seulement depuis hier, que je tiens vraiment debout plus d’1h sans avoir l’impression de tomber. Le 30, je vois ma propre psy et sais que certaines décisions seront prises en espérant qu’on entende que m’enfermer n’est peut-être pas la bonne solution. Leur idéal à eux est de m’hospitaliser en service de semaine (on reste toute la semaine nuit et jour et on peut sortir le w-e, si on est surveillées à l’extérieur et si notre état le  permet). Autant dire que que je ne serai pas dehors, parce que je ne vois pas qui pourrait rester avec moi le w-e. Chaque semaine c’est réévalué. On peut rester du coup 1 semaine, 2, 3, 4, tout dépend de l’avancée. Revoir aussi le traitement et être encadrée si jamais j’ai des soucis avec. Mais j’ai peur…. on a abusé de moi dans ce genre d’endroits et même si les portes se ferment à clé de l’intérieur et que le soir, je demandais aux infirmières de nuit de fermer la porte à chacune de leur ronde, je n’ai pas arrêté d’y repenser et je n’avais pas besoin de çà… 

Comment je me sens… çà dépend des moments, j’essaie de profiter de mes parents, on essaie de sortir autant que je le peux. Mais je fatigue vite. J’essaie aussi de les rassurer, en vain, je le sais, mais bon… j’ai besoin de liberté, d’espace et j’arrive à me trouver sereine dans la nature au moins. 

Vos mots m’ont énormément touchée et je sais que ce n’est pas un geste facile à saisir, alors merci doublement de ne pas avoir porté de jugement. J’ai imprimé ou copié les mots que vous m’avez laissés. Ceux qui doivent faire en sorte qu’il ne faut pas que j’oublie qui je suis. Ce que je suis capable d’apporter malgré les douleurs et cette sensation en moi, permanente, de ne plus me reconnaître. D’être une autre. Merci pour cette chaîne de solidarité qui s’est formé sur HC, je pense avoir raté certaines choses, et j’en suis désolée si c’est le cas. Je rattrape mon retard très doucement. Je ne sais pas ce qui m’attend et j’angoisse beaucoup, ne dors pas beaucoup la nuit à force de cogiter. Je ne suis ni fière de mon geste, ni d’avoir provoqué un cataclysme chez la personne qui malheureusement a lu mon sms à un moment où elle n’aurait pas dû. Je comprends qu’on m’en veuille, çà ne veut pas dire que je cautionne tous propos en tout cas… 

Je sais que l’une de ces amies physiques qui restent, passera peut-être par ici, alors merci encore ma Vi ❤ et l’autre amie est venue chaque jour apporter ce qui manquait, des petites gourmandises pour essayer de me rendre mieux et elles ont adouci ces 5 jours dans ce service, calme, pourtant, mais qui respire la souffrance ce qui est normal dans un tel endroit….

J’ai beau ne pas être fière de mon geste, je ne le regrette pas. J’ai espoir qu’il me redonne une seconde vie, une deuxième chance et qu’il me fasse réaliser que tout n’est pas foutu… qu’il faut encore me supporter… Mais j’avoue… pour moi tout était fini ce jeudi, il y a 10 jours même si je me bats contre ces idées au quotidien depuis que c’est arrivé. 

** Si je raconte tout çà, c’est pour faire attention si vous avez des proches qui insinuent des plans un peu spéciaux, des propos qui peuvent laisser penser au pire. On dit parfois que ce sont ceux qui en parlent le moins qui passent le plus à l’acte. De mon côté, on savait que j’en avais marre, que je souffrais beaucoup ces derniers temps et que la dépression s’était réinvitée. Mais beaucoup ont été surpris de ne pas avoir pu voir ou entendre. Personne ne savait que je faisais tous ces plans depuis janvier. Que je pensais à sauver Happy. 

Il faut mieux s’inquiéter pour « rien » que d’avoir des doutes et passer à côté de l’irréparable. Je me dis que mon corps et mon coeur sont solides, il doit y avoir quelque chose qui ne veut pas me faire atteindre l’au-delà… mais d’autres avec la même quantité auraient pu s’envoler avec un coeur moins solide… 

Le suicide est un sujet tabou, je le sais. Et pourtant, le problème est là et on est combien à souffrir de vouloir disparaître de la surface de la terre… en silence (oui j’ai regretté mes sms………) Cà faisait 6 mois que je préparais tout, et qui s’en serait douté, même si je glissais parfois que la mort était la seule chose libératrice à mes yeux, mais on a l’habitude me l’entendre dire, par ras le bol.

Et pour les personnes concernées, je n’ai aucun conseil, sais que le but n’est pas de demander de l’aide dans ce genre de moments… Je serais mal placée de dire « n’hésitez pas à demander de l’aide, quand vous sentez que vous glissez ». Je sais qu’on veut juste la paix… et partir tranquillement sans qu’on le sache… Mes lettres à mes proches sont dans mon dossier, lues par les pompiers et les urgences psy, alors que je parlais de choses personnelles, pour voir si c’était un appel au secours, ce qui n’était pas le cas, loin de là d’où le fait qu’on m’ait tenue dans ce service où je devais restée 2 semaines si mes parents n’avaient pas été là pour me faire sortir et me « surveiller »… Ma carte de donneuse d’organes était à côté de mes lettres, une autre lettre était écrite pour qu’on ne me réanime pas et que je ne reste pas branchée. En espérant que je n’avais pas endommagé tous les organes et qu’ils puissent servir à d’autres… ceux qui aimaient la vie et sauraient en profiter en gros…. çà allait loin… 

La seule chose que je pourrais dire, c’est de ne pas rester seul(e) face à la dépression tant que vous êtes conscients qu’il peut se passer quelque chose de grave. Et si vous avez un(e) confident(e), n’hésitez pas à parler de votre mal-être aussi, c’est important. Les démarches qu’on ne peut plus faire soi-même pour demander de l’aide, peuvent être faites par des personnes de confiance aussi **

Avec mes parents, mon frère et ma belle-soeur, elles ont depuis leur naissance, été ma raison de vivre…. parfois la souffrance fait oublier ce qu’on possède de plus précieux…. ne la laissez pas vous envahir au point d’inconsciemment « oublier »… (c’est juste que çà arrange parfois d’oublier, pour partir plus facilement…)
Je suis devenue craintive de les montrer sur le net (c’est d’ailleurs pour çà que vous ne les avez jamais vraiment vues, d’où les petits émoticones, mais j’avais besoin de les avoir avec moi, ce soir… parce que je n’aimerai jamais personne autant qu’elles… et pourtant j’ai voulu ne plus vouloir les voir grandir. C’est pour montrer à quel point, tout peut être plus fort que l’amour. Reçu et donné.

C’est décousu, j’ai voulu écrire tout çà, pour montrer cette détresse invisible que je ne suis pas seule à vivre loin de là bien malheureusement… et le pire c’est qu’on ne saura jamais quelles sont mes réelles pensées à l’heure actuelle. Seule moi sait. Comme je le savais depuis janvier que çà finirait par arriver ce jour là. 

Merci d’être celles et celui (pour Bernie) que vous êtes. J’ai lu des dédicaces encore ce soir qui m’ont bouleversée et j’essaie de vous entendre au maximum pour me remonter. Il y a encore des choses à partager au moins entre nous. Avec ma famille. Mes nièces. Les amies qui resteront, ceux qui partiront et les nouvelles personnes qui feront partie de ma vie, parce qu’il faut que je réapprenne à faire confiance aussi…. 

Je vous embrasse tou(te)s et faites attention à vous et ceux que vous aimez… 

Combats qui me touchent

Sans titre

Juste pr prévenir qu il n y aura pas d articles pdt bien 1 semaine. J ai été hospitalisée suite à une tentative de suicide, ds la nuit de jeudi à vendredi. Après 10h de perf, et de surveillance des constantes, on m a transférée aux urgences psy. Je vais bien physiquement. Mes reins et mon foie commencent à éliminer. Moralement, dur d aller bien, ms je suis là…

Je reviens vite….

 

Combats qui me touchent

Ces astuces qui m’aident contre la dépression

… C’est surtout de SE retrouver… Source image : Pinterest

Je me suis demandé si j’étais bien placée pour faire ce genre de post, vues les circonstances que sont les miennes depuis plusieurs mois. Mais après réflexion, je me dis que c’est surtout un échange de ce que j’ai pu tester et découvrir et je parle en connaissance de cause pour le coup. Après, on dit souvent que les conseilleurs sont souvent les plus mauvais payeurs, c’est pour cette raison que j’ai préféré utiliser le mot « astuces » que « conseils » qui était un terme trop fort pour moi. La dépression, me concernant est chronique (liée au trouble borderline qui entraîne un mode de pensées pas toujours bien gai… et les douleurs qui renforcent tout ce joyeux bordel…), mais il y a des périodes où j’ai de sacrés pics vers le bas pendant lesquels je me sens encore plus mal, du coup et c’est là que les idées suicidaires sont tellement compliquées à surmonter, en gros…

Des astuces que je ne suis pas toujours apte à tenir malheureusement selon les jours. Et physiquement parfois, c’est aussi infaisable. Mais on va dire que j’essaie de les appliquer parce que je me suis aperçue qu’elles amenaient un léger mieux, surtout quand je suis dans une « phase habituelle de dépression » on va dire :/ 

1- Prendre soin de soi est important. Parfois prendre une douche et s’habiller est un effort qu’on ne peut pas soupçonner si on n’a jamais été dans ce gouffre là. Je ne reste jamais en pyjama, me force à m’habiller, même quand je sais que pour des raisons physiques, je passerai davantage de temps allongée que debout (ce que j’évite au maximum pour le côté fibro, mais parfois tout mélangé, on fait comme on peut…). Soins du visage, des cheveux, du corps. Sentir les odeurs des produits utilisés, se parfumer. Le but étant de ne pas augmenter la mauvaise estime de soi qu’on peut avoir dans ce genre de moments, en se regardant dans le miroir et avoir un reflet qui nous dégoûte encore davantage… Si on prend soin du corps, on prend soin de l’esprit aussi par la même occasion… Les sensations peuvent être temporaires évidemment, mais dans ce combat, chaque minute de répit est une bouffée d’oxygène à voler. Et quand on arrive à se sentir au moins un tout petit peu jolie, c’est agréable.

2- Ranger, nettoyer au fur et à mesure. J’ai remarqué que quand mon petit chez moi est propre et assez bien rangé à mes yeux, c’est comme si on rangeait quelque chose dans ma tête (alors dit comme çà, je conçois que c’est étrange…) Personne ne se sent bien au milieu d’un bordel monstre, surtout que la pagaille est souvent déjà dans notre tête, alors on libère et nettoie ce qui peut l’être. Je me sentirais plus mal si je voyais mon lit rempli de choses, ma table pareil et mes meubles dans le même état et sales en plus, pour résumer.

Un petit bout de moi, au milieu de mes bibelots, de photos. Je ne suis pas déco du tout, j’ai davantage besoin d’un cocon que d’un studio sorti d’un magazine…

3- Chaque matin, écrire des petites choses à faire durant la journée (selon les possibilités du moment, ce n’est pas la peine de faire une liste géante dont on saura très bien qu’on est incapable de faire les 3/4). Mais par exemple, faire quelque chose qui nous tient à coeur si on travaille sur un projet par exemple, ranger des papiers etc… tout dépend de la vie de chacun après. Et barrer dès que cette fameuse chose est faite. Le coup de crayon sur ce qu’on vient de réussir à réaliser, fait du bien. L’idéal étant qu’à la fin de la journée, la liste soit complètement barrée, c’est valorisant. Personnellement je me dis que j’ai quand même été capable de faire quelque chose, je vais moins me traiter de « sale merde » (oui je peux être très sympa avec moi, c’est d’ailleurs une astuce à rajouter, de se montrer plus sympa envers soi… mais je ne peux pas pour le moment, d’où le fait qu’elle ne fasse pas partie de cette liste…). C’est une satisfaction personnelle, parce que seule nous savons à quel point elle a pu nous coûter en efforts, cette astuce là… 

4- Sur la même lancée, ne pas remettre au lendemain ce qui est possible de faire le jour même (oui je fais partie des personnes qui procrastinent mais je me soigne humhum…). Plus on entasse, moins on aura le courage d’affronter le tas de papiers à faire et rien ne disparaîtra d’un coup de baguette de magie. Harry Potter n’est pas encore passé par là, zut ^^ (chaque mois, je bénis les prélèvements automatiques, sinon à l’heure actuelle, je serais dehors pour retard de paiement de loyers ou sans électricité, sans internet et sans téléphone. Là je sais que tout se fait et que j’ai juste à vérifier mon compte pour surveiller que tout a été fait correctement). C’est valable pour les papiers mais aussi pour tout ce qui représente une corvée finalement. Et puis au moins on est débarrassée une fois que c’est fait et çà libère de la place dans la tête au lieu de sans arrêt se dire « ohlala j’ai çà à faire et puis çà, hannn et puis çà » et pour le coup, le moral prend encore un sale coup, quand on s’aperçoit, qu’on n’arrivera jamais au bout de ce qui nous attend. 

5- Se faire des petites plaisirs. Manger quelque chose qu’on aime, jouer avec le petit compagnon à 4 pattes de la maison ^^, lire, écouter de la musique, lire (si on arrive à se concentrer…), regarder un film, dessiner. Déjà çà occupe l’esprit et ce sont des petits plaisirs accessibles à tous financièrement, pas besoin d’aller dévaliser les magasins pour y trouver du réconfort (même si çà ne fait pas de mal non plus de temps en temps quand on peut ^^ mais si on peut éviter de s’endetter avec des achats compulsifs, ce n’est pas plus mal hein, pour sortir de la dépression). Et à la fin de la journée, noter ces plaisirs. J’ai un petit carnet où je les inscris, ainsi que les petits bonheurs qui ont mis de la couleur à la journée. A relire dans les moments dans lesquels on est au plus mal, en se disant que c’était possible à un certain moment et que c’est possible que cela revienne…

6- Se ressourcer dans la nature. J’aime regarder mes arbres devant chez moi et mes fleurs sur mon balcon, respirer l’air frais la nuit, sentir le soleil sur ma peau et dès que je peux physiquement, je prends mes jambes à mon cou pour aller dans un endroit que j’aime. La mer ou à proximité des collines, la plupart du temps. Un endroit où je peux être tranquille déjà côté sonore (coucou l’hyperacousie ^^) et être face à moi-même et ne faire qu’une avec la nature. C’est sûrement le seul endroit où je trouve un peu de sérénité, camouflée derrière mon appareil photo

Dame Nature, ma meilleure amie… Etangs d’Echenans, Doubs, Eté 2013

7- Avoir toujours ses projets à portée de main. Les miens sont notés en grand sur une feuille que j’ai pris soin de faire toute jolie pour la rendre agréable à regarder et ils me permettent de me rappeler la raison de mes combats… Même ceux qui ne seront pas forcément réalisables pour différentes raisons. Tant qu’on n’est pas sûre, il vaut mieux les tenir écrits quelque part 😉 Cà peut aller du plus petit projet au plus important. De mon côté, c’est aussi différents défis à relever dans certains domaines. Je n’en dis pas plus parce qu’il est prévu que j’en parle dans un autre post.

8- Accepter les amie(e)s et les sorties qu’ils/elles proposent. Je m’isole beaucoup et à force d’entendre les uns et les autres entendre « je vais essayer de trouver le temps » et on n’en voit jamais la couleur, par contre, on tombe sur des photos ou des statuts fb et ils avaient du temps pour d’autres ami(e)s mais bon… c’est un autre sujet aussi… mais ce n’est pas valorisant dans tous les cas et j’ai tendance à me renfermer sur moi-même encore davantage parce que je me dis que çà veut dire que je n’apporte plus rien, ou pire que je ne manque pas et qu’on ne veut plus me voir. Je me dis que je ne sert à rien pour les gens pour lesquels je pensais avoir au moins un peu d’importance. Du coup, quand quelqu’un a envie de me voir, j’essaie d’être là maintenant, même si physiquement je ne suis pas forcément au top, j’ai au moins l’impression d’avoir été vivante. Samedi dernier, j’ai fait une très belle rencontre, mais je sais que si j’avais écouté mon corps et mon moral, j’aurais annulé pour la Xième fois. Et j’ai été loin de regretter le fait d’avoir pris sur mon corps et mes pensées négatives « je suis nulle », parce que c’était une après-midi tellement agréable 🙂 C’est là que j’ai pris conscience de mon isolement finalement… Et qu’on a tous besoin des uns et des autres pour avoir un regard extérieur sur soi

9- Se forcer à sortir ne serait-ce qu’un 1/4 d’h (là c’est l’hôpital qui se fout de la charité, parce que je ne suis pas sortie pendant 1 semaine et cela arrive malheureusement très souvent ces derniers mois…). Mais je me souviens du jeune pompier qui me surveillait pendant qu’on m’emmenait aux urgences suite à ma 2nde ts. Il essayait de me faire parler pour me maintenir éveillée et m’avait dit « essayez de sortir un peu chaque jour pour voir des gens, même si vous ne leur parlez pas, juste le fait de les voir, met en contact » Et c’est vrai que j’y pense souvent à cette phrase. Parfois je rentre, je suis contente d’avoir croisé un joli sourire d’une personne, d’avoir échangé 2 mots avec quelqu’un, avoir regardé un enfant qui me fixait avec son plus grand sourire. Des moments tellement banals… qui prennent tant d’importance quand on n’arrive plus vraiment à sortir comme avant… Et puis on s’oxygène les neurones en même temps ^^

10- S’occuper l’esprit. Avant je faisais beaucoup de choses en decopatch, ou scrapbooking, et des petites choses en perles, maintenant c’est plus dur physiquement. J’essaie de me réfugier dans tout ce qui est méditation, relaxation, qi qong. J’aime bien lire des citations aussi et les utiliser avec mes photos. Pinterest est par exemple un super endroit pour s’évader. Les séries aussi. Bref, tout ce qui permettra de penser à autre chose et détourner de ce qui fait tant souffrir, quand on sent que les pensées, ruminations et compagnie viennent trop nous pourrir notre espace vital…

11- Ecrire tout ce qui vient. Je dis souvent que tout ce qui est sur le papier n’est plus dans la tête. Alors, si, c’est toujours dans la tête, mais de pouvoir mettre des mots dessus, peut être un exutoire. Ce n’est pas pour rien qu’à part la semaine dernière où j’étais vraiment au ras des pâquerettes autant physiquement que moralement et que le coeur n’était vraiment pas à venir ni vous lire, ni à écrire, j’avais été un peu plus présente, les temps derniers. Je me réfugiais beaucoup sur mon blog, d’où l’importance aussi d’en faire un coin qui nous convient le mieux, avec des photos et des images qui nous correspondent. 

Voilà ma petite liste d’astuces personnelles pour essayer de me tirer vers le haut. Comme dit, si çà marchait à 100%, je serais en meilleur état, mais c’est aussi plus complexe à gérer comme maladie. Ces astuces permettent juste de pouvoir souffler un peu dans la journée et si on les additionne, c’est déjà bien, quand on peut les appliquer.

Pour les personnes qui souffrent de dépression, qu’est ce qui peut vous faire du bien, de votre côté ? Qu’est ce qui pourrait venir augmenter cette liste ? Je n’ai pas parlé de sport évidemment, parce que bon… 🙂 mais c’est évidemment quelque chose que je faisais avant la fibro pour sortir tout ce que je pouvais emmagasiner dans ce qui me sert de cerveau (ce morceau de gruyère hum… ^^)

J’ai oublié le principal…… Evitez les personnes toxiques au maximum de ce qui est possible….. Et les infos.  Parfois, c’est nécessaire de se protéger, çà ne fera pas de nous quelqu’un d’inhumain si on ne sait pas ce qui s’est passé dans les 4 coins du monde… 

Combats qui me touchent

L’hyperacousie ou l’enfer des sons

Source image Pinterest

Différents symptômes se sont ajoutés au fil du temps, avec la fibromyalgie. Un jour, je me suis aperçue que les sons pouvaient me déranger, parce qu’ils me semblaient plus forts qu’avant, comme quand on a un bouchon, qu’on le retire et que l’ouïe revient à la normale. Sauf que là, pas de bouchons. Les sons étaient bien démultipliés, pire ils étaient devenus douloureux. Je me souviens qu’un ami me disait « mais non, ce n’est pas fort comme bruit » quand il voyait que j’avais le réflexe de me boucher un peu au moins une oreille pour limiter les bruits. Et je m’énervais en hurlant « mais je sais quand même ce que je t’entends !! c’est fort pour moi je te dis !! » Je me sentais seule pour le coup, ne sachant pas ce qui provoquait ce changement bizarre. En même temps, j’avais aussi de plus en plus de nausées parce que toutes les odeurs me paraissaient plus fortes (passer devant un resto me donne envie de vomir, inutile de dire comment je suis, amenée à y entrer… depuis quelques temps, je mets de l’huile essentielle de menthe poivrée juste sous mon nez et elle fait double emploi. Calme les nausées et camoufle un peu l’odeur. L’hiver, j’ai mon parfum sur mon écharpe et je fourre mon ptit pif dedans, mais l’été heu….). Bref, je sens tout en triple dose (mon papa n’a plus aucun odorat lui. Suite à un mauvais rhume, il l’a perdu et moi, je sens trop, il m’arrive de lui dire « si seulement je pouvais te passer un peu des odeurs que je sens trop » Quelle paire, on fait…

L’hyperacousie, elle, j’ai du mal à la gérer, parce que je ne supporte pas les boules quiès en temps normal et dans la rue, entre ma petite démarche de canard et le bras qui traîne, je n’ai pas forcément envie qu’on voie 2 morceaux de chou fleur sortir de mes oreilles en plus 🙂 

Comment je me sens avec… Les sons se mélangent dans un immense brouhaha. Pour quelqu’un qui n’a pas de problème, le bruit va être gênant et pénible (c’est du moins ce que je ressentais avant), mais sans plus. De mon côté, il me rend malade dans le sens littéral du mot. J’ai envie de vomir, des vertiges, une migraine s’installe si je reste trop longtemps dans ce qui provoque le brouhaha et j’ai mal aux oreilles comme un début d’otite ou comme si on me faisait descendre dans l’eau trop vite et que j’en ressente la pression du coup. Je perds l’équilibre, parce que je ressens que mon cerveau n’envoie plus les bons signaux à mes oreilles et que çà provoque une instabilité. Je me sens prête à tomber à tout moment dans les pommes, comme si mon cerveau n’enregistrait plus de données sons. 

Quand je suis dans un groupe et que plusieurs personnes parlent en même temps, j’ai les mêmes sensations, mais ce qui se rajoute, c’est que je ne peux plus suivre les conversations. Mon cerveau s’éteint et se protège en quelque sorte. Je deviens absente, n’interagis plus avec les gens, me lève en prétextant un besoin d’aller aux toilettes, par exemple, histoire de me couper un peu de tout çà. Ce ne sont plus des conversations que j’ai autour de moi, c’est un immense bruit où mon cerveau n’est plus capable de se fixer sur au moins une conversation en occultant le reste. Je ne comprends plus ce qu’on me dit, m’énerve, deviens agressive et en famille, il m’arrive parfois de dire « mais vous ne pouvez pas parler les uns après les autres non ?? » Ils savent que j’ai ce problème dans les grandes lignes, mais ne savent pas l’intensité par contre et personne ne le saura, à part moi. Je sais juste que c’est mon enfer des bruits, comme je l’appelle. 

Un bruit assourdissant qui me fait parfois serrer les dents, c’est le métro. Entre le bruit des gens qui parlent et s’évertuent à hurler au lieu d’attendre d’être descendus pour communiquer et le vacarme de la rame de métro avec l’accélération, c’est l’enfer… Le tout mélangé, je ressors ivre sur le quai, à moitié dingue.

La station de métro la plus proche de chez moi… un enfer de bruit et en plus bourrée d’escaliers… Si quelqu’un de la commune passe par là (c’est çà, dans tes rêves, ptite delph lol… au passage, c’est pour quand le respect du handicap dans cette station de métro une des plus fréquentées hein ???

Comment j’essaie de contrôler tout çà… Chez moi, quand je suis par exemple sur mon pc, je mets mes écouteurs, un casque qui à lui seul couvre un peu les bruits et j’essaie d’y mettre de la musique douce pour me calmer. Dehors, j’ai sans arrêt de la musique sur les oreilles. Je me concentre sur les paroles, pour ne pas faire une fixation sur le bruit et me mets comme dans une bulle. Sauf que dans les magasins, j’ai du mal à y entrer, parce que peur qu’on me parle et que je n’entende pas. J’ai beau souffrir du bruit, je suis encore un minimum polie… enfin j’essaie 🙂 Du coup, avant, j’avais tendance à enlever mes écouteurs. Mais un magasin, rien de tel pour me sentir encore plus mal, parce que cette sensation de malaise que je décris plus haut, est encore plus importante, évidemment, quand je suis dans un endroit fermé, comme s’il y avait une résonnance à supporter en plus. Du coup, un jour, sur le groupe fibro où j’étais, quelqu’un m’a parlé du site http://www.alvis-audio.com qui est spécialisé dans la protection auditive. Ce qu’ils recherchent, c’est le confort dans le port de leurs protections et effectivement, on ne les sent pas. Chaque soir d’utilisation, je nettoie le petit embout avec un coton tige imbibé de désinfectant.

Le côté droit, le capuchon est rouge, mais il faut vraiment être près de moi pour le voir

Ce sont des petits bouchons qu’il faut déjà bien installer dans le pavillon de l’oreille et après seulement introduire le petit embout dans l’oreille (j’ai un peu galéré au début et c’est le seul moyen trouvé pour les mettre efficacement) et une fois qu’on les porte, sur le modèle que j’ai, soit on peut laisser le capuchon fermé pour le maximum de silence, soit on peut l’ouvrir pour augmenter le son. Je les laisse fermés tout le temps, çà fait une forme de bulle un peu plus sonorisée, mais si on me parle, j’entends ce qu’on me dit. En gros, le système permet de diminuer le bruit en fonction des décibels. Si on me parle normalement, je vais continuer d’entendre correctement, par contre, si je passe au même moment à côté d’un camion, par exemple, le bruit de celui-çi va être diminué à la hauteur des décibels qu’il libère. Du coup, je sors protégée, façon de parler ^^, mais je ne suis pas non plus coupée du monde. Il y a différentes tailles, le but étant que le pavillon soit bien recouvert, parce que çà permet de vraiment bien enfiler le bouchon du coup et puis si jamais il venait à vouloir se faire la malle ^^, on peut aussi mieux le ressentir. 

Le seul petit hic est qu’ils me font mal quand je les enfile :/ ce n’est pas leur conception, parce qu’ils sont très souples, mais je pense que ce sont mes oreilles qui sont comme tout le reste, plus douloureuses. Du coup, çà fait une pression qui n’est pas forcément agréable tout le temps, selon comme je suis (migraine ou névralgie en plus, je ne supporte pas qu’on touche au côté atteint). 

On est tous plus sensibles aux bruits quand on est par exemple fatigué, mais quand c’est en permanence, çà peut devenir vite handicapant, surtout qu’à moins d’être en pleine campagne, c’est dur d’éviter ces sons qui pourrissent la vie.

Et vous et le bruit ? Vous vous entendez bien (c’est le cas de le dire ^^) ?? 

Combats qui me touchent

Comment une ancienne anorexique perçoit la mode healthy…

Source image : Pinterest

Quelques semaines que je vois des youtubeuses qui font des vidéos healthy, qui mettent leur corps à moitié délabré, il faut bien le dire, pour certaines, sur Instagram et je me retiens sous chaque photo pour ne pas exploser de colère. Quand j’ai vu les programmes sportifs X, Y, Z et compagnie débarquer, je me suis dit qu’on n’allait pas être sorties de l’auberge. Quand j’ai constaté les mêmes repas chez beaucoup de youtubeuses, je me suis dit qu’on était foutues… 

Déjà, je m’énerve, parce qu’elle ne mesure pas qu’elles servent de modèles à beaucoup d’ados, à la recherche de leur identité, souvent mal dans ce corps qui prend des formes et je ne suis pas sûre que de voir ces corps de leurs « idoles » soient bien positif et aidant. Combien vont les suivre dans leur mode healthy (elles ne bouffent rien d’autres que des fruits, des graines de je ne sais quoi, mais elles ne font pas de régime hein mouais… et quand j’entends « oh nonnnnn je ne peux pas manger UN carreau de choco, c’est pas biennnn !!! », j’ai envie de coller des baffes… Sous les photos instagram, on peut y lire des « mais elles font ce qu’elles veulent de leur corps !!!! » Oh ben oui, si elles veulent se transformer en merle ou en piou-piou, en avalant des graines, elles ont le droit, sauf que quand on s’expose sur le net à leur échelle d’abonnées, elles ne sont plus toutes seules avec leur corps, elles véhiculent une image qui peut être enviée par celles qui les suivent et c’est à celles-çi que je pense avant tout ! Quand je lis que mettre du 38, c’est la fin du monde, j’ai envie de taper un scandale d’enfer encore davantage et je trouve inadmissible que çà puisse être diffusé…… du 38 !!!!!!! pff……

Même les piou piou ont plus à manger :p Source image : Pinterest

D’où le titre… Je suis bien placée pour savoir que quand on est mal dans son corps (même si de mon côté, je ne suis pas tombée dans l’anorexie suite à un régime qui aurait dégénéré, mais j’ai assez vu de personnes pour lesquelles c’était le cas…), on est prête à tout pour trouver quelque chose qui nous donnera le sentiment de contrôler au moins quelque chose. Le corps, la nourriture, c’est rapidement une drogue. Si j’avais suivi ce mode healthy à un moment où l’anorexie n’était pas complètement soignée, honnêtement j’aurais replongé aussitôt. On sait bien que tout régime peut tourner à la catastrophe s’il y a un mal-être déjà à la base, par exemple. On voit qu’on perd du poids, qu’on s’affine et wouah c’est magique, en plus, on sent une certaine euphorie, ce que les médecins appellent la lune de miel, ce qui n’arrange pas nos affaires. Le corps en manque est surexcité, il délivre des endorphines qui trompent tout le métabolisme et une fois que cette sensation disparaît, là c’est le drame parce qu’on perd vite la notion de faim et on commence à s’enfoncer. 

Le pire, c’est que même moi qui me suis sortie de l’anorexie et de la boulimie, il y a 4 ans et demi maintenant, qui ai repris 13 kgs, qui pèse presque 50kgs à quelques centaines de grammes près pour 1m65, à force de voir ces photos, dans une période où la dépression était plus importante, je me suis surprise à me détailler de la tête aux pieds, à examiner le moindre cm de graisse qu’il pouvait y avoir sur mon corps, à percevoir tous les défauts, en sachant que mon corps regorge d’imperfections auxquelles je ne peux rien faire, parce que c’est ma morphologie, c’est mon ossature. Une cyphose qui me rend bossue et qui me complexe dès que je suis en débardeur ou en maillot de bain, alors durant cette période là, je n’arrêtais pas d’examiner la bosse provoquée par la cyphose et de regarder les conséquences sur mon corps qui a perdu sa musculature aussi à cause de la fibro.

Deux semaines, çà a duré cette obsession alors que çà faisait 4 ans et demi que j’avais dit bye bye à mes complexes parce que j’acceptais mon corps. Parce que je me suis battue pour avoir la vie que je mène à l’heure actuelle alimentairement et corporellement parlant et au bout de ces 2 semaines là, tout s’est remis en ordre, mais j’ai eu le temps de m’angoisser, en me disant « tu ne vas pas rechuter tout de même ??!! juste parce que tu vois ces corps là ?? mais non, hors de question !! » et j’ai pris conscience que quelqu’un qui n’est pas sortie de là, peut retomber illico la tête la première dedans… c’est triste à dire, on arrive à un point où il faut être solide psychologiquement pour regarder des vidéos youtube ou des photos sur instagram !! On va où là ? Les mannequins à elles-seules font beaucoup de dégâts, si on rajoute les youtubeuses, on n’arrivera jamais à convaincre une femme que non, elle n’a pas à peser 40kgs pour être acceptée dans la société et ne pas être regardée bizarrement si jamais elle dépasse les 45kgs (j’utilise des chiffres bas pour montrer ce qui paraît « normal » aux yeux de beaucoup et c’est dramatique…) !

Je mange sainement, parce que je l’ai réappris de cette façon et c’était mon alimentation d’avant aussi. Et si je pouvais faire du sport, j’en ferais pour l’utiliser comme un exutoire. Mais manger sainement ne veut pas dire bouffer des graines et des légumes cuits à grande eau (où toutes les vitamines foutent le camp en plus…), je mange de tout en ayant un apport suffisant et j’aime me faire plaisir avec des gâteaux, du chocolat, de la charcuterie qui est mon péché mignon aussi. Saucissonnnnn miam miam !!!! 🙂

Miam miam ^^ Source image : Pinterest

La vie est compliquée pour bien du monde et pour bien des raisons différentes, alors si en plus, on n’accepte plus de se faire plaisir pour perdre 1 os, il n’y a plus de vie…. et qui dit se faire plaisir, ne veut pas non plus dire se goinfrer !! Mais comment expliquer çà à des personnes qui sont persuadées que peser 40kgs les rendra heureuses, que leur ventre archi plat et leur cul raplapla feront ravage sur le sable cet été et que se tuer en plus à faire des heures et des heures de sport les rendra mieux…. si on enlève les couches de fond de teint, anticernes, blush, et autres machins trompe-couillon, on voit à quel point elles ont une sale tronche, il faut bien le dire ! C’est çà le bonheur vraiment ?? Jusqu’à quand, si c’est le cas……. 

La mode healthy rime bien avec le mot « folie » quand elle va dans les extrêmes comme je le vois de plus en plus… Aucune youtubeuse ne lira çà, mais si c’était le cas malgré tout : faites ce que vous voulez de votre corps après tout, mais arrêtez d’exposer votre corps qui regorge de graines, histoire de ne pas embarquer avec vous des jeunes filles qui ne sont pas bien dans leur peau et pour lesquelles, çà finira peut-être mal, parce qu’elles n’auront pas su s’arrêter à temps. On tombe vite dans l’anorexie et plus rapidement qu’on pourrait le penser… il suffit de tirer sur les bonnes cordes et on passe vite dans cet enfer, alors ouvrez les yeux, pensez à l’image que vous donner, mettez en garde celles pour lesquelles vous servez de modèles, elles vous écouteront mieux que quelqu’un qui a pourtant connu cet enfer là et qui essaie de dire de faire attention mais qui n’a aucun impact. Ce qui me rassure c’est que certaines commencent à en parler et à mettre en garde, mais on a l’impression de se battre contre des moulins à vent et ce n’est pas normal que ce soit autant compliqué à faire entrer çà dans la tête des gens…

Le poids ne fait pas le bonheur… La mode healthy entraîne beaucoup de frustrations j’imagine, vues ce qu’elles avalent, j’ai faim pour elles… On peut éviter de suivre cette mode, mais une fois qu’on tombe dans le panneau du « je suis allez trop loin », là par contre, c’est bien plus compliqué d’éviter les troubles alimentaires… Et croyez moi, l’anorexie n’est pas une sinécure, j’ai perdu 13 ans de ma vie à cause d’elle, parce qu’elle était plus forte que moi… dont 6 ans de thérapie et d’hospitalisations pour m’en tirer… des années de ma vie sont parties en fumée. 

Imaginez que la mode healthy vous entraîne aussi loin avec ses restrictions, son sport à outrance et un corps qui prend cher au lieu de lui faire du bien, comme c’était le but pourtant au départ, parce que çà ne part pas d’un mauvais sentiment le côté sain… mais c’est allez trop loin, comme beaucoup de choses, dès qu’il s’agit de nourriture, d’apparence physique, de corps et de diktats de la minceur… Vous êtes prêtes à passer tout ce temps, voire davantage avec un monstre en vous, parce qu’il est coriace à déloger ??…. Toutes les personnes qui fonctionnent en mode « healthy » ne tomberont pas dedans et tant mieux pour elles… mais il faut penser au danger pour les autres, par contre…

Prenez soin de vous… Notre corps est celui qu’on a, on n’en a qu’un, il sera le notre du début jusqu’à la fin de notre vie, alors autant l’accepter si on veut cohabiter sereinement et il est précieux. Aucun corps n’est parfait, c’est normal. Aucune mode ni aucun régime ne vaut la peine qu’on le détruise. Aux personnes qui ont réellement besoin de perdre du poids pour leur santé, j’ai toujours conseillé d’être suivie par une nutritionniste pour ne pas faire n’importe quoi. 

De mon côté, je vais continuer à manger sainement, bouger tout en me baladant et faire des photos et si j’ai envie de manger une glace, du chocolat, des gâteaux, je ne penserai pas à la mode « healthy », je veux me sentir libre au moins sur le plan alimentaire…. j’aurai tout le temps de voir mes os et ceux de mes nouveaux voisins, quand je serai installée entre 4 planches sous terre (désolée pour l’humour noir…), en attendant, je les enrobe du mieux que je peux et me fait plaisir quand l’envie m’en prend. Quitte à radoter, je répète que se faire plaisir n’est pas synonyme de bourrage et de remplissage en mode « je gave les oies pour qu’elles soient prêtes à se transformer en foie gras à Noël prochain ». 

Combats qui me touchent

*** JOURNEE MONDIALE DE LA FIBROMYALGIE – 12 MAI 2015 *** (mon combat avec elle)

Notre petit ruban bleu « Fibromyalgie et Encéphalomyélite myalgique » (syndrome de fatigue chronique SFC)

Chaque année, c’est le même combat, depuis 22 ans. Le 12 mai, c’est notre journée, pendant laquelle, on a espoir que certaines choses changent. D’une année à l’autre, on se rend compte que finalement on radote… mais la recherche avance, la Timone fait partie des CHU chercheurs et on voit tout de même l’évolution au fil des années. 

J’ai été diagnostiquée en 2009 après 3 ans d’errance médicale et à l’époque on m’a proposé de jouer le cobaye, entre autres pour la stimulation transcrânienne. Le protocole n’était pas encore approuvé, ils venaient de découvrir que des petites décharges au niveau de la zone qui gère la douleur, pouvait la remettre un peu en place et du coup faire baisser les douleurs. Je n’avais pas accepté d’être sur cette liste là. J’en ai bénéficié en 2013 à peine. Il a fallu 4 ans pour qu’on sache davantage les effets sur le cerveau et encore elle est limitée à 1 an, parce que les chercheurs américains qui sont les pionniers, on va dire, en la matière, n’ont pas donné leur accord aux chercheurs français de la continuer au-delà de cette durée, parce qu’ils ne savent pas les conséquences sur le cerveau si on dépasse 1 an de stimulation.

La kétamine était faite un peu n’importe comment à l’époque aussi. Ils perfusaient les  patientes toutes une après-midi à une dose de cheval, pour les laisser repartir chez elles par leur propre moyen. Avec cette drogue qu’est la kétamine, quand même, dans l’organisme. Beaucoup étaient malades, vomissaient tripes et boyaux, avaient des migraines pas possibles. Maintenant, elle est surveillée de plus près et surtout mieux dosée. 

La cryothérapie est née il y a environ 1 an dans le service anti-douleurs où j’ai été en dernier. 10 séances de 2mns dans un froid extrême. Qui coûtent la peau des fesses, surtout qu’il faut le refaire tous les 3 mois pour espérer un résultat efficace sur du long terme… et c’est là qu’on en vient aux plus gros des problèmes.

Le manque de reconnaissance encore à l’heure actuelle. On n’a pas accès à tous les soins qui pourraient nous aider finalement. Avoir droit à un 100% est le parcours du combattant parce que la fibromyalgie ne fait pas partie des maladies de la fameuse liste 1 pour permettre l’ald (affection de longue durée). De mon côté, je l’ai depuis des années, du coup, la plupart de mes soins sont pris en charge. Mais je sais que sur les dossiers de demande d’ald, il faut que le médecin indique que c’est pour « une dépression résultant de douleurs chroniques ». Alors que certaines patientes ne sont pas dépressives, mais qu’elles ont besoin du 100% pour leurs soins en kiné, balnéo, hôpital et tout ce qui fait notre bonheur côté blouses blanches. Et puis le mot « fibromyalgie » est tabou, « douleurs chroniques » passent mieux.

Beaucoup de personnes vivent dans l’incompréhension côté entourage et c’est aussi un combat d’expliquer ce qu’on ressent du coup. De mon côté, même si on a du mal à s’imaginer que j’ai mal dans tout mon corps en permanence, je n’ai jamais eu à me battre pour justifier mon état. Mais c’est le cas de beaucoup. C’est un handicap invisible alors les gens ne se doutent pas de nos difficultés pourtant bien invalidantes. Je me souviens de l’aide à domicile, le dernier que j’ai eu, il me voyait sourire et avenante, à parler avec lui du mieux que je pouvais, on revenait des courses, j’étais en ruines. Il n’avait perçu « que » l’hémiparésie » au moment de marcher et de tenir les articles, mais ne savait pas que je souffrais autant et avait remarqué mes cernes, mais je lui avais dit juste que j’avais mal dormi. Il m’a posé des questions et quand je lui ai dit que j’étais à 9 sur l’échelle de douleurs, il m’a regardé avec de gros yeux, étonné et m’a dit « mais vous ne criez pas, vous ne dites rien, je ne vous ai pas entendu vous plaindre » Je lui ai répondu que si je hurlais de douleur à chaque fois, je n’aurais plus de voix à force de crier et que je ferais fuir tout le quartier… mais qu’est ce que je me suis sentie seule, j’ai réalisé que j’étais seule dans ce corps en miettes… seule à ressentir cette douleur qui ne possède pas toujours de mots et qui pourtant arrache tout en moi au passage et me pousse souvent dans mes derniers retranchements.

Faire comprendre aux autres qu’on n’est plus pareille qu’avant, qu’on est plus réduites, que ce n’est pas parce qu’on n’a pas envie mais parce qu’on ne peut pas tout simplement, c’est aussi un combat du quotidien. Une souffrance en plus, parce qu’on voit les personnes qui étaient amies avec nous s’éloigner, parce qu’il y a mieux à faire ailleurs. Et j’en perds ma valeur… Mais personne ne mesure l’impact de tout çà, physiquement parlant. J’ai envie parfois de crier que je ne mords pas, que je suis toujours la même au fond de moi, qu’on peut toujours se confier à moi comme on le faisait avant et que ce n’est sûrement pas le moment de me laisser tomber. J’ai eu droit à de sacrées phrases de la part de personnes qui ne me connaissaient finalement pas et c’est resté imprimé. 

Côté sécurité sociale et mdph, on s’aperçoit que le fonctionnement diffère d’une région à l’autre, on dirait qu’on n’habite pas le même pays, par moments. Allez savoir pourquoi, de mon côté, je n’ai toujours pas compris… Alors la reconnaissance ne serait pas du luxe… Vraiment pas. Par respect pour nous, pour toutes celles qui essaient d’avoir une vie professionnelle malgré tout, en sachant que 75% des personnes fibromyalgiques sont obligées d’arrêter leur travail. Qu’est ce qu’on devient au milieu de tout çà… L’avenir me fait très peur et autant je sais très bien qu’elle n’est pas mortelle physiologiquement parlant, autant je sais aussi à quel point, elle pousse à bout et qu’elle en devient tout aussi mortelle pour le coup… 

J’ai fait ce montage pour essayer d’apporter une contribution à cette journée. Une minuscule pierre à l’édifice au milieu d’un océan… Merci de le partager au maximum si vous en avez envie bien sûr. Sur facebook, les retours m’ont beaucoup touchée et je me suis dit que les 6h passées dessus où j’avais l’impression de perdre mon énergie, avaient finalement permis à certaines personnes de s’exprimer, de se retrouver dans ce que je disais et j’en étais contente (même si on s’en passerait…). Se sentir moins seules dans son combat, c’est aussi tout l’intérêt du 12 mai… mais aussi du reste de l’année… 

« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » (oui je sais qu’elle est tournée à l’envers, mais c’est comme çà que je le perçois) et « Tant que la recherche continue de se battre pour nous, il y a de l’espoir.. et de la vie… »

Combats qui me touchent

Mais comment je vais vraiment…

Source Pinterest Parce que parfois c’est le seul chemin que j’ai envie de prendre…

Je suis remontée deux mois plus loin sur mon blog, pour voir ce que j’avais dit ici, le contenu des posts écrits durant ce temps et réalisé que peut-être même ici, je mettais un masque finalement. Je noyais le poisson (ou j’essayais de me changer les idées, c’est aussi bien possible) en parlant musique, livres, partagé pas mal de photos. Mais rien qui faisait allusion à ce que je ressentais et comment j’étais vraiment derrière ces lignes là…

Deux mois, c’est le temps où le mot dépression s’est renforcé. Depuis mon anniversaire, ce n’est pas terrible finalement. Un mois que mon antidépresseur a été doublé et çà n’agit pas sur mon état. Je passe des journées cahotiques entre idées noires et minuscules moments où je me dis qu’il ne faut pas que je lâche, en général, c’est là que j’en profite soit pour venir vous lire, soit pour écrire quelque chose. Mon corps est un long machin rempli de douleurs à 10 et encore l’échelle est souvent trop petite. Le décès de C. m’a affectée à un point que personne ne sait, finalement, je me suis sentie seule face à çà, comme pour beaucoup d’autres choses d’ailleurs. J’ai perdu espoir sur tout traitement et çà a renforcé le fait que dans ma tête, c’était déjà bien rempli. 

Pas bien au point de ne plus arriver à prendre vraiment soin de moi, alors que je suis la 1ère à dire que c’est important. Sauf que je me sens comme terrassée sur place et plus les jours passent, plus je me demande comment je vais en sortir… comment je vais me sentir mieux… physiquement et moralement. Mon ventre est gonflé à cause de problèmes gynéco, qui provoquent de fortes douleurs et agissent sur les intestins. Mon 2nd cerveau qu’est le ventre est un champ de bataille… J’ai l’impression d’être enceinte et je fonds en larmes dès que j’ai le malheur de croiser mon reflet dans la glace en sortant de la douche. Pas par complexe, mais parce qu’il est gonflé et vide à la fois (non je n’ai pas fait de deuil depuis ma lettre à mon ptit poussin) et que çà me rappelle qu’il le restera, vide. 

Je ne suis pas maniaque mais j’aime que ce soit rangé juste ce qu’il faut chez moi, même çà je n’ai plus le courage. Tout me demande un effort comme si on me demandait de décrocher la lune. Et çà me pèse, parce que pour le coup, la fameuse phrase à laquelle je n’ai jamais cru « quand on veut, on peut », qui ne s’applique pas à tout, dans la vie, est plus compliqué dans ce genre de cas… et j’ai beau vouloir ranger, faire certaines choses, je me sens bloquée. Déjà par un corps qui peine à avancer, par la fatigue qui me cloue, mais aussi par un moral qui est absent. 

La psy m’a conseillé de sortir dès que mon corps le permettait vraiment pour ne pas me renfermer comme je le fais. Le meilleur ami a pensé que je voulais protéger (c’est ma grande spécialité en général oui), mais ce n’est pas le cas, je n’ai plus envie de protéger, parce qu’au final, il n’y a personne pour me protéger moi, alors j’ai arrêté. Je me renferme. Déjà, c’est compliqué d’avoir envie de faire quelque chose, on me dirait qu’il y a Brad Pitt à tel endroit, que je ne m’y rendrais pas, çà me coûterait. Pour les nouvelles personnes qui auraient envie de m’approcher, j’ai tellement été déçue par des comportements de merde ces derniers mois, que je ne veux plus m’attacher. J’aimerais avoir un coeur aussi dur que la pierre, mais je ne suis pas de ce style, je m’attache et ne le veux plus, donc la solution est de ne plus faire de rencontres, pour que çà recommence sans arrêt. Je n’ai plus le courage de ressentir ce que je ressens depuis des mois…. Et pour les ami(e)s qui sont encore là (je compte sur un doigt, celle qui ne me dit pas « je n’ai pas le temps », la seule aussi qui ne m’aurait pas laissé seule pour Pâques, parce qu’elle savait que c’est une fête qui compte pour moi et que j’étais mal de ne pas avoir pu remonter dans ma famille. C’était une période où j’étais plus souvent allongée que debout, donc je n’avais rien pu faire, mais j’avais apprécié qu’elle me parle et qu’elle me propose de le passer avec elle et ses filles. Juste avoir la pensée de me proposer m’avait fait du bien. Et qu’elle réalise aussi que j’étais mal de ne pas voir mes nièces. Parfois je me dis que c’est plus facile de faire comme si on ne savait pas les choses ou comme si on ne voulait pas les voir.

Et il y a une dernière raison. Moins on me voit, plus on va m’oublier. Loin des yeux, loin du coeur…. Je fais un constat un peu compliqué, parce que c’est la 1ère fois que je le ressens et ne sais pas comment le gérer. Je ne me bats plus pour moi, je le fais juste pour mes parents qui ont encore besoin de leur fille. J’essaie de me convaincre que mes nièces ne se souviendront pas qu’il y a une tatie delph qui les aime, avec le temps, çà va s’estomper. Et que mon frère aura sa ptite famille à laquelle se raccrocher. Les amis, pour ce qu’on se voit, je me dis qu’on ne verrait même pas que je ne suis plus là. Des excuses bidon pour me déculpabiliser des idées noires qui me collent à la peau et l’envie de partir qui ne me quitte pas.

Mais j’ai du mal à m’accrocher, j’avoue…

J’allais dire que rien n’est structuré là-dedans, mais en même temps, rien n’est structuré dans ma tête non plus, du coup, c’est bordélique ici aussi et je n’ai pas envie de tout relire, j’ai besoin de cracher le maximum de choses, c’est mon seul but…

Au milieu, j’essaie de montrer celle que je suis, en parallèle de tout ce cirque, pour qu’on n’oublie pas qui je suis et pour que moi-même, je ne m’oublie pas pour finir… mais ce soir, je suis fatiguée et mon masque dégringole ici, à défaut de pouvoir vraiment le faire dans la « vraie vie » (même si je me sens plus vivante sur mon blog que dans mon quotidien et que la vraie vie ne veut plus rien dire à ce stade là. Elle est inexistante) 

C’est pas gai, mais c’est aussi mon quotidien, au-delà des photos, de la musique que je laisse comme traces aussi ici.

Demain sera un autre jour…………